David ne marchait pas vite exprès, il n'était pas prêt à voir son partenaire dans un lit d'hôpital, il ne l'avait jamais vu avant et ne voulait pas maintenant le voir, Colby n'allait jamais à l'hôpital, pour la simple raison qu'il détestait ça, il y avait vu trop de chose et y avait passé trop de temps enfant et après tout, qui aime les hôpitaux ?

Gabriel se tenait derrière lui, ne le pressant pas, parce que lui aussi n'avait aucune envie de voir son père comme ça, il l'avait déjà vu blessé, cela faisait partie de son métier, mais depuis dix ans il ne l'avait pas vu une seule fois à l'hôpital.

Mais malgré leurs rythmes lent, ils se retrouvèrent devant la chambre vitrée où se trouvait son père, Gabriel s'arrêta en le voyant, sous les tuyaux, différents fils et les bandages qui recouvrait son père, on le distinguait à peine, il semblait tellement différent de l'homme fort qui passait ses journée à ses côtés, il posa une main sur la vitre comme si il pouvait le toucher, il savait qu'il pouvait entrer mais pour l'instant il n'y arrivais pas, il ne voulait pas, et si jamais c'était le dernier souvenir qui lui restait de son Papa, et si jamais ?

David voyait bien son hésitation et il la comprenait, lui non plus n'était pas sûr de pouvoir entrer dans cette chambre, il se demanda quelques instants si tout ça n'était pas un cauchemar, si il ne se réveillerait pas en se disant que c'était vraiment un rêve stupide, mais apparemment tout ça était bien réel.

-Si tu ne veux pas rentrer c'est normal, je suis sûr qu'il comprendra.

Gabriel secoua la tête, inspirant profondément avant de parler, maintenant dès qu'il ouvrait la bouche il avait l'impression qu'il allait éclater en sanglot.

-J'ai juste besoin d'un peu de temps, seul s'il te plait.

David hocha la tête déposa sa main sur l'épaule de son filleul avant de s'éloigner.

Gabriel ne bougea pas, toujours pas prêt à rentrer dans cette chambre, il observa son père, il aurait bien aimé pouvoir écouté David et ne jamais rentrer ici, mais il savait qu'il n'avait pas le droit de faire a à son père, après tous les sacrifices qu'il avait fait pour lui, il ne pouvait pas l'abandonner, se serait lâche et injuste, il lui devait bien ça.

Il inspira profondément une nouvelle fois, avant de pousser la porte et d'entrer dans la chambre, la première chose qui le frappa est l'odeur d'antiseptique, il fit une grimace de dégout puis s'approcha de son père et s'assit sur la chaise à côté de son lit.

Avant tout autre chose il l'observa, torse nu, et la couette au niveau de la taille on voyait clairement les bandages qui recouvraient quasiment tout son torse, Gabriel passa une main dessus les frôlant à peine, et ce geste lui rappela un souvenir lointain , ça devait être à l'anniversaire de ses 8 ans, son papa travaillait ce jour-là et lorsque le soir il était rentré sans réfléchir il lui avait sauté dans les bras, mais au lieu de répondre au câlin, son père avait grogné de douleur, aussitôt paniqué il s'était éloigné de l'étreinte protectrice pour observer son papa, qui le rassura en disant que c'était rien, mais curieux il avait soulevé son tee-shirt et avait pu voir le bandage protégeant ses côtes blessés, délicatement il avait passé ses doigts d'enfant dessus et avec un sourire innocent lui avait demandé si ça faisait très mal.

Mais aujourd'hui il n'était plus se petit garçon de huit ans qui pensait que son papa était invincible, aujourd'hui il avait seize ans et savait très bien que son père n'était pas invincible et qu'il pourrait mourir de ses blessures, il lui attrapa la main et posa sa tête sur leurs mains liées, ce mettant à pleurer une nouvelle fois, il avait l'impression qu'il ne pourrait jamais s'arrêter.

David à l'extérieur avait observait toute la scène il n'était pas vraiment partit quand Gaby lui avait demandé, il n'était pas question de le laisser seul, et en le voyant pleurer de désespoir comme ça il sentit les larmes coulaient sur ses joues, il ne chercha pas à les essuyer et à la place eut une prière silencieuse pour son partenaire, il fallait qu'il se réveille au plus vite, c'était tout ce qu'il pouvait espérer.

Il entra dans la chambre au bout de quelques instants décidant que Gabriel n'avait pas à être seul à souffrir, délicatement il posa une main sur son épaule montrant son soutien mais aussi une douleur partagée.