C'est encore moi! Je devrais m'empêcher de poster aussi vite, je ne vous laisse pas assez de suspens.
Mais bon, ça compensera mes futurs jours sans inspiration où le délais entre chaque post augmentera. Ou pas.
Bon, Leilani972, je ne peux pas commencer ce chapitre sans te faire une super dédicace. Merci pour toutes tes reviews, ça m'a vraiment touchée!
Surtout ne relâchez pas la cadence, il n'y a rien qui me fasse plus plaisir!
Chapitre 8
POV Iris
Cette fameuse nuit d'Halloween accompagna mes rêves durant plusieurs semaines. Je ne me lassais pas de me rappeler la chaleur de son corps collé au mien et de son souffle dans mes cheveux. Le temps passait et je me surprenais à espérer réellement qu'il retrouve un jour son libre arbitre. J'étais d'ailleurs assez mal à l'aise lorsque c'était au tour d'Edward d'assurer ma protection. J'ignorais ce que pourrait engendrer une éventuelle relation entre Jacob et moi. Un soir, Edward décida de répondre à mes questions silencieuses.
Je ne considère pas que Jacob appartienne à ma fille. Je sais qu'elle vit ses propres expériences de son côté. Il serait donc malvenu de lui reprocher d'en faire autant. Néanmoins, c'est pour toi que je m'inquiète. Le jour où elle reviendra, tout ce que tu auras pu construire s'effondrera en un instant. Je ne dis pas cela pour te blesser, mais uniquement pour te prévenir.
Je sais, répondis-je doucement. Et je suis un peu perdue. Parfois je me dis que je devrais quitter Forks pour me protéger et passer à autre chose. Mais quand je le regarde, je vois qu'il a réappris à sourire et je sais alors que je serai incapable de l'abandonner. Je ne suis peut-être qu'une lanterne dans sa nuit éternelle, toutefois je n'accepterai jamais de le replonger dans l'obscurité. Il n'y a aucune chance qu'elle reste au Canada? demandai-je après une pause.
Je n'en sais rien pour le moment. Seul l'avenir nous le dira.
Le lendemain, c'était au tour de Jacob d'effectuer sa ronde de surveillance. Il avait, depuis quelques temps, pris l'habitude de me veiller de près. Hormis un petit tour du quartier, il passait le reste de la nuit allongé dans mon lit. Nous discutions des heures durant, jusqu'à ce que je tombe de fatigue. Ce soir-là, lorsqu'il atterrit sur mon plancher, son visage se figea.
Quelqu'un est venu ici, dit-il d'une voix dure.
Mon cœur s'emballa instantanément.
Par «quelqu'un», tu veux dire un vampire? demandai-je, gagnée par la panique.
Il opina.
J'appelle les autres, passe-moi ton portable, m'ordonna-t-il.
J'obéis en silence.
Seth, c'est Jacob. Il faut que tu préviennes Sam et sa meute. Un vampire s'est introduit chez Iris. Il faut qu'on retrouve sa trace cette nuit. Quand tu auras transmis l'info, rejoins-moi sur place. Tu monteras la garde. Pas de «mais», grouille-toi.
Il raccrocha. Son regard était dur et froid.
Pourquoi ne restes-tu pas monter la garde toi-même? demandai-je affolée.
Seth est le plus jeune. Je préfère le tenir éloigné du combat.
Et pas toi? Pourquoi ne restez-vous pas tous les deux? Si ce vampire décide de revenir sur ses pas, vous ne serez pas trop de deux.
Mon ton était suppliant.
Il ne reviendra pas ici ce soir. Ce serait stupide de sa part. Et certainement pas après avoir flairé nos odeurs.
Je ne veux pas que tu y ailles, assénai-je au bord de l'hystérie.
Son regard se radoucit, ainsi que sa voix.
Ne t'inquiète pas pour moi. J'ai connu bien pire, tu sais. Je ne risque rien.
Comme une enfant qui boude, je m'assis sur le lit et croisai les bras sur ma poitrine. Jacob éclata de rire. Lorsqu'il fut calmé, il s'agenouilla devant moi et posa ses mains chaudes sur mes genoux.
Écoute-moi, Iris. Ce genre de situation, c'est presque une formalité pour moi. Et puis, je ne serai pas seul. La meute de Sam est certainement déjà en route.
Justement, bougonnai-je. Raison de plus pour ne pas y aller.
Je ne te connaissais pas ce tempérament de boudeuse, me taquina-t-il.
Je levai les yeux au ciel et relâchai ma pose d'enfant capricieuse. Il sourit, posa un baiser sur mon front (c'était la première fois que ses lèvres entraient en contact avec ma peau) et s'avança vers la fenêtre.
Seth est là. Je vais lui dire de monter pour qu'il mémorise l'odeur. Après, il te laissera dormir et restera dehors.
Comme si j'allais pouvoir fermer l'œil, commentai-je.
Il leva les yeux au ciel et appela Seth. Une fois l'odeur de l'intrus identifiée, Seth sauta par la fenêtre, suivi de près par son Alpha. Je la refermai derrière eux, puis regagnai mon lit où je fondis en larmes. Je pleurais de peur. Peur que ce vampire ne réapparaisse, peur que Jacob ne revienne pas. Lentement, très lentement, je finis tout de même par m'endormir, les yeux encore baignés de larmes.
Tard dans la nuit, je fus réveillée par un bruit familier: quelqu'un lançait des cailloux contre ma fenêtre. Je me précipitai pour ouvrir celle-ci et découvris Jacob, en un seul morceau, qui s'impatientait quelques mètres plus bas. Je me reculai et il me rejoignit dans ma chambre. Lorsqu'il eut atterri, je me jetai dans ses bras et éclatai à nouveau en sanglots. Il me serra contre lui.
Chut, murmura-t-il à mon oreille. Tout va bien. Tu n'as plus rien à craindre.
Que s'est-il passé? demandai-je en essayant de ravaler mes larmes.
On a fini par le retrouver, à une centaine de kilomètres vers l'Ouest.
Et? l'encourageai-je à continuer.
Et on s'est occupé de lui.
Il est mort?
Oui, répondit-il dans un souffle.
Je pleurai de plus belle, mais de soulagement cette fois-ci. Jacob me porta jusqu'à mon lit, s'installa à côté de moi et enfin, me reprit dans ses bras. Doucement, la chaleur de son corps m'apaisa et je finis par me calmer. Cependant, une autre révélation plus que désagréable s'imposa à moi: maintenant que le danger n'existait plus, Jacob n'aurait plus aucune raison de passer ses nuits avec moi. Anéantie par cette évidence, je me cramponnai plus fort à lui et, sans vraiment m'en rendre compte, j'inspirai à pleins poumons l'odeur enivrante qui se dégageait de son cou. Instantanément, je sentis son corps se figer.
POV Jacob
À l'unisson du mien, son corps se figea. J'en étais certain, elle m'avait «senti». Soudain, tout s'éclaircit dans mon esprit: son cœur ne s'emballait pas parce que je l'effrayais, mais parce qu'elle… m'aimait. Non, je ne voulais pas y croire! Je ne pouvais pas jouer ce rôle qui m'avait tant fait souffrir par la passé! Et pourtant, elle connaissait mon histoire. Qu'attendait-elle de moi? Lentement, je brisai l'immobilité de nos corps et m'assit sur le lit. Elle se redressa, sa respiration se faisant de plus en plus bruyante.
Jake… je… suis désolée…
Des larmes silencieuses coulèrent le long de ses joues.
Non, murmurai-je, c'est moi qui suis désolé. Je m'en veux tellement de ne pas avoir compris. Peut-être que j'aurais pu t'épargner toute cette souffrance.
Une boule douloureuse me serrait la gorge. Je tentai tant bien que mal de ravaler mon chagrin. Il était hors de question que je l'accable davantage en pleurant devant elle.
Je suis désolé, répétai-je dans un souffle.
À court de mots, je me levai du lit et quittai la chambre d'Iris par la fenêtre. Sans plus attendre, je me transformai et courus aussi vite que mes pattes me le permettaient. Je voulais oublier, retourner à une nuit sans étoile. Mais ni l'adrénaline qui coulait dans mes veines, ni le vent violent sur mon museau ne purent atténuer la peine qui me déchirait le cœur.
Que se passe-t-il? demanda la voix de Seth dans ma tête.
J'ai besoin d'être seul.
Pourquoi vous infliges-tu cette douleur? voulut-il savoir quand il eut compris ce qu'il venait de se passer.
Comme si c'était un choix! m'emportai-je.
Bien sûr que c'en est un! Tu es tombé amoureux d'elle et tu refuses de l'admettre! Au nom de quoi? Je te le demande.
Même si c'était vrai, qu'ai-je à lui offrir? Quelles promesses puis-je lui faire?
T'as raison, mon pote. Si tu veux, je peux faire des promotions sur le Prozac. T'as même pas vingt-cinq ans que tu as déjà prévu d'arrêter de vivre. Bordel, tu me soules. Je me casse, je préfère te laisser divaguer tout seul. Tu m'appelles si t'as des trucs intelligents à dire. Ah oui, au fait, elle ne t'a jamais rien demandé, si je ne m'abuse. A bon entendeur, salut.
Le silence se fit enfin dans mon esprit. Inconsciemment, j'avais ralenti mon allure. Je ne savais pas jusqu'où j'avais couru, mais les odeurs m'étaient toujours familières. Soudain, je reconnus les environs. J'étais revenu sur mes pas et je me trouvais à quelques mètres de la maison de Madame Bellefleur...
POV Iris
C'était fini. Il avait sauté par la fenêtre et disparu dans la nuit. Je m'écroulai sur le sol, alors que mon corps était secoué de violents soubresauts. Je n'avais pas imaginé que la douleur de son rejet serait aussi intense. Pourtant, je savais à quoi m'en tenir, je ne pouvais m'en prendre qu'à moi-même. Je me laissai aller à cette brûlure qui dévorait mon cœur et bientôt le contrecoup de cette horrible soirée m'assomma. Je concentrai mes dernières forces pour me remettre au lit et tombai dans un demi-sommeil peuplé de cauchemars.
Un bruit feutré m'éveilla soudain. L'angoisse me tétanisa, si bien que pendant quelques secondes j'en oubliai de respirer. Lorsque l'intrus se glissa sous mes couvertures, je reconnus l'étrange chaleur et l'odeur apaisante de l'homme que j'aimais. Je n'osais pas faire le moindre mouvement, de peur que cette illusion disparaisse. Il me prit dans ses bras et me colla contre son corps parfait. J'entendais son cœur battre la chamade dans sa poitrine. Avec une douceur infinie, il déposa un baiser sur mon front; je sentais son souffle dans mes cheveux. Puis, il embrassa mes yeux, recueillant du bout des lèvres les dernières larmes qui y perlaient. Enfin, il souleva mon menton délicatement et effleura ma bouche de la sienne. Tendrement, il m'embrassa, caressant mes lèvres avec sa langue. J'avais quitté ma léthargie et je m'agrippais de toutes mes forces à son cou. Notre baiser devint plus fougueux. Il me pressa plus fort contre lui, si bien que je finis par manquer d'air. Alors, il me relâcha, enfouit son visage dans mon cou et inspira intensément l'odeur qui s'en dégageait. Pour la cent-vingt-cinquième fois de la soirée, je fondis en larmes. Mais enfin, c'était des larmes de joie.
