Chapitre 7 :
Aro était pensif. Il tenait la lettre de sa belle (enfin, il espérait qu'elle était belle) inconnue mais ne comprenait pas pourquoi elle le défiait de prendre un bon bain chaud. Etait-ce parce qu'elle s'attachait à lui et lui prouvait son affection ? "Prends ton bain mon chéri et détends-toi ! Tu as eu une dure journée aujourd'hui". Aro secoua la tête : depuis quand était-il devenu sentimental ? Mais imaginer Kitty en Cendrillon l'avait touché plus que de raison ! Il serait volontiers venu à son secours si elle le lui avait permis. Minute ! Kitty ? Pourquoi pensait-il à elle en l'appelant par son prénom ? Cela n'allait pas du tout ! Cette fille commençait vraiment à lui faire tourner la tête et cela était intolérable ! Il était Aro Volturi, le Roi des vampires, il ne pouvait pas se laisser aller. Son devoir passait avant tout ! Et ce n'était pas cette inconnue qui allait changer cela ! Demain, il appellerait Démétri pour qu'il s'occupe d'elle ! Mais sa réflexion fut interrompue par un bruit répétitif venant du couloir. Intrigué, il ouvrit la porte de sa chambre et vit sa secrétaire, toujours en train de passer la serpillière. Il jeta un coup d'oeil à sa montre : il était 2h du matin !
- Mais enfin Petite, que fais-tu ici à une heure pareille ?
- Ouh là ! Vous vieillissez vous ! Cela devient vraiment grave !
- Pardon ?!
- Vous ne vous souvenez même pas m'avoir donné l'ordre cet après-midi de nettoyer le château de fond en comble ?
- Si bien évidemment mais pourquoi n'est-ce toujours pas fini ?
- Parce que je suis une humaine et que la super vitesse m'est interdite. Ceci dit, vous avez raison ! Je pourrais aller plus vite si j'utilisais…
- STOP !
- Mais, j'ai rien dit !
- Oui parce que je t'ai arrêtée à temps ! Sinon, je ne sais quelle ineptie tu aurais pu me sortir
- Pffffff ! Vous n'êtes pas drôle ! En fait, vous n'êtes pas drôle depuis que vous êtes revenu de la forêt : il s'est passé quelque chose là-bas ?
- Que… Cela ne te regarde pas !
- Ah donc il s'est passé quelque chose ! Allez, racontez tout à « Tata Petite », vous irez mieux après !
- Que… « Tata Petite » ?
- Bah oui ! Si je vous avais dit mon nom, vous n'auriez pas su qu'il s'agissait de moi
- En effet
- Alors, que s'est-il passé ?
- Cela ne te regarde pas ! Reste à ta place !
- Je n'ai pas bougé
- Idiote ! Je te parle de hiérarchie ! Je ne veux pas que tu t'intéresses à moi
- Mais je ne m'intéresse pas à vous
- Alors pourquoi veux-tu savoir ce qu'il s'est passé ?
- Parce que je suis une femme
- Je vois. Il est vrai que les femmes sont curieuses par nature
- Hein ? Ah non, rien à voir
- Alors ce sont des instincts maternels qui parlent
- Hein ? Avec un vieux comme vous ? Vous plaisantez !
- Que… Surveille ton langage ! Dans ce cas, quel est le rapport entre le fait que tu sois une femme et le fait de vouloir savoir ce qu'il s'est passé ?
- Je suis vénale
- Pardon ?
- Je me moque complètement de vous mais si vous aidez à aller mieux peut me rapporter, ça m'intéresse !
- Mais quelle horreur !
- C'est la triste réalité !
- Si je comprends bien, tu as l'intention de me faire chanter ?
- Hahaha ! Bien sûr que non ! Si j'essayais, vous me décapiteriez d'une bonne gifle. Cela ne servirait à rien
- En effet ! Dans ce cas, à quoi peut te servir cette information ?
- A rien !
- … J'ai déjà du mal à te suivre en règle générale mais là, je crois que c'est encore plus difficile que d'habitude. Explique-toi !
- Tssss ! Quand je dis que vous êtes vieux… Bon, je vais être gentille et, comme on dit chez moi, « enfoncer des portes ouvertes » puisque vous n'êtes plus capable de me suivre
- Fais attention à ta manière de me parler !
- Ce qu'il vous ait arrivé, je m'en moque ! En revanche, à cause de cet événement, vous êtes sur les nerfs, triste et, pour être tout à fait honnête, particulièrement chiant !
- Je t'ai dit de faire attention à ta manière de me parler !
- Et vous illustrez parfaitement ce que je viens de dire. Donc, allez-y, cracher le morceau. Comme cela, après, vous serez à nouveau calme et de bonne humeur, avec une forte tolérance à mes écarts et je pourrais avoir à nouveau des idées de défense anti-vampire sans que vous ne montiez sur vos grands chevaux
- Hum… C'est effectivement très logique
- Vous voyez ? Alors allez-y, racontez-moi
- Non
- Maître, il est 2 heures du matin ! Je suis fatiguée et j'ai encore beaucoup de pièces à nettoyer ! Je n'ai pas de temps à perdre ! Surtout que je n'ai pas encore mis tout à fait au point ma stratégie anti-vampire de demain
- J'ai peur ! Que vas-tu encore inventer ?
- Hahaha ! Vous verrez bien demain, enfin, dans quelques heures ! Bon, alors ? Vous savez qu'il est inconvenant de faire attendre une dame ?
- Tu n'es pas une dame
- Et je suis quoi ?
- Une humaine écervelée qui commence sérieusement à m'énerver ! Va te coucher !
- Je n'ai pas fini de nettoyer
- Je vais demander à Santiago de faire le nettoyage à ta place ! Cela lui apprendra à faire des graffitis sur mes murs. Toi, va te coucher !
- Bon, si vous y tenez !
- Eh ! Pas dans mon lit !
Mais il était déjà trop tard ! La petite s'était affalée d'un coup dans le lit d'Aro et ronflait déjà (bruyamment en plus) ! Aro leva les yeux au ciel. Il aurait pu la réveiller et la jeter dehors mais elle lui avait fait remarquer à juste titre que ses échanges avec Kitty n'étaient pas responsables de son état. Il fallait qu'il arrête de penser à Didyme. Il décida de laisser sa secrétaire dormir tranquillement et alla dans la salle du trône pour s'occuper de ses affaires royales qui avaient été délaissées ces derniers temps à cause de tous ces contretemps !
Le lendemain matin, enfin quelques heures plus tard, il aperçut sa secrétaire discuter avec Jane. Il fut surpris de les voir ensemble et s'approcha d'elles :
«- Jane, Chérie, comment vas-tu ?
- Chérie ? Noooonnnnn !
- Ah ben bravo ! Vous n'avez pas honte de torturer des enfants innocents ?
- Petite, premièrement, je n'ai torturé personne et deuxièmement, Jane est tout sauf un enfant innocent ! Et qu'est-ce que c'est que cette tenue ?
- Ah ben ça ne s'arrange pas vous ! Vous êtes vraiment en train de devenir sénile !
- Que… Mais enfin, je peux savoir depuis quand tu te permets de me manquer autant de respect ?
- Vous voyez ! Vous l'admettez vous-même ! Vous êtes sénile ! Sinon, vous vous en souviendriez ! Pareil pour Jane !
- Jane ?
- Oui, vous l'avez appelé « Chérie » alors qu'elle est encore traumatisée par ce surnom affectif que lui a donné Félix
- Encore ?
- Oui ! Et si vous n'étiez pas sénile, vous vous en souviendriez !
- Je me souviens parfaitement de cette stupide partie tout comme je me souviens de t'avoir dit de mettre un décolleté mais c'était pour rire ! Je ne pensais pas que tu le ferais vraiment ! Tu veux m'abîmer la vue ?
- C'est VOTRE décolleté ! Je l'ai pris dans votre chambre ! D'ailleurs, je ne pensais pas que vous aviez des goûts aussi efféminés ! J'ai même trouvé des talons aiguilles !
- Que… Mais espèce d'idiote ! Ce sont les affaires de Sulpicia !
- Dans votre chambre ?
- Oui, elle n'a pas encore repris ses affaires. Je crains qu'elle n'espère encore que je l'aime! La pauvre ! Je peux comprendre que ce soit difficile de passer à autre chose après avoir été ma maîtresse. Au fait, je vais prendre un bon bain chaud
- Pervers !
- Pardon ?
- Cela ne vous a pas suffi de me mettre dans votre lit hier ? Vous voulez aussi prendre un bain avec moi ? Et votre règle alors ?
- Mais… Mais… Je te signale que c'est TOI qui es venue te jeter dans MON lit !
- C'est vous qui me l'avez ordonné !
- Je t'ai dit d'aller te coucher mais je pensais que tu le ferais dans TON lit !
- Ben pourquoi vous ne m'avez pas réveillée alors ?
- Je commence en effet à me le demander !
- Au fait, comment comptez-vous prendre un bain ?
- … Je ne comprends pas ta question !
- Oh là là ! Vous vouloir prendre bain ! Eau coupée ! Comment vous prendre bain ?
- Ne me parle pas comme un imbécile ! Attends, l'eau est coupée ?
- Ah mais vous comprenez mieux quand je parle comme cela ! C'est amusant ! OK ! Pardon ! Ne me jetez pas votre regard noir qui peut concurrencer avec celui de Jane !
- Fais intervenir un plombier
- Impossible : je ne connais pas de plombier vampire
- Idiote ! Appelle un plombier humain !
- Mais comment va-t-il faire ? Seul un vampire peut réparer votre installation ! Vous vous croyez en quelle année ? C'est fini l'époque où les hommes pouvaient construire des pyramides ou des cathédrales ! Et là, rien que pour ouvrir la pièce où se trouve la machine, il faut être au moins 10 humains !
- Hum… J'avais oublié ce détail ! Bon, demande à Santiago de s'en occuper
- Impossible ! Il est dans une espèce de boucle infernale ! Il fait un graffiti, il l'efface puisque vous l'avez ordonné, ça le déprime du coup il fait un autre graffiti, il l'efface puisque vous l'avez ordonné, ça le déprime du coup il fait un autre graffiti…
- OK ! OK ! J'ai compris ! Envoie un autre garde !
- Il n'y a personne de disponible : ils sont soit en mission, soit en train de copuler, soit en train de déprimer, soit…
- Très bien ! J'ai compris ! Je vais le faire moi-même ! Petite, tu m'accompagnes !
Aro avait dit cela sur un ton qui n'acceptait aucune remarque. La secrétaire le suivit donc tout en se disant que c'était idiot car elle ne lui servirait à rien. Elle n'avait aucune force dans les bras ! Elle était certaine que son obsédé de patron voulait la mettre dans sa baignoire alors elle se prépara mentalement à crier au viol à tout moment !
Une fois arrivés devant la porte, Aro s'approcha du mécanisme d'ouverture de la porte et admit qu'un humain seul ne pouvait parvenir à l'ouvrir, le levier étant complètement rouillé et la porte étant particulièrement lourde. Lorsque la porte fut ouverte, il mit à profit sa vitesse vampirique car un véritable raz de marée se précipitait sur lui et l'humaine. Etant gentleman, il prit la Petite dans ses bras et la protégea de l'eau en faisant le rempart avec son corps. Lorsque l'eau s'était entièrement répandue dans tout le couloir (c'est-à-dire quelques secondes après) et que tout danger était écarté, il en profita pour regarder sa secrétaire. Il s'attendait à ce qu'elle tombe éperdument amoureuse de lui, puisqu'il l'avait sauvée mais au lieu de ça, elle hurla :
- Je le savais ! Pervers ! Lâchez-moi !
- « Mais… Que se passe-t-il ici ? » Demanda Heidi
- « Maître Aro est en rut et il s'est jeté sur moi ! Tu vois, j'avais raison par rapport à ce matin !» lui répondit l'humaine
Aro s'écarta précipitamment de sa secrétaire et voulut rétorquer mais n'en eut pas le temps car il fut plaqué au mur par Heidi ! Il était tellement stupéfait qu'il ne dit rien et se laissa faire. Alors Heidi le regarda, sembla gênée, puis le regarda à nouveau et se mit à coasser comme un crapaud avant de s'enfuir en courant.
Aro sortit de sa stupeur lorsqu'il entendit sa secrétaire dire à Jane, qui venait d'arriver :
«Mission réussie ! Je compte sur toi pour demain ! »
« Hahaha ! Oui ! J'honorerai ma promesse ! Tu as été géniale ! »
Jane partit immédiatement après. Aro avait la désagréable impression que sa secrétaire avait encore fait une bêtise et qu'elle s'était moquée de lui. Mais lorsqu'elle lui expliqua la situation, il éclata de rire : Jane et elle avaient conclu un marché pour se venger d'Heidi qui les avait pris de haut en raillant leur petite poitrine. Du coup, l'humaine avait dit à Jane que si demain, elle acceptait de la protéger des vampires, alors elle punirait Heidi de manière exemplaire. Jane avait accepté et la secrétaire avait raconté à Heidi que pour exciter Aro, il suffisait de coasser comme un crapaud.
Après cette histoire, Aro répara le chauffe-eau et pris un bon bain bien chaud. Il se demandait si Kitty savait que l'eau serait coupée. Etait-elle voyante comme Alice ? Ou bien Kitty serait Alice Cullen ? Aro se redressa d'un bond en réfléchissant à cette possibilité mais il se rappela que Kitty lui avait parlé de son patron qui avait joué avec le putois. Jamais Carlisle ne ferait cela. Emmett, oui, sans doute mais pas Carlisle. Il se demanda quel défi il devait demander à Kitty et décida de lui lancer un défi impossible à réaliser (mais qui ne serait ni illégal, ni immoral). Il sortit de son bain, s'habilla et écrivit son compte-rendu de défi, puis ajouta comme nouveau défi :
« Fais-moi dormir ! »
