Et voila l'avant dernier chapitre (vous avez vu à quel point je l'ai posté à l'heure pour une fois ! C'est presque en avance à ce niveau :p Et vous allez voir, en plus de ma ponctualité, j'ai même pas oublié les remerciements !) !

Merci à nana et adenoide pour leurs review anonymes et à tous ceux qui ont mit cette fiction en favoris, ça fait plaisir et ça ramène du lectorat, continuez :)

Bonne lecture !

Yume la pitite chaussette cannibale u_u


Chapitre 7 :

Yvain et Teddy attendaient devant la porte du bureau depuis seulement quelques minutes quand elle s'ouvrit brutalement sur leur professeur de botanique, apparemment étouffant de rage. Regardant derrière lui d'un air rageur, il hurla presque :

-C'est hors de question que tu repartes où que ce soit ! J'espère que t'as bien entendu, parce qu'il y en a marre de tes escapades !

-Monsieur Londubat vous...

-J'en ai rien à foutre Minerva ! Je contacte Malfoy sur le champ, et si t'es plus là à mon retour, Harry, je te jure sur mon honneur que tu regretteras le temps de Voldemort !

Il passa devant les deux adolescents sans leur jeter le moindre regard et descendit furieusement les escaliers pour sortir.

Les deux amis se jetèrent un regard avant que la voix de la directrice ne s'élève (la porte n'étant pas fermée, ils purent parfaitement entendre) pour murmurer :

-Quelle est cette histoire, miss Lovegood ? Monsieur Potter va-t-il réellement... partir à nouveau ?

-Bien sûr madame, vous vous doutez bien que dix-sept ans d'absence ne peuvent être sans conséquences. Harry a des choses à faire.

-Mais j'ai tué Voldemort, non ?

-La manière dont tu l'as fait te convient vraiment, Harry ?

Harry Potter ne répondit pas, et le silence se prolongea un moment, le temps que les deux amis s'échangent un regard, puis la directrice reprit la parole, d'une voix un peu hésitante et tremblante :

-Je... Je crois que je voudrais rester seule un instant. Il ne va pas disparaître tout de suite, miss Lovegood, n'est-ce pas ?

-Bien sûr que non. Ici aussi Harry a quelque chose à faire.

-T... Très bien. Sortez dans ce cas. S'il vous plaît.

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Harry était assis, dos au mur, dans le parc de l'école à regarder le stade de Quidditch loin devant lui. Au dessus de lui s'élevait la tour d'astronomie, et à peu près à un mètre devant se trouvait l'emplacement où Dumbledore s'était écrasé, bien des années plus tôt... Bien que pour lui l'événement était encore très (trop) récent dans sa mémoire...

Il ne savait plus comment se comporter depuis que Luna avait déclaré qu'il allait bientôt « repartir », et c'est pour ça qu'il avait choisi de rester seul, confiant la jeune fille à Neville.

Où est-ce qu'il allait repartir, au juste ?

Dans le futur, encore ? Qu'est-ce qu'il manquera cette fois, la mort de qui ? Neville, Minerva, son propre fils ?... Malfoy ?

Sans savoir pourquoi, cette idée terrifia Harry.

Il ramena ses jambes contre son torse et les serra contre lui, les yeux perdus dans le vide et des frissons lui courant sur le dos. Il n'avait peut-être rien à gagner à partir, mais après tout, qu'y avait-il de si merveilleux à rester dans un monde complètement décalé avec lui, où Malfoy était vieux, où son fils avait grandi sans lui et où la guerre s'était finie sans qu'il ne puisse y assister ?

Est-ce qu'il existait un seul monde dans l'univers où il n'ait de comptes à rendre à personne et où il serait à sa place ? Plus le temps passait, plus Harry en doutait...

Il jeta un coup d'œil morne au ciel et grimaça : il allait sûrement bientôt pleuvoir.

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Quand Draco arriva à Poudlard, il ne suivit pas Londubat qui lui indiquait le bureau de la directrice, le laissant continuer seul sans se rendre compte que Draco partait du côté opposé.

Il connaissait Potter, il n'était certainement pas resté à l'intérieur, il avait dû s'isoler dans un coin. Soit vers le terrain de Quidditch, soit vers la tour d'astrologie. Sans un mot, il longea les murs de l'école jusqu'à le voir, au pied de la tour, face au terrain. Il était assis contre le mur, recroquevillé serait plus exact, et il avait l'air misérable.

Draco sourit.

-Redresse toi, Potter, où tu vas finir par bouffer l'herbe.

Potter tourna légèrement la tête sans se redresser, et lui accorda un regard vide. Draco, sans se vexer, vint le rejoindre et s'assit à ses côtés, fixant à son tour le terrain de Quidditch. Ils ne parlèrent pas pendant longtemps puis finalement, ce fut Harry qui prit la parole le premier :

-Je sais pas si je veux partir.

-J'ai cru comprendre que t'avais pas le choix.

-J'ai jamais le choix...

Draco ne dit rien. Il n'avait pas tord. Potter reprit la parole :

-Je te manquerais ?

-Qui ?

-Moi.

-À qui ?

-Malfoy, te fais pas plus con que tu ne l'es déjà.

-Non.

Potter rebaissa la tête, crispé.

-Tu ne me manqueras pas, Potter.

-J'avais compris la première fois, pas la peine de répéter !

Mais Draco tendit le bras, lui releva le menton et planta ses yeux argentés dans ceux du griffondor, reprenant la parole doucement :

-Tu ne me manques jamais, Potter, parce que je n'ai rien à regretter avec toi.

-Ce...

-Ou plutôt il faut que je m'arrange pour ne rien avoir à regretter.

Et Draco l'embrassa.

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Pour Harry, ce fut comme une explosion de sensations, sur ses lèvres, sur sa langue, sous ses mains, sur son torse... Tout semblait tourner autour de lui, comme si le haut et le bas n'avaient plus d'importance. Il sentit le contact de la terre et de l'herbe dans son dos et comprit que Malfoy venait de l'allonger sur le sol pour se mettre au-dessus (à moins que ce ne soit lui qui se soit allongé tout seul).

Malfoy lâcha soudain ses lèvres et Harry prit une soudaine inspiration. Mais le blond n'en avait pas fini, il embrassait son torse, sa gorge, son ventre, ses clavicules, passait sa langue sur sa peau, caressant ses mamelons de ses dents, faisant passer ses mains le long de ses flancs... et descendant, toujours plus bas, encore plus chaudement...

Harry étouffait presque, haletant sans savoir s'il devait se débattre ou rester complètement immobile et simplement profiter.

Est-ce ce que Draco avait ressentit la dernière fois ?

Un grondement sourd retentit soudain et Harry ouvrit les paupières, s'étonnant de voir flou malgré ses lunettes. Quelque chose d'humide coula de l'un de ses yeux et il comprit qu'ils étaient emplis de larmes... Alors qu'il sentait de plus en plus de sa peau se mettre à nue, il sentit les premières goûtes de pluie tomber sur son corps et referma les yeux.

Pour cette fois... Juste pour cette fois, il allait simplement profiter.

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Yvain était inquiet, un orage se préparait et ses pères n'étaient toujours pas rentrés au château. Confiant ses craintes à Teddy, celui-ci lui proposa d'aller les chercher en emportant un parapluie, et des capes chaudes au cas où ils seraient trempés.

Acceptant aussitôt, Yvain récupéra les capes et emprunta un parapluie à une jeune fille qui accepta avec des étoiles dans les yeux, ravie d'être utile à Yvain Potter-Malfoy, le plus bel élève de poufsouffle.

Yvain et Teddy sortirent donc du château et se mirent à la recherche des parents du plus jeune.

Le problème (parce que oui, il y avait toujours un problème), c'est qu'ils ne s'attendaient pas, mais alors pas du tout, à ce qu'ils allaient découvrir.

C'est ainsi que, rouges comme des écrevisses, ils se plaquèrent contre le mur derrière l'angle du château en voyant la position dans laquelle ils trouvèrent Harry et Draco, et ne surent pas le moins du monde comment réagir en entendant les premiers gémissements et les halètements qui retentissaient un peu trop près d'eux.

Il y a certaines choses qu'il n'est jamais assez tard pour découvrir, pour les enfants.

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Draco était installé entre les jambes de Potter, léchant le membre de tout son long en écoutant avec plaisir les bruits incontrôlables que lâchait son amant.

Longtemps, il avait rêvé de lui faire regretter son geste, mais après son départ, il avait mis tous ses sentiments pour Potter de côté, le désir tout comme leur haine habituelle. Mais une chose qui l'avait consumé pendant toute sa scolarité ne pouvait pas simplement être « mise de côté », et si l'amour est facilement négligeable pour un Malfoy tel que lui, ce n'était ni le cas du désir, ni celui de la colère, et Potter provoquait les deux chez lui.

Il griffa les hanches de Potter tout en le prenant entièrement en bouche, et le grognement de Potter, partageant certainement ces deux émotions, sembla bien plus satisfaisant que n'importe quel autre bruit à un moment pareil, et Malfoy continua son traitement mi-tendre, mi-douloureux.

Il n'aimait pas Potter, à ce moment-là...

Ou alors, pas beaucoup.

Draco ferma les yeux et griffa encore plus, suçant plus violemment, faisant se cambrer et crier Potter dans ses bras, presque ondulant en rythme de ses griffures et ses mouvements.

Puis soudain, la crispation des muscles, la libération, le relâchement du corps sous lui.

Draco se redressa, s'essuyant les lèvres d'un mouvement gracieux du poignet, regardant avec satisfaction son amant tenter de reprendre son souffle, les yeux encore voilés par le plaisir clignant avec difficulté.

Il n'y eut pas un mot de plus, Draco embrassa juste ses lèvres tandis qu'il rattachait son pantalon, sa poitrine se levant et s'abaissant à un rythme rapide.

Le sang pur posa sa main sur sa gorge, autant pour écouter son cœur battre que pour l'aider à se redresser en position assise, et l'embrassa à nouveau, moins chastement cette fois.

-Pars pas trop vite non plus quand même, Potter, OK ?

Il n'était pas en état de répondre, mais Draco comprit tout de même sa réponse. Il sourit, un sourcil levé, et le redressa en le tira par le bras. Ils se dirigèrent vers l'entrée du château, Potter ne marchant pas vraiment droit et Draco se retenant d'éclater de rire tout en remontant la capuche de sa cape pour se protéger de la pluie...

Et ils virent Yvain et Ted, rouge brique, plaqués contre le mur. Les quatre se figèrent, se regardant, l'air embarrassé au possible. Ce fut finalement Yvain qui se reprit le plus vite et qui tendit son parapluie à Potter avec un petit sourire en coin.

-Et, heu, vous savez, on n'a rien vu...

Rien que cette phrase prouvait le contraire, mais bon, les deux parents firent mine de rien, autant que possible, et s'efforcèrent de croire encore à la discrétion dont rêvent tous les partenaires pris en flagrant délit...

.

Le silence s'était installé dans la chambre qu'ils partageaient à nouveau, Malfoy n'étant pas reparti à son manoir.

Appuyés dos à dos, les deux amants ne disaient rien tandis qu'Yvain s'était endormi sur le lit, la tête sur les genoux de Malfoy tandis que Luna, qui refusait de s'éloigner (elle avait mal supporté la séparation que Neville lui avait imposée), s'était assoupie entre les jambes de Harry, la tête sur son torse.

La main de Harry, le maintenant un peu droit, était enfouie sous les draps et couverte par celle de l'adulte. Il ne se concentrait que sur ce contact, et la chaleur de son dos, mais ne pouvait s'empêcher d'y penser.

À ses départs.

Le premier, tout d'abord, alors que Voldemort venait enfin de périr, que l'odeur du sang lui montait à la tête, que la douleur pulsait de partout dans son corps, qu'il avait des larmes plein la tête qui refusaient de couler par peur de la faiblesse...

Et le prochain, il ne savait quand, pour aller il ne savait où, dans le futur ou pour retourner à son époque... Mais à quel moment ? Au milieu du combat ? Après, quand il sera couvert de sang ? Avant, quand il était déprimé ? Et pour y faire quoi, à part recevoir les médailles ?

Affronter les regards des victimes, affronter les conséquences de la guerre. Il devait faire face aux résultats de cette guerre qui avait fait tant de dégâts... Allez voir les veufs et les orphelins restés à Poudlard, les consoler, leur dire que tout était enfin fini, essuyer les larmes sur leurs joues... Et retrouver tous ses amis, pleurer ceux qu'il a perdus, mettre dehors toutes les peines et les craintes qu'il emmagasine depuis bien trop longtemps maintenant...

La main sur la sienne se resserra soudain, et Malfoy s'appuya un peu plus contre lui, comme s'il avait compris à quoi il pensait.

Un petit sanglot échappa de sa gorge, et la main enserra complètement la sienne, la grande main d'adulte de Malfoy autour de la sienne, si ridiculement petite en comparaison.

Malfoy ne dit rien, parce qu'il n'y avait rien à dire et qu'il le savait. Donc Harry n'avait rien répondu au silence, et avait fermé les yeux.

Ils étaient restés longtemps comme ça, sans rien dire... Les larmes coincées dans la gorge, mais ne provoquant plus aucun sanglot pour ne pas réveiller les deux endormis.

Il ne fallait pas les réveiller.

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Ils se tenaient la main, mais sans savoir vraiment pourquoi. Draco était toujours en colère contre lui, pourtant, mais... Mais pas suffisamment pour ne pas profiter du temps qu'il leur restait à passer ensemble.

Potter allait mal, sûrement plus mal que lui malgré les airs forts qu'il se donnait. Draco pouvait encore parfaitement se rappeler de ces sentiments, après la dernière bataille et avant de découvrir qu'il était enceint… Le choc, l'incompréhension, la tension permanente et la difficulté de comprendre que tout était fini et qu'il n'avait plus besoin de garder sa baguette près de sa main et le poignard sous l'oreiller.

Rien de cela n'était facile à gérer, et si Draco avait plusieurs fois pensé à fuir dans un des pays où la guerre n'avait pas fait rage, pour voir des visages souriants et de la naïveté chez les jeunes gens… Mais à voir l'état de Potter en ce moment, qui vivait dans un monde où le peuple s'était remis des douleurs passées alors que lui n'en était pas encore sorti, ça n'était pas vraiment une option préférable à celle qu'il avait vécue.

Potter ne pleurait pas fort, en fait, mais ses sanglots faisaient rebondir son corps contre le dos de Draco qui ne pouvait les ignorer, ni se retourner vers lui pour le soutenir, tenant à garder Yvain et Loufoca endormis. Potter n'avait pas besoin d'un public pour admirer sa faiblesse, personne n'aimait être vu en train de pleurer.

Alors, la seule chose qu'il pouvait faire était de serrer la main dans la sienne et de la caresser doucement du pouce, cherchant à apaiser ses troubles et ses angoisses, à lui montrer son soutien, même s'il était vacillant, et même si Draco n'était pas encore sûr de lui concernant leur relation…

Et peu à peu, les sanglots se calmèrent et le poids dans son dos s'intensifia.

Potter s'était endormi.

Le lendemain fut un réveil difficile, mais Harry savait que Neville voudrait lui reparler après sa colère de la veille.

C'était ce qui l'avait motivé à se tirer du lit et rejoindre la Grande Salle, laissant Malfoy, Luna et Yvain endormis derrière lui. Mais une fois arrivé sur place, il dut se retenir de grimacer en voyant l'autre griffondor posté aux côtés du désormais professeur de botanique, tenant maladroitement sur ses jambes vacillantes.

Harry vint s'asseoir en face d'eux, en silence. Neville et Seamus fixaient Harry qui n'osait pas les regarder en face, les yeux vagabondant au-dessus de leurs têtes.

-Pourquoi tu devrais repartir ?

La question de Seamus claqua dans l'air, faisant frémir Harry.

-Je ne sais pas. Luna dit que c'est à cause de mon voyage, qu'il y a des conséquences. Ou qu'il en aura, plutôt...

-Et si nous on ne veut pas ?

Harry haussa les épaules, mal à l'aise.

-D'habitude, tu sais sortir des destins qu'on t'impose, t'es le Survivant merde !

Neville posa une main sur le bras de Seamus pour le calmer. Mais c'était trop tard, il en avait trop dit et Harry sentait la colère et la frustration monter en lui, sans qu'il ne tente de la retenir. Il se redressa et darda un regard noir sur son ancien camarade de dortoir.

-Vraiment ? Tu trouves vraiment que j'ai réussi à sortir des destins qu'on m'a imposés ?

Seamus écarquilla les yeux, surpris par sa réaction, mais Harry ne se laissa pas attendrir et continua :

-C'est sûr que j'ai parfaitement bien réussi à ne pas combattre Voldemort, à ne pas participer à la guerre et à ne pas réaliser la prophétie, ça se voit !

-Harry, ce n'est pas...

-Non Neville ! Je n'ai rien demandé de ce qu'il m'est arrivé, et ce n'est pas moi qui vais décider de ces putains de disparitions temporelles ! Si j'avais eu le choix, je ne serais pas parti il y a dix-sept ans, OK ? Si j'avais eu le choix, je n'aurais pas participé du tout à cette putain de guerre !

Il se tut, essoufflé, et la culpabilité brillant dans les yeux de son ami lui fit baisser les siens. Il déglutit, s'affaissant dans son siège, et tenta de se reprendre :

-Je n'aurais pas dû crier...

-T'inquiète Harry, le réconforta Neville en souriant. Crier n'est pas si mal, on est des griffondors après tout, on ne peut pas se comprendre autrement.

Harry lui fit un pauvre sourire et hocha la tête.

Heureusement, ils ne semblaient pas lui en vouloir, alors Harry se permit de leur pardonner.

Il avait besoin de ses amis en ce moment, il ne pouvait pas se permettre de se les mettre à dos à cause de sa propre angoisse.

.

Luna observait Draco avec un sourire tranquille, absolument pas troublée par le regard fixe que posait le Malfoy sur elle depuis que son fils était parti assister à ses cours de la journée. Ils s'étaient installés dans les confortables fauteuils dans le salon qu'on avait accordé à Potter à Poudlard et, balançant ses jambes tranquillement devant elle, elle se laissait faire, ses yeux dans le vague et sa tête se secouant au rythme d'une musique qu'elle semblait être la seule à entendre.

-Qu'est-ce que tu sais sur Harry ?

-C'est un griffondor, répondit-elle doucement.

-Loufoca, réponds à ma question. Qu'est-ce que tu sais sur cette histoire ?

-C'est l'éclair qui a choisi Harry. Il l'a choisi, l'a emmené là, le reprendra et le déposera à un autre moment.

-Mais quand ?

Elle haussa les épaules et laissa son regard s'évader au-dessus de Draco, s'égarant sur les tapisseries. Commençant à s'énerver, Draco lui saisit brutalement les épaules et la força à le regarder droit dans les yeux.

-Ça te tuerait d'être plus précise ?

Elle lui lança un grand sourire.

-Oh non, c'est bien plus dur de tuer quelqu'un, je te rassure.

Il montra les dents, mais, avant qu'il ne se remette à crier, elle posa une main tranquille sur son bras, l'observant avec plus de douceur, mais d'une manière toujours aussi lointaine.

-Ne t'inquiète pas Draco, l'éclair a déjà puni Harry, il n'a plus de raison de le faire souffrir à nouveau.

Draco la relâcha, ramenant ses bras vers lui pour les croiser sur ses cuisses et paraître moins hors de lui qu'il ne l'était en réalité.

L'"éclair", quoi que ce soit en réalité, ne voulait plus faire souffrir Harry, certes. Luna avait parlé de Harry, seulement de Harry, et pas d'Yvain ou de Draco. Mais comme d'habitude, on ne parlait pas des Malfoy, car les Malfoy n'avaient pas besoin d'être protégés, ils ne sont pas sensés souffrir, ni se sentir seuls.

Cet éclair dont elle parlait ne valait pas mieux que tous les sorciers qui s'étaient occupés d'eux après la guerre.

Qu'allait devenir son fils, après le second départ de son père ?

Harry prit des passages secrets et des couloirs vides pour rentrer jusqu'à la chambre, ne souhaitant croiser personne.

Ils avaient parlé toute la matinée, et Harry se sentait soulagé d'avoir pu discuter avec Seamus et Neville de ce qu'il ressentait au fond de lui, de ses craintes par rapport à ce qui allait se passer, mais aussi par rapport à la guerre, ces sentiments qu'il avait dû garder pour lui depuis qu'il était apparu à cette époque, et plus encore quand qu'il avait appris pour la prophétie...

Il avait envie de voir Malfoy maintenant, pas pour lui parler, il n'avait rien de spécial à lui dire après tout, mais au moins pouvoir le voir en face et se rendre compte de tout ce qui avait changé par cette conversation.

Pourtant, en y réfléchissant après coup, il n'y avait rien eut de spécial dans leur conversation, ils ne s'étaient rien dit de particulièrement marquant, et pourtant... Pourtant Harry avait put crier, avait put dire ce qu'il avait sur le coeur, et ça l'avait soulagé d'un poids beaucoup plus important qu'il ne pensait en porter.

Il arriva à l'appartement et croisa Luna qui ouvrait la porte à ce moment même.

-Bonjour Harry, je dois aller voir les nargoles quelque temps, je serais de retour avant le coucher des joncheruines. Amuse-toi bien !

Elle l'enlaça brusquement, le faisant sursauter, puis il la regarda s'éloigner sans comprendre un traître mot de ce qui venait de se dire. Il entra dans l'appartement pour voir Malfoy installé sur un des fauteuils, les jambes étendues sur le tapis épai, les yeux dans le vague.

Il ne manifesta pas tout de suite sa présence auprès du sang pur, l'observant de haut en bas avec un petit sourire aux lèvres.

Il était beau, il l'avait toujours été, mais à présent, cette beauté provoquait des choses nouvelles en lui, une envie bien plus forte et profonde qu'il n'en avait jamais ressentie avant, un désir puissant, mais beaucoup plus calme que le jour où ils l'avaient fait, dans les escaliers en haut d'une tour...

Malfoy ne l'avait pas remarqué, alors il s'approcha silencieusement jusqu'à lui, et n'hésita qu'un court instant avant de se pencher pour lui embrasser la joue.

Le sang pur sursauta et se tourna vers lui, surpris. Harry lui sourit timidement.

-Potter...

Il lui donna un instant l'impression de vouloir dire quelque chose, mais il sembla voir quelque chose dans le regard de Harry qui lui plut, car ses yeux brillèrent et il tendit une main silencieuse vers Harry sans rien ajouter. Il la saisit doucement, se laissant tirer jusqu'aux genoux de Malfoy où il s'installa à cheval.

Ils s'observèrent longtemps sans bouger, les yeux dans les yeux, ne cherchant pas tout de suite à s'embrasser ou à se caresser, restant juste là à mélanger leurs souffles, s'observant comme si toute la compréhension du monde et de leur relation se lisait soudain dans les yeux de l'autre. Puis, brisant le silence, il prit la parole :

-Tu t'en sortiras Potter, tu sais ça ? Tu t'en sors toujours...

-Peut-être...

-Non, c'est sûr. Tu t'en sortiras, mais nous, à ton avis ? Yvain et moi ?

-Vous aussi, vous vous en sortirez... T'es un Malfoy, tu vas forcément t'en sortir.

-J'ai arrêté de prétendre que "un Malfoy n'a jamais de problèmes" depuis que mon père s'est fait emprisonner, tu sais...

-Tu n'es pas ton père.

-C'est sûr...

Sa voix était amère, presque comme s'il le regrettait.

-C'est ce que tu aurais voulu ?

-C'était un mangemort, Potter. Et certainement, un très mauvais père et une vraie enflure, je te l'accorde. Mais il avait de la poigne, il a géré l'empire économique et politique de ma famille bien mieux que tout ce que j'ai pu tenter de faire après sa mort...

-Tu as eu du mal ?

-Beaucoup de mal.

-Tu t'es senti seul ?

Malfoy ne répondit pas tout de suite, mais fini par hocher la tête.

-Mais même si j'avais été là, je n'aurais pas su t'aider beaucoup, ni en politique, ni en économie...

-Tu ne m'apprends rien, Potter, tu as été élevé par des moldus après tout, qu'aurais-tu pu faire ?

Harry fit la moue, mais le laissa reprendre la parole sans le reprendre.

-Mais tu m'aurais soutenu... Tu aurais été à mes côtés, et Yvain aurait eu besoin de toi. Tu aurais été un meilleur père que je ne l'ai jamais été...

-Tu racontes n'importe quoi... Yvain a été bien élevé, c'est un très gentil garçon.

Malfoy ne dit rien, Harry l'avait déjà dit, et Malfoy n'avait rien à rajouter dessus, apparemment, alors il ne rajouta rien.

Et comme le silence se prolongeait, Harry décida de l'embrasser. Malfoy lui rendit son baiser, lui caressant doucement le dos. Il n'y avait pas beaucoup de place, sur le fauteuil, et même s'ils pouvaient y tenir, ils ne pouvaient pas y bouger aisément. Et comme si Malfoy s'était fait la même réflexion, il passa ses mains sous ses cuisses comme il put, gêné par les accoudoirs, et le souleva. Harry entoura ses épaules de ses bras, sa joue reposant sur les cheveux de Malfoy, et se laissa transporté jusqu'à la chambre que Malfoy ouvrit et ferma derrière eux par magie sans baguette, utilisant simplement sa voix.

Il le laissa tomber sur le lit, pas forcément avec le plus de douceur possible, mais Harry ne risquait pas de lui reprocher. Il le laissa le surplomber, le déshabiller et il le déshabilla lui aussi, même si Malfoy grognait quand il le gênait dans ses caresses.

Harry avait conscience qu'il serait en dessous, cette fois, et ça ne le gênait pas. Il trouvait même ça logique, Malfoy avait besoin de prendre le contrôle, au moins ici, il avait besoin de soumettre Harry à sa volonté, de le manipuler sous ses mains, de prendre les rênes de leur relation. Il en avait besoin pour le pardonner et pour avancer.

Alors Harry le laissait faire, il s'offrait à lui, il le rassurait et se rassurait lui-même par cet abandon, parce qu'il avait besoin de sentir que Malfoy était inquiet, qu'il tenait à lui, qu'il avait besoin de lui.

Ils s'embrassèrent quelques fois, mais assez peu : ils n'étaient pas dans une relation à baisers, leurs contacts se faisaient avec les mains, avec leurs souffles, avec leurs mots, comme ça avait toujours été le cas. Ils se caressaient avec la même passion qu'ils se frappaient autrefois, avec peu de précautions, peu de tendresse, mais une recherche permanente de contact, de réactions chez l'autre.

Car il fallait le faire réagir, toujours, en permanence, ils ne pouvaient vivre sans. Ils le faisaient déjà durant leur scolarité en se battant, ils devaient toujours le faire dans ce lit, et ils le feront sûrement encore, dans une forme différente peut-être, quand ils se retrouveront la prochaine fois.

Malfoy se pencha, caressa sa joue de ses lèvres et pénétra le premier doigt dans l'intimité de Harry. La préparation fut lente et attentive, Harry tentait de lui rendre ses attentions en s'occupant du membre de son amant, mais il peinait à garder contenance, emporté par les sensations qu'il n'avait jamais connues auparavant.

Puis Malfoy lui souleva les hanches pour le pénétrer et Harry grinça des dents tant la douleur était forte. Il avait été préparé, pourtant, il n'imaginait même pas ce que Malfoy avait dû subir quand il l'avait pris sans précaution la dernière fois...

Mais, à peine eurent-ils commencé à bouger l'un dans l'autre qu'une sorte de grondement fit trembler leur chambre, faisant s'immobiliser le blond.

-Continue, ordonna Harry.

Malfoy ne pouvait rien voir d'autre que le lit et Harry, alors il reprit ses mouvements et Harry s'accrocha à sa nuque et à ses cheveux, l'empêchant de redresser la tête et de voir que, au-dessus de lui, le plafond de la chambre ressemblait à celui de la Grande Salle les jours d'orage, couvert de nuages noirs et parcouru d'éclairs d'abord légers, mais devenant de plus en plus visibles au fur et à mesure de l'augmentation de leurs plaisirs.

Harry avait compris ce qu'il se passait, ce ciel, il s'en rappelait parfaitement, comme si c'était hier. Il ne l'avait vu qu'une seule fois, pourtant, que durant un très court instant, mais il s'en souvenait parfaitement, de ce ciel qu'il voyait à travers ses mains couvertes du sang de Voldemort.

Il avait du mal à se concentrer sur son corps et celui de Malfoy, et les larmes qui envahirent ses yeux n'avaient rien à voir ni avec la douleur, ni avec le plaisir.

Les éclairs, il l'avait compris, allaient le faire repartir, il ne savait pour où ni pour quand, mais il allait devoir quitter Malfoy, et ça il ne le voulait pas.

Alors il s'accrocha plus fermement encore à lui, il l'accueillit au plus profondément qu'il put, s'appliqua à être le plus agréable possible pour lui, pour ses derniers moments, pour qu'il ne l'oublie pas une fois qu'il ne serait plus là.

Et Malfoy jouit en lui, dans un grognement rauque qui l'aurait amusé normalement, mais qui ne le fit pas rire cette fois. Parce qu'au moment même où il le sentait le remplir à l'intérieur, la peau de son front crépita, l'éclair fendit l'air et le frappa violemment.

Il sentit son corps se vider de Malfoy, sa tête lui faire mal comme jamais, et soudain, sentit une profonde chaleur l'envahir à nouveau.