Auteur : Aele
Base : Gundam wing
Discalimer : comme à tous les fanfiqueurs, les persos ne m'appartiennent pas. Par contre, j'ai oublié le nom de l'auteur. (enfin, j'ai la flemme d'aller regarder dans ma chambre les mangas )
note : Voilà un très long chapitre, mais je pouvais pas le couper. Et ça fera peut être faire pardonner l'absence de MAJ
BONNE LECTURE !
----------------- chapitre 9 :
Trowa venait de se lever. La maison était encore calme, personne n'étant levé. Arrivé dans la cuisine où il comptait préparer le petit déjeuner, il fut surpris de se trouver face à un gosse, la bouche pleine, de la nourriture plein les mains, le regardant avec un air de dire "dis quelque chose si tu l'oses".
Se rappelant que le jeune était arrivé hier, il se promit de demander des explications dès le réveil des autres. En attendant, il prit les victuailles des mains du petit, lui intima le silence d'un regard et emmena le tout sur la table. Manquait plus que ce jeune en mette partout parce qu'il n'avait pas assez de force pour les porter.
Installés, ils mangèrent en silence, les yeux braqués l'un sur l'autre. Heero descendit ensuite, suivit rapidement par Wufei, puis Quatre.
Quatre finit rapidement, et emmena le jeunot trouver quelque chose de potable à mettre.
«- On ira faire les courses tout à l'heure. Il faut te faire une garde-robe. On va attendre que Duo soit levé.
- Comme si tu avais le choix, Winner, répliqua Wufei. En attendant, tu t'occupes du petit, je ne veux pas l'entendre pendant ma méditation.
- Explications, prononça Trowa.
- Ah oui, tu n'étais pas là hier, répondit Quatre. Ce jeune garçon est le frère de Duo. Il n'a pas de nom, mais va en choisir un bientôt. En attendant, tout le monde l'appelle le Mioche. Il va vivre chez nous à partir de maintenant. Il connait Li depuis un moment, il était dans sa bande sur L2. C'est elle qui l'envoie. Il a d'ailleurs une cassette qu'elle lui a donné pour nous.
- Arrêtez d'parler de moi comme si j'étais pas là ! Toi, le grand à la mèche bizarre, tu montes avec moi ? J'veux voir ta chambre. Celle où Li s'est endormie. C'était trop fort, ce coup-là. Et la salle de musique. L'a dit qu'elle aimait bien c'que tu jouais. Allez, dépêche-toi !»
Cédant aux regards implorants des autres, il soupira, et se leva lentement. Le petit le conduisit d'abord à sa chambre.
«- Bon, maintenant qu'on est seuls, tous les deux, on va pouvoir causer sérieusement.
- …
- Oui, Li m'a dit que tu devais avoir un problème au niveau des cordes vocales, parce que tu parlais presque pas beaucoup. Mais j'ai un truc pour toi.
- … ? »
Le mioche fouilla dans son sac, et en sortit un pendentif. C'était une simple chaîne en fer, à laquelle était accroché un soleil. L'objet semblait vieux et artisanal. Trowa le prit et le passa à son cou avant de le cacher sous son pull.
«- L'a dit qu'tu comprendrais. Pour moi, c'est juste un machin qu'l'a fabriqué, mais elle avait l'air d'y tenir. Bon ben, j'ai tout donné de c'que j'avais à gicler. Maintenant, on peut visiter.
- … tu oublies la cassette.
- Hein ? Tu parles ? T'es pas muet ? … t'es pas malade, au moins ? Parce que si c'est ça qui te fait parler …
- …
- Ouais, j'me disais aussi. Tu voulais quoi, déjà ?
- ...
- Tu disais ?
- …
- Ouais, bon, ça va, je voulais juste élever ton nombre de mots à l'année. On m'y reprendra, à faire une BA. Tiens, v'là la cassette. Au moins, j'aurais vu ce qu'c'est, d'dormir dans un vrai lit. »
Trowa prit la cassette et redescendit au salon. Il mit la cassette dans le magnétoscope et s'apprêtait à l'enclencher, mais il fut stoppé par Quatre.
«- Attends ! Je pense que Duo serait déçu de ne pas voir la cassette avec nous.
- Je vais le réveiller, annonça Heero. »
Tous sortirent leurs boules quiès en prévision, mais Duo arriva 5 minutes plus tard lavé, habillé et sans un cri.
«- Bon, on se la regarde, cette cassette ? Ben qu'est ce qui vous arrive ?
- Rien ! C'est rien ! sourit Quatre.
- Ouais, si tu le dis. »
Ils s'assirent tous, le mioche sur les genoux de Duo.
Visionnage de la cassette
Li marche dans une ruelle sombre. Elle a 8 ans. Elle est sale, ses habits sont en lambeaux. La caméra est portée par une autre personne, légèrement en retrait. Soudain, elle s'arrête. Pourtant, pas un bruit ne s'est fait entendre. Li sort un couteau d'une de ses manches, et se dirige vers un coin encore plus sombre. La caméra suit. Dans le coin se trouve une femme, ensanglantée. Elle respire difficilement et bruyamment. Elle porte un paquet dans ses bras. Li la secoue légèrement. Le femme ouvre lentement les yeux. Son regard est voilé. Elle a des longs cheveux châtains et des yeux améthystes.
«- Vous avez une dernière volonté ?»
Rien ne répond à la demande de Li. La femme la regarde avec surprise.
«- J'ai vu assez de blessures pour savoir que les vôtres sont mortelles. Elles se sont déjà infectées par endroit, et le reste ne va pas tarder. De plus, même si vous survivez à vos blessures, ça m'étonnerait que vos employeurs vous laissent tranquille, surtout s'ils vous ont déjà mis dans cet état avant que vous vous enfuyiez. D'ailleurs, il n'est pas très prudent d'agir ainsi juste après un accouchement. Je répète : avez-vous une dernière volonté ?
- Te … tenez … c'est … mon fils. Prenez-en … soin. Il a … un frère … quelque part … sur la colonie. Je voulais juste … les élever … quand j'aurais retrouvé … mon fils aîné. Je dois vous dire …
- N'usez pas votre salive. Je sais. Je lui dirai comment je l'ai trouvé. Je lui dirai pourquoi vous en êtes arrivée là.
- Merci.
- Et pour le nom ?
- Tout sauf … tout sauf Paolo. Il ne doit pas … porter le nom de son père. Il sera … une meilleure … personne que ça.
- Et le vôtre ?
- Mieux vaut … ne pas qu'ils le sachent. S'il vous plait. Protégez …le. Réunissez … les. »
La voix de la femme s'affaiblit de plus en plus. Elle finit par fermer les yeux définitivement. Li resté un moment à contempler le nouveau-né. Celui-ci dort. Finalement, elle se lève et reprend sa marche, non sans avoir pris tous les objets de valeur que la morte portait
Les deux enfants reprennent la route. Le compagnon de Li prend la parole.
«- As-tu seulement la moindre idée de la vie de cette femme ? Et vas-tu réellement t'occuper de ce bébé ?
- Oui. Ca peut paraître bizarre, mais je comprends cette femme. Et je la plains. Obligée de confier son bébé à la première personne venue alors que sa seule ambition était de vivre tranquillement avec ses deux enfants. Depuis combien de temps es-tu dans la rue ?
- Trois ans. Enfin, je crois.
- Et tu t'étonnes toujours de ce genre de scène ? C'est un classique.
- La mort d'une personne ? Un classique ?
- Non, ça c'est une habitude. Je parlais de la déchéance. C'est le schéma classique.
- Hein ?
- Cette femme était une fille de bonne famille. Un jour, elle s'est amourachée d'un type qui avait la classe pour une fillette de dix-huit ans protégée de tout. Bravant sa famille, elle le suit pour se marier avec lui et fonder une famille. Ce qu'elle ne prévoit pas, c'est que le type en question a déjà plusieurs femmes, qu'elle n'est que la preuve du développement de l'industrie de l'homme. Les bourges appellent ça des "marchands de chair humaine". Il passe quelques mois à faire son "éducation", d'où sûrement le premier gosse, qu'elle abandonne, terrifiée par le traitement qu'il pourrait recevoir s'il restait. La vie dans les rues est dure, mais elle est bien meilleure que celle qu'elle vit. Huit ans plus tard, l'homme se reprend d'intérêt pour cette femme, ce qui lui vaut le deuxième mioche. Seulement, elle ne veut plus abandonner son enfant, elle veut le garder et l'élever tranquillement, sans cet homme qu'elle déteste depuis tellement longtemps maintenant. Elle accouche. Quelques heures après, elle prend son bébé et s'enfuit. L'homme la rattrape, la bat, la taillade un peu partout, persuadé qu'elle va mourir, et le jeune aussi. Personne ne peut survivre longtemps dans une ruelle sombre, crasseuse, sans nourriture ni boisson, blessé. La femme entend des gens qui passent. Tant pis. Elle sait que c'est sa dernière chance. Elle fait assez de bruit pour attirer ces personnes à elle, et leur confie son bébé. Elle meurt, mais elle a une satisfaction : aucun de ses enfants ne connaîtra leur père et ne lui seront soumis. Classique.
- Triste. Et son frère ? Et comment tu peux être sûre qu'elle t'a pas raconté des cracks ?
- Tu ne remarque jamais rien ? Le bébé a le même visage que sa mère. Comme son frère, d'ailleurs.
- Hein ? Tu connais le grand ?
- …
- Li ?
- … On s'est déjà croisés.
- Et … ?
- Mieux vaut que l'on s'oublie. On était jeunes.
- Et tu comptes lui mettre dans les bras, comme ça, si tu le croises dans la rue ?
- Seulement quand il pourra l'assumer. En attendant, je garde le mioche.
- Tu vas avoir des problèmes. Et pour le nourrir ? On a déjà du mal à trouver de la nourriture pour nous, alors un bébé …
- Bill pourra trouver. Il doit savoir où trouver du lait. Mais si le mioche est ne serait-ce qu'à moitié aussi résistant que le premier, il survivra. Espérons qu'il parlera moins.
- Je me répète peut-être, mais tu vas avoir des problèmes.
- T'occupes.
Une autre scène. Une bande de jeunes est rassemblée autour de Li. Ils ont tous l'air affamés, fatigués, le visage dur et fermé. Un adolescent la fusille du regard.
«- C'est quoi, ce paquet ? Il a de la valeur, au moins ?
- Plus que tout. C'est un bébé.
- Un … quoi ? tu te fous de moi ?
- Non.
- Et ? Tu l'as kidnappé, c'est ça ?
- Non. J'vais l'élever.
- Et tu comptes l'nourrir comment ? Et ta participation à la survie de la bande, tu t'débrouillera comment ?
- C'est mon affaire.
- J'l'accepte pas.
- Alors je pars.
- t'es folle ! Tu risque ta place pour un gamin ! Donne-le moi immédiatement !
- Non.
- Tu sais ce qu'y t'reste à faire ?
- Ca m'fait pas peur, Joe.
- Alors bats-toi.
- Ryann, tiens-moi le mioche. »
Li et Joe se mettent en position. Le reste de la bande a formé un cercle autour d'eux. Ils commencent à se battre. Joe a plus de force physique, mais Li est plus souple et plus rapide. Le combat se finit vite : Li a gagné. Elle prend un couteau et le passe légèrement sur la gorge de Joe.
«- Tu sais ce que ça veut dire ?
- Tu as gagné ? Qu'est-ce que t'attends ?
- J'veux qu'y voient tous c'que je f'rai à ceux qui s'opposeront désormais à mes décisions. T'es plus rien. Même pas un souvenir.
- De la main d'une enfant. C'est à mourir de rire.
- J'suis pas une enfant. J'suis l'ange d'ta mort. J'suis Deathangel. »
D'un geste assuré, rapide et ferme, elle tranche la gorge de Joe. Le sang trisse. Li s'en prend plein sur le visage. Elle récupère le bébé.
«- C'est moi l'chef. Et on s'occupera des bébés qu'on trouvera, au lieu de les abandonner. C'est clair ?
- Comme au bon vieux temps, quoi ! lance un jeune.
- Ouais. Elle parle vraiment comme lui, renchérit un autre.
- Comme qui ? demande le garçon qui accompagnait Li
- Comme Solo, répond le premier à avoir parlé. T'étais pas encore là, et les autres sont trop jeunes. Faut avoir au moins notre âge pour bien s'en souvenir. Tu vois cette fille ?» désigne Li qui s'éloigne. « Elle a bien connu Solo. C'était une des personnes qui lui étaient le plus proches. Un peu comme sa p'tite sœur. Même qu'y serait mort dans ses bras. Enfin, c'est ce qu'on dit.
- Et Solo ?
- Une vraie légende. C'est lui qui a décrété qu'y fallait s'occuper de tout le monde, même si on avait d'jà du mal avec les autres. C'que Li vient de faire, c'est c'que Solo a fait quand il est devenu chef de sa bande. Exactement pour les même raisons.
- Et c'est un bon présage ?
- Solo était sur le point de rallier tous les clans quand il est mort.
- Il est mort comment ?
- Comme beaucoup de gens à son époque. Maintenant, laisse-nous gamin. On a à faire. »
Les deux ados partent. Le bébé se met à hurler.
«- Il a faim, constate Li. J'vais voir Bill. Il trouvera quelque chose à lui donner.
- Tu crois vraiment qu'il a du lait coincé entre l'alcool et la drogue ?
- Ouais, mais y m'fera pas de ristourne.
- J'garde le bébé, pendant que t'y va ? Après tout, faut s'habituer, y fait partie d'la bande.
- Ouais. Garde le mioche.»
Le mioche a trois ans. Il court rapidement vers Li, qui est à l'encadrement d'une porte. Elle le prend dans ses bras et s'avance.
«- Alors Li ?
- La maison est pas gardée. Ca s'ra facile d'entrer. On pourra tous en profiter. Les volets sont tirés, les voisins s'rendront compte de rien. On y va c'soir. En attendant, toi le mioche, va falloir que t'arrête de jouer avec mes cheveux. » le petit la regarde en souriant. «J'peux rien faire, hein ?Va dormir.
- Câlin !
- Si t'veux, mais après, à la sieste. »
Le mioche la serre longuement, l'enlaçant par son cou. Puis il descend par terre et va se coucher sur quelques couvertures miteuses. Le jeune garçon qui l'accompagnait dans l'autre séquence s'approche.
«- Et toi, ça va ? comment qu'il est, ton foyer ?
- J'vais m'barrer plus tôt que ce que je pensais.
- Comment qu'c'est, là-bas ?
- La truie cherche à m'montrer comment m'occuper d'une maison à coups d'raclées, d'fouet et d'bâton. J'sais pas si ça marche, passe que j'y arrive toujours aussi peu. Elle est furax. Paraît qu'y faut qu'je travaille, passe que c'est d'ja bien qu'elle ai voulu m'garder chez elle. J'ai compris le truc : faire vite, après elle me fout la paix et j'peux v'nir et m'occuper d'vous. J'va bientôt partir, c'est le dernier orphelinat que je fais. Quelle connerie de croire qu'ils étaient tous comme celui du père Maxwell … » tout en parlant, Li enroule le mioche dans une couverture et s'installe à côté de lui le temps qu'il s'endorme.
«- T'étais à l'orphelinat Maxwell ? C'est toi, le survivant ? s'étonne le garçon.
- Non, Pipo, j'étais d'jà partie à c't'époque. Mais j'étais là quand ça a brûlé.
- Comment c'était ?
- J'crois pas à l'enfer, mais y f'sait vach'ment chaud, là d'dans.
- Et l'survivant ?
- J'p'eux t'donner son nom, mais ça t'avancera à rien.
- Dis toujours.
- Aujourd'hui, il s'appelle Duo. Duo Maxwell. Et si t'veux sa description actuelle, t'imagines not' mioche avec queques années en plus. De mon âge, même.
- Mais alors … le mioche … son frère … ?
- Ouais.
- Et tu l'as vu ? Tu l'connais ?
- J'l'ai vu. Y s'est enrôlé près du champignon et d'Howard.
- Ouais. Suicidaire, le mec.
- Pas capable d'assumer l'éducation du p'tiot. Il l'aura pas.
- Même sans lui donner, t'aurais pu lui en parler.
- Il a pas fait ses preuves.
- Et il les f'ra comment ?
- J'sais pas. On verra. »
«- LIIIIIIIIIIIIIII !»
Li se retourne. Le mioche court vers elle. Il a à peu près six ans. Li en a quinze.
«- Ca y est, Popol amène les ozzies par ici !» Li lui envoie une claque.
«- Abruti ! J't'ai déjà dit d'pas parler quand on fait ça ! Bordel, mais t'as toujours pas capté ça ?
- Je … j'voulais juste te prévenir.» Le mioche baisse la tête.
«- Ben la prochaine fois, viens jusqu'à moi au lieu de hurler et d'prévenir tout l'monde de c'qu'on fait. Ca se voit que t'as jamais eu de blèmes à cause de ça, toi. Maintenant, retourne à la planque.
- Li, j'veux rester ! T'as pas l'droit d'me renvoyer ! Toi tu l'faisais déjà quand t'avais mon âge. C'est toi qui dit qu'plus y'a d'ozzies morts, mieux c'est pour nous.
- T'es pas né pour tuer, c'est c'qui nous différencie. J'le f'sais passe que j'avais pas le choix. Retourne à la planque. C'est un ordre.
- Ouais, j'y vais. Tabasse-les pour moi !
- T'inquiète, j'suis en forme, aujourd'hui.»
Le mioche se dirige vers une ruelle. D'une autre ruelle arrivent des ozzies poursuivant un jeune adolescent. Celui-ci les amène plus loin dans la rue, au niveau des autres membres de la bande.
Le combat commence entre les deux partis. Un soldat avise le mioche, qui disparaît dans la ruelle. Il fait quelques pas pour le poursuivre, mais tombe nez-à-nez avec Li, qui ne perd pas une seconde pour le mettre à terre. Mais d'autres soldats ont suivis le mouvement, et d'autres encore arrivent en renfort aux soldats déjà là. Li prend la caméra et la met dans les mains du dénommé Pipo avant de lui ménager un couloir pour qu'il parte.
Les jeunes de la bande sont rapidement entourés et emmenés par les patrouilles. Pipo, caché non loin de là, les observe, avec la caméra, se faire emmener à leur QG. Li marche la tête haute, sûre d'elle. Les autres sont groupés autours d'elle et ne parlent pas.
Toute la bande est rassemblée en cercle. La discussion semble sérieuse.
«- Li va être emmenée sur la Terre pour être interrogée. Elle a rien dit aux balourds qui l'ont interrogée. Il faut choisir un nouveau chef.
- Eh ! Vous avez pas l'droit ! Elle est pas morte ! c'est juste qu'elle est pas là ! proteste le mioche.
- Elle a été emmenée pour s'faire interroger. Tu sais aussi bien que moi c'que ça veut dire, le Mioche.
- C'est pas une raison !
- Rappelle-moi c'qui se passe quand ils attrapent quelqu'un des rues ? On doit pas avoir les même renseignements, tous les deux.
- On sait pas c'qui z'y font, personne n'est r'venu vivant. Mais les morts sont attachés sur un lieu publique, pour la l'çon. Mais justement, on doit attendre qu'Li soit attachée sur la place. Ils s'en privent jamais !
- Elle est partie sur Terre.
- Alors on dit un intermédiataire ! Pipo pourrait l'faire, il connaît Li d'puis longtemps, et il sait un peu les plans qu'elle avait.
- Eh là, j'ai jamais dit que j'voulais être chef, moi !
- Moi j'dis qu'c'est bon comme ça. Déclare une fille.
- Moi aussi.
- Moi aussi !»
C'est finalement toute la bande qui acquiesce.
«- Pïpo, t'es nommé intermédiataire.
- C'est intermédiaire. Va falloir qu'on t'apprenne à parler correctement.
- On s'en fout, c'est l'résultat qui compte !
- T'es un optimiste, toi.»
Le mioche a neuf ans. Il traîne avec la caméra au spatioport, probablement à la recherche de nourriture. C'est le matin. Un interphone annonce l'arrivée d'une navette en provenance de la Terre. Il va au terminal et repère une silhouette qu'il connaît. Il s'approche. La stupéfaction se lit sur son visage.
«- LIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !»
Li se retourne. Elle voit le mioche qui arrive vers en courant en faisant de grands gestes désordonnés. Ils se jettent dans les bras l'un de l'autre.
«- J'savais qu't'étais pas morte ! Y voulaient pas m'croire, mais j'le savais ! J'savais qu'tu r'viendrais ! Tu nous a tel'ment manquée ! On est en train d'se faire envahir par tout le monde ! Pipo y peut rien y faire ! En plus, y paraît qu'la guerre s'est arrêtée, et y'a plein d'trucs qu'ont plus d'valeur, alors on crève la dalle. Et Pipo y râle contre un certain Duo Maxwell qu'a fait la guerre mais qu'y a pas d'résultats. Dis, Li, pourquoi tu parles pas ?
- …» Li ouvre la bouche et articule des mots, mais aucun son ne sort.
«- C'est ces enfoirés d'ozzies ? Les salauds ! j'vais les butter ! t'inquiète, Li, j'te vengerai !»
Li fait non de la tête. Elle fait ensuite signe de dormir.
«- Tu veux aller à la planque ? Pas d'blèmes ! J't'y amène. Y vont êt' contents de t'revoir. Surtout Pipo.»
Li est assise dans un hangar délabré. A sa droite est assis un garçon de sept ans. En face d'elle est assis le Mioche. Tout autour, des jeunes vont et viennent. Le garçon prend la parole.
«- J'parle pour Li. Les paroles qu'j'dirai viennent d'ses pensées. T'as un frère en vie quelque part, tu te rappelles ?
- Ouais. C'est Li qui m'le dit depuis qu'j'suis p'tit.
- J'ai retrouvé ton frère. Maintenant, il est capable de t'assumer, et il serait heureux de savoir qu'il a un petit frère qui compte sur lui. Je voudrais savoir si tu acceptes d'aller le rejoindre et de vivre avec lui.
- Li … tu veux plus d'moi ?
- C'est pas la question. Je te garderais si je pouvais, mais je sais que ta place est auprès de ton frère. J'aimerais que t'acceptes par toi-même d'y aller.
- Mais … si j'y vais … j'vous verrai plus ! Et il est où, d'abord, c'frère ? Et pourquoi il est pas v'nu avant m'chercher ? Et pourquoi il est pas v'nu lui-même ?
- Il ne sait pas qu'il a un frère. Il faisait la guerre pour que la Terre et les colonies vivent en paix. Et avant, il s'entraînait. De par sa vie errante, il ne pouvait s'occuper de toi correctement, c'est pour ça que tu es resté jusqu'à maintenant dans la bande. Aujourd'hui, il peut s'occuper de toi.
- Et y faisait quoi, dans la guerre ? Il était dans quel camp ? Et pourquoi tu m'l'as jamais dit ?
- Il pilotait le gundam Deathscythe. Si les ozzies l'avaient su, ils auraient eu un moyen de pression, de chantage pour qu'il arrête de piloter et se rende.
- J'croyais qu't'étais pas avec les rebelles ?
- J'suis encore moins avec l'Alliance.
- Et fodrait qu'je parte pour un frère à la manque qu'j'ai jamais vu, qui s'est fait une guerre, et qui m'prendrait dans ses bras comme si on s'était toujours connus ? Non mais t'es d'venue cinglée, Li !
- Parle correctement aux anciens, espèce d'avorton ! Je te forcerai pas à accepter, mais je pense sincèrement que ce serait mieux pour toi. Va dormir, maintenant. Prends ton temps pour me répondre.»
Le Mioche avance vers Li, qui est occupée avec un bébé. Il semble gêné.
«- Li … j'ai décidé … j'lui laisse une chance … mais j'veux qu'tu saches qu'j'y vais surtout passe qu'y'a la mer et qu'j'veux voir tout c'que tu nous a raconté.»
Li se contente de sourire. Elle acquiesce, pose le bébé et sort quelque chose de son sac à dos.
«- Eh ! C'est un billet d'navette pour la Terre ! C'est comme si t'savais qu'j'allais accepter ! Tu m'donneras l'addresse, j'pars bientôt.»
Li prend un crayon et un bout de feuille de son sac et marque quelques lignes qu'elle tend au mioche.
«- Li … j'veux bien y'aller, mais … seulement … seulement si tu m'accompagnes jusqu'au spatioport.»
Le sourire de Li s'agrandit. Elle hoche la tête.
Fin du visionnage
Ce fut le mioche qui rompit le silence après cette dernière scène.
«- Woaw, ça fait bizarre de voir sa vie comme ça ! C'est vach'ment chouette, maintenant j'peux l'oublier, j'ai d'quoi m'la rappeler.
- Je ne vois pas l'intérêt de cette cassette, remarqua Heero.
- Elle voulait que Duo sache ce qui s'était passé dans la vie du Mioche, expliqua Quatre. Et en plus, ça nous permet de la connaître un peu plus. Duo, elle a vu ce qui s'était passé à l'orphelinat Maxwell, tu es sûr de ne l'avoir jamais vu ?
- Je suis persuadé de ne l'avoir jamais vue. Mais il y a quelque chose de plus étrange.
- Et c'est quoi ?
- Deux des garçons ont dit qu'elle était très proche de Solo, un leader mort des années auparavant. Mais ce n'est pas possible.
- Pourquoi ?
- Parce que Solo était le chef de ma bande et qu'il est mort dans mes bras. J'aurais vu cette fille si elle l'avait connu.
------------------- fin du chapitre -------------------
