Chapitre 5
A mon grand étonnement, c'est vers Sookie qu'il se dirigea, il ne m'avait pas encore remarqué. Dès qu'elle le remarqua elle se redressa et afficha un grand sourire. Cette situation me dérangeait car si Godric la désirait il pouvait m'interdire de la fréquenter et je ne pourrais pas m'y opposer puisqu'il était mon créateur. Sookie franchit les derniers mètres la séparant de lui et lui sauta dans les bras. Godric verrouilla sa prise sur elle et sourit franchement. Elle s'éloigna de lui pour l'observer.
« J'attendais de tes nouvelle, le réprimanda-t-elle sévèrement. »
« Je suis désolé, s'excusa-t-il. Mais tu sais comment c'est, plaida-t-il. Tu pars en voyage en solitaire pour quelques années et finalement tu perds la notion du temps et des décennies se sont écoulées. »
Puis il jeta enfin un coup d'œil en ma direction et se figea de stupeur. Cette réaction n'échappa pas à Sookie qui nous dévisageait tour à tour afin de comprendre ce comportement. Elle s'apprêter à nous en demander la cause quand Godric s'exclama en souriant :
« Eric, mon fils ! Qu'il est bon de te revoir ! Je ne te reconnaissais plus avec cette coupe de cheveux, sourit-il en me donnant une accolade. »
« Maître, dis-je en m'inclinant. »
Il me coupa et me dit :
« Non toutes ces formalités sont inutiles, tu es mon fils, mon égal, me dit-il en me regardant avec fierté. J'ai entendu parler de tous ce que tu as fait dernièrement, tu ne pouvais me rendre plus heureux. »
J'étais soulagé de constater qu'il n'avait pas changé. Sookie paraissait se livrer à de profondes réflexions. Elle se tourna vers moi avec un regard accusateur.
« C'est donc pour ça que tu m'as sauvé la vie cette semaine, dit-elle avec colère puis elle se tourna vers Godric. Et toi tu n'as toujours pas abandonné ce projet ! »
Je ne comprenais absolument pas ce dont elle parlait mais ses paroles semblaient avoir un sens pour Godric qui lui répondit :
« Ce n'est pas ce que tu crois, lui dit-il mais ses mots renforcèrent sa fureur. Eric n'été même pas au courant que je te connaissais avant aujourd'hui, il n'a jamais su ce que j'avais fait pendant que j'étais parti en Europe. J'ai oublié ce projet dès que j'ai appris à te connaître mais maintenant que tu connais mon fils avoue que je ne m'étais pas trompé quand je t'ai choisie. »
Sookie parût réfléchir et se calma. Je ne comprenais toujours rien à cette histoire.
« Mais c'est quoi ce projet au juste ? demandais-je en les observant. »
Sookie ne semblait pas vouloir me le raconter et ses yeux étaient perdus dans le vide. Elle ne réagit que quand Godric mis sa main sur le bas de son dos afin de l'inciter à regagner notre table. Une fois assis il me regarda longuement en cherchant ses mots. Ils commençaient vraiment à me faire peur ces deux là, c'était vraiment si moche que ça ?
« Quand je suis parti en Europe mon fils, c'était parce que j'étais à la recherche d'autres vampires, m'annonça t-il. A la fin de ma première année de voyage j'étais vraiment découragé après avoir vu un tas de vampires plus monstrueux les uns que les autres alors j'ai choisit de faire une pause en passant quelques mois dans la campagne, et c'est là que j'ai rencontré Sookie, dit-il avant de marquer une longue pause, plus hésitant que jamais. J'étais en train de me promener dans les rues quand j'ai sentis la présence d'un autre vampire qui se déplaçait très vite et qui utilisait les toits des maisons pour ne pas être repérer des humains. J'étais intrigué alors j'ai suivit son odeur et j'ai débouché sur une ruelle dans laquelle un couple d'humain étaient attaqués par des voleurs de bas étages, dit-il avec mépris en repensant à la scène. J'allais intervenir quand une forme a sauté d'un toit et a propulsé deux d'entre eux contre le mûr de la maison la plus proche. Une fois qu'elle s'est immobilisée j'ai pu observer pour la première fois la magnifique jeune femme qui est assise à tes côtés, continua-t-il en souriant tout en la regardant. Elle a fait face aux trois adversaires restant et les a rapidement neutralisés. Puis elle a fouillé les poches de chacun des voleurs et a remis aux humains les bourses d'argent qui s'y trouvaient. Après l'avoir remercié des dizaines de fois ils sont rentraient chez eux. Je me suis approché d'elle et me suis présentais. Je lui ai offert mon aide pour porter les voleurs hors de la ville puisqu'ils étaient tous encore vivant et après nous nous sommes nourris de leurs sangs de façon qu'ils survivent. Sookie a alors esquissé un signe pour partir et là, il s'interrompit en grimaçant, eh bien je, j'ai, comment dire ?commença t-il à bafouiller. J'ai demandé à rencontrer son créateur dans le but de l'acheter. Pour ma défense ça se faisait très fréquemment à l'époque, débita-t-il. Je voulais acquérir sa personne pour qu'elle soit ta compagne, m'avoua-t-il en me fixant. Sookie s'est rapidement énervée et elle m'a attaqué. Je n'ai pas cherché à la blesser, je veillais juste à parer ses attaques tout en admirant sa maîtrise parfaite du combat. Elle a rapidement saisit que je n'allais pas me battre avec elle et s'est arrêtée avant de me cracher avec dédain qu'elle n'était pas un animal et que seule elle possédait les droits relatifs à sa personne. Je me suis excusé, le jour allais bientôt se lever et je n'avais toujours pas trouvé d'endroit pour passer la journée alors elle m'a proposé de venir avec elle. Je l'ai suivit étonné d'une telle confiance envers un inconnu qui l'avais insulté involontairement et j'ai appris à le connaître. C'est comme ça que j'ai appris qu'elle avait réduit en charpies son créateur à son réveil et au fil des jours j'ai remarqué qu'elle était différente des autre non seulement moralement mais aussi biologiquement. Je lui ai dit et nous avons cherché d'où venait cette différence. Il s'est trouvé qu'elle avait des ancêtres fées et qu'elle en avait gardé certaines caractéristiques et beaucoup de dons. J'imagine que tu en as découvert encore pleins de nouveaux, lui demanda t-il en la regardant, pour toute réponse elle sourit. Au fil des semaines suivantes j'ai tenté de la convaincre de venir avec moi pour au moins te rencontrer afin de juger par elle-même quel homme d'honneur et quel fier combattant tu étais mais elle a catégoriquement refusé de m'écouter. Puis un vampire qui disait être son frère s'est présenté un soir et a demandé son aide. J'ai essayé de la convaincre de rentrer avec moi mais elle était dune indéfectible loyauté envers les siens et elle a choisit d'aider son frère. Je me suis consolé en me disant que si je n'arrivais pas à l'amener à toi alors ce serait toi que j'amènerais à elle mais les événements ne s'y sont malheureusement jamais prêtés, soupira t-il tristement. »
« Je comprends mieux pourquoi tu m'as fait parcourir le monde tant de fois à la recherche du mystérieux vampire, lui dis-je lui arrachant un sourire. »
Sookie s'arracha de ses réflexions et me regarda fixement.
« Je suis désolée, s'excusa-t-elle en baissant les yeux honteuse. Je n'aurai pas dû t'accuser si vite. »
Je la pris sur mes genoux en l'entourant de mes bras. Je pris son menton entre mes doigts pour remonter son visage à hauteur de mien et ainsi plonger mes yeux dans les siens.
« Ce n'est pas grave, luis dis-je tendrement. Tu ne pouvais pas deviner que Godric était un si grand cachotier, rajoutais-je en souriant, cette réplique la fit sourire, puis je me tournai vers l'intéressé. C'est vrai qu'en y réfléchissant bien ça explique des tas de choses. »
« Pour ma défense vous êtes aussi têtus l'un que l'autre, commença-t-il en feintant l'innocence ce qui provoqua notre hilarité. Et puis avoue que si je t'avais exposé mon projet tu n'aurais pas crû qu'une telle femme existe ou tu n'aurais pas voulu me suivre pendant tant de temps. J'aurais dû faire preuve de plus de tact avec Sookie et présenter différemment la situation. J'aurais pu faire l'éloge d'un soldat des plus braves qui cherchait de fiers combattants pour l'accompagner dans quelques périples, dit-il distraitement. Je suis certain que tu n'aurais pas hésité, railla-t-il à l'intention de Sookie. »
Cette réflexion provoqua l'hilarité générale à notre table. L'atmosphère s'était allégée et je reposai ma tête inconsciemment contre le haut de celle de Sookie qui reposait elle contre mon torse. Godric nous observa avec attendrissement avant de lui demander :
« Comment vas-tu Sookie, questionna-t-il avec gravité, elle haussa les sourcils d'un air d'incompréhension alors il rajouta ; j'ai appris ce qui s'est passé avec le type de la confrérie du soleil. Mais on ne m'as pas dit comment tu t'en es sortie, ta blessure était très grave selon les descriptions que j'ai entendu. »
Je me crispai au rappel de cette nuit tandis que Sookie grimaçait.
« C'est grâce à ton fils que je suis encore en vie, assena-t-elle avec une franchise frappante. Felipe était tellement sonné qu'il n'a pas réagi alors Eric s'est approché et m'a donné son sang. »
« Et tu la pris sans protester, s'exclama-t-il ahuri. »
« Non je te rassure il m'a fallu la convaincre avant qu'elle daigne desserrer la mâchoire, répondis-je à sa place. »
« Je me disais aussi, tu ne pouvais pas avoir autant changé, déclara-t-il en souriant. »
Victor s'approcha de notre table et sourit à Sookie.
« Tu es splendide ce soir, commença-t-il. Me ferais-tu l'extrême honneur de m'accorder une danse ? »
Je m'apprêter à aller lui faire ravaler son arrogance mais Godric fut plus rapide que moi et se trouva en face de lui en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Il le toisa avec mépris.
« Dégage d'ici avorton, cracha-t-il avec dédain. Tu n'es pas assez bien pour elle, si jamais je te trouve à l'importuner encore une fois, je te ferais amèrement regretter d'être encore de ce monde et tu me supplieras de t'achever tant les tortures que je t'affligerais seront insoutenables. Suis-je assez clair ? »
Victor pâlit et décampa à toute vitesse. Sookie sourit, amusée par la scène. Je n'arrivais cependant pas à me calmer. Elle le remarqua et exerça une faible pression sur mon avant-bras pour me signifier que l'incident était clos. Je tournai alors ma tête pour rencontrer son regard et ce que je vis me détendis. Elle était vraiment incroyable, c'était le seul vampire que je connaissais qui était capable de témoigner autant de tendresse à quelqu'un qu'elle avait rencontré si récemment. Felipe m'avait dit qu'elle cernait les gens très vite et à partir de ses conclusions elle leurs accordait ou non sa confiance. Godric rejoint sa place et Sookie se concentra sur lui.
« C'est très aimable à toi, dit-elle avec humour. »
« Ce type ne te méritait pas, grogna-t-il. Il n'aurait même pas dû se prétendre assez bien pour ne serait-ce que pour te quémander un danse. »
Elle lui sourit avec tendresse et il s'empressa de changer de sujet.
« Finalement j'avais raison, lança-t-il triomphant. Vous êtes fait pour vous entendre ! D'ailleurs je veux tout savoir, poursuit-il avec entrain. Depuis combien de temps vous vous connaissez ? Comment vous vous êtes rencontrés ? »
Sookie fut amusée par ses questions et me laissa répondre.
« J'ai rencontré Sookie à la demande de Felipe qui est un ami de longue date et qui tenait absolument à me présenter son bras droit dont il ne cessait de me faire l'éloge, lui expliquais-je. »
« C'était il y a deux nuits, poursuivit Sookie. A l'occasion du bal d'ouverture du sommet, j'étais en train de tenter d'échapper à Quinn dont les avances m'exaspéraient quand Felipe m'a approché pour me présenter son ami et après quelque minutes de discutions et un râteau mémorable pour Quinn les premières notes de la danse d'ouverture ont raisonnées Felipe m'a demandé une danse et je le lui ai accordée. Nous étions en train de danser quand un espèce de taré a brandit un couteau en argent dans le but de tuer le premier vampire qu'il croiserait, et ça aller tomber sur Felipe. J'ai donc repoussé Felipe mais je n'ai pas eu le temps de parer le coup, dit-elle en grimaçant. Et après l'avoir envoyer valser à quelques mètres je me suis effondrée et Felipe m'a rattrapé de justesse. La suite tu la connais, Eric m'a donné son sang, après je me souviens avoir été portée jusqu'à ma chambre et avoir vidé une bouteille de sang. Quant au reste je n'en ai strictement aucune idée, dit-elle en haussant les épaules avec une mimique adorable. Je me suis réveillée le lendemain avec la chemise d'Eric dessus et sans traces de sang sur mon ventre, la plaie avait diminué de moitié et ma robe était à la poubelle. Je n'ai même pas eu le temps de me changer que déjà Eric frappait à ma porte. »
Godric affichait un sourire rayonnant. Il exultait, heureux de voir qu'il avait raison et que tout se passait bien entre nous.
« Et après ?nous questionna-t-il avec impatience. »
« Ensuite nous avons discuté avec Felipe dans la cuisine, nous sommes arrivés en retard à la réunion, nous avons contrarié Hugo et empêché ses projets de guerre, mis en place un vaste projet visant à changer l'image des vampires aux yeux des humains, énonçais-je. J'ai oublié quelque chose ?demandais-je à Sookie. »
« Oui, après la réunion s'est terminée, nous attendions Felipe qui était allé me chercher mes « excentricités » comme il les appelle, d'ailleurs ton fils aime aussi ça, dit-elle ce qui fit rire mon créateur qui devait sûrement partager l'opinion de Felipe sur ses repas ; et ton fils a envoyé balader avec autant de classe que toi Bill Compton. »
Godric se retourna vers moi et me lança :
« Tu ne pouvais me rendre plus fier de toi mon fils !puis il se tourna vers Sookie et l'interrogea taquin. Tu ne m'as pas encore raconté comment il t'a convaincue d'être sa cavalière ce soir. »
« Tout d'abord Sandy m'a menacée quand elle a proposée l'idée du bal, dit-elle en prenant des airs de victime. »
« C'est vrai que tu a l'air très malheureuse dans les bras d'Eric, railla-t-il. »
« Il m'a fait du chantage, se défendit-elle. »
« Moi ?m'exclamais-je ahuri. »
« Parfaitement ! Du chantage affectif !répliqua-t-elle. Toi ta jamais eu droit au regard de Viking battu, tu peux pas comprendre, fit-elle à l'intention de Godric en roulant les yeux. »
Godric qui jusque là se retenait explosa de rire. Il n'arrivait plus à s'arrêter, je l'avais rarement vu rire autant. Je riais doucement en repensant à la description de Sookie qui ne s'accordait pas vraiment à mon souvenir. En interprétant mon rire comme une moquerie envers elle Sookie me frappa doucement le torse de son tout petit poing. Je le saisi dans ma main et y déposa un baiser puis ancra mon regard à celui de Sookie sans lâcher sa main. Godric cessa de rire et admira l'alchimie du moment.
« J'avais raison, lâcha-t-il dans un soupir, nous arrachant brutalement à notre bulle. »
Je réajustai nos position pour caler son dos contre mon torse et croisa mes mains sur son ventre. Elle entrelaça ses doigts aux miens et reposa sa tête contre la mienne.
« Mon seul regret sera de ne pas avoir réussit à vous présenter plus tôt, poursuivit-il. »
La soirée était déjà bien entamée, beaucoup de vampires avaient rejoins leurs chambres avec leurs compagnons afin de passer un moment plus intime. Je regrettai de ne pas en faire partie, mais tenir Sookie dans mes bras était déjà un immense bonheur. Elle semblait calme, sereine dans mes bras alors qu'elle me connaissait à peine, cette pensée me fit sourire.
Pam s'approcha de moi avec un regard suppliant, j'avais déjà saisi, elle voulait la chambre pour ce soir. Godric fut ravi de faire sa connaissance et quand elle me demanda ma permission pour avoir la chambre c'est Sookie qui répondit.
« Je pense que Felipe ne verra aucun inconvénients à ce que tu reste avec nous ce soir, déclara-t-elle. Ca te convient ?me demanda-t-elle en se retournant vers moi. »
« Si ça ne vous dérange pas alors ça sera parfait, répondis-je à Sookie. »
Pam était folle de joie et sautilla sur place sous nos regards amusés. Elle vînt serrer Sookie dans ses bras pour la remercier puis me fît un baiser sur la joue. Avant de partir elle me lança :
« Tes affaires sont déjà dans leurs suite, je les ai faits porter par le groom, bonne fin de soirée à demain, débita-t-elle à toute vitesse avant de partir sans demander son reste. »
Sookie éclata de rire face à l'attitude de ma fille. Voyant que j'étais contrarié par cet excès de confiance elle me dit :
« Souris ! à ces mots elle se releva afin de me pincer les joues comme le font les grands-mères à leurs petits-enfants. Vois le bon côté des choses tu n'aura même pas à aller chercher tes affaires, dit-elle avant d'exploser de rire une nouvelle fois. »
« Et ça te fais rire, dis-je amusé par son comportement. Viens par ici petite peste, lui dis-je en la saisissant pour la chatouiller. »
« Godriiiiiic, hurla-t-elle en se tortillant afin d'échapper à mes chatouilles, morte de rire. Mais fais quelque chose, supplia-t-elle entre deux rires. »
« Alors là tu assumes ma jolie, lui répondis Godric plus qu'amusé par la situation. »
Après quelques minutes supplémentaires je cessai mon jeu de peur qu'elle fasse un geste trop brusque qui rouvre sa blessure. Puis l'aida à se repositionner normalement. Elle défit son chignon et passa ses mains dans ses cheveux afin de leurs redonner leurs aspects habituel.
« Je ne te savais pas si chatouilleuse, la taquinais-je en souriant. Je saurais m'en rappeler. »
« Parce sue ça t'amuse de me torturer, dit-elle en croisant ses bras sur sa poitrine. »
« Bien sûr que non mais j'adore te voir rire autant, lui dis-je gaiment. »
Je passai mon bras derrière son dos afin de la plaquer contre mon torse et remis quelques mèches de ses cheveux en arrière, afin de dégager son visage, de mon autre bras. Godric ne parvenait pas à ôter le sourire qui barrait son visage et prêtait attention à chacun des gestes que nous échangions avec un regard attendrit. Il se leva et déclara :
« Bon les enfants il va être l'heure de regagner nos chambres. Je vous vois demain, nous dit-il avant de repartir en direction des couloirs. »
Sookie se leva d'un bond gracieux et se saisit de ma main pour m'entraîner à sa suite. Dans les couloirs elle garda sa main soudée à la mienne pendant que nous bavardions gaiment. Pam n'avait pas menti, mon sac était juste à côté de la porte de la suite. Felipe attendais Sookie et fut à peine surpris lorsqu'il me vit arrivé. Nous convînmes que je passerais la journée dans le cercueil de Sookie puisqu'ainsi nous ne manquerions pas trop de place si nous restions enlacer et je me voyais mal passer ma journée dans les bras de Felipe.
Sookie fila à la salle de bain enfiler son pyjama pendant que Felipe et moi nous changions dans la chambre en racontant le déroulement de nos soirée. Elle revînt avec le bas de jogging noir que je lui avais mis il y a deux nuits et un débardeur noir moulant ses formes sans être vulgaire. Quand à moi je m'étais contenté d'un bas de jogging tout comme Felipe.
« Je ne vois pas pourquoi je fais l'effort de passer une tenue décente alors que vous deux vous ne mettez même pas un T-shirt, s'indigna-t-elle. »
Devant mon regard interrogateur Felipe m'expliqua :
« On a l'habitude de dormir en sous-vêtements, enfin surtout moi, elle met toujours un bas de jogging ou un short. »
« Personnellement ça me dérange pas, dis-je. Habituellement je fais pareil. »
« Parfait, déclara Sookie visiblement fatiguée par cet excès de pudeur. »
Sans autres formalités elle fît passer son débardeur par-dessus sa tête et l'envoya valser dans un coin de la pièce restant ainsi en brassière et bas de jogging.
« Il arrive qu'elle soit comme ça quand elle est fatiguée, m'expliqua Felipe exaspéré. »
Il parti ensuite en direction de son cercueil en nous souhaitant une bonne journée. Je me dirigeai vers le cercueil de Sookie attendait à côté que je m'installe pour pouvoir se coucher à son tour. Une fois couché, Sookie me rejoignit d'un mouvement souple et s'allongea près de moi en referment le couvercle du cercueil.
« Tu ne m'as jamais parlé de ton créateur, constatais-je. »
« Il n'y a pas grand-chose à dire à ce sujet, éluda-t-elle. »
« J'aimerais savoir, insistais-je doucement en l'installant dans mes bras, dans lesquels elle se blotti. »
« Mon créateur a été attiré par mon odeur j'imagine, commença-t-elle dans un soupir. J'étais issue d'une famille noble et mon frère et moi nous entrainions tout les jours, notre père était tellement fier de nous. Nous vivions près du peuple sans jamais les commander, on préférait aller les aider quand on avait du temps libre et souvent on se battait contre les petites crapules qui débarquaient dans la ville. Les gens du peuple nous appréciaient beaucoup et il n'était pas rare que l'on soit invité à rester manger chez une famille. Puis ce vampire à débarqué, cracha-t-elle avec amertume. J'ai comprit ce qu'il était dès la première fois où je l'ai vu et j'ai pris l'habitude de rentrer avant le coucher du soleil tout en mettant en garde les villageois. Je lui ai échappé pendant un mois en suivant cette règle mais un soir ma meilleur amie a frappée à la porte du château et a prétendu que son frère était pris de convulsion. Je pratiquai déjà la médecine alors j'ai accouru inconsciente du piège dans lequel je me jetais. Le vampire m'est tombé dessus sur le chemin menant au village, il m'a expliqué que cette catin était son amante depuis plus de 3 semaines et avait accepté de l'aider, c'est depuis cet incident que j'ai du mal à faire confiance aux gens. Malgré sa trahison j'ai été horrifié quand il l'a achevée. Ensuite il s'est jeté sur moi et malgré tout mes efforts il m'a mordu et transformée. Quand je me suis réveillée il m'a exposé la situation et le fait que selon sa logique j'étais maintenant sa compagne. Il m'a aussi dit que mon frère était venu le trouver le lendemain de ma disparition pour être transformé parce qu'il refusait de me laisser seule. Et c'est là que tout a dérapé. J'étais tellement furieuse qu'il l'ai transformé que je me suis jeté sur lui et je lui ai brisé la nuque puis j'ai bu son sang. Je préférais le sien que celui d'un humain. Les jours suivants j'ai chassé de gros gibiers avec mon frère dans la forêt. Nous avons vécu comme ça pendant des mois en nous nourrissant parfois de malfrats. Mais très vite Matthew a commencé à faiblir et il nous a fallu changer de régime alimentaire. Nous avons appris à hypnotiser nos victimes par expérience et par chance on n'a jamais loupé notre coup. On faisait toujours en sorte de ne pas les tuer sauf quand c'était des meurtriers. Puis on a voulu poursuivre des objectifs différents, il voulait voyager alors que je voulais participer à des guerres, alors on s'est séparés en se donnant un lieu de rendez-vous avec une date précise à laquelle on devait s'y retrouver. On a découvert plus tard qu'on était capable de se localiser parce qu'un lien nous unissait du fait qu'on soit jumeaux. Et donc voilà tu sais tout, acheva-t-elle en souriant. »
« J'aurais aimé être à tes côtés à ton réveil, soupirais-je. »
« Et qu'aurais-tu fait ?s'esclaffa-t-elle. »
« Je me serais chargé de ton éducation, argumentais-je. »
« J'aurais tout fait pour te contredire, pouffa-t-elle. J'ai fait le coup à Godric. A chaque qu'il voulait m'apprendre une valeur importante pour les vampires je lui posais toujours une question qui remettais en question tout son raisonnement. »
« J'aurais fait preuve de beaucoup de sévérité, dis-je d'un ton manquant cruellement de conviction, ça la fit éclater de rire. »
J'étais heureux de pouvoir alléger l'atmosphère après l'avoir forcé à déterrer ses mauvais souvenirs. Elle soupira d'aise, je me mis à lui caresser tendrement les cheveux. J'étais heureux qu'elle se soit confiée à moi sans crainte, heureux aussi d'être près d'elle et de l'avoir blottie contre mon torse.
« J'imagine qu'il est inutile que je te raconte ma transformation, ironisai-je. »
« En effet, sourit-elle. Godric m'a tout raconté, même ta « crise d'adolescence », railla-t-elle. »
Je grimaçai à l'audition de ce terme. Il était vrai qu'une fois que j'avais découvert tout le fonctionnement du monde des vampires je m'étais légèrement emporté. J'avais juste dévasté les ¾ d'une forêt à moi tout seul. Pendant ce temps Godric essayait vainement de me calmer en me disant qu'il serait toujours à mes côtés en cas de problèmes, prêt à m'épauler. Cette crise dura quatre heures (hé oui, la forêt était grande, et belle aussi, mais bon ça c'était avant mon passage).
Je me redressai autant que me le permettais le cercueil et observa Sookie. Elle avait redressé sa tête en percevant mon mouvement et me fixait elle aussi en souriant affectueusement.
« Quand je suis avec toi, commença-t-elle ; je me sens bien. J'ai l'impression d'être toujours humaine et que les gens ne sont pas aussi vils que le laissent prétendre toutes les expériences que j'ai vécues. J'ai la sensation que toute personne est bonne et honnête et que la notion même de la guerre disparaît tellement elle est inutile, me confessa-t-elle. »
Je restai sans voix durant quelques instants, tellement ému par son aveu, puis chercha mes mots pour lui traduire ce que j'éprouvais en sa présence.
« C'est à peu près ce que je ressent pour toi, lui avouais-je en lui caressant la joue. A la différence que moi je veux te protéger de tout ce qui pourrait te blesser que ce soit physiquement ou psychiquement. Je ne me projette même pas au-delà de la fin du sommet, admis-je. Je ne vois vraiment pas comment je vais supporter de ne pas savoir ce que tu fais ou comment tu vas. »
« Je n'y avais pas encore pensé, dit-elle tristement. Je pourrais peut-être passer une semaine sur deux dans ta zone en attendant que tu rejoignes notre royaume. »
« Cela me semble encore trop peu, soupirais-je. »
« C'est portant déjà suffisamment risqué, argumenta-t-elle en se blottissant contre mon torse de nouveau. Si ta reine remarque à quel point je te suis attachée elle te demandera de me manipuler pour que je convaincs Felipe d'un mariage avec elle. Ainsi elle réussirait à rétablir l'économie en Louisiane et dans l'Arkansas. Peut-être qu'elle a déjà dans la tête l'idée de te le demander puisqu'elle sait que je te dois la vie. »
« Jamais je ne te manipulerais pour quelque raison que se soit, promis-je solennellement. Tu m'es bien plus précieuse que les bonnes grâces de Sophie-Anne ou de qui que se soit d'autre. Je vais essayer de quitter son royaume le plus vite possible mais il faut que tu me fasses le serment que durant la semaine où tu ne seras pas avec moi j'aurais de tes nouvelles tout les jours. »
« Promis, je n'y manquerais pour rien au monde, jura-t-elle en enlaçant mon cou de ses bras. Felipe va être fou quand il va recevoir la facture de téléphone, ajouta-t-elle en riant. »
Je refermai mes bras autour de sa taille et fit passer ses jambes par-dessus mon ventre pour rendre sa position plus confortable. Elle s'installa de côté en calant sa tête sur mon épaule et plaça ses mains contre ma peau nue. Je reposai ma tête contre le haut de la sienne avec un bras entourant sa taille et l'autre derrière ses genoux. J'observai la femme que j'aimais dormir avant de sombrer à mon tour dans l'inconscience.
