Disclaimer:

Cet univers et ses personnages appartiennent à la merveilleuse J.K. Rowling et je ne touche aucun subside de cette histoire inspirée de ses écrits.

Remerciements

A mes fidèles correctrices toujours sur le pont malgré les tempêtes, à mon illustratrice en herbe, à tous ceux qui m'ont soutenu dès le premier chapitre de cette longue fanfiction et à ceux qui la découvrent.

Attention! Chapitre praline! Que ceux qui n'aiment pas ça n'arrêtent pas la lecture de la fic pour autant, ce n'est qu'une pincée par rapport au reste de cette fic bourrée d'aventures et de rebondissements. Et puis un peu de douceur dans ce monde de brutes, ce n'est pas si mal de temps en temps. Bonne lecture!


Chapitre VIII Révélations

Les deux jours de repos nécessaires à la Potion d'Euphorie passèrent rapidement. Le lendemain de l'attaque dans l'Allée des Embrumes, Harry n'eut pas le temps de s'ennuyer : la fréquence de ses cours avait augmenté. Les Professeurs Slughorn, McGonagall puis Remus Lupin et Kingsley Shacklebolt se succédèrent de neuf heures du matin à six heures du soir.

Tous les cours étaient intéressants. Harry avait un peu appréhendé le moment de faire ses aveux à Horace Slughorn sur ses pseudo dons en potions. Mais il fallait bien lui expliquer la soudaine baisse de niveau de son élève star de l'année passée.

- Eh bien Harry ! Que vous arrive-t-il aujourd'hui ? demanda le Professeur bedonnant devant la potion complètement ratée de Harry. Pour une fois, même Ron obtenait de meilleurs résultats.

- Professeur… je dois vous avouer quelque chose, répondit timidement Harry.

- Je vous écoute mon garçon, dit Horace Slughorn avec un sourire jovial.

- C'est assez difficile à dire… L'année dernière, quand je réussissais toutes mes potions…

- Et ce, avec un incontestable brio digne de votre mère, Harry.

- En fait, non, Professeur. J'ai été aidé… par un livre, lança le jeune homme.

- Comment ? Quel livre ? interrogea Slughorn, surpris. Ne faites pas le modeste, Harry, vous avez hérité des talents de Lily.

- Non, Professeur, d'une certaine manière, j'ai triché, avoua Harry de plus en plus mal à l'aise. Il constata heureusement qu'Hermione n'affichait pas l'air de triomphe qu'il avait redouté.

- On ne peut tricher avec les potions, Harry mon garçon, le contredit paternellement Slughorn.

- Si, Professeur.

Et Harry lui raconta tout du Prince de Sang-Mêlé, de son livre de potions, de ses inventions, de ses conseils, jusqu'à sa véritable identité. Horace Slughorn accusa le coup. Puis au fur et à mesure qu'il prenait conscience des aveux de Harry, son visage passa d'une expression de franche incrédulité au franc dégoût en apprenant qui était en réalité le mystérieux et soi-disant Prince. Il se tut un long moment.

- Harry, mon garçon, nous avons du travail à rattraper. Avec l'aide du Prince de Sang-Mêlé ou non, vous êtes le fils de Lily Evans, l'une des meilleures préparatrices de potions que j'ai eues pour élèves. Vous avez hérité de ses dons j'en suis sûr, il s'agit seulement de les développer. D'ailleurs, vous avez suivi les instructions du Prince, mais ce n'était que des raccourcis, donc vous êtes capable de préparer ces potions, même sans ce livre. Allez, au travail, jeune homme !

Pendant l'heure qui restait, Harry, Ron et Hermione étudièrent les potions de camouflage et anti-camouflage. Lorsque Slughorn aborda le Polynectar, Harry crut bon de mentionner l'exploit d'Hermione en deuxième année.

- Vous avez préparé un chaudron de Polynectar en deuxième année ? s'étonna Slughorn en se tournant vers une Hermione rougissante.

- Oui, Professeur, avoua-t-elle. Je sais que c'était interdit et dangereux… Mais les circonstances… tenta-t-elle de se justifier.

- Mais c'est tout bonnement prodigieux, Miss Granger, l'interrompit le Maître des Potions. Ça frôle le génie. Mais à quel usage le destiniez-vous ?

Harry, Ron et Hermione racontèrent alors leur infiltration dans la salle commune des Serpentard pour tenter d'y démasquer l'Héritier de Salazar Serpentard en prenant l'apparence de Crabbe et Goyle. L'estime que Slughorn portait déjà envers Hermione montait en flèche.

- Vraiment très ingénieux. Digne d'Aurors confirmés, ce plan, commenta-t-il. Mais je discute et j'en oublie l'heure. Passons donc sur le Polynectar, puisque vous en savez déjà tout, jeunes gens, et penchons-nous sur l'Elixir de Confusion. Il est tout aussi difficile à préparer, mais moins dangereux, encore que. Pouvez-vous me dire ses effets ?

La main d'Hermione avait déjà jailli telle un diable de sa boîte.

- Oui, Miss Granger ?

- L'Elixir de Confusion permet à celui qui le boit d'endosser une autre identité auprès d'une seule et unique personne. Il agit sur les phéromones du sorcier pour les échanger avec celles de la personne dont on souhaite prendre l'identité. Malheureusement, cette potion ne peut fonctionner qu'en présence d'une seule personne. Si l'on est surpris par un tiers pendant son utilisation, le risque d'être démasqué devient certain.

- Excellent, Miss Granger. On peut également y ajouter certains ingrédients qui entrent dans la composition du Veritaserum que nous avons étudié l'année précédente. Ces ajouts permettent à « l'imposteur » d'inciter la cible à répondre à ses questions plus facilement. Mais les résultats peuvent s'avérer aléatoires. Il faut bien choisir ses questions en fonction de l'identité endossée, pour ne pas perdre toute crédibilité. L'effet de l'Elixir s'en ressentirait.

Slughorn passa en revue d'autres potions utiles aux Aurors, comme l'Antimutabor qui empêche les Animagi de se changer en animaux, le Philtre de Vélocité qui accroît réflexes et rapidité ou encore le soluté Sommeil de Plomb qui, conditionné en petites capsules de verre, constitue une arme chimique soporifique très efficace.

- La prochaine fois, nous élaborerons l'Elixir de Confusion, annonça Slughorn à la fin de son cours. Tâchez de réviser sa composition.

En cours de métamorphose, le Professeur McGonagall aborda les techniques de métamorphose humaine. Certes, l'apprentissage pour devenir Animagus aurait été trop long pour les trois amis, mais grâce à certains sortilèges complexes, ils pouvaient également apprendre à modifier leurs traits ou à se changer momentanément en élément du paysage.

- Travaillez vos sortilèges de Traits Changeants pour demain, demanda Minerva McGonagall à la fin du cours.

Au bout de deux heures d'entraînement, Hermione avait une lointaine ressemblance avec Eloïse Midgen, l'acné en moins. Ron, lui, avait réussi à faire disparaître ses taches de rousseur. Quant à Harry, il s'était acharné en vain sur sa cicatrice. Après le déjeuner, Remus Lupin vint leur enseigner des sortilèges très complexes de combat. Le plus dur et le plus spectaculaire était sans nul doute le sortilège de Multiplication : il permettait de produire une ou plusieurs illusions de soi pour dérouter l'adversaire.

- Il faut s'imaginer son reflet dans un miroir, d'abord, puis dans plusieurs à la fois lorsque l'on veut produire plusieurs illusions à la fois, expliqua Lupin. Je vous montre : Multiplex !

Lupin parut se dédoubler une puis plusieurs fois, jusqu'à ce qu'une douzaine de Remus entoure les trois jeunes gens. Harry, Ron et Hermione ne parvenaient pas à distinguer l'original de ses copies.

- Le secret de cette technique, c'est la démarche silencieuse et incessante. Reprit la voix de Lupin, sans que les trois amis ne sachent d'où elle provenait. Elle permet ainsi de surprendre son adversaire de tous côtés. Par derrière…

Harry sentit subrepticement la main de Remus se poser sur son épaule. Mais le temps de se retourner …

- Sur la gauche… souffla-t-il en faisant sentir sa présence furtive à Ron.

- Ou sur la droite… dit-il en réapparaissant sous les yeux d'Hermione qui n'avait rien vu venir.

La démonstration terminée, Lupin passa à la pratique. Pour une fois, Harry parvint à maîtriser les bases du sortilège avant Hermione, en créant une première illusion de lui-même.

- Ton double n'est pas encore tout à fait stable, Harry, commenta Lupin. Mais c'est sans conteste un premier pas très prometteur.

Pour le moment, Ron n'arrivait qu'à multiplier sa tête, dont une vingtaine d'exemplaires l'entourait, pour le plus grand plaisir de Fred lorsqu'il entra par inadvertance dans la pièce. Dès lors, Ron ne cessa de faire la tête, ce qui n'arrangea pas ses sortilèges, ni la mine de ses têtes flottant dans la pièce. A la fin du cours, Harry se décida à lui demander ce qui n'allait pas.

- Attends un peu le dîner. Je suis bon pour un surnom stupide comme « Ronald aux Vingt Têtes » ou encore « l'Hydre Weasley »

Harry eut énormément de mal à ne pas éclater de rire. Mais l'amitié l'emporta sur le fou rire. La journée s'acheva sur les progrès significatifs de Ron et d'Hermione en occlumancie. Progrès qui remontèrent considérablement le moral du jeune Weasley. Les premiers pas de Harry en légilimancie furent plus laborieux.

- Harry, je vais d'abord te laisser entrer dans mon esprit pour que tu t'habitues à la sensation et que tu apprennes à évoluer dans les pensées, expliqua Kingsley. Je veux que tu saches t'y mouvoir avant d'essayer d'y entrer en force. Lorsque tu t'y seras accoutumé, je commencerai à résister à ton intrusion. Prêt ? Vas-y!

Harry se concentra sur le contact visuel et prononça la formule : Legilimens ! Il avait toujours un peu de mal avec les sortilèges informulés. Il sentit affluer vers lui les pensées et souvenirs de Shacklebolt. Il découvrit certaines images de l'enfance de l'Auror, le suivit dans la filature d'un Mangemort quelques années plus tôt, il allait même parvenir à assister à une réunion de l'Ordre du Phénix. Mais la porte de la cuisine du 12, Square Grimmaurd se referma brusquement sur lui : Kingsley commençait à résister. Harry imagina toutes sortes de stratagèmes : Oreilles à rallonge, Alohomora, Bombarda… Rien n'y fit. Plus il faisait d'efforts pour passer les défenses de Kingsley, plus Harry se sentait fiévreux. Il commençait à reculer inexorablement. L'Auror contre-attaquait et n'allait pas tarder à le chasser de son esprit pour entrer dans le sien. Harry ressentit une douleur sourde au genou, il venait de se cogner aux lits superposés des jumeaux. Kingsley rompit le contact.

- Tu as pu voir par toi-même ce qu'est la légilimancie. C'est un art difficile, Harry. Aujourd'hui, je t'ai facilité la tâche. Mais comme tu as pu le voir, à partir du moment où je me suis défendu, tu t'es retrouvé sans armes. Tu as fait preuve d'imagination pour obtenir des informations sans trop me blesser. C'est louable, mais lorsque tu sonderas l'esprit d'un ennemi, tu ne dois pas hésiter à user de toutes les armes à ta disposition, avoir recours à la peur.

- Très bien, répondit Harry, déterminé à progresser rapidement dans ce domaine.

Pour la suite du cours, Kingsley demanda à Harry de pénétrer les défenses de Ron et d'Hermione. Ainsi, tous trois pourraient s'entraîner en même temps. Harry essaya, mais sa faible expérience de la légilimancie ne fit pas le poids face aux défenses mentales de ses amis, même si celles-ci n'en étaient encore qu'aux balbutiements. En outre, Harry avait des réticences à lire les pensées de ses deux meilleurs amis. Kingsley Shacklebolt s'en rendit compte.

- Tu manques de pratique Harry, c'est normal que tu hésites au début. Mais n'aies pas de scrupules, je suis sûr que Ron et Hermione ne t'en voudront pas si tu parviens à lire dans leur esprit. Ils tiennent eux aussi à ce que tu sois le mieux armé contre Voldemort.

La journée de cours terminée, les trois jeunes gens enchaînèrent sur l'entraînement de Ginny. Puis ils descendirent dîner. Harry sourit discrètement en entendant Fred et George surnommer leur jeune frère « Ronald aux Mille Têtes » : Ron n'était pas tombé loin, mais ça ne semblait pas le ravir. Le lendemain, Ginny informa Harry que la Potion d'Euphorie qui mijotait dans le placard à balais était prête.

- Très bien, on passe à l'action cet après-midi, décida-t-il. Il n'y aura pas cours, ce sera parfait.

- Je mets tout en place après le cours de Pom Pom, acquiesça-t-elle.

Ce matin-là, Harry et Ron découvrirent ce que cachaient les messes basses d'Hermione avec les deux aînés Weasley. Tandis qu'ils allaient s'exercer au sort de Multiplication dans la chambre des jumeaux, Hermione leur interdit le passage :

- J'ai cours avec Bill et Charlie ce matin, déclara-t-elle.

- Depuis quand tu as cours avec mes frères? demanda Ron, suspicieux.

- Depuis que je le leur ai demandé. Bill va m'apprendre les bases du métier de Conjureur de sorts et Charlie va me briefer sur les dragons, ça peut toujours être utile.

Ron resta bouche bée. Harry fut moins surpris de cette révélation. A Poudlard déjà, Hermione avait pris davantage d'options que quiconque. Pourquoi en serait-il autrement aujourd'hui se dit-il en souriant. Mais cela créait un nouveau problème : il devait occuper Ron pour que Ginny puisse s'occuper des préparatifs du plan. Finalement, il proposa à son ami une partie d'échecs sorciers. Une fois que Ron lui eut mis une raclée mémorable – Harry trouvait qu'il n'avait pas grand mérite, il ne faisait pas très attention au jeu – tous les deux révisèrent les nouveaux sorts appris ces derniers jours. Vers midi, leur attention fut attirée par l'arrivée d'un hibou apportant la Gazette du Sorcier. La veille, aucun article n'avait mentionné l'attaque sur le Chemin de Traverse. Harry se précipita sur le journal et le déplia pour voir s'il en allait autrement ce jour-là. Cette fois, la une était consacrée à leur mésaventure :

Les Mangemorts attaquent à nouveau le Chemin de Traverse

Aidés par des Détraqueurs, un petit groupe de partisans de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom ont fait irruption mercredi sur le Chemin de traverse pour une attaque ciblée. Il semble que leur cible ait été le Survivant (suite en p. 2)

Le reste de l'article n'était qu'extrapolation sur les motifs de l'agression et sur ses participants. Mr Weasley et les membres de l'Ordre avaient réussi à brouiller les cartes, mais pas suffisamment pour cacher la présence de Harry lors de l'attaque. Visiblement, le Ministère avait fait retarder la parution de l'article. Finalement, le seul mérite de l'article fut de constituer un sujet de conversation pendant le déjeuner. Bill raconta comment il avait dû répondre à un petit journaliste hystérique à l'idée que Bellatrix Lestrange se soit trouvé là, quelques instants auparavant. Harry en profita pour consulter Ginny du regard, qui lui fit signe que tout était paré pour l'opération Ron - Hermione.

Après le repas, la jeune fille proposa aux trois amis de se retrouver dans sa chambre. Elle y avait tout agencé pour tenir une petite réunion. Elle avait même prévu des rafraîchissements. Harry, lui, savait que le jus de citrouille glacé contenait une bonne proportion de Potion d'Euphorie. Mais Ginny avait pris soin de dissimuler son goût douceâtre caractéristique grâce à quelques feuilles de menthe. Tous les quatre s'installèrent et commencèrent à bavarder de tout et de rien. Bientôt, Harry sentit que la chaleur de la pièce commençait à monter. Il ne comprit pas tout de suite pourquoi. Ginny, en se rapprochant, lui révéla qu'elle avait eu recours au maléfice du sauna pour amener Ron et Hermione à consommer son jus de citrouille arrangé. Harry jugea qu'il était temps de lancer les hostilités lorsque la carafe se trouva à moitié vide. Il prit une attitude d'amoureux transi qui veut que tout le monde partage son bonheur et soit amoureux également, en attirant Ginny dans ses bras.

- Dis-moi, Ron, à part Lavande, tu n'as jamais été amoureux ? demanda-t-il en sachant pertinemment quelle serait la première réaction de Ron.

- Mais je n'ai jamais été amoureux de Lavande !! s'insurgea Ron. C'était… comment dire… C'était une passade, avoua-t-il un peu soulagé et honteux en même temps d'avoir trouvé un terme pareil.

- Ah bon, moi je croyais que c'était sérieux entre vous. Après tout, elle t'a offert une très belle chaîne en or, insista Harry.

Ron rougit violemment à ce souvenir. Il n'en avait jamais parlé à Hermione qui, elle, pouffait de rire.

- Mais tu n'as toujours pas répondu à ma question, Ron, tu as déjà été amoureux ?

- Je crois que oui, c'est pas facile à dire, avoua timidement Ron. Ginny entra dans la mêlée à son tour.

- Et toi, Hermione, tu ne nous as pas dit qui t'as donné ton premier baiser l'autre jour.

Hermione rosit et bafouilla quelque peu, ce qui ne lui arrivait que rarement.

- C'est-à-dire que je n'ai jamais dit que j'avais déjà embrassé un garçon. En fait, mon souvenir heureux, je l'imagine. Je sais que c'est stupide, mais ça marche alors…

Harry observa Ron attentivement. La stupéfaction et le soulagement se lisaient sur son visage.

- Mais Ginny m'a dit l'année dernière que tu avais embrassé Viktor Krum ! s'exclama-t-il.

- Ce n'est pas tout à fait vrai. Il m'a embrassée, mais il m'a volé ce baiser. Et dans mon souvenir heureux, ce n'est pas lui que j'embrasse, dit-elle en rosissant plus violemment encore, un petit sourire béat aux lèvres.

Manifestement, la potion de Ginny commençait à faire effet. Ron affichait également une espèce de sourire satisfait. Harry poussa le bouchon un peu plus loin.

- Je le connais ? demanda-t-il.

- Oui.. . et non, à la fois, répondit évasivement Hermione.

- Et tu sais de qui Ron est amoureux, toi ? compléta Ginny. Il était temps de leur laisser le rôle de se poser eux-mêmes des questions.

- Non… je ne vois pas qui ça peut être, reprit Hermione. Pourtant, il y a pas mal de filles qui lui tournent autour. Gardien vedette de l'équipe de Quidditch, ça a son petit succès. Et puis, il faut avouer que tu n'es pas mal du tout, Ron, tu es même plutôt joli garçon.

L'expression de visage d'Hermione changea du tout au tout. Hermione commençait à regarder Ron avec plus de curiosité et même d'envie.

- Allez Ron, s'il te plait, dis-le moi... je suis ton amie... demanda-t-elle avec une expression de petite fille qui voudrait un cadeau.

- Toi qui devines tout d'habitude, tu ne le sais pas ? s'étonna faussement Ron. Je ne te le dirai que si tu me dis qui tu embrasses dans ton souvenir. Donnant-donnant.

Ron affichait désormais l'air satisfait qu'ont certains businessmen qui pensent faire une bonne affaire. Il s'était doucement rapproché d'Hermione et à présent, ils n'étaient distants que de quelques centimètres. Grâce à la Potion d'Euphorie, cette promiscuité ne semblait absolument pas les gêner. Harry et Ginny se consultèrent du regard et décidèrent de s'éclipser discrètement sous un prétexte quelconque.

- Je crois que Maman m'appelle, mentit Ginny en se levant.

- Je t'accompagne, j'ai quelque chose à aller chercher en bas, dit Harry.

Ron et Hermione n'avaient rien entendu. A présent, ils se dévoraient amoureusement du regard sans rien faire, toujours ce sourire béat sur les lèvres. Harry et Ginny sortirent et restèrent sur le palier, munis d'Oreilles à Rallonge pour s'assurer que leur stratagème avait fonctionné jusqu'au bout. Pendant quelques minutes qui semblèrent durer des heures, ils n'entendirent plus que les respirations lourdes de leurs deux amis. Puis Ron reprit la parole :

- Toi d'abord, d'accord ?

- Non, toi d'abord, rétorqua Hermione.

- Tous les deux en même temps ? proposa Ron

- Ça me va… A trois. Un… Deux… Trois

L'espace d'un instant, Harry et Ginny ne surent plus qui avait dit quoi. Les voix de Ron et Hermione s'étaient mêlées en une seule et même phrase qui avait retenti dans les Oreilles à Rallonge : « C'est toi ! ». Les deux comploteurs regrettèrent de ne plus être dans la chambre de Ginny pour voir la tête de leurs deux amis. Mais ils savaient qu'ils devaient être seuls à seuls pour ce moment-là. La suite des événements ne leur laisserait peut-être plus de moments intimes.

Harry et Ginny laissèrent retomber les Oreilles à Rallonge, ils en savaient assez. Ils verraient par eux-mêmes le résultat de leur mise en scène. En fait, ils le surent bien plus tôt qu'ils ne le pensaient. Au moment de monter dans la chambre de Ron, ils entendirent distinctement un petit bruit de lèvres et un rire étouffé derrière la porte de Ginny.

Harry et Ginny se sourirent tendrement et gravirent l'escalier quatre à quatre vers la chambre de Ron. Pris d'un fou rire, ils s'affalèrent sur le lit de Harry et bousculèrent son sac encore rempli des achats du Chemin de Traverse. Le magnifique coffret trouvé chez Gringotts s'en échappa pour se rappeler au bon souvenir de Harry.


Voilà pour cette semaine! Bon je préviens tout de suite, c'est le seul chapitre praline avant très longtemps. Pour ceux qui n'aiment pas ce genre de chapitre, désolé, mais il fallait bien en passer par là, je voulais régler l'affaire Ron - Hermione au plus vite pour passer aux choses sérieuses. Et puis avec les événements qui suivent il sera difficile à nos deux compères d'avoir assez d'intimité pour se déclarer l'un à l'autre.

La semaine prochaine, vous découvrirez ce quise cache dans ce fameux coffret, à mercredi prochain!