Je dédicace ce chapitre à Lusaphira qui est l'une des seules raison qui me poussent à continuer cette histoire.
Le matin était jeune sur Konoha et Sakura avait tout planifié. Elle savait où, quand et comment. Ne manquait plus que l'élément déclencheur. Elle entendit le son de l'alarme qui annonçait le lever des infirmières pour la tournée des chambres en soins intensifs. Elle était toujours la dernière à être visitée. Elle avait actuellement vingt-huit minutes.
Avec un râle de souffrance à moitié simulé, elle appela l'anbu qu'elle savait garder sa fenêtre. La jeune femme entra dans la chambre en un bref roulé-boulé avant de s'accroupir près de Sakura pour savoir ce qui se passait.
En un geste vif que Sakura se savait à peine capable de faire, elle sortit sa main de sous sa couette et frappa violemment l'anbu avec le vase qu'elle tenait dans son poing serré. La jeune anbu s'écroula sans un bruit et Sakura se redressa sur son lit. En évitant au maximum de regarder son corps, elle se pencha près de l'anbu et commença à la déshabiller. Elle la dévêtit complètement sans aucun scrupule puis s'habilla avec l'uniforme immaculé Elle passa le masque sur son visage et enfila la cape blanche qui complétait sa tenue avant de la rabattre sur sa tête.
Elle jeta un dernier regard à l'anbu puis, en puisant dans ses maigres forces, se percha sur le rebord de la fenêtre et bondit vers un toit voisin. Elle comptait mentalement, il ne lui restait plus que douze minutes. Avec l'énergie du désespoir, elle bondit de toit en toit jusqu'aux portes du village, en veillant à passer par le toit du bâtiment des Hokage. Les gardes, aux portes, ne prêteraient pas attention à elle si elle paraissait venir du bureau de Tsunade avec un ordre de mission urgent.
Elle avait en effet raison puisque personne ne l'arrêta lorsqu'elle franchit les portes du villages au pas de course. Elle était à quelques mètres à peine du village lorsqu'elle entendit la sirène d'alarme retentir. On l'avait repérée.
Elle accéléra le pas sur une dizaine de mètres supplémentaires puis s'effondra dans le creux d'un arbre qu'elle avait repéré étant enfant. Elle s'y blottit en masquant le peu de chakra qui lui restait et attendit que l'alarme passe. Elle finit par s'endormir en entendant le bruit des bottes de cuit frappant les branches au dessus d'elle. On ne penserait pas à chercher une ninja au sol.
Quand elle se réveilla, le jour était tombé. Elle en déduit qu'elle avait dormit une quinzaine d'heures et se maudit de ne pas avoir emporté de quoi manger. Avec un grognement de souffrance et une pensée malsaine pour ses plaies qui pulsaient au rythme de sa douleur, elle sortit du trou de l'arbre et se traîna jusqu'à un buisson proche. Lors de son arrivée, elle avait repéré des poireaux sauvages. Elle en arracha une poignée qu'elle mâchonna en grimaçant puis se remit en marche, se traînant d'arbre en arbre, incapable de monter sur les branches pour courir et gagner du temps.
Lorsque la nuit fut si noire qu'elle ne voyait plus ses pieds, elle se roula en boule sous un buisson et attendit le sommeil qui ne tarda pas à l'emporter dans ses cauchemars de captivité et de torture.
Elle fut réveillée par un son étrange près d'elle. Un son qu'elle reconnaîtrait entre tous. Un râle d'agonie, impossible à produire si on avait pas hurlé des heures durant avant de n'avoir plus de voix et d'être condamné à gémir sa souffrance.
Alors que son corps réagissait au son en tremblant affreusement, son esprit tournait à vive allure. Près d'elle se trouvait quelqu'un que l'on avait horriblement torturé. Comme elle. La question était de savoir si elle devait se lever et l'aider ou le laisser agoniser sans rien faire.
Sakura eut un rictus. Elle ne changerait donc jamais ? Avec un frisson, elle se leva et s'approcha de la source du râle. C'était indéniablement un homme, vêtu de haillons sanglants et boueux, dont le visage tuméfié ne permettait pas la moindre identification. Il avait de courts cheveux noirs ébouriffés et sa peau portait encore les stigmates des mois de captivités, la rendait violette par endroits.
Sakura se saisit du bras du blessé et le passa en travers de ses propres épaules, avant d'entourer sa taille de son second bras. Avec un cri de douleur, elle le souleva et commença à le traîner. En même temps qu'elle avançait, elle jetait de vifs regards aux alentours. Elle s'était éloignée de Konoha, ce qui était bien. Mais elle ne comprenait pas comment quelqu'un d'autre pouvait avoir été torturé aussi près d'un village ninja. Aucun camps ennemi ne devrait subsister de la guerre normalement.
Avec un soupir, elle se prépara à la dure tâche qui l'attendait. Trouver un abris pour elle et son inconnu torturé. Voilà qui allait être intéressant.
Sakura passa ainsi la totalité de sa journée, errant à la rechercher d'une construction quelconque qui pourrait les protéger et les cacher quelques jours. La chance sembla lui sourire lorsqu'elle aperçut une bicoque de bois, de celles que les bûcherons construisaient avant l'hiver pour passer de longues semaines près des bois et faire des réserves à transporter au village.
Avec un soupir de soulagement, elle se traîna jusqu'à la masure décrépite et poussa la porte qui manqua sortir de ses gongs rouillés tant le bois avait gonflé à cause de la pluie de ce mois d'avril. Elle jeta un bref regard circulaire à l'unique pièce de la maisonnette et eut un sourire en apercevant la couchette au fond.
Elle y déposa le blesser avec un râle de douleur. Porter les bons quatre-vingt kilos de l'homme avait rouvert ses propres blessures qui pourrissaient affreusement, suintant d'un mélange de sang et de liquide jaunâtre qui n'annonçait rien de bon.
Sakura soupira puis s'approcha de l'homme. Elle écarta les mèches de cheveux poisseuses de son front à la chair brûlée mais ne reconnut personne dans ces traits durs de guerrier. Elle haussa les épaules. Connaître son identité ne l'avancerait à rien. Il avait été torturé. Elle aussi. Elle ne s'appelait pas Naruto ou Neji, elle allait l'aider.
Elle déchira le restant de tissus qui couvrait l'homme, sans rougir de sa nudité, elle avait vu bien pire après tout. Elle se débarrassa de sa propre cape et la garda dans un coin, elle en aurait besoin pour plus tard. Par contre, le gros gilet qui recouvrait son armure d'anbu et qu'elle avait emporté ne lui servirait à rien pour le moment.
Elle sortit donc de la masure en prenant garde que personne ne soit dans les parages puis réajusta le masque qui couvrait son visage avec un soupir de contentement. Habillée de manches longues, de bottes hautes et le visage couvert d'un masque de bois, elle n'avait aucune chance de voir son corps et cela lui enlevait un poids psychologique.
Avec la discrétion d'une plume dans le vent, elle fouilla les alentours et trouva avec soulagement un ruisseau clair qui dévalait une pente avant de se perdre dans les bois. Elle s'agenouilla en grimaçant et déchira une manche du gilet de coton qu'elle trempa dans l'eau fraîche avant de la passer en fermant les yeux sur ses plaies les plus graves dont les points avaient sauté. Puis elle lava les haillons de l'homme et retourna à la cahute.
Son inconnu gémissait doucement, prit dans les fièvres causées par les infections qui envahissaient son corps brûlant. Elle lava chaque plaie, chaque brûlure de l'homme avec ses haillons propres puis le revêtit du gilet avant de poser les restes de tissus humide sur son front brûlant pour calmer la fièvre. Elle n'avait plus une goutte de chakra et ne pourrait pas le soigner.
Abrutie par sa longue journée, elle s'adossa au mur de bois et s'endormit à même le sol, bercée par les gémissements du blessé.
Voila donc un nouveau chapitre de cette fanfiction ! Je considère mes délais respectés dans le sens où je n'avais pas fait de cette histoire ma priorité. De plus, j'ai eu un petit soucis de scénario qui m'a posé problème pendant de longues heures pour écrire ce chapitre.
J'espère qu'il vous aura tout de même plu,
Je vous embrasse,
Amako.
