Arrivée à Poudlard.
Le 25 aout suivant, Minerva se tenait devant les portes du parc du château donnant la main à Ganymède, à côté d'Albus. Elle contemplait le château.
-Je savais que j'aurais du vous faire traverser le lac en barque…
-C'est stupide, Albus. J'ai déjà vu l'école.
-Pas de puis 6 ans. Pouvons-nous y aller ?
Elle acquiesça et ils entrèrent. Il la conduisit directement dans la tour de Gryffondor. Quelques mètres après le portrait de la grosse dame dont elle se souvenait de son année ici, se trouvait une tapisserie représentant Lucrèce Borgia.
-Vin de Chypre, prononça-t-il.
-C'est de mauvais goût, commenta-t-elle tandis que la tapisserie s'enroulait pour faire apparaître une porte.
-J'ignorait que vous connaissiez Victor Hugo*.
-J'ai passé six en à étudier en France, Albus.
Il sourit et ouvrit la porte. Ils entrèrent dans un petit salon. En face d'eux se trouvait une grande cheminée, encadrée par des fauteuils semblable à celle de la salle commune non loin de là. Sur le même mur, sous une fenêtre qui donnait sur le lac, se trouvait une table surmontée d'un bouquet de fleur. Les murs latéraux avaient quant à eux deux portes chacun. Albus désigna à sa jeune épouse la première à gauche.
-Vous trouverez là de quoi faire quelques rudiments de cuisine si vous ne voulez pas aller directement à la cuisine. La porte suivante donne sur un couloir menant à la salle commune de Gryffondor… très pratique lorsque les élèves décident d'improviser une fête au milieu de la nuit. Les deux portes d'en face sont nos chambres. La votre est près de la cheminée.
-Merci.
Elle lévita ses bagage plus avant et tenant toujours la main de Ganymède, elle entra dans sa chambre. Un large lit à baldaquin était accoté au mur principal. Si les teintes du salon étaient principalement rouges et ors, la pièce avait des coloris se dégradant du vert émeraude au vert sapin. Le mobilier quant à lui était en ébène. Près de la porte se trouvait un large bureau où elle pourrait continuer ses recherches. Face au lit se dressait une grande armoire à glaces, donc les miroirs ne semblaient pas charmés, à coté une coiffeuse en marbre noir. L'appuie de fenêtre intérieur était large d'un mètre et sous celui-ci se trouvait une petite porte. Ganymède, lui lâchant la main, l'ouvrit et s'empressa de monter sur le petit lit qui se trouvait derrière, obtenant un sourire de sa maîtresse. Dans son dos se trouvait une autre porte – à taille humaine cette fois – donnant sur la salle de bain. Minerva dirigea ses valises sur le lit. Elle commençait à les ouvrir quand on toqua à la porte.
-Minerva, nous devons aller voir le directeur. Etes-vous prête ?
-Je défais mes bagages et je suis à vous.
-Je vous attends.
Elle sentit que quelque chose tirait sur sa robe, elle baissa les yeux. Ganymède était de nouveau à côté d'elle.
-Minerva partir. Ganymède pouvoir le faire.
Elle s'agenouilla pour se mettre à sa hauteur.
-Tu es sur ? Tu es encore petit.
-Minerva pas vouloir ? Méchant Ganymède.
Il entreprit de se taper la main. Elle lui attrapa.
-Non, calme-toi. Je veux bien que tu le fasses. J'ai juste peur que tu ne te fasses pas.
-Ganymède être fort. Pas avoir mal.
-Très bien alors. Sois sage.
Elle lui posa un baiser sur le front et se leva. Le petit elfe était si content de sa nouvelle charge qu'il sautait littéralement de joie. Elle laissa échapper un petit rire et rejoignit son mari. Il était assit dans l'un des fauteuils près du feu.
-Tiens ? Déjà ?
-Ganymède a voulu le faire. Je vous remercie d'ailleurs pour sa petite chambre. Il a l'air d'en être ravi.
-J'en suis heureux. Vous pouvez aussi lui dire que si la compagnie des autres elfes de maison lui manque il peut bien sur aller dans la cuisine.
-Je n'y manquerais pas.
Il se leva et lui offrit son bras. Ils marchèrent en silence dans le couloir. Soudain elle s'arrêta.
-Où avons-nous passé notre voyage de noces ?
-Pardon ?
-Le directeur est votre ami. Il va vouloir savoir ces choses là. Tout le monde d'ailleurs.
-Ah. Que diriez-vous du sud de la France ? Vous le connaissez déjà.
-Vous n'êtes pas sérieux ! La France est pleine de soldat allemand.
-Aimez-vous l'Afrique ?
-Je n'y suis jamais allée.
-Donc ce n'est pas possible.
-Albus… Il ne nous demanderons pas ce que nous avons vu… On ne visite pas grand-chose lors d'une lune de miel…
Elle rougit, il fit de même.
-Bien. En Afrique du Sud alors ? demanda-t-il sans oser la regarder
-Très bien.
Elle ne cherchait pas son regard non plus. Ils se remirent en marche et arrivèrent bientôt devant la gargouille qui marquait l'entrée du bureau du directeur. Ils y montèrent en silence, le directeur les y attendait.
-Albus, mon cher, quel plaisir de te revoir !
-Armando, voici ma femme, Minerva. Minerva je vous présente Armando Dippet.
Si celui-ci nota le vouvoiement, il ne le fit pas savoir.
-Enchantée, professeur.
-De même. Mais je vous en prie, appelez-moi Armando. Il y a longtemps que vous avez quitté l'école.
Elle baissa la tête.
-Celle-ci tout au moins, ajouta-t-il avec une certaine gêne qu'il dissimula en les dirigeant vers la table basse où un thé attendait.
-Je suis désolé de ne pas avoir pu être présent lors de votre mariage, mais mon épouse avait tenu à aller voir son frère en Russie. Et je ne voulais pas la laisser seule avec cette guerre.
-Nous comprenons tout à fait.
-Où êtes vous allé pour votre voyage de noce ?
Minerva jeta un regard entendu à son époux avant de répondre.
-En Afrique du Sud.
-C'est un joli pays ?
Elle rougit. Albus vint à son secours.
-La chambre d'hôtel était en tout cas très confortable.
Comprenant l'allusion, le directeur changea rapidement de sujet.
-Les arrangements que j'ai faits à vos appartements vous conviennent-ils ?
-Ils sont parfait, merci beaucoup.
-A ce sujet, reprit on époux, j'aimerais que cette année, mes soirs de congé soient réellement des soirs de congé. Si vous voyez ce que je veux dire…
-Oui, bien sûr, je comprends.
Il comprenait surtout qu'il se serait passé de penser à cela. Tous trois parlèrent encore quelques dizaines de minutes puis le couple prit congé.
*Dans Lucrèce Borgia, de Victor Hugo, le personnage titre empoisonne 6 jeune homme dont son propre fils avec du vin de Chypre assaisonné à sa façon. Le vin des Borgia était réputé fatal dans toute l'Italie.
