Chaud devant, chapitre 7 ! Oui déjà ! J'espère qu'il vous plaira, et que vous arriverez bien à imaginer le Cottage Aux Embruns que j'ai tenté de décrire de façon assez sommaire, afin de laisser place à votre imagination !
Ce chapitre se passe d'action, mais ce n'est que le calme avant la tempête, soyez-en sûrs ! Je remercie encore et toujours tous mes lecteurs et toutes ces adorables personnes qui commentent à chaque nouveau chapitre. Je ne le dirais jamais assez, merci ! Déjà plus d'une vingtaine de commentaires, ça me fait chaud au cœur !
Keloush : Merci merci merci, tu es toujours dans les premiers à commenter, alors considère toi comme une commenteuse de rêve :D Vraiment, c'est à adorable de prendre à chaque fois la peine de laisser un petit mot !
Cat240 : Qui a dit que Lucius ferait aussi l'affaire, hum ? Il ne faut pas 'un' malefoy, il faut Drago et personne d'autre ! Et puis, ils ne vont pas vivre cacher indéfiniment, il faut détruire le calice une bonne fois pour toutes et ainsi éradiquer définitivement Voldemort ! Tu verras que Drago voulait garder le Cottage secret le plus longtemps possible. Pour ce qui est de Sissy, patience ! On va en apprendre un peu plus dans les chapitres prochains. En tout cas, merci encore pour ton commentaire, et tes questions qui me font à chaque fois réfléchir à mes écrits, alors merci de le faire de manière assi régulière !
Niki2906 : Oh, c'est adorable d'en laisser une autre ! Je suis enchantée d'apprendre que mon histoire de plait toujours autant, car j'y mets tout mon cœur et beaucoup de mon temps. Pour l'instant, je n'ai rien d'autre à faire que d'écrire et j'ai tout plein d'idées, alors j'en profite ! Merci, et à bientôt :D
Mel31 : Oulala, merci merci pour ton commentaire ! Je suis ravie qu'elle te plaise autant, car je fais de mon mieux pour la rendre attractive ! En effet, je poste quotidiennement pour l'instant, alors j'imagine que tu as du avoir de la lecture ahah. Merci en tout cas, et à très vite :D
Je vous laisse à votre lecture, et n'oubliez pas de donner votre avis à la fin, car je suis ravie de vous répondre à chaque fois, c'est mon moteur :D
Le Cottage aux Embruns était magnifique. Uniquement fait de pierres blanches, son toit de chaume le faisait ressembler à une maison de pêcheur. L'intérieur était tout aussi beau, mais Hermione fut surprise de le voir décoré de manière si austère. Les meubles et les tapis étaient tous de couleurs beige, craie et blanc cassé, si bien que la lumière semblait se refléter sur chaque objet de la pièce principale : un grand salon avec de nombreux fauteuils et canapés moelleux au milieu du quel trônait une table basse en bois clair.
La cuisine était vaste et tout aussi lumineuse, et une grande fenêtre en bois avec vue sur la mer et les falaises se tenait derrière l'évier de porcelaine. De l'intérieur, on pouvait toujours entendre le bruit de l'eau qui venait s'écraser contre la rocher émoussée.
Le cottage contenait trois grandes chambres. La chambre bleue était la suite conjugale, car elle possédait également une salle de bain. Les deux autres chambres étaient grandes, mais devaient se partager une seconde salle de bain qui contenait une baignoire immense et un dressing aussi vaste que le dortoir des Gryffondors.
Enfin, la pièce le plus belle était la salle à manger, qui était en réalité une sorte de jardin d'hiver, dont les parois étaient uniquement constituées de verre. Il y avait une grande table en bois clair ainsi que huit chaises tout autour. Un bouquet de fleur fraichement cueillies trônait fièrement en son centre.
—Comment ces fleurs sont arrivées là ? demanda Cassie, consciente que la maison était inhabitée.
—C'est sûrement Ketty, répondit Drago en faisait un tour du propriétaire.
—Qui ?
—L'elfe de maison.
Cassie ouvrit de grands yeux étonnés.
—Vous avez une elfe de maison pour chacune de vos propriétés ?
—Non, uniquement le Manoir et celle-ci. L'elfe du manoir qu'on avait autrefois, Dobby, nous suivait quand on allait dans nos autres maisons. Mais nous ne voulions pas qu'il sache que nous avions un Cottage ici, comme ça, même sous la torture, il n'aurait pas pu parler de cet endroit, expliqua Drago.
—La magie qui unit l'elfe à son maître l'empêche de le trahir, rétorqua Hermione froidement.
—On n'est jamais trop prudent, répondit Drago en haussant les épaules. Installez-vous, je prends la chambre principale. Deux personnes par chambre, celle qui reste prendra le canapé.
Il les laissa plantés là et se dirigea lui-même vers la pièce qui devait être autrefois la chambre de ses parents. Hermione se retourna vers les autres et déclara :
—Je prends le canapé. Vous n'aurez qu'à vous partager les chambres.
—Tu es sûre ? s'enquit Leo. Ca ne me dérange pas de…
—Moi non plus, insista Hermione.
Les quatre autres restèrent quelques secondes avec elle, puis se dirigèrent vers les deux chambres qui restaient et s'extasièrent de longues minutes devant les lits immenses et douillets. Hermione se laissa tomber sur le plus grand canapé. Il était recouvert d'un édredon en patchwork aux couleurs pastelles et plusieurs oreillers s'accumulaient près des accoudoirs. C'était très confortable, et la vue sur la mer donnait à Hermione l'impression d'être en vacances.
Fermant les yeux, elle se laissa bercer par le bruit des vagues et le chant des mouettes. C'était tellement agréable. Après avoir découvert leur campement dévasté, Hermione avait cru à leur perte à tous. Mais une fois encore, le destin lui avait prouvé que s'entourer d'amis pouvait être utile…
Le destin. C'était un terme au quel Hermione ne croyait plus vraiment. Il n'y avait pas de destin, il n'y avait que la mort et la douleur. Il n'y avait ni bien ni mal, seulement la vengeance et l'individualisme. Du moins, c'était ce dont elle avait réussi à se convaincre avant de rencontrer Cassie et les Jumeaux. A présent, elle devait bien avouer que la compagnie était un atout imparable.
Qu'aurait-elle fait sans Drago, à la boutique de Portoloins ? Et sans Cassie et son argent et sa maîtrise des runes ? Sans les jumeaux qui s'étaient montrés impitoyables avec les Mangemorts… Sans Drago encore, qui leur avait trouvé un endroit où se cacher. Drago… Où était le Drago égoïste et terriblement mesquin qu'Hermione connaissait ? Celui qu'elle avait connu autrefois aurait sauvé sa peau, laissant les autres derrière lui. Etait-ce pour Solvejg ? Non. Il aurait pu s'emparer uniquement de sa main… Pourtant, il avait dit à tout le monde de s'accrocher, et voilà qu'il leur offrait sa dernière botte secrète. Quel étrange personnage…
—Alors Granger, on oublie de dire merci ?
Hermione ouvrit les yeux et les posa sur celui qui hantait ses pensées quelques minutes plus tôt. Il s'était changé et porté une chemise de lin blanc qu'il avait retroussée aux manches. Il était appuyé dans l'encadrement de la porte et l'observait de ses yeux pâles.
—Merci, finit par répondre Hermione.
Drago fut tellement stupéfié qu'elle s'exécute qu'il ouvrit de grands yeux. Son sourire en coin disparu et il finit par hausser les épaules, enfonçant les poings dans ses poches.
—Ca faisait un moment que j'y pensais de toute façon. Ca n'a fait que précipiter les choses.
Il regarda Hermione encore quelques secondes avant d'entrer dans la cuisine. Hermione l'entendit ouvrir les placards et fouiller dans les tiroirs. Finalement, elle l'entendit s'écrier :
—Ketty !
Le plop caractéristique du transplannage des elfes se fit entendre, et une petite voix aussi douce que le miel chantonna dans toute la maison.
—Le maître a appelé Ketty ?
—Où étais-tu ?
—Le Maître Lucius m'a dit de me cacher jusqu'à ce qu'on appelle Ketty, Monsieur.
—Va au village récupérer de quoi faire à manger. Nous avons des invités ce soir.
—Oui maître, bien sûr, Monsieur.
Hermione tendit l'oreille, et entendit à nouveau l'efle transplanner. Quelques secondes plus tard, Drago était à nouveau dans le salon et s'affalait sur le fauteuil le plus proche.
—Une chance qu'elle soit là, marmonna-t-il. Sinon, il aurait fallu aller au village, et ne pas se faire repérer aurait été sacrément difficile.
— Où sommes-nous ? demanda Hermione.
—Quelque part au nord de l'Irlande. Le village moldu le plus proche est à une cinquantaine de kilomètres. Mais il y a des Mangemorts un peu partout depuis ces dernières années.
—Et… personne ne connaît ce cottage ?
— Aucun membre de ma famille. Mes parents ont acheté cette maison lors de la première chute de Voldemort, pour fuir le Ministère. Ils l'ont acheté à des moldus, afin que ça ne s'ébruite pas…
—Les Malefoy ont acheté une maison à des moldus ? sourit Hermione.
—Malgré ce que tu crois, nous avons le sens des priorités. Et la survie en fait partie, bien plus que cette hiérarchie subjective des races.
Hermione médita un moment ces paroles, ne sachant pas quoi en penser. Y avait-il plus important que la pureté du sang ? Sans doute la précieuse vie des Malefoy était au dessus de tout. Elle était sur le point de répondre quand les quatre autres entrèrent à leur tour dans le salon.
—C'est magnifique, ici, Drago, s'émerveilla Cassie de sa voix enfantine.
—Oui. Merci, ajouta Solvejg en adressant un sourire rayonnant à Drago.
Chacun resta silencieux un moment, avant que Leo ne s'approche de la fenêtre.
—Et si on allait se baigner ? proposa-t-il avec enthousiasme.
—Excellente idée, s'exclama Cassie.
—Mais nous n'avons pas de maillot !
La voix d'Hermione tremblait légèrement, ce qui fit sourire les cinq autres dans la pièce.
—Tu n'as qu'à y aller nue, Hermione. Nous on a nos sous-vêtements, la taquina Solvejg qui s'approchait déjà de la porte.
Hermione se serait mis une gifle. Son petit air d'ingénue lui valait à chaque fois les moqueries de ses amis. Elle les suivit à l'extérieur, où chacun était déjà en train de se dévêtir. Une légère brise vint s'engouffrer dans ses cheveux, tandis qu'elle avançait dans leur direction, retirant ses chaussures au passage pour apprécier les galets chauds sous ses pieds.
Quand elle arriva au bord de la mer, les garçons étaient déjà dans l'eau, tandis que les filles en avaient jusqu'à la taille. Hermione se contenta d'avancer jusqu'à avoir de l'eau aux chevilles, retroussant légèrement son pantalon. L'eau était glaciale, mais procura une sensation de plénitude à Hermione. C'était un parfait contraste. L'air chaud fouettait son visage en même temps que l'eau lui dévorait les pieds. Elle se sentait délicieusement vivante.
—Viens Hermione ! S'exclama Leo en lui faisant des signes de la main.
—Elle est trop froide !
—Mais non, c'est dans ta tête tout ça, allez viens.
Mais elle n'eut pas le temps de refuser d'avantage, car Caliban et Drago s'approchaient d'elle dangereusement jusqu'à ce que leurs mains ne s'emparent de ses bras et de ses jambes et la balancent dans l'eau salée.
Elle était plus froide encore qu'elle ne le pensait, si bien que lorsqu'elle émergea de l'eau, Hermione avait déjà les lèvres violettes. Elle se retourna telle une furie vers ses deux agresseurs et les éclaboussa avec toute la force dont elle était capable. Les frissons parcouraient déjà son échine, mais à présent qu'elle était mouillée, elle n'était plus certaine de vouloir sortir.
Hermione n'aurait su dire combien de temps ils étaient restés dans l'eau, mais le soleil était déjà bien bas dans le ciel quand ils en ressortirent. Les filles frissonnaient et les garçons claquaient des dents, mais aucun d'entre eux ne regretta cette baignade.
Ketty, qui était revenue du marché, leur apporta à tous d'épaisses serviettes tièdes dans les quelles ils s'enroulèrent immédiatement. Récupérant leurs vêtements éparpillés sur la plage, ils retournèrent au cottage où un thé brûlant les attendait. Ils s'installèrent au jardin d'hiver pour le déguster et savourer les derniers rayons du soleil.
—Je suis exténuée, déclara Cassie en baillant, ses petites mains étroitement serrées autour de sa tasse.
—Moi aussi, s'exclamèrent Leo et Caliban à l'unisson.
Les trois autres restèrent silencieux, mais leurs yeux rouges et leur air ensommeillé en disait long sur leur propre état de fatigue. Derrière eux, l'elfe de maison s'activait dans la demeure, époussetant le moindre grain de poussière, nettoyant les vitres tout en surveillant le plat qui mijotait. Après de longues minutes de silence, Solvejg se redressa légèrement sur sa chaise et s'étira paresseusement.
—J'irai bien prendre une douche, annonça-t-elle.
—Fais comme chez toi, lui répondit Drago avec un petit sourire en coin.
—J'y compte bien, rit-elle en se levant et en s'éloignant déjà vers la salle de bain.
Quelques secondes plus tard, les autres tendirent l'eau couler. Drago se leva à son tour et sans dire un mot se dirigea vers sa propre salle de bain. Leo profita de son absence pour prendre la parole :
—Ben ça alors, s'exclama-t-il. Une baraque immense, une elfe de maison, la plage… Qu'est-ce qu'il attendait pour nous y inviter ?
—Il voulait garder la maison en dernier recours, l'en informa Hermione.
—Estimons-nous heureux qu'il ait eu un plan de secours, personnellement ce n'était pas mon cas, murmura Cassie en jetant un coup d'œil à la porte de la chambre de Drago.
—Les plans de secours, c'est pour les trouillards, répliqua Leo avec un sourire taquin. Mais j'avoue que je suis bien content d'avoir un toit sous le quel dormir ce soir, et même un bon petit plat mijoté, ajouta-t-il en inspirant une grande bouffée d'air aux saveurs de romarin.
Hermione resta silencieuse, mais devait admettre que Cassie avait raison. Elle n'avait aucun plan de secours quand les Mangemorts les avaient attaqués, et même si ça l'embêtait de devoir faire confiance à Malefoy, elle était bien heureuse d'être à l'abri dans un endroit douillet.
—La question est : combien de temps pourrons-nous rester ? murmura-t-elle.
—Autant de temps que vous le voudrez, répondit la voix de Drago derrière elle. Personne ne connaît l'endroit, et avec la batterie de sorts qu'on a jeté hier, je doute que qui ce soit nous retrouve.
Hermione se retourna vers lui, surprise qu'il ait entendu ce qu'elle disait. Il se tenait dans l'encadrement de la porte, les cheveux encore dégoulinants d'eau. Sans ajouter quoi que ce soit, il se dirigea vers la cuisine et les autres l'entendirent parler avec Ketty.
—Ce sera bientôt prêt, maître. Ragoût de légumes et côtes de porcs, monsieur. Le menu convient-il à monsieur ? chantonna la voix de miel de l'elfe.
—Parfait. Tu iras chercher des vêtements pour tout le monde demain, nous avons besoin de rechange.
—Oui maître, quelque chose de précis maître ?
—Non, prends ce que tu trouveras à ton goût.
—Bien monsieur. Le repas peut être servi, maître.
Un bruit de vaisselle se fit entendre, et Drago apparut à nouveau, tenant six assiettes dans les mains. Il les posa sur la table et marmonna :
—Solvejg s'est noyée ? Je commence à crever de faim.
Cassie se leva et commença à mettre le couvert paisiblement.
—Laisse, Ketty va le faire, grogna Drago en se dirigeant vers la salle de bain où Solvejg devait être en train de se pomponner.
Il frappa de grands coups à la porte.
—Allez beauté, à table.
—Deux minutes.
—Ca fait une demie heure que tu es là dedans, bougonna Drago.
—Et alors ? Tu m'as bien dit de faire comme chez moi.
Caliban et Leo éclatèrent d'un grand rire, tandis qu'un sourire amusé de dessinait sur les lèvres d'Hermione et Cassie. Solvejg était toujours égale à elle-même, refusant de se laisser marcher sur les pieds par qui ce soit, et surtout pas par le propriétaire de la maison. Drago soupira d'agacement et vint s'asseoir à table, entre Cassie et Hermione.
—On n'a qu'à commencé sans elle, proposa aimablement Cassie.
Drago hocha la tête et Ketty apparut dans le jardin d'hiver, suivie de près par une énorme marmite qui flottait paresseusement dans les airs. L'odeur était alléchante et les légumes parfaitement cuits. Ketty servit à chacun une assiette digne d'un demi-géant, et versa à chacun un verre – ou plutôt un pichet – de jus de citrouille.
—Bon appétit, couina-t-elle joyeusement, avant de retourner derrière les fourneaux.
—Elle en a fait pour quinze jours, s'exclama Leo.
—Crois-moi, quand tu auras goûté, tu redemanderas trois assiettes comme celle-ci, répliqua Drago en portant sa première cuillerée à la bouche.
Et il n'avait pas tort. Le plat était tellement bon, que chacun le mangea à une vitesse hallucinante. C'était délicieux, et toutes les saveurs se mélangeaient dans leur bouche dans un équilibre parfait. Ils avaient mangé plus de la moitié de leur première assiette quand Solvejg daigna enfin sortir de la salle de bain.
Des centaines de perles d'eau brillaient dans ses cheveux ondulés qu'elle avait relevés en une queue de cheval. Elle avait remis ses vêtements mais avait pris soin de les laver avant, et il émanait d'elle une odeur de jasmin et de fleur d'oranger. Aussi naturelle qu'elle pouvait l'être, Solvejg était tout bonnement resplendissante. Les garçons avaient d'ailleurs lâché leur assiette des yeux pour se délecter du spectacle.
Cassie jeta un regard triste en direction de Caliban avant de manger une énième bouchée du ragoût, ignorant l'arrivée de son amie. Cette dernière s'installa au bout de la table, à côté de Leodagan, et jeta un œil à son assiette qui avait déjà légèrement refroidi.
—Vous ne m'avez pas attendu ?
—Non, grogna Drago. On n'est pas à un concours de beauté. Tu n'avais pas besoin d'essayer tous les shampooings de ma mère.
Pour la première fois depuis qu'Hermione la connaissait, Solvejg rosit légèrement, baissant les yeux vers son assiette. Elle ne répondit rien et commença à manger en silence, évitant à tout prix de croiser le regard de son ami. Celui-ci ne semblait pas gêné par le silence, si bien que le reste du repas se déroula de façon assez calme.
Pour le dessert, Ketty avait préparé un fraisier délicieux, qui vint achever avec brio ce repas de luxe. Le ventre plein et l'esprit embrumé, chacun se laissa aller sur le dossier de sa chaise, digérant du mieux qu'il pouvait ce si copieux dîner.
—C'était délicieux, finit par dire Cassie.
—C'est vrai, je n'avais pas aussi bien mangé depuis… ajouta Leo en tentant de se remémorer un aussi bon repas.
Chacun continua de louer les talents de cuisinière de Ketty, jusqu'à ce que Cassie finisse par avouer qu'elle n'arrivait plus à garder les yeux ouverts. Tous se levèrent et gagnèrent leur lit douillet. Hermione s'allongea sur le canapé, et se recouvrit de l'édredon avant de sombrer dans un sommeil sans rêve tant elle était fatiguée.
Trois heures plus tard, cependant, elle se réveilla tremblotante, les mains et le bout du nez gelés. S'emmitouflant dans l'édredon, elle finit par se lever dans le noir, à la recherche d'une couette supplémentaire. Elle ne trouva rien cependant, et finit par murmurer le plus doucement possible :
—Ketty ? Ketty ?
Une seconde plus tard, Ketty était là, à côté d'Hermione.
—Est-ce que je pourrai avoir une autre couverture, s'il te plait ?
—Oui Miss, bien sûr, Miss.
Elle disparut dans l'obscurité et revint les bras chargés de couettes toutes plus épaisses les unes que les autres. Elle les posa sur le canapé et ajouta deux oreillers à la montagne de coussins qui trônait déjà sur le sofa.
—J'espère que Miss n'aura plus froid ! Le Maître Drago m'avait dit de vous donner l'énorme couette de Madame Malefoy, si vous aviez froid.
Hermione resta bouche bée. Malefoy avait prévu des couettes supplémentaires pour elle ? C'était… étrangement aimable de sa part, songea Hermione. Elle s'enroula dans l'énorme couette et finit par demander à voix basse :
—Où est Mrs Malefoy, Ketty ?
Cette dernière observa Hermione de ses grands yeux bleus tandis qu'un sourire triste fleurissait sur ses lèvres.
—Je n'ai pas le droit, Miss. Cela concerne Maître Drago.
—Est-elle vivante ? questionna quand même Hermione.
—C'est très gentil de la part de la Miss de s'inquiéter pour ma maîtresse, Miss.
Hermione comprit que l'elfe n'en dirait jamais plus et décida de retourner se coucher, remerciant Ketty pour les couvertures. Elle réfléchit de longues minutes avant de sombrer à nouveau dans le monde des songes. Cette fois-ci, elle ne se réveilla pas avant le lendemain matin, quand elle entendit des bruits de vaisselles dans la cuisine juste à côté.
Hermione ouvrit un œil, puis deux, et réalisa que Drago était assis dans un fauteuil à côté d'elle, lisant la Gazette du Sorcier d'un air absent. Elle se redressa sur ses deux coudes et observa un instant la première page du journal. C'était un Drago Malefoy plus jeune et plus hautain qui la regardait avec dédain. Juste au dessus de sa tête, les gros titres disaient « Avez-vous vu ce sorcier ? ». En caractères plus petits, on pouvait lire « Un million de Gallions de récompense pour quiconque le livrera vivant au Manoir Gloucester ».
—Je me demande pourquoi ils ont pris la photo où je suis le moins à mon avantage, grommela Drago en refermant le journal d'un coup sec et en posant ses yeux sur Hermione. Ca y est, la belle au bois dormant est réveillée ?
—Quelle heure est-il ?
—Je ne sais pas. Onze heures, je crois. Tout le monde dort encore, si ça peut te rassurer, ajouta-t-il en la voyant se lever précipitamment.
Sa dernière phrase calma Hermione et elle retomba dans ses couvertures.
—Merci pour les couettes, dit-elle timidement.
—C'est Ketty qui te les a données, pas moi.
Hermione n'ajouta rien, elle ne voulait pas le mettre mal à l'aise en avouant qu'elle savait très bien que c'était lui qui avait prévenu son elfe qu'elle risquait d'avoir froid. Ce n'était pas la première fois qu'Hermione remarquait cette nouvelle facette de Drago. Cette façon qu'il avait de se défiler, quand on était sur le point de le remercier ou de le complimenter. Il avait demandé à Solvejg de ne pas dire qu'il s'était fait torturer à sa place pour la sauver, et il ne s'était pas étendu quand tous l'avaient remercié pour le Cottage. A présent, il faisait semblant de ne pas être au courant pour les couvertures. C'était… adorable.
Adorable… Jamais Hermione n'aurait cru pouvoir associer ce mot à Drago Malefoy, mais elle devait admettre – chaque jour un peu plus – qu'il n'était plus celui qu'elle avait connu.
Il se leva de son fauteuil et se dirigea vers la cuisine, laissant la Gazette derrière lui.
—Je peux te prendre le journal ? demanda Hermione avant qu'il ne disparaisse de son champ de vision.
—Si tu veux une photo de moi, Granger, tu peux le demander directement, se moqua-t-il avant d'entrer dans la cuisine d'où s'élevait une odeur de pain grillé.
Hermione ne répondit pas et s'empara du journal, dont elle parcourut rapidement les titres. Mis à part un long article sur Drago, dans le quel les Gloucester insistaient bien sur le fait qu'il devait être capturé vivant, il n'y avait rien de très alarmant. Dans la rubrique nécrologique, il n'y avait aucun nom qu'Hermione connaissait, pas plus que dans la liste des nouveaux détenus d'Azkaban.
En effet, depuis que Voldemort était au pouvoir, il avait pris soin de faire publier quotidiennement les morts et les nouvelles arrestations afin de prouver à chacun sa toute-puissance et d'éradiquer de manière définitive l'espoir. Quand il était mort, les Gloucester avaient repris le relais et avaient continué à publier leurs listes, sans oublier de rappeler dans la plus part des articles que tout était mis en œuvre pour faire revenir Lord Voldemort.
Le nom de celui-ci était toujours aussi craint, même après sa mort. Ses fidèles mangemorts l'appelaient toujours Maître ou Seigneur des Ténèbres, et le commun des mortels l'appelait encore et toujours Vous-Savez-Qui, ou Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, mais les résistants et les rebelles mettaient un point d'honneur à l'appeler Voldemort.
Hermione avait d'ailleurs remarqué que tous, dans leur petit groupe, l'appelaient ainsi, même Drago, à sa plus grande surprise. Solvejg, quant à elle, n'arrivait pas à comprendre que les gens craignent un nom, jusqu'à ce qu'on lui explique que pendant longtemps, le nom du Seigneur des Ténèbres avait été victime d'un sort de Tabou, qui faisait repérer quiconque s'aventurait à le prononcer.
Le tabou avait été levé quand Voldemort avait gagné la guerre, réalisant que l'Ordre du Phénix avait finalement opté pour son autre nom : Jedusor. C'était Harry qui avait eu l'idée, quand il avait remarqué à quel point Voldemort était en colère lorsque Dumbledore l'appelait Tom. Ainsi, le Tabou avait été levé, laissant malgré tout dans son sillage, la crainte d'un nom.
Hermione déposa le journal sur le canapé et se leva à son tour, rejoignant Drago dans la cuisine. Il était attablé devant une tasse de café et était occupé à beurrer ses toasts. Lorsqu'il la vit entrer, il se contenta de demander :
—Thé ou café ?
—Thé, merci.
De sa baguette magique il fit sortir une tasse d'un des placards et la laissa se déposer devant Hermione. D'un autre coup de baguette, la théière s'approcha de la coupe et y versa un thé fumant.
—Ketty n'est pas là ? s'étonna Hermione.
—Elle est partie nous trouver des vêtements, répondit-il d'un air distrait.
—Je… Merci. Je te rembourserai quand tout ça sera fini.
—Laisse tomber Granger, grogna Malefoy en mordant dans son toast d'un air indifférent.
Hermione réprimanda un sourire. Encore cette facette modeste de Drago. Elle allait finir par y prendre goût, c'était tellement différent de ses insultes habituelles. Elle n'ajouta rien, et se beurra un toast à son tour. Ils en avaient avalé plus de cinq chacun quand Ketty revint, les bras chargés de sacs.
Elle les posa tous sur la table et commença à les déballer, faisant six petits tas différents : un pour chacun d'entre eux. Drago se leva et alla inspecter les nouveaux achats. Son tas était essentiellement constitué de chemise en lin aux couleurs claires et de jeans. Hermione s'approcha à son tour et découvrit dans son tas deux robes courte en coton, une rouge et une noire, deux jeans et plusieurs chemises et autres pulls torsadés.
Ketty avait aussi pris soin d'acheter à chacun une paire de chaussure ainsi qu'une brosse à dents.
—Si quelque chose n'est pas au goût du Maître, Ketty pourra le changer.
—C'est très bien, Ketty.
Le ton assez doux de Drago suffit à faire rougir Ketty de plaisir, avant qu'elle ne disparaisse derrière les fourneaux, s'activant déjà pour le déjeuner. Ce ne fut pas avant midi que les autres émergèrent du sommeille, quittant les bras de Morphée pour retrouver Drago et Hermione dans la cuisine. Ils avaient tous très bien dormis, mais regrettaient que Drago et Hermione ne les aient pas réveillés plus tôt.
—De toute façon, on n'a rien de prévu aujourd'hui, les rassura Hermione.
—Justement, si, répliqua Drago en observant ses camarades d'un œil brillant. Après l'attaque d'hier, je pense qu'il est grand temps de parfaire votre éducation.
—A d'autres, Amour, se moqua Solvejg. On est déjà des sorciers hors-pairs.
—En Magie Blanche peut être, mais pour le reste…
Tous ouvrirent des yeux ronds à cette phrase. Solvejg se tut et l'observa de ses yeux perçants, comme pour voir s'il se moquait d'elle. Finalement, Cassie prit la parole.
—Tu veux dire, nous apprendre la Magie Noire ? demanda-t-elle en frissonnant.
—Au moins vous en défendre, si ce n'est l'utiliser, déclara Drago en haussant les épaules.
—Qu'est-ce qu'on attend alors ? demanda Leo en se frottant les mains d'un air réjoui. Allons sur la plage.
C'est déjà la fin du chapitre 7 ! Ca passe super vite, vous ne trouvez pas ? C'est vrai que je publie assez rapidement, quotidiennement en fait. Mais si vous préférez que je laisse plus de temps entre les chapitres, dites le moi, ça ne me dérange pas le moins du monde !
Je sais que ce chapitre est assez plat et qu'il ne s'y passe pas grand-chose, mais c'était aussi essentiel pour qu'Hermione commence à réaliser concrètement le changement de Drago. N'hésitez pas à donner votre avis malgré tout, a très bientôt et merci d'être aussi nombreux à lire :D
