Tout indiquait que la nuit devait être calme. Les blessés et malades étaient stables il n'y avait pas de conflit attendu. Evidemment, il y avait la possibilité qu'un dragon arrive, brûle tout et reparte. Mais si cela devait arriver, alors le calme au Temple ne serait plus une question pertinente, puisqu'il n'y aura plus de Temple.
Et bien sûr, Avriel n'avait pas compté sur le fait qu'Erika parlerai de sa conversation avec lui, avec les trois Compagnons. Une heure après minuit, la porte s'ouvrit et un vieil homme entra. Il avait une marque de guerre du la joue, une longue barbe blanche et des cheveux similaire. Il portait avec une certaine fierté une armure qu'Avriel reconnue tout de suite : Erika avait porté la même, ainsi que Vilkas. Ce dernier, d'ailleurs, suivi le vieux nordique. Erika arriva ensuite, le regard fuyant et le feu aux joues.
« Je suis désolée… »
Erika fut coupée par Kodlak, avec un geste sec de la main. Il se tourna vers Avriel qui, au point où il en était, s'attendait à tout.
« Que savez-vous de nous ? » Demanda le vieil homme.
En voilà une vaste question. Qu'est-ce qu'il savait des Compagnons ou plus spécifiquement du Cercle. A l'évidence, Kodlak parlait de la lycanthropie. Mais un imbécile aurait cherché à jouer sur les mots.
« Pas assez. » Répondit Avriel. « Si vous voulez en discuter, faisons-le dehors. Qui sait qui peut vous entendre ici. »
L'elfe leur présenta la porte et les suivit dehors.
« Je suis certains qu'Erika vous a déjà expliqué ce qu'elle m'a dit. »
« On sait qu'elle nous a mentit et cherchait à nous éviter. » Gronda Vilkas.
Mentir aux membres de sa guilde ? Voilà qui était dangereux. Même si chacun à ses secrets, révéler les secrets de l'organisation et dissimuler ce fait était un poil stupide. Surtout si les-dit membres ont un flair et une ouïe plus développer que la normal. Un nordique lycanthrope pouvait entendre aussi bien qu'un Altmer pur-sang. A cet instant, Avriel pouvait entendre le rythme angoissé du cœur de la jeune femme. Il pouvait aussi entendre celui de Vilkas, en colère ou bien anxieux. C'était difficile à dire.
« Donc vous ne savez rien. » Conclu Avriel. « Elle m'a demandé mon aide concernant votre problème. »
« Nous n'avons pas besoin de votre aide ! » S'exclama Vilkas immédiatement. Il fut interrompu par Kodlak, d'un geste de la main. Cet homme inspirait beaucoup d'autorité.
« Au contraire. » Dit Avriel.
« Expliquez-vous. » Ordonna Kodlak.
« J'ai étudié le sujet. Soit vous avez besoin de soins, soit vous avez besoin de partir en chasse. Dans les deux cas vous avez besoin de magie. » Résuma rapidement Avriel.
Il leur expliqua, de manière simple et synthétique ce qu'il avait découvert dans ses recherches. Erika eut un brin d'espoir, Vilkas était méfiant et Kodlak était tout simplement impassible. Probablement avait-il appris à ne pas avoir de faux espoirs.
« Nous devons partir en chasse, alors. » Dit-il à la fin des explications. « Ce sont des sorcières –des harfreuses—qui ont contaminées les premiers Compagnons. Mais qu'est-ce que ce rituel dont vous parlez ? »
« Un Rituel de Purification Sublime. » Annonça Avriel. « L'un des plus difficiles à faire, mais rien que je ne puisse pas accomplir. J'en ai fait quelques-uns dans le passé. Ils ne sont loin d'être discret mais c'est le seul moyen que je connaisse qui puisse être suffisamment puissant pour détruire la source de pouvoir de la malédiction. On purifie les têtes de ses harfreuses, on purifie votre corps et votre âme. »
« Pourquoi les têtes ? » Demanda Erika.
« Il est souvent dit que le siège de la magie est l'âme, elle-même logée dans les yeux ou le cœur. Mais les harfreuses sont aveugles et dépourvues de cœur. Le seul siège de leur pouvoir qui reste est donc leur cerveau—leur tête. Apportez-les-moi : une par lycanthrope. »
« Vous pouvez vraiment le faire ? » Insista Erika.
Avriel lui adressa un regard peu impressionné. Plus son sourcil l'élevait sur son front, plus Erika s'aplatissait sur place, réalisant la stupidité de sa question. Quand il s'agissait de magie, il fallait plutôt se demander ce qu'Avriel n'était pas capable de faire. La liste serait alors bien plus courte. La réaction de l'Altmer était tout à fait digne des stéréotypes que les nordiques avaient sur les elfes du Domaine. Les deux autres Compagnons furent donc tout à fait exaspérés. Ils furent aussi un peu étonnés par la dynamique entre Avriel et Erika. L'elfe savait qu'il n'était pas aussi ouvert avec les autres personnes dans la ville. Avec les autres citoyens de Blancherive, il était particulièrement attentif aux mœurs, aimable (autant que possible) et faisait en sorte de se mettre un peu en retrait. Mais avec Erika, il exprimait le fond de sa penser bien plus facilement et bien plus souvent. Il y avait une sorte de rivalité amicale quand il s'agissait de magie, il avait le dessus, quand il s'agissait de tout le reste, elle avait le dessus. Avriel s'était un jour fait la réflexion que s'il n'avait pas survécu par la grâce d'Erika, lui et la nordique n'auraient pas ce genre de relation. Une amie. Elle était son amie. L'idée était étrange, nouvelle.
Les premières fois qu'Avriel avait fait ces rituels, il n'avait été qu'assistant dans une équipe de six magiciens. Mais les autres, il les avait faits en toute autonomie. Connaître ce genre de chose est plutôt pratique face à des adorateurs de daedras. Il était certain de ses connaissances et de ses compétences. Le plus compliqué était, selon lui, de réunir les ingrédients. Le principal –les têtes des harfreuses—était le plus difficile à obtenir pour des raisons évidentes de sécurité. Quand aux autres ingrédients, ils étaient difficiles à trouver du fait de leur rareté. Trois ninroot, dix raisins de jazbay, deux doses de sels de feu, un cœur d'humain par rituel. Avec Erika et Kodlak, cela reviendrait à six ninroot, vingt raisins de jazbay, quatre doses de sels de feu et deux coeurs d'humains. Mais si d'autres Compagnon, comme Vilkas et Farkas voulait se libérer de leur malédiction, les doses allaient s'envoler... les prix et les risques avec. Du temps où il était Thalmor, Avriel n'avait pas besoin de chercher longtemps pour un cœur humain : la morgue ou la prison en avait beaucoup. Mais ici ? Skyrim était très méfiante envers la magie l'alchimie n'en n'était pas si éloignée. Où est-ce qu'il allait pouvoir trouver un coeur d'humain ? L'elfe annonça qu'il allait se débrouiller pour trouver les autres ingrédient (il était préférable que les autres ne sachent rien de ses agissement) les Compagnons devaient se concentrer sur l'éradication des harfreuses. Kodlak ne manifestait aucunes émotions, mais Avriel eut le sentiment qu'il était volontaire. Erika était plus que motivée. Ce fut Vilkas qui eut le plus de mal avec ce plan. Il dit, sans lâcher Avriel des yeux, que son frère Farkas ira à la chasse à sa place. Vilkas voulait rester pour garder un œil sur le magicien. Aucun des Compagnons qui l'accompagnaient ne purent le rassurer. Voilà qui allait être un problème.
« Êtes-vous d'accord avec l'idée d'avoir Vilkas à vos côtés ? » Demanda Erika, espérant que la réponse décrive une certaine indifférence. Elle fut déçue.
« Cela me gêne, effectivement. Si Vous voulez l'accompagner, Vilkas, il faudra que vous soyez d'accord avec l'idée de ne pas aimer ce que je vais faire. Si vous êtes certains de ne pas supporter mes agissements, alors rester avec les vôtres. »
« Je ne vous laisse pas le choix, elfe. » Répondit Vilkas entre les dents.
« Vous l'aurez voulu. » Grommela Avriel. « Vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenu. »
Avriel fut le premier à partir. Il entra dans le temple, suivit de près par Vilkas. Toute la nuit le Compagnon surveilla du coin de l'œil l'elfe. Ce dernier eut la nausée : la sensation d'être observé le faisait réaliser à quel point son autre vie, au Domaine, avait été inconfortable. Cependant, il essaya de faire abstraction du nordique. Dans sa tête, il fit la liste des ingrédients et où les trouver. Arcadia avait probablement de quoi commencer mais était-il raisonnable de risquer le secret des Compagnons ? Le Temple avait certes besoin d'ingrédient pour ses potions mais aucune de ces mixtures n'exigeaient ces ingrédients particuliers.
Il allait devoir partir en expédition. Les ninroots étaient rare mais prévisibles. Les raisins de jazbay allaient être un peu plus difficile. Pour les sels de feu, Avriel avait besoin d'un grand espace isolé pour invoquer un astronach de feu (Vilkas allait pouvoir être utile !). Les cœurs n'étaient pas difficiles à trouver… ils étaient juste les plus moralement problématique. La guerre civile remplissait les terres de soldats. Les soldats se battent et meurent. Avriel avait des moyens de dissimuler l'absence de coeurs. Mais Vilkas était là.
L'Altmer poussa un long soupir exaspéré. Fichus nordiques avec un code d'honneur… Avriel ravala sa frustration. Les coeurs iront en dernier : avec un peu de chances, Vilkas sera obliger de retourner à Blancherive d'ici qu'ils trouvent tous les ingrédients.
Avec un peu de chances…
