Chapitre VIII/
Je vais modifier la chronologie des évènements réels. A cette période, Jin aurait déjà dû annoncer son départ de Kat-Tun mais je vais romancer davantage sur ce point et faire durer les choses.
Même sans voir Yoshiki, Jin sentait que sa vie était considérablement chamboulée. Il n'en revenait pas de découvrir à 26 ans qu'il était capable de ressentir de l'attirance pour un homme. Et pas n'importe lequel en plus ! Ce qui n'avait été qu'un petit jeu sans y croire s'était révélé être quelque chose de plus sérieux qu'il ne le pensait. Mais il avait très peur aussi. Ce n'était pas du tout facile pour lui d'intégrer cette nouvelle donnée dans sa vie. Quand il s'imaginait en parler à Yamapi, il avait des frissons d'horreur. C'était un coup à le faire rentrer au Japon illico presto ou pire encore à le perdre totalement car les rares fois où ils avaient évoqué le sujet des homosexuels, Yamapi s'était toujours montré très sarcastique. Cette histoire ne devrait jamais être sue par qui que ce soit ce qui rendait Jin très seul dans sa position ne pouvant en discuter avec personne.
Il se sentait mal la nuit quand Yamapi dormait à coté de son lit. S'il savait, il refuserait certainement la moindre intimité avec lui-même si Jin n'avait jamais eu le moindre comportement ambigu. Il regretterait peut-être leur proximité et ne voudrait même plus s'approcher de lui ? Cette seule idée donnait à Jin envie de pleurer. Il en était presque à regretter d'avoir joué à ce jeu dangereux avec Yoshiki pour n'avoir pas pu rester le strict hétéro qu'il s'était cru être.
Yoshiki ne l'avait congédié que jusqu'au lendemain mais cette fois, à force de réfléchir, ce fut Jin qui ne se pressa pas de reprendre contact. Il espérait que ce qui s'était passé n'était qu'un passage et qu'il suffirait de deux ou trois jours pour se remettre l'esprit en place.
Côté carrière, rien n'avait changé. On pouvait presque parler d'une agréable routine concernant son spectacle et il était resté sur les mêmes envies concernant les Etats-Unis. Mais ces rêves commençaient à prendre l'apparence de velléités. Il avait envie de certaines choses mais ne prenait aucune décision et rien ne venait pour l'aider à prendre un chemin ou l'autre. Il aurait été parfaitement incapable d'appeler Johnny pour lui dire d'aller se voir et qu'il restait à Los Angeles. Il était toujours censé revenir en octobre, n'avait pas la moindre envie de le faire mais ne voyait pas du tout comment l'éviter. Johnny ne se rappelait pas à son bon souvenir, son spectacle marchait bien alors pour le moment, il se laissait vivre et partageait son temps entre le travail et les soirées.
Ce fut d'ailleurs pendant l'une d'entre elles que Yoshiki repris contact avec lui. Jin s'amusait avec sa troupe de danseurs à La Villa, leur boîte de nuit préférée. Jin était en train de s'éclater sur un podium - il n'hésitait jamais à monter dessus éprouvant un plaisir presque sensuel à montrer ses talents de danseur sous les yeux de tous les fêtards des lieux. Il sentit son portable vibrer dans sa poche et eut la surprise d'y lire un message de Yoshiki qui lui disait qu'il était sur place également, avec quelques amis, dans l'une des salles privées et insonorisées que possédait la boîte. C'était les clients les plus aisés qui venaient là pour boire du champagne entre amis sans être gênés par la musique et les danseurs. Ils pouvaient cependant regarder la salle à travers une large vitre qui occupait un côté de la pièce.
Jin se dit que Yoshiki devait l'avoir vu danser et hésita à le rejoindre. Qu'allait-il se passer et qu'allait-il lui dire après la scène de la dernière fois ? Pensant que Yoshiki le voyait peut-être à travers la vitre, il choisit de le rejoindre. Après tout, s'il était avec des amis, il ne pourrait rien se passer de plus et ils n'auraient même pas l'occasion de discuter de ce sujet.
La petite salle privée où se trouvait Yoshiki et ses amis baignait dans une lumière rouge assez désagréable pour les yeux. Le temps que sa vision s'habitue, Jin compta cinq personnes en dehors de Yoshiki, tous des hommes et tous Japonais manifestement et assis autour d'une table pleine de bouteilles et de verres. L'odeur de cigarette était aussi fortement présente. Il comprit rien qu'à leur aspect qu'il s'agissait encore d'un groupe de rock mais celui-ci lui parut plus inquiétant que X-Japan. Ils étaient tous en noir et tiraient la gueule habituelle des types de heavy qui veulent passer pour des gros durs sauf un qui lui sourit quand il entra. Sûrement le plus sociable de la bande !
Yoshiki se leva de sa banquette en souriant et lui posa une main sur l'épaule pour le présenter aux autres. Jin ne ressentit pas de gêne car il comprit que Yoshiki ferait semblant de rien devant ses amis. Il fit de son mieux pour retenir les cinq prénoms qu'il lui énuméra en désignant ses cinq compagnons : Kyo, Kaoru, Die, Toshiya et Shinya. Tiens...prononcés à la suite, ces noms-là lui disaient quelque chose…. !
- Vous ne seriez pas un groupe connu par hasard ? J'ai l'impression de vous avoir déjà vu.
Ce fut Die, celui qui lui avait souri qui répondit :
- On est les Dir en Grey si ça te dit quelque chose.
- Ah ouiiiii ! s'écria Jin qui manqua se taper le front du plat de la main. Je me disais aussi ! Ravi de vous rencontrer.
Il ne les avait pas reconnus du tout parce que la dernière fois qu'il avait eu un aperçu du groupe, c'était au moins sept ans auparavant et qu'ils avaient bien changé de look depuis.
Il s'assit à côté de Yoshiki mais très vite, il se demanda ce qu'il était venu faire là. Les Dir en Grey et Yoshiki se mirent à discuter de leurs histoires communes sans que Jin ne trouve le moyen de participer. La pièce était tellement enfumée que ses yeux commençaient à lui piquer et ces nouvelles têtes le mettaient assez mal à l'aise surtout deux d'entre elles, Kaoru et Kyo qui le regardaient parfois avec des yeux inquiétants. Jin était content que Yoshiki n'ait pas dit qu'il travaillait pour la Johnny's. Déjà que lui l'avait pris pour un rigolo au départ, il était sûr que les Dir en Grey ne se seraient pas gênés pour lui rire au nez. Tout compte fait, il regrettait que Yoshiki n'ait pas été seul et il se mit à lancer des coups d'œil à la piste de danse où il avait envie de retourner. Inutile d'espérer que les six qu'il avait sous le nez soient du genre à lever leurs fesses de la banquette en moleskine pour aller danser !
Il tint bon pendant un quart d'heure puis, passablement agacé, il prit le prétexte de ses amis qu'il avait laissé pour sortir de la pièce non sans avoir lancé un regard appuyé à Yoshiki qui lui reprochait de lui faire perdre son temps alors qu'ils devaient discuter d'autre choses.
Il retourna dans la salle de danse. L'air y était surchauffé mais il lui parut pur et frais en comparaison de celui qu'il y avait dans la salle privée. Il rejoignit ses amis qui dansaient toujours et recommença à s'amuser comme si de rien n'était. Il regrimpa sur son podium et se mit à se déhancher comme s'il faisait un show au Tokyo Dome devant des milliers de pré-pubères en folie. Un sourire en coin naquit sur ses lèvres à la pensée que, dans sa petite salle empuantit par la cigarette, Yoshiki le voyait peut-être.
Il se demandait si Yoshiki allait rester enfermé longtemps ou s'il finirait par venir le voir. Peut-être qu'il préférait faire marche arrière et effacer ce qui s'était passé la dernière fois ? Peut-être qu'il s'était fait les mêmes réflexions que lui-même ?
Il avait presque abandonné l'idée de le voir seul à seul ce soir-là lorsqu'il finit par s'apercevoir que Yoshiki était sorti et qu'il le regardait un peu à l'écart de la foule. Depuis combien de temps était-il là ? Jin lui fit signe de le rejoindre mais ne fut pas surpris lorsque Yoshiki refusa. Il sauta de son podium et se fraya un chemin parmi les fêtards pour le rejoindre et lui lancer d'un ton légèrement sarcastique :
- Où sont passés tes copains si loquaces ?
- Ils sont repartis. Ils t'ont fait peur hein ? répondit Yoshiki en souriant.
- Ils sont un peu sinistres je trouve et j'avais l'impression qu'ils me regardaient de haut, grommela Jin.
Yoshiki se mit à rire :
- Ils font un peu les malins parfois avec les inconnus mais je t'assure que quand on les connaît bien, ils sont adorables. Je ne vois pas pour quelle raison ils t'auraient regardé de haut. Ils ne savent même pas que tu es dans un boy's band !
Jin ne pensait pas que le terme « adorable » puisse leur convenir mais il garda ses réflexions pour lui et répondit à la dernière phrase par une grimace vexée.
- Comment tu les connais ?
- C'est moi qui les ai lancés. J'ai produit leur premier album. Même s'ils ne sont plus dans ma maison de disques, nous sommes toujours amis.
Jin se dit que Yoshiki devait avoir un sacré flair pour avoir était le premier à produire un groupe devenu si célèbre.
Passant à autre chose, il attrapa les bras de Yoshiki et s'écria :
- Bouge un peu, t'es raide comme un balai !
Mais Yoshiki s'esquiva d'un air gêné en jouant avec une mèche de ses cheveux. C'était un geste qu'il avait souvent.
- Non pas question, même avec trois grammes d'alcool dans le sang tu ne me feras pas danser !
- Et chanter tu le ferais ?
- Non plus. D'ailleurs j'ai essayé. Dans le premier groupe que j'ai formé avec Toshi, c'était moi qui chantais.
- Et c'était comment ?
- Si j'ai refilé le boulot à Toshi, c'est pas pour rien !
Jin se mit à rire et répondit :
- Allons dehors dans ce cas, j'ai pas envie de crier pour me faire entendre.
Ils sortirent sur le trottoir, loin du bruit de la boîte. Sans véritable projet, ils se mirent à marcher en direction de la mer qui n'était pas loin et Jin demanda :
- Toshi est toujours chez toi ?
- Non, il est resté au Japon. Il me rejoindra avec les autres quand il faudra aller à Chicago.
Jin sentit Yoshiki frissonner et le vit resserrer sa veste autour de lui. Il ne faisait pourtant pas froid. Il tourna la tête vers lui et, à la lumière des lampadaires, il se rendit compte que Yoshiki paraissait très fatigué.
- Tu n'as pas bonne mine tu sais ?
- Oui…c'est le concert. Je n'avais pas stressé comme ça depuis longtemps. J'ai vraiment peur.
- Mais pourquoi ? demanda Jin avec un étonnement sincère. Depuis le temps que t'es dans le métier, tu as peur d'un festival ?
Yoshiki fourra ses mains dans les poches de sa veste et soupira :
- C'est notre premier concert aux Etats-Unis depuis bien longtemps. Et c'est sûrement notre dernière occasion d'essayer de nous faire connaître dans ce pays.
- Tu y tiens vraiment ? demanda Jin. Je veux dire…t'es un dieu vivant au Japon et je pensais que ça te suffisait.
Yoshiki eut un sourire un peu triste :
- Je veux la même chose que toi Jin. J'avais ton âge quand j'ai essayé de faire connaître le groupe dans ce pays. Mais ça n'a pas marché du tout. A cette époque, un groupe de rock venu du Japon était une idée presque risible. Comme les temps ont changé, je me suis dit qu'il fallait réessayer. Mais ce n'est pas facile…déjà à l'époque, tout le groupe ne me suivait pas. Il n'y avait que hide et Taiji qui étaient vraiment motivés. Puisque tu as fait des recherches sur le groupe, tu sais qu'ils ne sont plus là maintenant.
- Et Toshi ?
- Si ce n'était que lui, il s'en ficherait complètement – la voix de Yoshiki se teinta d'affection- mais il ne me lâchera pas. J'aurais vraiment mal si j'échouais encore une fois. Alors je travaille d'arrache-pied pour que le concert se passe au mieux. Et je ne dors pas beaucoup.
- Tu fais exactement le contraire de ce que tu devrais alors ! Tu es déjà fragile physiquement, psychologiquement c'est pas la joie non plus et toi tu mets encore de la pression sur tout ça.
- Je n'ai pas le choix, répondit Yoshiki. Toi tu es encore au début de ta carrière, moi je suis plus près de la fin. Il n'y aura pas de troisième chance.
- Tu vas finir par t'écrouler avant même que le concert ait lieu ! protesta Jin. Il faut que tu te relaxes, vous allez déchirer comme d'habitude et mettre aux Ricains une bonne claque dans la figure !
Jin avait de la peine de voir à quel point Yoshiki angoissait pour cette histoire et combien son âge semblait le tourmenter sans arrêt. Mais bon sang, à 44 ans, on n'était quand même pas grabataire ! Il ferait quoi le jour de ses 50 ans ?
Il fut tiré de ses pensées lorsqu'il sentit la main de Yoshiki se glisser doucement dans la sienne. C'était la première fois qu'il y avait ce geste entre eux et il fut accompagné d'un « merci » murmuré dont Jin connaissait la signification.
Ils atteignirent le front de mer où Jin venait courir le matin. Yoshiki s'accouda sur la rambarde, le visage tourné vers la mer que l'on ne voyait pas. Jin fit de même mais garda les yeux fixés sur lui.
- Je voudrais pouvoir faire quelque chose. Mais je ne peux même pas venir vous voir à Chicago parce que j'ai un spectacle le même jour. Pourtant je voudrais te voir sur scène en vrai.
- Tu fais déjà quelque chose, répondit Yoshiki d'une voix douce. Tu es là.
- C'est rien ça !
Le batteur se mit à rire :
- Si ça l'est. Et pour en revenir à un sujet qui, j'en suis sûr, te tracasse : tu dois te sentir assez perdu n'est-ce pas ?
- C'est clair, admit Jin. Je t'avais demandé de m'embrasser pour jouer. Je me suis bien fait avoir.
- J'ai bien fait de te demander de partir. J'avais compris que tu avais agi sur un coup de tête et je voulais que tu prennes le temps de réfléchir à ce que tu voulais.
- Je rêve ou tu me connais bien ?
- Tu n'es pas difficile à cerner. Mais je te rassure, à mes yeux c'est une qualité d'être un cœur simple. Moi je suis assez compliqué pour deux.
- Dis…tu avais déjà été attiré par un homme avant ?
- Oui. Je peux compter ces occasions-là sur les doigts d'une main mais ça m'est déjà arrivé. C'étaient des aventures, pas des relations sérieuses. Et ça ne m'était pas arrivé depuis plus de dix ans, c'est dire si j'ai été surpris ! Toi, tu m'avais dit que tu étais complètement novice, c'est pour ça que je n'ai rien voulu commettre d'irréparable. On revient toujours sur ses coups de tête.
Jin attrapa sa main gauche sans répondre et passa doucement son pouce sur une cicatrice qui courait sur le côté entre le poignet et le petit doigt.
- C'est quoi ça ? On dirait que c'est récent.
- Je me suis fait opérer de la main, tu ne t'en rappelles pas ?
- J'suis con alors, je ne l'avais jamais remarquée !
Jin reprit, les yeux baissés sur leurs deux mains qui se tenaient. La vision lui faisait un drôle d'effet mais il ne cessa pas pour autant de caresser celle de Yoshiki :
- Tu parles beaucoup de ce que moi je veux. Mais toi, de quoi tu as envie en réalité ? Tu ne peux pas me livrer toutes les décisions comme si tu ne ressentais rien. Tu n'as vraiment pas besoin de ça en ce moment. Je ne suis ni un piège, ni un souci de plus. Je veux être là pour t'aider quand tu as besoin de moi.
Les doigts de Yoshiki se resserrèrent sur les siens :
- Alors si je dois parler franchement, je te dirais que j'ai envie que tu restes avec moi, comme tu le fais depuis quelques temps déjà. Je n'attends rien de particulier, je ne te demande rien.
- Comment tu peux dire ça ? Et tes sentiments ?
Yoshiki le regarda d'un air attendri et passa doucement ses doigts repliés sur les joues du jeune homme :
- Ils n'iront pas au-delà du raisonnable. C'est la meilleure chose pour toi comme pour moi. Ce n'est vraiment pas le moment pour moi de m'engager dans une relation sérieuse. Et je sais qu'entre-nous, ça ne pourra jamais durer. Il y a trop de dangers, je suppose que je n'ai pas besoin de te les détailler. Cependant, tu serais beaucoup plus vulnérable que moi si un scandale devait éclater.
- Je comprends, souffla Jin en imaginant la réaction de Johnny et de toutes ses groupies s'ils apprenaient ce qu'il était en train de faire. Cela le fit sourire.
C'était presque jouissif pour lui de se lancer dans une chose qui ne plairait pas, là-bas au Japon, un peu comme un enfant heureux de pouvoir faire une bêtise dans le dos de ses parents. C'était une provocation sans conséquences et un pas de plus vers la liberté qu'il grappillait depuis qu'il était à Los Angeles. Le fait qu'un scandale pouvait éclater n'était qu'une hypothèse très floue pour lui. Personne n'en saurait rien un point c'est tout.
Et puis comment aurait-il pu faire marche arrière maintenant et refuser ce que Yoshiki demandait ? Il l'aimait beaucoup et n'avait pas la moindre envie de l'abandonner. Si sa présence lui faisait vraiment du bien, il resterait autant que Yoshiki en aurait besoin.
- T'es quand même impressionnant, reprit-il. Tu sembles à fleur de peau, toujours prêt à craquer et pourtant c'est fou ce que tu prends sur toi. Quand je te vois, je sens que tu portes énormément de choses en toi et je voudrais pouvoir te soulager. Moi je n'ai pas beaucoup souffert dans ma vie. J'ai été plutôt gâté, j'ai le cœur solide et l'esprit libre. J'ai assez de forces et de bon moral pour t'en donner si tu en as besoin.
Yoshiki parut tout d'un coup très ému et tira le bras de Jin vers lui pour poser son front sur leurs mains qui ne s'étaient pas lâchées. Il ferma les yeux et resta plusieurs secondes ainsi sans parler. Jin l'observa en retenant son souffle et éprouva soudain une violente envie de le serrer dans ses bras. Même si leur conversation n'était pas joyeuse, il était vraiment très heureux de se sentir utile à quelqu'un.
De sa main libre, il caressa les cheveux de Yoshiki fraîchement colorés d'un blond-roux qui lui allait bien. Avec cet homme, il avait l'impression de réapprendre des gestes de tendresse qui lui seraient venus automatiquement avec une fille. Tout prenait un goût de « jamais fait » qui rendait chaque moment plus intense.
Yoshiki ouvrit les yeux et se redressa lentement non sans avoir déposé un baiser sur les doigts de Jin. Le jeune homme déclara :
- On va commencer par un petit travail d'auto-persuasion. Répète après moi : On va tellement déchirer à Chicago qu'on aura dix rappels !
Yoshiki se mit à rire en secouant légèrement la tête mais il répéta docilement mais avec de plus en plus d'humour :
- On va tellement déchirer à Chicago qu'on aura dix rappels !
- Je suis le meilleur, le plus grand, le plus fort et je vais le leur prouver !
- Je suis le meilleur, le plus grand, le plus fort et je vais le leur prouver !
- Lady Gaga viendra me voir et me demandera de lui faire une chanson !
- Lady Gag…Ah non au secours ! protesta Yoshiki en éclatant de rire.
- Bon et bien Lady Gaga dormira devant la porte de ma chambre jusqu'à ce que je la fasse entrer ? proposa Jin.
- Non plus !
- Ben j'ai plus d'idées…
- Ce n'est pas grave, tu es adorable…
Yoshiki passa les bras autour de Jin et le serra tendrement contre lui. Le jeune homme se laissa aller avec un soupir d'aise. Comme ils étaient doux les bras de Yoshiki ! Il sentait la cigarette, comme lui-même d'ailleurs, mais sur lui c'était agréable. Il cala sa tête dans le creux de son épaule et passa ses paumes ouvertes le long de son dos. Mine de rien, Yoshiki était musclé et dur quand on le touchait, ça contrastait beaucoup avec l'impression qu'il donnait à première vue.
Il redressa la tête juste assez pour approcher ses lèvres de celles de Yoshiki. Quand ce dernier réduisit le mince espace qu'il restait entre eux, Jin sentit tout l'intérieur de son corps se liquéfier. Ce n'était plus un baiser d'essai mais un vrai, un de ceux qui bouleverse et qu'on ne veut pas finir. Jin fut profondément touché par ce que Yoshiki lui fit passer par ce baiser et même par la façon dont ses mains le caressaient comme s'il était précieux. Jin n'avait pas la moindre idée d'où cette histoire allait le mener ni même si ça durerait longtemps mais ce qui était sûr, c'était qu'il aimait le moment présent et ne regrettait pas ce qui venait de commencer.
Quand ils se séparèrent, Jin avait une délicieuse sensation d'ivresse dans l'esprit. Il posa un doigt sur les cernes de Yoshiki et murmura :
- Je ne pense pas outrepasser mon rôle en te conseillant de rentrer chez toi, d'aller te coucher et de dormir douze heures.
- Je dors naturellement peu.
- Depuis l'âge de dix ans hein ?
- Tu as fait des recherches poussées on dirait !
- Tu parles ! C'est écrit partout que tu as du mal à dormir depuis la mort de ton père. Seulement…je ne comprends pas pourquoi ça dure encore si longtemps après.
- Moi non plus pour tout te dire, répondit Yoshiki. Je suppose qu'à force d'avoir pris de mauvaises habitudes, je n'arrive plus à retrouver un sommeil normal. Enfin peu importe, je vais rentrer quand même. Je te dépose ?
- Je veux bien oui. Quand est-ce que je peux revenir t'embêter ?
Yoshiki lui sourit doucement :
- Quand tu veux. A n'importe quelle heure du jour et de la nuit, tu peux débarquer au studio et même chez moi. Je serai toujours heureux de te voir.
Jin acquiesça avec la ferme intention de profiter de l'autorisation. Il avait envie d'assister aux répétitions pour le festival de Lollapaloza et il allait employer tous les moyens possibles pour que Yoshiki se débarrasse des angoisses qui le minaient depuis des années.
