Note : PAAAAARDOOOOOOOOOON - je sais que j'ai pas posté depuis une éternité je suis désolée désolée désoléééée. Le chapitr peine avancé, j'arrive bientôt à la moitié. J'ai eu un gros coup de mou dont je me remets (un peu trop) doucement. Désoléééée.
Immesurable
- Merci.
Axel s'arrêta. Roxas s'était arrêté.
- « Merci de me garder ici captif contre ma volonté pour une durée indéterminée et très certainement proche du temps qu'il me reste à vivre » ? Mais de rien.
- Inutile de remuer le couteau dans la plaie. Vous savez très bien de quoi je parle.
Axel se sentit mis en défaut, et ne répondit pas. Recevoir un merci de Roxas n'était pas… Pas une chose qui…
- Aurais-tu cessé de me détester ? déjoua-t-il avec moquerie.
- Hélas.
Hélas ? Hélas oui ? Hélas non ? Qu'est-ce que c'était que cette réponse ?
- Comme tu es sérieux, Empereur du Ciel ! Continua-t-il de se moquer.
Mais Roxas se retourna.
- Cessez d'essayer de vous attirer mes insultes. C'est pénible. On ne se rachète pas ainsi.
Et il reprit la marche vers la Citadelle, laissant là un Axel presque violé.
- (X : x : X) -
- Qu'est-ce que c'est ?
Roxas aurait préféré demander à la praticienne. Mais il semblait qu'elle ne veuille plus se présenter à son chevet exactement alors qu'il avait une question pour elle. Ce fut donc Axel.
- Oh…
- Quoi donc ?
- J'avais oublié ça.
- Mais qu'est-ce que c'est ?
Le Roi ramassa son livre. Il n'y en avait pas dans le ciel ? C'était curieux, puisque… Non, c'était logique. Puisque les vestiges de la technologie n'existaient qu'en bas, sur Terre. Axel s'approcha du lit sur lequel trônait Roxas et celui-ci, bien qu'il ne cria ni ne convulsa pas, lui lança un regard torve par réflexe qui l'éprouva. Il lui tendit tout de même l'objet.
- C'est un livre, « Votre Grâce ».
Roxas balaya sa nouvelle raillerie en tendant les mains vers ledit livre. Jamais ils n'avaient été aussi proches sans que le blond ne hurle depuis son réveil. Axel s'installa à l'autre bout du lit. L'un à la tête, l'autre aux pieds.
- Comment fonctionne-t-il ?
- Tu es bien curieux.
- Et alors ?
Ils échangèrent un regard. Axel osa lui lancer un sourire, et Roxas se contenta de seulement l'ignorer, tripotant le livre jusqu'à ce qu'il change de couleur.
- Oh !... Qu'elle est… cette langue ?
- Ceux de la technologie avaient beaucoup de langues. Je ne sais pas comment s'appelle celle-ci.
- Mais vous savez la lire ?
- Oui, beaucoup d'ouvrages en traitent.
- Mais… Quand avez-vous… Il ne s'est pas écoulé si longtemps depuis que je suis ici.
- Peut-être suis-je un génie ?
- Allez, quand avez-vous appris ?
- Quand, à ton avis ?
Roxas baissa la tête un instant. Quand il la releva, il planta farouchement ses prunelles dans celles d'Axel, et celui-ci adora son regard.
- Quand la danseuse sortait du globe pour vous ?
- Comme c'est joliment dit.
- Racontez-moi.
Il y eut… un raté sur le visage d'Axel.
- S'il vous plait. Je veux savoir.
- Non.
- Axel, s'il vous plait.
- Entre l'ennui et la souffrance, que pourrais-tu bien vouloir savoir ?
Roxas inspira, puis expira.
- J'ai cinq épouses.
- …Quoi ?!
- Je ne les connais pas, aucune d'entre elles. Elles se ressemblent toutes. Et sont d'un ennui… Bien sûr… Ce n'est en rien comparable à… votre avant. Mais… voilà.
Un pas, un pas. Axel détourna la tête.
- Il n'y avait pas de lumière. Je n'y voyais rien. Et il n'y avait pas… pas assez de place. J'étais roulé sur moi-même, avec chaque année moins d'espace. Tout mon dos était en contact avec la paroi. C'était comme…
Axel soupira et chercha une comparaison.
- …comme être collé à du métal chauffé−
- Axel. Excusez-moi.
- Ne t'excuses pas. Je suis sorti et tu es mon prisonnier.
- Et… Comment… Comment m'avez-vous trouvé ?
Cette fois, le Roi lui sourit doucement.
- Ce ne sera pas agréable à entendre.
- Oh, vraiment ? Moins que le pire que j'ai entendu jusque là ?
- Je t'ai traqué.
Le roux passa une main dans ses cheveux. Ça faisait un moment que Roxas n'avait plus vu la danseuse en « chair et en os ».
- La toute première fois, c'est arrivé par hasard. Je suis entré dans l'esprit de quelqu'un, j'ai eu accès à toutes ses pensées. C'était un homme de la garde, sur Terre. J'étais curieux, je voulais découvrir jusqu'où je pouvais aller en étant dans sa tête.
- Jusqu'où êtes-vous allé ?
- Trop loin, je l'ai tué. Régulièrement il tombait dans une sorte de coma psychique, un jour, il ne s'en est pas réveillé. C'était il y a… Je ne sais pas, entre 5 et 10 ans.
Roxas hocha doucement la tête. Entre cinq et dix ans. Personne ne pouvait imaginer combien de temps s'écoule. Emprisonné dans le noir. Surtout autant de temps.
- J'ai réessayé avec un homme de ta garde. Il est mort beaucoup plus rapidement. Je ne devais pas faire ça en continu.
- Vous avez tué mes sujets ?
- Oui. J'ai essayé de l'éviter mais je voulais sortir au prix de toute raison. J'ai découvert qu'en intervenant par intermittence, je pouvais leur faire perdre les notions d'importance et de temps. Et puis je vous ai trouvé.
- Combien de temps cela a-t-il duré ?
- Je ne sais pas. Quelques mois. Un an peut-être.
Roxas tomba des nues. Un an ?... Pour lui… ça n'avait été que quelques jours.
- Je venais te voir quelques minutes tous les jours. J'avais accès à toutes tes pensées. Je sais à quel point tu t'ennuyais, à quel point elles se ressemblent toutes. A quel point tes servantes sont douées et adroites. Et à quel point les questions que tu te poses restent sans réponse.
- Vous avez violé mon intimité.
- Oui. Et sans hésiter.
Roxas ne sut plus comment regarder Axel. De tout le Royaume de la Terre, il était le seul à le vouloir auprès de lui. Et du monde entier, le seul à le connaître.
- (X : x : X) -
- C'est une insulte !
- Ce n'est pas la question, répliqua Shiva.
- Oui, nous pourrons régler cela plus tard.
- Certainement pas !
- Mais comment être sûrs de la véracité de ces propos ?...
Un regard traversa Aqua Akvo. Puis un autre. Puis une salle entière la fixa.
- Ce sont les mots de notre Empereur, ses mots exacts, répondit-elle, et vous savez que je ne peux en apporter la preuve.
- Comme il est aisé de prétendre ce que l'on veut au nom d'un souverain absent.
- Les blessures d'Akvo parlent d'elles-mêmes, et nous savons tous ici que l'Empereur aurait certainement pris cette décision.
- Alors quoi ? Faut-il attendre ?! Combien de temps ?
- Le Roi de la Terre a éradiqué le clan Atlas, menacé la vie de Shiva, et vous voulez me faire croire qu'Akvo s'en est tiré sans une égratignure ?!
- Pardonnez-moi mon cher mais ce que vous ne semblez pas avoir relevé s'appelle une suite de brûlures caractérisées, du type que seuls ceux de la Terre sont capables de nous infliger.
Quelqu'un se racla la gorge :
- Là n'est pas la question. Aqua Akvo, ainsi que tout le clan Akvo, nous ont menti sur l'identité de ce d- cette dernière, pourquoi est-il inenvisageable qu'elle continue ?
- Mais voyons cela plus tard ! Même si Akvo ment sur toute la ligne, nommer Shiva régent de l'Empereur, n'est-ce pas la chose à faire ?
- Je refuse de me soumettre à une autre autorité que celle de mon Empereur.
- Ces ordres viennent de l'Empereur, mon cher.
- A moins qu'Akvo ne mente. Vous êtes bien silencieux, Shiva.
On le regarda. Comme s'il avait réponse à tout.
- Je n'ai rien à dire de plus.
- Ah non ? Alors que l'on parle de vous nommer régent ? Comme c'est étrange.
- Je ne pense pas que nommer un régent à l'Empereur soit la bonne solution. Mais je ferai ce qu'il me commande.
- Oui, surtout s'il s'agit de prendre le pouvoir, n'est-ce pas ?
- Ceci est pour moi une alliance malsaine !
- Vous divaguez, les Shiva et les Akvo sont connus pour leurs mésententes.
- Et le Conseil du Ciel pour ses membres exclusivement masculins !
- Je demande une enquête sur Vayu Shiva.
- Mais enfin, il n'est pas temps de cela ! C'est la guerre qui se prépare, c'est la mort de nos soldats, peut-être la fureur du Roi, peut-être l'exécution de notre Empereur !
- Mais si nous ne pouvons pas compter sur le Conseil lui-même…
- Je suis d'accord !
- Assez !
Vayu se leva de son siège, retira sa toge et la jeta sur l'immense table du Conseil.
- Un enquête sera inutile et infructueuse. Puisque vous voulez nous conduire à notre perte, faîtes-le seuls.
Tout le monde se tut. Tout le monde le regarda sortir.
- Qu'avez-vous fait ? murmura-t-on avec désespoir.
- (X : x : X) -
- Axel… Je pense à quelque chose.
- J'en suis ravi pour toi.
- Vous avez dit avoir eu accès à toutes mes pensées.
- Oui.
- Mais pourtant, lorsque vous êtes sorti, vous m'avez demandé mon nom.
- Je ne le connaissais pas. C'est un souvenir, pas une pensée.
- Et mes épouses ?
Axel laissa un blanc étrange.
- Je savais qu'elles t'ennuyaient à longueur de temps mais pas… qui elles étaient.
- Comment cela se passe-t-il, sur Terre ?
- Quoi donc ?
- Les mariages.
- Oh… Le Roi ou la Reine−
- Une femme peut régner ?
- Ce n'est pas le cas, dans le Ciel ?
Roxas hésita, puis secoua tristement la tête. Si ça l'avait été, il n'aurait jamais été Empereur. Et ça n'aurait pas été pour lui déplaire.
- Donc, le Roi ou la Reine choisit son époux ou son épouse parmi le peuple. Il y a une cérémonie, une grande fête…
A nouveau il y eut un silence. Axel finit par poser son regard sur Roxas lui-même le fixait comme s'il avait une nouvelle question.
Ils venaient de passer quatre heures dans le silence le plus complet, assis chacun à un bout du lit. Axel lisait de façon disparate, déconcentré par la présence du blond, qui regardait le dessous des nuages par la baie vitrée. L'un de l'autre, ils étaient si proches. Il n'y avait qu'un mètre cinquante entre eux.
- Mais… N'importe qui dans parmi le peuple ?
- N'importe qui. L'amour fait loi, sur la Terre.
- C'est… C'est possible ?
- Pourquoi non ?
- Je ne sais pas, mais… L'amour a-t-il à voir avec la succession ?
- Qu'est-ce qui a à voir avec le fait de passer sa vie avec quelqu'un, sinon l'amour ?
- Et le sang, dans tout ça ?
- Sur Terre il est rouge feu pour tout le monde. Je ne savais pas que les Empereurs saignaient jaune.
- Ça semble si… simple.
- Ça l'est.
- Et quand le Roi aime un homme ?
Roxas soutint le regard d'Axel. Ou plutôt, Axel celui, ancré au fond de ses yeux, de Roxas.
- Il lui faut une descendance. Il y aura une infante. Ou un infant si la Reine aime une femme.
Incroyable. Ils avaient simplement pensé à tous les cas de figure comme si… Oui, comme si c'était une chose des plus simples. Ça semblait si facile, alors que dans le Ciel on vous pré-mariait à la naissance avec des adolescentes voire des jeunes femmes selon leur rang social.
Roxas ne cessa pas de vriller les yeux d'Axel, ni Axel d'observer rêveusement son regard acharné. Axel était le seul qui pouvait le regarder sans frémir de dégoût ou de dévotion. Axel était son égal, un souverain tout puissant. Axel était unique et si fragile. En fait, Axel avait besoin de lui, c'était pour ça qu'il le gardait ici, avec lui. Il avait besoin de Roxas. Pas de l'Empereur du Ciel. De Roxas.
- (X : x : X) -
Roxas ouvrit les yeux et regarda le plafond sombre. Une lumière diffuse pénétrait par la grande baie vitrée, comme si les rayons de lune qui faisaient, dans le Ciel, de la nuit un presque jour, parvenaient à forcer la Frontière et ses nuages épais, pour allumer leur pied. Ce n'était en rien comparable aux astres, mais pas moindre pour autant. C'était beau. C'était différent, tellement différent…
Roxas était allongé sous les draps du lit d'Axel. Axel aussi. Pas du même côté, ni dans le même sens, en fait, ils n'avaient pas bougé de l'après-midi, et lorsque l'un d'eux avait voulu se coucher, il l'avait simplement fait. Il y avait encore, en moyenne, un mètre de distance minimale entre eux. Roxas s'assit discrètement. Axel dormait. Comme un bébé. Avec un visage si apaisé. Axel dormait dans son lit. Pas sur la pierre, dans son lit. Et la danseuse…
Un bruissement d'étoffe attira l'attention du blond. Elle était là, entre les murs de la chambre, elle dansait sur cette place vide et immense qu'était la chambre du Roi. Elle dansait presque sans bruit. Elle était belle. Elle était paisible. Elle ressemblait tellement à Axel. Pas physiquement, mais il y avait tant de lui en elle. Ses cheveux d'encre se perdaient dans l'ombre gigantesque qu'elle projetait sur le mur, et les mèches rouges qui parfois s'y découpaient répondaient à celui de son kimono. Elle était tellement semblable à Axel. Elle était lui. Non, c'était lui qui était elle. Il l'avait faite. Et pourtant, Roxas ne ressentait aucune peur à la voir danser si proche de lui, à l'observer et à ce qu'elle lui lance parfois un regard, un sourire. Même s'il reconnaissait totalement Axel dans ces regards, ces sourires.
- Axel…
Elle cessa de danser, lentement, et se tourna vers lui, interrogative. Elle le détaillait avec tellement de douceur et de tristesse. Roxas tua sa pensée mais il aurait voulu, par orgueil sûrement, pour avoir matière à s'affirmer à lui, il aurait voulu qu'Axel le regarde ainsi.
Elle s'approcha. Roxas ne bougea pas. Il jeta un coup d'œil au Roi endormi. Il se sentait serein, et en fut surpris, mais laissa tout de même venir à lui la danseuse dans son kimono rouge éclatant. Elle lui sourit, un sourire navré, prit son visage dans ses mains. Roxas la laissa faire sans broncher, distrait, songeant à ce que c'était Axel qui rêvait, et qu'il rêvait de lui.
Il ne s'y était pas attendu, vraiment, pas du tout. Elle (Il) l'embrassa. Puis s'effaça entre deux silences. Axel, le véritable Axel, se retourna dans son sommeil, et soupira, un vague sourire attaché à sa bouche, tout comme l'étaient les yeux bleus de surprise de l'Empereur.
- (X : x : X) -
- Axel.
- Non…
- Si. Répondez-moi.
- Nooon…
- Vous ne savez même pas quelle est la question.
- Je sais que je veux dormir.
- Le jour est levé.
- Mais moi pas.
- Pourquoi une femme ?
Axel soupira. Roxas était assis et le voyait à présent, couché, roulé sous une couverture épaisse dont seule sa folle crinière rouge dépassait. Cette configuration était tellement étrange. Que le Roi ne se croie pas pardonné pour tout ce qu'il lui avait fait. Qu'il n'ose jamais. La chose s'expliquait simplement par le fait que là, immédiatement, Roxas n'avait pas envie de le couvrir de sa culpabilité à l'en étouffer. Il voulait savoir. Il voulait tant savoir, et savoir tant.
- Qui ? La praticienne ?
- La danseuse. Si c'est vous−
- C'est moi.
- …pourquoi une femme ?
Axel soupira derechef, et sa petite montagne bougea vaguement, comme s'il changeait de position. Non, Majesté. Vous ne vous rendormirez pas.
- C'est personnel.
- Oh, pitié. Vous avez remué ma tête pendant peut-être un an.
- Mais pas votre mémoire.
Au tour de l'Empereur de soupirer.
- Quand j'étais très jeune, on m'habillait comme une petite fille.
La réaction ne se fit pas attendre. Axel explosa de rire. C'était une pratique courante, dans le Ciel, et pourtant, Roxas avait su, bizarrement, que ça semblerait incongru.
- En fille ?
- En petite fille oui. Et on me faisait parader au sommet d'un char dans les rues les jours de fêtes saintes, comme une petite poupée.
- Comme c'est mignon, rit encore le roux, sans pour autant se tourner vers Roxas.
- A vous.
- Ça ne compense pas.
- Je ne sais pas comment on fait les enfants. A vous, cette fois.
Axel pouffa encore et Roxas lui en voulut pour ça.
- Et bien quand j'étais très jeune et qu'on m'a montré le corps décapité de ma sœur – demi-sœur, à vrai dire… – je me suis dit que ce bébé, qui était après tout autant que moi la descendance du Roi, ce bébé qu'on avait tué, aurait pu être moi. Que si elle était née quelques années plus tôt, et moi plus tard, on lui aurait montré à elle mon corps nouveau né et sans tête.
Roxas observa un silence respectueux le temps d'une minute. Mais il ne voyait pas le rapport.
- Donc cette danseuse, c'est−
- C'est l'image que je me suis faite de mon seul et unique véritable semblable, ma sœur assassinée.
Si seul. Si triste. Mais surtout si seul. Plus le temps passait et mieux Roxas imaginait cet enfant terrorisé et supplicié criant à l'aide en pensées, ce petit garçon trop jeune pour tout. Le calvaire atroce qu'ils avaient tous les deux subi injustement les rapprochait tellement, bien plus que ne l'aurait cru Roxas, et ce qu'il le veuille ou non. Axel aurait pu être lui, enlevé au cœur de sa maison, enfermé, torturé au-delà de la raison. Il aurait pu être Axel. Ils n'étaient pas que des égaux. Ils étaient des alter-ego.
- (X : x : X) -
- C'est pure folie.
Aqua Akvo toussa rauquement. Et cracha de l'eau.
- Nous n'en sommes plus là. J'ai vu l'Empereur de mes yeux. Il a maigri, il a été blessé, qui sait ce que lui fait subir le Roi au moment où nous parlons ?
- Il nous tuera tous les deux et sans la moindre difficulté.
- Mieux vaut nous que l'Empereur.
- Akvo. Votre dévotion vous honore mais une telle action ne servirait strictement à rien. A deux nous ne ferons j−
- Non. Non, pas à deux. Shiva, j'attaquerai je Roi de front, mais vous, non.
Vayu Shiva voulut protester, Akvo était une femme, une femme dont les graves blessures affaiblissaient considérablement les capacités…
Une femme qui comme lui était prête à tout pour la vie et la sécurité de l'Empereur.
- Je vous écoute.
- (X : x : X) -
C'était ainsi que ça devait se passer. C'était pour l'Empereur. Ils avaient attendu des jours et des jours, là, sur Terre, cachés dans la boue. Ils avaient attendu, tellement de temps, ils avaient trop chaud, le sol les brûlait et l'air les écrasait. Mais comment s'en soucier ? Ils avaient attendu là longtemps, eux deux seul, parce que rien n'était trop. Pas pour l'Empereur.
Akvo l'avait dit, parfois ils sortaient, seuls. C'était cela qu'ils avaient attendu. Comme le Roi était imprudent. Ils revirent légèrement leur plan, mais à peine. Dans le Ciel, les plus rapides avaient toujours été les Atlas. Ils ne seraient, même ainsi, vraiment pas trop de deux. Ils approchèrent lentement du Roi, de l'Empereur, couverts tous deux d'une poussière qui sur leur corps de vent et d'eau devenait boue. Le Roi et l'Empereur ne marchaient pas côte à côte. L'Empereur marchait un peu derrière.
Akvo suivit le plan. Elle les contourna, elle attaqua le Roi.
C'était le Roi meurtri d'un royaume plongé dans le chaos depuis vingt ans. Il n'avait rien. Aqua était armée, en armure, couverte de glace qui ne fond pas, pas même sur la Terre, tant elle est dure. Pourtant.
Le Roi se retourna et s'embrasa comme un nuage de méthane. Il était plus chaud, plus grand, plus compact que les autres. Il était plus fort, plus rapide, plus violent. Il était le Roi de la Terre, et son sang royal l'avait changé par nature. Aqua combattit de toute son âme. Elle était armée. En armure. Elle perdrait ce combat. Elle l'avait su depuis le début, elle qui avait eu l'occasion de subir, déjà, un fragment le la puissance du Roi.
Mais pendant ce temps, Shiva rejoignait l'Empereur. Pendant ce temps, il le guidait vers la Frontière. Pendant ce temps…
- AKVO !
Le Roi la toucha. Il la blessa à mort.
Ça, c'était prévu mais, non, pourquoi, Shiva, l'Empereur, pourquoi encore ici, qu'est-ce qui, pourquoi…
- Shiva…
Aqua cracha de l'eau. Beaucoup d'eau. Le toucher du Roi n'aurait pas été mortel, peut-être, si elle n'avait pas été blessée.
- Akvo !...
L'Empereur s'agenouilla à son côté. Elle voulut lui dire de ne pas faire ça, que c'était trop, beaucoup trop d'honneur, qu'elle ne le méritait pas, qu'il ne devait pas se salir. Mais elle cracha de l'eau, encore. Sa peau qui se craquelait doucement la faisait atrocement souffrir. Une longue plainte étouffa dans sa gorge qui bientôt fut trop sèche pour tout.
Aqua regarda Shiva. Il était mort. Le Roi s'acharnait sur les cendres mouillées de son cadavre. Il le jetait dans les airs, et Shiva s'effritait, comme du sable, ou tombait lourdement, comme de la boue. Mais le Roi ne revint pas vers elle, même après avoir fini de jouer furieusement, il ne revint pas vers eux, n'attaqua pas l'Empereur.
Aqua se redressa, s'appuya sur ses bras qui partaient en poussière et étrangla un cri de douleur avec l'eau de sa gorge désormais désertique.
Sauvez-vous, articula-t-elle en commençant à partir, à mourir, à abandonner ce corps terminé malgré elle.
- Qu'avez-vous fait ?
De l'eau coula des yeux d'Aqua.
- Akvo, Shiva et vous… Pourquoi ?
Elle ne respirait plus, elle était condamnée. Elle le regardait avec tellement de désespoir, tellement de mots passaient dans ses yeux. La guerre, le danger, l'échec, la douleur, la brûlure, la mort, la désolation, le regret, l'expiation, et tant d'autres. Et son Empereur pleurait. Il versait ses larmes sacrées pour elle. Elle força ses restes déchirés et se redressa, du moins le voulut.
Sauvez-vous, souffla-t-elle dans un soupir imaginaire.
- Pourquoi ? Ne put que répéter l'Empereur.
Mais pourquoi quoi ? N'était-ce pas à elle de s'interroger ? Pourquoi l'Empereur n'avait-il pas fui ?
Votre Grâce…
L'Empereur la toucha. L'Empereur passa ses bras autour d'elle. L'Empereur la serra contre lui. Et elle songea, elle réalisa… L'Empereur était si jeune. Comment avaient-il pu, tous, ne rien voir depuis tout ce temps ? L'Empereur était si jeune…
L'Empereur était si jeune…
- Non, supplia-t-il à la mort qui l'ignora comme elle ignorait tous les vivants.
Et Aqua Akvo tomba en poussière.
- Non, répéta Roxas au destin et à sa roue qui venait de balayer deux de ses sujets.
Axel reprit forme solide. Il avait brûlé rageusement ses vêtements. C'était la première fois qu'il tuait de ses propres mains. Roxas regarda Shiva. Non. C'était de la poussière. Il s'effondra sur lui-même, en larmes, dans un état qu'Axel aurait souhaité ne jamais voir, ou revoir.
- Ils m'ont attaqué. Ils ont essayé de vous libérer.
Axel regardait ses mains. Il les avait tués. Tous les deux.
- Je sais, soupira Roxas avec ce qui lui restait.
- Je ne suis pas le fautif. Je me suis défendu. J'ai édité une loi et ils le savaient.
- …Je sais.
Axel le regarda, prostré sur le souvenir d'un cadavre, et la danseuse le regarda aussi, tous deux debout et immobiles, presque stupides. Roxas ne pleura bientôt plus, mais ne bougea pas pour autant, et ce fut comme si le Roi sentait, cette fois, la blessure qu'il venait à nouveau de lui infliger alors qu'il ne l'avait pas touché. Il les avait tués sous un accès de colère, parce qu'il les haïssait, parce qu'ils l'avaient attaqué, parce qu'ils avaient voulu lui prendre Roxas, parce qu'il se souvenait de leur essence maudite tatouée, glaciale à brûler, contre la sienne, mais surtout parce qu'ils avaient voulu le lui prendre…
- Je l'avais épargnée.
- Je sais.
- Parce que vous me l'aviez demandé.
- Axel… Je sais.
Vous avez remarqué comme Axel a plusieurs fois vouvoyé Roxas ? Je vais bientôt en parler sur mon tumblr (/o/) mais en attendant, c'est volontaire, hein. Lalala.
