Epilogue : Le jour où j'ai fait le bilan de ma vie, 10 ans après qu'il ai volé mon coeur et moi son nom de famille.

Cher Evan,

Il y a bien longtemps que je ne t'ai plus écrit et je m'en excuse par avance, mais je n'ai plus une minute à moi ces temps-ci. La boutique est en pleine expansion et j'ai dû aller tâter le terrain en France pour voir si une implantation était possible dans notre version parisienne du "chemin de Traverse". Bref, revenons à nos moutons.

Ici tout va bien, depuis dix ans et à jamais comme j'ose l'affirmer. Georges n'aime pas que je fasse ce genre de prédictions, il a peur que ça nous porte malheur, tout comme moi, il tient à ce que notre petite famille continue à vivre dans le bonheur encore de belles décennies.

D'ailleurs, il faut que je te l'annonce, notre petite famille s'agrandit encore ! Après les jumeaux Evan et Fred qui ont eut 9 ans et notre petite Emilie de 4 ans, me voilà à nouveau enceinte ! Georges est fou de joie, et commence déjà à faire la liste des noms qu'il veut débattre avec moi à Pierre/Papier/Ciseaux, sa dernière défaite ne l'ayant pas refroidi. Non, mais sincèrement, je me devais de tricher, comme j'aurais pu continuer à regarder ma fille en face si j'avais laissé son père l'appeler "Antoinette " ?! J'espère que Dieu pourra me pardonner ça le jour où j'attérirais sur le pas de sa porte. Le plus tard possible je l'espère bien.

Depuis que vous nous avez envoyé les félicitations pour le mariage, Fred et toi, Georges et moi sommes dans l'attente d'un nouveau message, il semblerait que ni lui ni moi ne soyons ce qu'il y a de plus doué pour lire les signes. Mais nous comprenons aisément que ce ne soit pas une tâche facile pour vous.

Tant que j'y suis, le phénix que vous nous avez envoyé ce jour là, et offert en présent de mariage se porte bien. Emilie est folle de lui et je le suspecte de prendre plaisir à se faire choyer par notre petite princesse. Nous avons mit longtemps à lui trouver un nom, et cette fois ci, j'ai laissé Georges décider. Je ne pouvais pas non plus le brider à chaque fois, il m'en aurait voulu sinon. Quoi qu'il en soit, je ne me souviens même plus du nom qu'il lui a donné, si ce n'est qu'il est très stupide et qu'on préfère largement l'appeler "Phénix", c'est clair, net et précis.

En parlant de Georges, il se porte à merveille. L'inspiration lui est soudainement revenue après le mariage, et sa carrière d'inventeur fou à repris. Comme je le disais précédemment, l'entreprise s'est énormément développée et nous envisageons de nous implanter ailleurs. Georges est très pris, mais il trouve quand même le temps de rentrer à la maison diner tous les soirs, avec un bouquet de fleurs sous le bras, s'il vous plait. Il faut croire que ma cuisine s'est améliorée, moi qui ne savait même pas faire du café au début. Bon, je l'admet, Molly Weasley n'y est pas pour rien, mais il faut dire qu'avec autant de bouches à nourir, les plats de pâtes ont vite été dépassés.

J'écris, j'écris et je ne dis rien d'intéressant. Ah si ! Papa et maman sont venu me rendre visite le week-end dernier, tu n'imagines pas leur tête quand je suis venue leur ouvrir habillée à la dernière mode, le tablier accroché à la taille, les enfants occupés à l'atelier "confection de gateau au chocolat". Ils n'en revenaient pas ! J'étais tellement satisfaite de leur avoir prouvé que je pouvais y arriver. Mais je ne suis pas narcissique, je sais bien que sans Georges, et même sans Fred et toi, sans le courage que vous m'avez apporté, rien de tout cela aurait été possible. J'aurais continué à vivre avec eux, à occuper une chambre et à me morfondre d'ennui, à passer d'un petit boulot à un autre, d'un diplome à un autre et d'une tentative de mariage arrangé avec un ministre ou un chef d'entreprise à une autre. Que je suis contente d'être partie au bon moment !

Néanmoins, vous nous manquez énormément Fred et toi. Quand nous sommes allongés dans notre grand lit Georges et moi, et que nous observons le plafon, nous essayons d'imaginer ce que vous êtes en train de faire, quelles bétises avez vous fait et qu'elle scandale fait la une chez vous. Parfois ça nous donne envie de pleurer, mais souvent, nous partons en fou rire à votre souvenir. Qu'aurais été la vie si vous étiez restés parmi nous ? Je l'ignore...

Je dois te laisser petit frère, Emilie est venue me chercher, nous sommes vendredi soir et la tradition est aux jeux de sociétés moldus. Ils inspirent beaucoup Georges et nous apprenons ainsi à nos enfants à perdre avec humilité, même si ce n'est pas la qualité première de mon mari.

Vous nous manquez, mais nous allons bien...

E.L.W