Bonjour à tous et à toutes, eh oui je suis de retour. Je tenais encore une fois à m'excuser pour le retard que j'ai pris, cela est parfaitement impardonnable. De ce fait je souligne avec détermination que je tiens absolument à achever cette histoire et peu importe le temps que cela me prendra. Ainsi, ne vous inquiétez pas si mes absences parfois devaient se retrouver aussi longues que celle-ci, ce ne sera certainement pas dû à un abandon. Malgré tout j'espère que ce chapitre vous plaira, alors je vais m'arrêter là et vous souhaite une agréable lecture.

Disclaimer : les personnages de saint seiya ne m'appartiennent pas malheureusement, les autres sont de ma création.

Rating : T

Couple : plusieurs

Genre : Romance, yaoi, lemon, aventure (çà c'est encore à confirmer)

Réponse aux reviews :

Lilith : Tout d'abord je te remercie de m'avoir laissé deux reviews, sache que cela m'a beaucoup touché et je suis heureuse que tu sois restée fidèle à mon histoire malgré le temps que je mets entre chaque chapitre. Sinon, ne t'en fais pas, comme je l'ai mis en introduction je ne tiens pas m'arrêter ici, j'achèverais cette histoire je peux te le promettre. Ton analyse du baiser entre Camus et Milo m'a rassuré car je redoutais que cet instant ne soit pas assez fort sentimentalement mais cela à l'air d'être passé donc….Sur ce merci encore et je te souhaite une bonne lecture.

Andromède333 : Malgré que cela fasse un petit bout de temps maintenant, en effet j'ai passé un agréable Noël et j'espère qu'il en était de même pour toi. Je suis heureuse de constater que le précédent chapitre t'ait plu et j'espère qu'il en sera de même pour celui-ci. Visiblement tu sembles avoir apprécié chaque partie du chapitre 7, en effet j'ai tenu à faire en sorte de parler d'un peu tout le monde ce qui n'est pas toujours chose facile mais bon….Pour ce qu'il en est de Camus j'ai voulu lui trouver un trauma qu'il aurait eu dans son enfance pour expliquer son comportement au début de l'histoire et, « l'accident » me trottait dans la tête depuis un moment alors j'en ai profité. A part cela merci d'avoir répondu à mes questions et bonne lecture à toi.

GothicPhantom : Pour commencer, tu n'as pas à avoir honte de n'avoir mis tes impressions avant, chacun est libre de faire ce qu'il souhaite mais je suis tout de même heureuse que tu aies laissé un mot au précédent chapitre. Cela m'a fait très plaisir. En ce qui concerne la fin de ce chapitre justement, je fais en sorte que chaque suite s'achève sur une ouverture. J'avoue c'est pour laisser un peu les lecteurs sur leur faim ^^, ou du moins j'essaie. J'espère arriver à la hauteur de tes attentes et que les chapitres suivants ne te décevront pas. En attendant en voici un autre, sur ce je te souhaite une bonne lecture. A bientôt.

Dylvie : Alors alors alors, pour ta review je dois bien reconnaître qu'elle m'a fait sourire au départ ^^. Sache qu'elle m'a fait très plaisir et je suis contente de voir que le chapitre 7 t'ait plu à ce point. Je redoutais sincèrement que le chapitre soit trop long ou du moins pas très bien aéré. Ton analyse sur ma manière de traiter les couples m'a agréablement surprise, j'ignorais que certaines personnes pouvaient le voir de cette manière. Au sujet de Milo, je désirais une sorte de tournant, voir même d'électrochoc vois-tu ? Et crois-moi il n'a pas fini d'en voir de toutes les couleurs. Sinon, sur ces derniers mots j'espère que ce chapitre te plaira autant que le précédent. Bonne lecture à toi.

Eternity : Ah ma fameuse Eternity, ton impatience m'a donné du baume au cœur, merci infiniment pour cela. Je vois que le passage d'Aphrodite et d'Angelo a retenu ton attention, quoique dans un sens ce qu'il s'est passé n'était pas rien non plus. Je voulais faire un petit come back de ce que j'avais écrit au moment où Angelo était intervenu pour « soutenir » Aphrodite au gymnase enfin…çà, s'est fait ! (lol) J'espère que tu me pardonneras ce retard et que tu apprécieras ce nouveau chapitre. Je te souhaite une agréable lecture. Amicalement.

Millenium d'argent : Petite chose avant de commencer : merci d'avoir répondu à mes questions la dernière fois j'ai ainsi pu me faire une idée sur la présentation de mes prochains chapitre. Eh oui je ne compte pas m'arrêter là, tu n'es pas encore débarrassé de moi lol. Alors, tout d'abord, en effet, maintenant Kanon est de retour parmi nous, je ne pouvais décidément pas le laisser à l'écart d'autant plus que j'adore ce personne. Un coup de foudre ? Mmm va savoir lol. La scène avec Shaka et Mü ainsi que celle du baiser furent sûrement pour moi les plus difficiles à mettre sur papier mais visiblement tu as l'air d'avoir apprécié alors tant mieux. Argol et Shina toujours dans la course et crois-moi ils vont encore faire parler d'eux. Sur ces dernières remarques j'espère que cette suite te plaira. Bonne lecture.

Hyoga dC : La personnalité de Milo me tient beaucoup à cœur et comme tu l'as judicieusement remarqué, cela change de ce que la plupart du temps nous pouvons lire dans les autres fics. Attention, je ne critique en rien le travail des auteurs, oh non ce n'est pas du tout moi, j'apprécie même, cela me fait beaucoup rire ce que notre scorpion est parfois capable de faire. Pour une fois je tenais à lui rendre hommage en faisait un parallèle avec son caractère dans l'anime ( et puis, je ne me sens pas très forte pour faire des fics basées sur beaucoup d'humour, je n'y arriverais pas alors…. :p ). Au sujet de Shaka et de Mü, je voulais faire en sorte qu'il y ait un revirement de situation, pour pimenter un peu tout çà et je constate que cela fut une réussite ^^. Mais attention Shina est encore dans les parages et elle n'a encore finit de faire parler d'elle et de ses complices, crois-moi. Sur ce, merci pour tout et j'espère que ce chapitre ne te décevra pas. Bisous.

Tàri : Tu as relu 10 fois mon histoire !! OoO Tu dois la connaître par cœur désormais lol. J'espère que tu me pardonneras ce retard et que cela n'entachera pas ton intérêt pour elle. Sinon, je te remercie pour tes commentaires qui m'on fait très plaisir. Eh oui je sais, je suis un temps soit peu sadique des fois, mes fins ont tendance à ce que je constate à laisser les lecteurs sur leur faim ^^. Je peux aussi voir que tout le chapitre 7 semble t'avoir plu et j'en suis heureuse. Il est vrai que je n'ai pas été très généreuse avec Camus mais je me devais de trouver une raison à son attitude du début. De plus, Kanon est enfin de retour, je ne pouvais pas le laisser sur le banc de touche d'autant plus que je l'adore lol. Un coup de foudre dis-tu ? Va savoir ^^. Sur l'évolution entre Camus et Milo il vrai que ce n'est des plus rapides mais je ferais de mon mieux c'est promis. Sur ce je te souhaite une bonne lecture.

Lion no kalista : Toujours là et cela me fait extrêmement plaisir. Tes compliments m'ont beaucoup touché et j'espère que cette suite sera à la hauteur de tes attentes. Ton attachement à mon travail me touche beaucoup et j'espère avoir l'occasion de relire une fois encore de tes impressions. Je te souhaite une très agréable lecture. Bisous.

Para : Les quelques mots que tu m'as laissé pour le chapitre 7 m'a fait très plaisir et j'espère que ce nouveau chapitre te plaira également. Je te remercie aussi d'avoir répondu à mes interrogations cela ne peux que m'apporter une aide supplémentaire alors merci encore. De plus, comme tu le disais si bien « + ils st long + y a 2 chose den » et cela va de soit. Sur ce bonne lecture à toi en espérant de revoir bientôt. Amicalement.

Kalea-chan : Alors par quoi commencer ? Tout d'abord, merci d'avoir pris le temps de me laisser tes impressions j'ai ainsi pu évaluer certaines petites choses sur mon travail. Il est vrai que le grand amour est quelque chose qui se fait rare, voir même en état de disparition et que quelque coup de gueule serait le bien venu ( tu comprendras pourquoi je dis çà ). De plus pour ce qu'il en ait du lemon, je comprends parfaitement que tu ais sauté de passage, il m'arrive parfois de le faire moi-même donc…et je dois reconnaître que quand je me relis je me dis que j'ai parfois l'esprit mal tourné lol. Pour ce qu'il en est de ta proposition pour devenir ma bêta, cela m'a fait plaisir d'y avoir pensé je t'assure, mais je vais devoir décliner ton offre. Ne prends pas cela mal mais je pense que si je désire progresser je préférais y arriver par mes propres moyens mais je te remercie d'y avoir songer c'est gentil. Sur ce j'espère que cette suite te plaira et je te souhaite une bonne lecture.

Cynan de la lune : Ah je me répète mais c'est toujours un plaisir de recevoir un mot de ta part, et crois-moi je suis sincère. Je suis soulagée et contente de voir que le précédent chapitre t'ai plu à ce point. Chaque compliment fut pour moi un réel plaisir. C'est exact que ce chapitre fut riche en rebondissement en tout genre et que j'ai eu beaucoup de plaisir à l'écrire, même si quelque passage étaient parfois difficile à décrire mais bon….Sache que tes compliments me vont droit au cœur et j'espère que cette suite ne te décevra pas. Bonne lecture à toi. Bisous.

Encore merci à tous ceux qui m'ont suivi jusqu'ici et qui m'ont soutenu.


Le cœur battant, les cheveux vous collant à la peau, des images qui tremblent, partagé entre l'incompréhension et le désir de savoir. Soudain, tout devient plus clair. Les images se répètent, encore et encore, mais vous ne comprenez toujours pas. Des images, toujours les mêmes, un souvenir troublant.

C'est bon, vous vous souvenez, mais pourquoi lui ? Pourquoi cet instant ? Pourquoi votre cœur s'accélère ? Pourquoi cette chaleur ? Pourquoi cette douceur sur vos lèvres ? Pourquoi ?….POURQUOI ?!

Un hurlement dans une chambre sombre. Un homme était assis, la respiration haletante, les draps sur les hanches, ses cheveux lui collant au visage. Agité, il avait les yeux écarquillés. Il soupira en portant ses mains au visage, cachant ses cernes et essuyant la sueur sur son front. Le jeune homme tourna son regard dégagé de ses mèches rebelles vers la fenêtre. Les rideaux filtraient les rayons de l'astre solaire, n'éclairant que faiblement la pièce.

Milo se laissa tomber sur son oreiller, massant une fois de plus ses yeux gorgés de sommeil. Sa nuit fut courte, peuplée de rêves revenant toujours au même souvenir.

De retour à son appartement à toute allure, Milo n'avait pris le temps de sécuriser sa moto qu'il était monté à son studio dans une course effrénée. Il avait claqué la porte d'entrée pour s'engouffrer sous la douche, l'eau froide coulant sur ses vêtements qu'il n'avait pris soin de retirer.

Une heure passa, durant laquelle il était resté assis, les genoux entourés de ses bras et tête rentrée. Quand il en sortit il se déshabilla enfin, délaissa ses habits sur le sol et, enfila un caleçon pour se glisser sous ses draps. Sa nuit hantée par sa fin de soirée avec Camus.

Rejetant les couvertures, Milo s'assit sur le rebord du lit.

« Et maintenant, qu'est-ce que je vais faire ? »


Dans les rues de la ville, Milo marchait sans destination précise. Le regard posé sur le sol, il ne faisait pas attention aux gens qui l'entouraient et qui se décalaient pour le laisser passer. Un peu plus tôt et devant une tasse de café, il avait longuement réfléchi aux événements de la veille. En se posant toujours d'innombrables questions sur le geste qu'il avait eu.

« Indescriptible » était le terme qu'il lui venait le plus souvent. Mais Seigneur, Seigneur, il…il l'a embrassait….il a embrassait Camus !! Son cœur battait à chaque fois un peu plus fort à cette pensée. Vouloir absolument oublier cette soirée ne prouvait que davantage qu'il ne cessait d'y songer.

Bien que conscient de ce qu'il avait fait, il ne parvenait pas, étrangement, à regretter son geste. La nuit semblait avoir apaisé son esprit un peu trop tourmenté. Les seules personnes qu'il avait embrassé étaient ses amants, baisers violents, possessifs parfois sauvages mais pas comme celui qu'il avait donné au français. Il se souvenait de ses paroles, du bonheur qu'il avait ressenti, du sourire qu'il lui avait offert et bien évidemment ce qu'il en avait suivit.

Milo en soupira. Camus n'était pas comme les autres. Certes chacun est unique en un sens, mais il n'avait encore jamais rencontré une personne qui lui ressemblait un temps soit peu. Ses gestes, son aisance, son maintient, son esprit,…c'était…quelqu'un de fascinant. Il lui leur aura fallu du temps pour l'approcher, le connaître mais il était effrayé à présent…effrayé d'avoir tout gâché. Ce constat lui lacérait le cœur, comme pris dans un étau. C'était une douleur comme il y avait plus de plus désagréable en fait.

Ne voulant pas ruminer davantage, il s'était habillé pour sortir, peut-être qu'un peu d'air pourra l'aider à mieux comprendre ce qui s'était passé.

De retour au présent, Milo pensait toujours sur le chemin du retour lorsqu'il entendit des voix de femmes s'élever non loin de lui. Il releva son regard pour voir un attroupement devant la vitrine d'un magasin. Arrivé à hauteur de celui-ci, il s'approcha pour voir de quoi il en était.

Décorée de rose et de rouge, une chocolaterie offrait des promotions pour des assortiments que la gente féminine semblait visiblement apprécier. Jour des amoureux, la Saint Valentin amenait une ambiance particulière, les couples paraissaient plus nombreux dans les rues, les restaurants plus remplis…Milo eut un sourire en pensant à Aiolia qui avait dû offrir son présent à Marine.

Présent ?! Milo reprit sa marche en sortant son portable de la poche de son pantalon. Il composa un numéro et tout en marchant attendit que l'interlocuteur lui réponde.

« Oui allô ? »

« Aphro c'est moi »

« Salut Milo çà va ? »

« Oui merci. Alors cette Saint Valentin ? »

« Mer-vei-lleuse, encore mieux que je n'aurais osé l'espérer. Angie a été un vrai petit ange, petit déjeuner au lit, cadeaux, chocol… »

Milo pouvait entendre quelque éclats de voix, comme un bruit de fond. Il sourit, Angelo bien que faisant grosse brute à l'extérieur pouvait s'avérer être quelqu'un de fidèle et d'aimant, ne voulant certainement pas trop ternire son image d'italien puissant et viril était sans doute embarrassé que son amant dévoile une partie sensible de sa personnalité.

« Excuse-moi Milo, où en étions-nous ? »

« Je voudrais te demander quelque chose. »

« Un service ? »

« Plus un conseil en fait. »

« Je t'écoute. » dit Aphrodite attentif.

« Voilà…euh….comment dire……disons que…j'ai mis un ami…dans l'embarras et,… je souhaiterais me faire pardonner…mais…enfin…je ne sais pas trop comment m'y prendre. » dit Milo qui avait des difficultés à trouver les mots justes.

Aphrodite resta silencieux quelque seconde avant de reprendre.

« Pourquoi ne pas lui offrir quelque chose? »

« C'est ce à quoi je venais de penser et c'est pourquoi je t'appelle, tu me semblais être la personne la mieux placée pour me conseiller. »

« Tu connais ses goûts ? » demanda Aphrodite.

« Euh….non pas vraiment….non » dit Milo dépité et d'une voix faible.

Le suédois se rendit compte du changement de timbre chez son camarade.

« Ecoute Milo » commença Aphrodite d'une voix douce. « Je ne sais pas ce qui s'est passé mais ce que je sais c'est que quoique tu fasses , je suis sûr que tu feras les choses bien. Tu es quelqu'un d'adorable Milo alors quoique tu es fait je suis certain que ton ami t'a déjà pardonné. »

Les paroles d'Aphrodite apaisait le cœur de Milo qu'il sentait devenir plus léger. Il avait toujours eu une écoute attentive pour tous ses amis et c'était une qualité qu'il appréciait beaucoup chez son camarade.

« C'est vrai quoi » continua Aphrodite avec gaieté et une petite pointe de taquinerie « Camus n'est pas si rancunier. »

« Ouais c'est vrai….que …QUOI ?? » s'exclama Milo.

« Eh bien alors qu'est-ce qui t'arrive mon grand ? » dit Aphrodite amusé.

« Mais….mais comment tu…. » dit le grec déstabilisé.

« J'ai deviné que tu parlais de lui ? » le coupa le suédois. « Voyons Milo, j'suis pas né de la dernière pluie. Hier soir on était au resto, tu rentrais seul avec Camus et ce matin tu m'appelles. La sélection était vite faite. Eh le coup de « l'ami », quand même t'aurais pu trouver autre chose. » ajouta t-il pour le charrier.

« Ça aurais pu se passer il y a plus longtemps. » rétorqua Milo pour se défendre.

« Tu m'en aurais parlé avant. » rétorqua Aphrodite en souriant.

« Mouais » dit Milo avec une moue que le suédois imaginait parfaitement, le faisant sourire davantage.

« Ecoute, attends juste un instant et je te dis çà »

Milo n'eut le temps de répliquer quoique se soit qu'il entendit de nouveaux éclats de voix comme une conversation entre un groupe de personne. Il attendit alors patiemment que son ami reprenne la discussion.

« D'après des sources sûres, Camus serait passionné pour tout ce qui est attrait à la littérature du 18eme siècle, livre philosophique….et à l'écrire aussi. »

« En effet, cela ne m'étonne pas de lui, et qui dois-je remercier pour ces précieux renseignements ? »

« Les sources sont faites pour rester secrètes. » répondit Aphrodite sous un ton malicieux.

« Je vois….Merci Aphro çà devrai bien m'aider. »

« Mais je t'en prie. »

« A bientôt et remercie tes informateurs pour moi. »

« Entendu, au revoir Milo. »

Le jeune grec raccrocha alors qu'il pouvait percevoir les murs de son immeuble. Il remonta pour enfiler sa combinaison, redescendît et démarra sa moto pour partir en direction du centre ville.


Avant cela sur une terrasse située tout près de la plage, quatre personnes étaient attablées, l'une d'entre elles discutant au téléphone.

« Entendu, au revoir Milo » dit Aphrodite en raccrochant.

« Alors ? » demanda Angelo.

« Eh bien, il dit que ça devrait l'aider. Ah d'ailleurs il tenait à te remercier. » dit Aphrodite en se tournant vers l'une des deux autres personnes.

« C'est normal » répondit-elle.

« Bien qu'il essayait de le cacher, j'ai senti que Milo n'était pas à l'aise ; j'ai peur qu'il se soit passé quelque chose de grave entre Camus et lui. » ajouta Aphrodite soucieux pour son ami.

« Ne t'en fais pas Aphrodite » dit Shaka. « Milo est quelqu'un d'intelligent, je suis sûr qu'il parviendra à régler son problème tout seul. De même…je trouve que Camus et lui s'entendent trop bien pour que cela détériore leur relation. » ajouta t-il posément.

« Tu semble sûr de toi. » intervint Mü.

« Disons que malgré que je ne le connaisse pas aussi bien que vous deux…» dit Shaka en fixant Angelo et Aphrodite. «…Je doute fort qu'il soit le genre de personne à blesser volontairement les autres. Et puis…je lui suis reconnaissant de ce qu'il a fait pour Camus, il est parvenu à accomplir en seulement quelque mois que ce que je n'ai réussi à faire en plus d'un an. Je lui fais confiance, Camus est entre de bonne main à présent. » ajouta t-il et dont les paroles respiraient toute la confiance qu'il accordait au jeune grec.

Les autres acquiescèrent en souriant ayant eux aussi remarqués les liens particuliers qui liaient les deux jeunes hommes.


Pendant ce temps dans la librairie du centre commercial, Milo, concentré, prit son temps pour choisir le livre qui pourrait correspondre aux goûts du français. Il laissa ses doigts glisser sur les côtes des ouvrages. Son attention se focalisa sur l'un d'entre eux à la couverture sombre qu'il retira délicatement du rayonnage.

Milo le retourna, lut le titre puis le résumé, l'ouvrit et le feuilleta. Il fit son choix et commença à se diriger vers les caisses.

Cependant, il s'arrêta brusquement quelque mètres plus loin et, regarda le livre une fois encore. Il fronça les sourcils…En tant qu'homme il avait lui aussi sa fierté et voulait sortir de ce dilemme sans l'aide de quiconque. C'est pourquoi il revint sur ses pas pour remettre l'ouvrage à sa place. Néanmoins, ce n'était pas la seule raison, il souhaitait sincèrement s'excuser auprès de Camus ou du moins faire en sorte que son regard sur lui ne change pas. Alors, s'il devait lui offrir quelque chose en guise de pardon, alors autant que son choix vienne de lui-même. Il sortit donc du magasin.

Une heure s'écoula sans qu'il n'ait trouvé quoique se soit, en passant aussi bien par les parfums, les vêtements et bibelots en tout genre. Il longeait des vitrines éclairées de néons et de spots quand il stoppa sa marche devant une bijouterie. Il fixa intensément les étalages pour…sourire enfin.

Quelque minutes plus tard, Milo quitta le centre commercial, un paquet doré en main. Il alla rejoindre sa moto pour partir en direction du nord de la ville.

Une fois arrivé, Milo coupa le contact, laissant ses souvenirs de la veille resurgir. C'était là ; devant cet immeuble, sous la lueur des réverbères qu'il l'avait fait. Il se souvenait parfaitement des paroles de Camus et de ce que cela impliquait pour ce dernier. Il s'était ouvert à lui, certainement comme jamais il ne l'avait fait depuis longtemps. Milo l'avait vu renaître ce soir là et cette confiance, venant de Camus n'en était que plus précieuse. Se fut à cet instant que le masque était tombé, dévoilant un homme d'une beauté qu'il n'avait encore jamais vu.

Suite à cela, il…il….Milo n'aurait pu l'expliquer par des mots, son corps avait bougé de par sa propre volonté. Ses mains encadrant le nouveau visage du français, ses paupières se fermant et leur lèvres…s'unissant.

Leur douceur, Milo s'en souvenait à présent, c'était comme une gourmandise dont on savourait la saveur. La chaleur revenant un peu plus chaque jour, la fraîcheur des lèvres de Camus l'avait électrisé…délicieusement. C'était….c'était la première fois qu'il avait embrassé comme çà. Il avait posé ses lèvres sur celles du français avec délicatesse et respect comme pour ne pas briser un objet inestimable.

Il avait senti à cet instant une profonde chaleur monter en lui, cela avait été bref mais…intense, puissant, comme un tourbillon de sensations exquises, du bien-être, de la volupté, de la quiétude, du plaisir, du bonheur, de l'am…

Milo écarquilla les yeux avant de secouer énergiquement la tête. Il porta une main à sa bouche avant de la laisser glisser sur son front. Des picotements aux joues, Milo se sentit se perdre dans la tempête qu'avait remplacé son cœur.

« Mais qu'est-ce qui m'arrive ? Ça ne me ressemble pas… ». Involontairement il revit le visage que Camus avait eu la veille, accentuant davantage son rougissement.

Il sentit son cœur battre avec force dans poitrine. Jamais encore il n'avait eu de pareilles sensations auparavant ; en séance d'entraînement son rythme vasculaire était bien évidemment élevé mais pas à ce point. Milo leva les yeux sur les fenêtres du studio de Camus.

« Allez vieux t'es pas là pour penser. »

Milo se dirigea vers l'entrée de l'immeuble, alors qu'il était devant les escaliers du hall, l'expression du français avant qu'il ne se soit enfui lui revint soudainement en mémoire. L'avait-il choqué ? Dégoûté ? Cette idée en un instant lui arracha le peu de courage qu'il avait eu pour venir jusqu'ici. Le baiser était encore bien trop « frais » pour qu'il affronte le regard de Camus. Il ne supporterait pas d'y voir une once de mépris chez celui qu'il s'était promit de protéger de tout.

Sur ce, Milo se retourna. Cependant, il eut une idée ; à faute de ne pouvoir lui remettre son présent en personne il décida de s'approcher du mur à sa gauche où était suspendu les boîtes aux lettres. Il glissa alors avec prudence le paquet dans l'ouverture de l'une d'entre elles, espérant qu'il répare les fautes qu'il ait pu causer.

Il repartit sur sa moto, l'esprit un peu apaisé mais le cœur non moins tourmenté.


Une rue plus loin, quelqu'un revenait d'une petite supérette, d'un pas lent et les bras chargés de vivre. La tête baissée, il paressait plongé dans une profonde réflexion…En effet, Camus n'avait pu trouver le sommeil de toute la nuit, les événements avec Milo l'ayant profondément bouleversé.

Depuis la mort de sa mère, Camus souffrait du « syndrome du survivant », ou du moins c'était ce que lui avait dit le psychologue qui s'était occupé de lui après l'accident. Depuis ce soir funeste, il n'avait cessé de culpabiliser, pensant toujours que le décès de sa mère était ni plus ni moins de sa faute. Ainsi, il s'était détaché des autres en se forgeant une forteresse autour du cœur. Pour rien au monde il n'aurait voulu que cela se reproduise, il ne le supporterait pas. Les gens voyaient son attitude comme de l'arrogance ou de l'antipathie, mais ce n'était qu'une manière de plus de protéger les autres, de se protéger.

L'année dernière, il avait fait la connaissance de Shaka. Sa présence lui avait permis de ne pas trop dépérir davantage, de tenir avec ce poids qui le rongeait depuis près de onze ans. Il ne le remercierait jamais assez et, avait bien évidemment remarqué tous les efforts qu'il avait fourni pour lui, c'était une personne qui gardera toujours une place à part dans son cœur.

Cette année,….ce n'est que cette année qu'il fit la rencontre de Milo. Sans véritablement l'admettre à l'indou, il avait eu au départ quelque doute sur la sincérité du jeune grec. Sa réputation de coureur de jupons n'était plus à refaire. Certes Camus n'était pas ce que l'on pourrait appeler un maître dans le jeu de la séduction mais il n'était pas moins observateur, et les regards qui se posaient sur Milo étaient suffisamment compréhensibles.

Autrefois, personne ne se serait permis de l'aborder comme il l'avait fait, oh non qu'il n'ait agit avec tact cette soirée là à son travail, mais disons que beaucoup de gens s'étaient découragés en peu de temps. Mais pas Milo. Il ne pourrait dire quelles étaient les raisons qui avait poussé le jeune homme à venir à lui mais le temps avait fait ses preuves. Milo était quelqu'un de loyal, sensible et jovial. Il avait su par sa patience et sa vitalité à lui faire découvrir des choses nouvelles, et par miracle à faire fuir ses cauchemars ne serait-ce qu'un moment en sa compagnie.

Il ressentait quelque chose de spécial pour Milo, un sentiment qu'il n'avait à sa connaissance jamais ressentit. C'était ce sentiment qui lui avait permit de lui accorder sa confiance et à lui dévoiler des choses que peu de personnes connaissait. Il s'était dévoilé à lui, sa personnalité, ses faiblesses, sa sensibilité….Il était enfin lui-même, sans peur, comme il l'avait montré la veille.

Le cœur de Camus accéléra. Cette soirée fut un tournant important dans la vie du français. Depuis la mort de sa mère, c'était la toute première fois qu'il avait fait preuve de courage et ainsi dévoilé son véritable visage à quelqu'un. Il avait été angoissé au début mais Milo avait fait s'envoler ses derniers doutes pour finalement dire ce qu'il avait sur le cœur. Il s'était senti…bien…non même plus que cela, paisible…tout simplement…heureux.

Se fut à cet instant que çà s'est produit. Il avait eut la sensation que quelque chose avait changé entre eux, comme une impression, un pressentiment mais en cela, quelque chose de merveilleusement agréable. Ainsi, il avait sentit Milo se rapprocher mais pas assez rapidement pour prendre conscience qu'il avait encadré son visage de ses mains et, de même pour voir celui de Milo se rapprocher du sien. Et là il les avait senti…les lèvres du grec s'étaient posées sur les siennes comme une caresse. Il n'avait plus bougé, pas de dégoût, juste de la surprise. Quand elle partit, une douce chaleur l'avait envahi pas celle que lui avait procuré sa mère quand elle le prenait dans ses bras, non elle était d'une autre nature. Le contact avait été bref mais…agréable.

Camus rougit violemment. Il porta ses doigts à ses lèvres pour ouvrir grands ses yeux. A force de se remémorer tout çà il n'avait réalisé quelque chose qui pour lui avait de l'importance mais en soit qu'il…qu'il ne regrettait pas.

« C'était…c'était mon premier. »

Il n'eut le temps de se pencher davantage sur ce constat car il arriva devant son immeuble. Camus entra dans le hall et sortit son trousseau de clé. En passant devant les boîtes à lettre il décida de voir s'il n'avait pas reçu du courrier. Dans le cliquetis provoqué par l'entrechoque des clés, Camus ouvrit sa boîte à lettre. Un amas de publicité et de magazine y était entassé. Malgré le peu de place qu'il avait dans les bras il enleva le tout en une seule fois. Alors qu'il la refermait, quelque chose tomba au sol. Alerté par le bruit, Camus s'accroupit pour ramasser l'objet. Surpris, il l'attrapa pour l'observer de plus près. C'était un paquet rectangulaire emballé dans un papier doré et garnit d'un fin ruban vert. Mais ce qui l'intriguait davantage fut la lettre à son nom qui l'accompagnait.

Curieux, Camus monta à son appartement. Une fois les aliments rangés, il s'installa dans un des fauteuils du salon. Il fixa le paquet sous tous les angles avant de retirer l'emballage avec soin. Celui-ci cachait une boite noire au touché velours et dont les inscriptions au centre semblaient être le nom d'une marque. Camus l'ouvrit avec précaution et, ses yeux s'agrandirent de stupeur.

A l'intérieur, se trouvait une chaîne en or et dont l'éclat et la finesse décrivait toute sa valeur. Cependant, ce ne fut pas ce qui interloqué le plus le français. La chaîne bien évidemment en elle-même était magnifique mais ce qui l'habillé l'était bien davantage. Un médaillon en or également et rectangulaire accompagné la chaîne ; le signe du verseau inscrit dessus. Camus ne pouvait en détacher les yeux, certes dans sa jeunesse il avait eu droit à beaucoup de cadeaux aussi inestimables les uns que le autres mais celui-ci le touchait par sa légèreté et sa simplicité. Toutefois, il se permit de détourner un instant son regard pour lire la lettre qui se trouvait avec le collier.

A l'aide d'un couteau il l'ouvrit et en sortit une feuille blanche qu'il déplia. Il l'a lu avec attention.

Camus,

Je ne saurais par quoi commencer, car cela ferait bien trop de chose pour une si petite lettre. La confiance que tu m'as accordé m'a beaucoup touché, bien plus que tu ne puisse l'imaginer. Il est vrai que mon comportement n'a jamais étét des plus irréprochables et j'ai souvent mérité toutes ces rumeurs qui ont circulé à mon sujet.

Je veux être honnête avec toi car tu es aussi une personne à qui je tiens Camus. Te souviens-tu quand nous nous sommes rencontrés à la rentrée ? Malgré que cela n'ait duré qu'un instant j'ai été ému parce que j'ai lu en toi : du refoulement et, beaucoup de tristesse. J'en ais pris conscience désormais. Au début, je ne recherchais ton attention que pour mieux t'approcher et te séduire, car tu étais le premier hormis mes amis à n'avoir témoigné aucune attirance envers moi.

Néanmoins, je n'avais pas prévu de te revoir sur ton lieu de travail ou encore en cours d'art, je peux te le promettre. Ensuite, au fil du temps, j'ai appris à te connaître et à oublier ce pourquoi je faisais tout çà. Tu es certainement la personne en qui je peux avoir une totale confiance, plus qu'avec n'importe qui d'autre. Je tenais à ce que tu le saches.

Ce qui s'est passé hier, je ne pourrais te l'expliquer car je ne le sais pas moi-même. Je sais parfaitement que cette excuse est loin d'être valable mais si mon comportement t'as froissé, j'en suis vraiment désolé, sincèrement. Cela n'est rien mais accepte si tu le souhaite ce cadeaux en gage de pardon. Si tu venais à le refuser, je comprendrais tout à fait.

Pardonne-moi.

Milo

Camus resta silencieux un long moment. Il avait été loin d'imaginer que Milo était le destinataire de ce bijoux. Sa lettre bien que courte et formulée simplement l'avait beaucoup ému, Milo avait été sincère avec lui et certainement que cela n'avait pas dû être facile. Il semblait sincèrement préoccupé par ce qu'il pensait de lui après le baiser qu'ils avaient échangé, et au fond cela le réjouissait de voir que quelqu'un s'inquiétait autant pour lui.

Il caressa le médaillon du bout des doigts et, dirigea son regard vers ce qui ressemblait à une planche en bois recouverte d'un drap et appuyé contre le mur du salon.

Camus esquissa un sourire.


Dans un amphithéâtre de l'université, le professeur autorisa quelque minutes de pause aux étudiants avant de commencer la deuxième heure de cours, le temps pour d'autre d'aller chercher un café ou une canette, et d'autre pour faire une « petite pause cancer ».

Alors que la pause venait tout juste de commencer, un jeune homme entra dans l'amphithéâtre. Il ne faisait guère partie de cette section mais personne ne le remarqua au vue du nombre d'élève et du fait qu'il était fréquent que des étudiants d'autre filière viennent dans d'autre cours que les leurs. Il fixa d'ailleurs ceux-ci du regard avant de croiser celui de la personne qu'il recherchait, aucun geste, s'était inutile, ils se comprenaient sans cela. Il sortit.

Au second rang, les discussions aller bon train entre les différents petits groupes d'élèves. Lors de l'une d'entre elles, une des jeunes filles tourna la tête un petit moment sans rien dire, fixant la porte d'entrée de l'amphithéâtre.

« Qu'en penses-tu Shina ? » demanda Marine.

« Oh euh pardon, tu disais ? » réagit Shina.

« Toi t'étais dans la lune » la taquina Miho.

« Ouais » répondit l'italienne. « J'ai un peu chaud ici je vais sortir un moment puis je reviens. » répondit Shina.

« Ok » dit Miho.

Shina sortit alors de l'amphi, sa canette à la main et, par la porte qui menait à l'extérieure.

« Je crois que je vais aussi aller m'acheter une cannette. Est-ce que tu en veux une aussi Miho ? »

« Pepsi pour moi s'il-te-plaît. »

« Entendu. »

Marine sortit alors par la porte qu'avait emprunté Shina pour ensuite rentrer dans le bâtiment principale. Quelque instants plus tard, elle revint avec deux cannettes en main. Elle alla rejoindre la japonaise.

« Alors tu disais que tu avais des choses pour moi ? »

Marine arrêta son geste alors qu'elle avait la main sur la poignée de la porte. Elle n'eut aucun mal à reconnaître la voix de son amie.

« Comme promis. Tu dois bien savoir depuis le temps que je respecte toujours mes engagements. »

La jeune japonaise par contre ne semblait pas connaître l'autre personne si l'on pouvait en juger par son froncement de sourcil.

« Ouais, bon dépêche-toi j'ai cours dans cinq minutes. »

« Du calme ma belle je suis sûre que çà va t'intéresser. »

Par le ton qu'avait employé Shina, Marine la connaissait assez pour savoir qu'il s'agissait d'une affaire sérieuse et, pas très « nette » selon elle. Malgré qu'elles soient très bonnes amies, Marine a toujours su que Shina traînait la plupart de son temps libre avec des personnes, disons, de pas très bonnes fréquentations. Elles n'en ont jamais parlé, peut être par sécurité ou par respect de la vie privée de l'autre. Marine malgré tout cette fois-ci ressentit un étrange pressentiment, son instinct ne l'ayant jamais trompé elle décida de le suivre une fois encore. Elle longea le mur.

Laissant dépasser légèrement sa tête, elle pouvait apercevoir non loin d'elle le dos de sa camarade ainsi qu'un autre jeune homme brun qui sortait une enveloppe de son pantalon.

« Encore des photos ? » demanda Shina en se saisissant de l'enveloppe.

Argol attendit la réaction de la jeune femme, car ses derniers clichés étaient bien évidemment plus pertinents que les premiers qu'il avait développé pour elle. La réaction se fit pas attendre. Shina sortit les tirages de l'enveloppe, les fixant chacun intensément. Ses cheveux cachant son regard. Se fut bien ce que craignait Argol, Shina…….ne fit rien….absolument rien. Et c'était bien pire encore.

« Je vois » dit Shina d'une voix blanche.

Sans pouvoir se contrôler, Marine frissonna, c'était la première fois qu'elle voyait Shina réagir de cette manière. De nature impulsive elle aurait d'ordinaire hurlé, fracassé tout ce qui avait été à sa porté si quelque chose l'aurait énervé un temps soit peu. Shina avait un tempérament de feu, si quelque chose l'ennuyait elle s'en débarrassait, elle ne tolérait aucun obstacle, aucune faille.

Mais là, rien….c'était effrayant…….vraiment effrayant.

Il eut un bruit. Marine sursauta mais pas assez pour que l'on remarque sa présence. Shina venait d'écraser sa cannette entre ses doigts.

« Je crois que je vais devoir changer mes plans. » ajouta t-elle d'un ton neutre. « Je pense que Camus à besoin d'une pe-ti-te leçon. » continua t-elle sur le même ton.

Shina se retourna pour rentrer en cours. Marine ayant peur d'être repérée entra rapidement dans l'amphithéâtre.

« Le distributeur ne marchait pas ? » demanda Miho.

« Si si » dit Marine en tendant une cannette à son amie. « Je suis allée au toilette. Cette histoire ne me plaît pas du tout. Que vient faire Camus là-dedans ? Shina qu'est-ce que tu nous cache ?… »

« Shina ? » l'interpella Argol.

La jeune femme ne se retourna pas mais s'arrêta pour écouter ce qu'il avait à lui dire.

« Au sujet de Camus, j'aurais autre chose pour toi. » dit Argol avec détachement.

L'italienne ne répondit pas, ses mèches cachant toujours ses pupilles verdâtres.

« Il serait inscrit pour l'exposition qui a lieu dans ton université. Mais j'ai aussi réussi à récolter des informations sur lui… »

« …. »

« Sur son passé. »


Le 26 février, seule une poignée d'étudiants était présente à l'Université polytechnique. En effet, pour couvrir tous les frais et gérer les finances de l'établissement, une fois par an des membres hauts-placés de la mairie, des entreprises secondaires de celle-ci ainsi que le public viennent s'assurer du niveau de l'université. Chaque spécialité devront alors exposer leurs travaux pour montrer leur progrès.

Bien que les compétitions sportives avaient toujours remporté un grand succès il en est bien davantage pour l'exposition organisée au rechaussez de tous les bâtiments du complexe. Ce jour était entièrement consacré à l'installation des sculptures et peintures des étudiants.

Dans l'un de ces interminables couloirs , Camus discutait avec d'autre étudiant de la disposition des œuvres. Lorsque tout fut mis au point entre eux chacun retourna à la tâche qui leur avait été confié. Camus quand à lui retourna avant de repartir au travail à l'endroit qui avait été choisi pour la sienne. Le français était satisfait du lieu où été disposé son travail, mis selon lui bien en évidence pour que chacun puisse en profiter.

On ne pouvait néanmoins distinguer de quoi il s'agissait. Accroché au mur, un tableau de taille plus que raisonnable était recouvert un drap blanc pour le protéger de toute poussière et luminosité. Camus sourit satisfait de son travail en espérant qu'il plaise aux membres de l'administration.

Il repartit alors vers d'autre étalages où l'on avait besoin de ses services, une chaîne brillante à son cou.


Dissimulé derrière un d'un pilonne en béton, quelqu'un s'avança du tableau devant lequel Camus s'était arrêté. A peine fut elle devant qu'elle retira le drap d'un geste brusque.

Shina écarquilla les yeux, les laissant parcourir chaque recoin de la toile. Au fur et à mesure de son inspection, ses doigts serrèrent le bout de tissu à en déchirer les fibres. Ses jointures devinrent rapidement blanchâtres, son corps tremblait légèrement. Une colère sourde monta en elle, ses pupilles se rétrécirent tel celles du plus terrible des fauves.

« Hey ! Qu'est-ce que tu fais ici ?! » s'éleva une voix.

L'italienne se reprit rapidement mais ne répondit cependant pas à la question de l'étudiant qui l'avait perturbé. Elle se contenta de se retourner vers lui.

« Tu ne fais pas partie des membres de l'équipe de l'exposition. » remarqua le jeune homme.

Shina continua de le fixer avant de lui répondre.

« Non, mais je me suis portée volontaire pour aider les autres à installer le matériel » dit-elle dans un timbre tout à fait détendu.

« Hmm hmm. » répondit l'étudiant mais qui cependant paraissait convaincu. « Bon alors dans ce cas, mais il est interdit de toucher aux œuvres avant l'ouverture, alors remet la protection avant de partir s'il te plaît. » ajouta t-il en parlant du drap.

« Oui c'est ce que j'allais faire, elle était par terre quand je suis passée. » mentit l'italienne.

L'étudiant ne fit aucun commentaire et partit. Shina quand à elle, ne voulant paraître suspecte remit le tissu sur la toile et s'éloigna.

« Crétin »

Une fois sortit de l'établissement, elle passa un coup de fil de son portable à l'abris des regards.

« Allô ? »

« C'est moi.»

« Qu'est-ce que tu veux ? »

« Les plans ont changé.»

« Comment çà ?! » dit l'interlocuteur visiblement irrité.

« Un imprévu. » mentit Shina.

« C'est-à-dire ?! » s'impatienta le jeune homme.

« Çà t'avancerais à rien de le savoir. » dit Shina d'une voix blanche.

« … »

« Ecoute-moi bien, toi et les gars devez vous attendre à intervenir plus tôt que prévu. Alors tenez-vous prêt à n'importe quel moment.»

« Comment fait-on alors ? »

« Je t'appellerais comme convenu. »

« Très bien. » répondit-il simplement.

« J'te rappelle. »

« Ouais c'est çà, à plus. »

« Au revoir Rune. »

Shina s'éloigna, sa colère ne demandant qu'à être apaisée…


La nuit tomba sur la capitale illuminée par les quelques réverbères longeant les ruelles. L'université était redevenue silencieuse avant les portes ouvertes qui auront lieu le lendemain. Néanmoins, si nous prêtons davantage attention à ce qui se déroulait entre les murs de l'établissement nous pourrions distinguer une porte sous laquelle de la lumière était visible. Quelqu'un visiblement était encore présent à l'infirmerie.

Radamanthe était son bureau, certainement entrain de remplir le peu de paperasse qu'il lui restait.

« Tu as bientôt fini ? »

Le médecin soupira silencieusement, il leva son regard pour fixer la personne assise dans le fauteuil en face de lui. Cela faisait la deuxième fois qu'il lui demandait, pour toujours donner la même réponse qu'il y a un quart d'heure.

« Presque. »

Il se replongea alors dans ses documents et comme il lui avait dit, peu de temps après il ferma son classeur, signe qu'il avait terminé.

« Tu as l'air exténué.» dit le jeune homme.

« Un peu oui, c'était une période difficile. Avec les portes ouvertes de demain, les étudiants sont un peu sur les nerfs, alors on stresse, on ne réfléchit pas et on se blesse par inadvertance.»

« J'aurais peut-être dû venir un autre jour. » dit l'homme avec une pointe de regret.

« Non tu as bien fait au contraire, être là m'a fait beaucoup de bien. » contredit Radamanthe.

Un silence s'installa entre les deux hommes, un silence agréable même.

« Kanon ? »

L'interpellé releva son regard pour le plonger dans celui doré du médecin.

« Oui ? »

« Pour ton frère, je…j'aimerai bien le rencontrer. » hésita Radamanthe.

Kanon était soufflé par cette demande qu'il n'attendait pas. Il en resta silencieux quelque seconde d'ailleurs.

« Je vois » dit l'anglais en prenant son classeur.

Il se leva, tournant le dos à Kanon pour ranger le classeur sur une étagère. La réponse de Radamanthe avait fait revenir le grec à la réalité de part son timbre de voix qui avait sonné avec un semblant de déception, voir même de tristesse contenu. Ainsi, Kanon se leva, contourna le bureau pour se retrouver derrière le médecin. Il l'entoura de ses bras.

« Chéri…excuse-moi je ne voulais pas te peiner. » dit Kanon d'une voix douce.

« Ce n'est pas grave. » répondit Radamanthe en pressant légèrement un des bras du grec avec l'une de ses mains.

« Si çà l'est, c'est juste que…je ne m'attendais pas à ce que tu me dises çà. J'ai été surpris c'est tout. Je t'assure. » dit Kanon en resserrant doucement son étreinte.

« Alors tu es d'accord ? »

« Bien sûr, quelle question ?! »

Ils restèrent enlacés un moment, savourant la chaleur de l'autre.

« J'aime ces moments là. » dit Radamanthe.

« Moi aussi. » dit Kanon. « J'aimerai tellement pouvoir te serrer comme çà dans mes bras dehors, dans la rue, dans le parc… »

« Je sais, arrête tu te fais du mal, et puis j'ai accepté tout çà alors ne culpabilise pas. »

« C'est gentil, mais je n'ai pas le droit de t'en priver, je sais que toi aussi tu aimerais çà. » dit Kanon.

« Oui…c'est vrai. Mais si cela peut te permettre d'être sûr de toi, et de te mettre en confiance pour l'avenir alors cela ne me gêne pas. »

En effet, Kanon par son physique avait toujours attiré bon nombre de prétendant aussi bien hommes que femmes. Il avait si l'on peut dire, les mêmes traits de caractère que Milo, la même vie sexuelle aussi à quelque détails près et, se sont ces ressemblances qui ont fait qu'ils s'entendaient si bien. Il eut beaucoup d'aventures d'un soir, certaines ont peut-être duré plus longtemps que d'autre et bien que mature il se laissait entraîner dans des relations qui finissaient souvent mal. Très mal même. Kanon pouvait paraître plus sensible qu'il ne le montrait, et cette succession d'aventures sans lendemain le plongea petit à petit dans la déprime.

Son jumeau s'était fait beaucoup de soucis pour lui, le voyant se détériorer jour après jour. Mais surtout son état se répercutait parfois sur son travail et heureusement pas assez pour se faire licencier, il était un trop bon élément pour çà. Il eut une période plus « calme » ce qui lui avait permit de se remettre physiquement de tout çà.

Un jour, alors qu'il était partit à l'hôpital pour un examen, se fut Radamanthe qui se chargea de lui. Cela faisait deux ans à présent, Radamanthe n'avait pas encore été transféré à l'université. Il avait était captivé par son professionnalisme, sa carrure, sa personnalité…tout en lui semblait l'attiré inexorablement, et se fut réciproque. Ils se donnèrent rendez-vous en-dehors de leur travail, apprenant à se connaître, leurs sentiments grandissant un peu plus à chaque pour finalement sortir ensemble.

Néanmoins, et malgré qu'il connaissait parfaitement Radamanthe, Kanon ne voulait prendre aucun risque de revivre ce qu'il avait vécu ou du moins que se soit lui qui gâche leur relation. De plus, depuis cette période, Saga avait tendance à, disons, « se renseigner » sur les personnes qu'il fréquentait un peu trop intimement. Ne voulant donc pas qu'il apprenne tout de suite sa relation avec Radamanthe, ils ne montraient jamais leur affection en public, de peur qu'une connaissance les voit et en parle à son frère.

Toutefois, il avait prit sa décision il y a peu de temps et avait demandé à son amant si il désirait rencontrer son frère. C'était un peu comme un tournant, une manière de montrer qu'il tenait profondément à lui et aussi pour dans un sens officialiser leur relation. Radamanthe à tout de même voulu réfléchir par précaution au cas où Kanon aurait voulu changer d'avis, mais ne l'ayant pas fait, il avait donné sa réponse ce soir. N'ayant vu Kanon réagir il avait alors pensé qu'il s'était rétracté et que son silence décrivait l'appréhension qu'il avait à lui faire rencontrer son jumeau, mais heureusement ce n'était pas le cas.

« Je t'aime. » dit Kanon dans un souffle.

« Je sais, moi aussi je t'aime. » dit Radamanthe avant de lui donner un tendre baiser.

Kanon relâcha sa prise pour retourner s'asseoir. Il fixa le dos de son amant qui rangait les derniers dossiers. Toujours en blouse blanche, Radamanthe sentait le regard de Kanon glisser sur lui, c'était grisant une telle sensation, à lui faire frissonner son corps entier.

« Docteur.»

Radamanthe suspendit son geste. Ce ton,…il ne le connaissait que trop bien. Son cœur s'accéléra subitement et il sentit un courant électrique lui fouetter les reins. La chaleur monta à une vitesse fulgurante. Il sourit en se retournant lentement….très…très lentement.

« Oui ? » dit le médecin d'une voix qu'il ne semblait plus être la sienne.

Il fixa son amant toujours assis dans son fauteuil. Kanon le regardait avec un regard langoureux et brûlant de désir, ses yeux à demi-fermés pour accentuer davantage le jeu qu'il avait commencé. Il était à présent avachi sur son siége, le coude sur l'accoudoir gauche, sa main soutenant sa tête et les jambes vicieusement écartées.

« J'ai mal docteur. » dit-il d'une voix suave.

Radamanthe se laissa piéger dans le jeu de son amant, sentant le désir monter un peu plus à chaque seconde qui passait.

« Où çà, dites-moi ? »

« …..Partout .»

Kanon passa sa main libre sous sa chemise au niveau des boutons qu'il n'avait pas attaché, se caressant sensuellement son torse. Radamanthe sentit son pantalon se faire trop petit devant un tel érotisme, sa frustration de ne pouvoir se jeter littéralement sur son amant accentua davantage son désir.

« Déshabillez-vous. » dit-il en le fixant toujours avec passion et, en s'appuyant devant lui contre son bureau. « Je vais vous examiner…»

« C'est que je suis plutôt…. »

« Timide ? » le coupa Radamanthe. « Voyons je suis médecin, vous n'avez rien à craindre… »

L'anglais se rapprocha lentement de Kanon qui ne l'avait pas quitté des yeux une seule seconde. Radamanthe se pencha sur lui à l'aide des accoudoirs, son visage n'étant plus qu'à quelques centimètres de celui du grec.

« Ou alors…laissez moi vous aider. »

A peine eut-il finit sa phrase que Kanon lui attrapa la nuque pour un baiser fougueux et passionné. Leur langues entamèrent un ballet remplit d'amour malgré leur voracité. Elles se touchèrent, s'enroulèrent, se dominant chacune leur tour. Pendant que leur bouches étaient occupées à se retrouver, Radamanthe en profita pour ouvrir la chemise de son amour avec rapidité et précision, caressant au passage le torse halé du grec. Celui-ci laissa échapper un gémissement contenu par leur baiser qui semblait interminable.

Ce ne fut que lorsque les deux amants entendirent le bruit de la fermeture éclair que leur lèvres se réparèrent. Ils se fixèrent un instant puis, Radamanthe partit à la découverte du cou gracile de Kanon qui gémit une fois encore. Cependant, Kanon vit son amant, trop excité pour attendre davantage, s'agenouiller entre ses jambes. Il ferma les yeux attendant la douce torture.

La consultation pouvait commencer…


Une nouvelle journée débutait pour les étudiants de l'Université d'Athènes. En raison des portes ouvertes aucun cours n'était assuré de la journée, permettant aux élèves de profiter pleinement de ce qui était exposé. Beaucoup de monde était déjà présent dans l'enceinte des bâtiments et tout particulièrement aux rechaussées. Pour rehausser un peu l'esprit de compétition des étudiants et également pour faire venir le maximum de personne, un concours fut organisé pour élire la meilleure œuvre, une première dans l'histoire de la faculté.

Milo faisait partie des premiers à être arrivés tôt dans la matinée. Il avait été convenu avec le reste du groupe qu'ils se retrouveraient lors de la déclaration du nom du vainqueur. En attendant, Milo avait eut le temps de voir ce qu'il y avait été exposé aux premiers étages, désirant garder l'exposition pour la fin. Alors qu'il marchait tranquillement en regardant avec admiration chaque oeuvre que ses yeux rencontraient, Milo regarda sa montre, il ne restait plus qu'une demie-heure avant qu'il ne rejoigne ses compagnons. Il continua alors son chemin tranquillement jusqu'à l'amphithéâtre B.

Mais alors qu'il y parvenait il distingua un attroupement non loin de lui. De nombreuses personnes semblaient contempler l'un des tableaux accroché au mur. Visiblement cette toile attiraient bien des regards et commentaires s'il en jugeait par les exclamations de voix qu'il pouvaient percevoir de là où il se trouvait. Tout cette agitation piqua la curiosité du jeune grec qui s'approcha du groupe.

A l'aide de coup de coude discret, Milo avança doucement entre les personnes. Une fois parvenu à ses fins, il n'eut plus qu'à lever les yeux………….

Ce qu'il vit…était….mon Dieu….s'était………..magnifique…. Non, ce mot serait encore bien trop faible pour décrire ce qu'il voyait. Cette toile….elle représentait…l'océan, l'horizon à perte de vue. Le mariage des couleurs était tout bonnement incomparable, à croire que nous pouvions la toucher du bout des doigts, que nous pouvions sentir la brise légère dans nos cheveux, l'odeur d'écume nous chatouillant délicieusement les narines, le sable chaud sous nos pieds. Cette peinture, c'était la liberté sous le soleil couchant, la quiétude et le bonheur simple.

Milo ne pouvaient détacher son regard de cette œuvre, il n'entendait plus les gens autour de lui, ni la personne à ses côtés qui en parlait sérieusement au téléphone.

Néanmoins, quelque chose capta davantage son attention, ce détail prenait presque le quart du tableau. Un homme au premier rang contemplait l'océan, on ne pouvait pas voir son visage, il était de dos, les cheveux volants. Mais ce qui stupéfiait le jeune grec fut sur quoi cet homme était appuyé. C'était…une moto…..une moto noire qu'il reconnu au premier instant. Par ce constat il n'eut aucun mal à connaître l'identité du jeune homme sur la toile, il avait nul besoin de lire la signature du peintre. Son cœur bondit dans sa poitrine, une puissante chaleur monta en lui, de la lave semblait couler dans ses veines.

Milo était heureux...


Dans l'une des salles du deuxième étage, Camus contemplait le paysage à travers la fenêtre. Il ne désirait pas savoir comment les gens réagiraient devant son travail. Pour lui, la peinture était tel le cinéma, les parfums et la nourriture, tout était une question de goût alors il ne serait pas étonné d'entendre une multitude de commentaire divers sur sa peinture. De plus la foule n'était décidément pas ce qu'il préférait.

« Milo l'a peut-être déjà vu. »

Cela faisait plus d'un mois qu'il avait été inscrit pour cette exposition et il devait bien reconnaître qu'au départ l'inspiration lui avait fait horriblement défaut. Se fut après ce fameux soir après qu'il ait parlé de son passé à Milo que l'idée lui était venu. Il ne regretta d'ailleurs jamais son choix . Il sourit en serrant doucement son médaillon caché sous sa chemise, en espérant que le jeune grec ait vu son travail. Camus rougit violemment, ce collier lui rappelant toujours ce qui s'était passé avec le jeune grec le 13 au soir. Il porta inconsciemment ses doigts à ses lèvres comme…pour…y retrouver des traces.

Camus revint subitement à la réalité, il ne pouvait pas rester ici alors il rassembla le peu d'affaire qu'il avait emmenait avec lui. En rangeant son sac, il y tomba sur une enveloppe.

« Tiens, qu'est-ce que c'est ? »

Le français la retourna dans tous les sens. Aucun nom inscrit dessus. Il se décida tout de même à l'ouvrir. C'était une lettre tapait à l'ordinateur qui lui était bien adressée. Il commença sa lecture.

Camus devint rapidement livide, pâle comme un mort il lut la lettre avec peine jusqu'à la fin, ses pupilles se dilatant et ses doigts tremblant sur le papier. Avec des gestes mécaniques, il détacha son regard des lettres imprimées pour le reporter sur l'enveloppe. Il la prit pour en sortir autre chose.

Camus tomba au sol, assis, et le regard vibrant de terreur.


« Hey Milo ! » s'exclama Aiolia

« Salut les gars. » dit Milo en s'approchant du groupe. « Ah Shura tu as pu te libérer tout compte fait ? »

« Oui j'ai fini plus tôt que je le pensais, et fait attention Angie le programme qu'on a mis en place le professeur et moi est corsé. Je vais t'en faire voir de toutes les couleurs. » Dit Shura avec un clin d'œil pour le rital.

« Mais oui, mais oui .»

« J'avais peur d'arriver en retard, ils n'ont toujours pas donné les résultats ? » demanda Milo. « Je me suis attardé plus longtemps que je le croyais. »

« Non rassure-toi. » dit Shaka. « Je pense d'ailleurs que le jury a pris un peu de retard, les délibérations ont peut-être posé problème. »

« Faut avouer que les étudiants se sont surpassés cette année. » commença Aphrodite. « Ah, au fait ! Vous avez-vu le tableau qui est juste à côté de l'amphi ? »

« Oui, il était vraiment très réussi. » commenta Mü.

« Je l'ai vu aussi, très beau tableau c'est vrai. L'université est décidément pleine de talent cachés.» ajouta Angelo.

« J'aurai aimé savoir qui l'avait peint. Juste par curiosité… » ajouta rapidement Aphrodite pour son amant.

« Vous ne le savez pas ?! » s'exclama Shaka.

Tout le petit monde se tourna alors vers l'indou, surprit par sa réaction. Ils se regardèrent tous un moment, espérant éventuellement trouver une réponse mais…. ils reportèrent rapidement leur attention sur le blond.

« Nan » répondirent-ils tous en cœur.

Shaka en soupira , dépité par le comportement de ses amis. Il ferma les yeux et passa sa main sur son visage d'un air désappointé. Ses nouveaux compagnons ne cesseront décidément jamais de le surprendre. En même temps…c'était ce qu'il appréciait chez eux.

« Voyons, c'est Camus enfin.» dévoila enfin l'indou. « Il y avait sa signature sur la toile. » continua Shaka avec tout de même un sourire amusé.

L'information arriva vite aux cerveaux de chacun.

« HEEIINN ?! » s'écria en premier Aphrodite. « Tu plaisante dis ??!! »

« C'est vrai que j'ai pas eu idée de regarder la signature. Sur ce coup là, j'ai été nul. Camus est vraiment doué, faudra que je le félicite. » dit Shura avec un peu plus de calme.

« Eh bien si j'avais su. » dit Angelo « Décidément ce type m'étonnera toujours. C'est qu'il cachait bien son jeu le français. »

« Angie !! » s'exclama Aphrodite.

« Quoi ?? C'est vrai. » rétorqua l'italien…………………« Bon d'accord, pardon. » s'excusa t-il devant le regard de son amour.

« J'ignorais que Camus savait aussi bien peindre. J'aimerais le féliciter également. » dit Mü en posant sa main sur l'épaule de sa moitié.

« Et toi Milo, tu ne dis rien, tu devrais être le plus surpris de nous tous pourtant ! A moins bien sûr que tu ne le savais depuis le début ? » dit Aphrodite en se tournant vers le grec qui était resté silencieux.

Milo un instant de sa rêverie pour répondre à son camarade.

« Euh…oui…on peut dire çà. »

« Pas étonnant d'un autre côté. » remarqua le suédois. « Alors ? Comment l'as-tu trouvé ? »

« Eh bien je… »

« Voilà le directeur… » dit Shura.

Le jeune grec n'a donc pu finir sa phrase car comme l'avait annoncé Shura, Mr Shion Athlantis accompagné des membres du jury venait d'entrer dans l'amphithéâtre. Tous s'était tu, le directeur prit place derrière le micro.

« Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, bonjour à tous. Je suis Mr Athlantis, le directeur de cette université et je vous remercie d'être venu si nombreux à l'occasion de ces portes ouvertes annuelles. Chaque année, nos étudiants ont fait preuve d'assiduité, de sérieux, de rigueur et d'investissement pour cette journée qui a toujours fait honneur à notre établissement. C'est pourquoi encore cette année, j'ai le plaisir d'annoncer que grâce à leur efforts les membres du conseil de l'administration apporteront encore une fois leur soutien financier pour améliorer au mieux les conditions de travails des étudiants et du personnel. »

Tous ceux présents dans l'amphithéâtre applaudirent devant cette déclaration. Cette contribution permettra aussi bien à grandir l'université qui accueillait chaque année de plus en plus d'élèves. Ces derniers pouvaient se féliciter, car ceci ne fut réalisable que par leurs propres travails, la récompense n'en était que plus agréable.

« Mais assez bavardé, je ne vous ferais pas languir plus longtemps alors je vais laisser la place au président du jury qui va annoncer le nom du vainqueur de notre concours. »

Personne ne fut surpris de voir s'approcher Mr Libra, assistant du directeur et du personnel étudiant.

« Bonjour, cette année fut riche en surprise pour tous les membres de notre jury. Nous remercions les étudiants pour la qualité du travail qu'ils ont fournit, chaque sculpture, chaque peinture ont été travaillé avec soin pour donner un résultat de précision et de qualité. Il fut alors difficile pour nous de déterminer qui méritait le titre de vainqueur. »

L'assistance se tu alors que Mr Libra ouvrait délicatement une enveloppe. Il en sortit une petite feuille blanche.

« Notre gagnant est…. »

Nouveau silence….

« Mr De la Valée, de troisième année filière langue et littérature française pour son tableau « Liberté ». »

Tous applaudirent alors le vainqueur, mais certainement ceux qui furent les plus ravis étaient bien évidemment le petit groupe qui était heureux pour leur compagnon.

« Est-ce que Mr De la Vallée est ici ? » demanda Mr Libra.

Les gens regardèrent autour deux pour avoir la chance de voir le visage du gagnant, son tableau ayant apparemment conquis la majorité.

« Mr De la Vallée ? » demanda une fois encore Mr Libra.

Les personnes présentes commencèrent à discuter entre elles sur l'absence du jeune homme.

« Bon sang, mais il est où ? C'est pas normal, il devrait être là, surtout si c'est lui qui gagne. » dit Angelo au bout d'un moment.

« Mon oncle n'a visiblement pas l'air dans savoir plus que nous. » dit Mü qui avait vu son oncle discuter avec les membres du jury.

La porte de l'amphithéâtre s'ouvrit sur un homme d'une quarantaine d'année. Celui-ci vint aux côtés de Dhoko, lui communiquant discrètement quelque chose avant de repartir.

« On vient tout juste de m'informer que Mr De la Valée s'est retiré de notre concours…pas conséquent nous déclarons vainqueur l'œuvre qui nous avions placé en seconde position. »

Des exclamations se levèrent dans l'amphithéâtre.

« C'est quoi encore cette histoire ?! » s'écria Angelo.

« Venant de Camus c'est assez bizarre, çà ne lui ressemble pas. » remarqua Shaka.

« Si c'est toi qui le dit alors çà ne peut qu'être vrai. » intervint Aphrodite. « Et toi Milo qu'est-ce que t'en pen……Milo ? » ajouta t-il en se tournant vers son voisin.

Mais Milo n'était déjà plus là.


Dans l'un des couloirs du bâtiment A, Milo courait dans les escaliers, il était essoufflé mais la douleur à la poitrine ne lui faisait rien. Il s'était rendu au stade, au restaurant universitaire….tous les lieux possibles et inimaginables où Camus aurait pu se trouver. Il aurait éventuellement pu être rentré chez lui mais il était certain que ce n'était pas le cas. Il ouvrit une autre porte…toujours rien.

« Qu'est-ce qui t'as pris ? Ce n'est pas toi…. »

Il monta quatre à quatre les escaliers, il ne l'avait pas non plus vu dans les autres amphis. Alors qu'il atteignait un nouvel étage, il courut encore plus vite.

« Hey ! »

Un jeune homme était devant une salle, les bras chargés de matériel, il ne le connaissait pas très bien mais, il était aux cours d'UE libre arts.

« Oui ? Ah salut Milo.»

« Salut….est-ce que….est-ce que tu aurais…vu Camus…par hasard ? » demanda Milo en reprenant un peu son souffle.

« Camus ? Euh…Si, tôt ce matin mais pas depuis désolé. Tu es allé voir à la salle d'Art ? »

« Bon sang mais quel idiot…Merci » dit Milo en s'éloignant.

Milo se donna une gifle mentale, dans la précipitation il n'avait songé une seule fois à la salle d'Art plastique. C'est dans les moments de panique ou de stress que les éléments les plus évidents nous échappe ; mais malgré tout Milo s'en voulait de n'y avoir pensé en premier. Il changea alors de bâtiment et par l'escalier central accéda rapidement au deuxième étage. Malgré la distance, il pouvait distinguer une porte ouverte. Il y arriva.

Appuyé contre le mur, la tête baissée, la respiration sifflante, Milo reprit une fois encore son souffle. Quelque instants après alors que sa respiration était revenue un temps soit peu à la normal, il releva la tête. Face à lui….Il était là.

De dos, le soleil couchant faisait varier la couleur océane de ses cheveux, Camus n'avait pas bougé. Malgré les bruits de pas, malgré le bruit du souffle de Milo, il ne s'était pas retourné. Milo lui s'était rapproché, lentement.

« Camus ? »

L'intéressé ne répondit pas. Milo commençait sérieusement à se poser des questions. Cette attitude…il sentait comme…comme quelque chose de…différent. Mais se voilant la face, il continua à parler comme si de rien n'était.

« J'ai vu ton tableau…très réussit…vraiment. Tu es plus doué que je me l'étais imaginé. » dit Milo sur un ton amicale. « Félicitation ».

Toujours rien, Camus n'avait pas bougé un muscle.

« Les autres se font du soucis. On n'te voyait pas à la cérémonie. D'ailleurs…c'est toi qui avait gagné. » continua Milo sur le même ton.

Cette fois-ci Camus avait légèrement tourné sa tête, certes pas assez pour le voir de profil mais cela encouragea Milo.

« Pourquoi as-tu renoncé au concours ? C'est étrange venant de toi... »

Il eut un silence.

« Et comment aurai-je dû réagir ? »

Milo ouvrit grand les yeux. Il avait ressentit une sensation bizarre lui traverser le corps. Presque comme un courant d'air froid.

« Eh bien…euh…en fait…. »

« En fait…tu n'en sais rien. »

Camus se retourna, il avait parlé d'une voix tranchante tout en restant parfaitement calme. Milo en resta figé sur place. Jamais Camus ne lui avait parlé comme il venait de le faire. Ce n'était pas le Camus qu'il avait vu la dernière fois, celui qu'il connaissait était plus sensible que cela. Non, c'était pas lui.

« Tu n'en sais rien parce que tu ne me connais pas. » dit Camus sèchement.

« Mais enfin, qu'est-ce que tu racontes ? Bien sûr que je te connais…ou du moins assez pour savoir quelle genre de personne tu es. »

« Oh je t'en pris, tu ne crois même pas un mot de ce que tu dis. » rétorqua Camus.

« Mais…Qu'est-ce qui te prends ? Qu'est-ce que tu as ? » dit Milo en posant sa main sur son épaule.

« Ne me touche pas !! »

Camus avait hurlé ses mots en giflant bruyamment la main de Milo.

« Je t'interdis de me toucher ! Ni même de m'approcher ! » dit Camus d'une voix glaciale qui paralysa Milo.

« Je…Qu'est-ce que tu as à la fin ? » répéta Milo.

« Il y a que j'en ai assez de tout çà….Je t'ai rencontré et ma vie est devenu un vrai…un vrai bordel ! Si tu n'étais pas rentré dans ma vie j'aurais été plus épanoui. Par ta faute, je suis devenu le genre de personne que je voulais surtout pas devenir. »

« Mais……Et ces moments ? Ces sorties ? Cette soirée où tu m'as parlé de ta mère ? Et… »

« De simple moments de faiblesse…. » le coupa Camus. « Des instants que je regrettais certainement toute ma vie. J'ai failli…oui j'ai failli rentrer dans ton jeu…à me laisser séduire pendant un instant à ce que l'on appel l'amour, ou l'amitié. Les sentiments sont une faiblesse Milo…à en avoir trop eu j'en ai causé la perte de ma mère. »

« Arrête ! Ce n'est pas toi. Tu n'es plus le même. » dit Milo estomaqué en s'approchant.

« NE M'APPROCHE PAS !! »

Milo stoppa ses mouvements. Le Camus qu'il avait devant lui, il ne pouvait y croire, ce n'était pas son Camus. Chaque mot venant de lui était un coup de poignard dans son cœur et dans son âme. Alors il regretterait ? Il regretterait vraiment ne serait-ce que de l'avoir connu ?….Milo sentit une boule se former dans sa gorge. Est-ce qu'il n'était bon car faire du mal aux gens qu'il aimait ? La seule personne qu'il n'avait jamais eu tant envie de protéger était en train de le piétiner, de lui cracher sa haine en pleine figure. Il se sentait partir.

« Je…enfin…je…je n'comprends pas….qu'est-ce que je t'ais fais ? » demanda Milo désespéré.

« C'est pourtant simple à comprendre non ?! Je ne veux plus te voir Milo ; plus jamais tu m'entends !! Rien que de te voir cela me rappelle mon erreur. Tu veux que je te dise…depuis que tu m'as…que tu m'as…Raagh tu me dégoûte Milo, des gens comme toi ne mérite que mon mépris. Tu me répugnes ! »

« Mais…et le tableau ? Je croyais que…. »

« Que s'était comme accepter tes excuses ? Mon dieu Milo, si j'ai accepté de l'exposer s'était uniquement parce que je mettais inscrit à cette exposition. Je l'avais fini mais par la suite je regrettais de t'avoir choisi comme modèle. Je l'ai peut-être emmené à la faculté par pure respect envers les organisateurs mais je ne pouvais plus ne serait-ce que poser les yeux sur lui. Alors quand j'ai appris que j'avais gagné je me suis immédiatement retiré. Je ne voulais en aucun cas avoir remporté la victoire grâce à toi. Tu peux même le prendre si il te plaît, je n'en veux plus. »

Milo avait les yeux grands ouverts, des gouttes salés perlant au coin des yeux. Camus à cet instant venait non seulement de rompre ce qui les unissait, mais aussi d'insulter tout simplement……..ce qu'il était.

« Va-t'en. » dit Camus en détournant son regard, comme si sa simple vue lui était insupportable.

Il n'en supporta pas davantage. Son cœur se brisa, comme si rien au monde ne pouvait plus jamais le guérir. Son âme hurlait sa peine, son cœur saignait à n'en plus finir. Milo recula de deux pas avant de s'enfuir en courant, les larmes coulant à flot sur son visage déformé par la douleur.

Il prit sa moto sans un regard en arrière.

Mais…..pourtant un seul regard aurait suffi…..Milo n'avait pas vu la main de Camus serrer son pantalon, il n'avait pas vu avant de s'enfuir le tremblement des lèvres de Camus, ni les soubresauts de son corps, ni son regard qui brillait sous les derniers rayons du soleil, ni Camus tomber à terre les mains sur son visage humide…étouffant ses gémissements de douleur….

Non….il n'avait rien vu….


Et voilà la fin de ce huitième chapitre.

Alors qu'en pensez-vous ? Review ??

PS : je précise que j'ai emprunté une ou deux phrases du manga « Junjou romantica » ( petite panne d'inspiration, et aide précieuse lol ).