Lost in the Sand of Time

Auteur: Jelyel

Titre: Lost in the Sand of Time

Pairing: HP/ TJ… Classé M, pour plus de marge de manœuvre !

Spoiler: Les quatre premiers tomes sont pris en compte. A partir de l'été de la quatrième année d'Harry j'ai pris la liberté de tout modifier pour les besoins du récit.

Ainsi, il a passé son été à être entraîné par des membres de l'Ordre et a continué toute l'année en cachette dans la cabane hurlante sous le nez d'Ombrage.

Sirius est mort et l'histoire prend place juste après sa mort, un peu avant la fin de l'année scolaire.

Résumé: la guerre se rapproche inexorablement, Harry doit se tenir prêt. Un simple tour des Serpentard en cours de potion provoque une catastrophe ! Et Harry atterrit grâce aux caprices du temps exactement à l'époque où il aimerait le moins se trouver !

Temps de parution: euh... Je vais faire mon possible pour pas vous refaire le même coup

Avancement de la fic : pour le moment il y a 11 chapitres écrits et je m'atèle à la suite !

Résumé des chapitres précédents : lors d'un incident provoqué par les Serpentard en cours de Potion, Harry est envoyé dans les années 1940 à l'époque où Tom fait ses études à Poudlard. Dès lors Harry décide de tenter malgré les risques de changer le cours du temps en tentant de briser la barrière que le futur mage noir a placé entre lui et les autres. Tom est aussitôt intrigué par Harry, élève débarquant de nulle part dont la puissance équivaut à la sienne. Commence alors un véritable jeu du chat et la souris où chacun tente de percer l'autre à jour. L'un comme l'autre sent qu'un lien étrange les unis et des choses qu'ils n'expliquent pas se produisent au moindre contact. Un jour Harry surprend Tom penché sur les archives des élèves de Poudlard, il semble chercher activement quelque chose. Harry en échange de livres rares de sortilège lui demande de lui révéler ce qu'il cherche et de l'autoriser à l'aider dans ces recherches. Tom, après une semaine de réflexion, finit par accepter le marché proposé par Harry en lui exigeant encore un peu de temps pour continuer seul ses recherches ! Mais le soir même, le Survivant fait un étrange cauchemar se révélant être un souvenir de l'enfance du futur mage noir. Tom tente alors de lire dans son esprit la manière dont il a pu voir cela et qui il est exactement.

Note : Je m'excuse sincèrement pour ce retard énorme (c'est même plus du retard à ce stade là !) mais j'ai été en plein déménagement tout l'été et les connexions internet ne sont toujours pas rétablies et les ordinateurs sont en réparation pendant qu'ils ne servent pas. Je profite du temps que j'ai pour poster rapidement ce chapitre qui j'espère vous plaira !

Je vous remercie infinimment pour toutes ces reviews que vous m'avez envoyées ! J'espère avoir répondu à tout le monde, dans le cas contraire faites le moi savoir, j'estime que vous avez le droit à une réponse quand vous prenez le temps de m'offrir un avis !

Je remercie mes petits revieweurs anonymes qui peuvent me laisser des adresses mails pour des réponses plus complètes : Chobits155 (merci beaucoup ! Non t'inquiètes pas je suis pas une sadique xD), severusremus ( ton adresse ne s'est pas affichée à cause des réglementations du site concernant toutes sortes d'adresses... Si tu veux essayes de me la redonner en mettant des espace ! Et pour répondre à ton doute concernant le "gentil ou gentille" c'est bien "gentille" ^^), adenoide (merci et Mcgo n'était pas prof de métamorphose à l'époque et comme je ne savais pas trop qui mettre comme prof de DCFM... c'est plausible qu'elle ait pu l'enseigner en théorie ^^), Guest (merci beaucoup !)

Bonne lecture !


CHAPITRE 7

Les vacances de la Toussaint arrivèrent et avec elles les couleurs chaudes de l'automne. Ni Tom, ni moi, n'évoqua à nouveau l'incident de cette nuit-là. La semaine de réflexion qu'il m'avait demandé s'achèverait demain soir. Le château s'était vidé de ses élèves. A mon grand soulagement, Declan retournait dans sa famille pour les vacances, j'appréciais beaucoup son humeur joviale mais, depuis peu, je me lassais de l'admiration dans son regard. Et surtout de cette insistance agaçante pour toujours être à mes côtés, moi qui aimais parfois me retrouver un peu seul pour penser plus posément... Il n'avait cessé de me presser de questions concernant la nuit de mon cauchemar que Cameron avait dû lui raconter. J'avais capté les regards d'excuse que Cameron me lançait à chaque fois que Declan m'interrogeait. Je ne lui en voulais pas, il ne pouvait pas se douter de la réaction du jeune homme et de son entêtement à me soutirer des informations.

Moi-même, je m'étais posé beaucoup de questions. Je savais que ce que j'avais vu était un souvenir de Tom, un souvenir d'orphelinat. Je me souvenais aussi de l'horreur qui m'avait saisi en me réveillant. Voir de telles choses si jeune ! Et ces garçons qui avaient tué la fillette, lui avaient-ils fait du mal à lui aussi ? Je me doutais bien que, pour être devenu un mage noir, son enfance ne devait pas avoir été rose, mais en avoir la preuve concrète sous les yeux changeait la donne et octroyait une autre dimension à Tom.

J'avais beaucoup de choses à penser et les questions incessantes ainsi que l'inquiétude permanente de Declan m'embrouillaient les pensées plus qu'autre chose.

A présent, nous n'étions que deux élèves de Serpentard de cinquième année à rester à Poudlard : Tom et moi. Evidemment. J'appréhendais de me retrouver à nouveau seul avec lui. Mais j'appréhendais hélas autant que j'attendais avec une impatience grandissante qu'il m'adresse la parole. Et cette contradiction formait une étrange lourdeur dans mon estomac qui ne semblait pas vouloir me lâcher.

Le samedi soir vint tranquillement, j'avais étudié une bonne partie de la soirée, passé un peu de temps avec Hedwige à la volière et n'avais pas croisé Tom de la journée. C'est donc l'esprit tranquille que je pris le chemin du dortoir en reniflant légèrement, pensant que le serpent dormait déjà. Merde... J'avais dû attraper froid dans la volière exposée aux quatre vents. Fallait que je pense à aller à l'infirmerie, un peu de Pimentine et tout serait rég... Ah non pas l'infirmerie. Je ne l'aimais pas l'autre tarée en blanc qui se prétendait infirmière.

Je montai donc me coucher sur ces charmantes pensées. Lorsque j'arrivai dans le dortoir, je découvris Tom, assis négligemment au bord de la fenêtre. Il ne m'avait pas entendu entrer, ainsi j'en profitai pour le détailler un peu. Les reflets de la lune lui donnaient un teint encore plus pâle que d'habitude et ses traits si fins et anguleux ressortaient davantage. Ses yeux bleus luisaient à la lueur de la petite flamme qu'il faisait danser près de lui pour s'éclairer. La lueur du feu donnait à ses cheveux d'un noir de jais des reflets rougeâtres et dansants rendant sa chevelure comme vivante. Une peinture ou une photo n'aurait su rendre honneur au tableau qu'il m'offrait. A la fois immobile et en mouvement. Fascinant, magnifique et envoûtant. Je n'eus pas la force de m'empêcher de penser cela tant c'était une évidence. Il était la beauté à l'état pur, ce n'était pas contestable.

Je me forçai à sortir de ma rêverie quand je remarquai que je l'observais depuis trop longtemps et m'obligeai à faire du bruit pour manifester ma présence. Ce que je fis en donnant un coup de pied peu discret dans la malle au pied de mon lit. Il ne tourna même pas la tête vers moi et je décidai donc de l'ignorer, comme je l'avais si bien fait toute la semaine. Contre toute attente, il ne m'en laissa pas l'occasion :

- J'accepte tous les termes du contrat.

Je me figeai instantanément dans mon élan pour rejoindre mon lit adoré. Sa voix était douce, sans trace d'animosité ou de froideur. Elle était douce mais les inflexions étaient d'une neutralité effrayante.

Je relevai lentement la tête vers lui, pas sûr d'avoir bien entendu. Il n'avait pas bougé d'un iota. Il déplaça seulement sa main qui vint jouer avec la flammèche devant lui. Les flammes se reflétait toujours dans ses yeux, faisant flamboyer ses perles bleues d'une lueur maline. Il était rusé, beaucoup trop. Ce feu bleu, dansant dans ses yeux ne faisait que renforcer ce sentiment. Il était un feu froid. Un paradoxe incroyablement fascinant. Sous son aspect glacial, je sentis en cet instant l'ampleur de l'homme qu'était Tom Riddle, mais surtout cet incendie ravageur qui se consumait en lui sans pouvoir s'exposer au grand jour. Un feu contenu dans un étau de glace. Une passion enfermée se déchaînant sans cesse dans son corps. Je savais qu'elle avait éclatée lorsqu'il était devenu Voldemort. Mais lorsqu'il avait libéré enfin ce qu'il était, personne n'avait été là pour catalyser ses émotions. Il les avait, après tout, enfermées si longtemps. Je me jurai de ne plus le lâcher d'une semelle, cette crise d'identité risquai de tomber sous peu et je ne voulais pas qu'il devienne ce que je connaissais de son futur.

- Très bien, prononçai-je lentement. Je te laisse donc à partir d'aujourd'hui l'accès à mes livres. Bien que je ne doute pas du soin que tu leur accorderas, je te prierai juste d'y faire attention. Ils sont rares et me sont surtout très précieux. Une sorte de valeur sentimentale, si tu veux.

Il hocha la tête. Un vent violent fit légèrement claquer le verre de la vitre et un filet d'air frais s'infiltra par une petite fente de la fenêtre, faisant vaciller la flamme. Seule cette petite lumière éclairait la pièce, nous plongeant dans un éclairage étrange.

- Mon père, dit-il soudain.

- Quoi ? fis-je intelligemment, sans percuter où il voulait en venir.

- C'est mon père que je cherche dans les archives, ajouta-t-il.

Je compris enfin de quoi il me parlait, il respectait sa part du marché. Je hochai donc la tête, signe que je l'écoutais.

- Je ne sais rien de lui, hormis qu'il était surement un sorcier. Je ne sais pas son âge, seulement son nom. Nom dont j'ai plus ou moins hérité.

- Tom ? Hasardai-je.

- Thomas plus précisément, ma mère m'a uniquement donné le surnom par lequel on devait le connaitre. Il s'appelait Thomas Riddle.

Il y eut un silence. Ce nom me rappela quelque chose. Quelque chose que j'avais voulu oublié il y a des mois de cela. Un flash traversa mon esprit. Je revis la faucheuse me tenir au dessus d'une tombe et mon corps tressaillit violemment. Je secouai la tête, tentant de me remettre les idées en place. Tom m'observait, le regard indéchiffrable. Il avait remarqué mon moment d'absence et me sondait du regard. Cette sensation désagréable de fourmillement me reprit, signe que sa conscience effleurait la mienne. D'un regard, je le dissuadai, érigeant une véritable forteresse mentale. Et mes yeux lui disaient clairement « pas cette fois». Comme si de rien n'était, il rompit le contact visuel et la sensation de malaise prit fin. Je décidai à mon tour d'ignorer l'incident.

- Et c'est tout ce que tu as ? demandai-je.

Il hocha la tête et je crus voir de la lassitude passer sur ses traits. Ses recherches ne devaient pas dater d'hier !

- Je m'en tiendrai à ce que j'ai dit. Je t'ai offert mon aide, je t'aiderai donc à retrouver trace de tes parents.

Il se leva souplement et la petite flamme le suivit. Il disparut derrière son lit à baldaquin sans un mot de plus... Que le jour où j'arriverais enfin à la comprendre soit marqué d'une pierre blanche !

Je me couchai à mon tour, un léger sourire aux lèvres face à cette petite victoire personnelle contre le mur de glace qui entourait Tom Riddle.

Dès le lendemain je me rendis à la bibliothèque et commençai mes propres recherches. Après tout, éplucher les archives était bien plus rapide à deux.

Seulement voilà, ne sachant pas l'âge de son père, je sélectionnai une tranche d'années dans laquelle il était possible qu'il ait étudié à Poudlard.

Mais il s'avéra qu'avec le flot de questions et de pensées parasites qui me tournaient dans la tête, j'avais du mal à me concentrer. Je ne parvenais plus à comprendre ce qui m'arrivait. Je débarquai sans savoir vraiment comment à une époque où je n'étais même pas né. Je me retrouvais, comme par hasard, dans la promotion de Tom Riddle alias Voldemort et, accessoirement, de mes grands-parents paternels. Ma cicatrice m'avait fait mal une fois et je faisais toujours des rêves sur Voldemort mais, cette fois-ci, concernant son passé. De plus, Riddle avait vraiment un comportement étrange et ce lien entre nous n'était pas anodin. Je savais depuis toujours que nos destinés étaient liées par un lien de mort mais, là, la sensation était différente.

Je me pris la tête dans les mains et m'ébouriffai les cheveux en râlant à propos d'un destin stupide et compliqué pour pas grand-chose. Soudain, je sentis un souffle sur ma nuque et je me raidis si vite que j'entendis à demi les os de mon dos craquer dans un bruit sec et un peu effrayant.

Je n'osai me retourner de peur de le frôler accidentellement et que la sensation inexplicable revienne. Bon sang, les mystères n'étaient pas faits pour moi, ils étaient faits pour Hermione !

- Tu abandonnes déjà, dit-il d'une voix douce et son souffle caressa ma joue, m'envoyant des frissons dans tout le corps. C'est pourtant de toi-même que tu as voulu interférer dans des affaires qui ne regardaient que moi.

Il avait parlé si près de mon oreille que je pus admirer le roulement doux et vibrant de sa voix… cachant des paroles mordantes et pleines de reproches.

- Non, répondis-je, la voix légèrement étranglée.

Je me raclai la gorge et repris :

- Je me disais juste que si tu me donnais des informations sur ta mère, les recherches seraient plus faciles.

Il y eut un silence puis il se déplaça derrière moi pour aller s'assoir à une chaise en face.

- Ma mère était une moldue, elle ne serait pas morte en me mettant au monde si cela en avait été autrement. Le seul m'étant accessible est donc mon père. Je ne saurai chercher dans le monde moldu.

Il se saisit d'un dossier d'archives d'une année et commença à l'éplucher. Je remarquai que, comme la dernière fois où je l'avais surpris à lire ces mêmes archives, il formait légèrement de sa bouche les mots qu'il lisait. Je l'avais vu faire à plusieurs reprises lorsqu'il était particulièrement concentré. C'était un spectacle assez fascinant et je me forçai à lever les yeux de ses lèvres. Je me détournai de lui et me saisis à mon tour d'un lourd dossier. Et ainsi passa notre après-midi. Nous n'échangeâmes que peu de mots et une étrange sensation de malaise ne me quitta pas de la journée, sans doute due aux évènements récents et à cette proximité autour de la table. Plusieurs fois, nos jambes s'effleurèrent lorsque l'un de nous les étiraient, électrisant ma peau et m'obligeant à me répandre en excuses.

Les jours passèrent ainsi sans que nous ne trouvions rien, j'avais aperçu à nouveau une lueur lasse dans ses yeux océan. Et je m'en voulais de ne pas pouvoir l'aider davantage… à moins que... Une phrase que j'avais entendue lors de ma quatrième année me revint de la même manière que ce flash étrange « …la tombe de mon moldu de père ». Voilà ce que Voldemort m'avait dit alors que la statue me retenait de sa faux ! Pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt ?! Depuis le début je tenais une partie des origines de Tom mais, trop occupé à penser à ce que je faisais ici et pourquoi il avait un tel comportement, cela m'avait échappé. J'avais délibérément oublié ce qui s'était produit dans le cimetière ce soir-là. Trop dur, je n'étais pas assez fort pour ça. Et honnêtement, la douleur de ma cicatrice avait rendu flou tout le discours du vieux mégalomane. Je regrettais à présent car, si je m'étais souvenu de cette phrase, le reste avait, quant à lui, plus de mal à revenir. Pourtant, je savais que je détenais des informations importantes.

J'appuyai ma tête sur la table de la bibliothèque où nous étions encore assis et la tournai vers Tom, assis à côté de moi, que j'observai avec insistance, tentant de faire remonter à la surface mes souvenirs perdus.

Je vis ses sourcils se froncer, signe qu'il m'avait vu le fixer, mais il m'ignora superbement. Au bout de dix minutes néanmoins, il se tourna vers moi.

- Trop fatigué pour continuer Evans ? dit-il d'une voix traînante.

Je l'observai toujours, la tête renversée sur la table, l'air plus concentré que jamais. Il posa le dossier qu'il lisait sur la table et croisa les bras devant lui pour y poser sa tête, rapprochant son visage du mien. Nous nous fixâmes dans les yeux pendant ce qui me sembla être une éternité.

- A quoi tu joues ? ajouta-t-il d'une voix affreusement neutre.

Son souffle chaud effleura mon front et je me retins de ne pas frissonner. Je ne répondis pas, ne voulant pas perdre le fil de ma contemplati…euh de ma concentration.

Un silence s'étira pendant lequel il ne me lâcha pas des yeux. J'étais conscient de la chaleur qui me montait au visage et fut heureux de ne pas faire partie de ces personnes qui rougissent encore plus facilement que moi. Je bénis ces heures de « méditation » avec Remus où j'avais appris à reprendre le contrôle de moi-même… Ah ! Méditation !

Je me levai brusquement de ma chaise la renversant au passage.

- Je vais…euh réfléchir un moment ! lançai-je à la volée en quittant la bibliothèque précipitamment.

Je n'eus pas le temps de voir plus en détail le regard étonné de Tom, ni celui courroucé de la bibliothécaire. Vieille peau…

Aussitôt arrivé dans le dortoir, je me mis en tailleur sur le lit et fermai les rideaux d'un coup de baguette. Je me forçai à respirer, ayant un rythme respiratoire un peu plus élevé à cause de ma traversée au pas de course du château.

Puis, d'un seul coup, toute motivation me déserta. Et l'évidence s'installa. Je n'avais aucune envie de revivre ça. La mort de Cédric me hantait toujours parfois et j'étais bien heureux de ne pas me souvenir de grand-chose du reste. Mes épaules s'affaissèrent légèrement à cette pensée.

Ma puissance magique avait peut-être augmenté, mon physique s'était peut-être solidifié, mais mon mental bloquait sur des choses que je ne parvenais pas à dépasser. Et ça faisait mal. Ça faisait tellement mal. Je me sentais faible.

Je repensai au petit garçon terrorisé. Tom… lui aussi avait grandi sans vraie famille... comme moi. Mais moi, j'avais eu la chance de trouver des amis extraordinaires qui avaient largement compensé. Puis j'avais retrouvé mon parrain et Remus, des pères de substitutions pour moi. Sans parler des Weasley qui me considéraient comme leur fils adoptif. Il y avait aussi Dumbledore, ce vieux fou complètement dingue de sucreries, un grand-père sans doute. Bien qu'un grand-père un peu étrange.

Et Tom, lui, qu'avait-il ? De l'admiration, tout au plus, de la part de ces camarades. Pas d'affection, il montrait tellement peu de sa personnalité qu'il était impossible de l'apprécier pour ce qu'il était.

J'imaginais facilement qu'avant Poudlard, l'orphelinat n'avait pas dû être joyeux, dans mon rêve tout semblait délabré et sombre. Sombre et fermé comme lui.

Je lui devais bien ça. Au moins à l'enfant qu'il avait été. Et peut-être... Pourquoi pas tenter de changer les choses ? Je me savais un peu prétentieux en pensant ça, mais je crois qu'à ce moment-là, j'espérais sincèrement combler le vide affectif qui semblait le hanter. J'aurais voulu briser la glace et le comprendre un peu plus. Pour le petit garçon terrorisé qu'il avait été, je décidai d'être fort.

Alors pour lui, je pris mon courage tout Gryffondor à deux mains et inspirai un grand coup. Puis, je fermai les yeux en expirant profondément. Déjà, je sentis ma magie s'étendre et circuler à un rythme lent, presque sensuel, et me mettre en état de transe. Lentement, je m'enfonçai dans une conscience plus étendue, plus ouverte, où les possibilités de l'esprit dépassaient l'entendement. C'était la seule solution pour l'aider. Alors, avec précaution, je remontai le fil du temps de ma mémoire pour finalement arriver à cette fameuse nuit au cimetière. Un éclair de souvenir me secoua.

Le vieux Franck m'apparut comme dans mon rêve pendant les vacances d'été de ma troisième année. Au dessus du portail menant au manoir, je revis le nom de la propriété : "Manoir Riddle"

«Little Hangleton » entendis-je de la voix de Franck.

Puis le visage du jardinier se transforma en une tête hideuse de serpent :

« Tu te tiens au-dessus des ossements de mon moldu de père »

Un ricanement grinçant, puis un autre flash.

« Je les aie retrouvés et je les aie tous tués »

Le rire se fit plus crissant, plus insupportable.

« Ma mère était une sorcière, elle est morte en me mettant au monde… Abandonnée par mon moldu de père.»

Puis, je remontai encore plus loin, ma deuxième année, la chambre des secrets se dessina devant mes yeux clos.

« Je suis l'héritier de Serpentard ! »

Cette phrase résonna avec force, comme un écho, tandis que l'énorme gueule d'un serpent géant se refermait sur moi.

Je me revins à moi en sursaut, avec la sensation d'un croc de basilic dans le bras sur lequel je plaquai une main crispée. Je m'étais endormi sans même m'en rendre compte. Je me redressai sur un coude, ayant glissé dans ma somnolence.

D'un seul coup, je me redressai totalement. J'avais tous les éléments en tête, reconstituer le puzzle devenait aisé.

Je savais que le père de Tom était un moldu. Je savais également qu'il avait retrouvé ses grands-parents et son père. Il les avait froidement tués et le vieux jardiner, Franck, avait été soupçonné par les moldus du coin.

Quant à sa mère, elle était une sorcière, c'était d'elle que lui venait le sang de Salazar Serpentard, elle était morte en couche.

Et j'avais mieux comme informations. Je savais exactement où commencer mes recherches pour trouver le père de Tom : Little Hangleton, où se dressait le vieux et sombre manoir Riddle.

Sonné par cette plongée au cœur de ma tête, je me laissai retomber dans mon lit, l'adrénaline du moment passée.

Tom ou plutôt Voldemort avait tué sa famille du côté paternel. Pourquoi ? Parce que son père avait abandonné sa mère ?

Je n'avais plus la force de réfléchir, je devais seulement savoir s'il était judicieux de faire part de ces nouvelles données à Tom. Si oui, comment justifier la manière dont je les avais eu ?

Non, le plus sûr pour moi était d'abord de les vérifier. Une petite virée à Little Hangleton s'imposait. Je m'endormis encore une fois la tête pleine de pensées.


Chapitre remanié par mes soins, parce que l'écriture date !

Merci beaucoup d'avoir lu !

A bientôt pour la suite !

Lot of Love,

Jelyel