Pour vous situer (et moi aussi), au début de l'histoire, le Capitaine Kirkland est en Jamaïque et, là, il va à Haïti. Ce voyage mental vous est généreusement offert par l'équipage du Unicorn...
Avec un peu de retard. Désolé, la semaine dernière a été très riche en problèmes en tout genre. Et je croyais que ça irait mieux le week-end, mais c'est juste que j'ai eu le temps de décompresser entre deux problèmes. Je risque d'avoir du retard cette semaine aussi. Vous aurez les premiers drabbles de l'Avent pour vous consoler au cas où.
Réponses aux reviews !
Merci !
Kurea-chan : J'espère que Francis sera à la hauteur de tes espérances dans cette fanfiction. Arthur a beau être son rival, il ne le voit pas toujours arriver avec ses plans bizarres. Et oui, ils ont des points de vue sur le monde assez opposés... Sinon, ce ne serait pas drôle. Francis voit les choses de manière plus règlementaire qu'Arthur, d'où le décalage dealer/médecin. Et tu as vu, tout s'explique en fin de compte. Arthur aura toujours tendance à tricher et faire des sales coups dans cette fanfiction... J'aurais du retard sur Eclipse (j'ai écrit un OS annexe lors de la nuit des lemons, il est pas super, mais il existe xD).
DjoDjoCute : Francis a plus d'un tour dans son sac. Il ne fait pas que prendre la barre, il a tout un plan d'évasion. Arthur et Francis n'ont pas fini de se faire tourner en bourrique.
Hemere : Je voulais montrer qu'ils avaient des idéaux assez opposés et que ce ne serait pas évident pour qu'ils s'entendent entre eux. Il faut aussi présenter Francis et sa façon d'être.
MedusaLegend : Je suis contente que tu aies senti les amitiés de Francis. Il va bien y avoir une lettre... d'Arthur, déjà. Je ne sais pas combien Francis arrivera à le tenir à distance (généralement, je fais plus de chapitres que prévu xD).
Stupid frog !
Arthur profita du voyage jusqu'à Port-au-Prince et d'un moment de pause entre deux piques acides avec son prisonnier pour rédiger une lettre à l'attention de Monsieur Gilbert Beilschmidt.
« Espèce de trou du cul awesome, alias Gilbert Beilschmidt le chasseur de primes.
Je détiens en otage ton coincé de frère et ton adorable futur beau-frère oméga : Ludwig et Feliciano de leurs petits noms.
Si tu tiens à eux et si tu as des couilles, viens échanger ta vie awesome contre la leur. Dans le cas contraire, je trouverai des fonctions adéquates à ces deux énergumènes comme cadavre au fond de la mer et pute de navire.
En ce qui concerne Monsieur Bonnefoy, il est non négociable. Je me le réserve à des fins personnelles que nul ne doit déranger.
Rendez-vous à Port-au-Prince, exactement dans deux mois, à la taverne des pieds cassés à 17 h.
Va te faire voir, car tu ne pourras pas profiter des joies de l'existence terrestre encore très longtemps,
Le Capitaine Arthur Kirkland. »
Arthur soumettrait ce premier jet à ses frères et sœurs. Il leur arrivait de trouver de bonnes idées pour renforcer ses propos insultants et menaçants.
Ludwig se montrait particulièrement docile comme prisonnier, puisqu'il craignait pour la vie de son compagnon adoré. Il se méfiait à juste titre de la réputation des pirates. Antonio tenait à être un minimum respecté sur son navire. Il ne cédait pas à tous les caprices de son oméga.
Arthur espérait que le dealer… médecin… de Bonnefoy remettrait son corps dans des dispositions plus supportables. Malgré la barrière, l'équipage profitait des doux effluves de son corps par le biais de certains courants d'air. Arthur ne pouvait maintenir un cube entier de rempart. Ce parfum de Lys embaumait donc légèrement l'air du navire et excitait tout un chacun.
Arthur avait surpris sa sœur et la cuisinière en plein ébat amoureux. Ses frères harcelaient sexuellement l'équipage pour trouver une personne consentante avec laquelle folâtrer. En fait, tous les membres de l'équipage cherchaient à passer du bon temps entre eux. Un tel élan de solidarité était admirable. Heureusement, son frère Alba n'était pas là pour constater le désastre et lui dire qu'il l'avait averti sur les dangers de transporter un oméga à bord d'un navire.
Le pire était certainement qu'Alba s'envoyait en l'air avec Paolo, le frère d'Antonio. Ce lien indirect avec Antonio lui filait de l'urticaire.
Comble de l'ironie, étant un alpha, seul l'oméga l'intéressait avec ses hormones hautement affriolantes.
Vivement que le médecin donne un cacheton à Bonnefoy pour calmer cette nuisance olfactive.
Tout de même, cette situation avait quelques avantages.
Arthur avait pu effrayer Bonnefoy en lui montrant sa gaule phénoménale.
Il fallait bien s'amuser de temps en temps.
Et se faire du bien aussi. Arthur s'en foutait d'avoir un spectateur lors de ses plaisirs solitaires. Il était dans sa cabine infestée d'hormones aguicheuses, que diable !
Monsieur Bonnefoy évitait de le regarder dans les yeux et se tenait le plus éloigné possible de lui, au cas où l'idée de traverser la barrière les séparant le titillerait de trop.
Il fallait avouer que c'était tentant.
Bonnefoy était plutôt bien foutu.
Les omégas étaient généralement agréables à regarder, à cause de leurs traits fins, leurs gestes plutôt délicats et leur tendance à prendre soin de leurs corps. Monsieur Bonnefoy possédait ce genre d'atouts, ce à quoi se rajoutaient une stature de barreur, de très beaux yeux bleus, de magnifiques cheveux blonds et une peau bronzée par le soleil.
Son rival avait tout de charismatique, l'une des raisons pour lesquelles il l'avait choisi en tant que tel.
On n'oubliait pas un homme aussi séduisant que Monsieur Bonnefoy.
Arthur aurait dû se douter qu'il était un oméga.
Lorsqu'ils arrivèrent à destination, Arthur lui passa son manteau à travers la barrière pour couvrir son odeur. Leurs mains se touchèrent dans la manœuvre, déclenchant un désir quasiment palpable. Arthur avait hâte que Bonnefoy vole de ses propres ailes et arrête d'accaparer ses rêves érotiques.
Évidemment, Arthur lui passa les menottes. Connaissant Bonnefoy, il serait capable de lui fausser compagnie à la première occasion.
Arthur adorait le mélange de leurs odeurs qui se dégageait à côté de lui, alors qu'il observait les hommes en qui il avait le moins confiance ramer vers le rivage. Il fallait toujours avoir à l'œil les grandes gueules.
Antonio faisait également le déplacement avec sa tendre moitié, son beau-frère, et quelques matelots.
Tout le port allait s'envoyer en l'air, après leur visite.
Arthur grogna instinctivement quand l'un des rameurs focalisa beaucoup trop son attention sur son oméga. Il savait que cette réaction était totalement animale et idiote. Elle avait tout de même l'avantage d'être efficace…
« Je ne suis pas ton oméga », râla Bonnefoy.
Bonnefoy commençait par lui sortir par les yeux.
« Tu es sous ma responsabilité, stupid frog. La prochaine fois que tu me contesteras, je te laisse en tête à tête dans une ruelle sombre avec ces deux individus… »
En remarquant que l'oméga s'apprêtait à rappliquer, Arthur enfonça le clou.
« … et immobilisé par un sort… J'en profiterai pour regarder, voire participer. »
Arthur se félicita en lui-même. Il lui avait enfin cloué le bec ! Bonnefoy avait beau jouer les fortes têtes, il avait des peurs oméganesques.
« Tu te la fermes jusqu'à ce que l'on trouve ton médecin. »
Bonnefoy lui jeta un regard noir, lui promettant mille souffrances une fois qu'il serait libre. Au moins, son rival avait un programme réjouissant pour alimenter les anecdotes sur leur réputation. Arthur tenait quand même à l'œil les deux pirates au cas où l'idée de se passer de son approbation ferait surface.
Le trajet jusqu'à un petit baraquement perché dans les hauteurs du port se fit sans grand encombre.
On reniflait avec prudence les odeurs dans leur sillage. La présence de trois alphas pirates découragea les plus braves. Antonio avait cru bien nécessaire d'emmener son frère Horus avec eux pour protéger le troisième oméga.
Arthur laissa le soin à Bonnefoy de s'annoncer à son médecin grâce à un code connu de lui seul.
Un fusil sortit d'une ouverture pour les menacer.
« On ne fait pas de forfait de groupes ! »
Étrangement, cet oméga visait le grand Arthur Kirkland. Grand mal lui en fasse.
« Je suis assez rapide de la gâchette, le menaça Arthur.
- Tu es le premier à abattre sur ma liste, le magicien ! »
Arthur calcula qu'il aurait de grandes difficultés à abattre la cloison et l'homme caché derrière avant de manger les pissenlits. Le seul avantage de cette tactique serait d'être vengé par Antonio ou Horus. Il lui fallait gagner du temps pour mettre la main sur un bouclier humain.
« On peut négocier », statua Arthur avec un grand sourire de sadique.
Surpris, Antonio se retourna vers lui, comme pour lui demander s'il avait bien entendu. Le Capitaine hispanique entoura la taille de son oméga, conscient des intentions malveillantes d'Arthur, et mit subtilement Feliciano à l'abri en le poussant. En comprenant le mouvement groupé, Horus fit discrètement un pas de côté. Arthur se retrouva avec un désert autour de lui. Antonio le connaissait beaucoup trop bien. Pas grave ! Il ferait un sort supplémentaire pour engager les hostilités.
« Votre patient est actuellement recherché par les autorités, pour des activités illégales en relation avec les vôtres. Moins on le voit à votre porte, mieux vous vous porterez.
- Je n'ai plus qu'à tous vous décaniller.
- Tino, est-ce qu'on pourrait rentrer à l'intérieur ?, demanda Bonnefoy. Kirkland sut le coup fourré. On vient pour profiter des conseils de ton mari. Tu noteras qu'il y a plusieurs omégas dans le groupe. L'un d'eux est enceint.
- Putain… Tout le monde va le savoir, râla Lovino. Vous allez porter la poisse à ce bébé !
- Je ne veux que le strict minimum à l'intérieur… Et le magicien se tient tranquille, sinon le nôtre va lui foutre une raclée. »
Arthur s'arrêta dans son sort de prévention contre une mort idiote. Il détestait se retrouver en position de faiblesse. Il connaissait très peu de personne capable de rivaliser avec lui sur le plan magique. Il n'y en avait qu'un seul, assez fort et arrogant, pour oser le menacer.
« Je connais le point faible de Norge, rappela Arthur au cas où.
- Lui aussi connaît le tien », le nargua le fusil.
Arthur grinça des dents. Ce n'était pas le genre d'information qu'il appréciait de partager avec des confrères pirates et son pire ennemi. Maintenant, ils savaient qu'il existait un moyen de le mettre hors d'état de nuire. Ce serait bête de tuer tout le monde pour des bavardages inutiles.
« Norge menace de le révéler si tu ne tiens pas tranquille.
- Il a intérêt à tenir sa parole, sinon j'aurais la langue bien pendue moi aussi.
- Tino, on va rester sage, négocia Bonnefoy.
- Qu'est-ce que vous voulez ?
- Un putain de contraceptif ! C'est ma quatrième grossesse causée par ce bastardo !, lui signala Lovino.
- Tu aimes autant le sexe que moi, je te rappelle, se défendit Antonio.
- Il faudrait qu'on refasse un point sur mes problèmes hormonaux, lui précisa Francis.
- Je ne lâche pas du regard, Bonnefoy, rappela Arthur.
- Le mec enceint et son copain, d'abord. Les autres, vous revenez dans une heure.
- On ne peut pas laisser Bonnefoy dehors dans son état », grogna Arthur.
Il y eut un silence effroyable, pendant lequel Arthur comptait le nombre de secondes lui étant nécessaires pour finaliser son sort. Il mettait également une tactique au point pour anéantir de la surface de la Terre ce magicien insupportable. Norge n'avait pas des ambitions assez poussées pour lui faire de l'ombre, mais tentait de l'assassiner à chaque fois qu'ils se croisaient. Et réciproquement… Aucun des deux n'était capable de se rappeler le pourquoi du comment ils se détestaient autant. Leur professeur de magie leur avait effacé la mémoire à titre préventif, en pensant qu'en annulant la cause il en effacerait les conséquences. Finalement, c'était pire.
« OK. Vous rentrez aussi, tous les deux. Le troll de Norge te surveillera de près.
- C'est le golem, pas le troll !, s'insurgea Norge.
- On s'en fout, Norge. »
La porte s'ouvrit enfin sur un homme blond pas très commode.
« Bonjour, Berwald !, sourit Bonnefoy.
- La prochaine fois, ramène des gens fréquentables, se plaint un homme de carrure plus légère à côté de Berwald.
- Je suis leur prisonnier pour quelque temps…
- Berwald parle un langage incompréhensible que je suis le seul à comprendre, expliqua le dénommé Tino. Je serai votre traducteur. »
Ils entrèrent dans une petite boutique qui ressemblait à un commerce d'apothicaire. Arthur fusilla aussitôt du regard Norge et son fichu golem en boue grise. Ce magicien, adepte de créatures en tout genre, possédait également un troll qu'il ne sortait que pour les grandes occasions (démonstration de ses talents et tentative de meurtre sur Arthur Kirkland). Arthur en déduisit qu'il avait pour une fois des intentions plutôt pacifistes. Le golem ne causait que des dégâts mineurs sur un être humain.
« Bon, le mec en cloque, tu en es à combien de semaines ?, demanda Tino, avec son fusil pointé vers eux sur le comptoir.
- J'entame le troisième mois.
- C'est trop tard. Reviens nous voir quand tu auras accouché. Au suivant !
- Putain de bordel de merde ! Votre consultation ne dure que cinq minutes ! J'ai au moins droit à des explications ! »
Berwald baragouina tout un tas de phrases à moitié compréhensibles.
« Pour faire simple, les contraceptifs pour les omégas sont fabriqués en fonction des taux hormonaux de la personne concernée. Lors des grossesses, ils ne servent à rien. Et ensuite, il est impossible de vous le préparer, puisque vos hormones fluctuent beaucoup trop. De plus, nos produits ne se conservent pas très longtemps ou mal si on n'en prend pas soin, n'est-ce pas, Monsieur Bonnefoy ?
- Ce n'est pas ce que vous croyez, râla Bonnefoy. J'ai fait très attention. »
Berwald se remit à parler et pointa Antonio du doigt d'une manière très sérieuse.
« Berwald vous rappelle qu'il faut attendre que votre oméga ait récupéré de son accouchement, avant de reprendre une activité sexuelle… Après une quatrième grossesse consécutive, il vaudrait mieux que votre compagnon reprenne des forces, si vous souhaitez un cinquième enfant.
- Il n'y aura pas de cinquième enfant, bastardo. Les autres m'auront trop usé.
- On ne sait pas ce que l'avenir nous réserve, mon chéri.
- Idiota !
- Je suis quand même d'accord avec toi, précisa Antonio.
- Vous rappelez quelqu'un à Berwald, enchaîna Tino. Vous ne seriez pas cet accoucheur espagnol qui... »
Antonio éclata de rire, avant de dire très vite.
« Je suis un terrible Capitaine qui prend la vie plutôt qu'il la donne.
- Je suis sûr que la famille royale espagnole est de votre avis, ironisa Tino.
- Mierda.
- Tu vas me dire ce que tu me caches, râla Lovino.
- Effectivement, je faisais les accouchements dans une autre vie. J'étais tellement apprécié que j'ai dû accoucher le Roi d'Espagne, raconta Antonio.
- Ce n'était pas la Reine ?, lui demanda Lovino.
- Non, le Roi, précisa Antonio. Tout le monde croit que le Roi avait du bide et que la Reine était enceinte. »
Arthur fit appel à toute sa culture générale pour comprendre l'origine de ce mensonge national.
« La Reine était une oméga, donc elle n'a pu mettre le Roi enceint…
- Tu as touché du doigt, le problème, Arthur, lui confirma Antonio.
- Et le Roi est mort…, dit Lovino.
- … durant l'accouchement. Bizarrement, on a voulu me faire taire définitivement, précisa Antonio. Je n'étais pas incompétent... Il y a eu des complications. J'ai réussi à sauver le bébé… mais ce n'était pas suffisant pour préserver l'image parfaite du couple royal. Le Roi était allé voir ailleurs… Enfin, c'est du passé.
- Je me disais bien que tu savais trop ce qu'il fallait faire quand je perdais les eaux, râla Lovino.
- Je te mets enceint, mais j'assume, se moqua de lui Antonio. On repassera après la naissance de notre bébé. Et je me tiendrai tranquille, monsieur Berwald. »
Berwald se tourna alors vers Bonnefoy en l'interrogeant du regard.
« Vous m'aviez prévenu que cela pourrait arriver. Je crois que votre produit n'a plus d'effet sur mon organisme », avoua Bonnefoy.
Arthur vit rouge. Son rival ne pourrait pas rester célibataire et devenir un pirate, si ses hormones continuaient à saturer l'atmosphère.
« Tu ne pouvais pas le dire plus tôt, stupid frog ! »
