Revoilà un chapitre o/ déjà, j'espère que vous aimerez ce que vous lirez :D j'ai essayé de faire au plus vite, et je pense avoir réussi à enchaîner sur la suite avec action ! Je pense qu'il y a moins d'humour, mais au vu de la situation, ça peut se comprendre xD
J'espère vraiment que vous serez content(e-s) de lire ce chapitre :) n'hésitez pas à donner votre avis, ça me fait toujours ENORMEMENT plaisir de lire que vous aimez ce que j'écris, de lire vos attentes, de voir que telle chose vous a fait rire ou de connaître votre impatience :) ça me donne la force de continuer et ça me motive beaucoup beaucoup beaucoup o/ je vous remercie donc de donner de votre temps pour reviewer, et je vous envoie des cookies dans vos coeurs ! ( au sens figuré hein, sinon ça va faire bobo, les miettes )
et maintenant la réponse aux reviews du chapitre précédent !
La-plume-d'Elena : hé bien, je suis contente que tu aies trouvé ça génial !
Naewenn76 : Huhu, j'avoue que le coup de la baignoire, si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais passé en PEGI 18 ( comment ça ça ne tient déjà qu'à moi ? Mais on ne m'avait pas prévenu ! * l'auteur crie dans l'oreillette * ) j'espère que ce chapitre te plaira aussi :)
Aliena-wyvern : huhuhu c'était un peu sale XD ( mais j'étais fière de moi ) en espérant que ce chapitre te plaira :D
fings : merci pour ta review ça me fait plaisir :D à vrai dire, j'ai déjà le scénario mais quand j'écris la plupart des bêtises que je dis se font toutes seules - on est nombreuses dans ma tête à bosser sur cette fic, donc je voudrais remercier toutes mes personnalités ... * toussote * bref en tout cas j'espère que ce chapitre te plaira :D
Kili-anne ; ça arrive à tout le monde va :D vincent frankenstein, j'ai ri XD ça doit être marrant tiens :P tu fais un bon jury ( la preuve tu me donne 20/20 ) héhéhé j'ai la palme de la modestie aussi tu vois xD bon, sinon, j'espère que ca chapitre te plaira :D on avance dans l'histoire, huhu o/
LouOak : quel pavé ** et que des gentillesses en plus ! je suis toute émue ;w; alors déjà je suis contente que tu review, et c'est pas grave si tu le fais pas tout le temps hein :D et ensuite, pour la fin, oui, j'aime frustrer. Je pense que jouer avec ça peut être bien pour tenir les lecteurs en haleine - et ça marche apparemment xD pour ce qui est de ton interrogation sur Mélu et la suite, héhéhé, j'ai plusieurs choix et je n'ai pas encore décidé :P j'en ai parlé à une amie et quand je lui ai donné certains choix, elle était totalement frustré XD parce que certains sont très vaches, ahaha :D je n'en dis pas plus !
Oui j'aime faire que Mélu ai des discussions gênantes, surtout avec Kili et Fili, je trouve ça très propice je sais pas pourquoi xD je vois bien le blond et le brun hocher leurs têtes à toutes ces infos bizarres °° mais oui, comme tu le dis, ce chapitre est un tournant ; je passe dans l'action, dans le vif du sujet si l'on veut, et j'espère que le côté un peu plus " lourd " parfois, ou plutôt moins léger et moins humoristique plaira aussi - j'essaye de garder des petites blagounettes ici et là pour éviter qu'il y ait trop d'action :)
Enfin bref, merci encore pour ta review, ne t'obliges pas à reviewer tout le temps ^^ je suis déjà contente que tu l'ai fait :D j'espère que ce nouveau chapitre te plaira !
PaulinaDragona : wouaaah c'est super gentil ! :D je suis contente de voir que les lectrices attendent tant que ça la suite des aventures de Mélu et des nains :3 en tout cas, j'espère que chapitre t'aura plu !
LollieLovegood : J'ai parfois peur que, de passer d'une situation à une autre, avec l'action, ça soit parfois un peu bancal, mais je me soigne, promis °° en attendant, voilà encore un chapitre, toujours avec de l'action ! en espérant que tu aimeras ce chapitre :)
Patpat : XD je sais pas pourquoi, je SAVAIS que le coup de la coloscopie allait te faire rire, arh arh. Le sirop d'érable ... Ou le chocolat fondu ! Faut voir, et je propose de tester toutes ces armes pleins de fois pour bien se faire des idées :D * tremble en entendant la voix * aaaah pardon ;w; je voulais instaurer un état d'attente chez le lecteur en coupant pile poil à ce moment là, ça a trop bien marché T-T du coup, je poste ce nouveau chapitre, et j'espère qu'il te plaira :D
Une bonne lecture à vous, et j'espère de tout mon coeur que ce que vous lirez vous plaira et vous donnera envie d'en lire encore plus :D merci de me lire, merci à ceux et celles qui me reviewent, merci, merci, merci !
Chapitre 7 : la Grande Evasion ( à peu près )
- C'était comme la fois où vous êtes apparus, dans le square ... Florentin a donc réellement réussi à créer un portail ...
Je maintenais un pansement sur la blessure de Fili. Son épaule avait été salement amochée, mais ce n'était rien comparé au pauvre Thorin. Nous nous trouvions à l'hôpital sous la surveillance des services de police. Le roi sous la montagne avait tout de suite été amené aux urgences ; j'avais entendu les médecins s'étonner de diverses choses sur son corps, avant qu'il ne disparaisse derrière des portes hermétiques. Allait-on découvrir d'où ils devenaient ? Et si ... Et si il mourrait ? Je sentis les larmes monter, et je les retins dans un hoquet pathétique. Fili avait le regard dur comme une pierre faite de nuit ; ses prunnelles étaient assombries, d'un bleu comme une mer déchaînée. Il serrait les dents, sous la douleur. Je me forçais à continuer ma théorie, à réfléchir, ou j'allais devenir folle à penser à tout ce qui s'était passé en à peine quelques heures. Ca me semblait si loin, et pourtant si frais ... Je revoyais avec horreur Thorin, la main sur son ventre, son sang se répandant sur le sol ...
- Fili, Florentin et Kili sont repartis dans ce qui semble être votre monde. Thorin est ... Est blessé, gravement ... Et nous, on va sûrement nous mettre en prison, ou pire, dans un asile ... On va passer pour des fous - ils croient qu'on a tué Florentin et saccagé le laboratoire ...
- Et les choses que le magicien a gardé dans des bocaux ? demanda le blond d'une voix grave, rendue rauque par la douleur et les injections sensées repousser les élancements de sa plaie.
- Je crois ... Je ne sais pas ... Peut-être qu'elles sont dans les laboratoires du gouvernement ... Je n'en sais rien ... Est-ce que ça a encore la moindre importance maintenant ?
Je fermais les yeux et posais mon front contre celui de Fili. Les larmes roulèrent sur mes joues en creusant des sillons profonds ; j'avais du sang coagulé sur mes mains. Le laboratoire avait été découvert par l'homme de la sécurité : les bocaux cassés, les flaques de sang. Le cadavre de l'orc, lui, semblait avoir disparu - il ne restait qu'une trace sombre. Je me demandais si les êtres venant d'autres mondes ne s'éparpillaient pas, dans ce monde qui n'était pas le leur. On se serait cru dans un mauvais film de science fiction, avec un scénario prévisible et pratique pour le réalisateur. Mais ce n'était pas une série B. C'était ma vie, c'était celle de Fili, et celle de Thorin qui se jouait. Je tremblais, et je sentis les bras du nain m'enserrer. Je me laissais faire ; son contact me réconfortait - d'autant plus que les policiers, trois à chaque bout du couloir où nous nous trouvions, nous observaient avec une indifférence glaciale.
Ils étaient convaincus que nous avions tué Florentin. Le pauvre ! La dernière image que j'avais de lui, c'était sur le dos d'un orc, à se débattre comme il pouvait, les lunettes de travers et les cheveux en bataille. J'espérais que lui et Kili allaient bien. J'espérais que Thorin allait bien. Etais-je si inutile ? Tous ceux que j'appréciais avaient été, au cours des trois dernières heures, blessés. Bon, pas tous, j'exagérais ... Mais j'étais profondément désappointée. Choquée. Je me rappelais l'odeur du sang de l'orc, sur mes mains, celui que j'avais tué. Une couche sombre recouvrait encore ici et là mes doigts, mais elle semblait presque immatérielle ; si Florentin avait été là, il aurait su me dire pourquoi. Si nous l'avions écouté ...
- Nous ne pouvions pas savoir ..., prononça le nain doucement, comme pour nous trouver une excuse fumeuse. Mais lui-même n'y croyait pas.
Fili ferma les yeux et repoussa ses cheveux sales. Il avait l'air d'avoir vieilli de dix ans. Je restais ainsi, prostrée. Thorin devait survivre. Il le DEVAIT. J'avais envie de crier, de hurler, de revenir en arrière. J'étais impuissante, et cette sensation m'engourdissait, dévastatrice, destructive. A dire vrai, je me sentais morte à l'intérieur ; je n'avais pas réalisé à quel point le danger pouvait être proche. J'aurais dû me douter que quelque chose de grave allait se passer, et c'était moi qui les avait amené jusqu'à ce laboratoire ... Etait-ce de ma faute ? Mes nerfs se mettaient à lâcher, et mon cerveau se mettait à fondre sous la pression - un peu comme si j'avais regardé trop de télé-réalité .
- Ton oncle risque de mourir, dis-je tout bas, comme si cette idée me glaçait - ce qui était le cas. Rien qu'à prononcer ce mot, mourir, je désirais me taire, mais je devais faire face. Ma voix devint froide, sans émotions - je venais de les enfermer loin au fond de moi, pour ne pas flancher. Si ... Si il me-
- Tais-toi ! s'écria le blond en se relevant, manquant de me faire tomber. Il ne va pas mourir ! Nous avons ... Nous devons repartir chez nous ! Kili est là-bas !
Il grognait, comme un animal aux abois, et je comprenais à présent pourquoi son surnom était le lion de Durin : ses cheveux ébouriffés en une crinière tressée, ses yeux brillaient comme des pierres polies, et le fait qu'il retrousse le nez n'arrangeait rien. On aurait dit un félin aux babines relevées. Il était un tableau de férocité, de sauvagerie bestiale, ancestrale et viscérale ; je ne pouvais pas rester de marbre face à tant d'émotion brute. Il montrait les dents, angoissé, anxieux. Mort de peur, sûrement. J'essuyais avec colère mes larmes, le pris par le col de son tee-shirt sale et le poussais contre le mur. Je crois que sa surprise fut aussi intense que la mienne devant mon geste, mais je continuais sur ma lancée, refusant de me laisser abattre. J'envoyais chier mon caractère trop doux, trop soumis ! Je ne voulais plus de l'ancienne Mélusine ! Face à une telle situation, je devais évoluer ! Oui, oui, comme un pokémon ! Mélusine, stade deux ! Mes bras de chaque côté de son torse, mon regard était rivé au sien, pour qu'il écoute chaque mot que j'allais prononcer - pour le moment, je les cherchais, ces mots, histoire de ne pas bégayer et sortir quelque chose comme wstfgl.
- Kili est là-bas oui ! Fili, nous devons attendre le plus calmement que Thorin ... vive. Mais même après ça, nous serons surveillés étroitement par la police.
J'indiquais d'un geste discret de la tête les troupes de police qui ne nous lâchaient pas du regard. Le blond fit signe qu'il avait compris ; nous allions devoir être prudent, tous. Mais avec Thorin au bloc, ça allait être dur de bouger. J'étais certaine qu'une fois vivant, la police s'occuperait de notre sort. J'eus un frisson et le nain soupira devant moi, faisant voltiger quelques mèches folles.
- Vos gardes ont de bien étranges façons de vous protéger ... Serait-ce possible de leur faire entendre raison ? Si ils apprenaient que nous sommes les héritiers de Durin ...
- Ils nous prendraient pour des fous ; sur Terre, tout ce qui fait vos vies n'ont pas de place, n'existent pas.
Nous nous assîmes sur les bancs, réfléchissant chacun de notre côté. A un moment, il sembla s'endormir et sa tête bascula sur le côté, sur mon épaule. J'eus un sourire amusé, et acceptais avec gratitude le café que me tendit une infirmière. Elle hésita puis me demanda à voix basse, l'air curieux :
- C'est vous que la police surveille ? Paraît que vous avez ... démembré un scientifique, ou que vous l'avez mangé, un truc comme ça ... A vous voir, on dirait pourtant que vous ne pourriez pas faire de mal à une mouche ... Je veux dire, vous n'avez pas l'air dangereuse ... Et votre ami non plus ...
- Ils disent ça ? Mais c'est n'importe quoi ! Ce n'est ... Ce n'est pas ça du tout ...
J'avais mal au crâne ; l'infirmière me lança un coup d'oeil suspicieux puis s'éloigna, non sans se retourner une fois ou deux pour nous observer. Je massais mes tempes de ma main libre, l'autre était coincée sous le poids du nain endormi. Il pesait son quintal, celui-là ! Soudain, les portes blanches s'ouvrirent sur deux médecins ; leurs blouses étaient couvertes de sang, et je me sentis pâlir. Je n'eus pas le courage de me lever, mais il fallait croire que Fili avait l'oreille fine - ou un sixième sens nanesque ; il avait redressé la tête, l'air d'un félin aux aguets. Ses narines s'évasèrent, alors que je tremblais comme une feuille. L'un des chirurgiens discuta un instant avec les policiers, puis s'avancça vers nous.
- Votre ami est hors de danger. Nous avons suturé la plaie ; l'estomac a été touché, mais nous avons réussi à réparer les dégâts causés par ... Ahem ...
J'avais fermé les yeux et Fili bondit d'un geste brutal pour déposer une accolade à l'épaule du chirurgien. Secoué, ce dernier s'éloigna, surpris ; les policiers s'étaient rassemblés pour décider de notre sort. Comme dans un rêve brumeux, je me levais aux côtés du blond, lui pris presque tendrement la main, et le guidais dans les couloirs après avoir franchi les portes blanches d'un pas rapide. Nous devions fuir - aller chercher Thorin, ou partir, ou que sais-je encore ? Nous marchâmes à vitesse soutenue, tournant et tournant encore. Nous réussîmes à distancer les gendarmes, au point que nous pûmes nous mettre à chercher la salle de repos où le roi sous la montagne avait dû être emmené. Je pense que nous tournâmes bien une demi heure jusqu'à ce que Fili m'indique quelque chose : un espace dégagé au loin d'un couloir. Alors que nous marchions vers lui, un groupe de policiers apparut derrière nous et l'un d'eux se mit à crier :
- Ils sont là !
- FILI COURS !
C'était comme un songe. Moi, la fille si gentille et si sage, je ne pouvais quand même pas être en train d'être poursuivie par une bande de policiers, qui croyaient que j'avais mangé Florentin, quand même ? Mangé Florentin ... Bon, d'accord je n'aimais pas sa voix, et sa théorie bizarre sur les mondes parallèles était chiante, mais si on mangeait tous les gens chiants, on n'aurait pas fini !
- Ce sont les orcs ! Nous n'avons rien fait !
- Quelle bonne idée Fili ! Disons-leur ça ! On évitera la prison, c'est vrai que passer pour des fous c'est sûrement mieux ! Le blanc nous ira très bien !
Nous pénétrâmes dans la salle, et fermâmes les portes juste derrière nous. Le blond, les deux mains plaquées contre les portes, retenait comme il pouvait les assauts répétés des trois policiers. Je fis tomber une armoire, et une fois glissée cahin-caha devant les battants, nous mîmes autant d'objets pour bloquer la sortie. Puis, le souffle court, on se retourna. J'eus un hoquet, entre effarement, surprise et ... WHAT THE FUCK ?
- Thorin ? Mais vous ... Vous êtes ... réveillé ? Mais mais ... Mais ce n'est pas poss-
- Je ne me l'explique pas ; peut-être mes gènes de nain ont-ils décidé de me venir en aide. Sachez en tout cas que je souffre atrocement.
Bien sûr. Vu le ton qu'il avait utilisé, ça se sentait tellement ! Non, je déconne. Son visage était aussi impassible que d'habitude. Il aurait pu parler de la mondialisation en russie ou de l'étendue de la suprématie des gaufres, ou encore savoir comment allait madame Michaud qu'il aurait eu l'air de souffrir autant. Etendu dans un lit, il s'était relevé sur ses coudes ; une bande ceignait son torse et son ventre, descendant dans les méandres sinueux sous la couette qui bordait ses hanches.
- Vous allez bien ?
- J'ai vu mieux ; je crois que vos médecines m'aident beaucoup.
Il partit d'un léger rire si joyeux que j'écarquillais les yeux : c'était donc ça, un Thorin sous morphine ? Taciturne, et d'un coup, gros éclat de rire ? Ha bah, mon cochon, si je m'étais douté ! Je m'approchais de lui et remarquais ses traits tirés et son air fatigué. L'intervention l'avait épuisé plus qu'il ne voulait le dire - ou alors, perdu dans les brumes de son esprit amorphe, il ne s'en rendait pas compte ? Fili s'était mis debout près du lit de son oncle et fit son rapport le plus simplement du monde :
- Des humains nous poursuivent. Le corps de garde de cette terre pense que nous avons tué le magicien. Nous devons donc partir.
- Fili ! Thorin vient juste de sortir d'une opération, et je ne suis pas sûre qu-
- Aidez-moi à me lever.
J'écarquillais les yeux, incapable de bouger ; le blond prit donc aimablement le bras de son oncle et le souleva sans autre forme de procès. J'aurais entendu un bruit de déchirement que ça ne m'aurait pas étonné. Le roi sous la montagne portait un pantalon de ce bleu vert que portent les malades dans les hôpitaux ; la bande enserrant son ventre était épaisse, pâle, et soutenait apparemment parfaitement son corps et sa blessure. Le reste de son corps était nu, et je ne pu empêcher mon regard gourmand et effrayé de suivre les circonvolutions de ses muscles, de ses cicatrices, effleurant sa peau, ses cheveux, ses épaules, ses ...
- Vous risquez de ré-ouvrir votre plaie ! m'écriais-je, dans un instant de lucidité hors de mon voyeurisme.
- Quel autre choix avons-nous ? répondit Fili, mordant, son regard pétillant de colère. Il avait l'air d'un félin en colère, et je frémis.
- Je sais bien que la situation est propice aux choix de dernière minute mais ... Et si Thorin tombait, se faisait mal ? On ne peut pas le - WOW ! Doucement, papy !
J'attrapais le bras de Thorin pour l'empêcher de tomber - mais vu son poids, je fus entraînée avec lui, et c'est Fili qui nous attrapa, moi par la peau du cou et Thorin par les épaules, de façon bien plus classe - n'est pas roi sous morphine et sous la montagne qui veut. Il nous releva sans douceur, alors que le roi éclatait d'un rire de drogué, remettant de l'ordre dans sa chevelure - pub pour shampoing spotted !
- Thorin, vous n'êtes absolument pas en capacité de sortir d'ici ... Fili, on peut s'enfuir à deux et revenir le chercher plus tard ?
- Je refuse d'abandonner mon oncle !
- Tu préfères le prendre avec toi et l'amener à une mort certaine ?
- Je vous entends, hein, ronchonna le roi, l'air bougon, mais nous ne faisions pas attention à lui.
- Sortons par la fenêtre, ou les toits ; il y a forcément un moyen !
- Et après ? On va dans le labo, on utilise la machine, et hop ?
- Pourquoi pas ?
Je me hérissais : quel égoïste ! Et moi dans tout ça ? J'étais toujours accusée de meurtre, de vandalisme, de cannibalisme ! Et que sais-je encore ? Je fronçais les sourcils, incapable de parler tellement mon indignation m'étouffais. Quand bien même tout se passerait pour le mieux, ils rentreraient chez eux, et ensuite ? Florentin parviendrait-il à revenir ?
- S'il vous plaît.
Je relevais les yeux et je vis dans ceux du blond l'inquiétude qui le rongeait, l'angoisse permanente et je me souvins que Kili avait suivi Florentin. Fili devait s'inquiéter pour son frère, et même si Thorin était dopé, le blond s'inquiétait aussi pour lui. Il avait un sacré poids sur les épaules ...
- Très bien ! Mais si Thorin se blesse ...
- Nous aviserons. Mais nous ne pouvons décemment pas rester ici éternellement.
Il marquait un point. J'espérais que son esprit stratégique pourrait nous servir ; les échecs n'étaient pas si différents de la vraie vie, non ? Tant qu'on ne me prenait pas pour un pion sacrifiable ... Je vins me porter au secours d'un Thorin vacillant ; il sentait le produit désinfectant mais je retins une grimace. Nos mains tenant nos dos respectifs, le roi s'appuya sur moi alors que Fili ouvrait grand les fenêtres.
- Reculez de la porte ! Nous allons la défoncer !
Merde ! Merde, merde, merde ! Un bruit semblable à un tremblement de terre ébranla les deux portes, et certains objets que nous avions empilés dégringolèrent, se cassant et répandant leurs entrailles plastiques.
- Vite ! Mon oncle, prenez ma main !
- Fili, tu es sûr de toi ?! criais-je, totalement paniquée.
Le blond était en train de chevaucher le rebord de la fenêtre ; il avait formé une espèce de corde avec ses ceintures et des bouts de tissu. Ca me semblait très très trèèèèèès fragile, mais Thorin continua de sourire comme une benêt et se laissa faire ; Fili lui forma un harnais et j'eus un mauvais pressentiment : il aurait suffit qu'il ne tombe, ou que le choc de la descente soit trop forte, et son abdomen ...
- Fili, attention, d'accord ?
- Nous devons faire vite !
J'étais d'accord avec lui : les portes tremblaient sous les coups de boutoir ; des sirènes et des alarmes s'infiltraient jusqu'ici, sons stridents et impérieux, s'imposant à nous, se gravant dans nos crânes. Fili fit descendre son oncle, et alors que Thorin retirais son harnais, les portes éclatèrent et des hommes bondirent dans la pièce, armes aux poings.
- Dame d'argent !
Tout se passa très vite - et pourtant je garde un souvenir très clair et très lent des actions produites. Alors que Fili m'attrapait par la taille, courant vers la fenêtre, les policiers regardaient avec surprise le lit vide. Le blond, me serrant contre lui comme un enfant, passa une jambe dans le vide, mais les pistolets étaient déjà pointés vers nous, doigts sur la gâchette. Je ne sais si l'ordre parvint ou non, ou si simplement les gendarmes eurent un réflexe en nous voyant nous échapper : une série de détonations explosèrent dans l'air, tandis que la seconde jambe de Fili passaient le rebord et que nos deux poids nous entraînaient dans une chute de plusieurs étages.
J'avais le visage tourné vers le ciel et heureusement ; le vis mes cheveux onduler dans la chute, puis le monde sembla être fait de terre, d'herbe, et d'un goût de sang. Nous roulâmes, dans un enchevêtrement de cheveux, de vêtements, et enfin Fili se releva ; Thorin était à l'abri sous un arbre, un peu plus loin. Je clignais des yeux, le souffle court.
- On a réussi ...
Fili avait des supers pouvoirs ou quoi ? J'étais allongée au sol, trop choquée pour pouvoir bouger ; qu'importe, super Fili est là ! Il m'attrapa par le devant de mon maillot et me releva. Je lui trouvais en cet instant l'air impérieux de son oncle ; pas de doute, il ferait un bon roi. Non, aurait fait ... Mes esprits s'embrumaient, alors que ma tempe droite pulsait douloureusement. Fili allait mourir ... Comme Thorin et Kili ... Je ne pouvais pas l'oublier ...
- Pouvez-vous vous tenir droite, Dame d'Argent ?
- Je crois ...
J'essuyais le sang qui coulait dans mon oeil ; je ne savais pas trop d'où il venait, mais je n'eus pas le temps de m'attarder là-dessus qu'on courait déjà. A l'étage de la chambre de Thorin, les policiers hurlaient des ordres que je ne compris pas. Ma main dans celle de Fili, le blond nous guidait moi et Thorin, courant aussi vite qu'on le lui permettait. Nous n'allions pas pouvoir soutenir cette allure.
- Il faut voler une voiture.
- Vous savez comment faire ?
- Absolument pas.
- Bien ; il va être temps d'apprendre.
Qu'il est mignon, celui-là ...
L'homme cligna des yeux et secoua la tête, l'air d'avoir trop bu. Sauf que ce n'était pas un excès d'ivresse qui lui valait ce mal de tête, mais plutôt d'avoir été trimballé sans douceur et envoyé valser contre les parois rocheuses de sa cellule, où son front avait heurté un amas calcaire. Florentin chercha ses lunettes d'une main experte, et les remis sur son nez. Un verre était fendillé, l'autre était répandu en petits morceaux de verre sur le sol.
- Vous allez bien, magicien ?
- Vous êtes le-le-le l'homme du l-l-l-labo-oh ? Que ... Que s'est-i-i-il passé ? bégaya le scientifique en frottant son front douloureux.
- Vous avez été enlevé par les orcs. Je vous ai suivi pour vous protéger. Mais ils étaient trop nombreux ...
- V-votre b-bras ...
Florentin s'était approché des barreaux de sa cage : la cellule du brun était en face de la sienne. Kili avait le bras en écharpe - qu'il avait faite lui même à voir les fils qui dépassaient des coin. Il était couvert de sang coagulé et son visage pâle ressortait dans la pénombre.
- Vous devriez voir les trois autres ...
Bravade, pure bravade. Même son sourire sonnait faux. Le scientifique remarqua une chose : le brun avait perdu bien des centimètres. Florentin s'assit sur le sol froid et dur ; tout cela était-il réel ? A sentir sa tête pulser au rythme fiévreux de son coeur, oui, mais son esprit pragmatique avait encore du mal. A dire vrai, il avait attiré les trois hommes et la femme dans son laboratoire pour se donner le coeur net : devait-il appeler la sécurité, les faire enfermer ? Ils étaient dangereux. Mais sa machine avait fonctionné, son petit bijou qu'il construisait depuis des années ... Au fond, il avait toujours voulu croire à ces théories des mondes parallèles, mais sans preuve ...
Ces grottes, et les orcs plus loin qui montaient la garde, suffisaient pour lui. Et de toute évidence, le brun était un nain : petit et trapu. Il portait toujours ces vêtements de la terre, il flottait dedans et les coutures à ses épaules avaient craqués.
- Où s-s-sont les autres ? demanda d'une voix rendue aigüe par la peur le jeune étudiant.
- Sûrement encore là-bas ... Et dire que j'ai laissé Fili et oncle Thorin là-bas ...
Le fait d'avoir laissé les autres là-bas était une gageure pour le scientifique ; il aurait préféré aussi qu'on le laisse sur terre, à dire vrai. Pourquoi les orcs l'avaient-il enlevé ? Il frissonna et sa tête lui tourna un instant ; son estomac était retourné mais criait famine. Suivant un instinct primal, il appela à travers les barreaux :
- S'il vous plaît ? Puis-je avoir à manger ? Ou au moins un peu d'eau ?
A croire que les scientifiques ont un instinct primal digne d'un dodo, puisque l'orc qui s'approcha des barreaux eut un rire gras en postillonnant largement sur l'humain. Il attrapa son arme, un marteau en pierre au manche de bois sommaire, et frappa contre le fer qui formait la cellule ; Florentin s'écarta une demi-seconde avant que l'arme ne frappe l'endroit où il était. L'étudiant émit un petit cri de souris.
- Magicien, prends ton mal en patience ... Ton heure arrivera bientôt ...
- Bande de chiens ! Donnez moi une arme et v-
- Une arme, nain ? Pourquoi faire ? Tu veux qu'on t'arrache le bras qui te reste ? Ou veux-tu qu'on finisse ce qu'on a commencé avec l'autre ?
Le grondement était bestial et menaçant ; Kili grimaça, sachant qu'un mot de plus le ménerait sûrement à sa propre perte. Il baissa la tête et s'avoua vaincu, l'air frustré. Quand l'orc se fut éloigné, le nain tenta de défoncer les barreaux en donnant des coups d'épaules dedans, mais il ne réussit qu'à se faire mal. L'essai se finit dans un cri de rage, avec Kili s'asseyant sur le sol.
- Que vont-ils me faire ? Je n'ai aucune raison d'être ici ...
- Je les ai entendu ... Croyez-moi, vous ne voulez pas savoir ! s'écria Kili en se mordillant la lèvre, inconscient que cette phrase était exactement ce qu'il ne fallait pas dire. Kili et subtilité. Deux mots profondément dissociés.
- Kili ! Dites-moi, je dois savoir ! Il s'agit de mon sort.
- Comme vous voulez ... Vous êtes magicien, ils veulent vous sacrifier pour donner votre puissance à leur maître.
- Mais je ne suis pas magicien ! JE NE SUIS PAS MAGICIEN ! Je vous le jure, ayez pitié ! Je ne suis pas magicien, je suis un scientifique ! Je ...
Les cris de Florentin se perdirent dans les boyaux tortueux de l'endroit où ils étaient. Au loin, un plic ploc résonna, alors que la pluie du dehors s'infiltrait dans les roches calcaires. Le scientifique tapota son front contre la grille, et soupira en sentant la douleur revenir au galop avec deux trois copines, et le sang se remettre à sourdre.
- Je ne suis pas un magicien ...
Kili eut un regard peiné vers le scientifique, lorsqu'il entendit les sanglots pitoyables éclater. Mais le nain ne pouvait rien faire pour lui. Il ne pouvait même rien faire pour eux.
