Jour 6 – Baver
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— Tetsuya, tu as encore bavé sur moi.
— Non ce n'est pas vrai.
— Je te dis que si, c'est tous les matins que je retrouve une petite flaque sur mon ventre.
— Non Sei-kun c'est impossible, je ne bave pas.
— Comment ça ? Tu serais le seul être humain à ne pas produire de salive ?
— Oui, tout à fait.
— Tu es d'une mauvaise foi incroyable.
— C'est Nigou, pas moi.
— Ne mets pas tout sur le compte de ton chien, en plus il ne dort pas avec nous.
— Oui, c'est à cause de toi, tu ne veux pas qu'il vienne sur le lit la nuit.
— Alors tu vois, tu te contredis tout seul. Ca ne peut être que toi.
— Tu dois beaucoup transpirer, qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
Akashi en perdit sa répartie. Il regardait son chéri les yeux sans expression, noyé dans le néant de sa malhonnêteté. Il le savait parfaitement en plus que c'était lui qui bavait allégrement sur son ventre, le prenant pour un oreiller confortable. Seulement en matière de stoïcisme, le garçon discret le battait à plat de couture. Il pouvait faire avaler à n'importe qui grâce à son flegme inébranlable la plus grosse des couleuvres.
— Ce n'est pas grave, avoue c'est tout, reprit l'héritier.
— Je n'ai rien à avouer puisque je te dis que ce n'est pas moi, il n'y a rien à ajouter.
— Bien, nous allons faire une expérience, ce soir nous dormirons chacun de notre côté et je verrai au petit matin si j'ai raison ou non. Enfin plus si tu as tort ou non.
— Ca revient au même Sei-kun ce que tu viens de dire.
— Non parce que dans ce cas, c'est toi qui es la cause de ce débat stérile. Et j'ai raison. Parce que j'ai toujours raison.
— Tu n'as pas toujours raison puisque là tu as tort.
Et voilà, c'était reparti pour un tour… Des discussions à n'en plus finir sur qui avait raison ou tort, en sachant que personne ne voulait lâcher l'affaire. Plus qu'une histoire de bave était en jeu, en réalité ce n'était qu'un prétexte à de petites joutes verbales sans conséquence, parce que Kuroko détestait avoir tort, étant d'une mauvaise foi inouïe.
