Salut à tous .
Me revoilà pour le chapitre 8 qui sera divisé en deux parties car trop long. AH, LA, LA. L'écriture de ce chapitre a été intense. Il prépare une suite d'évènement qui va réellement instaurer ... plein de choses ! *je me tais, ça serais bête de vous spoiler ma propre fanfiction*
Je vous laisse avec les warnings. Bonne lecture à vous tous :D
WARNING: destiné à un public averti, cette histoire est très fortement susceptible de contenir : langage grossier, descriptions gores, violences, abus psychologique et physique graphique/ou pas envers des personnages à figure humaine, des animaux identifiables, ou créatures fictives, allusion (jamais graphique) à des scènes dites adultes.
Je n'ai malheureusement pas de beta-reader et l'orthographe n'est pas mon meilleur ami. Malgré ma traque perpétuelle des fautes, certaines m'ont sûrement échappées, excusez-moi par avance. J'espère m'en débarrasser aux prochaines modifications.
Précédemment
Le portail glissa lentement, laissant entrevoir des visages tristes mais encrés dans la réalité de ce qui prenait place ; ils s'étaient préparés.
- Rick ! Merci de nous accueillir, tu m'as tellement manqué !
Un silence de plomb suivit son énième provocation, et des bruits de surprises fusèrent quand il plaça Ilda devant lui, bien visible pour tout le monde.
CHAPITRE 8 : LA GOUTTE D'EAU QUI FAIT...
Elle sentait qu'il était là. Comment aurait-il pu en être autrement ?
Ilda l'imaginait posté légèrement devant le reste de ses amis, qui devaient se serrer les coudes à l'unisson, derrière lui. Et c'était le cas. Ils étaient positionnés ainsi.
Rick.
Que devait-il penser d'elle en la voyant ? Elle ne s'était pas observée dans un miroir mais Ilda savait que son allure s'était détériorée, de même que sa santé et sa constitution physique, qui s'étaient considérablement affaiblies. L'inactivité, la sous-alimentation, sa vue.. Ilda se sentait amoindrie et avait peur pour sa peau. Son indépendance chère à ses yeux était désormais au placard pour une période plus ou moins longue. Le sentiment d'être inutile est un grand mal dans un monde ou la sélection se fait au fil des exploits. Si vous ne faites pas vos preuves pour la communauté, vous n'êtes que des parasites qui s'accrochent aux mamelles d'une mini-société. Et, si vous ne servez plus à rien, on vous écrase au sol une bonne fois pour toute.
Tant qu'elle était avec son groupe originel, Ilda restait à l'abri de ce genre de problème. Chacun était là pour les autres : boiteux, sourd ou malade, chacun avait sa place. Alors, cet après-midi là, l'envie de retourner vivre parmi les siens était plus tiraillante que jamais. Si proche d'eux mais à la fois si loin, entre les mains de Negan.
"Au prochain petit mot plus haut que l'autre, qui sait s'il ne changera pas d'avis avant de fendre ma boîte crânienne en deux avec sa 'Lucille' ?" Se disait Ilda en jouant nerveusement avec le pli de sa chemise tartan d'homme.
Frôlant sa jeune captive, Negan se tenait fièrement derrière elle, ses mains posées sur ses frêles épaules, profitant avec complaisance du spectacle des réactions outrées du camp d'en face. La peur, la force, la domination, la manipulation. Voilà comment résumer la relation qui les opposaient tous. En leader des Saviors et donc d'une milice bien armée, ainsi qu'organisée, il se donnait désormais le droit de vie ou de mort sur chacun.
Mais aussi tentante que l'idée pouvait être - pour lui - de les éliminer, jouer avec Rick, Daryl, Ilda et les autres le divertissait si agréablement. Pourquoi devrait-il tirer un trait sur une des seules choses qui lui apportait du plaisir - à part les femmes, les armes, la violence et parfois la boisson.
"Alors Shériff, vous avez réussit à rassembler les provisions et armements que nous avions négocié ? Enfin négocié.. en échange de vos têtes sur vos épaules, je veux dire. " Negan passa son bras autour des épaules d'Ilda, qui se renferma sur elle même, honteuse de quelque chose sur lequel elle n'avait aucun contrôle.
Au loin, Carl sembla bouillonner, ses joues rougissantes sous l'effet de la colère qui montait en lui. Les poings du jeune homme se tendirent, son regard sembla se poser sur le dos de son père. Dans ces moments là, l'adolescent détestait son paternel et ses devoirs, ses responsabilités ainsi que sa patience à toute épreuve. Pourquoi restait-il immobile alors qu'un membre clé de leur cité était visiblement en danger ?
"Lâchez-là et laissez les partir ! Où est Daryl ?! Hurla Carl Grimes avec véhémence tandis que Michonne tentait de le protéger en lui intimant de se taire.
- Mais, mais, mais... Curieux ? De une Daryl est dans mon coffre, il pique un roupillon après qu'on lui ai donné deux ou trois cachetons. De deux, c'est qu'on est amoureux de la demoiselle, hmm ? Hé p'tit gars, je sais bien que tu aimerais t'en payer une tranche, mais c'est pas en jouant au dur que c'la risque d'arriver. Ce qui risque de t'arriver, c'est de te prendre une balle dans la tête. Juste là. Montra Negan, toute dents dévoilées, en appuyant son index sur la tempe d'Ilda qui se raidis sous le geste. L'envie de lui mettre un coup de coude bien placée était très forte, mais la jeune femme était assez intelligente pour ne rien en faire.
Carl ne réfuta pas les allégations portées contre lui, se contentant de fixer Negan en fronçant les sourcils.
Rick frémissa à l'écoute de celui qui venait ouvertement de menacer son fils. Comme Ilda, il se sentait amoindri, dans sa virilité d'homme en revanche. Negan était comme un chien qui pisse partout pour dominer la meute et marquer son territoire. Il laissait sa trace partout et semblait aimer cela. Jamais Grimes n'avait ressenti une telle antipathie pour quelqu'un d'autre.
"Alors les hommes en sont rendus à se comporter comme les bêtes qu'ils asservissent ? Shane, le Gouverneur et maintenant lui ? L'humanité se résume à des Hommes qui cherchent à se marcher dessus ? Dans quel but ? Pourquoi ?" Se révolta Rick en observant Negan qui lui fit un clin d'oeil. "Quel salaud. Je t'aurais !"
Leurs visions du monde, des relations humaines, leurs valeurs morales : tout les opposaient. Pourtant, leurs routes s'étaient croisées et ne semblaient plus vouloir se détacher l'une de l'autre. Le leader des Saviors semblait régner comme une ombre terrifiante sur les lieux.
"Calmons le jeu." Proposa Rick, fidèle à son talent naturel de négociateur. Les ficelles de son ancien emploi étaient restées gravée en lui. Après tout, Negan n'était qu'un homme à l'esprit dérangé pour lui. Prêt au pire pour sortir son épingle du jeu ; comme les criminels qu'il avait autrefois mis derrière les barreaux après qu'un drame perturbe la tranquillité de son unité.
- Calmons le jeu ? Mais il n'y a rien à calmer Rick, prononça lentement Negan en pointant son rival du doigt. Tout ce passe bien, on ne faisait que rigoler, ton fils et moi. Voilà ! C'est ça qui manque chez toi, Ricky : l'humour. " Quelques rires gras fusèrent chez les Saviors.
Crédance, une des filles qui avait participé aux préparatifs du voyage se détacha légèrement de ses compères : elle n'avait pas ri. Observant les environs d'un air presque ennuyé - voir agacé -, elle patientait en attendant ses ordres. Ses sourcils froncés et son air menaçant lui conférait un air funeste et destructeur.
"Clac."
Negan claqua des doigts et des dizaines d'hommes organisés en petit groupes bien avisés se dirigèrent à l'intérieur de la cité, bousculant Michonne, Rosita, Aaron and Gabriel au passage. Une réelle logistique avait été mise en place afin d'être les plus efficaces possible. Les Saviors prirent d'assault l'armurerie et les réserves de nourritures en premier. Rien ne fut laisser au hasard.
"Crédance, garde Ilda sous surveillance, elle ne rentre ni ne sort nul part sans mon autorisation. Signale moi le moindre problème." Son chef lui lança un talkie-walkie aux batterie pleine ainsi qu'un fusil à pompe tiré d'un coffre d'armes, avant de s'en aller vers une Olivia tremblotante, patientant aux abords du garde manger. Jetant un dernier regard en direction d'Ilda pour vérifier qu'elle n'eût pas pas l'air trop heureuse de revoir ses camarades, il détourna ensuite ses orbes sombres en direction de la tenancière qui l'attendait.
Amassant ses épaisses dreadlocks en un large chignon, Crédance chargea ensuite son fusil dans un claquement sinistre, annonciateur de la mort. La femme d'une cinquantaines d'années pressa le bout de l'arme contre le bas du dos d'Ilda en prévention :
"Fais quoi que ce soit d'étrange, complote ou essaie de faire une folie et je serais dans l'obligation de m'occuper de toi. Ne crois pas que ça n'me ferait pas plaisir, bitch. Mon copain a été tué par toi et ta clique. Souviens t'en. Allez, maintenant déguerpis de ma vue, vermine." Lui donnant un coup de pied pour la faire partir en avant, la femme réajusta son tee-shirt avant de rejoindre un petit groupe d'homme, tout en continuant de surveiller sa cible du coin de l'oeil.
Ilda resta immobile, ne sachant pas où se diriger. Elle n'en eu pas besoin : une ruée de pas coururent vers elle. L'essaim l'entoura, la serrant dans une mêlée de bras avides. La jeune femme ne voyait pas leur visages mais la chaleur de leurs étreintes fit couler de minces larmes de soulagement qui imbibèrent ses bandages.
"Je pensais que je ne vous reverrais jamais, que j'allais mourrir là bas !" Sanglota Ilda désorientée.
Une main d'homme caleuse pris sa main droite et une main plus fine, plus douce, attrapa sa gauche avec amour. " Sasha et Rick." Michonne s'annonça avant de la serrer dans ses bras. Carl l'enlaça à son tour, puis, le reste de ses amis en fit de même. Ilda se souvînt alors qu'ils croyaient toujours que Negan lui avait fais du mal. Certes, il en avait fais, mais pas de la manière qu'ils pensaient..
"Mais, où sont Maggie et Enid ? S'inquiéta Ilda, sentant monter une soudaine angoisse en remarquant le vide de leurs absences.
- Garde cela secret, je vais t'expliquer, intervînt Rosita.
Rosita et Ilda n'avait jamais été les plus proches amies, mais savoir de sa bouche qu'Enid et Maggie se trouvaient cachées en sureté à la Colline lui fit le plus grand bien.
Après avoir rassuré l'attroupement sur sa santé et ses yeux, Ilda fit un bref récit de son incarcération prolongée chez les Saviors. Voyant qu'elle semblait omettre les détails les plus douloureux, Rick lui proposa d'aller parler un peu plus loin, à deux, afin d'éviter d'évoquer l'histoire devant tout le monde. Le temps leur était compté, Negan aurait bientôt finis d'explorer et piller leur ville. Michonne regarda Rick partir, bras dessus, bras dessous, avec Ilda, sans en penser plus que cela.
Le shérif la conduisit ainsi dans un endroit plus calme, et Crédance sembla s'éloigner un peu plus encore, distraite par Dwight, avec qui elle disputait un échange de denrées.
Rick Grimes aida Ilda à s'assoir sur un banc mousseux et la regarda longuement avant d'oser rompre le silence de plomb qui régnait entre eux. Il regarda Negan, qui continuait de fouiller les environs, accompagné d'Olivia, et devînt plus conscient que jamais du danger de ne plus la revoir avant longtemps :
"Je suis désolé, s'empressa-t-il de confier. Je.. J'aurais du te protéger, j'ai échoué, je .. Daryl, toi..
- Rick. " Le coupa-t-elle en posant ses mains sur les siennes.
Elle posa leurs deux mains enchevêtrés sur son genou, souhaitant l'apaiser et inspira un grand coup, avant de continuer :
"Dans la caravane, ce soir là. Il n'y a rien eu. Rien du tout. Il a tout manigancé, il m'a demandé de faire semblant. Il aurait tué quelqu'un d'autre. Certaines choses sont arrivées, mais celle-ci n'en fait pas partie. Tu n'es pas censé savoir cela, il m'a menacée, tu sais ! Mais je devais te le dire. Même Daryl ne le sais pas. Il a fais semblant de ne pas savoir. Il va bien d'ailleurs.
Incrédule, Rick observait ses lèvres rebondies bouger au fil des mots qu'elle lui soufflait doucement. "Quoi ? Elle doit me mentir pour me rassurer." Pensa-t-il avant qu'elle n'ajoute, en écho à ses pensés :
- Je ne te dis pas sa pour te rassurer. Je te le jure... Rick, il faut que tu saches que mon avenir est incertain, ajouta-t-elle en omettant volontairement de le mettre au courant du pacte qu'elle avait fait avec Negan : il fallait qu'il ai l'air surpris au moment venu. Mais il faut que vous sachiez une chose, leur camp, il est énorme. Les plus primés ont des plus belles chambres que moi avant, en France. Nous sommes bien loin d'être les seuls à être victimes de leurs trafics. Ce ne sera pas facile.
- Mmh, d'accord, d'accord.. assimila-t-il difficilement en frottant sa barbe. Merde.. Ilda, tu es devenue si ... Menue... chuchota-t-il en serrant ses mains plus fort.
L'homme cherchait les mots les moins forts pour ne pas la brusquer. Qu'avait-elle bien pu vivre dans la base ? Lui cachait-elle des choses ? Avait-elle d'autres informations importantes à lui apporter ? Et comment aborder le sujet sans paraître intéressé ?
- Rick, ils nous ont emprisonnés le premier jour. Ensuite, Negan est parti faire la tournée des groupes des alentours, comme je te l'ai dit. J'étais... On était ... Avec Daryl... Enfermés pendant des jours et des jours... " Un sanglot l'étouffa. Sa gorge ne semblait plus vouloir la laisser parler.
"La musique, la chaleur, la faim, le bruit, la solitude, les cafards, les puces, les déjections, le dos de Daryl infesté... Toutes ces sensations sont là, gravées.. Pourquoi Negan ? Pourquoi m'avoir laissée là-bas ? " Ilda baissa la tête, en riant nerveusement.
Parfois, elle ne savait plus si elle devait laisser les "mauvaises pensées" venir la submerger afin de les affronter, ou si elle devait continuer de les chasser, niant leurs effets destructeurs sur le long terme.
Rick lui fit relever la tête, son index soulevant le menton de la jeune femme blessée.
"Finalement, je n'ai pas besoin d'en entendre plus pour l'instant. Le moment venu, tu me raconteras tout. Il faudra que je sache Ilda. En attendant tu n'as besoin que de savoir une chose. Je le tuerais. Pour toi. Pour eux. Pour toi. Tu sais, je n'ai pas oublié, nous, et..."
Michonne continuait de les observer au loin, d'un air compréhensif mais cette fois heurtée en notant leurs grande proximité. N'étais-ce là que de l'amitié profonde ?
Il n'eut pas le courage de terminer sa phrase. Les yeux perçants de la femme qu'il aimait semblaient lire sur ses lèvres, menaçant de mettre à jour les sentiments reniés et avortés d'un amour qui n'avait jamais fleuri.
Ilda comprit qu'il avait du croiser le regard de Michonne, car il s'était stoppé net avant de lui dire ce qu'elle avait toujours voulu entendre. Sa langue brûlait d'envie de l'intimer de continuer sa confession malgré tout, le forçant à faire un choix aux conséquences irréversible. S'il blessait sa belle compagne, il n'y aurait pas de retour en arrière. Son tempérament ne lui permettait pas de pardonner les erreurs d'un homme.
La culpabilité força Rick à vouloir s'écarter d'Ilda. Pour l'équilibre de son fils, de sa fille, du groupe qu'il tentait de guider et du couple qu'il formait à présent avec Michonne. "Je ne peux pas tout mettre en l'air pour une seule personne ? Enfin, je ne crois pas, hein ?" se questionait-il mentalement en lâchant lentement la main de la jeune âme assise à ses côtés.
Alors qu'il s'écarta sensiblement d'Ilda, à contre-coeur, il prit conscience de quelque chose. Oui, les révélations que son amie avait faite sur Negan lui offrait de nouvelles perspectives afin de percer à jour les faiblesses de l'homme. Il ne l'avait pas réellement agréssée, pas directement. Son but avait été de tous les faire plier sous la douleur de l'entendre crier sans pouvoir agir. Pouvaient-ils alors considéré que les paroles de l'homme ne pourrait plus jamais être prise pour argent comptant ? Et si Daryl n'était pas vraiment vivant dans ce coffre ? Et s'ils préparaient une nouvelle tragédie ?
"En parlant du diable... Grommela Rick inintelligiblement, en voyant le leader des Saviors sortir d'une maison cossue de la rue principale, l'air guilleret et intéressé.
- Il arrive, n'est-ce pas ? Demanda Ilda d'une voix contrariée et angoissée, brisant le coeur de Rick en concrétisant ses échecs cuisants, concernant sa protection.
- Comment le sais-tu ? Confirma son ami, interpellé.
- Écoute, proposa Ilda, tu vois, tout le monde a arrêté de parler autour de nous. Le calme règne. Et la peur aussi. C'est toujours comme cela quand il arrive quelque part.
- Tu as vraiment le sens de l'observation, affirma Rick, heureux de compter un membre aussi observateur parmi ses rangs, mais aussi partagé d'en faire la découverte d'une telle manière.
- Tu as trop flippé quand j'ai dit qu'il arrivait, hein ? Tu as cru pendant un instant que j'avais des pouvoirs comme Daredevil, c'est ça ? Taquina-t-elle en lui pinçant amicalement le bras, tentant de rendre l'ambiance plus légère. Être aussi tendus les perdraient tous.
- Oui.. Avoua Rick en s'avouant vaincu, souriant gentilment lui aussi. Tu devrais être psychologue Ilda, tu lis dans mon esprit !
- J'y penserais ! Ria-t-elle discrètement avant de soudainement prendre un air grave. Rick, ce que je t'ai révélé sur la fausse agression, ne le dis vraiment à personne, cela mettrais les autres en grand danger. Il est trop instable pour qu'on le perturbe plus encore. Tu dois faire semblant de croire tout ce qu'il prétend avoir fait, pour l'instant. Sois sur tes gardes et merci d'être là. Pour moi.
- Ne me remercie plus jamais d'être là pour toi, mais d'accord, entendu, je ne dirais rien. Ilda, une dernière chose, ajouta Rick en voyant que Negan était presque arrivé vers eux, on le tuera. Je te le promet.
Les deux proches prirent un air renfrognés tandis que Negan vînt se tenir devant eux, contrarié de ne pas savoir ce qu'ils avaient pu se dire avant qu'il ne les interrompent. Quelle était cette connection qui semblait les lier ? Pourquoi ne parlaient-ils que tout les deux ?
- Ricky, Tu es chien d'aveugle maintenant ? Un bon chien-chien docile, mmh ?
"Prend ça." Pensa Negan en observant l'homme en face de lui. Les traits tirés du shérif se tordait à présent sous le coup d'une bouffée d'exaspération - il trouva en lui la force de rester silencieux.
Les deux yeux brillants de Negan glissèrent doucement vers Ilda. Les longs cheveux bruns de cette dernière brillaient sous quelques rayons de soleil vaillants, qui avaient réussis à percer l'épaisse couche nuageuse formée dans le ciel. Un coup de vent déposa une petite feuille verte pomme juste au dessus de l'oreille de cette dernière.
Ilda, elle, sentait la lumière se mouvoir sous ses paupières, lui rappelant à quel point voir lui manquait. Sa bouche entrouverte se ferma en une moue chagrinée, arrachant un sourire moqueur à l'homme qui s'imposait en tout point en face d'elle.
Les longs doigts de Negan se tendirent en direction d'Ilda, prêts à retirer la feuille qui s'était confortablement logée dans les ondulations sombres et emmêlées de sa masse soyeuse. Se ravisant, il transforma son geste manqué en un index accusateur, pointant Ilda de manière péremptoire :
- Emmène moi à l'endroit où tu vivais trésor.
Elle comprit instantanément qu'il faisait référence à la condition qu'elle avait exigée : récupérer ses affaires personnelles.
Negan, de son côté, sût qu'elle leva les yeux au ciel par réflexe en entendant ce petit surnom, derrière ses bandages à changer. La jeune française acquiesça sérieusement avant de se lever et de solliciter l'aide de Sasha. Cette dernière la prit par le coude et dirigea le groupe jusqu'à la maison qu'elle fait autrefois partagée avec Denise et Enid.
Enid qui n'était du coup pas là.
- Chouette quartier, mazette, vous avez le cul bordé de nouilles les gars ! Lança Negan en découvrant les maisons les plus grandes d'Alexandria, généralement occupée par un plus grand nombres de personnes et pas par des familles nombreuses, qui n'existaient plus de nos jours.
Les bâtisses aux toits triangulaires semblaient faire tâche dans cet univers rouillé, plein de de marcheurs morts et de cadavres en décomposition. Leurs facades boisées et blanches, soulignée de quelques lambris peints en bleu marine, rappellaient des visions d'océans, d'écume et d'odeurs marines. Nous en étions pourtant loin.
- Crédance, Voltek, amenez le camion pour prendre les matelas, ordonna Negan d'une voix posée.
Derrière lui, silencieuse, Ilda fit une liste des choses qu'elle ne devrait pas oublier.
"Alors : mes fringues, mes bd, mon collier, ma trousse, mon journal..." Le sang lui frappa alors les les tempes, montant à sa tête douloureusement avant de venir rougir ses joues. "Merde, si ils prennent mon matelas, ils vont trouver mon journal. Fuck. Fuck. Fuck."
Certaines phrases qu'elle avait autrefois couché sur papier lui revenèrent : des informations sur le groupe, leurs habitudes, leurs stratégies et sûrement d'autres renseignements compromettants qui ne devaient jamais tomber dans les mains de l'ennemi. Et surtout pas dans celle des Saviors.
Réfléchissant contre la montre, Ilda mordilla l'intérieur de ses joues meurtries en réfléchissant à un plan. Comme toujours.
Un idée germa dans son esprit.
"Hum, pourrais-je me recueillir quelques instants, seule ? Nous étions trois à vivre ici, je suis la seule qui soit encore en vie, implora Ilda en ayant l'air la plus pathétique possible. Elle fit semblant de renifler.
- Bien sûr...
Choquée mais calmée, Ilda sentie ses épaules relâcher la pression. "Ça a pris ? Yes !" se félicita-t-elle.
- Que non. Allez, pas que ça à faire, on entre, coupa Negan, indifférent."
"J'aurais du m'en douter." Pensa-t-elle en fixant Negan passer devant elle, grimpant les quelques marches qui menaient au porche.
"Que cherche-t-elle à cacher ?" S'interrogea Negan en attendant qu'elle vienne ouvrir la porte.
Propulsée dans un endroit si cher à son coeur, Ilda se sentie complète alors qu'elle remarquait à quel point elle connaissait les lieux comme sa poche. Yeux fermés, c'était le cas de le dire.
La jeune femme trouva facilement la poignée massive et sculptée, puis la fit tourner précautionneusement. L'odeur familière de l'habitation l'apaisa, faisant remonter de bons souvenirs à sa mémoire - pour une fois.
Elle sourit un peu, ce qui n'échappa à Negan.
Se souvenant de nouveau du journal recelant de détails privés, négligemment caché sous un lit qu'ils allaient dérober, Ilda se senti plus qu'agitée. Avançant document vers les escaliers en effleurant les murs aux boiseries richement ornées du bout de ses doigts, la jeune femme se prépara à courir le plus vite possible jusqu'à sa chambre afin de disposer du journal maudit.
Son esprit inquiet lui imposa, sans prévenir, le visage de Ginnie Weasley, la petite fille rousse, soeur de Ron dans Harry Potter. Elle et son journal maudit. Ilda avait tant aimé lire et voir les films d'Harry Potter. Malheureusement, elle ne verrait jamais le dernier opus, qui aurait du sortir seulement quelques semaines après l'épidémie. Ces bribes d'une jeunesse heureuse et libre n'était que des souvenirs qui devenait de plus en plus flou au fil du temps qui passait. La nostalgie lui piqua les entrailles.
Se postant près de la première marche des escaliers vernis, Ilda visualisa mentalement le chemin qu'il fallait emprunter afin d'arriver sans embuche dans la chambre. Elle tendit l'oreille afin de savoir si Negan était à ses basques ou occupé a observer les lieux. Des bruits de pas qui rentraient en trombe dans la bâtisse brouillèrent les pistes. Les murmures de Carl, Michonne, Rick, Crédance et Dwight, ainsi que Voltek, l'empêchèrent de distinguer la position de Negan.
"Tant pis, profite de cette diversion ! Cours en haut et balance ce satané journal ! Vite, avant qu'ils ne mettent la main dessus.." N'écoutant que son instinct, la jeune femme agrippa la rampe de l'escalier et grimpa les marches deux par deux. Arrivée à l'étage, elle avançait à l'aveugle, les deux bras devant, pour ne pas se cogner. Entrant en trombe dans sa chambre, à droite au fond d'un long couloir, elle buta contre les matelas sur lesquels Enid et elle dormait auparavant et trébucha.
"Pam. Pam. Pam." Les bottes en cuir de Negan maltraitait le bois luxueux des escaliers. Il venait la chercher. Il l'avait vu partir en courant. "Il va venir m'étriper." Paniqua la jeune femme en entendant ses pas menaçants.
Sentant le sang quitter ses membres, Ilda rampa jusqu'au matelas le plus près du mur, le sien, à l'opposé du seuil de la porte.
"Pam. Pam." Il était tout proche dans le couloir, fulminant de s'être fait berner par une "gamine".
Soulevant les rebords du matelas, Ilda Belrose tâtonnaitfarouchement le parquet, recherchant l'emplacement de son journal.
"Pas bien, Ilda. Vraiment pas bien." Lança Negan d'une voix sinistre, d'un ton blanc et menaçant.
Soudain, la jeune femme souffla, soulagée. Le coin de la couverture en cuir de l'épais journal était à présent dans sa main. Elle se releva d'un coup, n'ayant que quelques secondes afin de cacher le cahier. Il était là. Le jetant à ses pieds, elle donna un coup de pied dans l'objet afin de le faire glisser sous l'imposante l'armoire sur laquelle elle s'appuyait à présent, là où son linge était rangé.
"Imagine qu'il dépasse ! Si jamais il dépasse ! Je ne peux même pas savoir si c'est le cas, à cause de ses bandages, rah ! Que va-t-il me faire ?!" Ne se souvenant que trop bien de ce que l'attitude rebelle de Daryl avait entraîné, elle mordilla sa lèvre de plus belle. Allait-il la frapper ? Et s'il lui brisait un os, comment se soignerait-elle ? Et s'il décider de la tuer ? Et si..
"Qu'est-ce que tu as caché ?" Negan se rua sur elle comme un cyclone enragé. Elle s'était jouée de lui, avait essayé de le manipuler pour comploter et planquer un objet non identifié. Était-ce un mot ? Une bombe ? Une arme ?
" Répond. RÉPOND ! Ou je t'éclate ta jolie petit gueule !
La frôlant, il apposa Lucille contre sa joue, coupant la peau délicate de sa joue avec le barbelé tranchant. Ilda demeura silencieuse, fermant ses paupières par réflexe, redoutant de sentir un coup de batte s'abattre sur elle. Comme paralysée, elle resta prostrée contre le radiateur, consciente de son désavantage total. Elle eu l'impression d'être faible. Si Daryl était là, il aurait été déçu de la voir abandonner, n'est-ce pas ?
Le clan Grimes arriva soudainement en trombe dans la pièce, suivit de Rosita, Sasha et Aaron. À leurs talons, Credence, Dwight et un grand roux baraqué du côté Savior : Voltek.
Negan relâcha sa prise sur la chemise d'Ilda. La tension était à son comble.
- On peut faire ça sans violence, n'attisons pas le feu entre nos communauté, proposa Rick pacifiquement, levant ses deux mains en l'air en signe de paix, l'air visiblement terrifié.
Comme toujours, Negan le trouva si naïf. Ce qu'il aurait aimé le faire rétrécir afin de l'écraser sous sa botte, comme une vieille clope finie. L'image lui était si tentante.
- Putain, Rick. Tu fais vraiment chier ! Tu penses sérieusement toute les merdes que tu dis ? Non mais sérieux ! Ferme la deux secondes. D'ailleurs, qui vous a permis de monter ? Vous croyez que c'est une putain de réunion de famille ? D'accord. On va laver notre linge sale ensemble alors. Toi, brailla-t-il en se tournant vers Ilda, tu as planqué un truc j'en suis sur ! Allez, chérie, dis moi ce que tu as planqué en montant en courant. Dis moi et je ne te ferais pas la peau." Il caressa sa joue avec la batte, faisant frémir Sasha qui n'avait cessée de penser à Abraham et à la mort atroce qui avait été la sienne en revoyant cette batte abominable.
Involontairement - ou peut-être inconsciemment - le visage d'Ilda se tourna vers l'armoire, qu'elle savait être juste quelques pas à sa gauche, la trahissant indubitablement et complètement. Son coeur se mit à battre a un rythme effréné quand elle entendit Negan ordonner a Crédance de fouiller la petite zone.
Une ou deux minutes passèrent, pendant lesquelles les onzes âmes se regardèrent tours à tours, s'épiant les uns les autres dans un silence lourd et gênant. Souvent, Negan regardait Ilda, qui semblait bien silencieuse et secrète. Où étaient passés son piquant et sa force, se demanda-t-il en observant son cou, puis sa mâchoire dessinée. Le petit bout d'oreille dépassait toujours de sa chevelure épaisse. La petite feuille verte pomme aussi.
En réalité, Ilda ne cessait de se flageller mentalement, se disant que toutes les cachettes d'armes, astuces, points d'eau potable, magasins à piller et points de surveillances allaient être découverts par sa seule faute. Cette réalisation manqua de lui arracher un sourire : "tu n'en louperas décidément jamais une." constata-t-elle amèrement, attendant anxieusement que le journal fut trouver à un moment ou un autre.
Et il le fut.
"J'ai quelque chose ! Clama Crédance qui s'était penchée sous l'armoire qu'elle venait de vider de tout son contenu. Elle étira son bras afin d'attraper l'objet non identifié. Se relevant afin d'étudier sa trouvaille, elle fut déçue de voir "qu'il s'agissait seulement d'un vieux bouquin."
"Donne moi ça, Crédance, ordonna Negan avec hâte et intérêt."
Ilda baissa la tête, vaincue. Encore une défaite. "Mais je finirais par gagner."
Les membres de son groupe étaient tous alignés à l'autre bout de la pièce, tenus en joue par Dwight ainsi qu'un des meilleurs garde des Saviors, qui leurs ordonnaient de se taire et de rester immobiles.
Negan se tenait entre eux et Ilda, accompagné par la petite mais explosive Crédance.
D'ailleurs, la jeune française remarqua qu'il feuilletait à présent les pages avec une avidité non dissimulée. Il grommelait en lisant à voix haute. Puis, il finit par s'arrêter sur un passage qui semblait avoir piqué sa curiosité. Quel était-il ? Cette page où Ilda décrivait leur système de défense ? Celle où elle parlait de leurs entrainements ?
Negan, qui ne pensait plus pouvoir être surpris par grand chose, n'en cru pas ses yeux. Les indices se mirent tous en place. Il lu à voix haute :
"Dale ... Nananana... J'ai peur de redevenir l'enfant sauvage qui toquait à la porte d'Herschel... Tu m'aurais vue hier, à trainer devant la planque de ... Rick ? Les pupilles de Negan s'élargirent. Tu serais heureux : me voir penser à autre chose que la primitive survie, me voir rester jeune et animée. Le chef des Saviors posa ses deux orbes ténébreux sur la silhouette mortifiée d'Ilda, bien consciente des mots qui allaient suivre. Si ça peut te rassurer, sache que je repense souvent à la prison, quand Rick ... m'a embrassée sans prévenir. Il se tourna à présent vers Rick qui n'osa regarder que ses pieds. Ce n'est pas comme si j'avais toujours de réels sentiments pour lui contrairement à avant... mmh... Ces choses ont de la valeur pour moi et je suis triste qu'il ne ce soit rien passer ensuite, sans pour autant attendre quoi que ce soit venant de sa part. C'est assez paradoxale, je le reconnais, mais ce type reste dans mes pensées ?"
Un petit pivert cogna le tronc d'un arbre non loin de là. Le bruit de son bec frappant l'écorce fut le seul son que les onze mortels entendirent.
Tous était choqués. Carl, qui avait plus ou moins toujours eu un béguin pour Ilda se senti trahis et détesta son père pour avoir osé fréquenter son amie. Il poussa Dwight et tenta de sortir en courant, mais les deux gardes le remirent à sa place sans trop le bousculer. Michonne, elle, n'avait jamais été mise au courant de cette histoire. Elle eu en revanche la sagesse de ne pas avoir de rancoeur envers l'homme qu'elle aimait, ni envers cette jeune femme qu'elle considérait comme une nièce orpheline. Sasha et Rosita se regardèrent, embarrassée et étonnée qu'une telle relation eut lieu sans que quiconque ne se soit jamais douté de rien.
Rick, lui, sentit un poignard lui transpercer le coeur. Une larme solitaire glissa le long de sa joue, zigzagant entre les poils hirsutes de sa barbe de plusieurs jours. Ainsi, elle pensait toujours à lui de cette manière ? Lui aussi, très rarement. Parfois. Occasionnellement. Souvent. Trop souvent. Il eut conscience que des explications lui seraient demandées de touts côtés. Le regret était plus fort que la honte.
Pour lui en tout cas.
Ilda serra ses points blanchis sous la force de la pression qu'elle leur imposait. Elle eut l'impression que toute la ville l'observait avec dégoût et dépit. Un de ses secrets les plus profond et intime venait d'être déballé en présence des personnes qu'elle redoutait le plus d'affronter. Ses doigts de pieds s'agitèrent clandestinement, engourdis par les réactions chimiques de son corps face à une humiliation aussi cuisante. Une boule de colère qu'elle ne connaissait que trop bien venait de se former en elle, prête à exploser et tout emporter sur son passage. L'implosion été proche.
Personne ne bougea. Negan continuait de lire la page, ahurie de n'avoir jamais rien remarqué. Il avait détesté Rick depuis leur rencontre. Il était tout ce que Luci.. - tout ce qu'elle aurait voulu qu'il soit et qu'il ne serait jamais. Mais, à présent, il l'abhorrait de tout son être, chair et sang. L'envie de le tuer n'avait jamais été aussi forte. Hors, il ne pouvait pas, il avait besoin de lui pour exécuter ses plans et garder la ville sous sa coupe.
A côté de lui, Crédance passa sa main dans ses dreads qu'elle négligeait. La femme sembla aussi sur le point d'imploser. Elle brisa le silence ambiant en se lançant dans un monologue qu'elle récita sans faire une seule petite pause :
- Donc toi, le vioc, tu as biché la minette aveugle. Et bah, c'est du beau. Mec, cette nana à l'âge de ton fils, lança-t-elle en crachant au pied d'Ilda, d'un air répugnée. Mais bon, tu as du le chercher. Tu dois être ce genre de petite catin qui allume les bonhommes pour un bout de pain ou quelques plaquettes d'ibuprofène. J'ai pas raison petite crasseuse ? Si ta mère, qui comme les mères de tout le monde est devenue un geek qui schlague te voyait, elle serait sûrement fière de sa cinglée de fille. Allez ! Réponds ! Menaça Crédence qui pensait jouir d'une légitimité suffisante pour agir ainsi, après avoir été promue le matin même.
Ilda lâcha un souffle court et pencha dangereusement sa tête en direction des paroles de vipères.
Sans crier gare, elle se jeta sur la Savior en grognant comme un animal sauvage. Ni Negan, ni les autres n'eut le temps de réagir. La jeune femme attrapa sa proie par les oreilles et traversa la pièce en courant comme une furie, l'emmenant contre le mur où ses amis avaient été alignés avant de s'écarter de justesse. Elle écrasa la tête de Crédence contre le mur. Un crac sourd et sinistre fit frissonner Carl, que Rick avait enlacé pour le protéger de ce spectacle violent.
Dwight et son compère tentèrent de lui faire lâcher prise en vain. Sa haine semblait lui avoir conférer des pouvoirs surnaturels. En réalité, Ilda était juste arrivé au bord du précipice. Ses pensées n'était plus claire, mais la seule chose qu'Ilda retenait, était que cette fille avait touché son point sensible.
Après avoir cogné au moins sept fois la tête de celle qui avait eu la malchance de dépasser ses limites, Ilda lâcha les oreilles de Crédence, qui tomba à terre mollement.
Dwight mit Ilda à terre qui hurlait de colère, se débattant de toute ses forces. Le grand barbu ne fut pas de trop pour la contenir. Negan, lui, n'avait pas bougé. Il n'avait pas vraiment eu le temps de réaliser ce qui venait de se passer.
Observant la tête déformée de sa nouvelle garde, Negan entrouvrit légèrement la bouche. Il n'aurait jamais cru qu'elle soit capable d'être aussi violente.
Rick revu en elle, une facette sombre de lui, qu'il fait réussi à réfréner grâce à l'amour des siens. Cette facette qui fait faire les actes les plus terribles aux personnes les plus douces et calmes.
Ilda fut emmenée loin d'eux, sans qu'ils ne puissent rien faire à part faire face.
La jeune femme eu l'impression que le temps venait de se ralentir. Tout semblait si lent... Dwight la traîna sans ménagement à travers le couloir. Negan leurs emboîta le pas près avoir dit à Rick :
- On en a pas finis, toi et moi.
. . . . . . . . . .
12 ans auparavant.
. . .
La nuit était fraîche, détonnante mais bienvenue. Oui, ce jeudi ci, les températures avaient atteint les 31 degrés celsius et sa brise frissonnante fit du bien aux os vieillissants de Stéphane Belrose.
L'heureux père de famille jeta un coup d'oeil rapide à sa montre.
Minuit passé.
Elle aurait du être rentrée depuis au moins une demie heure... Allez Stéphane, c'est rien, fais pas le parano.
Sa femme, la mère de ses enfants, lui manquait chaque fois qu'elle s'absentait. Que ce soit une heure, une minute ou un mois, il n'avait jamais supporté d'être éloigné d'elle. Surtout si c'était pour aller voir sa mère, sa belle-mère à lui. Toujours bonne à boire et lui donner le cafard cette vielle peau.
Stéphane ouvrit la porte fenêtre qui donnait sur leur grand jardin, qu'il avait tondu le jour même. L'odeur de l'herbe fraîchement coupée lui chatouilla les narines. Il inspira longuement en profitant du calme de la nuit. La balançoire de sa petite fille tanga en avant puis en arrière, comme si un fantôme était venu lui aussi apprécier les bienfaits d'une belle nuit d'été.
Lassé, il regagna le salon. La télévision éclairait la pièce d'une lumière variante. Tantôt sombre, tantôt bleutée, puis rougeâtre et enfin blanche.
L'homme s'installa tranquillement dans le canapé. Impatient de voir enfin sa femme rentrer et le rejoindre.
Inquiet, il se rassura en pensant à sa fille qui devait dormir à points fermés, dans son petit lit douillet, juste au dessus de lui. Il pensa aussi à son tout petit garçon, qui ronflait lui aussi dans sa chambre refaite à neuf sur le thème de la mer. Demain, ils iraient tout les quatre au zoo. La sortie était prévue de longue date.
N'arrivant pas à chasser son angoisse grandissante, Stéphane vérifia les appels manqués du téléphone fixe.
Peut-être que je n'ai pas entendu la sonnerie en faisant un tour dans le jardin ?
Alors qu'il venait de reposer le téléphone sur son socle, on toqua à la porte.
Le mari inquiet fut parcouru d'un frisson. Ce n'était pas sa manière de toquer.
Stéphane se dirigea lentement vers la porte, faisant traîner ses chaussons sur le carrelage de l'entrée.
Toujours lentement, il fit tourner son jeu de clé afin de déverrouiller la serrure ; sans même regarder qui était là, il ouvrit.
Des girofars bleus et rouges, ainsi que des phares blancs, l'aveuglèrent au départ.
Puis, un homme qu'il reconnu comme étant un pompier se présenta, la mine triste et le teint cireux. Un gendarme plus âgée fit de même. Lui aussi semblait triste et soucieux.
Tout se mélangea alors. Plus rien n'avait de sens.
Il est tard pour vendre des calendriers ? Ces messieurs sont peut être en mission ? Je dois les prévenir qu'il se trompe de maison.
Il n'arrivait plus à penser de manière cohérente. Pourquoi ?
Pourquoi...
Peut-être était-ce à cause de ce châle lavande et de cette clé de voiture, emballées dans un sac scellé que tenait le gendarme.
Peut-être était-ce à cause de la personne à qui il appartenait. Sa femme.
Peut-être était-ce à cause de cette énorme tâche de sang brune et bordeaux, qui ne semblait même pas encore sèche.
Un cri de douleur traumatisant perturba le silence de cette paisible nuit d'été, dans cette ville reculée de la Bourgogne.
A l'étage, la petite fille s'éveilla en sursaut. A travers ses rideaux, de drôles de lumières éclairaient la rue.
. . . . . . . . .
Voilà, alors qu'en pensez-vous ? Comme toujours, allez-y de votre petite théorie, même farfelue !
Ahlala, le passage du journal aura des répercussions folles sur la suite de l'histoire. De même que ces souvenirs qui commencent à faire sens les uns, les autres.
MERCI. Pour toutes vos reviews très encourageantes, elles me donnent toujours le sourire et plein d'idées. En plus c'est toujours sympa de partager sur la série en même temps. Dites moi ce que vous avez pensé de l'épisode 1 de la nouvelle saison 8 qui est sorti très récemment !
Soyez heureux, d'ici le prochain chapitre : *cyber-câlins*
TATA
