Epilogue.

Yann contemplait le paysage parisien depuis la chambre d'hôpital de Martin. Il s'était mis à neiger la semaine dernière, c'était rare en cette période de l'année. Le mois de février touchait à sa fin, tout les jours le soleil se levait plus tôt et ce couchait plus tard. Yann le savait, c'était son occupation principale en ce moment, regarder les minutes s'écouler, voir le soleil se lever, puis se coucher. Tout les jours. Il était affalé dans son fauteuil près du lit de Martin, un fauteuil qu'il occupait si souvent que celui-ci avait épousé la forme de son postérieur. Les parents de Martin passaient tout les matins, et sa sœur tout les soirs. Hugo essayait de passer plusieurs fois par semaine. Mais il était débordé puisqu'il avait gentiment accepté de présenter Quotidien depuis quelques semaines. Le reste de l'équipe passait aussi souvent, parfois à la pause du midi, ou le soir avant de rentrer chez eux.

Yann lui restait là. Jour et nuit. Il ne quittait plus Martin, il ne le quitterai plus. Martin était rentré il y a deux semaines. Yann se souviendra toujours de cette nuit là. Martin était arrivé sur le sol parisien en arrêt cardio-respiratoire. Il ne vivait plus quand il est arrivé, ils avaient réussi à le ramener pendant le trajet de l'aéroport jusqu'à l'hôpital. Yann n'avait jamais eu aussi peur. La peur était toujours là, deux semaines après. Martin était stable mais son coma était encore plus profond que lorsqu'ils avaient décider de la rapatrier. Les médecins avaient passé la nuit de son retour à faire toute sorte d'examens, des IRMs, des scanners, ils leur annonçaient les résultats mais à chaque fois Yann ni comprenait rien. C'était du chinois pour lui. Lui voulait simplement entendre les mots « il va mieux » , « il va s'en sortir », « il est tiré d'affaire ». Mais non, on lui balançait des chiffres, des statistiques, des taux de réussite de tel ou tel opération. C'était un cauchemar. Il osait à peine regarder Martin, de peur que s'il le regardait trop, il verrait le moment exact où celui-ci le quitterai. Alors il regardait dehors, regardait le soleil et le ciel. Le ciel gris, les immeubles blancs. Il sortait de temps en temps fumer une cigarette, mais pas trop longtemps, surtout si personne d'autre n'était là pour tenir compagnie à Martin, il sortait cinq minutes et courait pour revenir au chevet de son amant.

Mais rien ne changeait jamais, parfois il prenait du retard dans l'ascenseur mais quand il arrivait Martin était toujours là, inerte. Comment savoir si cette coquille n'était pas vide ? Comment savoir si Martin pouvait vraiment entendre quand ses collègues et amis venaient lui raconter sa journée ? Yann lui avait arrêter de parler, il avait trop peur de parler dans le vide, et ne supportait pas d'être le seul à tenir la conversation. Alors il se contentait se serrer la main de Martin dans la sienne, de dessiner de petits cercles avec son pouce sur le dos de celle-ci. La main de Martin était froide dans la sienne. Ses mains étaient normalement chaudes, douces. Mais Martin ne ressemblait plus à Martin. A son Martin. Le corps qui était allongé sur le lit était froid, pâle, les lèvres d'habitudes rougies de Martin était plus proche du gris, elles étaient creusée et laissait apparaître des pommettes saillantes, ses yeux étaient entourés de cernes. Le rose de ses joues avait disparu et le teint mâte de sa peau avait viré au blanc âcre. Si ce n'était pas pour les souffles réguliers que Yann passait son temps à écouter et à rechercher, pour les bips monotones et si lent des machines autour de lui, Yann aurait jurer que la personne allongée sur le lit près de lui était morte.

Il était prisonnier de son propre corps, il entendait tout et ressentait tout. Il entendait ses amis venir lui parler, sa famille, sa mère qui lui caressait les cheveux en sanglotant doucement quand elle venait le voir. Clément qui lui racontait ce qu'il se passait au bureau depuis leur retour, les bureaux recouverts de fleurs, les clins d'œil à l'antenne. Hugo qui lui parlait de leurs souvenir de l'ESJ, et de son expérience de présentateur. La seule constante qu'il avait en dehors du bruit des machines autour de lui et des soins périodique des infirmières, c'était la présence de Yann. Yann était là à chaque fois qu'il émergeait des ténèbres dans lesquelles ils s'enfonçait parfois, il était là quand il s'y enfonçait, et quand il restait des heures conscient de ce qu'il se passait autour de lui. Yann était là. Il sentait sa main autour de la sienne, sa voix qui intervenait de temps en temps. Mais sa voix était devenue rare et Martin savourait les fois où elle apparaissait. Parfois il pensait pouvoir réussir à percer le voile qui le séparait du monde qui l'entourait et le retenait prisonnier dans sa tête, mais à chaque fois il échouait, et il ressombrait. Il entendait les médecins, entendait les infirmières. Mais il n'arrivait pas à leur montrer qu'il était toujours là.

Alors tout les jours il essayait, il essayait de percer la pénombre, de toute ses forces il essayait de reprendre possession de son corps, de faire un geste. D'habitude il n'y parvenait jamais, et il n'arrivait pas à répéter l'exercice, puisque chaque fois cela l'épuisait. Mais aujourd'hui c'était différent, la morphine ne lui embrumait pas trop le cerveau et son environnement lui paraissait plus clair. Et cette fois, après des minutes, ou peut être des heures d'efforts, il arriva à gémir. Sa gorge était douloureuse et le bruit qui en sorti était bien pitoyable, mais c'était déjà ça et la réaction de Yann fut immédiate, sa main se resserra autour de la sienne et son autre main passa avec douceur dans ses cheveux. Martin continua d'essayer de percer le voile avec les encouragements de son amant. Bientôt c'est la douleur qui réapparut soudainement, et alors la bulle dans laquelle il se trouvait depuis des semaines explosa, il vit la lumière du jour à travers ses paupières, les sons n'était plus atténués comme au fond d'un océan. Il arriva alors à serrer la main de son amant, une simple pression de ses doigts, et les encouragements se multiplièrent. Il entendit Yann appeler une infirmière. Puis ses paupières furent soudainement ouvertes de forces, et une lumière aveuglante le ramena à la réalité, lorsque celle-ci s'en alla, le visage d'un infirmière apparu dans son champs de vision. Elle lui souriait d'un sourire radieux, la lumière dans la pièce était aveuglante et il avait du mal a garder les yeux ouverts. Il entendait à côté de lui une voix qui sanglotait, tourner la tête lui donna le tournis et brouilla encore plus sa vision mais lorsque son amant se retrouva dans son champ de vision, Martin oublia toute la pénibilité de ce qu'il venait de vivre. Yann pleurait doucement, sa lèvre inférieur tremblotait, Martin lui sourit, et Yann lui rendit un sourire plein de larmes. Il se pencha sur lui et lui passa la main dans les cheveux, lui murmurant des « merci » des « bon sang plus jamais », « ne me laisse plus jamais », Martin n'arrivait pas à lui répondre mais il colla son front à celui de son amant, qui lui embrassa alors le visage, les joues, le front, le nez, le lèvres. Il était de retour et ne repartirait plus jamais.

Yann était allongé avec Martin dans son lit, les machines avaient été éteintes et poussées sur le côté, Martin était sorti de son coma il y a deux semaines, et rentrerai chez lui aujourd'hui. Le ciel était bleu et le soleil était déjà haut dans le ciel en cette matinée de Mars. Les deux amants parlait de tout et de rien, des évènements politiques que Martin avait manqué, de Trump à la maison blanche, de la campagne présidentielle qui battait son plein. Depuis que Martin était réveillé Yann avait repris la présentation de Quotidien sous les menaces de Martin qui ne supportait plus de voir Yann s'enfermer avec lui dans cette chambre d'hôpital triste et fade. Yann était donc rentré chez lui et en avait profité pour préparer son appartement à l'arrivée de Martin, qui viendrait vivre avec lui à partir de maintenant. D'une part car il ne pouvait pas vivre seul tant que son épaule n'était pas complétement rétablie mais aussi et surtout car ils s'étaient rendus compte qu'ils ne pouvaient pas vivre l'un sans l'autre. Et que le reste de leur vie se ferai à deux à présent. Pour le meilleur et pour le pire.

Yann passait sa main dans les cheveux épais de Martin, son amant somnolait, son sac était prêt, ils attendaient le feu vert des médecins pour commencer leur vie à deux.

« Yann ? murmura Martin les yeux toujours clos,

Oui Martin ? Tu ne veux plus rentrer à la maison ? Tu es trop bien ici ?, Yann sourit, il savait que Martin mourrait d'envie de rentrer chez lui, surtout maintenant que chez lui était aussi chez Yann.

Bien sûr que non, tu sais bien que je donnerai n'importe quoi pour y être déjà. Je voulais te parler du boulot » , Martin ouvrit les yeux et releva la tête pour regarder Yann droit dans les yeux. Yann regarda son amant avec attention, ses joues avaient retrouvé leur rose et ses lèvres étaient redevenues chaudes et rougies, mais ses yeux étaient toujours fatigués, Yann savait qu'il avait toujours mal à l'épaule et que son oreille gauche émettait toujours un sifflement pénible. Yann soupira et se redressa pour s'assoir sur le lit. Il regarda le paysage par la fenêtre, paysage qu'il connaissait par cœur tant il l'avait observé pendant les longues semaines à attendre le réveil de Martin. Il savait ce que Martin allait lui demander, il allait lui demander de repartir le plus tôt possible, de le laisser aller couvrir des évènements à l'autre bout du monde alors qu'il venait seulement d'être réunis. Il se tourna vers Martin, et les mots qui sortirent de la bouche du reporter furent exactement ceux qu'il appréhendait. Il regardait les lèvres de Martin s'articuler et n'écoutait pas vraiment ce qu'il était en train de lui dire. Il connaissait les grandes lignes du discours puisqu'il les entendait sous forme de sous entendus dans toutes les conversations qu'il avait eu jusque là : « c' était un évènement isolé », « ça ne se reproduira pas, ou en tout cas pas à cette échelle », « on est pas obligé d'aller tout de suite dans une zone de guerre » etc… Mais Yann savait que Martin aimait les sujets chauds, qu'il aimait rencontrer des gens avec des histoires à raconter, leur donner une voix. Et il ne se satisfera pas de reportages sur le bonheur des jeunes au Danemark.

Mais ce qui était arrivé à Martin était une attaque ciblée, personne ne savait si ceux qui les avait enlevé ne recommencerait pas. Alors Yann laissa parler Martin, il ne répondit pas, il décida sur le moment qu'il ne prendrait plus ce genre de décision, de dire oui ou non à un reportage. C'était trop lui demander et il était trop impliqué. Il continua donc à observer Martin qui se tu et le regarda d'un air interrogateur, sa petite moue qu'il faisait quand on lui posait une question, les lèvres légèrement pincées et les sourcils froncés. Yann ne put résister, il s'allongea sur son compagnon et lui emprisonna les lèvres dans un baiser langoureux.

« Si tu veux repartir, alors repars, mais ce n'est plus à moi de prendre ce genre de décision. Je n'arriverai pas en assumer la responsabilité. Mais si tu pars, j'arriverai à vivre sans toi tout les jours à mes côtés. Je l'ai déjà fait, et je le referais. Mais je n'arriverai pas à vivre si je sais que tu ne reviendra pas. Alors quoi que tu fasses, que tu repartes ou pas, zone de guerre ou pas. Promet moi de revenir. Même si ça doit comme cette fois se jouer à un fil, tu dois me jurer que tu fera tout pour revenir à mes côtés. Parce que je t'aime, et que l'avenir sans te savoir sur le retour est inimaginable. Si tu ne revenais pas, c'est moi qui partirai. »

Martin avait les larmes aux yeux, Yann ne lui avait jamais dit les mots « je t'aime », il les gardait pour les grandes occasions, les grands discours. Il ne se dévoilait jamais même si Martin ne doutait jamais de la véracité de ses sentiments. Il s'assit sur le lit et se rapprocha de son amant, il passa la main derrière sa nuque, et le tira vers lui, collant leur front, leur souffle était si proche que Martin mourrait d'envie d'embrasser une nouvelle fois son patron, mais il résista à ses pulsions prit une grand inspiration

« Je t'aime aussi, et je te le promet, te le jure, je ferais toujours tout pour te revenir » Sur ses mots il termina la conversation en capturant les lèvres de celui à qui il devait tant, professionnellement et personnellement. Il enfouit son visage dans le cou de Yann, le parfum qu'il avait pu sentir durant ses semaines de coma emplit ses narines. Et c'est ce moment que le médecin choisit pour rentrer dans leur chambre, interrompant leur moment intime, pour leur annoncer que Martin était libre de rentrer chez lui. Chez eux. Ils prirent alors le chemin de leur vie à deux. Une vie qui serait faite de séparations, mais Martin l'avait promis, il reviendra toujous vers Yann.

Diiiiieeeeu que c'est niait …. Bon tant pis, il n'y aucune émotion dedans mais j'aurais essayé ! Si ça vous a un peu ému dites le moi ! Sur twitter pour la Q army ou en reviews pour les autres. This is the end. Je réécrirais surement mais cela dépend de l'accueil que recevra cette fin. ( Encore une fois désolée pour les fautes ! L'écran est tout pitit ( la bonne excuse haha) et mes yeux inattentifs.) Merci beaucoup à Isa et Océane qui m'ont encouragé à écrire, keur sur vous !