Chapitre 6

- Scorpius, c'est vrai ce qu'a dit l'autre garce ? demanda Albus alors qu'ils se rendaient à l'infirmerie.

- A quel sujet ? demanda-t-il tout en sachant très bien où Albus voulait en venir.

- Tu sais très bien… Est-ce que tu en pinces pour ma sœur ?

- Je n'en pince pas pour Lily, je crois que c'est bien plus profond que ça car si c'était juste un petit béguin, je n'aurais aucun mal à en faire abstraction par respect pour toi, répondit-il.

- Je ne t'ai jamais demandé d'en faire abstraction, dit Albus.

- Quoi ?

Pourquoi tous ces regards en croix quand il le voyait proche de Lily alors ?

- Oui, qu'est-ce qui te fait dire que je serais contre ? demanda Albus.

- Tu n'as pas arrêté de me regarder de travers à chaque fois que tu m'as vu seul avec Lily !

- Parce que je voulais que tu m'en parles, c'est tout ! se défendit Albus.

- Al, tu passes ton temps, depuis la troisième année de ta sœur à faire fuir tous ceux qui s'y intéressèrent de trop près, fit remarquer Scorpius.

- Parce que la plupart ne voit que la fille d'Harry Potter ou la jolie rousse aux poches pleines de gallions et au nom le plus connu de la communauté magique. Ce n'est pas ton cas, je le sais.

- Non, c'est vrai, je vois la beauté mais aussi l'intelligence, l'humour, la présence d'esprit, la modestie, le courage…

- Oui, c'est bon, j'ai compris ! s'exclama Albus en secouant la tête, gêné que son meilleur ami parle ainsi de sa petite sœur.

- Désolé, tu me connais, je me laisse souvent emporter, dit Scorpius avec un sourire en coin.

- Non justement, je ne te connais de ce côté-là, tu es sorti avec quoi ? Deux filles et ça n'a pas duré une semaine !

- Pas tout le monde ne veut devenir une légende en cumulant le plus de filles possibles, railla Scorpius.

- Je ne vois pas du tout de quoi tu parles ! s'exclama Albus.

- Ouais, moi non plus.

Ils approchaient de l'infirmerie puis Scorpius s'arrêta, Albus fit de même pour savoir ce qu'il lui arrivait.

- Je pense que tu devrais en profiter pour dire à tes parents, tu sais, au sujet de l'attaque, dit Scorpius.

- Tu sais que si je fais ça, que ma sœur partage tes sentiments ou pas, connaissant son caractère, elle ne te parlera plus après ça, prévint Albus.

- Je m'en doute, mais ça commence à me peser sur la conscience, si jamais il lui arrive quelque chose… Je préfère qu'elle m'en veuille mais qu'elle soit en sécurité plutôt qu'heureuse en ma présence mais au risque de la perdre d'une manière bien plus tragique.

- C'est tout à ton honneur !

Le père de Scorpius l'aurait taquiné en disant que cela n'avait rien de très Serpentard, mais après tout, Scorpius n'était pas un choixpeauflou pour rien ! Gryffondor ou Serpentard… Il avait fait le choix de la facilité… celui que son grand-père voulait qu'il emprunte.

- En plus, je me dis qu'Hermione sera là pour tempérer Harry, ce qui n'est pas plus mal, ajouta Scorpius avant de pousser la porte.

Ils entrèrent dans l'infirmerie. Ils étaient tous là, Harry, Ginny, Hermione, Drago, Ron, James, Rose, Hugo, Roxanne et Sadie, ils regardèrent les nouveaux arrivants et Ginny fila droit sur Scorpius pour l'enlacer.

- Merci Scorpius, merci beaucoup, dit Ginny avec beaucoup d'émotion dans la voix.

- De rien, dit-il un peu gêné.

Ginny enlaça ensuite son fils qu'elle n'avait encore eut le temps de saluer. Harry embrassa aussi Albus puis remercia une fois de plus le blond, en lui tapant l'épaule cette fois. James aussi se joignit au remerciement. Drago enlaça son fils, très fier de son sauvetage mais aussi de ses prouesses lors du match.

- Comment va-t-elle ? demanda Scorpius en s'approchant du lit où Lily semblait endormit.

- Ça va aller, elle n'a rien de grave, tu as réussi à lui éviter le pire, elle devrait se réveiller d'une minute à l'autre, répondit Harry en lui souriant.

Madame Pomfresh revint et se rendit compte de tout le monde qu'il y avait.

- Ma patiente a besoin de calme, c'est une infirmerie ici, pas un salon de thé ! protesta-t-elle.

- Madame Pomfresh, vous ferez bien une exception pour vos anciens patients préférés ? demanda Harry en lui souriant.

- Patients préférés ? Vous étiez tous des plaies incapables de suivre mes consignes, vous particulièrement Monsieur Potter !

Toutefois, elle ne réussit pas à cacher un sourire.

- 8 personnes maximum, céda-t-elle.

Les visiteurs se regardèrent tous, Sadie déposa un baiser sur le front de sa meilleure amie, suivit d'Hugo, puis de Rose et Roxanne. Scorpius leur fut reconnaissant de se dévouer avant que quelqu'un ne trouve étrange qu'il veuille tant rester, quoique, après réflexion, il était le sauveur du jour, peut-être que personne n'aurait trouvé ça bizarre !

- Papa ? appela Lily en remuant quelques minutes après.

- Oui ma fée, je suis là, dit-il en lui prenant la main et en posant son autre main sur son front, comme pour voir si elle avait de la fièvre.

- Dès que je mettrais la main sur cette Bella, rouspéta-t-elle.

Drago ricana, les autres sourirent.

- Pas de doute, elle va bien, fit remarquer Drago Malefoy.

- Comment tu sais que c'est elle ? demanda Albus.

- Le cognard ne serait pas arrivé aussi fort s'il n'avait pas été frappé avant et c'est la seule que je vois en train de m'envoyer un cognard alors que le match est fini, dit-elle en essayant de se relever.

- Non Miss Potter, on reste allongée ! s'exclama Madame Pomfresh en la remettant en position allongé.

- Mais je vais bien ! protesta-t-elle.

- Non, vous n'allez pas bien, vous irez bien demain matin, en attendant, il ne faut pas que vous bougiez !

- Mais puisque je vous…

- Ah, je reconnais là vos gènes Monsieur Potter ! Une vraie tête d'hippogriffe, comme son père ! Miss Potter, si vous ne restez pas tranquillement allongée, je vous fais prendre de force une potion pour dormir et je fais sortir tout ce beau monde, sommes-nous d'accord ?

Harry ne put s'empêcher de sourire en voyant sa fille se rallonger en marmonnant, il se revoyait au même âge.

- Hum, j'aime mieux ça ! fit l'infirmière avant de repartir.

- D'ailleurs, c'est bizarre, pourquoi je ne me sens pas plus mal ? Je me suis écrasée au sol, non ? demanda-t-elle en regardant son père.

- Non ma chérie, Scorpius a réussi à te rattraper, expliqua Harry.

La jeune fille tourna la tête et chercha Scorpius des yeux, lorsque leurs yeux se rencontrèrent, ils se sentirent beaucoup mieux, l'un comme l'autre.

- Merci Scorpius, dit-elle en lui faisant un sourire qui aurait pu lui couper le souffle s'il n'avait pas eu les gênes Malefoy pour rester imperturbable en apparence.

- C'est un plaisir, dit-il en lui faisant un clin d'œil.

Ginny regarda l'échange et un sourire se dessina sur ses lèvres, Drago aussi semblait suivre l'échange et comprendre ce qu'ils ne disaient pas. Albus regarda Scorpius avec insistance et celui-ci lui fit un bref signe de tête affirmatif. Albus commença donc à parler à son père de l'attaque à l'encontre de Lily qui datait de deux semaines en arrière sous le regard effaré de la lionne. Lorsqu'Albus eut finit de raconter ou plutôt de balancer selon la vision de Lily, Harry se tourna vers sa fille avec un air qui fit que la jeune fille s'enfonça un peu plus dans les coussins comme si elle allait réussir à se fondre à l'intérieur.

- Est-ce que c'est vrai ? demanda-t-il avec un faux calme.

- Tu ne pouvais pas t'empêcher de parler, reprocha-t-elle à Scorpius.

- Il le fallait, tu n'avais pas le droit de leur cacher ça, répondit Scorpius avec un air désolé.

- Donc c'est vrai, dit Harry.

Lily décida que le plus urgent était de rassurer son père et non de s'en prendre à Scorpius et Albus.

- Oui, c'est vrai, tout ce qu'a dit Albus est vrai, répondit-elle.

- Je n'en reviens pas que tu ne m'en aies pas parlé…

- J'ai réussis à gérer la situation, j'ai réussis à repousser l'agresseur…

- Oui, parce que Scorpius est intervenu ! s'exclama Harry.

- Elle gérait très bien la situation avant mon arrivée, intervint Scorpius.

- Oh, c'est bien la peine de prendre mon parti maintenant ! s'énerva Lily.

- Ne t'en prends pas à lui, il s'est montré bien plus responsable que toi ! Je vais te ramener à la maison le temps d'attraper le ou les responsables de tout ça et je veux que tu me remettes les lettres de menaces que tu as reçues, exigea Harry.

- C'est d'accord pour les lettres, mais papa, s'il te plait, laisses moi rester ici, supplia tout à coup Lily les larmes aux yeux.

- Non, apparemment, on ne peut pas te faire confiance… commença Harry.

- Mais c'est pour ça que je n'ai rien dit, parce que je savais que tu voudrais me retirer de l'école ! Maman, s'il te plait, dis quelque chose ! supplia Lily qui pleurait vraiment.

- Si on ne peut pas te faire confiance, autant pouvoir veiller sur toi jour et nuit, dit Ginny en fuyant le regard de sa fille car sa peine non feinte lui déchirait le cœur.

- Par Merlin, je n'ai jamais été une menteuse, j'ai juste eu peur de devoir partir de Poudlard. Papa, tu peux me comprendre ! Tante Hermione, s'il te plait, dis-lui qu'il ne peut pas me faire ça, supplia Lily qui commençait une réelle crise de panique.

Madame Pomfresh arriva et administra de force une potion à sa patiente qui retomba sur les oreillers, déjà incapable de lutter.

- Papa, s'il te plait, je ne… Je suis tout aussi capable de me défendre… Qu'Al ou James… Je n'ai pas peur… Je…, dit-elle avant de fermer les yeux et de s'endormir.

Harry caressa la tête de sa fille et sa joue.

- Non mais qu'est-ce qui vous a pris de mettre cette petite dans un tel état de nerf ! Avec la chute qu'elle a faite, elle n'est pas dans son état normal, à cause du choc ! s'exclama Madame Pomfresh.

- Désolé, dit Harry.

- Sortez de toute façon, avec la dose que je lui ai donnée, elle ne se réveillera pas avant demain, dit l'infirmière.

- Est-ce que nous pourrons revenir la voir demain ? demanda Ginny.

- Oui, répondit-elle avec un sourire bienveillant.

Ginny embrassa le front de sa fille.

- A demain ma Princesse.

Puis ils sortirent tous après que la plupart aient embrassé Lily, Scorpius fut le dernier et chuchota à son oreille.

- Je suis désolé Lily, mais je ne pouvais pas me taire, pour ta sécurité, j'espère qu'un jour, tu me pardonneras.