Titre : Histoire canadienne.
Rating : T.
Pairing : CanBec.
Warning : Mention de sujets délicats.
Summary : Canada et Québec ont une longue histoire commune. Rébellions sanglantes, guerres inhumaines, constitutions injustes et racisme francophobe la parcoures. Mais alors que tout devraient les opposer, tout ne fait que les réunir, pour le meilleur mais surtout le pire...
Disclaimer : Matthew est à Hidekaz Himaruya.
Personnage(s) : Matthew/Canada | Samuel/Québec | Michael/Montréal.
M/A : Voici le huitième chapitre de "Histoire canadienne". Aujourd'hui, l'explication est un peu plus longue que d'habitude. Dans les années 1960 et 1970, un groupe nationaliste et terroriste, le FLQ (Front de Libération du Québec), a terrorisé la population québécoise, mais plus spécialement montréaloise, dont l'aboutissement fût la Crise d'Octobre, pendant laquelle le gouvernement canadien appliqua la Loi sur les mesures de guerre, une vieille loi datant de la Confédération qui, jusqu'à aujourd'hui, n'a été utilisé qu'une fois, soit pendant la Crise d'Octobre. Le jour de son application, plus de quatre cent arrestations sans mandat sont effectuées au Québec par les soldats canadiens.
Histoire canadienne
16 octobre 1970 ~ Mise en place de la Loi sur les mesures de guerre
Matthew, démoralisé et terrifié à la fois, observa ses soldats entrer sans prévenir dans diverses demeures, puis en sortirent quelques instants plus tard, tirant un homme ou une femme, de tout âge, mal réveillé et incapable de comprendre ce qui se passait. On ne lui dicta pas ses droits, qui ont de toute façon étaient suspendus, on le menotta et on l'enferma avec d'autres personnes toutes aussi perplexes les uns que les autres dans un fourgon, qui une fois plein va vers lui-même ne savait où, tandis que les soldats continuaient leurs arrestations, sans se soucier des questions des citoyens.
Dans l'esprit de la nation, un unique ordre rugissait, frappait dans son esprit au point de presque le faire pleurer.
Faire règner l'ordre. Retrouver Cross et Laporte, quite à se retrouver avec deux cadavres sur les bras, bien que c'était le dernier de ses souhaits(1).
À côté de lui, leurs visages n'exprimant absolument rien, Samuel et Michael observaient eux aussi les scènes quasi-irréelles, incompatibles avec leur époque et leur monde. La Belle Province serrait contre lui sa grande métropole, qui tremblait légèrement malgré ses traits tirés et sans émotion, comme si les pas des soldats martelaient son corps. Avec une tendresse bien fraternelle, il caressait ses cheveux d'un blond miel plutôt sombre, pour le moment.
« Êtes-vous... sûrs que c'est ce que vous vouliez? », demanda timidement le Pays de l'Érable, attirant sur lui le regard des deux Québécois.
-On n'avait pus l'choix..., soupira Samuel, d'un ton si vide de vie que Matthew se demanda même si ce n'était pas son amant qui parlait. Il n'avait jamais entendu sa plus grande province avoir une voix aussi inexpressive.
-Il y a quand même de vos artistes qui sont arrêtés(2)! , argumenta-t-il, tentant d'obtenir une quelconque réaction des deux hommes. Ça ne lui paraissait impossible, il avait du mal à croire que deux allégories québécoises, tous connus pour leur sang chaud et leur impétuosité, soient aussi... aussi...
Aussi épuisés. Cette crise, comme son premier ministre la désignait avec un certain dédain, était-elle à ce point épuisante? Déjà qu'elle le terrifiait, et qu'elle terrifiait même Kim, pourtant à l'autre bout du pays... Il n'osait pas savoir combien elle effrayait Québec.
Ça lui semblait tellement surréel...
« Pis l'pire, c'est que j'suis d'accord avec l'FLQ. », déclara soudainement Montréal. Sous le choc, Matthew le dévisagea. Comment pouvait-il être d'accord avec des terroristes? Avec des gens qui avaient à ce point terrorisé sa population, celle du Québec entier et même de tout le Canada? Ça lui semblait impensable.
-Pareil(3), approuva sur le même ton Samuel, qui continuait à regarder les arrestations, tout comme l'humanisation de sa métropole. Cette fois, ce fût la consternation totale, pour Canada. Quelque chose n'allait pas, quelque chose clochait. Que le brun dises être d'accord avec des gens cherchant à obtenir son indépendance, lui qui ne s'entendait avec aucune des autres provinces et qui avait toujours cherché à se démarquer des autres, ça ne l'étonnait pas.
Et pourtant, ça le bouleversait.
Car avec ça venait une pensée assez terrifiante.
Voulait-il... le quitter? Pour de bon?
(1)Le lendemain, on retrouva en effet le cadavre du ministre du Travail Pierre Laporte, tué par accident selon les membres du FLQ, alors qu'il tentait de s'enfuir.
(2)De nombreux artistes québécois se sont effectivement arrêtés lors de la Crise d'Octobre. Les arrestations visaient des individus soupçonnés d'appartenance au FLQ, qui ont déjà participé à des manifestations violentes ou qui sont liés à des mouvements d'extrême-gauche.
(3)La population québécoise était effectivement d'accord avec la position du FLQ, qui voulait l'indépendance de la province et la protection de la langue française, mais pas sur les moyens utilisés pour y parvenir.
M/A : Prochain chapitre; rapatriement de la Constitution canadienne.
