-Kyoya ? tu t'es encore disputé avec maman ?
-Non. Je suppose.
-Tu veux jouer alors ?
-En faite… Non… J'sui crevé d'un coup… Excuse…
Je vois Ryuga qui commence à venir vers nous, vite je me lève et court vers la caravane pour me jeter dans le lit déplié. La tête enfouie dans le coussin je pleure. Je ne sais pas pourquoi, mais je pleure comme je n'ai jamais pleuré. Je ressens mon cœur qui bat extrêmement vite. Ha ! Et puis comme un con j'ai oublié de fermer la porte à clef ! Il faut que j'y aille. Je ne veux voir personne, encore moins lui. Je dois me lever. Aller. Lève toi Kyoya avant que…Avant que…Quoi… ?
-Kyoya ?
-A non ! Dégage !
Comme par reflex j'attrape mon coussin que je lance sur l'ainé Atsuka. Celui-ci le ramasse et ferme la porte à clef avant de venir vers moi, qui me suis retourné en tailleur face au mur.
-Je suis désolé. J'étais…Content. Tellement content que je me suis laissé emporter. Kyoya…
Il tente de poser ses mains sur mes épaules mais je le rejette. Je ne veux pas d'excuses mielleuses.
-Kyoya…
Il réessaie mais cette fois ses bras m'entour complètement et je me retrouve impuissant.
-Va-Vas t en.
-Je ne te quitterais plus. Jamais. Plutôt crever, finit il.
Tout en me tenant aussi fort, il grimpe sur le lit et se colle tout entier à moi.
-Kyoya…
Il a blotti son visage dans le creux de ma nuque, et curieusement je sens quelque chose de froid. Est-ce sa peau qui est si froide ? Nous sommes dans le désert, comment il pourrait être aussi gelé ? Mais cette même froideur coule sur mon torse. Il pleure. Cet abruti pleure… On doit avoir l'air beaux tien…
-Ryuga ?
Il me serre encore plus fort et se blotti d'avantage.
-Tu m'étouffes…
Il desserre sa prise et j'en profite pour me libérer et me retourner face à lui, qui est tout au bord du lit, prés à tomber. J'aurais aimé voir son visage mais il le cache contre mon torse. J'ai beau lui prendre le menton et lui redresser le visage, il résiste et demeure caché. Maintenant il renifle bruyamment. Et de petites taches apparaissent sur mon t-shirt.
-Ryuga, pleures pas.
Tout en disant cela, je passe ma main sur son visage et essuie les larmes qui perles sur ses joues. Il doit être si mignon… Mais il va finir par tomber. Je vais faire plus simple en le basculant sur le lit, couché sur le dos. Evidemment il n'a pas voulut me lacher et je me retrouve donc sur lui.
-Ryuga, pourquoi tu pleures ? Y a vraiment pas de quoi…
-Je voulais pas… Je voulais pas te… blesser…
Machinalement je pose mon front contre le sien et lui murmure des phrases douces qui me passent par la tête. Même si ce n'ai pas vraiment ce qu'il veut et il dépose ses lèvres contre les miennes pour m'embrasser doucement. Je me prête au jeu et fais de même. Apres tout, j'aimerais qu'il arrête de pleurer ainsi.
-Tu as les yeux rouges, me dit-il.
-C'est ta faute…
Nous passons donc un long moment comme cela, couché, nous serrant l'un l'autre. Ryuga ne pleure plus, il semble calmé. Mais refuse de me lâcher. Je tente une énième fois de me relever mais il s'entête. Alors les minutes défilent à nouveau et c'est alors que quelque chose cogne contre la porte.
-Kyoya ? Ouvres moi cette porte !
Mince, c'est ma mère !
-Ryuga… ? Lâche moi…, mais il refuse toujours. Lâche moi, lâche moi, lâche moi, lâche moi… !
Il finit enfin par desserrer son étreinte et je réussis à me lever et déverrouiller la porte.
-Et bien ! Enfin ! Depuis quand tu ferme à clef ?
-Désoler… Une habitude… Ryuga dort, là.
-Oh… Je vois… Il doit être fatigué, les nuits ne sont pas très confortables ici.
-Ouai… Surement…
-Dis, je crois qu'il faudrait qu'on parle, non ?
-Non.
Aucune envie ! Non merci ! J'ai eu ma dose là, c'est bon. Et puis Ryuga ne dort pas vraiment et il a besoin… De moi. Il est encore en pleure, bien qu'il s'est couché sur le ventre de sorte à ce que je ne vois son visage. Je ne compte pas le laisser seul.
-Ryuga m'a dit. Que tu ne te rappelles pas.
-Non, je ne me rappelle pas. A croire que ce n'était pas très joyeux… Mais j'ai pas envie d'en parler là. Vraiment pas.
Je me dirige alors vers le lit et tente de m'y assoir sans gêner son occupant. La chaleur commence à rentrer dans le camping-car, il fait chaud tout d'un coup. Je demande donc à ma mère de nous laisser seul et fermer la porte, c'est mon repère après tout. Et je ne veux pas y être dérangé.
Ainsi je me mets à observer Ryuga qui rêvasse en fixant le matelas, couché sur le côté. Il est mignon, c'est vrai. Mais c'est tout de même un garçon, et je sais que ça pourrait très vite dégénéré avec mon père. Soudain, il s'agrippe à ma manche droite.
-On était ensemble, ici. Il y a dix ans, nos parents sont venus avec nous ici pour des fouilles autours de la pyramide. On était gosse et on faisait les abrutis. Finalement, nous sommes partis dans l'idée d'escalader un bloc de pierres, chose totalement défendu. Mais personne ne regardait. Alors tu as commençais à y aller, et tu as eu peur arrivé en haut. Je voulais t'aider à descendre, mais tu étais tellement effrayé que tu ne me laissais pas te touché. En voulant descendre chercher quelqu'un j'ai glissait et j'ai dévalé le tas de pierres, celui où j'étais tout à l'heure. Mon dos à tout prit, on voyait même mes vertèbres à certains endroits.
-Et j'ai accourut pour te sauver… trop tard…
J'ai le cœur serré et me sens stupide. Cette histoire je la savais, mais je ne pensais pas qu'elle était vraie. Jamais je ne l'ai pensé. Comment est-ce possible ? Je me rappelle que la peur s'emparait de moi ce jour là. Une seule phrase se répétait : « est ce qu'il est mort ? ». Intenable. La situation était intenable. Je ne peux empêcher ces larmes qui me montent aux yeux. Génial, je vais pleurer une nouvelle fois... Enfin, j'aurais pleuré si Ryuga ne s'était pas relevé pour m'embrasser. Il est sur mon côté gauche, s'agrippant à moi. Il me bascule sur le dos. Aurions-nous inversé les rôles ?
-Q-Qu'est ce que tu fais ?!
Il s'est couché sur moi, une main sous mon t-shirt et continue à m'embrasser. Je ne dis pas non à cette dernière chose, mais pour ce qui est du reste… Il veut en profiter et nos deux langues se contactent. C'est…étrange… j'ai envie d'avoir plus que ça… mais je suis à la fois…effrayé ? Ha ! Non mais là ça va plus quand même !
-Dégage ta main, pervers !
Il s'amuse à faire de dangereuse caresse sur mon jean, au niveau de…
-A-Arrête, sérieusement… !
-C'est…C'est…Dur…
Heu… De quoi il parle lui ?!
-Je… Tu n'imagines pas combien ça m'a blessé, que tu ne te rappelles pas.
Ça phrase ne colle pas bien avec son regard de tueur qu'il me fait. C'est du foutage de gueule ?
-Tu m'as oublié !
Cette fois il est en colère. Depuis quand on passe de triste à colérique comme ça ?!
-Calmes toi ! Et puis ce n'est pas comme si je l'avais voulu !
-Je n'ai jamais aimé quelqu'un plus que toi, et tu m'as oublié. Comme ça, par magie ! C'est assez dégelasse, non ?
-Ce n'est que la deuxième fois qu'on se voit. C'est pas toi qui pars en besogne là ? On avait six ans et j'étais l'amour de ta vie, c'est ça que tu m'racontes ?
-Ouai. Depuis cette année là, je me considère comme entièrement gay. Grace à toi. Tu dois endosser aussi des responsabilités.
-Quelles responsabilités ?! T'es tarée toi ! C'est uniquement ta faute tout ce qu'il se passe. Je ne te connais que depuis maintenant.
Il se met à souffler un grand coup. Puis rigole légèrement avant de me dire que j'ai raison, et qu'il s'excuse. Et du coup il se remet à agiter sa main à ce certain endroit…
-Et notre relation, tu la prends au sérieux ?
-Ba… Ouai… Je suppose…
Hum…Quelque part, Sophie ne s'intéressait pas vraiment à moi… Alors… J'ai pas grand-chose à perdre. La seule personne qui m'intéressait est déjà prise. Alors que Ryuga serait entièrement à moi… Mais de l'autre côté du pacifique en plus… Ba… Remarques, je pourrais voir des filles sans qu'il ne le sache.
Ryuga repousse mon t-shirt vers mon cou et commence à me faire des bisous sur le torse, l'air passionné. Il a dû sentir que maintenant… Ya comme une bosse sous sa main occupée… à qui la faute me direz-vous ?
-Ryu… Arrêtes, s'il te plaît. Si quelqu'un viens en plus, ça va paraitre louche.
Il ne m'écoute pas et continue à m'embrasser tout en frottant son visage tout doux contre mon corps. Je commence à avoir un peu chaud…
-ça va paraitre encore plus louche après ça.
-« ça »… ? Hey ! Non ! Non, non, non, non ! D-Dégage !
J'ai beau lutter ma force n'égale pas la sienne et il arrive à déboutonner mon pantalon et baisser mon boxer. Qu'est ce qu'il compte faire ?! C'est… gênant ! Sérieusement, c'est vraiment pas… ce n'est pas cool ça !
Une…fel… Non… Mais il n'est pas sérieux… ça fait à peine quelques jours que je le connais et il me… il… c'est… chaud… trop…
-Tu pousses de jolies gémissements tu sais ?
-Enfoiré ! Arrêtes ça ! C'est dégelasse !
-Tu m'enlèvera pas cette joie !
Il continue ainsi. Plusieurs secondes passent, des minutes peut être même. Ç a devient insupportable… C'est chaud et…bon… ?
Finalement j'ai dû résister jusque deux minutes… Je crois bien que c'est la première fois… Mais à quoi je pense moi ?! Je profite qu'il ai fini pour me rhabiller comme il faut. Je le regarde, et le trouve quelque peu répugnant.
- Essuies tu la bouche, gros porc.
-J't'ai fais plaisir non ? C'est le principal.
-Ben compte pas sur moi pour faire pareil.
-Trop tard je crois.
Je passe un coup d'œil furtif et en effet, une tache humide est apparue au bas de son bassin. Je trouve que cet instant est bien insolite. Aussi bien pour moi que pour lui, qui d'ailleurs est parti du côté salle de bain. Je ne sais pas ce que je vais bien pouvoir faire de lui… Mais je l'aime.
