Gouverner Dans l'Obscurité
Les pas aériens de son dernier invité de la matinée résonnèrent avant que la porte massive ne se referme dans un bruit mat, laissant la pièce aussi silencieuse qu'avant son arrivée. La salle peu éclairée, tenait sa luminosité des chandeliers disposés un peu partout, alors que les meubles de belle facture étaient rassemblés vers le fond de la salle. Un large tapis rouge faisait le chemin entre la porte et un siège imposant.
Fugaku Uchiha avait un peu des allures de roi, assit dans ce fauteuil massif, attendant la visite successive de plusieurs hommes de son armée plus ou moins important. Un soupir franchit ses lèvres, alors qu'il plongeait à nouveau dans ses pensées. Ses cheveux noir corbeau tombaient lourdement sur ses épaules, cachant à moitié son visage las et fatigué. Il avait beau avoir accepté, à la Grande Séparation, de prendre un rôle décisionnel, de se faire le guide de toute la communauté de l'ANBU, il n'était rien de plus qu'un homme. Ses mains tremblèrent un instant avant qu'il ne s'enfonce d'avantage dans son siège. Puis, une main pâle vint se poser sur la sienne, alors qu'une voix lui murmura.
- Vous me semblez épuisé. Ai-je tord ?
- Je ne vous savais pas d'autant de familiarité, répliqua sèchement l'Uchiha en regardant d'un mauvais œil cette petite main blanche posée sur la sienne.
Alors, la personne qui venait de s'adresser à lui sortit de l'ombre derrière le fauteuil, se présentant face à Fugaku, avant de s'agenouiller humblement à ses pieds. Sa robe noire s'étalait autour d'elle, alors qu'une coiffe richement décorée cachait ses cheveux et ses yeux. La jeune femme à ses pieds releva la tête vers Fugaku, un petit sourire mutin accroché à ses lèvres.
- C'est d'avoir été emprisonné à vos côtés si longtemps… N'exister aux yeux de personne, même pas des vôtres, et simplement rester dans l'obscurité jusqu'à ce que vous ailliez besoin de mon aide… Je préférerais encore mieux que vous montriez un peu de pitié à mon égard que cet insupportable regard froid que vous tenez à tous vos précieux sujets.
- Insolente ! tonna l'Uchiha. Ils ne sont point mes sujets, reprit-il plus doucement. Vous le savez mieux que quiconque. Ne vous amusez pas aussi facilement de cette situation. Quant à votre condition, je suis certain que si vous aviez connu la vie de cachot, vous auriez supplié de vous retrouver sagement à mes côtés. De plus, ne me mentez pas en me disant que vous n'êtes pas rassurée par votre devoir. Lire en elle est votre ultime espoir, n'est-ce-pas ?
La jeune femme serra ses poings, avant de dévisager méchamment l'homme qui la retenait prisonnière comme une vulgaire poupée trop laide pour être montrée. Puis, se reprenant, elle reprit son petit sourire narquois, avant de susurrer.
- Il en est de même pour vous. Cette femme… Elle est le dernier souvenir de l'être le plus aimé à vos yeux… La culpabilité doit être lourde à porter.
- Cesse de répandre ton venin, petite impertinente. Tu sais très bien que tes combines ne marchent pas avec moi.
- Oh, veuillez m'excuser. Je pensais que c'était l'image parfaite que l'on avait des gens de notre espèce… Je pensais vous combler ainsi !
Un rire cristallin s'échappa de la gorge de la fille avant qu'une larme ne coule sur sa joue.
- Ma précédente discussion vous a-t-elle troublée à ce point ? demanda Fugaku, un air presque tendre sur le visage.
Un petit hochement de tête lui répondit, alors que la jeune femme se rapprochait de lui. D'un geste paternel, Fugaku Uchiha caressa son épaule, avant de reprendre.
- Les temps ont changés. Mais ne soyez pas triste. Vous savez que je n'ignore rien des maohs, et qu'il ne vous sera fait aucun mal. Je sais que vous détestez être ici, mais j'ai besoin de vous. Sans elle, nous ne résoudrons pas cette situation. Vous êtes la seule à pouvoir pénétrer son esprit, et à parvenir à communiquer avec elle.
- Vos mots me touchent… Mais le mal est déjà fait…
La prisonnière fragile serra son poing au niveau de son cœur, avant de pleurer en silence.
- Combien de leurs esprits ont déjà quitté cette terre ? Je les ais tous sentis partir, sans exception… Vous le savez, ils n'ont parfois même pas combattus… Mais ils partent quand même… Je… Je refuse d'être la dernière debout sans avoir rien fait ! s'exclama-t-elle.
Ses larmes redoublèrent d'intensité, la secouant de sanglots. Fugaku, un regard peiné sur le visage, se baissa à son niveau avant de la prendre dans ses bras. Il avait beau se montrer froid, il avait beau être la figure déterminée que tout le monde exigeait de lui, il comprenait sans mal les peines et les douleurs de la pauvre créature esseulée qu'il tenait contre lui. Oui, il était rongé par la culpabilité. Et il était lui aussi emprisonné dans son rôle, par son statut, et par ses remords quant aux peines qu'il infligeait aux personnes qui comptaient le plus pour lui.
- Ma chère Ino… Je vous promets de faire en sorte que cette situation change dans peu de temps. Nous y sommes presque. Je ne vous abandonnerai pas. Et un jour, vous pourrez la revoir. Ce jour-là, vous vous rendrez compte que vous n'êtes pas la seule. D'autres cœurs de maohs battent encore dans ce monde.
- Uhhh… Papa…. Emmène-moi loin d'ici…P-papa…
Fugaku Uchiha tressauta aux paroles de la maoh à ses pieds. Un sentiment de détresse parcourait l'esprit d'Ino, alors qu'il ne pouvait rien faire pour la soulager de son fardeau. Il se devait d'être égoïste pour une cause qui lui semblait juste. L'image de ses enfants apparut devant ses yeux. Papa. L'avaient-ils appelé ainsi depuis la mort de Mikoto ?
Sa poigne se raffermit sur la maoh qui sentit la colère de l'homme qui tentait une seconde plus tôt de la réconforter maladroitement. Un hoquet s'échappa de sa bouche alors que la pression sur son bras s'intensifiait. Relevant la tête, elle comprit ce qui arrivait, alors que le visage de Fugaku Uchiha était tordu par la douleur et la colère sourde qui grondait en lui.
- M-Mikoto ? demanda-t-elle d'un murmure.
- Il payera pour ça…. Il payera… Je…
- Ce n'était pas de votre faute ! Il y a un coupable, et ce n'est pas vous ! Ne dites pas « je » quand vous n'y êtes pour rien ! tenta désespérément Ino, secouant de toutes ses forces le corps de l'Uchiha pour le sortir de ses pensées noires.
- C'est de ma faute… Tout…Tout est de ma faute… Même votre présence ici… C'est…entièrement de ma faute…
La maoh ferma les yeux de résolution, laissant s'échapper une dernière larme, avant de poser ses mains sur les tempes de Fugaku Uchiha. Une douce lumière commença à se propager, alors qu'elle soulageait l'esprit de celui qui la tenait captive mais qui lui sauvait la vie à la fois. Quant au leader de l'ANBU, il laissa son esprit plonger dans cette lumière vive qui ravivait des souvenirs profonds en même temps qu'elle les lui faisait les accepter pour le libérer de sa culpabilité.
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Ce fou de Danzou. Il le revoyait alors que leur peuple ne faisait encore qu'un. Il le revoyait, cherchant désespérément une place dans la haute société, alors qu'il n'était que de la bourgeoisie. Il le revoyait, lancer ces regards répugnants sur sa douce Mikoto. Comment un homme aussi cupide et insolent pouvait oser convoiter sa douce femme, riant aux éclats alors qu'elle discutait avec ses plus proches amies.
- Ah, Tsunade ! N'as-tu pas vu Jiraiya aujourd'hui ? Il te cherchait activement pourtant ! rit Mikoto une fois encore, énervant la blonde dont les rougeurs la trahissaient.
- Il n'a pas besoin d'être sur mon dos ! Ton mari te fiche bien la paix, lui aussi !
Les deux femmes se dévisagèrent du regard, une lueur de défis dans les yeux. Mikoto et sa longue chevelure noire arborait un visage doux et paisible, ainsi qu'un air taquin et amusé, tandis que Tsunade et sa chevelure blonde lui descendant jusque dans le creux des reins était son opposé, un air renfrogné lui défigurant son joli visage rond. Une femme rousse passa la main entre leurs deux regards, riant à gorge déployée. Malgré son physique délicat et raffiné, la rousse se conduisait malgré elle comme un garçon manqué, et ne pouvait s'empêcher de tout tenter pour arrêter leurs fausses querelles afin d'aller manger.
- Hey ! Kushina ! On t'a rien demandé, beugla Tsunade.
- C'est ça, c'est ça. De toute façon, c'est Mikoto qui a raison ! Fugaku est son mari. Son mari. Comme le mien. La différence, c'est que Jiraiya est ton Gardien. C'est normal pour lui de rester à tes côtés ! Il doit te protéger !
- Peuh ! Me protéger de quoi ? Des mouches ? répliqua la blonde, en croisant les bras sur sa poitrine.
- Hihihi, c'est déjà ça, se moqua Mikoto !
- J'ai faiiiim ! Allons manger chez moi ! cria presque Kushina, la main sur le ventre.
Tsunade abandonna, riant de la gourmandise de son amie.
- Franchement ! Tu n'es plus enceinte ! Pourquoi continues-tu de manger autant ?
- Pour vous supporter toutes les deux ! s'exclama la rousse avant de partir en courant, suivie par ses deux amies qui protestaient vivement ses propos.
Fugaku lui, méprisait le visage de cet homme qui regardait son épouse tendrement, autant qu'il chérissait Mikoto. Il partit, ne prenant pas la peine de rejoindre sa femme pour lui parler de la soirée du printemps à organiser, trop en colère.
Quelques jours plus tard, pourtant, il se dit qu'il aurait mieux valut lui en parler tout de suite pour occuper sa femme qui avait un visage soucieux. Sa douce Mikoto s'occupait distraitement de ses enfants, et ne mangeait plus beaucoup. Même ses amies ne comprenaient pas son comportement. Et lorsque des conseils avaient lieux, son regard devenait plus sombre encore. Les femmes, bien sûr, n'y assistaient pas, mais elle restait toujours dans le domaine où ils avaient lieu, rentrant avec son mari qui ne savait la sortir de son mutisme.
Fugaku, lui, tentait de lui parler, mais sa femme au caractère si propre aux Uchiha refusait de l'inquiéter pour rien. Pourtant cette simple phrase suffisait à rendre Fugaku plus inquiet que lors du premier accouchement de sa femme. Puis un soir, Mikoto avait finalement parlé, alors qu'ils étaient dans leur chambre, le petit Sasuke s'étant enfin rendormis après avoir pleuré une bonne partie de la nuit.
- Ah, je suis épuisée ! Cet enfant à besoin de trop d'attention… lâcha Mikoto, un petit sourire aux lèvres.
- Penses-tu que nous le gâtons trop ? demanda Fugaku, rieur.
- Oh, probablement ! Itachi se comporte déjà comme un petit prince. Sasuke est en passe de suivre la même voie, j'en ai bien peur !
Tous deux furent prient de rires incontrôlables, leur amour débordant pour leurs deux fils qui s'épanouissaient gaiement.
- Oh fait, le sais-tu ? L'enfant de Kushina… Il semblerait qu'il soit destiné à devenir maoh !
- Vraiment ? C'est le Jardin Céleste qui va être content ! Beaucoup des dernières naissances ont l'air d'être des maohs. Une vraie génération !
- Hm…
A nouveau, Kushina sembla soucieuse, inquiétant davantage son mari.
- Qu'y a-t-il, Kushina ? Tu sembles si préoccupée en ce moment…
- C'est ce Danzou… Le Jardin Céleste… Il n'arrête pas de faire des dons au Jardin. Je ne sais pas pourquoi.
- Et bien il se préoccupe des maohs, voilà tout. Il est vrai que les gens n'y prêtent plus trop attention. Excepté les grandes familles, la plupart des gens ignorent même tout de leur rôle.
- Il se lie d'amitié aussi avec de grandes familles. Ne trouves-tu pas qu'il se mêle trop de nos histoires ? Il est pourtant membre du Conseil. Il n'a rien à envier à notre position.
- Hm, peut-être. Mais tu y accordes trop d'importance. Ma petite Mikoto se fait du mouron pour rien.
- Peuh ! Homme ignare ! le snoba Mikoto, passant la main dans la chevelure de jais.
Lui tournant le dos, elle s'assoupit comme une pierre, exténuée par cette nuit passée à rassurer son fils. Fugaku, lui, plongea dans le sommeil également, un sourire tendre et amoureux posé sur le dos de sa femme.
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Comme il avait été idiot de ne pas écouter sa femme si intelligente et perspicace. Fugaku vit le halo de lumière l'entourant se dissiper. D'un geste de la tête, il remercia la jeune Ino, dont le regard inquiet lui rappelait celui de sa femme disparue à cause de sa négligence. De nouveau assit sur son fauteuil, il profita de l'arrivée de son repas pour penser à Mikoto. Malgré le calme l'habitant, le malaise quant à la pensée de sa mort ne quitta pas son estomac noué.
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Les journées étaient claires et ensoleillés depuis un moment. On aurait dit que jamais la guerre n'avait envahit leur monde et leur réalité, tant le temps était radieux. Tous les soldats sur les chemins souriaient, ne prêtant guère attention à leurs armures qu'ils portaient presque en permanence mais au ciel vers lequel ils levaient la tête, se cachant des rayons lumineux qui les aveuglaient.
Sai, malgré son caractère enthousiaste, n'arrivait pourtant pas à se réjouir de ces soudaines éclaircies. Aussi beau que paraissait le paysage, il était anxieux à l'idée de se trouver à nouveau au domaine rapproché. Certes, ils n'étaient pas dans le bastion même de l'ANBU, mais il lui semblait que c'était tout comme. Pendant que les autres se réjouissaient, il pensait encore et toujours à la bataille qui allait bientôt venir. En revenant dans la demeure des Uchiha, il regarda les autres demeures qui l'entouraient, abritant les grandes familles, alors qu'un peu plus loin se trouvaient celles des familles légèrement plus modestes et disparates. Après tout, on ne comptait plus le nombre d'orphelins du côté de l'ANBU non plus. Le jardin immense dont il prenait soin à la demeure légitime des Uchiha lui manquait déjà. Plus encore, il s'inquiétait de savoir s'il pourrait trouver de quoi sustenter le maoh ici.
- Bonjour ! lança-t-il distraitement au maoh en rentrant dans la nouvelle chambre qui lui était attribuée.
Le jeune blond se leva, s'inclinant poliment, avant de le dévisager. Sai s'en rendit compte avant de s'excuser.
- Je n'aime pas trop être ici… Et je pensais à tes repas… Je ne suis pas certain que-
Naruto le fit taire d'un doigt sur la bouche, surprenant le second qui se recula d'un pas. D'un regard, il comprit que le blond ne lui en tenait pas rigueur. Il se surprenait de comprendre ce que le maoh avait à lui dire sans s'exprimer par un quelconque mot. D'un geste las, il détacha la chaîne qui emprisonnait encore la cheville de celui qu'il ne considérait plus depuis longtemps comme un prisonnier, et se dirigea vers la salle d'eau à côté. Maintenant que Naruto avait repris des forces, il se déshabillait lui-même et prenait soin de sa toilette devant le regard scrutateur de Sai qui s'efforçait de soigner les derniers stigmates de ses blessures du mieux qu'il pouvait. Passant son doigt sur le dos du blond, Sai vérifiait qu'il n'avait pas oublié de passer une crème apaisante à certains endroits.
- Ne vous embarrassez pas trop… Je vais bien… murmura le blond.
Sai, surprit, vint se placer devant le blond, l'interrogeant du regard.
- Alors, maintenant, tu veux bien m'adresser la parole ? demanda le brun, tout sourire.
- Je… Ce n'est pas… balbutia le maoh, gêné.
Le second comprit qu'il n'était pas encore temps de tenir une vraie discussion avec l'adolescent. Souriant, il se félicita tout de même intérieurement de voir les tentatives de Naruto pour communiquer avec lui. D'un œil fier, comme s'il élevait un enfant, il regarda le blond tresser ses cheveux, avant d'enfiler une chemise bleu foncé. Le maoh se leva alors, prêt à enfiler un pantalon noir, avant que tout ne devienne blanc devant lui. Chancelant, il atterrit dans les bras de Sai.
- Ca va ?
- Mes jambes… souffla le blond.
- Tu… n'as pas pu sortir depuis ce jour. Je pense qu'elles n'ont pas assez récupéré de muscle. Laisse-moi faire, ordonna le second. Quand mon maître sera moins borné, je te ferai sortir à nouveau. Je te le promets !
- M-merci, marmonna le blond, enfilant maladroitement son vêtement à l'aide du brun.
- Je me demande où il est passé, songea Sai, changeant de sujet. Le maître, je veux dire. Il m'a demandé de venir ici, mais… Il est parti avant… Et il ne m'a rien dit…
Naruto décela un peu de tristesse et d'inquiétude dans les prunelles de Sai. Il resta silencieux, le suivant jusque dans la chambre avant de reprendre place sur son lit. Le second le regarda avec peine, esquissant un pauvre sourire.
- Je suis vraiment désolé de ne pas pouvoir te sortir… Ce jour-là, avec Shikamaru… Je ne regrette absolument pas.
Une servante vint toquer à la porte, attendant que Sai ne vienne jusqu'à elle, craignant de rentrer dans l'antre du maoh. Le second l'interrogea du regard, avant qu'elle ne lui chuchote quelque chose à l'oreille. Une fois son message délivré, elle partit d'un pas rapide, laissant les deux adolescents seuls. Le blond contempla Sai de dos, se demandant pourquoi il ne bougeait pas.
- Il… souffla le brun.
Se retournant d'un coup, il montra son visage orné d'un grand sourire au blond, avant de se précipiter dans sa direction pour lui prendre les mains.
- Shikamaru Nara est arrivé au domaine rapproché ! Hahaha ! Je ne sais pas pourquoi, je suis tellement heureux de le revoir !
- Hm, sourit timidement le blond.
Le Nara lui avait laissé un avis mitigé, entre ses gestes généreux et ses actions inexplicables. Il était un personnage assez imprévisible et plein de ressource derrière son air ennuyé. Mais au final, il devait s'avouer qu'il appréciait bien sa compagnie. Se mettant en tailleur, il écouta en silence Sai babiller sur les parties de go qu'ils pourraient jouer s'ils trouvaient un jeu dans l'une de leur demeure, avant d'émettre l'hypothèse d'une future sortie pour lui. Passant la main dans ses cheveux pour secouer les mèches frontales qui lui chatouillaient les cils, le blond regarda à travers la large fenêtre de sa chambre, admirant le ciel, avant qu'un vent ne secoue les arbres qu'il apercevait de là où il était.
Sai partit quelques minutes plus tard pour accueillir le Nara, avant de revenir en sa compagnie dans la chambre du blond. Sur le trajet, ils discutèrent vaguement de leur appréhension mais aussi de l'Uchiha qui avait soudainement disparu.
- Et donc, il n'a laissé aucune note, conclut le Nara.
- A part pour me demander encore une fois de bien me rendre ici, non. Ce… n'est pas le genre de mon maître de faire des mystères, pourtant.
- Ne t'inquiète pas pour Sasuke. J'ai amené quelque chose qui devrait le faire revenir en courant ! lança Shikamaru avec un clin d'œil.
D'un mouvement de tête, il désigna le coffret qu'il tenait dans ses bras depuis qu'il était arrivé. Sai regarda l'objet en bois d'un œil perplexe.
- Et puis-je demander ce que vous amenez ?
- Oh, tu n'as pas deviné ? Un jeu de go. J'en ai trouvé un dans le grenier de la demeure des Nara, un jour où je n'avais pas de stratégie militaire à exposer. Evidemment, je me suis gardé de le signifier à ma famille. Je crois que nous ne sommes pas supposés les utiliser.
- Vraiment ? Oh, c'est formidable ! M'entraînerez-vous encore un peu ?
- J'y compte bien ! Tu as fait beaucoup de progrès la dernière fois !
- Oh, je ne vous arrive pas à la cheville… marmonna Sai, gêné.
Shikamaru rit un instant, alors qu'ils arrivaient devant la porte de la chambre du maoh. S'arrêtant un moment devant, le Nara reprit, la voix plus basse.
- Que s'est-il passé ? Après mon départ je veux dire.
- Je… J'ai continué à aller chercher de ce qu'il mange tout le temps. Il a reprit des forces. Il ne dort plus toute la journée. Mais ça ne sert pas à grand-chose… Vous vous imaginez qu'il était hors de question qu'il ressorte après l'incident.
- Je vois… Sasuke a-t-il tenté quelque chose contre lui ?
- Oh, non, non ! Il ignore totalement sa présence. Mais je le trouve plus songeur…
- Hm… Il semblerait qu'il ait commencé à réfléchir…murmura le Nara
- Pardon ?
- Non, rien, éluda Shikamaru avant d'ouvrir la porte de sa main libre.
Les deux bruns pénétrèrent dans la pièce, retrouvant l'adolescent aux cheveux dorés assit en tailleur sur son lit. Son regard était rivé sur l'extérieur, alors que sa longue tresse tombait sur son épaule puis son torse. Les vêtements qu'ils portaient en plus de son port droit lui donnaient un air noble qui surprit les deux garçons ne l'ayant jamais vu aussi gracieux dans sa façon de se tenir. Le soleil éclairait ses traits plus frais et plus vigoureux que précédemment, alors que sa chemise légèrement entrouverte lui donnait même un air charmeur. Sai se fit la remarque que le blond était vraiment devenu beau maintenant qu'il n'était plus maigre et pâle comme avant. Il se demanda un moment si son maître l'avait trouvé ainsi avant qu'il ne le mette au cachot ou s'il était déjà en mauvais état lorsqu'il l'avait croisé sur le champ de bataille.
- Tu me sembles aller bien mieux, Naruto ! salua Shikamaru, un sourire sincère sur le visage.
Le blond se tourna vers lui, un petit sourire aux lèvres, avant d'incliner la tête. Il se déplaça pour quitter son lit, afin de se mettre debout, quand ses jambes redevinrent faibles à nouveau. S'étalant par terre, il dut attendre l'aide de Sai pour se relever, alors qu'un air coupable habitait son visage.
- Ne t'en veux pas d'avoir tes faiblesses, dit le Nara. Après tout, même dans une chambre, tu as vécu un moment enchaîné, déjà.
Le maoh le regarda un instant après s'être rassit, avant de contempler d'un air vague ses genoux.
- Je… déteste me sentir incapable… lâcha-t-il si bas que les deux bruns eurent du mal à le comprendre.
- Je ne doute pas de te revoir un jour au meilleur de ta forme, le rassura le stratège avant de prendre place à ses côtés. En attendant, que dirais-tu d'apprendre le jeu de go avec nous ?
Devant le sourire radieux de Sai et l'air encourageant du Nara, Naruto ne put s'empêcher d'hocher positivement la tête d'un geste timide. Shikamaru concerta alors Sai du regard.
- Je suppose que Sasuke ne rentrera pas avant ce soir.
- Je… Je crois… Les valets m'ont dit l'avoir emmené pour la journée.
- Bien, alors je crois qu'une petite escapade ne nous fera pas de mal. Je ne nous vois pas jouer sur le lit de Naruto.
- M-Mais, et s'il le découvre ? protesta Sai, un peu apeuré.
- Il n'en saura rien. Et puis, n'as-tu pas dit que tu ne savais pas encore si l'ont pourrait nourrir notre jeune maoh ? Il vaudrait mieux vérifier si les arbres qui produisent ces fruits sont présents dans le coin. Et Naruto les trouvera plus vite que nous s'il vient.
Le blond jeta un regard interloqué au Nara, surpris qu'il sache de quoi il s'agissait.
- Je te l'avais dit, maoh. Je lis énormément. Ton espèce n'a presque plus aucun secret pour moi.
Guilleret, Shikamaru se tourna, prêt à sortir de la chambre, alors que Sai gambadait presque pour aller enlever la chaîne de Naruto, le poussant à sortir de la pièce devant le manque d'énergie du blond, abasourdi. Le Nara sentit dans le couloir quelque chose s'agripper à sa veste. Il se retourna et remarqua que le second était en plein monologue, alors que le maoh, lui, tenait fermement sa veste, les larmes aux yeux.
- Qu'y a-t-il ? demanda le Nara, troublé par ces larmes.
- Pour tout ce que vous faites pour moi… Merci…
- Bah, n'en parlons plus !
Shikamaru, un air couveur digne d'un grand frère dans ses yeux, ébouriffa les cheveux de l'adolescent avant de passer sa main derrière son dos pour l'aider à avancer. Tous deux finirent par jeter un coup d'œil à Sai qui parlait de façon enjouée dans son coin. Leurs regards se croisèrent, et bientôt, ils rirent du pauvre brun qui ne comprit pas leur attitude, avant de prendre une mine faussement renfrognée en comprenant que ni l'un ni l'autre de l'avait écouté depuis le début.
Comme l'avait pensé Shikamaru, le maoh ne tarda pas à sentir quelque chose, se mettant en alerte, avant d'indiquer la direction à suivre au stratège et au Second. Ne pouvant gambader joyeusement comme la première fois, le Nara dut aider Naruto à de nombreuses reprises, même s'il lui semblait que, plus ils marchaient, plus ce dernier reprenait de sa stabilité. L'option d'utiliser ses capacités pour mieux marcher était trop risquée à cause de l'anneau qu'il portait encore et toujours à sa cheville, comme une ultime entrave. Bientôt, ils arrivèrent dans une autre clairière où des arbres remplis de fruits juteux n'attendaient qu'à être consommés. Le blond n'eut rien à faire, regardant les yeux grands écarquillés Sai suivre les instructions du Nara qui semblait savoir parfaitement choisir les fruits les plus mûrs.
- Ne me regarde pas comme ça, ce n'est pas si compliqué ! rétorqua Shikamaru en riant.
- C'est vraiment amusant, s'exclama joyeusement Sai. Dire que nous ne mangeons que des plantes issues de la terre, mais pas celles en hauteurs.
Les deux bruns s'assirent à côté du blond resté à terre, avant de préparer le jeu de go, et de disposer les fruits devant lui. Gêné d'être ainsi observé comme si les deux attendaient de le voir manger, Naruto finit par ouvrir la bouche alors qu'il était à deux doigts de croquer son repas.
- Je… Ce sont…
- Des offrandes, de ce que j'ai lu, finit Shikamaru. Si tu es gêné d'être traité comme ce que tu es vraiment, dis-le ! plaisanta-t-il.
- Vous pouvez en manger… si vous voulez…
D'un regard, les deux bruns se concertèrent, avant de fixer le blond. Celui-ci hocha la tête avant de les encourager. Sai, presque méfiant, croqua du bout des lèvres, les yeux plissés, tandis que Shikamaru se lançait sans grande appréhension. Tous les deux mâchèrent quelques secondes avant de s'arrêter subitement.
- Vous n'aimez pas ? demanda le maoh, gêné et rempli d'appréhension.
- …Non…fit Sai. C'est… C'est délicieux ! C'est très sucré, vraiment très juteux, j'aime beaucoup ! Ah, je me verrais bien maoh maintenant. Je savais qu'il n'y avait que des bonnes choses dans le…
Le second s'interrompit brusquement dans sa phrase, avant de rire bêtement. Puis, comme un oisillon, il se remit à picorer gaiement son fruit, commençant sa partie avec Shikamaru qui semblait lui aussi se délecter. Ce dernier, comme Naruto, ne posèrent pas de question, alors qu'une idée semblable germait dans leur esprit. Puis, le maoh, fatigué d'avoir autant marché à travers les bois s'allongea sur le côté, regardant de ses yeux mi-clos la partie en cours. Le vent chatouillait sa peau, secouant sa chemise et ses cheveux, alors que l'odeur sucrée des fruits remplissait ses narines. Les larmes lui vinrent aux yeux avant qu'il ne se ressaisisse, de peur que le stratège ne s'en aperçoive. Comment avouer qu'il n'avait pas été aussi heureux depuis des années, et qu'il ne saurait jamais assez les remercier pour lui avoir redonné la sensation de vivre l'espace d'un après-midi ensoleillé. Les mots ne parviendraient tout simplement pas à franchir ses lèvres.
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Le soleil était descendu bien bas, et le petit trio avait décidé de rentrer au Domaine, ne sachant pas exactement quand le fier et colérique Sasuke Uchiha serait de retour. Sur le chemin, le vent s'empara de leurs corps, les glaçant sur place. Sai, se rendant compte avec horreur que Naruto ne portait sur lui qu'une chemise, se défit de sa veste avant de la placer sur les épaules du maoh qui se recula de surprise, le considérant un moment.
- Ne fais pas cette tête-là ! Ca se voit que tu meurs de froid. J'ai été élevé dans une région assez fraîche, alors je ne tomberai pas aussi facilement malade que toi. J'imagine que même les maohs attrapent froid.
L'adolescent baissa la tête, avant de hocher positivement la tête, un peu honteux. Il laissa Sai et Shikamaru les dépasser, profitant du mou sur la chaîne pour se mettre en retrait. D'un œil ému, il regarda le dos de ses deux sauveurs, les remerciant encore sans arrêter de penser à leur considération et leur gentillesse. En arrivant au bastion de l'ANBU, il s'était pourtant préparé à être cloîtré dans une nouvelle cage, à subir les tortures de son premier tortionnaire pendant des mois et des mois, atteignant peut-être même les années. Et puis il avait rencontré cette jeune fille aux longs cheveux bruns, qui l'avait lavé avec presque de la tendresse. Puis Sai s'était rapproché de lui, lui donnant l'espoir que ses jours de l'autre côté ne seraient pas aussi terrible que ceux qu'il avait pu passer à la Racine sans jamais pouvoir rien en dire. Enchaîné, rendu muet par des techniques sensées être bannies, utilisé et battu tour à tour pour des raisons qui finissaient par lui être inconnues, sa mémoire ne supportant pas de s'en assurer en le replongeant dans ces moments-là, il avait subit les pires humiliations et vécu dans la peur de la prochaine injection qui renfermait peut-être la mort la plus douloureuse ayant jamais existée.
Les yeux maintenant rivés sur le ciel aux teintes violettes et indigo qui laissaient voir les premières étoiles de la soirée, Naruto sentit à peine la présence de deux hommes se rapprocher de lui. Plus loin, il entendait Sai et Shikamaru présenter leurs respects à l'une de leur connaissance, quant une main se posa sur son épaule. Son regard ensommeillé se porta sur celui qui avait daigné le toucher, quand il reconnut le visage souriant qui lui faisait face. Ses yeux s'ouvrirent alors qu'une main l'empêcha d'émettre le moindre son.
- Ne sois pas si peureux. Nous sommes tous présent désormais. Quoi que je me dois d'avouer ma surprise en te voyant ici. Alors comme ça, on sort les prisonniers comme on sort les chiens de chasse ?
La voix doucereuse d'Haku lui donnait un faux air de jeune garçon enjoué. Ses longs cheveux battaient derrière son dos, alors que son Capitaine, celui dont il se rappelait qu'il se nommait Zabuza, attendait patiemment derrière lui que son amant lui fasse la conversation. Néanmoins, ses yeux ne lâchaient pas le corps du maoh qui sentit ce regard persistent le traverser comme s'il cherchait à l'humilier de le dévisager ainsi avec autant d'intensité.
- Tu vois, reprit Haku, tu aurais du venir avec nous. Tu n'aurais pas eu à souffrir de cette stupide chaîne.
Il pointa du doigt la longue chaîne qui le séparait assez de Sai et de Shikamaru pour que ceux-ci, en pleine conversation, n'entendent pas sa discussion avec le jeune homme aux paroles mystérieuses.
- Evidement, nous t'aurions fait perdre toute envie de t'échapper. C'est pourquoi une telle chaîne n'aurait été d'aucune utilité si tu avais choisis de rester à nos côtés.
Haku s'approcha du blond, enlaçant sa fine taille de son bras, avant de coller son corps contre le sien. Son souffle effleura les lèvres du maoh qui ne bougea pas, tentant de lire les motivations du brun à son égard dans ces yeux si compliqués à décrypter.
- Tu es vraiment beau à présent. Je n'avais pas un souvenir aussi alléchant de ton physique… Ton corps est vraiment…
Son regard parcouru le torse apparent du blond avant de se fixer plus bas sur la ceinture de son pantalon.
- Magnifique… Exceptionnel… Je me demande… A quoi ressemblerait une soirée en ta compagnie, conclut Haku prenant une voix plus grave et plus intime.
Passant sa main libre dans les cheveux dorés pour les chasser vers l'arrière, il se pencha à l'oreille de Naruto, chuchotant à peine d'une voix clairement teintée de désir.
- Je ne crois pas que je pourrais m'empêcher de t'avoir pour moi. L'Uchiha n'y pourra rien. Un soir, tu sentiras que c'est le moment. A ce moment-là, vient me rejoindre. Zabuza et moi te traiterons bien et te protégerons, sois-en assuré.
D'un geste sensuelle, il lécha l'oreille du blond dont le corps tressaillit un instant. Un sourire charmeur prit place sur le visage d'Haku, alors que ses yeux pétillants le dévisagèrent avec amusement. Le libérant enfin, il fit un petit signe de la main, avant de s'en aller au bras de son Capitaine, babillant des banalités comme un petit garçon.
Les voyant enfin partir, le corps de Naruto se relâcha un peu, alors qu'il respirait à nouveau, ayant retenu son souffle tout le long de l'entrevue. Ses jambes tremblèrent un peu, imaginant presque sans mal ce qu'attendaient les deux hommes de sa part.
- Naruto, tu viens ? lança Sai.
- H-Hmmm… répondit vaguement celui-ci.
Revenant à la hauteur des deux bruns, il se plaça aux côtés de Sai, sentant le regard intrigué de Shikamaru sur lui.
- Oh ! Il semblerait qu'un insecte t'ait piqué au cou. Tu as une marque, nota le stratège.
Le second regarda le cou du blond avant de pouffer.
- Il faut croire que même les maohs n'y échappent pas !
Naruto baissa les yeux, restant silencieux. Le sommeil commençait à le gagner, et le Nara dut faire comprendre à Sai d'accélérer l'allure s'il ne voulait pas porter l'adolescent qui tomberait de fatigue.
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Exténué par sa journée, Sasuke traina presque des pieds jusqu'à la voiture qui le conduirait dans sa demeure proche du Bastion. Un air ennuyé sur le visage, il donna ses ordres au laquais, avant de s'affaler sur le siège. Pourtant, une fois arrivé dans sa chambre, il ne put s'empêcher de regarder le livre posé sur son bureau. Il avait beau y penser encore et encore, il savait qu'il n'y avait qu'une chose à faire : le relire. Pour comprendre, pour prendre conscience, pour répondre à des questions qui avait toujours demeurées sans réponse. Il ne savait pas exactement pourquoi il avait amené ce livre sur les maohs que Shikamaru lui avait laissé à la bibliothèque. Après tout, pour se préparer à une bataille qui semblait être la plus grande qui serait organisée, il n'avait pas besoin de s'encombrer l'esprit, ni de se distraire. Mais rien n'y faisait. Et lorsqu'il posait les yeux sur l'ouvrage épais, il ne pouvait s'empêcher de ressentir cette même curiosité, et cette même avidité de savoir que la première fois qu'il l'avait ouvert.
Dans un ultime élan, il s'assit sur sa chaise, l'esprit troublé, et ouvrit le livre pour seulement la seconde fois. Parcourant les pages, il se rendait compte de l'ignorance de l'homme, de sa cruauté, en même temps qu'il apprenait ce qui était bon en ce monde et la pureté d'une race qui n'avait pas obtenu son statut par l'argent ni le sang.
Nos priants au Jardin Céleste furent ceux à qui l'on confia plusieurs centaines d'années auparavant la digne tâche de s'occuper des Maohs. Qu'ils les servent humblement et respectueusement toute leur vie, que leurs hommages de fruits et de miel soient acceptés par les dieux qui nous gardent, se rapprochant de nous au travers de la parole des Grands Maohs. Que nos âmes soient sauvées par la grâce et la bonté de ces êtres qui sont nos Protecteurs, et que nos défauts et nos erreurs soient transformés en pont vers un avenir qu'auront décidés les dieux, et qu'ils nous auront fait parvenir par la parole sacré de ses envoyés.
A travers l'ouvrage, il avait comprit pourquoi Shikamaru avait pensé ce livre assez fascinant pour lui. Toutes les coutumes ancestrales du Jardin Céleste y étaient dévoilées. Tous les cultes voués aux maohs qui semblaient être les êtres les plus fragiles comme les plus forts en ce monde y étaient expliqués. Plus il lisait, plus il se rendait compte de la folie qui s'était emparés des hommes quand ils avaient décidé de faire disparaître leurs coutumes communes en même temps qu'ils rayaient de la surface de la terre le Jardin Céleste, chassant tous les maohs, les privant de leur liberté et de leur statut, les faisant se mélanger à la souillure engendrée par la cupidité humaine. Sasuke avait l'impression de devenir fou, de tout oublier. Pourquoi se battait-il ? Comment une querelle avait pu effacer comme une vague de l'océan l'existence de ceux qui étaient là pour les sauver ? Qu'était-il advenue de leur humilité quand ils avaient choisit l'honneur et surtout l'orgueil ?
Afin que les Protecteurs ne soient pas seuls, les dieux ont choisit parmi nous des représentants d'un autre genre. Bénis soient-ils, ces Gardiens, qui, liés par la force de l'alter ego, sauront guider à travers notre monde les Maohs afin qu'ils puissent accomplir leur tâche. Que leurs pouvoirs soient liés avec ceux des Maohs, et qu'ensemble ils puissent se battre pour ce qui est juste. Puisque les Maohs nous protègent, prions pour que leurs Gardiens les protègent à leur tour. Et quand ils sortiront du Jardin Céleste, sous un nouveau jour, abandonnant leur passage d'humain à Maoh, les Protecteurs sauront se diriger là où leur instinct les portera, là où nous auront besoin d'eux. Nos Protecteurs à jamais traités avec les plus hauts regards sauront nous apporter la félicité, jugeant de nos actions qu'elles soient bonnes ou mauvaise. Nos Gardiens veilleront à ce que jamais nos Maohs ne subissent la folie humaine, et soient empoisonnés par les fautes des esprits les plus faibles et corrompus. A tous nos Gardiens, qu'ils veillent sur leur Maoh comme sur leur propre enfants, leurs frères, leurs sœurs ou leur amant, et qu'ils les maintiennent pures pour qu'ils puissent toujours transformer ce qui est impure en bonnes choses.
Il avait du mal à croire que ce maoh qui était chez lui ait pu finir ainsi après avoir vécu dans un tel endroit, exposé à de tels enseignements, sans être pris de folie. Rongé par la noirceur de l'âme humaine, il admirait l'adolescent qui avait su survivre par un quelconque miracle, ne sachant pas la moitié de ce qu'il avait vécu, et regrettant de ne pas avoir empêché l'autre moitié qu'il avait vécu en tant qu'acteur autant qu'en tant que témoin.
Arrivant à un autre chapitre, l'Uchiha ne put s'empêcher de sentir son pouls s'accélérer en parcourant rapidement les lignes écrites finement à la main. Ayant découvert que les maohs étaient à l'origine des plus grands miracles, de la fin des grandes guerres et la clé de plusieurs coutumes aujourd'hui bannies, il ne fut nullement surpris d'apprendre que le jeu de go, mais aussi la domestication des animaux leurs revenaient de droit. Rougissant un peu, il se sentit un peu honteux en lisant les propos directs quant au lien entre les Gardiens et les maohs, qui semblaient plus fort qu'aucun autre existant. Il se sentit bête en lâchant pour la seconde fois un hoquet de stupeur en relisant que les relations entre un maoh et son Gardien menait parfois à des rapports sexuels alors même qu'ils n'étaient pas mariés, et sans tenir compte d'une telle chose que leur sexe. Il avait beau savoir que l'homosexualité, aussi discrète soit-elle, soit pratiquée, il n'imaginait pas un instant que l'on tenait ça des maohs, des êtres semblant aussi pures.
- Aaahhh… râla Sasuke avant dans se taire aussitôt.
Alors que son ventre commençait à se nouer, il referma d'un geste sec le livre, avant de se glisser sous les couvertures froides de son lit. Mais rien n'y faisait, et le sommeil sembla ne pas pouvoir venir à lui à mesure qu'un malaise inexplicable s'emparait de lui. Il trouva le sommeil de longues heures plus tard, complètement recroquevillé et les sourcils froncés par tant de questionnement.
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Bonjour ! Merci d'avoir lu ce chapitre ! :D
Je ne pourrais peut-être pas poster demain, encore une fois. Je suis une casanière la plupart du temps, mais parfois, mes amis arrivent à me convaincre de prendre l'air ailleurs que dans mon jardin, alors...
Dans ce chapitre, nous faisons la connaissance de Fugaku Uchiha, encore une âme torturée, et d'Ino. Ah bon, Naruto n'est pas le seul maoh à l'ANBU ? Et bien non ^^ Quand à "elle", la personne mentionnée, et bien, on verra ça plus tard ;) ! Dommage que le trio Mikoto/Kushina/Tsunade ne soit qu'un souvenir, parce qu'avec leurs caractères respectifs, ça promet des moments cocasses. Peut-être pour une autre histoire ?
En réponse au commentaire d'Une inconnue: 2 fois par jour ? Je ne peux malheureusement pas poster tous les jours T.T Et puis, de toute façon, ce ne serait pas à mon avantage pour cette histoire vu qu'elle n'est pas finie ^^" Mais je poste au moins 2-3 fois par semaine, j'évite le vendredi, et j'essaye le weekend. Pour tout le reste, ça dépend du temps que j'ai à ma disposition. Dans ce chapitre, on en apprend un tout petit peu plus, c'est déjà bien :P En étant honnête, il y a pleins de choses qui me sont venues pendant l'écriture, alors le bouquin de Shikamaru, je n'aurais pas pu le rédiger entièrement au chapitre 6. Merci pour ton enthousiasme, ça fait hyper plaisir :3
Si vous voulez plus de précisions sur un personnage, un camp, un aspect, n'hésitez pas à poser vos questions. Tant que ça ne concerne pas la suite de l'histoire, je répondrai volontiers à vos commentaires ! :D
A la prochaine !
