Et voilà comme promis le deuxième chapitre.

En espérant toujours que ça vous plaise (je m'excuse d'avance si vous tombez sur des p'tites fautes :3 )


►A life for another◄

Julie marchait d'un pas déterminé malgré la colère que l'on pouvait lire dans ses yeux. Il fallait à tout prix qu'elle trouve un moyen de partir d'ici, de retourner dans sa véritable vie. Ici, tout n'était que mensonges et manipulations.

-Grand-mère, aide moi… Je te promets que je ne serai plus cette fille dépressive. Je ferais des efforts, je te le promets. Mais je t'en prie, sors-moi de là…

Mais plus elle priait, plus elle se rendait compte que ses prières étaient vaines. "Je vais mourir ici. Non, on ne vieillit jamais, je ne peux pas finir ma vie ici…" Elle ne savait pas depuis combien de temps elle marchait en déprimant, mais ses jambes la tiraillait et elle se sentait vidée de ses forces. Elle trouva un endroit pour s'allonger et s'endormit aussitôt. Elle ne dormit pas longtemps car elle fut réveillée par une douleur incontrôlable au mollet droit. Elle se mit à hurler et au loin, sur la plage, un cri lui fit écho.

Julie ne pensa pas tout de suite à regarder ce qui n'allait pas chez elle. Elle resta tétanisée par la violence du cri qui lui avait répondu. Etait-ce une coïncidence ? Probablement. Elle voulue ramener sa jambe contre son torse afin de regarder son mollet mais elle sentit que son pied était retenu. Des ronces avaient poussé tout autour de sa jambe, les épines ayant traversé le fin pantalon de toile.

-L'ombre des rêves… souffla-t-elle.

Elle sourit. Le voilà son salut. Le poison coulerait doucement dans ses veines, s'infiltrerai en profondeur dans chacune de ses cellules et la tuera. Mais la douleur… La douleur était beaucoup trop forte, beaucoup trop dérangeante. Elle cria une deuxième fois de douleur quand une pulsion de poison atteint son genou et un deuxième hurlement lui fit écho. Il n'y avait plus de coïncidence. Quelqu'un répondait à sa douleur avec une intensité semblable à la sienne. Il fallait qu'elle trouve de qui il s'agissait.

Julie se mit en marche et entreprit de se rendre sur les bords de l'île. Mais plus elle marchait, plus elle avait mal. Elle devenait faible et ses forces l'abandonnaient. Alors que le jour pointait à l'horizon, elle du s'arrêter sur un tronc d'arbre couché, le souffle court. En regardant sa jambe, elle vit que le poison avait envahi son corps jusqu'à son bassin. Elle réalisa alors que l'exercice de marche ne faisait qu'accélérer la diffusion du poison dans son organisme. Julie sentit sa tête tourner puis pour elle, ce fut le noir. Elle se réveilla quelques heures plus tard, encore plus faible qu'avant sa perte de conscience. Elle releva son haut; jusqu'à son nombril, ses veines s'étaient colorées de noir au passage du poison. Bientôt, il atteindrait son cœur et elle savait que ça signifiait sa fin. "Il faut quand même que je trouve le garçon qui criait." Avec un effort qui lui sembla surhumain, elle se remit debout et avança. Quelques minutes plus tard, elle sentit qu'elle ne pourrait plus continuer. Elle avait échoué. Au moment où elle allait rendre toutes ses armes et mourir en solitaire, Julie entendit des voix à sa gauche, dont une prédominante qui jurait. Cette voix souffrait. "C'est lui…" L'adolescente rassembla alors ses dernières forces et se rapprocha.

-Je sais que c'est la douleur du poison de l'ombre des rêves, mais je ne suis pas blessé Gabe ! Pas une égratignure, rien !

-Mais tu es sûr ?

-Je vais te le répéter combien de fois encore ? Tu es sourd ou tu le fais exprès ? J'ai sondé mon corps, je l'ai examiné dans les moindres recoins, mais je n'ai rien trouvé. Je n'ai RIEN !

Entre deux branches d'arbres, Julie vit que la voix colérique et souffrante n'était autre que celle de Peter Pan. "La magie a un prix. Toujours." résonnèrent les paroles de Pan dans son esprit. Le prix a payé était double cette fois-ci. Elle était à présent liée au maître des lieux, mais elle allait aussi mourir. C'était le prix à payer, une âme pour une autre, pour avoir ramené un mort à la vie. Sa vue se troubla de plus en plus. À présent, elle voyait Pan en double. C'en était fini pour elle.

-Pan, il n'est quand même pas normal que tu souffres si peu. Certes, tu as mal, mais la douleur n'est concentrée qu'à la jambe. Tu devrais avoir le bas du corps entièrement condamné.

-Tu souhaites de nouveau ma mort Gabe ? se fâcha Pan.

-Non… Je dis juste que c'est étra…

Il ne finit pas sa phrase car il fut interrompu par la chute de Julie à travers les arbres. Dès que Peter la vit, il se mit à paniquer. Son visage était d'une pâleur affolante. Il ne pensa plus à sa douleur et se leva d'un bon. Il se précipita au-dessus de la jeune brune et prit son pouls. Elle lui avait sauvé la vie, il n'allait sûrement pas la laisser tomber. Mais c'était peut-être trop tard.

-Il lui faut de l'eau, souffla Gabe. Ou elle ne survivra pas.

-Elle ne survivra pas. C'est fini, on ne peut plus rien faire pour elle.

-Tu abandonnes ?

-Je suis réaliste. Le temps qu'on aille jusqu'à la source, elle sera morte dans nos bras. Regarde Gabe, elle est déjà presque morte. Son pouls est plus que faible. Ce n'est qu'une histoire de minutes, voir de secondes. Mais qu'est-ce qu'elle a bien pu faire pour se tuer ?

-Pan… paniqua son interlocuteur.

-Quoi encore ?

-Sa jambe…

Peter se pencha et regarda la jambe droite de Julie. Son mollet découvert montrait parfaitement les plaies des ronces.

-C'est au même endroit que moi et alors ?

-Tu as dû te lier à elle pendant le sort. C'est obligé.

-Ce n'est qu'une coïncidence.

-Tu sais très bien que non.

-Donc si elle meurt…

-Tu meurs aussi. Ça me semble logique.

Peter poussa un cri de rage. Il venait de recouvrer la vie et à cause d'une fille, la seule fille dans tout l'univers incapable de faire attention à elle, il allait mourir vingt-quatre heures après sa renaissance. Il la maudit, même s'il savait que ça ne servait à rien.

-Peter ?

-Dégage Fred.

-C'est Julie ?

-J'ai dit, dégage !

-Mais j'ai apporté de l'eau de la source pour te guérir…

L'adolescent releva la tête, une lueur d'espoir brillant dans ses yeux gris-vert. D'un bond, il se précipita sur l'enfant et lui arracha la gourde des mains. En moins de temps qu'il ne fallait pour le dire, il était à nouveau aux côtés de Julie et faisait couler le liquide dans sa bouche, petit à petit pour ne pas la noyer.

-C'est toi qui a eu cette idée ? demanda Gabe.

-Oui… Je n'aime pas voir Pan souffrir.

-Tu n'imagines pas à quel point tu as bien fais.

-Explique-moi !

L'aîné se mit à raconter l'histoire au petit garçon.

-Donc là, je viens de les sauver tous les deux ? s'émerveilla Fred.

-Oui.

Mais le grognement de Pan leur fit immédiatement penser le contraire. La bouche de Julie était pleine d'eau, mais elle ne se vidait pas et les mains de Peter Pan tremblaient de rage.

-Elle n'arriva pas à avaler. Elle est morte. Et je ne vais pas tarder à suivre…


Une petite review ? Ca me montrerai que ce que je fais n'est pas vain, et puis ça fait toujours plaisir :)
A ce week-end !
Mathy