Bonne lecture !
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Chapitre 7 – Et le bal fut (presque)
- Dragooooooo ?
Ce dernier m'offrit un regard noir terrifiant alors que je m'approchais de lui, moue suppliante aux lèvres.
- Quoi ? déclara-t-il sèchement.
Sourcil haussé, je m'immobilisais et lui adressais un regard mauvais.
- On peut dire que ces quelques semaines loin de moi ne t'ont pas appris à mieux parler aux gens. Enfin, passons outre. Avec qui vas-tu au bal de Noël ?
Drago eut alors la plus belle des grimaces qui soient.
- Pansy Parkinson.
Stupéfaite, mes yeux s'écarquillèrent.
- Pardon ?
- Ne me fais pas le répéter, grommela Drago d'un air gêné.
- Non mais OH MERLIN quoi ! Pansy Parkinson ! Mais pourquoi ?
- Parce qu'elle m'a demandé ?
- Et tu n'aurais pas pu refuser ?
- Pour y aller tout seul ?
- Et moi, Drago ? ET MOI ? Je vaux quand même mieux que Pansy non ?
- Au moins Pansy n'a pas une réputation de péripatéticienne.
…
…
Vexée au-delà des mots, je me détournais de lui en m'exclamant :
- Puisses-tu mourir étranglé par la salive du sale bouledogue !
Et, avec tout cela, je n'avais toujours aucun cavalier. Juste une insulte en plus – de la part de Drago, en plus ! Quel goujat ! Quand est-ce que les gens allaient se lasser de cette rumeur, hein ?
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- Blaise, amour de ma vie ?
- Non, Éléonore, je n'irais pas au bal avec toi.
- Mais pourquoiiii ?
- Parce que Daphné m'a déjà demandé.
- Roh mais zut à la fin !
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- Théodore, prince de mes nuits ?
- Non. Millicent.
- Tu es sérieux ? Tu me rejettes pour Millicent ? Mais allez au diable tout ce que vous en êtes !
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Bon. Ainsi, j'allais donc aller au bal de Noël avec moi-même. C'était désespérant. Même Ginny et Neville y allaient – ensemble, certes, mais ensembles justement ! Argh. Peut-être que je ferais mieux de rester dans mon dortoir, cette nuit-là ? Ou alors… Ou alors je faisais foirer tout le plan Hermione Granger et je séquestrai Krum jusqu'au soir du bal où il sera alors obligé d'y aller avec moi. Chance de réussite de ce plan ?
Aucune.
Très bien. C'était décidé. Pas de bal de Noël pour la poulette que j'étais.
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Mes amouuuuurs ,
Je vous souhaite un très, très, très joyeux Noël à tous. J'espère que vous allez formidablement bien et qu'une belle dinde de Noël trône sur la table de la salle à manger. Je vous envoie vos cadeaux par les hiboux de l'école, ma pauvre chouette ne supportera pas le trajet Angleterre-Italie avec trop de paquets en mains. J'ai tellement hâte de vous revoir ! Encore un très joyeux Noël et pleins de gros bisous à tous,
Votre petite Ely qui vous aime très fort.
PS : Sniffle a été sage ? Si oui, une ration de bisous supplémentaires pour lui !
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- JOYEUX NOEEEEEEEEEEEEEEEL !
- Ta gueule Ely il est huit heures et demie !
-Mais… mais c'est Noël !
- CHUUUUUUUUUUT.
… Pff. Quels gros nuls, les Twins.
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Ollie, mon très cher Ollie d'amour,
JOYEUX NOEEEEEEEEEEEEEEEEEL !
Pleins de gros bisous,
Je t'aime très fort,
Ton Ely à toi.
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LA GAZETTE DES SORCIERS
Les potins de Skeeter
OLIVIER DUBOIS,
ÉTOILE MONTANTE DU QUIDDITCH BRITANNIQUE,
PÉDOPHILE ?
Alors que les cloches sonnent Noël, nous apprenons avec stupeur qu'Olivier Dubois, gardien de plus-en-plus apprécié et renommé de l'équipe de Flaquemare, vivrait une relation cachée avec une certaine « Ely ». D'après certaines sources qui souhaitent demeurer secrètes, cette Ely en question serait Éléonore Black-Wanders, en 4eme année à l'institut de sorcellerie Poudlard ! Cette jeune fille n'est autre que la progéniture de Regulus Black et Evelyn Wanders, tous deux décédés lors de la Guerre. On raconte que cette enfant est loin d'être fiable et sérieuse, qu'elle se traine même une certaine mauvaise réputation. Ainsi, non seulement Dubois penche-t-il pour une enfant, mais en plus a-t-il des affinités avec des mauvaises filles. Voilà qui ruine légèrement l'image du parfait gendre que cultivaient nos chères lectrices, n'est-ce pas ? Allez, Dubois, ne t'inquiète pas, il est toujours temps de rattraper ces bévues ! Quant à la petite B-W, il semblerait que son cas ne soit plus rattrapable. Quelle tristesse, pour une enfant !
Rita Skeeter
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ÉLÉONORE BLACK-WANDERS TU AS CINQ SECONDES POUR M'EXPLIQUER LE POURQUOI DU COMMENT DE CET ARTICLE DE SKEETER !
Et Joyeux Noël.
Sniffle.
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Pitié. Merlin, quelqu'un, tuez-moi. Je n'en ai pas assez subi, peut-être ? Poudlard ne suffisait pas ? Il fallait réellement que je me traine une mauvaise réputation dans l'Angleterre entière ? Et, pour l'amour de Merlin, quand est-ce qu'ils allaient cesser de faire de moi la fille de Regulus ! C'était inadmissible. En tout cas, Skeeter m'offrait là un fabuleux cadeau de Noël. Vraiment, fabuleux.
Les moqueries résonnaient dans la Grande Salle en permanence depuis une longue demi-heure. Même Drago m'avait adressé un clin d'œil, comme pour me rappeler les paroles qu'il avait eu et que tout le monde, finalement, pensait. Dégoutant.
J'avais quatorze ans. Quatorze ans, et le malheur d'avoir des amis plus âgés. Argh. Laissez-moi tous les tuer. Par pitié.
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Chère mademoiselle Skeeter, vieille fille jusqu'à la fin des temps, cafard de la pire espèce,
J'espère que vous prenez du plaisir à briser la vie des gens, ça doit être si dur de les voir heureux quand vous n'êtes rien. C'est dur, la jalousie, pas vrai ?
Milles baisers de Noël,
Éléonore B-W.
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Ely,
Désolée, mon courrier a été intercepté en ces fêtes de Noël. Toujours à l'affut de potins et de ragots. J'ai porté plainte contre le journal. On devrait avoir des excuses publiques. Je suis certaine que cela n'a rien du arranger à Poudlard. J'espère en tout cas que ces crétins de Weasley sont revenus en rampant à tes pieds pour se faire pardonner – les autres, on s'en fiche un peu, non ?
Allez, sois forte, et sache que je serais toujours avec toi,
Pleins de bisous, et un très joyeux Noël,
Olivier.
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Olivier avait raison, après tout. Les autres crétins, on s'en fichait. Enfin, toujours était-il que je me retrouvais tristement habillée en pyjama dans mon dortoir alors que toutes les filles autour de moi hurlaient pour avoir la salle de bain. C'était ça, de ne pas se souvenir à temps qu'on a un bal de Noël – qu'on me tue, quand même. Mais, de toute manière, j'étais sure de ne pas aimer ça. Et puis, je n'avais pas de robes à me mettre.
Pleine de mauvaise foi, moi ? Noooon.
Bâillant avec lassitude, je me dirigeai vers la fenêtre pour observer le parc illuminé de pleins de lampions magnifiques, qui oscillaient entre toutes les couleurs du spectre lumineux. J'eu un petit sourire d'enfant ravi avant de me pousser brusquement avec un cri d'horreur en voyant une chouette foncer vers moi. A peine eu-je le temps de me décaler que la chouette s'effondra sur mon lit avec, attaché à ses pattes, une petite boite.
Je haussai les sourcils et me rapprochai rapidement de la petite bestiole, tentant de faire abstraction des cris intrigués de Lavande et Parvati. Je détachai la boite et, suspicieuse, la secouai un instant – je fus surprise de n'entendre aucun bruit. Je résistais de peu à l'envie de la jeter ou de l'ensorceler pour m'assurer qu'il n'y avait rien de dangereux, lorsque Parvati s'exclama avec un petit soupir d'amoureuse transie :
- Regarde ! Ce petit mot sur sa patte ! C'est d'un prince charmant !
Aussitôt, je lâchai la boite sur mes genoux et saisi le petit parchemin plié en quatre, six, dix-huit…vingt-quatre morceaux pour le lire avec attention.
J'attends la plus belle des princesses dans sa prison dorée dans une quinzaine de minutes – en espérant que l'humble cadeau qui lui aura été fait saura la satisfaire,
Milles baisers sur la main,
Ton prince George, qui espère sérieusement que jamais la princesse n'aura imaginé demeurer seule dans sa tour alors que la cour se réunit des étages plus bas !
Stupéfaite, je mis un moment à réaliser ce qui était écrit, et ce ne fut que lorsque Lavande me l'arracha des mains pour le lire que j'éclatais de rire. C'était n'importe quoi ! Cependant, je n'eus pas le temps d'y penser plus longuement, Lavande m'obligea presque violemment à ouvrir la petite boite. Je le fis alors, défaisant les petites ficelles qui la maintenaient fermée, et eu un haussement de sourcil dubitatif en voyant une boite qui semblait sans fond. Suspicieuse, je mis la main dedans et hoquetai en sentant un tissu sous mes doigts. Je tirais alors lentement et précautionneusement le bout de tissus et demeurais bouche bée en voyant la robe qui en sortait.
Une magnifique robe bustier, rouge et blanche, faite de tissus vaporeux, se tenait entre mes doigts. Toutes les filles eurent des exclamations de surprise et Lavande s'empressa de me féliciter et de vanter les qualités gustatives de George – même si je pensais fortement qu'il fut aidé par Déborah. Im-po-ssible autrement. Parce que la robe… La robe était vraiment magnifique. Le rouge et le blanc ne pouvaient que ressortir très bien sur ma peau hâlée, ça ne jurait pas avec mes cheveux bruns ni avec mes yeux marrons. Ça allait juste être parfait. Une véritable princesse Gryffondor. Les yeux brillants devant l'attention de George – et je ne pus m'empêcher de me demander si les recherches dans les livres de sortilèges étaient pour rendre la petite boite extensible à l'infini – je levai des prunelles hésitantes vers les autres filles devant moi. Et bien qu'on ne se soit jamais parlé plus que cela, l'esprit de Noël et du Bal faisant des miracles, il ne se passa que quelques secondes avant qu'un grand sourire occupe le visage de Lavande.
- On va s'occuper de toi, Ely.
Et je ne sais pas si cette phrase me fit plus peur ou plaisir.
