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Huit ans plus tard

Dans une rue pleine de commerce, une tignasse rousse apparaît au loin. Mon cœur bat la chamade pendant que des souvenirs anciens reviennent à ma conscience. Je me dirige vers lui, son regard bleu profond ayant croisé puis accroché le mien. Le visage sourit, Ron, après tout ce temps... Nous sommes à deux pas l'un de l'autre, assez proche pour que je me rende compte qu'une blonde à l'air douce et inoffensive le suit. Elle tient deux petites mains d'enfants dans les siennes. Le choc est tel que je ne sais comment réagir :

- « Adélaïde ! Ça fait une éternité ! »

Il me fait une bise, me présente sa femme, ainsi que ses deux fils. De près, en la détaillant, je constate son ventre rond qui présage un troisième enfant. Les formules de politesses fusent, nous n'avons pas le temps de discuter, ils doivent partir. Ron me prend la main et prolonge se contact un instant de trop avant de s'éloigner. Déjà parti, déjà loin, pourtant contre ma paume, je sens le contact du papier. Lorsque j'ouvre la main, j'y trouve un morceau de feuille froissée. Quand a-t-il eu le temps ? Une seule phrase : « Retrouve-moi vendredi à 21h au Bar Magique. »

Toujours immobile dans la grande rue, je reprends mes esprits. De quoi peut-il bien vouloir me parler, après tant d'années ?

A la fin de la semaine, il est l'heure de me rendre au rendez-vous. Je suis pleine d'appréhension. J'hésite dans le choix des vêtements. Je mets une robe rouge, puis l'enlève. Trop décolletée. Une robe bleue, puis l'enlève. Trop courte. Une robe noire, sexy, certainement beaucoup trop sexy pour aller retrouver un ancien amant dans un bar. Je porte les talons noir assortis et prend même le temps de me maquiller avant de sortir de l'immense appartement qui m'abrite.

L'établissement est rustique, mais coquet, tout de rouge et de bois. À gauche dans un coin, il est là, attablé devant une boisson. Je me dirige vers lui, sans rien ressentir, je suis comme anesthésiée par l'anxiété. Comment cela se passera-t-il ? L'aimerai-je encore ? Aurons-nous des choses à nous dire ? Son regard me croise, il me sourit, se lève, nous nous saluons avant que je m'installe face à lui. Je me demande ce qui m'a pris de venir à ce rendez-vous.

Nous restons silencieux face à face pendant un moment, jusqu'à ce que Ron ait l'idée de me demander ce que je voudrais boire. Je l'observe pendant que la serveuse prend la commande, puis qu'elle revient apporter la boisson. Il est toujours roux, et il est devenu encore plus bel homme. Je constate qu'il n'est plus l'adolescent auquel j'avais à faire lorsque nous avions passé cet été ensemble. Il est devenu plus grand, plus fort, son corps est volumineux et dégage une certaine virilité. Il semble avoir gagné en confiance en lui ce qui ajoute à son charme. Je me rends compte alors de ma double erreur : il me plaît encore. Il me sourit, pas de ces timides sourires auxquels j'étais habituée, mais un sourire enchanteur. La guerre lui a laissé quelques cicatrices visibles, une sur l'avant-bras, une dans le bas du cou. Curieusement, je trouve que cela le rend encore plus attirant. Il n'est pas comme mon mari, élégant et fin, mais plus rude, plus brut. Au bout d'un temps infini, il commence :

- J'ai rencontré Lavande il y a quatre ans, mais je ne t'ai jamais oubliée. Harry sera ravi d'avoir de tes nouvelles. Maintenant que tout est fini, on peut enfin avoir une vie normale. Il a retrouvé Hermione et son enfant. Ils se sont retrouvés il y a quatre ans, quand nous sommes rentrés et depuis ils ont un deuxième petit. Je t'ai cherchée, il y a quatre ans, et je ne t'ai pas retrouvée. Où étais-tu ?

- J'ai passé des années en France, je revenais parfois en Angleterre, suivant les moments. J'ai aussi passé six mois en Italie... »

Je n'ajoute pas que c'était pour mon voyage de noces tandis qu'il reprend le fil pour justifier sa situation :

- « Après notre retour, je t'ai cherchée quelques mois durant. Mais je ne t'ai pas trouvée, Fleur ne savait pas où tu étais. Puis je l'ai rencontré, elle est gentille, docile et agréable à vivre. J'étais heureux qu'elle soit là, seulement j'aurais aimé te retrouver... »

Le chagrin est perceptible dans sa voix, je me sens triste pour nous, pour cette histoire qui n'a pas pu réellement se terminer.

- Ne regrette rien, Ron. Je suis mariée moi aussi, et je suis heureuse. J'ai deux enfants adorables et j'aime mon mari, comme il m'aime. Notre histoire n'a pas vraiment pu se terminer, mais je sais que ça a été pour le mieux. Je le sais maintenant.

- Qui est l'heureux élu ? Demande-t-il, le regret passé, il semble réellement content de simplement discuter avec moi comme le feraient deux vieux amis.

- Il s'appelle Drago Malfoy.

Son sourire s'efface, il jure et lance « Je le crois pas ! Ce traître, ce sale rat ! Comment est-ce arrivé ?

- Il faut retourner à l'année suivant ton départ :

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