Scott et Stiles se retrouvèrent devant le poste de police. Visiblement, la rencontre devait se faire là. Ils entrèrent donc ensemble. Le poste se trouva étrangement vide mais ils avancèrent et machinalement, Stiles se dirigea vers le bureau de son père. Le shérif était là, assit, ne faisant aucun bruit.

- Oh, tu es revenu mais pas seul ! Ca ne me dérange pas, plus on est de fou, plus on rit !

- Je n'ai pas amené n'importe qui, ajouta Stiles, peu fier.

- Oh mais mon ami, ta condition de loup-garou et même d'alpha ne te servira à rien ici ! dit-il à Scott.

- Quand bien même, c'est pour Stiles que je suis là.

- Et tu seras aussi impuissant que lui face à mon pouvoir ! L'avantage que j'ai avec toi Stiles, c'est que je me sers de tes émotions passées et présentes pour me nourrir. Là, en ce moment, tu es effrayé et c'est de loin l'émotion que je préfère mais je dois tout de même te parler de ton passé. Tu n'as pas été gâté par la vie mon petit ! Ce n'est pas parce que je suis maléfique que je ne peux pas être compatissant !

- Laissez-le ! hurla Scott.

- Je t'autorise à rester là mais tu vas devoir apprendre à te taire ! répondit-il en claquant des doigts.

Aussitôt, Scott ne pouvait plus sortir un mot de sa bouche, il était muet. Stiles angoissa davantage car son ami était venu pour l'aider mais s'il ne pouvait rien dire, il ne lui serait probablement pas d'une grande aide ! Ils échangèrent ensemble un regard. Manifestement, il ne pourrait compter que sur la présence de l'alpha pour le soutenir. Il tenta de ne rien laisser paraître, il ne voulait pas laisser cet avantage à leur ennemi, mais ce dernier le remarqua tout de même :

- Oh mais je sais ce que tu es en train de te dire dans ta petite tête, je te rappelle que nous y sommes tous !

- Vous ne me faites pas peur !

- Mais qui essaies-tu de convaincre, là ? Pas moi en tout cas !

Scott ne pouvait que fixer son ami pour lui transmettre toute sa force. Le djinn les observa, jubilant, puis continua :

- Comme c'est chou ! Tu crois qu'en le regardant tu vas l'aider ? dit le djinn à Scott. J'irai presque jusqu'à dire que c'est pathétique mais je ne voudrais pas que notre petit Stiles perdre toute envie de se battre, c'est tellement divertissant !

- C'est un jeu pour vous ? demanda Stiles, outré.

- Bien sûr ! Ta vie est trépidante et je ne m'en lasse pas ! Tant de souffrances pour un si jeune homme ! Tant de secrets que même ton meilleur ami, ici présent, n'a pas conscience !

Stiles n'était pas du tout à l'aise face à ce que venait de dire le djinn. Il ne voulait pas que son jardin secret soit exposé devant Scott.

- Raison de plus pour t'éliminer ! continua le jeune homme.

- Oh mais c'est qu'il me ferait presque peur ! Laisse-moi continuer sur ma lancée ! Je disais, certes, il y a eu la perte de ta mère mais il y a aussi les souvenirs que tu as oublié ! Laisse-moi te rafraîchir la mémoire ! Laisse-moi te ramener à l'époque où tu n'étais qu'un petit garçon !

A cet instant, le djinn ayant l'apparence du shérif, se leva et serra le cou de Stiles. Ce dernier sentit la poigne de son père et la pression sur sa trachée, de plus en plus forte. Soudain, les images lui revinrent :

Claudia et le shérif étaient dans la cuisine, assis à table. Il prit les mains de sa femme dans les siennes :

- C'est de ma faute, dit Claudia.

- Mon amour, tu n'y es pour rien.

- C'est à cause de ces fichus médicaments ! C'est ça qui l'a tué !

- Tu n'es pas responsable Claudia ! Et même si c'était le cas, tu n'as pas voulu cette maladie. Tu ne peux que la subir, rien de tout cela n'est de ta faute !

- Et notre fils, qu'est-ce qu'on va bien pouvoir lui dire ? Il n'est pas stupide, il avait bien remarqué un changement physique chez moi !

- Je sais, il est malin, trop à mon goût !

- Il tient ça de toi ! dit-elle en souriant puis en finissant par pleurer.

- Claudia, mon amour, ajouta le shérif en se levant et prenant sa femme dans ses bras. Ce n'est rien, je suis là !

- Mais pourquoi tu m'aimes encore ? J'ai tué ta fille !

- Tu ne l'as pas tué, tu n'étais qu'au cinquième mois de ta grossesse.

- C'est mon traitement qui l'a tué ! C'est moi qui l'ais tué !

Quand elle avait hurlé ces paroles, tous les deux s'étaient retournés et avaient vu que Stiles les avait écoutés. Claudia partit en pleurant s'enfermer dans sa chambre laissant son mari et le petit garçon de 9 ans dans le désarroi. Le shérif prit alors son petit par la main et l'amena jusqu'à son lit :

- C'est vrai que je ne vais pas avoir de petite sœur finalement ?

- Tu savais ?

- Papa, je sais lire une ordonnance pour une échographie quand j'en vois une, surtout si elle est aimantée sur le frigo pour ne pas l'oublier !

- Quand je le dis que tu es trop malin !

- Pourquoi maman dit qu'elle l'a tué ?

- Mon grand, tu dois tout de suite t'enlever cette idée de la tête. Ce sont des choses qui arrivent. Tu ne dois jamais en parler à ta mère, tu m'entends ?

- Mais…

- S'il te plaît, écoute-moi pour une fois dans ta vie, supplia le shérif, las et épuisé en plongeant son regard dans celui du petit garçon. Je compte sur toi. Pas un mot, ok ?

- D'accord papa.

- C'est bien, répondit le shérif, soulagé de la réponse de son fils. Maintenant, tu fais un gros dodo et demain on ira faire une balade à vélo, ok ?

- D'accord.

Stiles revint alors à lui, le djinn tenant toujours sa gorge entre ses mains. Les larmes coulaient de ses joues. Inutile d'expliquer à Scott ce qu'il venait de revivre, comme il était connecté à lui, il avait tout vu aussi.

- Pourquoi je ne me rappelais pas que j'aurais pu avoir une petite sœur ?

- Le pouvoir de l'esprit ! répondit le djinn en resserrant sa poigne.

- Pourquoi me faire revivre ça ?

- Il n'y a pas que la douleur physique qui me nourrisse ! La psychologique l'est tout autant !

Stiles commençait à suffoquer tandis que Scott ne pouvait rien faire ! Malia, de son côté, pouvait observer que le cou de son amant devenait violet, signe qu'il souffrait dans son rêve. Son rythme cardiaque semblait s'accélérer aussi.


Deaton et Isaac se rapprochèrent du cimetière. Ils descendirent puis le vétérinaire se munit d'une dague en argent dans le coffre et en donna aussi une à Isaac. Mieux valait qu'ils en soient équipés tous les deux puis ils se dirigèrent vers l'entrée. Ils décidèrent de se séparer pour couvrir plus de surface. Ils passèrent en revue tous les recoins des lieux, en vain. Ils finirent par se retrouver au fond du cimetière.

- Il n'est peut-être pas là, dit Isaac.

- C'était pourtant l'endroit idéal pour lui ! Ce n'est pas logique !

- On doit continuer à chercher, Malia vient de m'envoyer un message : l'état de Stiles s'aggrave. On doit bouger !

Mais le loup-garou sembla parler dans le vent, il vit que Deaton regarda fixement derrière lui. Isaac fit de même et vit que la porte d'un grand caveau était ouverte. Ils se regardèrent, comprenant que le djinn était donc bien ici. Ils se rapprochèrent alors, en silence et entrèrent dans le caveau. Visiblement, il y avait comme une crypte sous l'emplacement du caveau. Voyant des escaliers qui y descendaient, ils s'y avancèrent.


- Tu sais, ce n'est pas difficile de trouver des moments traumatisants dans ta vie ! Si on cherche bien, on trouve !

- Non ! Argh !

- Oh, je te fais mal peut-être ! dit-il, le regard mauvais, en lâchant prise. Tout ceci pour te faire comprendre que tu ne peux pas gagner contre moi ! J'y suis, j'y reste !

- Alors plutôt mourir ! hurla le jeune homme.

Stiles vit immédiatement que le djinn pâlit, avant de rapidement se reprendre.

- Tu m'agaces ! dit le djinn maléfique.

Le djinn se précipita vers Stiles puis il prit son pistolet et le frappa à la tête avec sa crosse. Le jeune homme, sonné, s'accrocha au shérif mais en réalité, il récupéra le couteau cranté de son père qu'il portait toujours à la ceinture. Le djinn s'en aperçut mais comprit qu'il ne pouvait rien faire. La situation lui échappait ce qui n'était pas envisageable ! Stiles s'éloigna, ouvrit le couteau et le plaça devant son cœur. Scott rageait de ne rien pouvoir faire : il voulait à tout prix réveiller Stiles mais ce dernier, d'un regard, l'en empêcha. Scott vit son ami murmurer « fais-moi confiance » et malgré son envie, se retint et ne put qu'être spectateur de la situation.


Deaton et Isaac arrivèrent dans la crypte. Quelques mètres devant eux, il y avait un autel et un homme qui ressemblait plus à un ivrogne plutôt qu'à un être maléfique ! Mais le guide ne voulait surtout pas s'arrêter aux apparences. Il se saisit fermement de la dague et la pointa vers le djinn puis lui fonça dessus. Malheureusement, la créature n'avait pas dans l'intention de se laisser faire ! Il intercepta donc Deaton et l'envoya avec force à l'autre bout de la pièce. Isaac se transforma aussitôt. Apparemment, sa force de loup-garou allait s'avérer nécessaire pour en venir à bout. Il vit que le vétérinaire s'était évanouit et il décida donc d'attaquer à son tour le djinn.


Stiles n'avait pas bougé, le couteau toujours pointé en direction de son cœur. Il constata que le djinn ne bougeait plus.

- Alors, pas d'attaque, de chien enragé ou autres ?

- Stiles, arrête, dit Scott, surpris de pouvoir enfin parler.

- Ecoute ton ami ! Ce qu'il t'arrive ici, t'arrivera dans le monde des vivants, je ne crois pas que tu l'ais compris ! ajouta l'éfrit.

- Si, je l'ai bien saisi. Scott, surtout promets-moi de ne pas nous ramener. Laisse-moi faire, ok ?

- Stiles…

- Scott !

- Ok.

- Non ! dit le djinn. Tu devrais le convaincre de ne pas se faire du mal ! Tu veux être responsable de sa mort dans le monde réel, c'est ça que tu veux ?

Stiles vit son ami douter l'espace d'un instant. Il décida d'agir immédiatement :

- Scott, regarde-moi ! hurla-t-il tandis que l'alpha porta son attention sur Stiles. Je t'ai dit de me faire confiance, maintenant plus que jamais. Je t'en prie… Scott ?

- Quoi qu'il arrive, je reste là, avec toi, ajouta Scott.

Stiles regarda son ami, le regard remplit de larmes, reconnaissant à jamais de ce qu'il venait de lui dire. Il n'avait peut-être pas le même sang mais il serait à jamais frère de cœur.

- Je t'aime mon frère, dit le jeune homme.

- Moi aussi.

- Cet amour fraternel est magnifique, j'en chialerais presque ! Mais il va perdre la vie, c'est tout ce que vous allez gagner ! Tu en es conscient ? demanda-t-il à Scott.

- Je lui fais confiance, voilà tout.

- Tout ce que j'ai à faire, c'est reprendre le contrôle, dit Stiles.

- C'est moi qui te contrôle !

- Vous en êtes sûr ? continua le jeune homme.

Stiles prit alors le couteau et le plaça sous sa gorge puis appuya légèrement, ce qui le fit saigner.

- Alors, vous attendez quoi pour m'arrêter ?

- Tu veux te tuer, bien, vas-y ! Je trouverais toujours quelqu'un d'autre à contrôler !

- N'en soyez pas si sûr ! ajouta Scott.


Isaac bondit sur le djinn mais ce dernier le rattrapa en plein vol et le plaqua contre le mur puis lui tordit le bras jusqu'à le casser. Le jeune loup-garou hurla, ce qui permit à Deaton d'émerger. Il se releva doucement. Isaac l'avait remarqué mais visiblement pas le djinn. Il comprit alors qu'il devait faire diversion. Il se dégagea, plaqua son bras contre son corps et fonça sur le djinn mais ce dernier le bloqua facilement.

- On ne t'avait pas prévenu que j'avais cette force, n'est-ce pas ? Oh mais remarque, je n'en ai plus pour longtemps avec ton ami, peut-être pourrais-je m'attaquer à toi, tu m'as l'air d'avoir une aura dévastée ! Ou bien alors, ton cher ami ! dit-il en regardant dans la direction où Deaton s'était évanouit. Non !

Tandis que le djinn vit que Deaton n'était plus à terre, il tourna rapidement la tête vers Isaac et comprit qu'il s'était fait berné. Il sentit une lame en argent le traverser de part en part. Quelques instants plus tard, alors qu'Isaac et Deaton avaient retenus leur souffle, le djinn explosa littéralement.


Malia avait le cœur qui battait vite et fort. Cette situation était pour elle parfaitement insoutenable ! Elle n'était pas du genre passive dans l'action mais elle savait qu'elle ne pouvait malheureusement rien faire sinon tenir fort la main de Stiles. Soudain, elle reçut un sms qui lui précisa que l'enveloppe charnelle du djinn était morte. Elle hurla alors à Stiles « maintenant ! » en priant qu'il l'entende bien.

De leur côté, le temps était comme suspendu tandis que Stiles tenait toujours le couteau sous sa gorge. Il entendit alors la voix de Malia. Sans perdre un instant, il jeta un regard à son ami puis positionna le couteau devant son cœur et appuya de toutes ses forces.

A cet instant, Scott se réveilla en hurlant le nom de son meilleur ami. Soudain, le bip, jusqu'ici agité du moniteur cardiaque devint un bruit continu et strident. Le cœur de Stiles venait de s'arrêter. Scott ne comprenait pas. Stiles ne saignait pas, ce qui voulait dire qu'ils avaient pourtant réussi. Aussitôt, Melissa ne perdit pas un instant : elle fit allonger Stiles puis elle retira l'écharpe autour de son bras et demanda à son fils de faire le massage cardiaque tandis qu'elle lui administrait une dose d'adrénaline. Elle chargea ensuite les palettes et dit à Scott de se pousser. Elle les posa sur le torse du jeune homme et le choqua… Rien. En attendant que l'appareil se recharge, elle demanda à Malia d'utiliser le ballon-masque pour insuffler de l'air au jeune homme. Puis elle recommença, en chargeant avec la puissance supérieure et le choqua à nouveau. Au bout de trois autres essais, elle s'arrêta, ne laissant que le bruit strident régner dans la pièce.