Loose Thorns

Loose Thorns

Epilogue : Beyond two souls

Auteur: Rain

Disclaimer: Shaman King n'est toujours pas à moi. Brontë l'est. Puis le chat. Tehe.

Soundtrack: Moment of surrender (U2)

Note:

Référence dans le titre à un jeu que je trouve très cool! Pas du tout le même genre d'histoire, maiiis...

Voici donc la fin de cette fic! Wah, ça aura duré longtemps. Surtout pour une fic censée avoir été postée en... janvier... d'y a deux ans? Je crois bien. Ca fait longtemps! XD Je pense que c'était une bonne expérience, qui m'a pas mal appris (notamment: ne pas attendre trop longtemps pour poster, sinon on aime plus du tout ce qu'on écrit). Si je pouvais, je ferais certainement certaines choses différemment, mais bon... apparemment, ça vous a plu, alors je suis contente!

Playing with the fire until the fire played with me...


Ce qui réveilla Mathilda le lendemain, ce fut la lumière. Il faisait tiède dans le bois, ce qui la déroutait un peu; un voile doré enrobait les arbres, et elle crut presque que toute cette nuit n'avait été qu'un long cauchemar. Mais il ne pouvait pas s'agir que d'un mauvais rêve , puisqu'elle était tout de même allongée dans la forêt et pas dans son lit, et que c'était bien son sac à dos qui lui avait servi d'oreiller. Ou alors, comme une patiente de Bronte, elle avait marché au hasard, guidé par un rêve trop prenant? Elle n'arrivait pas à en être certaine.

Encore alourdie de sommeil, la petite fille bougea la tête et regarda le ciel. Elle ne sentait plus le brûlé, ni le sel de ses larmes; elle était toujours blottie dans le cercle des fées, et rien ne lui était arrivé. Elle était presque bien, comme ça...

Et elle n'aurait pas dû. Fronçant les sourcils, elle regarda son poignet blessé. Même dans le noir, elle avait entraperçu la peau translucide et couverte de sang, le bois grossier et la ficelle affreuse. Mais là... quelqu'un avait retiré l'attelle. Son poignet était un peu plié, mais elle n'avait pas mal. Elle le fit bouger pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas. Là non plus, pas de douleur atroce. Sans oser y croire, elle toucha la blessure. La peau recousue par Jack était lisse et sans le moindre signe d'ouverture, et l'os qu'elle sentait dessous avait l'air solide, et intact. Comment cela pouvait-il être possible? Elle ne connaissait aucun docteur capable de soigner quelqu'un aussi vite. Même Bronte lui disait que les écorchures aux genoux et aux doigts seraient soignées d'abord par le temps, pas par la magie. Tout cela était si étrange... La rousse décida qu'il fallait enquêter. Alors, le corps encore fragile, elle se rassit.

C'est alors que ses yeux tombèrent sur lui.

Il était assis contre un arbre en face d'elle, les bras croisés comme pour dormir. Le chat blanc de la maison était étendu sur ses genoux et jouait avec l'un des gants du jeune homme. L'idée lui passa dans le cerveau, sonna creux. Un jeune homme... Oui, elle avait l'impression d'être en face à un être jeune, très jeune; il avait l'air d'avoir son âge, ou à peine plus. Mathilda a appris à se méfier des « impressions » et des « avoir l'air ». Elle sentait une âme bien ancienne près d'elle. Jack aussi l'avait visiblement compris; le fantôme était assis auprès de l'inconnu , sage et muet, attendant un ordre, une demande, quelque chose. Mathilda remarqua que sa joue pâle était nue; le glyphe qu'elle y avait toujours vu avait disparu. Est-ce que... c'était l'inconnu qui l'avait effacé? Elle distinguait aussi quelque chose de rouge derrière l'arbre. Mais elle ne se demanda pas ce que cela pouvait être. Ni qui était le nouvel inconnu.

En effet, elle avait immédiatement deviné ce qu'il était. Elle avait lu avec une curiosité dévorante les descriptions d'Aldara, de Sileas et des autres, et elle retrouvait leurs mots en cet inconnu. Il avait le nez fin, la peau dorée, des cheveux longs et soyeux, parsemés de fleurs de lumière déposées par les arbres au-dessus d'eux. Chacun de ses traits semblait poli, élancé, parfait, trop parfait pour être mortel. Le chat et Jack l'avaient bien compris, et elle aussi.

Mathilda se savait être en face d'un Fae, un membre du Petit Peuple, un immortel, un dieu.

Elle était en face d'un dieu et il la regardait.

Elle fronça les sourcils et prit conscience que oui, il avait les yeux entrouverts, et oui, il la regardait. Depuis combien de temps ? Peut-être seulement depuis qu'elle s'était réveillée. Peut-être plus. Mais il la regardait, et dans ces yeux sombres comme l'univers elle retrouvait le regard de la chouette, celle du tout début de l'été, celle qui avait brûlé l'âme de la petite sorcière avant qu'on ne mette le feu au cottage de la grande. De nouveau, elle était prise. De nouveau, elle ne pouvait que regarder, fascinée.

Puis Hao se leva et vint lui tendre la main, princier.

« Tu as réclamé l'aide des fées, n'est-ce pas, Mathilda ? Je suis venu te l'accorder. »

Elle n'en doutait pas une seconde. Il était grand, pour la petite sorcière; et elle savait que si elle était encore vivante, si elle avait chaud, si son poignet était soigné, c'était grâce à lui. Qu'aurait-elle pu lui dire à part oui? En vérité, elle ne le lui dit pas vraiment; mais ses yeux éblouis, ses mains qui cherchaient la sienne le lui dirent pour elle.

Elle ne douta pas une seconde.

Quand elle quitta le cercle des fées, la fillette était devenue une vraie sorcière, avec une épine dans le cœur et des sortilèges plein l'esprit. Et cela ne lui déplaisait pas tant que ça, au fond. Brontë n'avait pas eu les crocs qui lui auraient sauvé la vie, mais elle ne ferait pas la même erreur.

Pour une fois, la sorcière serait celle qui allumerait le feu.