Chapitre 7 – T'aimer ( POV Rachel )
Je suis partie. Je n'ai pas pu l'affronter. Comme je n'ai pas pu affronter les évènements des semaines passées.
Sans elle, que pouvais-je faire ?
Assise sur le bord de mon lit, le regard dans le vide, tout me revient. Comme des vagues d'une tristesse insondables s'écrasant sur un sable instable. Ancrée dans mes souvenirs, tout s'effondre.
Tout m'échappe.
À nouveau...
Une heure ? Deux heures ? Peut être des heures...L'esprit en morceaux. Comme démantelée. Et la prière silencieuse que tout cela ne soit qu'un cauchemar affreux. De ceux où on tarde à se réveiller. Et l'angoisse, comme un poison, m'assaillent d'images que je ne suis pas sûre de pouvoir supporter.
J'ai envie qu'elle soit là. J'ai besoin qu'elle soit près de moi. Et tout ce que j'ai, c'est ce couloir d'hôpital vide. Tout ce que j'ai, c'est d'imaginer un monde sans elle. Et cette idée m'est intolérable. Douloureuse à en mourir.
Alors, assise au fond de ce fauteuil, entourée de vide et de cette odeur insupportable, je ferme les yeux. Je ferme les yeux et son visage m'apparaît. Son regard. Sa façon d'être. De m'aimer. Personne ne m'a jamais aimé comme elle l'a fait. Comme elle le fait toujours. Combien de chances que nous puissions nous trouver ? Combien y-avait-il de chance que nous puissions aller l'une vers l'autre ? Combien qu'elle puisse m'aimer ainsi ?
Reviens Quinn. Je t'en pris. Reviens.
Les yeux toujours fermés, je continue silencieusement à l'attendre, à l'appeler. Je suis peut être devenue folle, mais je suis certaine de la "sentir" encore. Non, elle ne peut pas être... elle ne le peut pas. A travers les murs, à travers tout ce qui nous sépare à cet instant, je peux encore la sentir.
Son image me revient à nouveau. Particulière. Ces choses simples. Des milliers de choses qui la caractérisent.
Et cette sensation, là, au fond...intense.
Quinn...
Reviens-moi.
Quand je reprends conscience de ce qui m'entoure je l'aperçois. Sa silhouette se dessine dans l'embrasure de la porte.
- Quinn...Qu'est ce que...
Elle rentre et referme simplement derrière elle. Son regard déterminé m'empêche un instant d'apercevoir la nature de sa présence.
Elle s'avance.
- Dis moi...
Le désespoir qui s'empare de moi étouffe presque les mots que je veux formuler. Pourtant une force, peut être la sienne, me permet d'aller jusqu'au bout du refus que je m'apprête à lui annoncer.
- Je ne peux pas...
- Tu me dois ça Rachel...Je...
Quelque chose au fond de sa gorge s'étrangle.
Peur. Colère. Tristesse. Je ne sais à ce moment lequel de ces sentiments la domine. Ni vers qui ils sont dirigés.
- Je suis perdue. Je ne sais plus, ni qui je suis, ni quel est mon rôle...ni ce qu'on attend de moi. A qui j'étais liée ? Tout me semble...faussé. Comme si on m'avait balancé à l'intérieur d'une parfaite inconnue. Dans une vie...qui, qui que j'ai l'impression d'être vraiment, ne peux pas me convenir...
Je vois son regard s'accroche au mien, désespéré. Et je ne peux que retenir ma respiration sous la peine qui m'écrase.
- Alors s'il te plaît...dis le moi... Je t'en prie Rachel. J'ai besoin de comprendre...
Elle va ajouté quelque chose mais sa voix stoppe, comme si elle était à nouveau consciente de quelque chose. Hésitant à être « elle même »...Et je comprends que quels que soient les événements qui nous ont bouleversé, certaines choses ont du mal à changer. Accrochée à ses lèvres, j'attends, comme tendue vers elle...tendue vers les mots que j'espère la voir formuler.
- J'ai besoin de comprendre cette chose...
Elle soupire en baissant le regard.
- ...qui me relie à toi.
Un instant, mes yeux se ferment. Un court moment pendant lequel j'apprécie la saveur de la sincérité de sa voix. Comme l'espoir que quelque part...Cette chose que m'avait enlevé l'accident ait pu survivre.
En les rouvrant, je savoure la chaleur de ses yeux. Puis je reprend conscience du fait que je ne peux lui répondre. Que je vais devoir la laisser ainsi. Perdue.
- Rachel...
Mes poings se crispent sur le dessus de mon lit, comme pour me donner la force d'aller contre moi. Contre elle. Et contre ce qui pourrait me libérer. J'ai tant envie de lui dire...De lui avouer tout ce qu'elle représente pour moi. Mais tout ce que je peux faire...C'est me taire. Et si tout cela m'est insupportable.
- Quinn...
Quand elle arrive à mes côtés, je me relève simplement. Nous faisant face. Nous regardant. Oubliant le reste.
- S'il te plaît...ne m'oblige pas à le dire.
Un instant, ses yeux se voilent. Comme blessée.
- Je pensais que tu aurais compris...
Et la tristesse dans sa voix comprime ma poitrine douloureusement.
- Que je ne t'obligerais jamais à rien...
Je sens ses mains descendre jusqu'à mon pull. Je la sens électriser inconsciemment l'air qui nous entoure. Je suffoque. Mais je ne suis pas certaine que la tristesse soit le seul moteur de ce qui m'empêche de respirer normalement. Arriver en bas, la pulpe de ses doigts caresse furtivement la peau de mon ventre alors qu'elle remonte mon haut jusqu'à me l'enlever complètement, le laissant simplement choir à côté de nous.
La première chose qu'elle fixe est cette cicatrice.
L'incompréhension dans ses yeux...et les réponses...toutes les réponses que je ne peux lui apporter. Ses doigts s'approchent, hésitent un court instant, avant de venir s'y coller. De la caresser lentement. D'en suivre les sillons comme on le ferait d'un mystère.
Et quand je crois qu'elle va se détacher. Me laisser. Je sens simplement les contours de sa main se coller à ma peau, y déposer une marque invisible. Juste avant de descendre, traçant une ligne brûlante jusqu'à mon ventre. Et je comprend que la cicatrice n'est plus tout à fait ce qui compte. Il y a autre chose...ça a toujours été autre chose que toute cette folle histoire.
Ça a toujours été nous.
D'un mouvement commun nous réduisons la distance. Mes deux mains viennent, comme j'en avais si souvent l'habitude, se déposer derrière son cou et l'attirer à moi. Sa bouche vient se poser naturellement sur la mienne et l'envie pourtant déjà forte de la sentir plus près n'en fini plus de s'accroître. J'entrouvre la bouche et elle y glisse lentement sa langue, caresse la mienne, la cherche.
Et le reste...Tout le reste...S'estompe enfin. La tristesse, le manque, la perte...Tout cela s'évapore quand son corps s'appuie contre le mien pour me faire reculer avec douceur jusqu'au lit derrière nous. Je ne la quitte pas des yeux quand elle s'allonge au dessus de moi.
Ses cheveux chatouillent mon visage quand elle se penche pour laisser ses lèvres découvrir la naissance de mon cou et d'y enfouir son visage, embrassant cet endroit qu'elle aurait du oublier. Comme tout le reste.
La texture chaude de ses lèvres caresse ma peau avec ce mélange unique de douceur et d'envie qui ne peut venir que d'elle. Quand elle se détache pour enlever son haut, l'espace entre nous me paraît à nouveau trop grand. Elle s'affaire ensuite à enlever mon pantalon avant que le sien ne suive la même direction. Elle comble ensuite rapidement l'espace entre nous en revenant vers moi. Instinctivement, mes jambes s'ouvrent pour la laisser venir plus près encore. Son corps s'appuie sur moi d'une façon délicieuse alors que son visage revient au niveau du mien.
Ses yeux dessinent cette chose entre nous, si particulière, d'une façon parfaite. Il englobe tout ce qui n'est pas elle pour le faire disparaître alors que sa présence s'intensifie. Personne ne m'a jamais regardé comme cela. Avec cette chaleur. Ce besoin.
Sa main s'attarde sur mon cou et redescend, laissant une marque brûlante sur chaque parcelle de peau qu'elle touche. Elle se penche et je sens ses lèvres suivre la ligne dure de ma clavicule. Mes mains, envieuses de la toucher, se posent de chaque côté de sa cage thoracique. Mes doigts glissent un instant sur sa cicatrice avant de suivre une ligne invisible et d'englober ses seins, toujours couvert par le tissu de son soutien-gorge. Une légère pression la fait immédiatement réagir quand je sens son bassin ondulé inconsciemment vers moi. Mes doigts s'attardent, tracent des sillons qui accentuent ses mouvements. Je descend vers son ventre, mes mains ouvertes au maximum, comme pour la sentir toute entière. Deux de mes doigts commencent une danse sensuelle à la surface de son bas ventre. Le frisson qui revient brusquement sur ma peau tend un peu plus mon corps vers le sien.
Ses lèvres se déplacent un peu plus vers le bas quand mes mains viennent glisser sur ses hanches et remonter vers son dos. Les spirales invisibles que je trace jusqu'à sa nuque s'amorcent alors que sa bouche embrasse le creux entre mes seins. En même temps, ses doigts caressent ma peau avant de venir s'attarder sur l'intérieur de mes cuisses. Je mord ma lèvre inférieure quand je sens le va-et-vient se rapprocher pour ensuite s'éloigner.
- Quinn...
- Oui ? Demande-t-elle consciente de mon état.
Laissant volontairement sa main papillonner autour de mon centre, un gémissement finit par m'échapper quand elle l'effleure.
- S'il te plaît...Fait-le...
Je sens sa main hésiter avant de venir se glisser avec une lenteur lascive sous le tissu qui me recouvre encore. Quand je sens ses doigts venir en moi, ma tête s'appuie vers l'arrière alors qu'un gémissement s'échappe de mes lèvres. Mes hanches amorcent un mouvement que Quinn commence à suivre d'elle même, laissant ses doigts aller et venir à l'intérieur de moi d'une façon plus appuyée qui finit de me rendre folle.
Pencher sur moi, je sens ses dents mordre doucement la naissance de mon cou avant de l'embrasser. Et je ne sais pas si elle sait combien mes pensées sont déchirées du délicieux supplice qu'elle me fait endurer.
Quand mes ongles se crispent sur la peau de son dos, je sens ses doigts s'insinuer un peu plus fort en moi et son prénom s'échappe de mes lèvres, comme si il avait pu me délivrer. C'est quand je le dis que nos mouvements s'accélèrent et que je sens sa langue remonter le long de mon cou, mordant parfois un endroit avant de continuer son chemin. Je sens ses lèvres et son souffle erratique se répercuter sur mon oreille, alors que nos mouvements communs nous entraînent l'une avec l'autre, comme si nous ne faisions qu'une .
- Je t'aime...
Ces mots échappés de sa bouche d'une façon si naturelle, comme une évidence à travers ses lèvres me délivre de la pression exquise dans laquelle elle m'avait elle-même installé.
Comme une lumière aveuglante et le calme revient petit à petit alors que nous sommes l'une contre l'autre, nos deux respirations se mêlant comme une seule.
Et l'amour que je ressens m'apparaît sans limites.
