POV BELLA
On courrait à la catastrophe. Les questions étaient celles des téléspectateurs et pas celle d'une journaliste. Si j'avais du bol, ils avaient trié les questions mais je n'y croyais pas trop, du bol j'en ai jamais eu beaucoup. De ma place, je pouvais voir les visages inquiets de mes amis qui étaient restés en coulisses. Plus moyen de reculer.
Tanya me fit un sourire qui était tout sauf gentil. Ça allait se corser. Apparemment, elle ne m'aimait pas trop donc aucun secours à attendre d'elle, bien au contraire. Je leur ai dit que j'allais à l'abattoir !
« Première question : « Avez-vous un album en préparation ? »
« Tout à fait. Si tout se passe bien, il sera prêt d'ici quelques semaines. »
« Pourquoi vous êtes vous teint les cheveux en brun ? »
« En fait, c'est ma couleur naturelle. »
« Oh vraiment. »
Bah si je te le dis !
« Autre question : pourquoi un tel changement de style ? »
« De style ? »
« Vestimentaire et musical. Parce que je suppose que c'est lié ? » dit-elle en souriant de manière hypocrite. Tanya était une langue de vipère.
« Je n'ai pas changé. Je suis redevenue la personne que je suis réellement, c'est tout. »
« Mal coiffée, sans maquillage et mal habillée ? Où sont passées vos robes de créateurs ?»
Pétasse.
« Pour tout vous dire, j'y ai mis le feu et mon dieu, c'était jouissif ! Disons que je préfère passer mon temps à faire de la musique au lieu de passer mon temps à me regarder dans le miroir de ma salle de bain, moi ! »
Tanya accusa le coup en serrant les dents sans perdre son sourire à la con.
« Etes-vous célibataire ? »
Mais c'était quoi ces questions !
« Ma vie privée restera privée. Où vous voulez en venir ? Je suis venue pour ma musique, pas pour étaler ma vie devant vos caméras. »
Tanya esquiva ma question.
« Dernière question. Celle-ci, c'est la mienne. On a entendu toutes sortes de rumeurs après votre disparition. Alors, c'était quoi ? Désintox, grossesse ou dépression ? Il ya de quoi s'interroger, non ? Vous vous absentez deux ans et là, vous revenez avec 10 kilos en plus en faisant tout un mystère autour de votre « pause ».»
Son culot me laissait sans voix. Je ne m'étais jamais sentie aussi désemparée face à quelqu'un. Plus j'attendais pour lui répondre, plus son sourire s'élargissait. Je jetais un coup d'œil à mes amis. Alice et Rosalie semblaient sur le point de fondre en larmes. Emmett et Jasper essayaient de les réconforter. Edward, lui, avait une lueur meurtrière dans les yeux. Les traits de son visage étaient durcis. Ses yeux rencontrèrent les miens. La lueur dans ses yeux se mua en une sorte d'encouragement. J'avais besoin de ça, qu'on me pousse à réagir.
« En fait, vous vous plantez sur toute la ligne. L'hypocrisie, le fric à tout prix et les faux-semblants ont fini par me faire fuir. J'ai pris deux ans pour moi. Traitez-moi d'égoïste si vous voulez, mais tout ce que je voulais c'était la paix et je l'ai eu. Et quand je vois des gens comme vous, je n'ai qu'une envie : partir en courant le plus vite possible, ce que je vais faire d'ailleurs sinon je risque de vomir sur vos cheveux peroxydés. Et au passage, je n'ai pas eu de bébé, je me suis mise à manger, vous devriez essayer parce que tout le monde sait qu'il vaut mieux faire envie que pitié ! »
Je n'en revenais pas je l'avais fait ! Je venais de foutre ma carrière en l'air mais Tanya m'avait poussée à bout. Je rejoignis les autres.
« Tape m'en cinq Bella ! » me dit joyeusement Emmett.
« Rose, je suis désolée, j'ai tout foutu par terre, mais…mais, je veux dire, elle a osé … »
« Si ça avait été moi, je lui aurais refait le portrait. » me répondit-elle. Elle me prit dans ses bras.
« On va fêter ta victoire sur cette garce de Tanya ! Y a un nouveau club qui a ouvert en ville, ça va être génial ! » s'extasia Alice.
Une heure plus tard, nous étions tous les 6 attablés devant des bières dans le club. Alice, Jasper, Rosalie et Emmett partirent sur la piste de danse. Edward était accoudé au bar pour passer une nouvelle commande lorsqu'une rousse se colla littéralement à lui. Mais de quel droit elle le touchait ? Elle lui murmurait des trucs à l'oreille. La jalousie que je ressentais à cet instant n'avait aucune limite. Et son manque de réaction me donnait des envies de meurtre. Tout à coup, je sentis mon téléphone vibrer dans ma poche.
« SOS » le texto venait d'Edward. Une vague de soulagement me submergea. Et là, j'eus l'idée du siècle pour le faire venir à l'anniversaire d'Alice. Je lui renvoyai un message.
« Tu me donnes quoi en échange ? »
« Mon éternelle reconnaissance. »
« Pas assez. »
« Ce que tu veux ! »
« Tout ce que je veux ? » Pas question de laisser passer une telle occasion.
« OUI mais aide-moi ! »
« J'arrive. »
Une fois près de lui, je passai mes bras autour de sa taille et poussai la rousse d'un coup de hanche. Celle-ci se retourna vivement vers moi, une lueur meurtrière dans les yeux.
« Pour qui tu te prends, toi ? » aboya-t-elle.
Je décidai de ne pas lui répondre mais de lui montrer.
« Ca va mon chéri ? » demandai-je d'une voix mielleuse. C'est fou comme le surnom m'était venu naturellement.
« Et toi, mon cœur ? » me répondit-il en rentrant dans mon jeu.
« C'est qui celle-là ? » demanda la rousse.
« La petite souris ! T'es conne où tu le fais exprès ? Maintenant, dégage de là avant que je ne m'énerve vraiment, poufiasse ! » lui répondis-je.
Immédiatement, la rousse fit demi-tour et partit. Je m'écartai de lui aussitôt. Edward avait du mal avec le contact humain.
« Bella, merci, merci beaucoup. Je n'arrivais pas à m'en défaire. »
« N'oublies pas, tout ce que je veux sans poser de question. Même si je te demande de m'aider à enterrer un cadavre dans le parc de la ville en pleine nuit ! »
« Promis juré ! »
La semaine passa avec une rapidité affolante. J'avais enregistré 4 autres chansons. Encore 3 ou 4 et l'album sera fini. Rosalie et Alice avaient commencé à planifier d'autres sorties officielles pour moi. Etrangement, depuis mon coup d'éclat à l'émission de Tanya, tout le monde me voulait. C'était assez déconcertant en fait. Carlisle avait évoqué la possibilité de faire une tournée après la sortie de mon album.
Mais ce que je retenais de cette semaine, c'est tout le temps passé auprès d'Edward. Oh, il était toujours aussi mal aimable qu'au début, même avec moi. Mais moi je voyais à travers les lignes. Lorsqu'il croyait que personne ne le regardait, il laissait tomber son masque. Plus je passais du temps avec lui, plus il m'attirait. Je crois même que ça allait plus loin qu'une simple attirance. Je n'ai pas que des sentiments amicaux envers lui, et c'est bien le problème. D'abord, c'est mon producteur. Mélanger le travail et la vie privée, c'est un quitte ou double. Ensuite, il m'a prévenue : je ne dois pas m'approcher de lui pour je ne sais qu'elle raison. Je fais tout le contraire de ce qu'il m'a dit de faire.
En résumé, je m'étais fourrée dans une situation merdique : j'étais amoureuse de mon producteur qui lui ne voulait pas de moi.
Nous étions samedi. Alice fêtait son anniversaire ce soir chez les Cullen. La mission s'avérait délicate. Comment emmener Edward sans qu'il ne s'aperçoive de la destination ? Mon regard se posa sur mon foulard noir posé sur le dossier d'une chaise. Lui bander les yeux, voilà une bonne solution. Maintenant, le faire venir chez moi. Je décidai de lui envoyer un texto :
« Chez moi dans 30 minutes. Pas de question, tu as promis. »
« Dois-je prendre une pelle et un sac hermétique ? »
« Pas la peine, je n'ai encore tué personne. Mais tu seras le premier de ma liste si tu es en retard. »
« Message reçu. »
Je souriais. Bêtement mais je souriais. Un simple texto d'Edward me faisait sourire comme une imbécile heureuse. J'étais foutue. J'allais droit dans le mur mais j'y allais en souriant. Oui, parfois, j'ai un petit côté maso, je n'y peux rien.
En repensant à la soirée d'Alice, je commençais à m'inquiéter. Et si ça se passait mal ? Les conséquences seraient affreuses. Mais si ça marchait, les relations d'Edward avec sa famille et surtout avec Alice s'amélioreraient considérablement. Le pour l'emportait, plus moyen de reculer. Pour faire plaisir à Alice, j'avais mis une robe mais uniquement parce que c'était son anniversaire.
La sonnette retentit. Edward était arrivé. Je lui ouvris la porte.
« Salut. »
« Salut. »
« Donc, qu'est-ce qu'on fait ? »
« On va faire un tour en voiture. »
« Tu as une voiture ? »
« J'ai une voiture. Je prends mon sac et on y va. »
« Elle est où ta voiture, Bella ? »
« Bah, là. » dis-je en désignant ma vieille camionnette. C'était une Chevrolet rouge à plateau. Bon, d'accord elle était plus vieille que moi mais je l'adorais cette voiture.
« C'est une blague ? Je te préviens, je ne monte pas là-dedans. C'est un cercueil sur roues ton truc ! »
« Hey, insulte pas ma voiture ! De toute façon, je conduis donc tu n'as pas le choix. »
« Prends la mienne. »
« Hein ? »
« Tu n'as qu'à conduire la mienne. »
« Tu me laisserais conduire ta Volvo ? »
« Je préfère mourir dans ma Volvo. »
« J'ai mon permis, crétin ! Je conduis très bien. »
« Mmh mmh. »
« Et tu ne sais pas la meilleure ? Tu vas avoir les yeux bandés ! »
« Euh pourquoi ? »
« Parce que c'est une surprise ! »
« Je résume : tu vas conduire ma voiture et moi je ne vais rien voir du tout ? »
« Yep. »
« C'est bien ce que je disais, je vais mourir dans ma Volvo. Remarque, ça pourrait être pire ! »
« Tu vas mourir sur le trottoir si tu continues, Edward. Allez, viens là que je te bande les yeux. »
J'avais réussi tant bien que mal à installer Edward dans la voiture. Il avait râlé quand sans faire exprès je lui avais cogné la tête dans le plafond.
« Aïe ! Mais c'est une habitude de me faire des bosses ou quoi ? »
« Chochotte ! »
En me penchant pour lui passer sa ceinture de sécurité, les effluves de son parfum atteignirent mes narines. Edward sentait merveilleusement bon. J'aurais pu respirer son parfum pendant des heures.
« Tu y arrives ou pas ? »
« Hein ? euh, oui, oui, c'est bon. »
Je fis le tour de la voiture et m'installai à la place du conducteur. Je mis le contact et le lecteur Cd s'alluma, diffusant le dernier disque qu'Edward avait écouté.
« C'est un de mes Cd avec mes chansons préférées. » dit-il doucement.
« Tu aimes une chanson en particulier ou pas ? »
Du coin de l'œil, je le vis se tendre. Je restais concentrée sur la route tout en guettant sa réponse.
« La 5. Hurt de Johnny Cash. Elle a une signification particulière pour moi. »
« Je ne savais pas que tu écoutais Johnny Cash. »
« Personne ne le sait. Je l'ai découvert après l'accident. »
« Tu veux l'écouter ou pas ? »
Son visage à moitié caché sous le foulard se tourna vers moi.
« Si tu veux. »
J'appuyais sur le bouton pour faire défiler les chansons. Je m'arrêtai donc sur la 5.
It don't hurt anymore
All my teardrops have dried
No more walkin' the floor
With that burnin' inside
Just to think it could be
Time has opened the door
And at last I am free
I don't hurt anymore
No use to deny I wanted to die
The day you said we were through
But now that I find you're out of my mind
I can't believe that it's true
I've forgotten somehow
That I cared so before
And it's wonderful now
I don't hurt anymore
(Traduction : ça ne fait plus mal, toutes mes larmes ont séché. Je ne marche plus sur le sol avec ce feu intérieur, simplement j'imagine ce que ça pourrait être. Le temps a ouvert la porte et au moins, je suis libre, je ne blesse plus personne. Pas besoin de le nier, je voulais mourir ce jour. Toi et moi on en a traversé mais maintenant je me rends compte que tu n'es plus dans ma tête. Je ne peux pas croire que c'est vrai. J'ai oublié d'une façon ou d'une autre tout ce dont je me préoccupais avant. Et c'est merveilleux maintenant, je ne blesse plus personne.)
Je ne savais pas quoi dire. La chanson était assez éloquente. Je suppose que différentes interprétations étaient possibles. Moi j'y voyais quelque chose en rapport avec le suicide, la mort, une immense souffrance. A cause du bandeau, je ne voyais pas le visage d'Edward. Impossible de savoir ce à quoi il pensait à cet instant précis. Il paraît que la musique que l'on aime reflète notre humeur voire même notre personnalité. Là, c'était flagrant.
La chanson suivante était plus entrainante : Painted Black des Rolling Stones. La musique seulement parce que les paroles ne sont pas super joyeuses. Sans m'en rendre compte, je m'étais mise à chanter. Edward se joignit à moi. Il avait une jolie voix. L'ambiance était un peu moins pesante. Il ne restait plus que deux kilomètres avant que nous arrivions chez les Cullen. Je devais soigner ma mise en scène. Edward ne se doutait absolument pas que je l'emmenais chez ses parents, de la même façon qu'eux ne savaient pas que je venais avec Edward.
Je garais la voiture devant la maison. On y était.
« Edward, est-ce que tu peux m'attendre 5 minutes dans la voiture, s'il te plait ? »
« Pourquoi faire ? »
« Un truc, je me dépêche, promis ! »
Je suis sortie de la voiture en quatrième vitesse et me suis précipitée vers la porte d'entrée de la maison, que j'ouvris sans frapper. Ils étaient tous assis dans le salon.
« Salut ! »
« Euh salut ? » répondit Emmett.
Je me tournai vers Alice.
« Je vais te donner ton cadeau tout de suite. Seulement je veux que tu aies les yeux bandés et les autres, pas un mot, pas un bruit ! »
Tous hochèrent la tête. Jasper se leva et posa ses mains sur les yeux d'Alice. Je fis demi-tour pour aller chercher Edward.
« C'est quoi ce cirque ? » me demanda-t-il lorsque je lui ouvris la portière.
« Tu verras bien. »
Je l'aidai à sortir puis à gravir les marches du perron. Je le fis entrer dans le salon totalement silencieux. Jasper et moi libérâmes les yeux d'Edward et d'Alice au même moment.
« Bon anniversaire Alice » dis-je simplement.
Gros blanc. Edward et Alice se regardaient sans rien dire. Les parents d'Edward attendaient, impuissants. Emmett, Rosalie et Jasper aussi.
Finalement, Alice se décida la première. Elle se précipita sur son frère et le prit dans ses bras. Edward vacilla sous le choc mais referma ses bras sur Alice.
« Bon anniversaire Dorothy » dit-il, déclenchant un torrent de larmes chez Alice. Edward se contenta de bercer Alice le temps qu'elle se calme. Ils se séparèrent sous les regards attendris et surtout soulagés du reste de la famille. Dès qu'elle eut lâché son frère, Alice se jeta sur moi et me serra dans ses bras.
« Merci, Bella. Merci. »
« Euh de rien. Mais pourquoi Dorothy ? »
Elle s'écarta de moi en riant.
« Quand j'étais petite, je regardais le magicien d'Oz en boucle le jour de mon anniversaire. Moi, j'étais Dorothy, Edward c'était le robot et Emmett le lion ! »
« Ouais, d'ailleurs, on avait dit que c'était Edward le lion ! » protesta Emmett. « Je suis pas un trouillard moi ! »
« Si tu le dis. Bref, je croyais qu'Edward avait oublié mais en fait pas du tout » dit-elle en souriant à Edward. Celui-ci fit une grimace, comme s'il était gêné. Trop chou… aaah encore un truc qui me faisait craquer. La situation s'empirait pour moi.
« Attendez, si Edward avait les yeux bandés, qui a conduit la Volvo ? » s'interrogea Jasper.
« Moi. » répondis-je.
Encore une fois, gros silence.
« Bah quoi ? » Je ne comprenais rien. Edward regardait ses chaussures et les autres me regardaient moi comme si subitement j'étais devenue un truc à étudier.
« J'ai mon permis, je vous signale. » Je commençais à me sentir vexée.
« C'est pas ça, Bella. » intervint Emmett. « Edward ne prête pas ses affaires, jamais. Alors sa Volvo… c'est juste surprenant. »
Ok là je me sentais mal à l'aise. Heureusement, Esmée vint à mon secours.
« On va passer à table. Edward, on te rajoute un couvert, tu restes, n'est-ce pas ? »
Elle semblait inquiète de sa réponse. Edward me jeta un bref coup d'œil avant de répondre à sa mère.
« Bien sûr, Maman. Je vais rester avec vous. »
Edward était assis entre Emmett et Alice. Je n'avais jamais vu Alice aussi souriante. En fait, je ne savais pas que quelqu'un pouvait sourire autant sans avoir de crampes à la mâchoire. J'avais réussi à lui offrir le cadeau idéal. Restait plus qu'à savoir si Edward allait m'en vouloir à mort ou pas. J'espérais que non.
Il ne parlait pas mais avait l'air un peu moins crispé que d'habitude. Ça aurait pu être pire je suppose. Emmett n'arrêtait pas de lancer des blagues vaseuses, qui ne faisaient rire que lui. Je rejoignis Esmée dans la cuisine pour lui donner un coup de main.
J'avais à peine franchit le seuil de la cuisine qu'elle se jeta sur moi et me serra dans ses bras. Je commençais à m'habituer au côté tactile des Cullen.
« Merci, Bella ! »
« Pour la vaisselle ? »
« Non, pour m'avoir ramené mon bébé à la maison. »
Le mot de bébé pour qualifier Edward me fit sourire. Il avait l'air de tout sauf d'un bébé.
« Ne me remerciez pas trop vite. Je l'ai fait contre son gré et je ne suis pas sûre qu'il ait apprécié. »
« Crois-moi, mon fils ne s'embarrasse pas de scrupules. Quand quelque chose ne lui plaît pas, il sait très bien le dire et le faire comprendre. Tu as réussi là où j'ai échoué. Tu es parvenue à le ramener à la maison et je t'en remercie. Vraiment. »
En revenant dans le salon, je vis une chose absolument magnifique. Edward souriait. Je ne l'avais jamais vu faire ça. Ce n'était pas un sourire franc genre pub Colgate mais un sourire en coin, carrément sexy. Il était assis à côté de sa sœur qui lui parlait. Je ne pouvais pas entendre leur conversation mais je voyais bien la complicité qu'il y avait entre eux. Contrairement à ce qu'il pensait, tout n'était pas fichu.
Le reste de la soirée se passa très bien. Edward s'était décrispé un peu. Bon, il ne parlait pas beaucoup mais au moins, il était là. Sa simple présence rendait sa famille heureuse.
Puis vint le moment de partir. Je n'étais pas sûre qu'Edward accepte de me reconduire chez moi. Après tout, je l'avais pris en traître sur ce coup-là. De plus, il avait parfois des réactions un peu brusques.
« Bella, tu veux que je te ramène ? » demanda Edward.
« Heu, oui. Merci. »
Nous prîmes congé des Cullen. Il m'ouvrit la portière passager et fit le tour de la voiture pour s'installer à la place du conducteur. Le trajet jusqu'à mon appartement se fit en silence. Edward me raccompagna jusqu'à la porte de mon appartement. Il se pencha vers moi pour me faire la bise sauf que j'avais eu la même idée. Résultat : mes lèvres se posèrent sur les siennes. Une décharge électrique me traversa. Je savourais la sensation lorsqu'il me repoussa, trop rapidement à mon goût.
« Bella, stop ! »
« Mais… »
« Pas de mais. On peut pas faire ça…tu peux pas faire ça. Pas avec moi… »
« Edward… »
J'étais complètement perdue. Soudain, il me plaqua contre la porte de l'appartement et me regarda dans les yeux. Son regard était chargé de colère, de souffrance et d'une autre chose indéfinissable.
« Bella, je te l'ai déjà dit, ne t'approche pas de moi. Je ne suis pas celui qu'il te faut. »
« Arrête de dire ça, Ed… »
« Merde, Bella ! Tu ne comprends pas ! Je ne suis pas cassé mais détruit ! Un truc cassé, tu le répares et on en parle plus mais un truc détruit, tu n'attends que le moment de l'enterrer. »
A ces mots, je me mis à pleurer. Je pleurais à cause de sa souffrance, à cause de son rejet. Il ne voulait pas de moi.
Il me relâcha la pression sur mes bras.
« Tu mérites mieux qu'un mort vivant, Bella. Ne te méprends pas, j'ai vraiment été touché par ton geste de ce soir. Me ramener chez mes parents, voir Alice, c'était… mais ça ne change rien. C'est juste une éclaircie pendant une tempête. Je suis foutu, Bella, foutu. Alors, je vais te dire ce qu'on va faire. Je vais être le producteur et toi la chanteuse. On va avoir des relations cordiales mais professionnelles et … amicales dirons-nous. Et ce sera tout. Est-ce que tu as compris ? »
Je pleurais de plus belle mais acquiesçais. Je ne pouvais pas ne plus le voir. J'allais me contenter du peu qu'il m'accordait et souffrir en silence.
Il s'écarta de moi et se passa la main sur le visage.
« Je suis désolé, Bella, mais crois-moi, c'est mieux comme ça. »
Je n'en pouvais plus, je n'arrivais plus à le regarder ni à le savoir si près de moi. J'avais juste mal et envie de me jeter sur mon lit pour y pleurer toutes les larmes de mon corps.
« Dégage, Edward. Fous le camp… » lui dis-je.
Il tendit la main vers moi mais je la repoussai.
« FOUS LE CAMP ! » lui criai-je.
« Je vois que tu as compris » murmura-t-il en se retournant. Après son départ, j'ai lutté pour ouvrir ma stupide porte. Je l'ai claquée un grand coup et me suis couchée toute habillée en pleurant. La soirée avait si bien commencée sauf que la fin de cette soirée avait été un cauchemar. Le lendemain risquait d'être bien pire. J'allais devoir affronter Edward toute la journée. Je m'endormis en pleurant.
La chanson c'est Hurt, chantée par Johnny Cash. A la base, ce n'est pas lui qui la chante mais sa version est la meilleure ( allez voir sur youtube ). Pour la chanson des Stones, selon certains critiques et psy, il s'agirait d'une chanson sur la dépression et/ou la schizophrénie. Bon, perso, c'est une de mes chansons préférées depuis moultes années XD
Bon, là y a pas de happy end, désolée, mais je sais – du moins j'espère XD – à peu près où je vais.
J'espère que ça va vous plaire^^
Merci à Mélanie qui m'a filé un coup de main malgré sa rentrée plus que chargée apparemment :)
Et merci pour les reviews, c'est trop gentil !
Je planche sur le suivant
Ciao.
