Bonjour !
Je remercie les gens qui ont lu le chapitre précédent =) Celui-ci est un peu plus long, j'espère qu'il vous plaira, j'attends vos avis avec impatience ^^
Le chapitre 7 sera publié jeudi ou vendredi :)
Bonne Lecture !
Chapitre 6 – Une réalité dérangeante.
" Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils ;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.
Voilà que j'ai touché l'automne des idées,
Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux.
Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur ?
- Ô douleur ! Ô douleur ! Le temps mange la vie,
Et l'obscur ennemi qui nous ronge le cœur
Du sang que nous perdons croît et se fortifie !"- L'ennemi, Les Fleurs du Mal, Baudelaire.
Violet pensait sincèrement que Severus ne la rejoindrait pas dans la cuisine comme elle en avait fait le vœu. Sans vraiment savoir pourquoi, la jeune femme était nerveuse. Peut-être parce qu'elle allait remettre les pieds à Privet Drive et qu'elle n'en avait pas envie et aussi probablement parce que la jumelle du Sauveur était effrayée de montrer cette partie de son passé à son ancien professeur honni.
Elle en était là de ses réflexions lorsque des pas la tirèrent de ses pensées. Dans l'encadrement de la porte qui séparait la cuisine du salon se tenait Severus Rogue, vêtu de ses éternelles robes noires, sincèrement, il devait crever de chaud là-dedans ! Enfin bref.
- Merci d'être venu, commença-t-elle, un sourire tremblant aux lèvres.
L'homme lui répondit par un haussement d'épaules indifférent.
- Je n'avais rien de mieux à faire.
Elle ne lui laissa pas le temps de rajouter quoi que ce fut ou de se poser des questions. L'Auror franchit les quelques pas qui la séparait de l'ancien Mangemort et lui prit le bras et transplana avec lui.
Ils arrivèrent dans une petite rue déserte de Little Whinging, pas très éloignée de Privet Drive. Violet jeta un coup d'oeil à Severus Rogue qui visiblement hésitait entre l'assomer de questions et l'étrangler jusqu'à ce qu'elle les ramène au cottage. Elle prit les devants car elle ne souhaitait ni l'un ni l'autre :
- Ne posez pas de questions pour l'instant, je vais nous désillusionner et nous jeter un silencio, il y a quelque chose que vous devez voir. Vous pourrez me hurler dessus ou m'interroger une fois que nous serons de retour dans le Devon , dit-elle sur un ton qui n'admettait aucune réplique.
Le professeur de Potions soupira bruyamment mais laissa la jeune femme lancer ses sorts. Comme ils ne se voyaient plus, Violet tenait l'homme par le poignet, elle ne voulait pas non plus lui tenir la main, c'était bien trop intime. La sorcière le mena donc jusqu'à la demeure des Dursley, revenir dans cette petite ville lui donnait froid dans le dos. Elle n'avait pas beaucoup de bons souvenirs ici, les seuls moments de joie dont elle avait le souvenir ici, c'était des instants d'insouciance avec son jumeau mais ils étaient bien rares.
Elle dû prendre son courage à deux mains pour s'engager sur la petite allée du numéro 4. La maison était comme dans son souvenir, les barreaux à la fenêtre de la deuxième chambre de Dudley en moins, évidemment. Ils durent attendre que Vernon sorte de la maison pour pouvoir entrer. Il était encore très tôt le matin, à peine 8 heures en vérité.
Ils traversèrent le hall d'entrée et virent un petit garçon de presque 3 ans, aux cheveux déjà désordonnés et aux yeux verts, sortir du placard sous l'escalier, il venait visiblement de se réveiller et portait un t-shirt trop grand et un slip usé en guise de pyjama. Violet eut un sourire triste, Harry paraissait tellement fragile à cet âge-là. Elle avait envie de le serrer contre elle et de l'emmener loin de cette maison sans amour. Son emprise sur le poignet de Severus se resserra quelques peu sans qu'elle ne s'en rende compte.
Elle le guida dans la cuisine, Petit Harry passait l'éponge sur la table alors que Pétunia faisait la vaisselle, Dudley, lui était encore à table et il jouait avec une figurine de Superman tout en mangeant et en regardant la télévision. Le fils Dursley était déjà à l'époque un enfant obèse et il ressemblait encore plus à un petit cochon que dans le futur.
Des petits pas se firent entendre et la porte de la cave,celle à côté du frigo, s'ouvrit et laissa passer une petite fille, elle avait les cheveux aussi noirs que son frère quoi qu'un peu plus longs et un peu moins fous, ses yeux étaient identiques à ceux d'Harry. Petite Violet portait un vieux marcel bleu de Dudley et un short qui avait connu des jours meilleurs. Elle avait des bleus sur son petit bras droit, des ecchymoses qui formaient des doigts. La jeune femme de presque 19 ans se rappelait assez bien des circonstances de cette première blessure. Quelques jours avant, il y avait eu de l'orage et Violet, apeurée, était remontée et avait voulu rejoindre son frère dans le placard sous l'escalier. Seulement, elle s'était cognée dans un meuble et avait fait tomber un cadre photo du dit-meuble. Vernon l'avait entendue et était descendu. Il l'avait fortement disputé puis avait empoigné son petit bras et serré fort alors qu'il la redescendait à la cave. Les doigts avaient laissé leurs traces sur sa peau d'enfant.
La petite fille, après avoir écopé d'une remontrance sur son retard, se retrouva avec une balayette et une pelle dans les mains et fut prier de balayer le sol de la cuisine, Vernon n'avait aucune manières à table. Pas plus que Dudley.
Petit Harry quant à lui, adressa un grand sourire joyeux à sa petite sœur qui en fit de même. Ils furent vite remis à leur place par la Tante Pétunia qui les surveillait en pinçant les lèvres pendant que sa vaisselle s'égouttaient.
- Harry, essuie la vaisselle pendant que je vais étendre le linge, déclara la femme au visage chevalin en dévisageant l'enfant comme si elle faisait face à un insecte répugnant.
- Oui, Tante Pétunia, répondit le petit garçon poliment.
- Dudleynouchet, tu veux encore un scone ? Demanda Pétunia avec une voix de crécelle.
- Avec de la confiture et de la crème ! Exigea l'enfant-cochon.
Severus assista au quotidien dans la famille Dursley-Potter avec étonnement. Il n'en revenait pas...Cet enfant qui devait être Harry n'avait pas pu sortir de ce placard comme si c'était sa chambre ?! Et Violet, qu'est-ce qu'elle fabriquait au sous-sol ?! Les sous-sols et les caves n'ont jamais été des endroits pour des gosses de leur âge ! Et les bleus sur le bras de la fillette...Leur forme était assez explicite pour qu'il en devine la provenance. Mais ce n'était pas possible, il devait rêver, les jumeaux Potter n'avaient pas pu grandir dans une telle famille...Par Merlin, il ne les avait même pas vu manger quelque chose avant de se mettre au travail ! Pétunia n'avait même pas dit bonjour à sa nièce, pas de bisou, pas de câlin, rien à part cette balayette et cette pelle et l'ordre de nettoyer les saletés que le cachalot qu'ils avaient vu sortir avait dû faire.
Pourtant l'autre garçon, qui devait être le cousin des deux petits orphelins avait l'air, lui, d'être choyé. Il était gros pour son âge, son pyjama était de bonne qualité, contrairement aux chiffons des deux petits sorciers et il faisait ce que n'importe quel enfant de 3 ans était supposé faire : être insouciant et jouer.
Et lorsqu'il posait ses yeux sur Pétunia, elle arborait cette expression qu'elle avait quand, enfant, il faisait de la magie devant elle pour amuser Lily. Et l'aînée des Evans n'avait jamais été tendre avec lui. Severus n'osait pas imaginer la manière dont elle traitait son neveu et sa nièce, les enfants de sa propre sœur décédée ! Si Lily savait ça...
Il sentit la jeune femme l'entraîner dans le couloir puis ils empruntèrent les escaliers, il se demandait bien ce qu'elle allait pouvoir lui montrer...Ils s'arrêtèrent devant une porte où des lettres de bois étaient accrochées, elles formaient le mot « Dudley ». Bien la chambre du mini-cachalot croisé avec un cheval.
La porte s'ouvrit sans un bruit sur une chambre d'enfant croulant sous les jouets. Ces derniers débordaient de plusieurs coffres, traînaient par terre en tas, certains étaient brisés. Le lit n'était pas encore fait. Dudley ne manquait de rien, il avait même beaucoup trop de choses.
Ils rebroussèrent chemin, l'enfant blond, accompagné de Pétunia se rendirent à l'étage, sans doutes pour la douche, Dudley n'était pas autonome à cet âge alors qu'Harry et Violet savaient déjà se laver et s'habiller seuls, ils n'avaient pas eu le choix.
Les deux petits sorciers passaient un petit moment dans le jardin, ils avaient chacun une tranche de pain sec dans la main et la mangeaient comme si c'était le met le plus raffiné du monde. Déjà , à cette époque, ils ne mangeaient pas à leur faim.
La grande Violet profita que les deux petits étaient occupés à l'extérieur pour conduire Severus dans le couloir, elle ouvrit la porte du placard d'où était sorti Petit Harry et laissa le temps au Maître des Potions de bien enregistrer tous les détails sordides de cette « chambre ». Le vieux matelas, les toiles d'araignées, l'ampoule nue qui pendaient au plafond et les jouets brisés que Dudley avait bien voulu prêter à son cousin.
Severus Rogue était de plus en plus choqué par ce qu'il voyait. Tout un tas de questions se bousculaient dans sa tête. Il était bien content d'être désillusionné, ainsi personne ne pouvait voir son masque si savamment construit, se fracturer. A quoi Dumbledore avait-il pensé en envoyant les deux enfants dans cette famille ?!
Violet le conduisit ensuite au sous-sol. Dans l'ensemble, la cave était tout ce qu'il y avait de plus classique, une étagère contre le mur où étaient disposées plusieurs bouteilles de vins, ce devait être des grands crus. Un congélateur où Vernon et Pétunia stockaient de grosses pièces de viandes, tout un tas de cartons, des valises vides, du matériel de camping, bref rien d'exceptionnel.
Puis les yeux du professeur se posèrent sur un petit lit de camps surmonté d'un matelas pas assez épais pour être confortable, à côté était posé un carton avec des vêtements usés et rapiécés. Il en avait assez vu. Cette famille le dégoûtait. Il tira légèrement Violet vers lui afin de lui faire comprendre qu'il voulait partir, qu'il avait compris.
La jeune femme eut un petit sourire triste, revenir ici lui avait fait plus de mal que ce qu'elle aurait cru. Elle savait que des barrières anti-transplanage avaient été installé aux alentours de la maison des Dursley . Après avoir vérifié que personne ne risquait de s'apercevoir de l'ouverture de la porte d'entrée, Violet l'ouvrit, les fit sortir et marcha jusqu'à l'autre bout de la rue puis elle les fit transplaner au cottage. Elle retira le sortilège de désillusion et lâcha le poignet de Rogue qui la dévisageait avec un air complètement confus. La sorcière lui adressa un petit sourire, elle était soulagée d'être de retour dans cette petite maison chaleureuse.
- Thé ? Proposa-t-elle.
L'homme se contenta d'un signe de tête pour acquiescer et la suivit dans la cuisine où elle mit de l'eau à chauffer dans la bouilloire. Tout en préparant la boisson chaude, elle observait discrètement son ancien professeur qui avait, visiblement, du mal à se remettre de ses émotions. Elle décida de lui laisser un peu de temps pour s'éclaircir les idées avant de devoir entamer une discussion aussi pénible que nécessaire.
La jeune femme décida qu'il serait plus confortable de parler dans la véranda, ils s'y installèrent donc, chacun sur un fauteuil, se faisant face, une tasse de thé à la main.
Severus ne savait pas quoi dire, il aurait voulu pouvoir se montrer mesquin et sarcastique comme à son habitude mais il n'arrivait pas à trouver quoi que ce fut d'acceptable . Et puis, il fallait dire aussi que la situations des deux enfants Potter faisait douloureusement échos à la sienne, à ce qu'il avait vécu durant son enfance à l'Impasse du Tisseur. L'ancien Mangemort ne pouvait simplement pas se moquer de cela car il n'y avait rien d'amusant là-dedans.
- Il n'y a pas mort d'homme, vous savez, pas besoin de faire cette tête-là, déclara posément Violet en portant sa tasse à ses lèvres.
- Albus n'a pas pu vous laisser vivre avec ces moldus ?! Commença-t-il, l'étonnement perceptible malgré la froideur apparente de son ton.
- Il n'avait pas vraiment le choix, Sirius est en prison, Rémus est un loup-garou et Pettigrew...Je ne préfère pas en parler. Quel autre choix avait-il ? Pétunia nous fournissait la protection du sang. C'était la seule solution envisageable.
- Des tas de sorciers auraient été heureux de vous adopter tous les deux, vous auriez pu avoir une enfance heureuse, continua Severus.
- Et être élevé comme Dudley ?! Faire du futur Sauveur du monde sorcier un enfant gâté et capricieux ? Ne dites pas de bêtises.
- Vous êtes bien une Gryffondor pour vouloir vous sacrifier comme ça ! Répliqua-t-il à présent en colère.
- Les choses sont ce qu'elles sont, nous aurions bien aimé, Harry et moi, grandir dans une famille aimante mais ça ne s'est pas passé comme ça et je ne suis pas là pour changer quoi que ce soit à ce qui a été.
- Je comprend...Mais il n'empêche que si la communauté sorcière savait dans quelles conditions les orphelins Potter sont élevés...Les gens crieraient au scandale !
- Sans doutes mais la communauté sorcière ne sera pas au courant. Et vous ne direz rien.
Ce n'était pas une question en fait, c'était plutôt un ordre. Ils burent en silence pendant quelques instants puis Severus releva la tête vers la jeune femme qui l'interrogea du regard :
- Qui a fait les bleus sur le bras de la petite Violet ? Demanda-t-il,curieux.
- L'Oncle Vernon.
- Vous battait-il ?
- Non pas vraiment, Harry et moi avons eu plusieurs fois des bleus au bras car il serrait trop fort et Pétunia nous a giflé plusieurs fois également mais ça n'a jamais été plus loin.
Evidemment, elle n'évoqua pas la « chasse aux Potter » de Dudley et ses amis, ni les insultes quotidiennes de Vernon et Pétunia, et encore moins les interventions de la Tante Marge et ses théories illuminées sur l'éducation des vermines comme eux. En tout cas, Violet s'était vengée plus d'une fois sur ce satané Molaire, la jeune fille lui avait refilé discrètement des pastilles de gerbes ou du Pousse-Rikiki que Fred et George lui fournissait. Les Dursley n'avaient jamais découvert qu'elle était la cause « des maladie » du molosse.
- Et vos...Chambres ? Le dégout transpirait dans sa voix.
- Après nos lettres de Poudlard, Vernon nous a installé dans la deuxième chambre de Dudley à l'étage.
- N'êtes-vous pas plus en colère que ça ? S'étonna-t-il.
- J'en ai longtemps voulu aux Dursley mais je vous avoue que j'avais d'autres soucis plus importants en tête que mon enfance. C'est du passé tout ça, dit-elle avec un petit sourire qui se voulait encourageant.
- Et votre frère ? Questionna-t-il et bizarrement, la jeune Auror n'arrivait plus à percevoir le mépris qu'il mettait dans sa voix quand il parlait d'elle ou d'Harry.
- Harry pense comme moi, avec la guerre, nous avions d'autres choses à penser et une fois celle-ci terminée, il s'est concentré sur le futur qu'il voulait bâtir avec sa fiancée.
Violet voyait bien que son interlocuteur mourraient d'envie de lui demander ce qu'il en était d'elle mais il ne le fit pas et elle en fut reconnaissante. La jeune femme se voyait mal parler de Fred et de ce qu'aurait pu être sa vie. Elle ne voulait pas craquer et elle savait qu'en parler ne la mènerait qu'à ça.
Ils terminèrent leur thé dans un silence plus confortable, le professeur Rogue avait l'air plongé dans ses pensées et la jeune femme l'était tout autant. Elle se demandait ce qu'elle allait bien pouvoir faire pour occuper ses journées, habituellement, elle se débrouillait pour n'avoir aucune minutes de répit afin d'avoir le moins de temps possible pour penser. Vivre de cette manière était peut-être malsain mais c'était plus facile. C'était ça qui lui permettait de tenir. Seulement ici, elle n'avait pas grands choses à faire...Elle pourrait lire ou jouer du piano mais ça ne suffisait pas à remplir une journée.
Severus finit par se lever et se rendit à l'étage et trouva refuge dans sa chambre. Il s'assit sur la chaise en face de son bureau et laissa ses yeux se perdre sur le jardin qu'il voyait par la fenêtre. Les Potter n'avaient pas eu une enfance facile. Les enfants de Lily n'avaient pas été gâté. Et surtout, les jumeaux n'étaient pas comme leur père. Le Petit Harry et la Petite Violet avaient réussi à briser un peu sa carapace, ils étaient si petits, si fragiles. La vie n'étaient décidément pas juste avec eux. Elle n'avait pas été juste avec lui non plus.
En tout cas, il ne savait toujours pas pourquoi la jeune Auror était venue dans le passé. Où était l'intérêt de prendre des soit-disant vacances 16 ans en arrière ? Et avec lui qui plus est. Enfin , de ce qu'il avait compris, elle n'avait rien planifié et s'était retrouvé là grâce-ou à cause-de son frère et lui de Dumbledore. Qu'espéraient-ils tous ? L'homme soupira profondément, il le saurait tôt ou tard, connaissant Albus, il devait avoir une idée derrière la tête. Ce glucosé du bocal finirait pas avoir sa peau !
Le reste de la journée se passa calmement, Severus réfléchissait à ce qu'il venait de découvrir sur les jumeaux Potter et même si la jeune femme semblait résignée et ne paraissait pas nourrir de rancoeur envers Dumbledore et les Dursley, le professeur des potions, lui, voulait comprendre. Pas pour les enfants-enfin il essayait de s'en convaincre-mais pour Lily. Il lui devait bien ça. Penser à elle lui causait toujours cette douleur dans la poitrine , comme si on tailladait son cœur et qu'on appuyait sur les plaies pour le faire saigner encore plus. Le manque d'activités ne l'aidait pas. Brasser des potions lui manquait déjà et ça ne faisait même pas une semaine qu'il était ici.
Et l'espion s'interrogeait également sur la conduite à tenir, il ne pouvait décemment pas continuer à dire à cette fille qu'elle était une enfant gâtée, il passerait pour un idiot fini. D'un autre côté, il ne voulait pas non plus se montrer aimable, d'une, ce n'était absolument pas dans ses habitudes de faire ami-ami avec les autres et de deux, elle restait la fille de l'homme qui avait pourri son adolescence, c'était presque un devoir de la détester. Et puis troisièmement, il avait de plus en plus de mal à trouver des sujets susceptibles d'irriter cette jeune femme car-et ça lui coûtait de se l'avouer-il s'était senti mal de voir de la colère et de la douleur contre lui dans ses yeux verts, les yeux de Lily.
Violet quant à elle, avait le même problème que son voisin du dessus. Il fallait qu'elle s'occupe l'esprit à tout prix. Une grande partie de la matinée avait été consacrée à la préparation du repas du midi, l'Auror n'avait pas cuisiné autant depuis longtemps-au Square Grimmaurd, elle ne se cassait pas la tête et avait tendance à ne pas très bien manger-ça remontait au dernier été qu'elle et son frère avaient passé chez les Dursley et si là-bas cuisiner était une corvée, elle découvrait que cette activité n'était pas si mal lorsqu'on la pratiquait de son plein gré. Bon ça ne valait pas un bon bouquin de sortilèges ou de potions mais là, pour le moment, elle n'en avait pas. Le repas fut silencieux et il était évident que les deux jeunes gens ne savaient pas tellement comment se comporter l'un envers l'autre.
L'après-midi, chacun préféra rester de son côté. Severus dans la maison et Violet dans le jardin qui donnait sur la véranda. Elle n'avait pas encore eu le temps d'explorer cette partie de la propriété. Le jardin ou plutôt le parc, vu la taille de ce dernier, alternait les zones ombragées et ensoleillées. Il y avait un petit coin consacré à la culture de fruits et de légumes, à côté duquel était construit une cabane où elle découvrit des ustensiles de jardinages, deux vélos et également-et ça l'étonna autant que ça la ravit- deux balais sorciers. Au moins, elle pourrait voler et elle se débrouillait bien, comme son frère. A Poudlard, elle avait aussi fait partie de l'équipe de Quidditch -seulement à partir de sa deuxième année- en tant que poursuiveuse.
Cette petite découverte l'enthousiasma, ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas volé pour le plaisir, en y réfléchissant plus, la sorcière se rendit compte que la dernière qu'elle avait fait quelque chose pour son plaisir remontait vraiment à loin. Ce constat la rendit triste mais elle se sentait également coupable de vouloir être plus heureuse, de vouloir arrêter de souffrir. Fred, lui, ne pouvait pas « arrêter d'être mort », elle n'avait pas vraiment le droit d'être heureuse, en tout cas, c'était ainsi que la sœur d'Harry envisageait les choses. Le complexe du survivant dans toute sa splendeur. Violet poussa un profond soupir et poursuivit son exploration du jardin, son enthousiasme était désormais complètement retombé.
Dans le bois qui mangeait une part de la propriété, elle découvrit un hamac et plus loin, un petit étang avec un ponton et une barque. L'endroit était masqué par les arbres mais ces derniers n'étaient pas assez haut pour protéger entièrement l'étendue d'eau du soleil. C'était beau, dire le contraire eût été un immense mensonge.
Le repas du soir se déroula comme celui du midi, ils mangèrent les restes et après avoir passé un peu de temps à lire sur le canapé du salon, chacun monta dans sa chambre après un « bonne nuit » des plus sobres. Au moins, il n'y avait pas eu de disputes.
