Quand Jeanne se réveilla, elle se demanda d'abord quelles étaient les feuilles étalées devant elle, sur son lit. Une fois les brumes du sommeil dissipées, elle se rappela le voyage dans le passé qu'elle avait commencé. Bien décidée à le terminer, elle saisit la dernière lettre qu'elle avait lue et se remit à sa lecture. Puis elle passa aux deux cartes postales qui avaient suivi.

Dans la première, ornée d'un joli timbre de la ville allemande de XXX, Francis lui passait le bonjour et lui décrivait combien Ludwig, avait grandi : il avait même dépassé Gilbert en taille ! Et il était le premier de sa classe, ce qui faisait de lui la fierté de sa famille et surtout de son grand frère. D'ailleurs, ils se trouvaient chez la mère de Gilbert, celui-ci ne s'entendant pas avec son père, l'ex-mari de Frau [1] Beilschmidt.

La seconde venait d'Espagne. Francis l'y informait que, laissant Gilbert en Allemagne, Antonio et lui étaient partis chez les Fernandez Carriedo, les parents de l'hispanique, et dont la maison était aussi immense que luxueuse ! Francis n'ignorait pas qu'Antonio venait d'une famille aisée, mais il ne s'imaginait pas qu'ils avaient jusqu'à trois villas ! Cependant, tous deux préféraient se prélasser sur la plage, les doigts de pieds en éventail... ce qui devint, en plus de faire du tourisme, l'une des activités principales de Francis, Lovino étant venu rendre une visite surprise à son copain et l'occupant d'une manière qui les cloîtraient dans la villa, ou plus précisément dans la chambre de l'hispanique. Pas que ça dérange le français de tenir la chandelle, mais autant profiter du beau temps pour visiter la région. Il avait un espagnol de niveau scolaire un peu amélioré grâce à Antonio, alors il n'avait pas de gros problèmes de communication. Au pire, il y avait toujours l'internationale langage des signes.

La vieille dame sourit : malgré la distance, Francis continuait de penser à elle. Dans les bons moments comme dans les pires. Un air sombre se peignit sur le visage ridé de Jeanne tandis qu'elle lisait la lettre suivante, se remémorant un de ses souvenirs loin d'être heureux, pour elle comme pour son ami.

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Le coin traduction :

[1] Frau : "madame" en allemand