7.

L'œil aiguisé, ayant retrouvé tous ses instincts de guerrier, Warius observait le duel entre deux cuirassés qui n'auraient jamais dû s'affronter !

- Le Sanguinaire ne retient rien. Et l'Arcadia retient tout…

- Comme s'il pouvait en être autrement, remarqua Marina. Albator doit se battre comme un lion contre son lionceau auquel il ne peut faire aucun mal !

- Je t'avoue que je n'ai aucune idée de comment il peut s'en sortir et réaliser ce miracle ! Car, qu'il l'emporte ou non, les cuirassés de Gamalthine sont là à seulement quelques galactoencablures. Et je ne peux encore révéler ma force de défense. Albator est seul. Pourquoi donc mes balafrés préférés passent-ils par de tels affres et épreuves ?

- Un karma de toute horreur, convient Marina.

- Ils tiraillent à fond, subissent de sacrés dégâts, gronda Warius. Je ne vois vraiment pas comment mes amis peuvent s'en sortir, se retrouver un jour… Si je m'écoutais, je foncerais droit devant !

- Tu le peux…

- Mais je n'ai que l'accord officieux de l'état-major, je dois demeurer en retrait de cet horrible confrontation.

- Tu y arriveras ? interrogea Marina.

- Non, c'est impossible. Et mon Karyu, bien qu'entièrement automatisé, est aussi redoutable que par le passé !

Dans son fauteuil, Warius continua néanmoins d'observer et d'analyser la situation sous tous ses angles !


- Lâchez tous nos missiles, droit sur l'Arcadia ! rugit Alérian. Il faut l'éventrer, l'anéantir !

Mykèle observa ses écrans, pianotant follement sur ses claviers d'ordres.

- L'Arcadia résiste, il nous évite même, il va s'en sortir si nous ne dévoilons pas notre arme ultime !

- Bien, allons-y, faisons sortir la Lance !

La Mécanoïde se réjouit, se frotta les mains.

- Et c'est parti, commandant !

De la proue du cuirassé en forme de fusée, sortit une sorte de harpon marin antique, mais qui projeta un rai d'énergie vers sa cible, soit le cuirassé vert battant pavillon Pirate !


Toshiro glapit, alors que les sirènes d'alarme s'étaient déclenchées, vrillant les oreilles de tous.

- On est salement touché, Albator ! hurla quasiment l'Ame de l'Arcadia. Si tu laisses ton petit continuer, on va y rester ! Mets toute la gomme, c'est un ordre !

- Je ne peux pas. Si seulement je trouvais la faille, le moyen de le ramener à la raison ! ?

- Réagis, capitaine, insista Yattaran depuis sa position. Sinon, tu ne trouveras rien, nous allons y rester !

- Je suis désolée, mais il faut affronter, vraiment, le Sanguinaire ! ajouta Rei Yuki.

- Alors, vous savez tous, pour ce rapport confidentiel ? se désola leur capitaine borgne et balafré.

Rei se tourna vers son capitaine.

- Nous savons observer. Et nous avons eu tout eu accès aux détails des combats galactiques du commandant Rheindenbach ! Nous savons aussi tirer les conclusions des atomisations sans concession des défenses qui ont tenté de s'opposer à la progression de cette force de frappe !

- C'est Alie ? jeta Yattaran, moins sur le ton de la question que sur celle de l'affirmation.

- Et tu ne peux pas, capitaine… conclut Rei.

Recevant un message dans son oreillette, Albator se ressaisit.

- On cède le pas aux troupes de Warius ! Repli !

Et contrairement à toutes ses habitudes, sa réputation, l'Arcadia battit en retraite !


- Tu es venu avec ton Karyu. Mais, amiral, à quoi joues-tu ? se récria Albator.

- J'ai beau être un bureaucrate, je demeure un soldat avant tout ! Et j'ai à être en première ligne, si l'occasion se présente. Ma République subit la pire menace depuis les Erguls. Je devais être là… Et puis…

- Quoi encore ? aboya Albator en ne proposant pas un verre de red bourbon à celui qui était venu le rejoindre sur son cuirassé vert aux ailerons touchés de rouge.

- C'est compliqué…

- Et moi, j'attends une réponse ! glapit le grand Pirate balafré.

- Zunia m'a contacté.

- Impossible !

- Si ! Je peux parler ?

- Oui, pria Albator, entre espoir et désespoir.