Chapitre 7

Cela fait une semaine que je suis ici. Encerclée par ses mousquetaires. Depuis que je me suis fait une cuite, aucun d'entre eux n'ose me poser des questions au sujet de mes parents. Je ne me souviens pas de ce que je leur ai raconté ce soir-là. Ils ne m'en parlent pas. Tout ce que je sais, c'est qu'ils sont au petit soin avec moi. Treville n'est toujours pas rentré. J'ai continué finalement mes entrainements avec Aramis. Aujourd'hui, j'avais pris soin de mettre l'enveloppe de mon père sur la table du salon. Ils étaient tous occupés. D'Artagnan avait réussit avoir une journée complète avec Constance. Athos et Porthos étaient en train de sillonner la ville. Il n'y avait qu'Aramis et moi qui étions sortis dans les bois pour nous entrainer. Après cette nuit-là, la seule chose dont j'avais envie c'était d'être un peu plus clément envers eux et de leur laisser une deuxième chance. Il faisait beau. Nous étions tous les deux en train de nous battre sur nos chevaux.

« _ Je suis heureux de voir que tu as repris du poil de la bête en quelques jours.

_ Je ne sais pas ce qu'il s'est réellement passé ce soir-là, mais je me sens revivre.

_ À mon avis, tu as dû te libérer d'un poids. C'est pour ça que tu te sens mieux.

_ Pourquoi est-ce qu'aucun de vous ne souhaite me raconter ce qu'il s'est passé ce soir-là ?

_ Parce qu'au final nous avons compris que cela ne servait à rien de t'importuner pour ça. Nous pensons d'ailleurs te faire une petite surprise d'ici quelques jours.

_ Une surprise ? Je n'en mérite pas tant. »

Le roi avait été appelé en urgence par le conseiller de Rochefort, il avait reçu une lettre importante. Il lit la lettre, une photo l'accompagnait. Il est outré d'apprendre la nouvelle que contient cette dépêche. La reine est à ses côtés. Elle-même ne comprend pas. Il montre la photo à Rochefort.

« - Il faut que vous attrapiez cette femme, c'est une traitre. Et que vous me l'ameniez vivante. Je veux qu'elle me raconte tout.

_ Combien d'hommes souhaitez-vous que j'amène avec moi sir ?

_ Autant de gardes que vous le désirez. »

Il s'incline et part sans s'attarder. Ce n'est pas moins de cinq hommes qui suivent Rochefort en sortant du château. Athos et Porthos sortent du bar de la ville, ils avaient fini par aller se rafraichir. Une femme le bouscule. Elle a des vêtements de luxes. Une longue chevelure brune et de magnifiques yeux noirs. Chaque fois qu'il la croise, il ne s'est jamais de quoi lui parler. Porthos s'écarte un peu, remarquant que sa présence semblait les gêner.

« _ Que fais-tu ici ?

_ Je suis en visite, pour voir le Roi. »

C'est tout ce qu'ils savent se dire. Il y a toujours une barrière entre eux. Pourtant, ils se connaissent parfaitement. Il ne se souvient pas d'avoir dit à Porthos son histoire à son sujet.

Nous sommes dans un duel sans fin avec Aramis, mais je m'éclate beaucoup plus qu'avant. Je viens de tomber au sol, et ce dernier tel un gentleman m'aide à monter sur mon cheval quitte à descendre du sien. C'est alors que des pas de chevaux s'entendent dans toute la forêt. Nous voyons une poignée d'homme vêtu d'habits de mousquetaires se diriger vers nous. Aramis me fait signe de ne pas bouger pour voir s'ils continuent. Mais non, ils s'arrêtent à quelques mètres de nous. Nous leur faisons face, Aramis et son cheval se placent près de moi. Ce ne sont pas des gardes espagnoles, je suis rassurée. Mais s'ils portent le même symbole qu'Aramis, et qu'ils viennent me chercher, peut-être que le Roi a-t-il prit connaissance de cette enveloppe ?

« _ Êtes-vous Helena Hidra ? Me questionne Rochefort.

_ C'est bien moi ! Quel est le problème ?

_ Vous êtes en état d'arrestation ! Lance-t-il en pointant son arme vers moi après l'avoir sortie.

_ C'est impossible. De quoi m'accuse-t-elle ? L'interroge Aramis.

_ Je vous prie de ne pas vous emmêler. Sinon je pourrais vous faire arrêter pour complicité.

_ Complicité ?

_ Cette jeune femme est recherchée parce qu'elle a trahi son propre Roi. En la cachant avec vous, vous êtes complice de cette traitrise.

_ Mais nous ne l'avons pas caché.

_ Et il y a erreur. Je suis ici pour livrer un message.

_ Suivez-nous mademoiselle, et ne discutez pas.

_ Mais puisque je vous dis que je n'ai rien fait ! »

Il ordonne à un de ses hommes de m'attraper. Je me débats un peu, mais au final cela ne sert à rien. Si je n'ai rien à me reprocher ils me libèreront. Ce que je ne comprends pas, c'est la raison pour laquelle on m'accuse de trahison. Surtout que je ne sais même pas le contenue de la lettre que mon père voulait donner aux mousquetaires.

C'est enchainé qu'Aramis, Rochefort, sa troupe et moi rentrons en ville. Je fais l'objet de regards curieux. Certains m'ont probablement croisé depuis que je suis ici. Des murmures arrivent jusqu'à moi. Je suis un peu agacée de devoir passer par la ville pour aller jusqu'au château, mais c'est le seul chemin qui nous y emmène. Je suis stressée, je ne sais pas ce qu'il m'attend.

Athos et Porthos étaient toujours avec la jeune femme aux cheveux bruns, lorsqu'ils tournèrent leur attention sur moi. Eux-mêmes étaient étonnés de me voir prisonnière.

« _ Va chercher D'Artagnan tout de suite Porthos !

_ Tu connais cette femme ?

_ Oui et non. Tu m'excuseras Milady. »

Il rejoint en marchant vite Aramis, qui trainait derrière eux sur son cheval. Lorsqu'il appelle son ami, celui-ci lui demande de le faire monter, il lui donne un coup de main.

« _ Qu'est-ce qu'il se passe ?

_ Elle est accusée de trahison.

_ De trahison ? À quel sujet ?

_ Elle aurait trahi son Roi et serait recherchée.

_ Pourquoi n'as-tu rien dit ?

_ Parce que Rochefort dit que si je tente de la défendre, je peux être accusé de complicité pour avoir caché Helena.

_ Porthos est parti chercher D'Artagnan, ils nous rejoindront au château. »

En effet, D'Artagnan et Porthos nous avaient rejoints là-bas. Rochefort, deux gardes qui me tenaient, le Roi et la Rein sur leurs trônes. Constance avait été appelée également en urgence. J'avais l'impression d'être une bête sauvage dans une cage vu les regards qui étaient posés sur moi. Je venais à peine de me faire à cette ville que j'avais déjà des ennuis. Même si je n'étais pas venue ici pour mener une petite ville tranquille. Le constate que le Roi tient une lettre dans sa main.

« _ Mlle Hidra, savez-vous pourquoi vous êtes convoquée ? Commence le Roi.

_ Parce que j'ai été accusée de trahison, répondis-je. Comment oublier puisque je suis ici pour ça actuellement ?

_ En effet, nous avons reçu une lettre ce matin venant de votre conseiller, signé par le Roi.

_ Puis-je savoir pourquoi ais-je trahis mon Roi ?

_ Cette lettre stipule que vous êtes venue ici dans l'intention de nuire à la France ainsi qu'à son Roi. Des gardes rouges ont découvert le corps de leur compatriote mort à plusieurs kilomètres de là dans une rivière lors d'une chasse. Le corps de votre père a également été découvert. C'est ainsi qu'ils ont conclu que si votre père est mort au combat, c'était parce qu'il contait trahir son Roi. Et vous, vous avez pris la fuite lorsque vous l'avez su. »

Cette histoire est absurde. Jamais je n'aurais fait ça. Même un enfant de cinq ans aurait pu inventer tout ça.

« _ Jamais je ne trahirais mon Roi, ni vous. Ce qu'il y a écrit sur cette lettre est faux. Mon père est mort parce qu'il voulait justement que je vous envoie une lettre importante. Il connait Athos. Il m'a demandé de lui donner cette lettre.

_ Quel en est le contenu ?

_ Je ne sais pas, je ne l'ai jamais lu.

_ Où est-elle ?

_ Je l'ai posé sur la table dans le salon d'Athos pour qu'il puisse la lire aujourd'hui. J'attendais le bon moment.

_ Athos, allez la chercher !

_ Monsieur, dois-je vous rappeler que ces quatre mousquetaires ont caché cette jeune femme alors que c'est une traitresse ? Suggère le conseiller du Roi.

_ Arrêtez de dire ça, je n'en suis pas une.

_ Allez-y alors Rochefort, confirme sa souveraineté. »

Il part, me laissant dans le doute. Même si je sais que je suis innocente. Je ne l'aurais jamais été autant de ma vie. Je zieute vers les quatre mousquetaires qui se taisent depuis le début. Même eux ont du mal à imaginer que je suis ainsi ou que j'ai pu les manipuler.

Rochefort revient dans la salle d'audience apparemment les mains vides. Son visage est déçu.

« _ Alors, Rochefort ?

_ Je n'ai rien trouvé. J'ai cherché partout. Mais pas de lettre ou la marque d'une enveloppe.

_ Bien, commence par dire le Roi en pliant la lettre. En vertu qu'aucune preuve n'a été trouvée pour vous innocenter, je vous condamne à mort au lever du jour demain. »

Je sens ma vie s'écrouler sous mes pas. Tout ça pour finir pendu. J'étais persuadée pourtant que j'avais posé cette lettre sur la table chez Athos. Je vois très mal cette histoire être une blague. À moins qu'elle soit tombée quelque part. Je ne vois pas du tout où elle pourrait être.

« _ Ne pensez-vous pas que cette décision est un peu trop excessive sir ? Avoue soudainement la Reine.

_ Surtout pas lorsque l'avenir de la France et d'un Roi est en jeux. De plus, elle a trahi son Roi en tuant un des gardes de son pays. Si elle a pris la fuite jusqu'ici, c'est parce qu'elle a quelque chose à cacher. Je suis formelle. Je ne changerais pas ma décision. Tout le monde y a le droit, femmes ou pas. »

J'avais essayé de garder un petit espoir avec la réplique de la Reine, mais je l'ai perdu à la réponse de son mari. Les mousquetaires et Constance sont stupéfaits. Le Roi lève la séance. Rochefort prend soin de m'accompagner dans ma cellule. Elle est froide et humide. C'est la première fois que je suis enfermée dans une prison. Mais je ne m'attendais pas à avoir une telle condamnation. Il me ricane au nez avant de me laisser seul dans cet endroit lugubre. Il n'y a pas un mot. Les mousquetaires sont encore dans le château. Constance les avait rejoints.

« _ Vous ne pouvez pas laisser le Roi faire ça ! Râle-t-elle.

_ Je vais essayer de retourner chez moi et chercher cette fichue lettre.

_ On fera de notre mieux Constance, tente de rassurer D'Artagnan.

_ Elle n'a vraiment pas l'air d'être une traitresse. Le Roi a été fort dans son jugement.

_ Il a surtout basé son jugement sur une lettre envoyée par le conseiller espagnol, rappelle Porthos.

_ Ne tardons pas trop, s'exclame Athos pressé de retourner sa main. »