Auteur : Rhysenn (/s/193202/1/IrresistiblePoison)

Titre : Irresistible Poison

Genre : Drame / Romance

Résumé : Le poison n'est pas toujours mortel - Draco apprend qu'il y a d'autres manières de souffrir tout en survivant.

Paring : HPDM

Avertissement : Attention, il s'agit d'un slash (relations entre personnes du même sexe).

Rating : T

Disclaimer : Les persos appartiennent à JKR, et l'histoire à Rhysenn - autrement dit, rien ne m'appartient, seulement la traduction.

Réponses aux reviews :

angelinadelacour: Merci beaucoup! Tu as tout à fait raison d'avoir lu cette fic en VO, il n'y a rien de mieux!

Toölie: Oui, moi aussi j'ai trouvé que ça sonnait bizarre en français, mais je ne savais vraiment pas quoi mettre car c'est exactement ce que l'auteur a mis dans la VO : "chaque once qu'elle pourrait rassembler"... Merci du conseil, en tout cas! N'hésite pas à me dire si tu vois des trucs bizarres xD. Merci pour ta review!

Miione: Pour les yeux d'Harry, oui, j'ai remarqué ça dans d'autres fics aussi : ils deviennent plus foncés avec ses émotions (genre la colère ou le désir xD). Pour ce qui est des chapitres, il y en a en fait 15! C'est que l'auteur ne les a pas tous publiés sur . De plus il y a quelques compléments que je pense traduire aussi (un interlude et un chapitre alternatif). Donc c'est pas fini xD ! Merci en tout cas!

Nous sommes donc déjà au chapitre 8, qui est assez intéressant... Il contient le fameux match de Quidditch... Enjoy!


Chapitre 8 : Tombe En Morceaux

Et l'amour est la plus noble fragilité de l'esprit.

Draco leva les yeux alors qu'Hermione revenait l'air dégoûté dans la classe, sans Harry, et s'avançait à grands pas pour s'asseoir dans la chaise la plus éloignée de lui. Elle semblait troublée, pas tout à fait aussi calme qu'elle ne l'était d'habitude ; elle croisa les bras sur sa poitrine et elle s'assit là lui lançant un regard noir. Ses yeux rétrécirent alors qu'elle considérait Malfoy avec une expression de douce répugnance, et elle commença, "Je ne peux pas croire que –"

"- que je suis coincée ici avec toi pour toute l'après-midi," termina Draco pour elle, imitant parfaitement son ton offensé. Il leva les yeux au ciel, et continua d'un accent traînant et ennuyé, "Oui, je sais, Granger, ce sont exactement mes sentiments. Maintenant, en continuant à suivre – qu'est-ce qui suit sur le programme des insultes ? Ah oui, tu es supposée commencer à me dire quel snob, détestable connard je suis."

Hermione le regarda avec colère. "J'ai mieux à faire que commencer des petites bagarres avec toi, Malfoy." Son ton était légèrement hautain, et elle piocha un livre qu'elle tint levé devant son visage, se protégeant de la vue de Draco. "Maintenant tais-toi juste et commence à lire."

"Tu veux parler pour toi, c'est ça ? Excellente idée."

Hermione rabattit son livre et se leva brusquement, le visage rougit par la colère. "Qu'est-ce qui ne va pas avec toi, Malfoy ? Pourquoi est-ce que tu ne peux pas rester tranquille et ne pas être un insupportable, arrogant, infect égocentrique juste pour une fois, quand tous les autres font de leur mieux pour t'aider ?" Ses joues s'enflammaient de rage échauffée. "Tu penses qu'Harry passe un moment facile avec ça ? Tu n'as pas l'impression qu'il en avait assez sur le dos, avec l'entraînement de Quidditch, les devoirs et les devoirs trimestriels, sans qu'il veuille vraimentêtre impliqué dans cette stupide recherche sur les potions d'amour ? Surtout si c'est pour toi ? Est-ce que tu sais combien il est inquiet, et combien ça lui fait mal de cacher entièrement ce cafouillis foireux à Ron ? Est-ce que tu as une quelconque idée d'à quel point Ron sera en colère s'il le découvre ? Eclaire-moi, Malfoy, qu'est-ce que tu peux lui apporter qui soit une assez bonne raison pour lui de risquer de perdre son meilleur ami ?"

Draco eut l'air ahuri par la tirade furieuse d'Hermione, et ne parut pas avoir suffisamment rassemblé ses pensées pour former une réponse lorsqu'Hermione répondit pour lui,

"Rien !" s'exclama-t-elle rudement. "Tu ne lui a rien apporté d'autre que des ennuis depuis que nous avons commencé l'école ensemble. Tu te souviens de la fois où tu as essayé de nous faire attraper avec le dragon d'Hagrid ? Quand tu as défié Harry à un duel de sorciers, juste pour avertir Rusard à la place ? Quelle sorte de lâche fait des choses pareilles ? Et penser qu'après tout ce que tu lui as fait, Harry est toujours d'accord pour t'aider à te sortir de ce pétrin de potion d'amour dans lequel tu t'es mis tout seul, dans lequel tu l'as traîné sans que ce ne soit sa faute…" Hermione s'arrêta pour reprendre sa respiration, "…et maintenant, alors que nous ne disposons que de peu de temps pour trouver une solution à ça avant le match de Quidditch de demain, tâche pratiquement impossible, tu te contentes de rester à ne rien faire et de faire des remarques sarcastiques et en gros d'emmerder tout le monde !"

"Hé, je –" commença Draco en guise de protestation, mais Hermione le coupa sèchement.

"Je veux que tu saches une chose, Malfoy – je ne fais rien de tout ça pour toi. Je le fais seulement parce que je pense qu'Harry en avait bien trop sur le dos pour se débrouiller à ce moment et je veux juste l'aider comme je peux. Et si, au moindre instant, tu as un plan ingénieusement horrible à utiliser pour blesser Harry de n'importe quelle façon, laisse-moi te conseiller de l'ôter de ta tête immédiatement. Et ne pense pas que ce n'est qu'une menace creuse, Malfoy, parce que je jure, si tu poignardes Harry dans le dos après tout ce qu'il a fait pour toi, que la seule chose qui sera creuse au final sera ta boîte crânienne."

Hermione s'assit et se renversa dans sa chaise, paraissant à bout de souffle et épuisée, ses joues encore légèrement teintées d'un rouge colérique. Un silence de mort rapide et figé envahit la pièce, à la fois tendu et gêné, jusqu'à ce que Draco élève finalement la voix.

"Il s'inquiète pour moi ?" demanda doucement Draco.

Hermione cligna des yeux, momentanément déconcertée – elle s'était préparée à une réponse rapide pour laquelle elle aurait du penser à une réplique cinglante. Elle s'éclaircit la voix, qui était légèrement enrouée par ses cris.

"Non, " répondit-elle franchement. "Il s'inquiète à cause de toi, Malfoy, pas pour toi." Elle semblait très décontenancée, et clairement ennuyée. "Est-ce que tu as entendu quoi que ce soit de ce que j'ai dit après ça, ou tu ne m'as plus suivie après la partie sur l'inquiétude ? Parce que je n'avais vraiment pas encore fini."

"Je t'ai entendue," dit Draco, sur le même ton calme. Puis il eut un sourire désabusé. "C'était une sacrée performance, Granger. Très théâtrale et tout. J'en demanderais plus, mais je pense que mon amour propre a pris assez de coups en un après-midi."

"J'en ai pensé chaque mot, Malfoy," dit bientôt Hermione, fixant Draco le regard sévère. "Je ne sais pas ce dont tu es capable, et je te laisserai savoir que j'ai mes soupçons sur toi. Mais pour une étrange, bizarre raison, Harry a réellement confiance en toi, alors ça ferait mieux d'être bien."

"Il a confiance en moi ?" Une surprise véritable couvait dans les yeux de Draco. "Il a vraiment dit ça ?"

Hermione croisa les bras sur sa poitrine. "Est-ce qu'il doit vraiment le dire ? Regarde juste ce qu'il fait. Est-ce qu'Harry a l'air de quelqu'un qui investirait son temps et son énergie dans quelque chose en lequel il ne croirait même pas vraiment ?" Hermione s'arrêta, et lança à Malfoy un regard sans équivoque. "Oh, mais attends, tu ne le connais pas du tout, au juste. Si c'était vraiment le cas, tu ne lui aurais jamais fait ces choses horribles. Tu saurais quelle personne extraordinaire il est, si tu t'étais seulement donné une chance de le connaître réellement."

Je l'ai fait, pensa Draco pour lui, même lorsqu'Hermione revint à son livre et lissa les plis aux endroits où les pages avaient été chiffonnées parce qu'elle les avait rabattues sur la table plus tôt. Bien sûr j'aurais pu voir qu'il était spécial, et je me suis vraiment donné une chance de pouvoir le connaître. Mais il m'a rejeté. Et c'est tout ce qu'il a fait depuis.

Le rejet était une douloureuse, amère pilule à avaler.

Draco refoula les souvenirs de sa première rencontre avec Harry à bord du Poudlard Express dans les renfoncements de son esprit – le souvenir de la froideur dans les yeux d'Harry alors qu'il ne prenait pas la main tendue de Draco, la froide, distante voix d'Harry lorsqu'il dit Je n'ai besoin de personne pour savoir qui sont les gens douteux, merci – et Draco se souvint que c'était la même distance familière qu'il continuait parfois à voir dans ces yeux vert clair.

Penser à Harry commençait à le distraire une fois de plus, mettant à feu la douleur insistante qui attendait en cachette à la lisière de sa conscience – Draco devait ôter Harry de son esprit, ôter ces échardes de douleur émeraude qui tranchaient plus profondément que la lame d'un couteau. Il ne pouvait être en mesure de s'éterniser sur ces pensées volatiles, pas alors qu'il se sentait déjà si instable, pas alors qu'elles chuchotaient des choses qui étaient maintenues bien loin de sa portée. Des rêves qui jamais, jamais ne se réaliseraient. Des désirs qui corrodaient l'esprit, inassouvis.

Alors, il décida de parler à Hermione, aussi ridicule forme d'évocation de stress que cela puisse être. Il leva les yeux vers Hermione, qui était profondément absorbée par son livre, mâchonnant pensivement le bout de sa plume d'aigle. Ses sourcils étaient froncés par la concentration, et elle semblait totalement déterminée, si disciplinée – une pensée amusante vint à Draco, et le fit sourire.

Hermione leva les yeux, et surprit Draco avec un sourire malicieux sur le visage. "Quoi ?" demanda t-elle d'un ton acerbe.

Draco sourit avec affectation. "Je parie que Potter t'a fait promettre juste maintenant de ne pas t'énerver contre moi, pas vrai ?" dit-il d'un ton entendu. "Et tu viens juste de perdre ton calme et de t'égosiller contre moi. Ha."

"Oh tais-toi, Malfoy," lança Hermione d'un ton irrité, bien qu'elle ait été secrètement déroutée par combien perceptif Malfoy pouvait être. "Tu demandais une bonne engueulade, avec la façon dont tu te comportais."

"Oh oui. Le masochiste en moi désespère juste d'avoir une bonne fessée."

"Eurk," dit Hermione, faisant mine de ne pas avoir entendu la dernière remarque de Malfoy.

"D'ailleurs, où est-ce que tu as appris à menacer comme ça ?" demanda Draco d'un ton à contrecoeur impressionné. "C'est plutôt efficace et, euh, vif."

Hermione s'autorisa un petit sourire. "Quand tu grandis en regardant suffisamment de films de gangsters Moldus, certaines phrases imagées se fixent à ton esprit et sont plutôt utiles parfois." Elle jeta un coup d'œil au livre que Draco feuilletait, et le désigna d'un signe de tête. "Pourquoi lis-tu quelque chose sur l'Imperium ?"

Draco parut profondément pensif pendant quelques temps, avant de poser soigneusement le livre et de regarder directement Hermione. "Tu te rappelles de l'essai que j'ai écrit pour le cours de Lupin ? Sur l'Imperium ?"

Hermione acquiesça. "Je m'en rappelle. Tu as dit que les potions d'amour sont apparentées à la malédiction de l'Imperium, d'une certaine façon. Bien qu'il y ait des différences distinctives, comme l'aspect d'un contrôle complet et constant, qui est une caractéristique de l'Imperium mais pas des potions d'amour."

"Mais l'une des similitudes majeures entre les potions d'amour et l'Imperium est la perte de contrôle conscient, même si c'est à différents degrés." Draco s'arrêta. "Tu te souviens aussi que pendant la séance pratique sur l'Imperium, les trois seules personnes de la classe qui étaient capables de repousser la malédiction étaient toi, Potter et moi-même ?"

Hermione acquiesça de nouveau. "J'ai réussi après quelques essais, et Harry – eh bien, il avait de l'expérience."

"Eh bien," continua Draco, la voix basse et grave, "la différence pour moi était que je n'ai même pas eu besoin d'essayer de la combattre. Comme j'étais déjà sous l'effet de la potion d'amour, j'étais immunisé à n'importe quelle malédiction de nature similaire, l'Imperium étant inclus parmi elles."

Hermione le fixa pendant un moment alors que la compréhension naissait peu à peu en elle. "Alors…" sa voix dérailla.

Draco regarda directement Hermione, son expression parfaitement sérieuse. "Je n'ai jamais vraiment été capable de repousser l'Imperium avant." Ses yeux étaient baissés ; il hésita un moment, et se mordit la lèvre inférieure. "Mon père m'a entraîné quelques fois à repousser l'Imperium – j'ai réussi à m'en défaire pendant à peu près une demi minute, mais jamais complètement comme je l'ai fait dans le cours de Lupin."

Hermione se raidit légèrement à la mention des 'entraînements' de Draco à la Magie Noire à la maison ; c'était quelque chose dont elle s'était toujours doutée. "Alors c'est la raison pour laquelle tu as réussi à le repousser si facilement pendant cette leçon." Elle ne pouvait s'empêcher de se rappeler des soupçons de Ron sur Malfoy, et maintenant elle savait que Ron avait eut en partie raison – la réussite de Malfoy n'était pas due à sa propre prouesse magique.

"Oui." Draco parla très lentement, et il tint ses yeux détournés.

"Donc tu as beaucoup de ce genre d' 'entraînements' à la maison, alors ?" demanda Hermione d'un ton dur.

"Tout le monde apprend des choses dans son enfance," répondit Draco, d'une façon prudente et détachée. "Tu apprends des phrases de durs utiles dans les répliques de gangsters, j'apprends des sorts utiles pour m'en sortir dans la vie. Même chose."

"Ce n'est pas la même chose. Les sorts auxquels tu touches sont de Magie Noire, et très dangereux – sans parler de la potion d'amour, et aussi, c'était horrible que tu as fait à ce scarabée tout à l'heure." Le ton d'Hermione était un ton de réprimande, et elle frissonna involontairement. "Ne refais plus jamais ça devant moi."

"Je ne lui ai rien fait d'horrible," protesta Draco.

"Si tu l'as fait. Tu l'as torturé. Tu l'as fait se convulser et frémir."

"Tu appelles ça de la torture ?" Draco laissa échapper un reniflement narquois. "Tu sais, Granger, si un jour la guerre éclate, et si tu es capturée par l'ennemi… tu vas avoir une grande surprise."

Hermione s'assagit, et commença à considérer ce qu'impliquait ce que Draco lui avait dit sur la potion. "Cette potion d'amour est plus complexe que je ne l'avais pensé. Elle est immunisée aux effets de l'Imperium, a des pouvoirs de guérison… quelque chose d'autre que je devrais savoir ?"

"Je te ferais savoir si je me transforme en un lapin blanc en peluche de la Saint-Valentin aux douze coups de minuit, qu'est-ce que tu en penses ?" répondit Draco les dents serrées, paraissant très contrarié.

"Ce pourrait être une solution simple et commode," commenta sèchement Hermione. Elle prit le livre de Draco et commença à le parcourir. "Et à propos, je voudrais emprunter ta rédaction sur l'Imperium, celle que Lupin a lue en classe. Les similitudes que tu as soulignées pourraient jeter quelques déductions intéressantes, alors nous pouvons partir de là. Et ça doit valoir le coup, pour que Lupin l'ait mentionné." Il y avait là un ton sourd de ressentiment dans sa voix, bien qu'il ne soit pas réprobateur.

"Tu as déjà embrassé Potter avant ?" demanda soudainement Draco, d'une manière très inattendue.

Hermione cligna des yeux, confuse pendant un instant, puis elle considéra la question. "Juste une fois, sur la joue," répondit-elle, se souvenant de sa bise de départ, sur le quai neuf trois-quarts, plus de deux ans auparavant. "Et c'était il y a quelques temps."

Draco secoua la tête avec impatience. "Je parle d'un vrai baiser, Granger. Sur la bouche."

"Non, je ne l'ai pas fait."

"Pourquoi pas ?"

"Pourquoi pas ?" Hermione lui lança un regard. "Parce qu'il est mon ami, voilà pourquoi."

"Et les amis ne s'embrassent pas ?"

"Alors devrais-je être amenée à comprendre que tu embrasses Crabbe et Goyle régulièrement ?"

Draco toussota, et fit une grimace à Hermione. "Ne sois pas dégoûtante, Granger."

"C'est approprié à ton raisonnement stupide." lança Hermione avec humeur. "Mais j'entends que tu n'as aucun scrupule à embrasser Harry, même s'il n'est pas ton ami." Elle s'arrêta, et lança ensuite à Draco un regard interrogateur. "Mais tu ne l'apprécie pas réellement, n'est-ce pas ?"

"Bien sûr que non," répliqua Draco, trop rapidement, sa voix brûlant d'agitation. "Qu'est-ce que 'sous l'emprise d'une potion d'amour' t'évoque, Granger ? Et 'amour forcé' ? Bien sûr je ne l'aime pas réellement. Ne sois pas ridicule."

Hermione arqua un sourcil, et pensa, J'ai demandé si tu l'appréciais ; je n'ai jamais rien dit à propos d'amour. Mais elle ne dit rien, et laissa cela passer pour un dérapage de la langue, un faux pas causé par l'intoxication de la potion. Même si aimer et apprécier étaient globalement des choses complètement différentes.

"Donc, est-ce que tu apprécies Pansy Parkinson, alors ?" demanda Hermione, curieuse à contrecoeur.

Draco lança à Hermione un autre regard méprisant. "Elle ressemble beaucoup à l'ancien caniche de ma grand-mère. Oh oui, vraiment hot et mignonne, d'une façon laide et gâteuse."

"Tu l'as emmenée au bal de Noël," plaça justement Hermione.

Draco haussa les épaules. "Il n'y avait pas beaucoup de choix, pas vrai ? Il y avait Millicent Bulstrode, mais je ne désirait pas vraiment avoir l'air d'être tenu en laisse par un tronc d'arbre sur la piste de dance." Hermione étouffa un gloussement à ces mots ; Draco eut l'air légèrement ennuyé. "Et je ne voulais pas y aller seul avec Crabbe et Goyle, non plus."

"Alors tu es allé avec Pansy," dit Hermione, levant les yeux au ciel. "Comme c'est charitable de ta part."

"Ouaip," dit Draco avec légèreté. "Je me suis dit, qu'est-ce que ça peut foutre. Je veux dire, c'est pas grand chose, il y a juste cette petite imperfection entre ses oreilles – son visage."

"Pourquoi tu n'as pas demandé à quelqu'un d'une autre maison, alors ?" défia Hermione. "Oh attends, ne me dis pas – c'est cette histoire de fierté Serpentarde."

"D'une certaine façon," concéda Draco, avec un haussement d'épaules désinvolte. "En fait, mon père m'a expressément fait savoir que je devais amener un Serpentard de sang pur, rien de moins. Il ne m'a laissé aucune option, si ? A moins que je n'y soie allé avec Blaise Zabini. Peut-être que j'aurai dû, il est plutôt beau et n'est pas un mauvais danseur, non plus. Et il m'aurait probablement laissé mener, aussi." Draco s'arrêta, et inclina la tête. "Tu sais, les Serpentards ne sont pas aussi sexy qu'on le prétend." Puis il afficha un sourire oblique, supérieur. "Bien sûr, moi-même étant la seule exception."

Hermione marmonna quelque chose comme quoi les Serpentards étaient définitivement aussi tordus qu'on le prétendait, secoua la tête et reprit sa lecture.


Lorsqu'il traversa l'ouverture du portrait à six heures moins le quart plus tard dans l'après-midi, Harry fut extrêmement soulagé de trouver Hermione tranquillement assise dans un coin de la salle commune des Gryffondors, faisant ses devoirs. Il se dirigea vers elle et demanda, "Alors ?"

Hermione leva les yeux alors qu'Harry s'affaissait dans la chaise opposée à la sienne. "Alors, quoi ?"

"Alors c'était comment avec Malfoy ?" demanda Harry anxieusement, regardant Hermione d'un air évaluateur. "Ça n'a pas pu être si nul, si ? Je veux dire, ta présence ici signifie que vous vous êtes tous deux avec succès retenus de vous mettre en pièces."

Hermione lui adressa un sourire fatigué, et s'étira. "Bien, voyons voir. Malfoy a fait une remarque sarcastique, j'ai perdu mon sang-froid, et il y eut là un lot général de cris, la plupart faits par moi, mais à la fin ça a plutôt bien marché. Il était inconscient le reste du temps, de toute façon." Hermione éclata de rire devant le regard alarmé d'Harry. "C'est juste une plaisanterie ! Il était plutôt tranquille, vraiment. Nous avons vraiment réussi à avancer un peu, et j'ai découvert une chose ou deux sur lui aussi. Je suis juste revenue il y a environ quinze minutes."

"Tu as découvert une chose ou deux sur lui ?" répéta Harry, sonnant légèrement incrédule. "Tu veux dire que vous étiez vraiment tous les deux en bons termes pour parler ? À un volume normal ?"

Hermione haussa les épaules. "Comme j'ai dit, il n'était pas aussi agaçant que d'habitude. Et il a laissé échapper certaines choses – sur sa famille, par exemple." Son expression s'assombrit. "Lucius Malfoy l'a apparemment familiarisé avec les malédictions de Magie Noir – il les inflige à Draco pour l'entraîner à les repousser."

Il y eut une pause significative ; Harry semblait troublé, et il dit enfin lentement, "Donc Ron a raison, alors. Malfoy en sait réellement trop sur la Magie Noire."

Hermione acquiesça. "C'est très dérangeant, et pas seulement parce que Malfoy a probablement grandit en récitant des malédictions au lieu des comptines. Ce qui m'inquiète maintenant est exactement ça – Malfoy a une assez solide formation en Magie Noire, mais cela ne l'empêche pas de ne pas avoir la moindre piste sur comment déjouer la potion d'amour." Elle soupira. "Je ne suis pas très optimiste pour trouver rapidement un remède à ça, et définitivement pas avant le match."

Harry gémit. "Je suppose qu'il est inutile d'espérer que la potion d'amour disparaisse d'une manière ou d'une autre, dans un temps donné ?"

"Bien sûr. Peut-être au bout d'une vie." Hermione soupira lourdement, ramassa son manuel de Potions et commença à le feuilleter ; elle se mettait finalement à travailler sur le projet de Rogue, et elle était déjà très en retard sur l'emploi du temps. "Regarde, Harry, nous avons atteint un point mort ici. Ce livre de sorts de Malfoy n'est pas assez complet pour qu'on puisse baser le moindre plan dessus. La citation latine s'est avérée provenir d'un poème épique vieux de deux mille ans, et le mythe grec ne fait sonner aucune cloche dans mon esprit. Et j'ai parcouru chaque livre vaguement pertinent de la section accessible de la bibliothèque. Il n'y a simplement pas d'informations disponibles qui nous soient utiles."

Harry réfléchit rapidement. "Tu penses qu'il y aura quelque chose d'utile dans la Réserve ?"

Hermione réfléchit. "Ça se pourrait, mais je ne parierais pas là-dessus. Ce ne serait pas dans la politique de Poudlard de proposer des livres qui donnent des détails explicites sur comment concocter une potion interdite, même si c'est mis en rayon dans le but de faire des recherches." Elle s'arrêta, considérant le nombre limité d'options qu'ils avaient. "Mais ça ne nous coûte rien d'essayer, je suppose – tu penses pouvoir obtenir un mot signé ? Ou tu peux demander à Malfoy d'en avoir un de Rogue – il est le Maître des Potions, après tout."

Harry passa sa main dans ses cheveux, écartant sa frange de devant ses yeux. "Je le ferai savoir à Malfoy la prochaine fois que je le verrai," dit-il avec lassitude. Il leva les yeux pour regarder Hermione, et ils étaient assombris de frustration. "Je ne sais pas, Herm. On dirait juste que rien ne va."

Hermione leva rapidement les yeux, surprise par la confusion et l'incertitude tellement évidentes dans la voix d'Harry. "Qu'est-ce que tu veux dire, rien ne va ?"

"Je veux dire, tout est juste en train de prendre la mauvaise direction," dit Harry, se rasseyant dans sa chaise. "Toute cette affaire avec Malfoy – ça complique beaucoup d'autres choses aussi. Le match de Quidditch. Devoir s'inquiéter que Ron découvre. Et maintenant, nous séchons sur si oui ou non il y a un remède à la potion d'amour au départ. Et Malfoy –" Harry s'arrêta au milieu de sa phrase, comme pour chercher les bons mots pour exprimer ses sentiments.

"Qu'est-ce qu'il y a avec lui ?" questionna Hermione, regardant attentivement Harry.

Harry hésita, puis dit lentement, "Il semble déjà vaincu – tu n'as pas remarqué ça chez lui ? C'est comme s'il avait perdu espoir, même avant que nous soyons sûrs de savoir comment les choses vont évoluer, pour le meilleur ou pour le pire."

Vaincu ? demanda Hermione avec une légère incrédulité même dans sa voix mentale. Draco Malfoy, vaincu ? C'est certainement une première. Il semble que cette potion d'amour ait sûrement déclenché beaucoup de 'premières'. Elle essaya de se rappeller de l'air de Malfoy juste tout à l'heure – il n'avait pas exactement semblé vaincu, du moins pas à elle. Il avait été plus sombre et abattu qu'autre chose. Mais il s'était probablement comporté différemment avec Harry – il en était évidemment ainsi.

"Je pense que tout ça l'a frappé assez durement," répondit pensivement Hermione. "Je suppose que tomber amoureux de manière naturelle est assez dur pour la plupart des gens – mais pour Malfoy maintenant, ça suit plus les lignes d'être poussé à l'amour, et il se trouve tout à coup assailli par de nouveaux et étranges sentiments sur lesquels il n'a aucun contrôle." Elle frissonna légèrement. "Rien que le fait d'y penser est suffisamment effrayant. Je ne peux vraiment pas m'imaginer devoir vivre ça. Peut-être que c'est la raison pour laquelle j'interromps Malfoy assez lâchement ici et là."

Harry soupira, et un mélange singulier de sentiments sans nom fit décrire à ses yeux des cercles d'inquiétude alors qu'il jetait un coup d'œil fatigué à travers la salle commune. "Tu sais," dit-il lentement, presque pour lui-même, "je n'attends vraiment pas avec impatience le match de demain."


Draco se réveilla le matin suivant avec un étrange sentiment d'inquiétude remuant dans le fond de son estomac, comme une douleur fantôme si intensément retranchée qu'elle pénétrait dans la fibre même de son être, le sang sombre coulant plus profondément. Il se redressa brusquement, et la première pensée cohérente qui traversa son esprit mal articulé par les rêves était que c'était le jour du match de Quidditch. Il gémit doucement, et roula sur le côté, fermant les yeux, bien que ne chassant pas pour autant la peur.

Comment les Serpentards allaient gagner le match, Draco n'en avait aucune idée. Pour commencer, il n'avait pas été capable de se concentrer sur les entraînements de Quidditch toute la semaine – une poignée de fois, il avait manqué de peu le très embarrassant accident de se faire renverser de son balai par un coup de Cognard de l'un de leurs propres Batteurs. Bien sûr, Draco avait engueulé le Batteur coupable pour être aveugle et insensé, mais au fond il savait qu'il n'avait pas prêté assez attention.

Et maintenant, de toutes les personnes à affronter aujourd'hui, il jouait contre Harry. Il ne savait pas comment diable il allait jouer ne serait-ce que d'une manière vaguement décente, quand tout ce à quoi il serait capable de penser sur le terrain serait à combien Harry aurait l'air séduisant, avec ses cheveux noirs balayés par le vent encadrant ses traits nets et un léger rosissement d'exitation provoquée par le vol intense colorant ses joues – et bien sûr, la grâce fluide d'Harry sur le manche de son balai, que Draco trouvait stupéfiante même sans l'influence d'une potion d'amour.

Draco sortit de son lit, décidant d'abandonner toutes perspectives de se rendormir puisque c'était de toute manière déjà l'aube. Il ouvrit son tiroir d'un air absent et sortit sa robe de Quidditch verte ; juste à ce moment-là, quelque chose de lourd et de métallique, qui avait été enfoncé parmi les vêtements, tomba et frappa le sol avec un son métallique creux et aigu.

C'était la menotte. La menotte d'Harry, dans toute sa cruelle gloire d'argent.

Draco se pencha lentement pour la ramasser ; elle était glaciale au toucher, et plutôt lourde, comme chargée des souvenirs denses de tout ce qui entourait sa création. Les échos de souvenirs distants résonnèrent faiblement dans l'esprit de Draco alors qu'il fermait momentanément les yeux, et lui permirent de se souvenir...

Je ne fais pas ça pour t'humilier, Malfoy.

La voix d'Harry était restée vive dans son esprit, même le ton de surprise calme qui démentait ses mots. Les souvenirs de la scène étaient si intenses que Draco pouvait presque sentir la façon dont la menotte avait mordu son poignet, froidement moqueuse ; il se souvenait avoir levé les yeux vers Harry, et avoir vu la sincérité brûlante dans ses yeux, qui avait été si authentique et honnête que son souvenir demeurait toujours immaculé par l'amertume qui s'était aggravée depuis lors.

Après-coup, Draco sut qu'Harry avait pensé ce qu'il avait dit, qu'il avait réellement voulut l'aider, pas l'humilier. Bien sûr, Harry ne mentait jamais. Mais après tout ce temps, la sincérité d'Harry était ce qui percutait le plus profondément Draco, même tranchant au-delà des couches de ressentiment, de peine et de haine pour mettre à nu une certaine réalisation de sa part, celle que peut-être Harry était vraiment aussi noble, vertueux et spécial qu'on le prétendait.

Mais chaque fois qu'il se permettait de se préoccuper de ces pensées, une autre partie irrationnelle de son esprit hurlait que C'est juste la potion d'amour qui parle ! Et appelle-le Potter, nom de Dieu !, et il sentait la confusion tourbillonnante se remettre en marche. Peut-être que c'était réellement la potion d'amour qui infligeait un ravage à ses pensées et sentiments, et la provisoire attraction encore sincère qu'il ressentait envers Harry était juste une sensiblerie provoquée. Parce que, vraiment, avec du sang empoisonné filtrant à travers son coeur à chaque pulsation lancinante, il ne pouvait plus tout à fait avoir confiance en ce que son coeur lui disait.

Soupirant lourdement, Draco se leva et reglissa soigneusement la menotte dans le tiroir, la camouflant au milieu d'un paquet de chaussettes stockées pour l'hiver. Une étincelle tremblante vibra à travers les bouts de ses doigts lorsqu'ils entrèrent brièvement en contact avec le nom d'Harry, gravé sur la lisse surface extérieure de la manchette, et des frémissements chuchotants parcoururent l'échine de Draco.

Contrôlé. Possédé. Appartenant à Harry.

Secouant futilement les pensées décousues hors de sa tête, Draco se fraya un chemin hors des cachots Serpentards pour prendre une douche, avec l'injure gravée, silencieuse d'être la possession marquée au fer rouge de H J Potter sonnant toujours dans ses oreilles, inondant les plaines de sa conscience, aggravant son désespoir impuissant.

Hermione s'attarda devant la sortie des vestiaires, attendant Harry qui était allé chercher son Éclair de Feu dans l'abri à balais. Comme le match de Quidditch avait été reprogrammé à un mercredi au lieu de l'habituel samedi à cause des travaux de redéfinition du terrain, l'école avait la journée de libre pour regarder le match. Il était maintenant onze heures moins le quart, quinze minutes avant le commencement programmé du match, et Ron était déjà dedans, jacassant de manière animée avec le reste de l'équipe des Gryffondor, alors qu'ils se changeaient pour mettre leurs robes de Quidditch écarlates. Hermione voulait toucher un rapide mot à Harry avant qu'il n'entre pour donner à son équipe l'habituel discours d'encouragement d'avant-match.

Harry apparut, semblant décidément plus tendu que d'habitude, bien que son balai soit jeté sur son épaule gauche d'une manière désinvolte, et son propre ensemble de Quidditch drapé sur son bras droit. Il afficha un sourire désabusé quand il surprit le soupir d'Hermione, mais il s'estompa rapidement en une expression abattue et troublée.

Harry força un autre sourire. "Ça va, je pense. Un peu inquiet. Tu sais."

"Regarde, Harry –" l'expression d'Hermione se calma considérablement, et elle prit un air grave d'inquiétude alors qu'elle se penchait en avant, "Je ne sais pas quel plan tu as en tête, mais je pense que tu devrais juste jouer aussi normalement que tu peux. Agis comme si rien ne s'était passé entre toi et Malfoy – parce que ce match veut dire beaucoup pour Gryffondor, et Ron en particulier." Elle regarda Harry de manière pénétrante. "Ce que je veux dire c'est, ne gâche pas ce match, tu comprends ?"

"Je comprends," répondit laconiquement Harry, son ton s'approchant d'une légère agitation. "Je sais quoi faire, d'accord ?"

"Ok." Hermione lui lança une oeillade anxieuse, mais en resta sagement là. Elle pouvait sentir son appréhension et ses regrets pour le match, et elle n'irait pas trop loin en disant qu'ils étaient complètement infondés. Mais elle lui afficha un large sourire pour cacher son propre malaise. "Tout ira très bien, Harry, ne t'inquiète pas. C'est juste un match, après tout –" elle baissa la voix, "et la potion d'amour ne devrait pas l'affecter trop si vous vous concentrez tous les deux juste à jouer le match." Elle lui tapota l'épaule. "Fais de ton mieux, Harry."

La tension d'Harry s'atténua un peu tandis qu'il lui affichait rapidement un prompt sourire reconnaissant et il acquieça, puis disparut dans le vestiaire. Hermione le regarda partir, puis se détourna et retourna vers les tribunes des spectateurs, où les étudiants s'étaient déjà amassés ; alors qu'elle tournait un virage, elle se retrouva soudainement face à face avec Draco Malfoy.

Hermione se raidit quand elle vit Draco ; elle retint sa première impulsion de lui donner un signe de tête cordial, et à la place, elle attendit qu'il réagisse le premier. Maintenant qu'ils étaient en public à la vue des autres gens, elle se demanda intérieurement si Draco serait aussi ouvert qu'il l'avait été le jour d'avant, quand ils étaient seuls dans la salle d'Enchantements.

Draco s'arrêta, et regarda Hermione d'un air évaluateur pendant quelques instants ; il ne la salua pas, bien qu'avec le plus bref signe de tête il reconnut sa présence, puis il la contourna gracieusement. Lorsqu'il la dépassa il se tourna légèrement dans sa direction, et Hermione vit l'imperceptible retroussement des coins de la bouche de Draco ; il lui lança la plus rapide des oeillades énigmatiques, puis, en un clin d'oeil, c'était comme s'il ne s'était pas tourné vers elle du tout, et il continua son chemin vers les vestiaires sans un regard en arrière.

Les yeux d'Hermione se rétrécirent pensivement alors qu'elle observait sa silhouette s'éloigner. Draco paraissait assez calme et posé – même plus mesuré que ne l'était Harry, à vrai dire. Hermione était inquiète, par la pensée qui lui était venue la nuit dernière qu'Harry pourrait donner à Draco un peu de marche de manoeuvre pendant le match, en considération, à cause de la potion d'amour – et connaissant Malfoy, si intensément compétitif qu'il l'était, il pourrait presque être capable de séparer ses sentiments de la prenante compétition entre lui et Harry et de jouer cela comme un match équitable et normal. Et quand c'était associé à Malfoy, 'équitable' voulait toujours dire beaucoup de tactiques trompeuses et sournoises sans même être ouvertement antagonistes. En gros, ce scénario probable signifiait qu'Harry pourrait finir par gâcher un match parfait pour rien.

Lestée par un coeur lourd, Hermione se fraya un chemin vers la rangée du haut des tribunes pour rejoindre les autres Gryffondors. Pour une fois, elle ne savait pas à quoi s'attendre, et cela la troublait nettement. Elle n'était pas tout à fait sûre qu'Harry suivrait ses conseils, non plus. Véridiquement elle n'était même pas sûre qu'Harry veuille réellement gagner le match, ou s'il était trop distrait pour être focalisé sur la victoire. Hermione soupira ; elle supposait qu'elle devait être contente que Draco semble être en bonne condition, mais cela ne faisait que compliquer encore plus la possible issue de ce match versatil.

Ron se matérialisa hors de la foule à côté d'elle ; il paraissait réjoui et énergique, et il était de toute évidence fin prêt pour le match à venir. "Hé Herm – le match va commencer à se jouer dans quelques minutes – Harry dit juste quelques mots de plus à l'équipe. Ils devraient sortir à n'importe quel moment maintenant."

Ils atteignirent la rangée du haut, où Neville et Dean étaient déjà assis, patientant. Ron entreprit de sortir en vitesse sa paire de Multiplettes, qu'Harry lui avait achetée à la Coupe du Monde de Quidditch, et commença à les tourner pour les régler correctement. Hermione lui lança un coup d'oeil légèrement amusé – Ron était assurément venu au match bien équipé.

Ron parcourut les tribunes, qui étaient maintenant remplies d'étudiants en pleins bavardages, l'excitation de cet affrontement crucial culminant alors que le coup d'envoi se rapprochait. Il regarda longuement dans ses Multiplettes, les ajustant jusqu'à ce qu'il puisse voir clairement le terrain loin en-dessous – il vit les portes du vestiaire s'ouvrir, et l'équipe de Gryffondor marcha sur le terrain, menée par Harry.

"Ils sont sortis !" annonça Ron aux autres, sentant une vague d'anticipation monter à l'intérieur de lui. Des sièges élevés il était dur de voir le terrain loin en-dessous, où les deux équipes avaient maintenant émergé et se frayaient un chemin vers le centre du terrain ; toutefois, les Multiplettes agrandissaient efficacement tout à une taille et à une précision, et l'attention de Ron tomba peu à peu sur Harry.

Ron remarqua l'expression pensivement troublée sur le visage d'Harry ; il se tourna vers Hermione, et commenta, "Harry n'a pas l'air très joyeux aujourd'hui." Il regarda à nouveau dans les Multiplettes, seulement pour voir Harry tourner légèrement la tête et regarder vaguement au loin, comme si quelque chose d'autre de très éloigné retenait son attention au lieu du match actuel. "Quelque chose le tracasse ?"

"Il était stressé ces derniers temps," répondit vaguement Hermione, essayant de sonner aussi dégagée et désinvolte qu'elle le pouvait. Elle surprit un regard de côté de Ron, se demandant s'il soupçonnait quoi que ce soit d'anormal. "Il est passé par beaucoup de choses dernièrement – beaucoup trop sur le dos avec bien trop peu de temps."

"Hmm, vrai," répondit Ron distraitement ; quelque chose d'autre avait retenu son attention. Ron avait légèrement tourné la direction de ses Multiplettes et Draco Malfoy apparut dans l'objectif, marchant fièrement à la tête de l'équipe Serpentarde. Les yeux de Ron se durcirent lorsqu'il vit Malfoy, et il ajouta d'un ton dégoûté, "Oh, j'espère vraiment que nous allons écraser les Serpentards aujourd'hui. Et peut-être que quelque chose de mauvais arrivera à Malfoy et ôtera ce petit sourire satisfait de son visage pendant un très long moment."

"Ron," dit sèchement Hermione. "Ne dis pas des choses pareilles. En plus, tu ne sais pas que si tu maudis tes adversaires avant un match, tu pourrais juste finir par jeter la malchance sur toi-même ?"

"Des superstitions (1)," se moqua Ron, bien qu'il arrêta de détailler quelles autres malheurs commodes pourraient arriver à Malfoy. Il garda les Multiplettes cadrées sur Malfoy, l'observant d'une manière critique. "Harry se fraye un chemin sur le terrain – oh, regarde juste la façon dont Malfoy le fixe. Il lui fait de toute évidence quelque chose."

Hermione étouffa un petit bruit qui sonnait comme un croisement entre un grognement et un gloussement.

"Est-ce qu'il y a des sorts qui peuvent être lancés juste en fixant une personne ?" continua Ron, inattentif à la réponse d'Hermione, trop absorbé par ce qui se passait plus bas sur le terrain. "Parce que Malfoy regarde Harry d'une manière vraiment bizarre – il doit essayer de jeter un sort à Harry sans qu'il le sache, ce bâtard ! – Harry ! Harry ! Retourne-toi et regarde Malfoy ! – ah, maintenant Harry l'a vu. Bien."

Plus bas sur le terrain, Harry sentit le poids d'un regard fixé sur lui. Se dépêtrant de ses pensées contradictoires, il se retourna pour trouver Draco le regardant environ cinq mètres plus loin, ses yeux gris argent enflammés avec la turbulence d'une tempête sur le point d'éclater. Et même à travers la distance, Harry pouvait pour une raison inconnue ressentir la confusion et l'angoisse tranquille de Malfoy, et assez étrangement, cela reflétait une facette de ses propres sentiments déchirés par comment il allait aborder cette confrontation particulière entre eux.

Draco vit Harry se tourner pour le regarder, et pendant un éternel instant leurs yeux se rencontrèrent et se soutinrent ; instantanément Draco se retrouva attiré par ces yeux d'émeraude calme, alors encore si éloignés, impossiblement proches. Ils étaient comme des miroirs de jade, ne montrant rien mais reflétant tout, et dans les yeux d'Harry Draco pouvait sentir sa propre peur et sa propre insécurité, la profonde trépidation enroulée à la tension montant à l'intérieur de lui née de la potion dans son sang brûlant de vie, écorchant ses nerfs avec la sensation de la plus douce agonie.

Puis Harry détourna les yeux, et la fragile perfection se brisa en morceaux une fois de plus.

Madame Bibine s'était déjà frayé un chemin vers le milieu du terrain, et un petit coup de son sifflet signala que les équipes devaient être prêtes à jouer. Elle fit signe aux deux capitaines pour les formalités d'avant-match. Draco s'avança lentement vers elle, et ses pas mesurés fermant la distance entre lui et Harry reflétaient sa propre appréhension et une crainte silencieuse.

"Très bien maintenant, les capitaines, serrez-vous la main," demanda Madame Bibine, alors qu'Harry et Draco s'arrêtaient tous deux devant elle.

Harry jeta un coup d'oeil à Draco, et sembla hésiter un instant – Draco le regarda également, une émotion ambigüe traversant rapidement ses yeux. Leurs regards se rencontrèrent et se soutinrent à nouveau ; Draco tendit sa main d'une manière lente et gracile, et Harry fit de même et la saisit avec la sienne.

La sensation fut électrique. Draco pouvait sentir la chaleur de la paume d'Harry blottie contre la sienne, et la ferme pression exercée per les doigts fins d'Harry lorsqu'ils se fermèrent sur les siens – c'était comme si ce seul contact distillait chaque fibre d'émotion q'ils partagèrent, ou du moins, qu'il ressentait pour Harry. Un sentiment déroutant remuant une fois de plus à la surface alors que le bruit de la foule impatiente dans les tribunes s'estompait en une faible rumeur de fond, comme des cris inarticulés entendus sous l'eau.

Puis Harry lâcha sa main, brisant le contact, et Draco retira automatiquement la sienne et recula, essayant d'ôter de ses pensées la confusion désordonnée, mais elle s'attardait toujours à la frontière de son esprit. Draco regarda Harry avec curiosité, qui portait une expression impassible sur le visage, et il se demanda si Harry avait sentit le courant liquide d'émotions qui s'était écoulé entre eux – s'il l'avait sentit, Harry ne le montrait certainement pas. C'était surprenant comme ils pouvaient tous deux garder un tel air distant de nonchalance, même après qu'ils aient été si intimement proches ces autres fois.

"Montez sur vos balais," disait Madame Bibine ; Draco monta méchaniquement sur son balai, tout en regardant Harry chevaucher son Éclair de Feu, observant la façon dont Harry balança sa jambe sur le côté du manche du balai, et de volatiles images mentales émergèrent sans y être invitées dans son esprit. Non.

NON. Se répéta Draco, comme un mantra fiévreux, furieux de son propre manque de contrôle. Arrête de penser à Harry. Concentre-toi sur ce fichu match. Concentre-toi.

Harry a l'air tellement beau comme ça maintenant. Et la façon dont il enfourche son balai...

Concentre-toi!

Le son strident du sifflet, et le match était en cours. Gryffondor prit rapidement la possession alors que les deux côtés prenaient leurs marques, essayant de jauger les stratégies et styles d'attaques les uns des autres. Serpentard vs. Gryffondor n'avait jamais été une mince affaire – la marge de victoire était toujours plus ou moins mince, accentuant d'autant plus l'importance d'attraper le Vif aussi vite que possible.

La météo était la seule chose de laquelle se réjouir – le ciel était clair et sans nuages, une sorte de luminosité cristalline emplissant un autrement pâle matin d'hiver. L'air était vif et frais, et Harry pouvait sentir la douce piqûre du vent sec caressant son visage alors qu'il guidait gracieusement son balai vers le ciel. Il jeta un coup d'oeil alentour, et vit Malfoy un peu plus loin, fouillant les environs à la recherche d'une quelconque trace d'or papillonnant. Draco semblait aller parfaitement bien, l'attitude concentrée et naturelle, bien qu'Harry remarqua les façon dont Draco tenait le manche de son balai – très, très étroitement, au point que ses articulations ressortaient comme des flocons de neige, comme s'il tenait une corde de sécurité qui lui glissait des mains.

Au-dessous, Seamus Finnigan commentait : "Les Gryffondors commencent à défendre leur titre, l'Attrapeur Harry Potter monte au ciel sur son Éclair de Feu alors que son homologue Serpentard Malfoy suit des kilomètres en retard – comment ça, seulement un Nimbus ? Aucune comparaison quand on parle de balais, encore moins quand on parle de talent."

Le commentaire de Seamus fut salué par une huée de la foule des Serpentards, et le Professeur McGonagall se pencha avec colère et avertit, "Finnigan, gardez vos opinions personnelles pour vous !" (Lee Jordan aurait été fier de son successeur.)

Draco serra les dents alors qu'il volait dans un arc appliqué, encerclant le terrain. Le vent crissant n'était pas assez fort pour noyer le commentaire, et il entendit les remarques peu savoureuses sur lui. Il détestait qu'on lui rappelle son balai de mauvaise qualité – son père avait catégoriquement refusé d'améliorer son balai avant qu'il ne réussisse à battre Harry Potter dans un match de Quidditch, une tâche qu'il devait encore accomplir. Draco n'était pas tout à fait sûr qu'aujourd'hui allait améliorer ses chances d'avoir le dernier Éclair de Feu II, qui devait être mit en vente au début de l'année prochaine.

Draco cessa d'écouter le commentaire et se concentra sur la recherche du Vif. Rechercher le Vif. D'autant plus que c'était plus facile à dire qu'à faire, quand son esprit semblait plus intérressé à regarder Harry. Draco vit Harry voltiger à quelques dizaines de mètres de lui, parcourant attentivement le ciel, parfaitement concentré à la tâche. Facile pour lui. Tellement tellement facile.

Harry jeta un coup d'oeil furtif à Draco, qui s'attardait plus loin. Il avait subrepticement observé Draco pendant la plus grande partie du match jusqu'ici – apparemment, Draco était constamment plus distrait, moins tranquille, moins focalisé sur le jeu à la place de... quelque chose d'autre. Et par deux fois Draco avait presque heurté un autre joueur, simplement parce qu'il n'avait pas regardé où il volait. Pour Harry, c'était plus comme si Draco essayait juste d'avoir l'air de chercher le Vif, qu'effectivement tenter réellement de l'attraper.

Harry était inquiet. C'était émotionnellement drainant de devoir maintenir des façades comme cela – Harry ne le savait que trop bien. Harry se souvenait de toutes ces nuits où il s'était recroquevillé dans son petit placard à Privet Drive, son visage trempé de larmes silencieuses, son esprit éveillé par des rêves mélancoliques, et il savait combien il avait été dur de sécher ses yeux et de faire comme si tout allait bien quand le matin venait pour qu'ils ne sachent pas qu'il avait été insomniaque et tellement misérable.

Harry était sur le point de survoler pour demander à Draco si tout allait bien, quand soudainement il vit le balai de Draco tanguer en un plongeon pointu – pendant le fugace instant d'un battement de coeur Harry pensa que Draco avait perdu le contrôle de son balai, ou s'était évanoui, mais avant qu'il puisse se remettre de sa surprise initiale il vit le scintillement d'or-argent papillonner près du sol, vers le poteau de but Serpentard. Et Draco fonçait vers lui, même lorsque Seamus s'écria, "Le Vif ! Le Vif a été repéré !"

Harry se remit de son choc rapidement, et se précipita après Malfoy, propulsant son balai aussi vite que possible. Malfoy avait déjà une assez importante longueur d'avance, et le coeur d'Harry chavira même s'il s'était penché en avant sur son balai, alignant son propre corps parallèle au le manche pour réduire la résistance de l'air. Le vent passager sifflait dans ses oreilles comme le crépitement d'un feu s'implantant, et il avançait à toute vitesse après Malfoy, gagnant constamment du terrain – maintenant il était à quelques centimètres de la queue du Nimbus de Malfoy, mais ce n'était pas bon, Draco se rapprochait déjà du Vif –

Tout à coup, sorti de nulle part un Cognard entra brusquement dans la scène, comme un poing noir frappant l'air. Avec une force considérable il percuta la queue du balai de Draco, dérangeant son équilibre délicat en plein vol et envoyant le Nimbus de Draco tournoyer hors de contrôle. Harry changea hâtivement de direction pour esquiver le Cognard ricochant et éviter de heurter Malfoy – Harry quitta le Vif des yeux pendant cette fraction de seconde juste pour se stabiliser, et quand il regarda à nouveau il s'était volatilisé. Harry jura intérieurement, profondément frustré.

De l'autre côté, Draco luttait pour reprendre le contrôle de son balai, alarmé alors qu'il se lançait dans un plongeon dangereux – il attrapa le manche et le tira brusquement vers le haut, forçant le balai à une montée raide pour ne pas brosser le sol et briser plus encore l'équilibre agité. Il réussit à le manoeuvrer de façon à éviter de s'écraser sur le nez et retourna à une altitude sûre, son Nimbus légèrement abîmé par l'assault du Cognard. Draco se retourna pour mesurer les dégâts – peu sévères, bien que quelques brindilles aient été déplacées. Il jura avec emportement, vaguement conscient de la vague d'exitation montant de la foule dans les tribunes.

Vraiment, Draco ne s'était pas attendu à déceler le Vif si tôt. Il ne l'avait même pas cherché – le remarquer voletant au-dessus du sol à côté du poteau de but Serpentard pendant qu'il évaluait brièvement la performance de leur Gardien avait été un simple coup de chance. Même dans son état d'esprit distrait, Draco l'avait par réflexe poursuivit, se basant sur l'instinct pur de n'importe quel Attrapeur. Une partie de lui avait été soulagée, réellement, même lorsqu'il avait parcouru le terrain en descendant se dirigeant vers le minuscule Vif voltigeant, parce qu'il s'il attrapait le Vif le match se terminerait, et l'insidieux tourment de voler à côté d'Harry serait fini. Et c'était tout ce qu'il voulait pour le moment, même plus qu'il ne désirait la gloire de gagner le match ou la perspective d'obtenir un nouveau balai de son père en récompense. Putain de foutu Cognard.

Dans les tribunes, Ron braillait et sautait dans tous les sens, ce qu'Hermione trouvait définitivement distrayant, bien qu'elle fût trop absorbée par le match pour lui dire de se calmer. Il y avait eut un rugissement d'anticipation des spectateurs quand Harry et Draco avaient tous deux poursuivi le Vif, Draco en tête mais Harry le rattrapant rapidement – puis le Cognard, expertement frappé par le Batteur Gryffondor, les avait tous deux dispersés, et le Vif aussi dans l'opération. Hermione retrouva sa lèvre inférieure blessée où elle l'avait mordue, et elle tressaillit.

Dire que Ron était énervé serait vraiment le moins qu'on puisse dire – il était absolument livide. "Qu'est-ce qui ne va pas avec Harry, bon sang ?" s'égosilla-t-il de total désespoir. "Malfoy a vu le Vif en premier, tu peux croire ça ? Bon sang il l'a presque attrapé, t'as vu ça ? Que fait Harry ?"

"Peut-être qu'Harry ne l'a pas vu," dit Hermione nerveusement, mâchonnant toujours sa lèvre en regardant Malfoy et Harry monter à nouveau dans le ciel, où ils pourraient avoir une vue d'aigle sur l'action.

"Ne l'a pas vu ?" bafouilla Ron incrédule, agitant ses Multiplettes alentours d'une façon exagérée. "Harry réussit toujours à le voir en premier, c'est pourquoi il peut le poursuivre et gagner le match !" Ron ratissa sa main dans ses cheveux roux, qui s'harmonisaient avec la couleur empourprant maintenant ses joues. "Qu'est-ce qui ne va pas avec Harry ? Il n'est juste pas assez attentif !"

Hermione en convint secrètement, bien qu'elle ait eut une bien meilleur idée que Ron sur pourquoi exactement Harry n'était pas assez attentif. C'était comme elle l'avait prédit et redouté – Harry, étant trop juste et noble, finirait par faire attention à Malfoy plus qu'il ne ferait attention au Vif, juste pour qu'il puisse se convaincre que Malfoy s'en sortait en effet très bien, gaspillant la victoire dans le processus. Frustrée et impuissante, Hermione ne pouvait qu'observer et espérer qu'Harry reprendrait rapidement ses esprits et commencerait à vraiment jouer le match, comme il l'avait toujours fait.

Alors qu'il remontait en boucle à une altitude correcte, Harry était furieux contre lui-même. Il était énervé d'avoir été assez stupide pour placer ses problèmes personnels devant le bien de l'équipe et les chances de victoire de Gryffondor, et d'avoir été assez niais pour s'inquiéter que Malfoy pourrait ne pas aller tout à fait bien. Il aurait du savoir – mince, il savait – quelle personne férocement compétitive était Malfoy, et il aurait du deviner qu'être sous l'effet d'une potion d'amour n'aurait pas d'effet sur la force de la menace de Malfoy sur le terrain de Quidditch.

Harry secoua la tête, toujours dégoûté de lui-même, et également partiellement en colère contre Malfoy. Il aurait du écouter Hermione ; il se souvenait des mots anxieux qu'elle lui avait adressés à l'extérieur du vestiaire, Agis comme si rien ne s'était passé entre toi et Malfoy... ne gâche pas ce match. Harry ne pouvait s'empêcher de sentir qu'il l'avait laissée tomber quelque part.

Eh bien, plus maintenant. Harry empoigna son balai d'un air déterminé, et décrivit un cercle impétueux dans les airs, plongea abruptement et accéléra en parcourant le terrain avec une vitesse époustouflante juste pour se défouler un peu de sa propre frustration. Maintenant je vais vraiment jouer – et je vais gagner ce match.

Par réflexe, Draco tourna brusquement la tête dans la direction d'Harry quand l'autre garçon fit un plongeon soudain, comme s'il avait vu le Vif – il suivit instinctivement Harry, bien qu'avec une amère résolution et sans grand enthousiasme. Un mal de tête persistant s'infiltrait dans son crâne, engourdissant sa vigilance ; Draco se sentit soudainement très épuisé, comme si l'effort de voler le drainait de ses derniers lambeaux d'énergie. Il savait que sa concentration vacillait – et alors qu'il s'attarda près d'Harry, il sentit quelque chose d'autre, aussi.

Harry était en colère contre lui. Draco pouvait le sentir, irradiant comme des ondes chaudes écarlates, crépitant comme un feu de joie déchaîné entre eux. C'était une amère, inébranlable sorte de sensation – ce n'était pas très intense, mais ça pouvait définitivement être senti, comme accentuant les courants parcourant les fibres invisibles qui les liaient. La sensation envoya des frissons chauds dans l'échine de Draco – c'était un sentiment agréablement inconfortable, s'il existait une telle chose ; comme des papillons et des aiguilles, des roses et des épines.

Bien sûr, Draco savait pourquoi Harry était en colère contre lui. Harry était énervé qu'il ait poursuivit le Vif le premier. Draco savait que leur dilemme incertain avait aussi affecté Harry, parce que dans n'importe quelle autre situation Harry aurait définitivement vu le Vif en premier, surtout à un endroit aussi évident. Et maintenant dans le contrecoup rageur, Harry prenait vraiment le match à Draco, se vrillant, serpentant entre les autres joueurs et esquivant les Cognards avec une fine précision, comme essayant impétueusement d'ôter Draco de son chemin alors qu'il recherchait le Vif une fois de plus. Draco pouvait voir qu'Harry l'ignorait délibérément.

Draco pouvait entendre faiblement le commentaire excité de Seamus : "...et un moment à couper le souffle quand l'Attrapeur des Serpentard avait presque le Vif entre les doigts, avant qu'un Cognard finement placé par le Batteur des Gryffondor ne contrecarre la tentative surprenante. Malfoy tombe presque de son balai dans le processus – ben, t'auras plus de chance la prochaine fois, vieux." Draco pouvait entendre le petit sourire satisfait dans la voix de Seamus. "Nous continuons à jouer, avec tout le monde plus qu'un peu décontenancé par la rapide vue du Vif, après seulement sept minutes de jeu."

Sept minutes ? Draco pouvait à peine en croire ses oreilles. Cela avait plus donné l'impression d'êtres sept heures. Assurément cela n'avait pas du être juste sept minutes. Il gémit intérieurement alors qu'il suivait la piste zigzagante d'Harry de loin, se déplaçant plus par réflexe subconscient que par réelle intention. Combien de temps cette torture va-t-elle durer ?

Le pire était que Draco n'avait aucune idée de combien de temps le match allait durer. C'était l'élément excitant et inconnu d'un match de Quidditch : l'anticipation continue sur sa durée, si ça allait se terminer dans la prochaine seconde ou durer pendant les deux prochaines semaines. L'une ou l'autre des options étant tout aussi possible ; littéralement, cela pourrait continuer pour toujours.

Dans cet aspect particulier, Draco réalisa que ce n'était pas différent de la potion d'amour. Il s'était trouvé tourmenté par ce sentiment exact d'éternelle crainte dans les jours et nuits passés, comme fixant d'un air impuissant l'obscurité, une colonne insondable dans laquelle il aurait laissé tomber un collier ; c'était une dense noirceur qui s'étendait toujours, le miroitement d'espoir obscurci comme une lumière aqueuse reflétant de l'eau noire. Sinistre. Effrayant. Sans fin.

Mon Dieu, quand est-ce que ça va se terminer ? se demanda désespérément Draco; et il n'était pas tout à fait sûr de ne faire référence qu'à ce match de Quidditch.

Harry jeta un coup d'oeil alentour, gardant un oeil vif sur Draco ; sans étonnement, il vit Draco voler à nouveau vers lui. Harry remarqua quelque chose d'étrange, quelque chose de différent dans le style de vol de Malfoy aujourd'hui – il semblait presque effrayé, ce qu'Harry déduit de la façon dans Draco serrait son manche à balai si étroitement des deux mains alors qu'il ondulait entre les autres joueurs d'une manière soigneuse et prudente. C'était comme si Draco avait peur de tomber réellement du manche de son balai.

"Gryffondor mène Serpentard à cinquante points contre quarante," annonça Seamus, ramenant les pensées dérivantes d'Harry à se concentrer de nouveau sur le match. "Les Serpentard offrent plus de penalties qu'ils ne le peuvent – pas que qui que ce soit s'en plaigne – l'Attrapeur Serpentard semble avoir l'intention de commettre chaque faute répertoriée. Les Gryffondor ont déjà pris trois penalties, ont intervenu sans aucun problème, et ils sont maintenant en possession..."

Draco se détourna des doux rayons du soleil et se retrouva à regarder dans la direction d'Harry une fois de plus. La douleur lancinante dans la tête de Draco empirait constamment, accélérée par les vibrations obscurément enflammées qu'il recevait d'Harry, et il ne semblait y avoir aucun moyen pour Draco de se protéger contre cela. Cela se combinait avec la potion d'amour volatile dans ses veines comme une marée pourpre, se précipitant sur les rivages de son esprit, et annéantissant les pensées cohérentes – Draco perdit momentanément le contrôle, et cela suffit à son balai pour tournoyer dans une tangente –

"Et l'Attrapeur Serpentard a encore commis une autre faute," remarquait sèchement Seamus, "Maintenant on peut ajouter 'donner une forte bourrade au Poursuiveur de l'équipe adverse dans le ventre avec le manche de votre balai' à la liste des fautes professionnelles." Tandis que la plupart des joueurs sur le terrain s'engageaient avec fureur vers le bout du terrain Serpentard, Harry prit cette opportunité pour parcourir le terrain à la recherche du Vif – puis il le vit, voletant dans l'air près du poteau de but Gryffondor cette fois, comme un flocon de neige doré illuminé par la pâle lumière du soleil. Le Vif.

Harry se figea un instant, son coeur bondissant d'excitation ; puis le choc fondit, et il se précipita en avant, prenant une spectaculaire rafale de vitesse alors qu'il fonçait vers le Vif, le brillant, indubitable éclat contre le fond de ciel bleu –

– tout à coup, Draco apparut de nulle part en face de lui, bloquant son chemin et le forçant à tourner brusquement hors de son cap, échappant brusquement et de très peu à une collision précipitée.

"Dégage, Malfoy !" hurla rageusement Harry, alors qu'il tirait violemment son balai de côté, virant hors d'une collision juste une seconde avant l'impact ; il avait même sentit l'ourlet de la robe de Draco effleurer son bras lorsqu'ils s'étaient croisés. Harry prit un moment pour stabiliser son balai et se réorienter sur la voie – il se tourna pour regarder furieusement Malfoy, mais ce qu'il vit ensuite dilata ses yeux d'une horreur naissante. "Malfoy ?"

Draco était vaguement conscient d'Harry lui criant dessus, bien qu'il ne puisse pas tout à fait arriver à comprendre ce qu'Harry criait – les doigts de Draco lâchèrent leur prise sur le manche de son balai, et son sens de l'équilibre disparut avec une stridente sirène de silence, et ensuite, il tombait... il sembla tomber pendant une éternité, suspendu dans l'air comme une très légère plume – Draco ferma les yeux et se soumit à la pulsation sombre qui frémissait à travers ses veines, avant que le sol ne le percute finalement avec un mat, écoeurant bruit sourd, et il plongea dans une abîme de vide néant.

Harry observa avec une horreur non dissimulée Draco tomber du manche de son balai et chuter vers le sol, son corps mou et apparemment sans vie, paraissant si douloureusement délicat et fragile – il jeta un coup d'oeil par dessus son épaule, où le Vif d'Or papillonnait toujours de manière séduisante, à seulement quelques mètres au-dessus de lui – puis Harry regarda à nouveau Draco, tombant à travers l'air frais comme dans un mouvement lent, et il n'eut pas à penser deux fois.

Harry dirigea son balai vers le bas et suivit le parcours de la chute de Draco – c'était la même sorte de plongeon en pic qu'il avait exécuté à sa première année, lorsqu'il faisait la course avec la force de la gravité pour sauver le Rapeltout de Neville. C'était la même allégresse sifflante lorsqu'il coupa l'atmosphère tendue, dangereusement et témérairement – mais maintenant, Draco frappait le sol avant qu'Harry ne puisse atteindre ce niveau, et l'impact sourd du corps de Draco sur le sol secoua Harry également, comme une secousse de réalité.

Draco avait atterrit maladroitement, s'écrasant tout droit sur la haie entourant les limites éloignées du terrain de Quidditch, opposée aux tribunes des spectateurs. Les branches fragiles et nues craquèrent sous le poids du corps inconscient de Draco, les bouts dentelés des brindilles brunes déchirant les vêtements de Draco, coupant de profondes, rugueuses égratignures dans sa chair.

Dans les tribunes, les étudiants chahutaient, surtout ceux qui avaient vu l'ahurissant épisode au milieu des airs, avec le Vif presque attrapé et la chute postérieure de Malfoy. Et Ron, qui avait brièvement détourné son attention de la dispute sur le penalty Gryffondor, avait tout vu dans ses Multiplettes. Hermione aussi.

"Hermione !" cria Ron, regardant dans ses Multiplettes et secouant le bras d'Hermione simultanément. "Oh mon Dieu ! C'était le Vif ? – Harry et Draco viennent juste de se crasher, et Malfoy est tombé de son balai – Harry descend aussi, oh non..."

Hermione était trop ahurie pour réagir, et elle observait la scène qui se déroulait comme si elle se jouait au ralenti, comme un cauchemard irréel surpassant ses pires craintes. Elle laissa échapper un halètement involontaire et mit sa main devant sa bouche lorsque Malfoy tomba à pic à travers les derniers cinq mètres d'air et s'écrasa dans les haies – elle loucha désespérément, priant pour qu'Harry aille bien. S'étaient-ils lui et Malfoy heurtés au milieu de l'air ? Ou...

"Est-ce qu'Harry est blessé ?" cria Ron pour se faire entendre à travers le brouhaha ; il regarda longuement et anxieusement dans les Multiplettes, zoomant autant qu'il le pourrait. "Est-ce qu'il est tombé ? – non, il a l'air conscient, il va bien je pense –" Ron leva les yeux, et jeta vers le bas un coup d'oeil inquiet vers l'autre bout du terrain. "Est-ce que les autres savent qu'Harry et Malfoy se sont heurtés ? Ah, Madame Bibine vient de le voir, elle y va tout de suite...mon Dieu, Hermione, t'as vu ça ? Malfoy aurait pu tuer Harry !"

Harry atterit sur le sol juste quelques secondes après Draco ; il tituba légèrement à cause du brusque atterrissage lorsqu'il glissa pour s'arrêter, et il sentit un élancement de douleur darder sa cheville droite. Il l'ignora et descendit hâtivement de son balai pour se laisser tomber à genoux à côté de Draco. Draco était allongé sur le côté, de dos à Harry ; lorsqu'Harry retourna Draco, il laissa échapper une faible exclamation, puis il jura – il s'était attendu à des bleus, oui, mais il ne s'était pas attendu à ça.

Il y avait une profonde entaille à travers le front de Draco, linéaire et parallèle à l'arc net des sourcils de Draco. Le sang en affluait librement, coulant en de minces rivières pourpres en bas de la tempe gauche de Draco, dessinant de sombres taches bordeaux sur sa robe de Quidditch verte. Des flocons rouges s'accrochaient aux pointes des cheveux blond argentés, qui encadraient le visage de Draco, et sa pâle joue gauche était aussi tachée de nouvelles écorchures. C'était un peu comme un travestissement de la nature – faisant fleurir un rouge frais mêlé à une peau blanc-crème, coupée par des brindilles marron mortes et pourrissantes. Ca semblait faux, tellement faux.

Soudainement, quelque chose vint à l'esprit d'Harry, sans réfléchir, il tendit automatiquement les mains et les posa à plat contre le front saignant de Draco, sans aucune hésitation, comme si c'était la chose la plus naturelle au monde, et –

– Rien ne se passa.

Harry regarda fixement, incrédule ; il posa sa main contre le front de Draco pendant quelques longs moments de plus, mais il n'y avait pas de vibrations de guérison sous ses doigts, comme il l'avait sentit cette nuit où Draco avait tailladé sa propre poitrine et placé les mains d'Harry sur la blessure de couteau bouillante. A présent, rien ne se passait, pas la moindre chose.

Harry retira sa main du front de Draco, ahuri ; il avait du sang sur les mains, le sang de Draco, humide et chaud entre ses doigts avec la pulsation de la vie. La vie de Draco. Soudainement Harry fut effrayé, alarmé par la vue du rouge vif s'infiltrant entre ses doigts écartés et tremblants – la vue de sa main tachée de sang. Le sang de Draco. Une pensée terrible vint soudainement à l'esprit d'Harry : et si Draco était mort ?

Harry tendit la main et prit la molle main droite de Draco, la tirant vers lui ; ses doigts pressèrent le tendre point de pulsation sur l'intérieur du poignet de Draco, cherchant deséspérément la légère palpitation des veines sous la peau –

Soudain, les yeux de Draco s'ouvrirent en papillonnant. Harry frissonna, ses doigts tenant rigidement le poignet de Draco. "Malfoy ?"

Les yeux de Draco étaient vitreux et aveugles, le gris terne de ses pupilles enbrumé de stupeur. Harry le secoua doucement, bien qu'avec urgence et un désespoir croissant. "Draco ? Tu m'entends ?" Pendant le plus court instant, les yeux de Draco semblèrent se focaliser, et une expression s'apparentant à une reconnaissance voleta sur le visage de Draco ; puis, ses yeux se fermèrent avec une lassitude délicate, et ne se rouvrirent pas.

Harry donna une fois de plus un coup de coude à Draco, plus fort cette fois, mais sans résultat. Les paupières de Draco demeurèrent closes et il était sans réaction. Harry se retourna avec un désarroi sauvage, et cria le plus fort qu'il le pouvait, "Par ici ! A l'aide ! Malfoy est tombé de son balai !"

Harry se retourna vers Draco. Il y avait des boucles de cheveux égarées chatouillant les cils de Draco, et Harry essaya d'écarter la frange de Draco de la blessure saignante, enlevant en frottant plus de sang dans les cheveux blonds de Draco dans le processus, qui étaient maintenant comme de la soie argentée teintée de gouttes d'encre rouge. A nouveau, Harry essaya de ne pas se préoccuper de combien étrangement cela semblait artificiel ; même si le rouge et le blond-doré ressortaient se complétant sombrement, cela le troublait toujours immensément.

Une rafale de bruissements de manches à balais approchant alerta Harry que de l'aide était finalement arrivée – il leva les yeux pour trouver les autres joueurs approchant en courant de l'endroit où lui et Draco étaient, menés par une très nerveuse Madame Bibine, qui avait fait signe à Mme Pomfresh, postée sur les lignes de touche prête à intervenir. Harry était incroyablement soulagé de les voir, parce qu'il n'avait absolument aucune idée de ce qu'il était supposé faire ensuite, ou même de comment stopper le saignement. A ce moment-là il avait sa main droite pressée sur la coupure sur le front de Draco pour faire cesser l'écoulement ; le sang s'infiltrait encore entre ses doigts, mais au moins cela ne saignait pas aussi abondamment qu'avant.

"Potter ! Est-ce que ça va ?" L'instant suivant dont Harry se souvenait Madame Bibine était à côté de lui, son visage froncé d'inquiétude et d'effarement instantané lorsqu'elle vit la blessure de Draco, laide, bouillante et défigurante sur le visage pâle de Draco. Mais elle se remit rapidement de son choc, et ses réflexes de procédure entrèrent en action lorsqu'elle tira Harry loin de Draco, juste lorsque Madame Pomfresh arriva sur la scène. "Potter, recule maintenant – tu peux m'entendre clairement, Potter ? Tu peux entendre ce que je dis ?"

Harry se demanda si Madame Bibine était vaguement folle, parce qu'il pouvait entendre parfaitement clairement ce qu'elle disait et il pensait qu'elle devrait s'occuper de Draco, pas de lui. Ce qu'Harry ne savait pas était que ses avant-bras et son visage étaient barbouillés de sang frais, et ses mains pleines de taches rouges, donc du point de vue de Madame Bibine, il semblait qu'Harry était aussi blessé que Draco ne l'était, peut-être légèrement en meilleur état parce qu'il était conscient.

"Je vais bien, Madame Bibine – Malfoy est blessé –" tenta de dire Harry, au milieu d'un barrage de questions que Madame Bibine lui posait ; s'il pouvait marcher, s'il avait mal aux pieds, si ses mains étaient engourdies... Il renonça finalement à tenter de parler, puisqu'elle ne l'écoutait de toute évidence pas, ou du moins, ne lui laissait aucune chance de dire quoi que ce soit de plus qu'une réponse monosyllabique.

Harry se sentit levé par derrière, et derrière lui il y avait un méli-mélo excité de voix, Madame Pomfresh disant à tout le monde 'Calmez-vous ! Reculez !' étant la plus bruyante parmi elles. Harry tressaillit lorsqu'il fit peser son poids sur le pied qui avait été blessé plus tôt quand il avait atterit sur le sol ; Madame Bibine vit Harry tressaillir, et elle l'aida à marcher correctement en le soutenant le long du chemin. Harry essaya de se retourner pour voir ce qui arrivait à Draco – il vit brièvement un brancard être conjuré, mais ensuite une vague de vertige l'assaillit soudainement et il dut fermer les yeux. Son pied était plus douloureux maintenant, et il se sentit soudainement épuisé – ses yeux semblèrent picoter, comme des aiguilles sous ses paupières...maintenant, il était indistinctement conscient que Madame Bibine avait fait apparaître un brancard et l'aidait à monter dessus.

"Le match a été inopinément interrompu..." Harry entendit la voix de Seamus à travers le porte-voix magique, résonnant bruyamment par-dessus le bruit de la foule. "Il semble que Gryffondor et Serpentard aient tous les deux perdu leurs Attrapeurs, qui ont été impliqués dans une collision dans l'air – Potter est escorté en dehors du terrain maintenant, il boite – Malfoy paraît inconscient, il a de toute évidence été le plus touché dans l'accident..."

Et ceux-ci étaient les derniers mots qu'Harry entendit, avant d'être porté loin du terrain en direction de l'aile hospitalière ; l'épuisement dissipa les fibres de tentatives de pensées cohérentes, et Harry était trop étourdi pour répondre à l'unique et première question dans son esprit : Qu'est-ce qu'il vient de se passer, bon sang ?

TBC...

(1) Ron parle en fait ici de « contes de fées », mais j'ai pensé que superstitions faisait mieux en français…

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