Le chapitre 7 est là! En avance par ce que je n'aurais surement pas le temps de le poster plus tard :) Et... Ba... Heu... C'est tout quoi... Pitite question importante à la fin, n'hésitez pas à review même si c'est juste pour répondre ^^


-J'ai encore vu quelqu'un avec dans le métro, c'est une véritable épidémie ce truc…

-Dit juste que t'es jaloux par ce que c'est devenu plus connu que ton émission en l'espace de quelques jours, répondit le Troll à Mathieu.

-Pas du tout ! De toutes façons je savais très bien que les chats avaient déjà colonisé Internet quand j'ai commencé !

Mathieu, accompagné du Troll et du Hippie, parlaient tranquillement du dernier même en vogue sur les Internets mondiaux autour d'un verre.

-Ils comprendront leur erreur le jour où ils se feront arracher les yeux par un félin. Le Nyan Cat est un être maléfique.

-Moi j'aime bien son arc-en-ciel, gros. Pour une fois que je ne suis pas le seul à le voir.

-Si un peu moins de gens pouvaient le voir, ce serait pas mal en fait…

Le Hippie sembla méditer quelques instants ces paroles avant de porter son verre à ses lèvres, de le reposer soigneusement sur la table et d'articuler :

-Il revient quand le Patron ?

Les regards de ses deux compagnons pesèrent sur lui. Il venait juste d'aborder, comme ça, alors que ça n'avait aucun rapport avec leur discussion, le sujet qu'ils laissaient soigneusement de côté. Mathieu soupira, l'inquiétude qu'il ressentait apparaissant un instant sur son visage.

Cela faisait maintenant trois jours que cette partie de Mathieu avait disparue, et elle n'avait donnée aucunes nouvelles. Certes, sans portable ou autre moyen de communication, cela pouvait être difficile, mais il n'était pas si compliqué de trouver quelque chose. Au moins le Patron avait peu de chance de faire de mauvaises rencontres, puisqu'il était indiscernable pour la majorité de la population et largement capable de régler les problèmes qu'il pourrait rencontrer.

Non, ce qui troublait réellement Mathieu, c'est qu'il s'inquiétait. Lui, alors que depuis que ces voix étaient apparues dans sa tête, ne rêvait que de tranquillité, s'inquiétait de l'absence d'un de ces doubles. Comme s'il les considérait comme des êtres humains alors qu'ils n'étaient peut-être même pas réels.

-Comment tu veux qu'on le sache, répondit finalement assez sèchement le Troll.

-Grâce au mantra gros. Les carottes sont importantes.

Chacun marqua un petit temps de silence. Ils avaient compris, depuis l'apparition des trois personnalités, que ce que le Hippie disait avait souvent un sens, mais ils leur faillaient tout de même quelques instants pour traduire.

-Tu crois que je peux toujours communiquer avec vous ? Alors que vous n'êtes pas dans mon corps ? demanda finalement Mathieu.

-J'ai toujours pas récupéré ma main, gros, répondit le Hippie comme une évidence.

-Pourquoi pas… Mais je ne vous ai jamais entendu depuis que vous êtes sortis.

-En même temps, à part nous deux quand tu allais travailler, on était toujours ensembles. Et tu n'as jamais eu besoin de nous parler alors que tu bossais avec le Patron. Là il est loin, et tu veux communiquer. Essaye, proposa le Troll.

-T'es marrant le Troll, mais je fais comment moi ?

-Pourquoi tu me demandes à moi en fait ? Faudrait voir à te débrouiller tout seul de temps en temps. J'en sais rien moi, tu faisais comment quand on était dans ta tête ?

-Je… Je parlais juste comme ça, à voix haute. Et vous me répondiez. Même quand je voulais la paix d'ailleurs.

Les trois continuèrent à échanger des idées quelques temps, assis sur ce canapé, autour de cette table, avec ded bières en mains. Vous me direz, Mathieu pourrait juste essayer, comme dans la majorité des histoires, mais s'il le fait et qu'il se ridiculise en ratant lamentablement, c'est cliché, et s'il le fait et qu'il réussit c'est cliché aussi. Le pire c'est que même si le Patron revient maintenant, c'est cliché. Bienvenue dans la situation la plus cliché du monde. Donc on va faire autre chose.

Lassé de cette conversation infructueuse, Mathieu partit finalement se tenir un peu au courant de ce qu'il se passait dans sa chère patrie. Ceux qui ont un seul instant pensé qu'il allait regarder la télé… Hé bien arrêtez de le faire et vous vous rendrez compte qu'Internet va plus vite à l'essentiel quand on sait comment chercher. Et qu'il y a moins de pubs.

La 17eConférence sur les films isolants sur Semi-conducteur ne correspondant pas vraiment à ses centres d'intérêts, il continua de se promener virtuellement entre les premiers rapports des élections cantonales, les affaires de meurtre de Dupont de Ligonnès, et les commentaires sur le nombre d'OPA agressives en hausse. Ayant un ami qui pouvait se trouver concerné, il se pencha un peu plus sur le sujet. Depuis environ une semaine, une seule et même entreprise en absorbait d'autres, de plus en plus grosses. À un point tel que son ami ne risquait pas grand-chose, l'entreprise en question semblant viser des poissons bien plus intéressants.

C'est fou ce que des gens sont capables de faire en une semaine quand même, se dit-il.

Si ce n'est pas un parfait exemple du rêve américain appliqué en Europe. Enfin, on en entendra sûrement parler quelques temps avant que l'entreprise ne sombre. Que ce soit au niveau de ses finances ou de notre mémoire d'ailleurs...

Il finit par retourner sur son logiciel de traitement de texte, soupirant, pour continuer le scripte de l'épisode. L'absence du Patron compliquait les choses. Devant l'apparence toujours identique et les manifestations fréquentes de ses personnalités, quelques commentaires l'avaient encouragé à poursuivre sur cette voie. Comme on dit, c'est en pleine vue que l'on se dissimule le mieux. Il voulait faire passer ses différentes facettes pour ce qu'elles étaient, mais en tant que personnages fictifs. Sauf que pour cela, il fallait qu'elles apparaissent souvent. Sinon les viewers ne les verraient que comme des personnages annexes. Il avait presque finit d'écrire l'épisode, et tournerait surement tôt le lendemain, mais le Patron n'était toujours pas là pour jouer ses répliques.

- Il ne pouvait pas choisir un autre moment pour faire sa crise celui-là? Souffla t'il, exaspéré. Je fais comment moi maintenant?

Il s'appuya un instant sur le dossier de son siège en s'étirant, faisant craquer ses os.

- Gros. Vous avez le même joint entre les dents.

Mathieu se tourna vers le Hippie, surpris de sa présence. Il haussa finalement les épaules.

- Oui, et alors?

Certes, le Patron et lui étaient les seuls à fumer des cigarettes ici. Mais il ne voyait pas le rapport.

- T'as qu'à l'imiter quoi, fit le Troll en entrant.

Mathieu réfléchit un instant, étonné de ne pas y avoir pensé plus tôt. Évidement, il avait le même physique qu'eux. Donc il devrait pouvoir réussir à jouer le rôle du Patron. De toute façon il devrait être capable de faire cela avec chacun de ses doubles, au cas où on le lui demanderait.

- Tu as raison.
- J'ai toujours raison.

Le schizophrène sourit, commençant à s'habituer aux répliques acides du Troll au même titre qu'aux remarques insensées du Hippie.

- Bon, je dois d'abords finir ce scripte moi.
- Essayes d'en faire quelque chose.

Sans plus prêter attention aux deux autres, il se repencha vers l'écran de son ordinateur, prêt à traiter la question de Benoit C.

C'est une petite heure après que le Troll revint le voir.

- Alors, terminé?
- Hum, fit simplement Mathieu, absorbé par sa dernière relecture.

Le Troll attendit patiemment à ses côtés, parcourant le texte en même temps que lui. Lorsqu'ils arrivèrent à la conclusion, le Troll reprit la parole:

- La lumière ne dure pas longtemps, tu devrais peut être t'entrainer, non?
- Ouais... Mais déjà faut que je remette la main sur un costard. Et des lunettes de soleil. Enfin, ça je crois savoir où elles sont.

Mathieu se leva, étirant ses membres après être resté si longtemps assis. Il partit chercher un peu tout ce dont il avait besoin dans l'appart, mettant au passage le bordel un peu partout. Ce n'est qu'une vingtaine de minutes plus tard qu'il put s'écrier, victorieux:

- Dans ta gueule Patron! Cet épisode, je vais le tourner, avec ou sans toi!

Enfin vêtu du costard et des lunettes de soleil, en apparence tout à fait semblable au Patron, Mathieu tenta tant bien que mal d'arborer la même expression vicieuse que son double. Il s'essaya à une des répliques qu'il avait prévu pour lui.

- La vie est une pute, tu devras te lever tôt et...

Une brusque nausée l'interrompit. Il plaqua sa main sur sa bouche, avant de se précipiter vers les toilettes pour rendre tout son déjeuner. Il resta ainsi un instant, tremblant violement au dessus de la cuvette, le teint subitement pâle et la transpiration exsudant par tous les pores de sa peau.

Il finit par rassembler assez de force pour se relever et tirer la chasse d'eau, avant de se rincer la bouche, se débarrassant d'une partie de ce goût acre et brûlant qui l'emplissait. Il se passa de l'eau sur son visage, tentant de contrôler les réactions de son corps.

- Mathieu!

Le Troll débarqua précipitamment, affolé.

- Qu'est-ce qui s'est passé?

Celui auquel il s'adressait s'accrocha à l'évier, encore perturbé. Il s'y reprit à deux fois avant de pouvoir répondre:

- Je... J'ai... C'est quand j'ai tenté d'imiter le Patron... C'est venu d'un coup.

Le Troll le soutint jusqu'au salon, pour que Mathieu puisse s'affaler sur le canapé.

- Je crois qu'on va devoir faire autrement. On dirait que tu ne peux pas nous imiter.

Mathieu hocha faiblement la tête avant de la poser sur ses mains jointes, épuisé. Il avait un nombre d'abonnés croissants, et il leur avait promis un épisode ce weekend. Pas question de faillir à cause de l'autre.

Finalement, après plusieurs heures de réflexions, Mathieu choisit d'intégrer un nouveau personnage, qui ne serait pas une des ses personnalités, pour jouer les réplique de l'homme en noir en les modifiants un peu. Il se força tout de même, lors du tournage, à faire deux des prises du Patron, pour que le publique ne l'oublie pas. Ce qui lui fit passer les prochaines heures, alité. Mais l'épisode était tourné, et il n'aurait plus qu'à faire le montage. Ce qui allait déjà prendre du temps, avec toutes les incrustations de Nyan Cat qu'il comptait faire.

Fiévreux, épuisé, il ne put que murmurer une phrase avant de sombrer dans un sommeil agité.

- Où que tu sois Patron, t'as intérêt à souffrir autant que moi.


Donc voila, la question, c'est : est ce que vous voulez le prochain épisode du PDV du Patron? Personnellement j'hésite beaucoup, par ce que ça me semble rompre la continuité de l'histoire et casser un peu "l'intrigue", même si il n'y en a pas encore vraiment, mais ça pourrait énormément me servir d'un point de vue narratif.
Alors une p'tite review, même si c'est juste pour me dire "Oui." ou "Non." ce sera amplement suffisant ^^
Et à la semaine prochaine X)