Voici enfin le chapitre 7 lol

Coleen va faire des découvertes capitales pour son enquête!!

Merci à ceux qui lisent toujours et qui m'ont laissée des reviews !!!

Bonne lecture!! J'espère que ce chapitre vous plaira!!


La cabane hurlante

Comme la nuit précédente, Coleen dormait d'un sommeil agité peuplé de rêves de loup-garou. La bête avançait lentement vers elle et l'attaquait férocement avant de hurler à la pleine lune. Coleen avait peur mais ne pouvait se débattre. Elle savait qu'il ne s'agissait que de son imagination mais il lui était impossible de s'en tirer. Ce fut finalement un bruit salutaire et inconnuqui la sauva, un son violent de claquement lourd en provenance de l'extérieur. La jeune fille ouvrit des yeux vitreux et s'aperçut que la fenêtre était ouverte et que le bruit venait sans doute du parc. La nuit était déjà bien avancée comme pu le constater Coleen en voyant que son réveil indiquait deux heures du matin.

A présent qu'elle avait quitté le pays des songes, il lui était impossible d'y retourner facilement, d'ailleurs en avait-elle vraiment envie ? Si c'était pour subir une nouvelle attaque imaginaire, elle était mieux dans le monde réel. De plus le bruit de l'extérieur avait éveillé sa curiosité. L'adolescente se leva lentement, abandonnant la tiédeur confortable des draps pour affronter la fraîcheur nocturne de la pièce, et se dirigea vers la fenêtre. Le parc était légèrement éclairé par des rayons de lune. Coleen vit d'emblée ce qui avait attiré son attention : le Saule cogneur s'agitait comme un dément au beau milieu du parc, comme s'il chassait des mouches invisibles. Coleen ouvrit des yeux démesurément grands, médusée par le spectacle car c'était la première fois de sa vie qu'elle voyait l'arbre magique en action. D'ordinaire, personne n'avait le droit de s'en approcher tant il était dangereux et comme un camarade avait apparemment failli perdre un œil quelques années plus tôt, personne ne se risquait à désobéir par peur de déclencher la fureur des branches.

Coleen ne put détacher son regard du végétal ensorcelé tout en se demandant ce qui l'énervait à ce point. Y avait-il quelque chose dans son périmètre ? Poussée par la curiosité, elle s'éclipsa une fraction de seconde, le temps d'aller chercher en vitesse la paire de jumelles planquée dans sa valise. Elle les darda vers l'arbre et put voir alors avec stupéfaction qu'un petit rat gris se glissait entre les branches. La malheureuse bête ! Elle allait se faire massacrer !

Pourtant ce ne fut pas le cas : à sa grande surprise, l'animal ne se fit nullement flageller par le saule et atteignit le nœud du tronc sur lequel il se posa. Aussitôt l'arbre se figea aussi paralysé qu'une statue. Depuis son observatoire, Coleen resta bouche bée devant ce phénomène mais les surprises ne s'arrêtaient pas là : sitôt que l'arbre fut immobile, une silhouette apparut comme par enchantement comme si elle avait transplané. On ne peut pas transplaner dans l'enceinte de Poudlard, se rappela Coleen en accentuant le zoom de ses jumelles, comment est-il arrivé là ?

Elle trouva bien vite la résolution de ce mystère en voyant la silhouette de dos fourrer une étoffe limpide comme de l'eau dans une poche de sa robe de sorcier. Une cape d'invisibilité ! comprit-elle songeuse. Malheureusement l'obscurité l'empêchait de voir à qui elle appartenait. Coleen vit l'inconnu s'avancer entre les branches statiques et disparaître dans l'ouverture qui s'était formé entre deux racines avec le rat. Alors ça ! se dit la jeune fille en éloignant ses lunettes de ses yeux. C'est trop bizarre ! D'abord un loup-garou qui circule dans le château, ensuite des cachettes secrètes dans le parc… drôle d'école !

Coleen réfléchit quelques secondes puis jeta ses jumelles sur son lit avant d'enfiler à grande vitesse un jogging et de se faufiler hors de la salle commune. A une heure aussi nocturne, les couloirs étaient déserts, même les tableaux dormaient. Seuls quelques fantômes circulaient près du plafond répandant des lueurs phosphorescentes dans la pénombre. Sans même user du sortilège d'éclairage, Coleen courut comme une dératée à travers le château, les bruits de ses pas étant étouffés par les tapis moelleux.

Elle ne mit que quelques minutes à atteindre le parc, redevenu des plus silencieux et s'approcha à pas de loup du Saule Cogneur tout en restant à bonne distance par peur de ranimer l'arbre magique. Voyant qu'elle était de plus en plus proche et que rien ne se produisait, Coleen songea que l'astuce du rat agissait toujours et qu'elle pouvait entrer sans danger, aussi baissa-t-elle sa garde. Ce fut une grave erreur ! Lorsqu'elle fut sur le point de toucher une des énormes racines, elle entendit un sifflement furtif derrière son dos et à peine put-elle se retourner qu'elle vit une énorme branche de bois à l'aspect d'un python menaçant fondre sur elle et la frapper de plein fouet, la faisant décoller du sol. Coleen voulut crier mais elle avait le souffle coupé. Elle roula de plusieurs mètres dans l'herbe le dos douloureux et commença à se relever lentement. Aussitôt deux autres serpents de bois l'attaquèrent sauvagement et Coleen n'eut d'autre choix que celui de rouler sur le côté pour éviter de se faire aplatir.

A bout de souffle, la jeune sorcière sortit sa baguette et la pointa sur le nœud du tronc en hurlant :

« Flippendo !

Aussitôt une boule de lumière bleue se forma à l'extrémité de sa baguette et alla frapper le nœud, figeant l'arbre instantanément. Coleen resta quelques secondes étendue dans l'herbe en respirant à fond, le temps de récupérer ses esprits. Puis elle prit conscience en entendant le passage s'ouvrir que l'arbre pouvait retrouver ses facultés à tout moment, ce qui la motiva pour se lever et se traîner péniblement dans le passage. Elle arriva dans un tunnel très étroit et tellement sombre qu'elle sortit sa baguette magique.

« Lumos ! murmura-t-elle.

Un rayon de lumière éclaira légèrement le passage qui menait tout droit et disparaissait dans les ténèbres. La jeune fille marcha le plus vite qu'elle pouvait, ignorant sa douleur. Elle se demandait qui était ce mystérieux garçon sous la cape d'invisibilité mais préférait ne pas se faire de pronostics idiots puisque la liste de suspects représentait le nombre d'habitants à Poudlard ! Coleen mit un temps fou à atteindre le bout du tunnel, seule dans l'obscurité, elle n'était guère rassurée et avait failli mille fois rebrousser chemin mais au point où elle était arrivée, elle ne pouvait plus reculer et devait savoir ce qui se cachait à la fin du chemin.

Quelle n'en fut pas sa surprise lorsqu'elle s'aperçut qu'elle venait d'entrer dans une sorte de maison abandonnée au plancher craquant et aux portes grinçantes. Coleen éclaira les alentours et réalisa que les lieux étaient affreusement ravagés comme si des vandales avaient tout mis à sac. Cela ne rendait l'endroit que plus inquiétant. Oh là où est-ce que je suis tombée ? se demanda-t-elle peu rassurée en visitant les alentours. Et où est passé l'inconnu avec la cape et le rat ?

La réponse survint très rapidement lorsqu'elle entendit une voix masculine approcher de l'endroit où elle se trouvait. L'inconnu parlait tout seul ?? Non il n'était pas seul, peut-être parlait-il à son rat. Beaucoup de gens s'adressaient parfois à leurs animaux comme s'ils étaient doués de parole également. Sauf que ce n'était pas le cas du visiteur mystère : Coleen s'était dirigée vers le couloir, prête à aller l'aborder avant de se figer de surprise au son d'une seconde voix masculine. Il y avait quelqu'un d'autre ! Cette vieille maison saccagée servait donc de demeure… et l'inconnu était venu lui rendre visite ? Mais qui pouvait vivre dans un taudis pareil ? Un sans-abri ? Perturbée par toutes ses interrogations, Coleen renonça momentanément à dévoiler sa présence et se cacha derrière la porte entrouverte pour écouter la conversation des deux garçons. Etrangement leurs voix lui paraissaient familières… très familières mêmes. Quelques secondes de concentration lui furent suffisantes pour les identifier : Sirius Black et Peter Pettigrow ! Mais que fabriquaient-ils dans cet endroit ?

- Tu es sûr que le livre n'est pas protégé par un sortilège ? demanda timidement Peter à voix tellement basse que Coleen déchiffra tout juste ses paroles.

- Puisque je te dis que j'ai vérifié trois fois ! lança Sirius d'un ton agacé. Pourquoi tu n'arrêtes pas de poser la question ?

- C'est par mesure de sécurité, marmonna Peter sur la défensive, ce serait ballot que la bible sur les loups-garous puisse être localisée ici. Non seulement Coleen Sandoval pourrait mettre la main dessus mais en plus elle découvrirait cet endroit.

- Queudver, il n'y a aucune chance pour que cette fille découvre notre cachette depuis Poudlard ! répliqua Sirius qui semblait de plus en plus agacé. C'est Dumbledore lui-même qui a mis en place le dispositif de protection et personne ne l'a jamais découvert en sept ans !

- Oui mais personne n'a jamais pisté Lunard auparavant, fit remarquer Peter d'une voix tellement inaudible que Coleen ne put entendre les derniers mots, je pense qu'il ne faut pas sous-estimer cette Sandy. Elle en a appris tellement en si peu de temps… elle est tellement mystérieuse… elle me filerait presque la chair de poule !

- Reste zen Queudver ! soupira Sirius d'un ton parfaitement détendu.

Les voix s'éloignaient mais Coleen ne pouvait se résoudre à bouger. Elle devait entendre la suite de cette conversation mais le moindre geste trop brusque pouvait trahir sa présence or il était crucial qu'elle ne se fasse pas remarquer. D'un geste apathique et parfaitement silencieux, elle tira sa baguette magique de sa poche et murmura dans un souffle imperceptible la formule d'amplification des sons. Les voix des deux maraudeurs étant les seuls bruits dignes de ce nom, elles furent magiquement amplifiées mais uniquement aux oreilles de la jeune fille qui fut tellement surprise de les entendre si bien à nouveau qu'elle sursauta en ravalant de justesse un cri.

- Lundi soir Lunard apparaîtra comme à chaque pleine lune dans cet endroit et ce n'est certainement pas une casse-pied comme cette Sandoval qui l'en empêchera, déclara fermement Sirius chacune de ses syllabes accentuée par le bruit de ses pas dans les escaliers craquants.

- Tu es trop sûr de toi Patmol, moi je ne suis pas tranquille ; grommela Peter d'un ton inquiet ; les maraudeurs protègent un loup-garou et Coleen est trop proche de nous. Remus a dit qu'elle portait une bague en argent au doigt. Je ne l'ai pas vue mais si c'est vrai, ça signifie qu'elle peut percer le lycanthrope à jour à tout moment.

- Peter ! siffla Sirius, qui de toute évidence en avait plus qu'assez de cette conversation. Coleen Sandoval n'est rien qu'une élève. Elle ne s'y connaît pas du tout en ce qui concerne les loups-garous. Les seules pistes qu'elle aurait pu trouvées résident dans le livre qu'on lui a dérobé et qui se trouve maintenant en sûreté dans la cabane hurlante. Elle essaye de nous faire peur avec ses soi-disant pouvoirs spéciaux et son anneau d'argent. Il ne faut pas entrer dans son jeu ! Reste calme sinon tu vas tout faire rater. Si elle devient trop gênante, on envisagera sérieusement de la mettre hors d'état de nuire mais pour l'instant, je pense qu'il n'y a pas à s'inquiéter.

La discussion cessa ici. Le charme magique ne fit plus d'effet et les deux garçons se trouvaient à présent trop loin pour qu'elle puisse continuer à suivre ce qui se disait. En état de choc, Coleen se laissa couler le long du mur poussiéreux jusqu'au sol non moins crade et tenta de faire le vide dans sa tête. Une foule de pensées se bousculaient dans sa tête : Sirius… Peter… tous les maraudeurs… cet endroit… le loup-garou… le livre disparu… Les quatre maraudeurs savaient qu'un loup-garou suivait une scolarité banale à Poudlard, dupant tout le monde ; pire encore : ils lui venaient en aide ! Et pour cela ils n'hésitaient pas à mettre des bâtons dans les roues de la jeune sorcière. Depuis le début ils sabotaient son travail pour protéger un monstre en secret. Peut-être même Remus faisait-il semblant de la séduire pour endormir sa méfiance. A cette pensée, Coleen sentit des larmes monter lentement au bord de ses yeux. Elle avait voulu se rapprocher des maraudeurs et elle découvrait déjà leur sombre personnalité. Pourquoi aidaient-ils un loup-garou ? S'agissait-il de l'un d'entre eux ? A cette pensée Coleen frissonna. Elle se serait trouvé si près du but depuis le début ? Elle ne pouvait y croire.

Toutes ces découvertes lui donnaient le sentiment d'avoir été trahie, blessée. Certes les maraudeurs ne lui devaient rien mais elle ne leur pardonnait pas le vol du livre et surtout le stratagème avec Remus. Comme si un garçon pareil aurait pu véritablement s'intéresser à elle. Quelle idiote ! De toute façon cela n'avait plus d'importance à présent. La jeune fille pouvait prendre sa revanche sur cette duplicité : elle en savait bien plus que nécessaire. Elle avait découvert la tanière du loup-garou et ses complices. Avec ou sans l'ouvrage de la réserve, elle démasquerait la bête. Et même si elle ne le trouvait pas sous sa forme humaine, elle saurait toujours ou le trouver sous sa forme animale lors de la prochaine pleine lune.

A cette pensée, un léger sourire de triomphe se dessina sournoisement sur ses lèvres. Elle considérait le travail comme pratiquement terminé désormais. L'adolescente se releva doucement et regagna d'un pas lent et macabre de zombie le château de Poudlard dans l'attente de la journée du lendemain. Alice n'en croirait pas ses oreilles lorsque son amie lui raconterait ce qu'elle avait découvert.

La matinée était déjà presqu'achevée lorsque Coleen ouvrit les yeux. Qu'importe puisqu'on était dimanche ! Elle en était même plutôt satisfaite puisqu'elle bénéficiait ainsi du dortoir pour elle toute seule, les autres filles étant déjà parties profiter du soleil à l'extérieur. Tandis qu'elle exécutait un petit brin de toilette dans la salle de bain, la jeune fille repensa à tout ce qu'elle avait vécu pendant la nuit. Les paroles de Sirius et Peter tournaient en boucle dans sa tête comme une bande sonore inaltérable et impitoyable. Elle n'avait pas oublié le ton dur de Sirius et celui agacé de Peter. Ils parlaient d'elle comme d'une adversaire. Ils la considéraient comme une ennemie ! Coleen était forcée d'admettre qu'elle en souffrait, Remus parlait-il ainsi d'elle lui aussi ? A cette pensée elle eut un nouveau frisson d'écœurement. Et dire qu'elle commençait à le trouver à son goût. C'était la première fois qu'un garçon lui plaisait vraiment depuis… aucune importance !

Quand Coleen quitta la salle de bain lavée et habillée, son attention fut aussitôt attirée par des coups secs frappés contre un carreau. Il y avait un hibou à la fenêtre qui cherchait à entrer et il portait avec lui un large colis. Le cœur empli d'espoir, l'adolescente vola littéralement jusqu'à la vitre qu'elle ouvrit d'un geste brusque pour laisser la place au volatile. Celui-ci atterrit sur son lit visiblement fatiguée de son voyage. Coleen ne prit pas la peine de lui offrir à boire ou quoi que ce soit et se pencha sur l'animal avec une violence quasie inhumaine pour lui arracher le paquet des mains. Sa brutalité offusqua l'oiseau qui tenta de lui mordre les doigts mais la fille l'ignora. Elle ressemblait plus que jamais à une droguée en manque de sa précieuse substance. Lorsque Coleen se fut enfin emparé du colis, elle déchira le papier kraft qui l'enveloppait et l'ouvrir avant de pousser un immense soupir de soulagement : le paquet contenait une douzaine de fioles et de boîtes de pommades.

Elle était sauvée !

Son angoisse retomba si brusquement qu'elle se sentit quelques secondes engourdie et dut s'allonger brièvement le temps de reprendre ses esprits. Tant de peur, tant d'attente… et puis finalement le soulagement. C'était une sensation merveilleuse qui lui fit comprendre que rien ne pourrait gâcher sa journée… rien… ni les maraudeurs, ni le loup-garou, ni même le hibou qui persistait à l'attaquer à coups de bec pour la punir de son mauvais comportement.

Totalement rassurée par l'arrivée de ses médicaments, Coleen se sentit soudain d'humeur beaucoup plus joyeuse et eut même envie d'éclater de rire. Radoucie et pleine d'énergie, elle se leva d'un bond et courut à la salle de bain chercher un verre d'eau pour remercier enfin le messager avant d'aller user de ses nouveaux produits. Le docteur Antisto avait joint à ses potions un message inscrit sur un parchemin roulé et glissé entre deux fioles ; Coleen préféra le lire avant de tester les substances. Parfois les doses et les consignes d'utilisation différaient, il valait mieux être prudente.

Ma chère Coleen,

J'espère que tu recevras ce paquet à temps. Ici la météo est exécrable et tous nos hiboux sont retardés. Mais rassure-toi je t'ai envoyé Arrow, c'est mon plus rapide coursier et je pense qu'il ne faillera pas sa mission.

J'espère aussi que ton paquet ne sera pas intercepté par le concierge car il renferme, comme tu le sais, des produits non commercialisés et donc potentiellement dangereux. N'oublie pas que je ne peux te les faire parvenir que si tu restes tenue au secret. C'est pourquoi je pense qu'il est inutile de te rappeler que tu ne dois parler de cela à personne pas même à d'éventuels amis.

Coleen s'arrêta quelques minutes dans sa lecture, interpelée par le terme « éventuels » accolé à « amis ». Que sous-entendait donc Antisto ? Qu'elle n'avait pas d'amis ? Pour qui la prenait-elle ? Il était bien gentil mais vraiment outrecuidant par moment. Coleen roula des yeux comme pour manifester son insolence inutilement au médecin et reprit sa lecture.

J'aimerais que tu me tiennes informée de l'évolution de ton état. Je me fais beaucoup de souci pour toi comme tu dois t'en douter. Tu es la première patiente à expérimenter ce programme, je me dois donc de veiller à ta santé. Quand je te demande de tes nouvelles, je ne parle pas uniquement de ton corps mais aussi de ton esprit. Ce que tu endures n'est pas qu'une souffrance physique, tu dois être un peu à fleur de peau en ce moment…

C'était le moins qu'on puisse dire !

Tu sais à quel point j'admire ton courage. Tu es un modèle pour bon nombre de jeunes personnes souffrant des mêmes troubles que toi.

Coleen tressaillit comme si elle entendait ces mots de vive voix prononcés par le docteur. Que lui arrivait-il ? D'ordinaire il faisait toujours preuve d'une rigueur et d'une rudesse strictement professionnelle… d'où lui venaient ces épanchements sentimentaux presque parentales ? La lettre la déroutait de plus en plus au point de la mettre mal à l'aise.

Je vais te paraître un peu vieux jeu à te poser ces questions mais : est-ce que tu t'alimentes bien ? Est-ce que tu te sens épanouie ? Est-ce que tu as des amis ? C'est important pour moi de savoir comment tu te sens. Sache qu'au moindre problème tu sais où me trouver. Si tu ressens le besoin de parler et de te confier, je pourrais t'arranger un rendez-vous dans mon cabinet incognito. Pour tout te dire, ça m'arrangerait que tu acceptes de venir me voir. J'aimerais vraiment te parler de vive voix et constater par moi-même si tu te portes bien ou non.

En ce qui concerne ton traitement, je n'ai aucun changement à te signaler pour cette fois. Tu connais la règle : dès que les effets s'amenuisent, tu recharges les batteries en respectant les doses. J'imagine que tes prises de médicaments doivent être de plus en plus espacées. La magie devrait commencer à agir de façon permanente à présent, n'est-ce pas ?

Dans l'attente de ta réponse, je te prie de croire en mes sentiments distingués,

Docteur Antonio Antisto

médicomage-expert en psychiatrie

Hôpital Saint-Mangouste

Coleen lut et relut la lettre plusieurs fois de suite sans en croire ses yeux. Antisto avait-il reçu un coup sur la tête ? Elle ne le reconnaissait derrière aucun de ses mots hormis la formule de politesse qui précédait la signature et la signature en question. Le reste semblait lui venir de quelqu'un d'autre. Le médecin avait toujours observé à son égard la plus grande réserve voire froideur. Elle avait toujours eu l'impression d'être traitée comme un cobaye et voilà qu'il se mettait à s'adresser à elle comme à une amie, une petite chose fragile qu'il aurait prise sous son aile. Tant de gentillesse la dérangeait. Antisto était l'un des médecins les plus prisés et les plus occupés de Saint-Mangouste, qu'est-ce qui pouvait bien l'avoir poussé à prendre du temps pour écrire une telle lettre ? Surtout si c'était pour lui annoncer que rien n'avait changé dans son traitement. Quelque chose clochait.

Coleen relut à nouveau la missive. Elle n'avait pas le prix Nobel de la littérature mais il lui semblait percevoir une sorte de culpabilité derrière les phrases d'Antisto… comme si le médecin montrait de l'affection à sa patiente pour apaiser une mauvaise conscience. Le docteur avait-il quelque chose à se reprocher ? Quelque chose qui la concernait… qui avait un rapport avec son traitement et qu'il ne pouvait avouer ? Coleen jeta un regard en biais aux fioles dans la boîte et une brusque montée de paranoïa l'envahit : il y avait un dysfonctionnement dans son traitement. Antisto avait découvert que l'un des composants de ses potions mettait sa santé en danger et qu'elle était déjà condamnée… le produit avait été testé sur d'autres cobayes et les cobayes en étaient morts. Des images affreuses défilèrent dans sa tête et elle secoua la tête dans tous les sens comme si cela aurait pour effet de les faire partir. A force de trop penser, elle commençait à véritablement se faire peur. Pourquoi fallait-il qu'elle se montre aussi pessimiste ? Après tout la lettre d'Antisto ne comportait peut-être rien de suspect. peut-être se montait-elle un peu trop la tête pour pas grand-chose.

Coleen inspira et expira à fond en essayant de se calmer. Son cœur cognait douloureusement dans sa poitrine comme si elle émergeait d'un cauchemar. Ses hypothèses lui faisaient quasiment frôler la crise d'angoisse. Elle ne pouvait plus reculer à présent de toute façon ; elle prenait ses médicaments depuis trop longtemps pour faire marche arrière. Comme l'avait deviné Antisto dans sa lettre, la magie commençait à opérer de manière permanente. Bientôt les effets seraient irréversibles et il ne lui resterait plus qu'à faire face aux conséquences de ses actes. C'était elle qui avait choisi d'être cobaye… c'était sa faute si elle en était arrivée là où elle était à ce jour. Elle devait aller jusqu'au bout désormais. Ces recommandations à elle-même lui insufflaient peu à peu du courage, suffisamment pour saisir une fiole ainsi qu'un pot d'onguent et s'apprêter à les utiliser. Advienne que pourra ! Après tout s'il fallait en passer par là…


Voilà c'est fini!! Alors Coleen va-t-elle démasquer Remus? Quel est donc l'étrange traitement médical auquel elle est soumise? Les réponses arriveront bien vite ne vous inquiétez pas!!

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