Chapitre 7

En un instant, tout s'accéléra.

Le bruit cuisant de l'impact d'une main sur une joue alertèrent les occupants du salon, et tous réagirent en même temps, mais d'une façon radicalement différente.

Irène se précipita en courant vers la source présumée du bruit, avec une certaine aisance, malgré ses talons aiguilles de dix centimètres.

L'adrénaline prenant le dessus sur sa blessure, John avait déjà posé ses pieds nus sur le sol dans un grondement, prêt à se rendre, lui aussi, dans la cuisine.

Quant à Sherlock, il ne se dirigea pas vers cette pièce, mais dans la direction opposée.

Il se rua sur John.

Le soldat eut tout juste le temps de froncer les sourcils d'incompréhension, avant d'être percuté de plein fouet, avec la force d'un boulet de canon.

En un battement de cil, il se retrouva cloué au canapé sur le dos, maintenu par les bras sévères de son ancien amant, les longues jambes de ce dernier bloquant les siennes.

Même si l'échange musclé entre les deux hommes était impressionnant, vu de l'extérieur, à aucun moment Sherlock ne lui fit mal.

John se débâtait comme un beau diable, mais son bras emprisonné en écharpe ne l'aidait pas dans sa lutte acharnée. De plus, Sherlock avait bien trop de connaissance en arts martiaux, lui permettant ainsi d'effectuer des prises non douloureuses, mais efficaces.

L'humiliation était cuisante pour un soldat surentraîné comme John, d'être aussi facilement maîtrisé par un génie sociopathe... Ça faisait honte, à sa carrière. Et à sa fierté mal placée.

« Bordel, lâches moi ! » Gronda John, sa respiration devenue sifflante sous sa fureur.

« C'est si poliment demandé... Pourquoi refuser ? » Dit Sherlock d'une voix posée, le visage tranquille, comme si contrôler John, qui était l'équivalent d'un taureau en rûte dans une cellule, était un jeu d'enfant.

« Connard » Cracha sèchement John, sans cesser de lutter une seule seconde. Son insulte provoqua un sourire assez ironique, de la part de Sherlock.

« C'est seulement maintenant que tu t'en rends compte ? Je ne te savais pas si lent... »

« Espèce d'enfoiré... »

« Ouais. Ça aussi, je sais. »

John rouvrit une troisième fois la bouche, certainement pour lui vomir une nouvelle insulte imagée, alors Sherlock le coupa dans son élan, en roulant les yeux :

« Tu radotes, John. C'est grave, à un si jeune âge. »

Le sarcasme intensifia la fureur du médecin militaire, mais elle ne lui permit pas de reprendre le dessus. Sa résistance inutile arracha quelques grondements irrités, de la part du braqueur :

« Peux-tu arrêter de te tortiller comme une puce en chaleur ? Grinça Sherlock, qui commençait à sérieusement perdre patience, Ça ne sert à rien d'autre qu'à aggraver ta blessure, et je ne veux pas avoir encore plus sur la conscience. »

La riposte aurait pu être touchante si son ton n'avait pas été diablement sarcastique. Même si John se doutait qu'il y avait bel et bien une part de vérité...

« Putain, mais qu'est-ce qui va pas chez toi ?! Descends d'en dessus de moi ! » Grinça-t-il violemment, les dents tellement serrées qu'elles lui firent presque mal.

« Ce n'est pas ce que tu disais, deux ans plus tôt, John... » Susurra Sherlock, d'un ton malicieux tellement insupportable que John lui aurait volontiers foutu son poing dans la figure, si sa seule main valide n'était pas entravée par celle du brun.

« Ta gueule ! »

« Oh... Je t'es offensé ? Désolé. » S'exclama-t-il froidement, d'un ton qui était clair sur le fait qu'il n'était pas – mais alors, pas du tout – désolé.

Avec rancoeur, John fut forcé d'admettre dans un long soupir résigné, que c'était inutile de persévérer, alors il abandonna sa lutte.

Même s'il était désormais sagement immobile, Sherlock ne se détendit pas d'un poil, gardant sa prise sur le soldat en dessous de lui.

« Molly est... »

« Elle ira bien, Cingla Sherlock avec une certitude horripilante, mélangée à un profond agacement qui grésillait dans ses prunelles grises, Toi, tu n'as pas besoin de jouer les héros ! »

Et surtout pas contre Moriarty, voulut rajouter le sociopathe, mais il se ravisa, à la toute dernière seconde.

Sa voix grave était devenue intransigeante, claquant sèchement dans l'air. Ce ton à lui seul pourrait faire obéir les plus téméraires.

Comme John restait calme, Shelock desserra lentement sa prise — mais, comme le génie l'avait prévu, connaissant le soldat par cœur – à la seconde où John fut à moitié libre, il repartit violemment à l'attaque.

Le braqueur fut prêt pour s'interposer physiquement, plaquant avec autorité sa main sur le torse de John pour mieux le retenir.

« Bien tenté, John. » Râla le brun pour la forme, avec un agacement feint.

Il luttait en réalité, pour ne pas que son sourire fier ne se voie.

Soudain, John ne fit plus aucun geste, comme si le temps lui-même s'était figé. Ce n'était pas de la résignation, parce que Sherlock ne sentait même plus la cage thoracique du soldat se soulever au rythme de sa respiration : Cette dernière s'était, elle aussi, brusquement bloquée.

John s'était raidi d'horreur, ses yeux bleus écarquillés à l'extrême, braqués sur les bras du brun. Son regard était tellement perçant que le génie le sentit physiquement transpercer son avant bras gauche, où se trouvait une multitude de marques de piqûre.

Les manches de son manteau s'étaient accidentellement retroussées pendant leur lutte.

Et merde... Pesta Sherlock, sa bouche se tordant en une grimace d'anticipation.

« C'est quoi, ça ? » Cracha violemment John, des flammes de rage dansant dans ses iris bleues.

Jamais encore Sherlock n'avait entendu un ton aussi dur sortir de la bouche du blond.

~~

« Étrangler quelqu'un n'est pas très courtois, Jim. » Même si la remarque était ironique, la voix glaciale d'Irène n'était pas le moins du monde amusée.

Moriarty n'avait même pas besoin de se retourner, parce qu'il savait instinctivement ce qu'il verrait : Irène Adler qui se tenait dans l'encadrement de la porte, son flingue braqué sur son dos sans aucun tremblement, une détermination presque sauvage embrasant son regard sombre.

« Vouloir planter quelqu'un non plus. » Ragea-t-il hystériquement, tout en jetant un regard mauvais à la plaie profonde de son avant-bras qui picotait douloureusement, comme si cette blessure était à l'origine de tous les malheurs de la terre.

Il ne desserra nullement sa prise. Par concéquent, les gestes désordonnés de Molly, pour tenter de s'échapper, perdaient de leur vivacité, devenant progressivement mous et lents, pris d'une étrange torpeur.

Le fait que son visage perde toute couleur humaine, et s'oriente vers le bleu alarma Irène, mais elle conserva son masque impénétrable de froideur, soutenant sans ciller le regard suppliant de Molly qui commençait déjà à s'éteindre.

Il ne restait plus beaucoup de temps...

Un ricanement cinglant s'échappa des lèvres rouges d'Irène qui hochait pensivement la tête, comme pour elle-même :

« Très bien... J'étais peut être un peu trop pacifiste pour me faire comprendre... Je vais le dire autrement. »

A ses mots, le bruit sec d'un coup de feu étouffé par le silencieux se fit entendre près – bien trop près – des oreilles de Moriarty, qui sifflèrent douloureusement.

Il fut étonné pendant une demi-seconde de ne ressentir aucune douleur, mais il en comprit la raison, quand il vit l'impact de balle dans le mur en face de lui, qui se trouvait à seulement quelques millimètres de sa tête.

Une balle encore fumante qui avait frôlé sa boite crânienne.

« Tu visais mieux, dans le temps... Tu te ramollies. » Grinça-t-il nonchalamment, presque avec ennui, tout en sachant parfaitement que, si Irène avait réellement voulu l'atteindre, elle aurait pu le faire, les yeux bandés.

« Si tu ne la lâches pas maintenant... »

« La prochaine balle n'ira pas dans le mur ? » Devina Jim, presque avec amusement, n'étant pas le moins du monde intimidé d'être visé par une arme à feu.

« Le petit bobo que tu as au bras sera le dernier de tes soucis. » Siffla-t-elle entre ses dents, une fureur glaciale crispant ses traits délicats.

Sachant qu'elle ne bluffait pas, Jim soupira dramatiquement comme un enfant capricieux à qui on retirait son jouet préféré, et il la lâcha à contre cœur, ne faisant pas un geste pour rattraper le corps flasque de Molly, qui s'effondra en chute libre sur le sol, à ses pieds.

Aussitôt libérée, elle prit une profonde inspiration rauque qui lui brûla les poumons, et elle plaqua sa main sur sa gorge irritée, la massant doucement dans l'espoir naïf de soulager la douleur à ce simple contact.

Haletant avec difficulté pour reprendre son souffle, elle fut secouée d'une violente quinte de toux, et elle éclata en sanglots, enfouissant son visage dans ses mains tremblantes.

« Elle a intérêt à me soigner si elle ne veut pas que je lui tranche la gorge ! » Grogna Moriarty avec hargne, tout en lui jetant un regard tellement dur que Molly se sentit physiquement agressée par ce simple coup d'œil.

« Elle le fera. Après qu'elle se soit remise de ses émotions. » Assura froidement Irène, en jetant un regard – sans aucune compassion – vers l'otage, en soupirant devant son piteux état.

Irène ne fit pas un geste vers Molly – même si elle en mourait d'envie – tant que Moriarty était toujours dans la pièce, comme par crainte qu'agiter le petit doigt le ferait littéralement exploser.

Il avait ce talent là. Celui de figer la pièce entière dans laquelle il se trouvait, avec n'importe quelle attitude, quelle soit joyeuse ou colérique. Celui d'injecter une ambiance malsaine et terrifiante dans l'air par sa simple présence.

Sa fierté l'empêchait de l'admettre, mais il lui faisait peur. Tellement peur qu'Irène n'aurait jamais agi contre lui, comme elle venait de le faire, à l'instant.

Ce sauvetage pourrait être qualifié d'héroïque, par les simples d'esprit. Elle, le voyait comme une tentative de suicide. C'était comme approcher la flamme d'un briquet près de l'essence, et espérer que notre main ne tremble pas assez pour que les deux matières n'entrent en contact : Inutile, et irresponsable.

Le problème était que Moriarty était incontrôlable, même avec le canon d'une arme plantée dans son dos. S'il acceptait d'obéir sans répliquer, c'était qu'il attendait le bon moment, pour le faire parfaitement.

Jim n'était jamais pressé, et il détestait le travail bâclé, alors sa vengeance attendrait. Et elle avait peur, qu'elle vienne tout juste de se mettre en plein dans son viseur.

Quand il partit de la cuisine d'un pas lourd qui résonnait durement à chaque pas, Irène put respirer un peu plus librement, et les sanglots hystériques de Molly redoublèrent.

Irène aurait dû s'en irriter, et lui commander d'arrêter de chialer comme une pisseuse, mais aucun des mots glaciaux qu'elle avait en tête ne franchit les barrières de ses lèvres, la rendant momentanément muette. Elle se contenta de la fixer pensivement pendant un long moment, avant de se décider de la rejoindre en deux longues enjambées, dans un soupir las.

Elle s'agenouilla près de Molly, mais leur soudaine proximité terrifia l'otage, toujours sous le choc de l'agression, puisqu'elle sursauta violemment, en marmonnant des paroles incompréhensibles.

« Non... Non... » Bredouilla-t-elle, ses mains tremblantes se plaquant un peu plus durement sur son visage, comme si elle voulait épargner ses propres yeux de voir ce qui allait suivre.

La Femme prit doucement les poignets de Molly, et elle écarta ses mains qui cachaient son visage pour pouvoir planter son regard de glace dans celui paniqué de la médecin légiste.

« Allez, suis-moi. »

A ses mots, Irène remit lentement Molly sur ses jambes qui tremblaient tellement qu'on aurait dit qu'elles étaient faites de coton, et elle passa son bras derrière son dos, soutenant ainsi une bonne partie de son poids.

~~

« C'est quoi, ça ? »

C'était une question inutile, qui n'avait besoin d'aucune réponse. Parce que le médecin en John savait parfaitement ce que ces immondes marques représentaient. Ce qu'elles insinuaient.

La drogue...

Soudain, Sherlock entendit les pas furieux de Moriarty, deux secondes trop tard, si bien que Jim les interrompit dans leur positon bizarre, quand il arriva en trombe dans le salon, et il entendit la question glaciale de John.

Prenez une chambre... Songea Jim, en levant mentalement les yeux au ciel.

« Jim ! Tu as l'air contrarié... Que s'est-il donc passé ? » La voix de Sherlock était aussi cinglante qu'ironique, et il ne se retourna même pas.

Il se décala sans précipitation de John, sans quitter ce dernier du regard, mais il resta tout de même à portée de main.

« Comme si tu t'en souciais ! » Grogna le concerné en le fusillant du regard.

« Tu as raison, je m'en contrefiche. Je veux juste changer de sujet. » Débita froidement le frisé, en se raclant la gorge, presque embarrassé.

En effet, c'était John, à présent, qui empoignait fermement le bras gauche de Sherlock, pour mieux mettre sous son nez les marques de piqûre qui mouchetaient la peau aussi pâle que du lait de son avant bras. Quand Sherlock fit mine de vouloir se dégager, le regard brûlant de John, en guise d'alerte, fut si dur qu'il se raidit.

Trop de marques... Il y en avait beaucoup trop.

« Joli, n'est-ce-pas ? Railla Jim en désignant d'un geste de menton les marques que John contemplait avec horreur d'un air déconnecté, comme si cette vision avait aspiré toute la vie qui circulait dans son âme, Comment crois-tu qu'il m'a connu ? Tu croyais qu'on s'était rencontré à Disney-land ? »

le déclic dans le cerveau de John fut si puissant qu'il le sentit presque physiquement.

C'était lui.

C'était lui qui lui avait refilé cette merde qui empoisonnait progressivement le corps, jusqu'à la Mort, à son Sherl', avant qu'ils n'embarquent tous les deux, dans un merveilleux voyage de braquages en série.

John vrilla. Sa vue se teinta littéralement de rouge, tandis qu'une fureur sans nom pulsait dans ses veines, enivrant progressivement ses pensées cohérentes.

Une petite voix sage lui hurlait de prétendre l'indifférence, parce que sa fureur pourrait être suspecte, mais elle fut férocement balayée par sa rage.

Sa raison et son caractère ordinairement doux s'évaporèrent brusquement, ne laissant uniquement dans son esprit, la pensée séduisante de démolir le visage insupportable de Moriarty, jusqu'à n'avoir plus rien à battre de ses poings.

Ce n'était même plus une pensée. C'était une pulsion.

Une pulsion que John n'était pas capable de combattre.

Ou alors, peut être n'en avait-il aucune envie.

Tout le monde pensait que Sherlock était le plus possessif, le plus protecteur des deux. Ils avaient tous tords.

Personne ne blessait son Sherl' – ou l'aidait à se blesser lui-même – sans en subir les conséquences.

Dans un grondement presque animal, John déroba en un éclair la bague qui ornait l'index de Sherlock sans explication, sans que ce dernier ne s'y oppose.

Le soldat se leva un peu trop brusquement – si bien que sa tête tourna légèrement – et il se dirigea vers Moriarty, qui le jaugeait avec condescendance, sans remuer le petit doigt.

Quand il se planta devant lui, John mit tranquillement l'anneau de Sherlock au doigt de sa main valide, déclenchant un haussement de sourcil moqueur, de la part de Jim.

Aucun des deux braqueurs ne s'était pas attendu à ce que le poing de John, à présent armé de la grosse chevalière, atterrisse violemment sur la mâchoire de Moriarty dans un CRAC sonore. Le bijou écorcha sa pommette, laissant une traînée de sang frais, derrière son passage.

Même avec une blessure qui le diminuait physiquement, la force que le soldat asséna dans sa frappe était si puissante que Moriarty dut accomplir un effort surhumain pour ne pas tituber lamentablement.

A vrai dire, le médecin militaire y avait mis tout son cœur.

Épuisé, John se sentit chanceler, alors il posa sa main valide sur le mur à coté de lui, pour se stabiliser.

« Ça aurait fait moins mal, sans la bague. » Aboya John, tout en retirant sèchement le bijou de son index pour le jeter vers Sherlock, qu'il attrapa avec agilité, essuyant le sang restant dessus, pour le remettre silencieusement à son doigt.

A vrai dire, il était tellement abasourdi par la réaction violente – et extrêmement protectrice – de John, qu'il ne pouvait pas prononcé un mot, se contentant de fixer son ancien amant avec effarement, en s'efforçant de refermer sa bouche qui pendait, quelques secondes plus tôt.

John jeta un regard glacial à la mâchoire de Jim qui rougissait, et il ricana avec fourberie : « Joli, n'est-ce-pas ? »

Quand le braqueur fit un pas vers John, Sherlock dégaina immédiatement son arme à feu, le cran de sûreté retiré, le doigt contre la détente. Droit sur la gorge de Jim.

« Oh, toi aussi ? S'agaça Moriarty avec une irritation enfantine, même si ses yeux charbon brûlant de haine et de contrariété n'avaient rien de puéril, Pas très original. »

Sherlock semblait clairement mécontent, surtout à l'encontre de John pour son geste impulsif qui pourrait à lui seul, révéler leur relation, mais ses yeux furieux étaient rivés sur son rival, le transperçant de toutes parts.

« Je vais être très clair, Siffla-t-il, en étirant chaque mot avec une lenteur insupportable, Si tu es encore en vie, ce n'est pas parce que je n'ai pas envie de te foutre une balle dans la tête. Crois-moi, ça me démange de plus en plus souvent... Mais j'ai des principes : Des principes qui stipulent que je ne tuerais personne. Même les détraqués comme toi. »

Sherlock avait toujours été glacial. Son visage pâle, constamment dépourvu de toute trace d'émotion, le rendait ainsi indéchiffrable, et aussi lisse qu'un masque de théâtre. Pourtant, il injectait toujours une nonchalance – véritable ou feinte, cela dépendant du contexte – qui adoucissait sa froideur générale, et le rendait légèrement plus humain.

Cependant, en ce moment, il n'y avait aucune nonchalance. Aucun ennui. Juste une détermination sans nom.

On aurait dit une machine programmée pour accomplir un seul acte : Protéger John, à tout prix. Un robot qui ne renoncerait devant rien pour accomplir cet objectif, sans sourciller.

« Malgré toutes ses belles paroles, je sens un 'Mais'... » Gronda Moriarty, son visage angélique s'assombrissant de seconde en seconde, révélant le diable en personne sur ses traits.

« Mais si tu t'avances d'encore d'un pas, si tu essayes de blesser le flic ou de le tuer, j'oublierais tout. » Chaque mot était imprégné de venin. C'était proprement terrifiant.

Moriarty ne bougeait pas, sentant lui aussi que Sherlock était sincère.

L'envie de tous les massacrer titillait le cerveau malade de Jim, mais il contrôla l'envie tentante de repeindre tous les murs de cette maudite demeure, avec le sang de ses victimes.

Patience, Patience, Patience... Songea-t-il, en serrant les poings.

« Et tu me tueras, d'une balle dans la tête ? Fais la queue, il y a Irène en premier... »

Jim semblait avoir des difficultés à parler : Une grimace de douleur se formait sur son visage à chaque fois qu'il articulait.

John en ressentait une satisfaction intense.

« Non, nia froidement Sherlock, en secouant la tête, D'abord, je te neutraliserais, en te tirant une balle dans le genoux, par exemple. Puis, je prendrais un couteau et je te trancherais la gorge avec. Plus sanglant. Plus long. »

Moriarty roula les yeux, essuyant ainsi la menace de mort avec désintérêt.

« Je veux un compromis, Cracha-t-il en pointant un index accusateur sur le visage de John, On ne peut pas se permettre de laisser nos otages se balader tranquillement dans la baraque ! Je les veux attachés ! »

Après une attende interminable où les deux braqueurs se battirent du regard, Sherlock capitula, en acceptant d'attacher les otages, seulement pendant la nuit, mais la minuscule contraction de sa mâchoire montrait que cette option alternative ne l'enchantait guère.

« Quand partons nous ? » Demanda ensuite Jim, en plissant les yeux.

« Dans deux jours. »

Plus que deux jours à attendre... Songea Jim, en réprimant un sourire diabolique.