Hello... Voici le chapitre de la semaine ! On passe direct à l'Evaluation. J'avoue que trouver ce que Clove aurait pu faire a été vraiment dure, mais j'ai écrit ce ahpitre d'un seul coup...
ENJOY et à la semaine prochaine !
Chapitre 8
Il ne reste plus qu'un jour avant le début des Jeux.
Un jour avant le début de massacre.
J'ai du mal à y croire tellement cela paraît irrealiste à mes yeux.
Pour moi, ces journées d'entraînement ont été semblables à celles que j'ai vécu pendant toute ma vie dans le District Deux : Cato était là, il l'a toujours été, nous avons toujours tout fait ensemble et cette année nous sommes tous les deux piégés dans cette horreur. Pour les repas de midi, j'ai toujours mangé avec Cato et ses amis du Centre : jamais je n'ai été seule et aujourd'hui, jour de l'évaluation, je me sens plus seule que jamais.
Malgré tous ses beaux discours, Cato s'est éloigné de moi, il s'est rapproché de Glimmer, cette idiote du District Un, dont je n'arrive toujours pas à comprendre comment elle a pu devenir Carrière.
Elle est tellement... Je ne trouve pas de mot pour la qualifier. Gamine ? Insensée ? Irresponsable ?
Ce qui est sur c'est qu'elle n'a pas l'air de s'être vraiment rendue compte du poids qui est tombé sur ses épaules.
Beaucoup trop sûre d'elle, elle n'imagine même pas l'éventualité de sa mort prochaine. Immature lui conviendrait mieux je pense.
Elle parle sans arrêt de comment elle imagine sa victoire, son retour, de son objectif pour le nombre de tributs qu'elle tuera de ses propres mains - dans le but de gagner, bien sûr. C'est quelqu'un qui n'a jamais été confronté à la réalité de la mort.
Pour elle, les Hunger Games ne sont qu'un rapide voyage dont elle reviendra à coup sur, riche, célèbre et couverte de gloire. Je ne sais pas ce qui m'insupporte le plus chez elle. Son talent au tir à l'arc ou le fait qu'elle veuille me voler Cato.
Après quelques secondes de réflexion pendant lesquelles je dessine des idioties avec ma fourchette sur la purée indigeste qui nous est servie pour le repas de midi, j'opte pour la deuxième solution.
Même si les deux conviendraient bien à mon caractère, j'essaye de me persuader que je ne suis pas aussi orgueilleuse que mon attitude le laisse apparaître. Cet après midi sera consacré a l'évaluation. Je n'ai aucune idée de ce que je vais faire.
Si seulement Cato n'était pas en train de parler avec Glimmer, justement, j'aurais pu lui demander conseil. Rien que de voir ces deux-là fourrés ensemble me déprime. Serais-je jalouse de Glimmer ? Certainement, dans un autre contexte. Mais là, elle m'exaspère tellement que je rêve d'avoir une occasion pour la tuer dans l'arène. Marvel, lui, me juge indigne de son attention depuis le début de l'entraînement. Lui aussi est imbu de lui-même à un point que c'en devient insupportable. Tous les habitants du District Un sont-ils vraiment ainsi ? Insupportables, dénués du moindre scrupule ? Je soupire, essaye de dessiner le sceau de Panem dans mon assiette. Mon estomac refusera d'avaler quoi que ce soit aujourd'hui, tant je me sens mal. Je lance un regard plein de regrets vers Cato et sa nouvelle conquète avant de repousser vivement mon assiette.
- J'en peux plus, je vous attend au gymnase, lancè-je d'une voix exaspérée.
J'aurais espéré que Cato vienne me rejoindre, me demande ce qui ne va pas, comme il l'a toujours fait. Mais là, il ne m'accorde même pas un regard. Saleté de Glimmer. Je commence de moins en moins à penser que les beaux discours de Cato pouvaient être sincères. «Je ne l'ai pas remarque car tu es la seule que je regarde.»
Pfff. Même mon ami d'enfance me trahit... Vanity a-t-elle ressenti aussi cette solitude immense qui s'abat sur les futurs tributs, livrés à eux-mêmes dans ce grand spectacle ?
La troisième journée de l'entraînement est presque entièrement consacrée à l'évaluation.
Le matin, les tributs ont droit à une dernière matinée de pratique, qui commence cette fois dès six heures du matin car le repas de midi se prend aux alentours de dix heures, les évaluations commençant vers onze heures.
J'ai encore le temps de passer enfoncer des couteaux de lancer vers les cibles avant d'être confrontée aux Juges.
Ces séances, privées, sans aucunes caméras, voient défiler les tributs de tous les Districts dans l'ordre de leur numéro.
D'abord le garçon du Un, la fille du Un, ensuite le garçon du Deux et la fille du Deux, et ainsi de suite jusqu'au couple du District Douze. A l'issue de ces entrevues privées, de ces têtes à têtes avec nos futurs tortionnaires, nous obtenons une note allant de un à douze, le un étant une véritable calamité et le douze un rêve irréalisable. Pour bien marquer le coup, j'enfonce douze couteaux dans les cibles.
Un des intervenants les enlève après mon passage et prend quelques secondes de son temps pour me féliciter.
Je marmonne un remerciement en levant anxieusement la tête vers le groupe très réduit des Juges qui surveillent le gymnase, comme si un tribut pouvait profiter de ces minutes de battement pour éliminer un de ses adversaires avant même d'arriver dans l'arène.
Les Juges me jettent dehors à onze heures moins vingt, et je dois me rendre dans une salle sinistre où presque tous les tributs sont déjà présents dans un silence tendu. Je m'installe à côté de Cato qui m'accueille avec un grand sourire. Je détourne la tête en croisant les bras.
Je suis tellement furieuse contre lui que même un de ses sourires n'arrivera pas à me dérider. Mes mains se mettent à trembler dangereusement. Là, je prie pour qu'elles s'immobilisent une fois dans le gymnase parce que sinon je ne pourrais rien faire... J'aurais l'air idiote. Une Carrière moyenne qui ne vaut pas grand chose.
- Kentwell ? chuchote Cato à mon oreille. Tu me fais la gueule ?
Je ne lui accorde même pas un regard. Tant pis pour lui.
Glimmer se lève à l'appel de son nom.
Mes mains se calment peu à peu, l'adrénaline se joint au stress, formant une euphorie que je connais bien.
La sensation de puissance. Des fourmis parcourent mes bras, avides de passer à l'action.
Je ne remarque même pas que Cato se lève tant je me concentre sur mon passage. Son évaluation me semble durer des heures tant j'ai hâte de retrouver le gymnase, je sais ce que je vais faire. Quand mon nom résonne dans la salle, mes mains s'immobilisent instantanément.
« District Deux, Clove Kentwell ! »
L'appel me fait me lever d'un bond, tout mon corps est parcouru de frissons d'excitation. J'ai envie, non, besoin de faire mes preuves. Rien n'aurait pu me faire plus plaisir avant ma mort. Dix mètres me séparent de la porte coulissante conduisant au gymnase. Je suis heureuse d'être la quatrième à passer. Les Juges seront attentifs et non lassés...
La porte s'ouvre grâce au seul poids de mon corps qui applique une pression sur des récepteurs cachés par le lino qui recouvre le sol. J'entre dans la salle d'entraînement. Les Juges sont là, en retrait, sur une sorte de mezzanine où une collation leur est servie. Je ne leur accorde même pas un regard et seul le «Allez-y» de Seneca Crane, Haut Juge de son état, m'informe que je peux commencer. Comme dans un état second, je m'empare d'un des couteaux. Je jette mon dévolu non pas sur une des cibles, qui ne conviendrait pas avec mon projet, mais sur un des mannequins dont Cato avait tranché la tête.
Cinq minutes plus tard, douze couteaux ont servit à dessiner les bases du sceau de Panem.
Je complète le tout de divers traits rouges que je peints de mes doigts grâce à un des pigments de l'atelier camouflage, et en dessous, j'inscris : « Puisse le sort vous être favorable. »
Une fois mon oeuvre achevée, je me permets de me tourner vers les Juges tout en laissant le mannequin bien en vue. Certains discutent d'un ton enthousiasmé et Seneca Crane me permet enfin de sortir.
Les Vainqueurs et Cato m'attendent derrière la porte de sortie du gymnase. Je leur offre un grand sourire tout en évitant le regard anxieux de Cato.
- Alors ? commence Enobaria, d'une voix pressée.
- Je crois qu'ils m'aiment bien, dis-je. J'ai dessiné le sceau de Panem avec des couteaux et des pigments de l'atelier de camouflage.
- Excellente idée ! approuve Dominic. Je n'y aurais jamais pensé.
Je hoche la tête.
- Et ensuite, j'ai écrit « Puisse le sort vous être favorable ».
Brutus m'offre un regard narquois.
- Quel message voulais-tu faire passer ? demande-t-il de sa voix chargée d'arrogance, traînante et de ce fait, particulièrement insupportable.
Je hausse les épaules.
- Franchement, je n'en ai aucune idée. Je ne sais même pas pourquoi j'ai pensé à faire ça.
- Un excès de patriotisme ? suggère Zophia avant d'éclater de rire.
Je joins mon rire au sien en essayant de lui répondre une phrase à peu près intelligente, mais sans grand succès. Cato, lui, ne m'a pas quittée des yeux et quand je risque un regard discret vers lui, je suis surprise de lire un mélange de regret et de tristesse dans ses prunelles bleues dont la couleur m'enchante toujours autant.
-HG-
L'annonce des scores à la télévision, le soir, se fait dans une atmosphère fébrile.
Les Vainqueurs semblent sûrs de la réussite de nos performances, et j'avoue ne pas me souvenir du récit de Cato. Comme si je l'avais définitivement rayé de mes relations à cause de Glimmer... Pourtant j'ai une terrible envie de réinscrire son nom dans ma liste. J'attends que le blanc correcteur sèche avant de pouvoir repasser les lettres du nom de mon meilleur ami avec un stylo d'une autre couleur, plus joyeuse... Pourquoi pas bleu turquoise pour assortir le tout avec ses yeux ? Il m'est aussi impossible de retenir le score de Marvel et Glimmer tant je suis à la fois stressée par mon propre score et complètement ailleurs, perdue dans mes problèmes existentiels qui seraient pourtant ceux d'une adolescente pimbèche du Capitole.
Cato obtient un 10.
J'ai l'horrible impression que les secondes qui me séparent de l'annonce de mes résultats s'éternisent. Caesar Flickerman s'amuserait-il à soutenir le suspens ?
« Du District Deux, Clove Kentwell... Avec un score de... Dix !»
Je sursaute et le gros 10 s'affichant à côté de mon visage est le seul à réussir à me persuader que j'ai vraiment eu dix.
Enobaria est fière de nous, Zophia bat des mains avec des cris de soulagement, nous sommes les premiers tributs qu'elle doit coacher et elle est aussi fière de nous.
- Champagne pour fêter ça ! lance Brutus à l'un des Muets.
La joie retombe soudain quand les tributs du District Trois obtiennent six et cinq. Le sérieux est de retour, on n'entend plus que le doux ronron de la télé. Les scores me laissent indifférente. Je retiens le 9 de la fille du Cinq, une rousse au visage de renard, et j'entends à peine les autres.
La douce euphorie qui m'avait envahie est à présent retombée.
Le visage de la fille du Douze, Katniss Everdeen, s'affiche sur l'écran.
Quand le chiffre onze apparaît à l'écran, différents sentiments se bousculent aussitôt dans ma tête.
Mais je crois bien que c'est la haine et l'injustice qui remportent haut la main le championnat.
