Auteur : Jes Cullen-Malfoy
Titre : Tout peut changer en quelques secondes
Genre : Romance / Family / Drama
Couple principal : Jasper/Bella
Couples secondaires : Vous les connaitrez au fur et à mesure
Rated : M pour scènes de sexe explicites et violence.
Warning : Au fur et à mesure de la lecture, certaines scènes pourront choquer les âmes sensibles. Il y aura aussi la présence d'une relation homosexuelle entre hommes.
Disclaimer : Il est évident que les personnages issus de Twilight ne m'appartiennent pas, ils sont la propriété de Stephenie Meyer, je les lui emprunte juste pour m'amuser un peu. Seuls quelques personnages seront de moi et je préviendrai en temps voulu.
Mise en situation : Tout ce qui se passe dans le tome 1 et 2 s'est déroulé ici … Les changements vont commencer un peu après le début du tome trois pour complètement changer le cours de l'histoire d'Edward / Bella en Jasper / Bella.
Résumé : Depuis leur retour d'Italie, les choses se passent bien pour Bella et Edward. Mais cette dernière souhaite mettre les choses en ordre avec Jasper et Jacob. Edward accepte pour le premier et il ne sait pas que cela changera leur vie en quelques secondes.
Béta correctrice : Vivi64
Note d'auteur : Je vais faire vite (plus d'info sur mon FaceBook). Ne vous inquiétez pas, à un moment, vous allez vous dire : « Elle a oublié un passage » mais non, il sera écrit comme un flash back dans le chapitre suivant. Sinon bonne lecture ^^
Note Vivi : Bonjour tout le monde ^^ Jasper se calmera-t-il enfin ? Rejoindra-t-il sa promise ? Peut-être les réponses sont-elle dans ce chapitre (ou pas… *sort*) Bonne lecture ^^
Chapitre 7
Edward Pov (Jour du départ de Bella et accessoirement Jasper)
Je décidai de sortir de mon état léthargique et me dirigeai vers celle qui pourrait me dire quoi faire. Je rentrai dans le salon et ne la vis nulle part.
- Maman, l'appelai-je.
Je savais qu'elle m'entendrait.
- Oui mon chéri ! Répondit-elle.
Je levai la tête pour tomber sur Esmée en haut des marches.
- Maman, j'aimerais te parler de quelque chose de très personnel.
- Ok, viens, allons nous promener, de toute manière ton frère et ta sœur sont occupés alors nous serons tranquilles, m'expliqua-t-elle.
- Au fait Esmée, où est Carlisle car je sais qu'il n'est pas chez Bella, j'en reviens, dis-je en la regardant.
- Allons nous promener, je te dirais tout ce que je sais à l'abri des oreilles indiscrètes mon fils, murmura-t-elle en pressant le pas.
Elle descendit les escaliers et sortit de la maison, je lui emboîtai donc le pas. Nous marchâmes assez loin, même trop loin pour être sûrs et elle s'arrêta après quelques minutes. Dès qu'elle se fut retournée, je courus et me glissai entre ses bras. Elle fut d'abord surprise de mon geste, puis elle me serra dans un étau digne d'une mère, pour consoler mon chagrin qu'elle croyait connaître.
- Chéri, Bella a choisi en connaissance de cause, vous serez heureux ensemble. Elle t'aime et je sais que tu l'aimes alors profite et vis ta vie mon garçon. Elle ne perdra pas son âme !
- Je… je... ce n'est pas ça, bégayai-je lamentablement.
Je me redressai et essayai de prononcer cette phrase qui n'arrivait pas à quitter ma gorge, où un poids s'y était d'ailleurs placé.
- Esmée, Bella est…
Je pris une immense inspiration inutile, mais l'air qui s'engouffra dans ma gorge me donna le répit nécessaire pour lâcher la bombe :
-… Bella m'a quitté pour une durée indéterminée.
Voilà, je l'avais dit et le dire rendit la situation encore plus désespérée. Elle m'avait quitté, elle était partie. Je me remis entre les bras de ma mère qui ne disait plus rien face à cette révélation. Seules ses pensées me montraient sa réaction : « Pourquoi ? Elle doit bien avoir une raison… ne l'aime-t-elle plus ? »
- Maman, je t'en prie cesse de penser… pitié arrête, dis-je au bord de la folie.
« Pardon… pardon, pardon, pardon… »
Il n'y avait plus que des pardons dans ses pensées.
Je me mis à pleurer, sans larmes, tel était mon fardeau, tel était le vrai coupable. Car si elle était partie, c'était avant tout parce que j'étais un vampire, nul doute…
Ou bien Esmée avait raison, elle ne m'aimait plus. Mais je n'arrivais pas à le croire. Elle m'avait demandé de l'attendre, donc elle comptait revenir !
Si elle comptait revenir, c'était qu'elle m'aimait, si elle m'aimait, elle serait d'ailleurs très en colère du fait que j'avais abandonné Alice, ma sœur, pour attendre son retour ici alors qu'Alice était désorientée en Écosse, seule sans Jasper.
Ma décision était prise : je prendrai le premier vol pour l'Europe.
- Esmée, si je te laisse une lettre pour Bella, pourras-tu lui donner car je pars rejoindre Alice parce que Jasper…
Je me stoppai en pleine phrase.
Merde, devais-je lui dire que son fils était parti et pour quelle cause ?
Non !
Je continuai alors, sur un ton normal et non inquiet :
-… car Jasper voudrait… voudrait me parler face à face pour régler le conflit qu'il y a eu entre nous.
Ouf, j'avais de la chance d'avoir pu me rattraper sur ce coup-là ! Esmée aurait paniqué à l'idée que son fils soit parti sans rien lui dire.
- Enfin ! S'exclama-t-elle. C'est une bonne chose. Eh bien évidemment que oui, si Bella revient avant que tu ne reviennes, je lui donnerai ta lettre. Mais quand Bella est-elle partie ? Demanda-t-elle.
- Je ne sais pas, je l'ai laissée tôt ce matin afin qu'elle se prépare et qu'elle annonce à Charlie qu'elle venait vivre chez nous. Elle devait aussi lui dire que nous allions partir pour Dartmouth … c'était le seul moyen que nous avons trouvé comme excuse pour éloigner Charlie de notre maison. Pourquoi cette question ? Demandai-je en vrillant mon regard dans le sien.
- Parce que Carlisle est parti chercher Bella et m'a téléphoné pour dire qu'il ne revenait pas.
Tout s'éclairait !
Ma Bella voulait garder mon père près d'elle en cas de danger et il avait bien fait d'accepter, car j'étais un peu plus rassuré. Elle n'allait courir aucun danger loin de moi.
- Je pense que Carlisle est avec Bella maman. Elle lui a peut-être demandé de l'accompagner par sécurité. Elle sait que le monde regorge de vampires, alors elle ne voulait sûrement pas prendre de risques, la rassurai-je tout en étant heureux de cette constatation.
- Tu as s'en doute raison Edward, me dit-elle avec un mini sourire.
- Je vais rentrer écrire ma lettre et puis je rejoindrai Alice par le premier vol pour l'Écosse.
Je la pris dans mes bras une fois de plus et embrassai sa tempe. Je partis ensuite dans ma chambre dans le but d'écrire la lettre pour ma douce Bella.
« Ma Bella, ma douce et tendre Bella,
Je ne vais pas te mentir, ta lettre m'a attristé car tu es ma vie depuis le début. Mais je peux essayer de comprendre ton départ. Je te pardonne même s'il n'y a rien à pardonner, car je t'ai toujours dit de me dire ce qui n'allait pas, alors je ne vais rien te dire de plus que :
'Je t'aime et merci d'être rentrée. Dès que j'apprends ton retour, je prends le premier vol et te rejoins pour te prouver ma dévotion éternelle. Je t'aime ma Bella. Mon cœur est à toi, à jamais.'
Ton Edward, love »
Je relus mais déchirai cette lettre qui ne me convenait pas. Après pas moins de cinquante-deux essais, je relus ma lettre définitive :
« Ma Bella,
Je suis parti pour réconforter ma sœur Alice qui avait besoin de ma présence. Pardonne-moi de ne pas être à tes côtés en ce moment. Je t'aime et sache que je peux te dire en écrivant cette lettre que tu me manqueras chaque seconde durant ton absence. J'espère aussi qu'elles ne seront pas nombreuses.
Je t'aime, plus que ma propre vie. Si tu lis cette lettre, c'est que toi aussi tu m'aimes et j'en suis le plus heureux des hommes et vampires de cette planète. Je rentre le plus tôt possible, prends-soin de mon cœur car il est entre tes mains depuis ton départ et t'appartiendra à jamais.
Edward »
Oui, celle-ci était définitivement la bonne.
Elle lui disait tout ce que je pensais même si cela paraissait du charabia. Enfin, selon mon point de vue !
OoOoOoOoOoO
Je venais juste de dire au revoir à ma famille et je là me sentais coupable de partir. Mais je pensais à raison que Bella ne m'en voudrait pas de rejoindre Alice, car c'était sa meilleure amie après tout.
Je pris mon téléphone et décidai d'appeler ma sœur. Après quatre sonneries, elle répondit enfin :
- Edward !
Mon Dieu, elle n'allait pas bien du tout…
Quel crétin, j'étais. Bien sûr, Jasper était parti, sa moitié, son mari…
- Alice, je prends le premier avion pour te rejoindre et on partira à sa recherche, on le retrouvera ! Tu es toujours dans notre résidence personnelle où tu as préféré partir ailleurs ? La questionnai-je.
- Non, non, je suis toujours là.
Elle fit une pause.
-… Edward, je… je vais raccrocher ok, car s'il m'appelle…
- Aucun problème Alice. Je serai là. Je t'aime Alice. Ne fais pas de bêtise s'il te plait, ne fais pas comme moi, suppliai-je tout à coup. Tu me le promets ? Lui demandai-je pitoyablement.
- Oui, bye Ed' !
Elle venait de raccrocher.
Mais où était passé l'Alice pétillante, pleine de joie…
J'avais ma réponse : avec Jasper, je ne savais où !
Mais qu'est-ce qu'il pouvait être con celui-là. Bon, j'avais peut-être foiré avec lui mais de là à quitter Alice.
Lui et son ego…
Il avait du mal avec le sang animal, eh bien on était là, on ne l'aurait pas rejeté d'ailleurs ! Était-ce cette peur, cette peur d'être rejeté qui l'avait fait quitter Alice, peur qu'elle perde sa famille à son détriment ?
Je ne savais pas mais je voulais tout faire pour qu'il réalise qu'on ne quittait pas la femme qu'on aimait pour son « soi-disant » bonheur, car je le savais d'expérience. Celle qui me revenait aujourd'hui en pleine poire, car Bella m'avait peut-être quitté pour cette raison, mais je n'y croyais pas.
Elle m'avait dit vouloir vivre certaines expériences… Je ne voulais pas y penser non plus. J'allais même envoyer un texto à Alice pour qu'elle ne cherche pas à lire l'avenir de Bella dès mon arrivée, car je verrai à travers ses pensées et je ne voulais pas la voir dans les bras d'un autre homme.
Cela serait au-dessus de mes forces !
« Alice, je vais te demander quelque chose qui ne se demande pas dans ta situation. Mais, je ne peux faire sans t'en parler. Sache qu'en gros, Bella est partie un certain temps pour vivre certaines expériences et je ne souhaite pas les voir à travers ton esprit. Je te le demande comme un énorme service : ne cherche pas ou plus à lire dans son avenir à partir de maintenant s'il te plait. Bisou, je serai bientôt là. Je t'aime »
La réponse ne se fit pas attendre
« Ed', pas de soucis, je ne serai même pas en état de le faire alors… Moi aussi. Courage, elle reviendra, j'en suis sûre »
Son message me remplit d'espoir.
J'aimerais tant que Bella soit là, dans ma voiture, tenant ma main et parlant de tout et de rien. Elle me manquait vraiment, je ne savais pas comment j'avais fait pour vivre sans elle durant un siècle !
OoOoOoOoO
Après une escale à Paris, je venais d'atterrir à Londres.
Désormais, j'étais en route pour rejoindre Alice. J'avais préféré continuer en voiture.
Pendant le trajet, je me remémorais les moments passés avec Bella, moments qui étaient à la fois peu nombreux et abondants. J'avais perdu tant de temps en la quittant, je regrettais tellement maintenant ma décision.
Je me revoyais lui parler pendant ce cours de biologie et notre première conversation dans ce même cours. Sa peau qui m'avait littéralement brûlé.
Sans oublier ce fameux van. Sans lui, je n'aurais jamais su que j'étais prêt à me battre pour elle, je n'aurais peut-être jamais su que je l'aimais. Puis notre premier baiser, le deuxième, le bal de fin d'année, nos promenades à la clairière pendant l'été, ce baiser le soir de son anniversaire.
Mais je revoyais aussi ce moment en Italie où j'avais réalisé qu'elle était vivante et que j'étais en train de la mettre de nouveau en danger. Je me souvins que je l'avais regardée dormir à notre retour à Forks.
Ses yeux, aussi, quand elle m'avait aperçu. Le mal que j'avais eu à lui faire comprendre qu'elle ne rêvait pas. Et la vie ensemble qu'on avait menée après cela.
Chaque soir ou presque, j'avais dormi avec elle, dans son lit. Elle s'emmitouflait dans une couverture, mais elle était contre moi quand même. Et ces instants d'humanité, où, petit à petit, j'avais perdu la direction de mes pensées, en imaginant l'eau souligner ses formes dans cette salle de bains. Mais je n'avais été jamais très loin de peur de perdre le contrôle.
Je me souvins aussi de mon récent fantasme, nous ayant imaginés faire…
Non, je ne pouvais plus penser à elle comme ça !
Elle était une femme qui devait être vénérée, pas traitée en… en quoi d'ailleurs ?
Bref, je sortis de mes pensées et je ne m'étais même pas rendu compte que j'allais bientôt arriver à destination. Vu l'état des routes de campagnes, désertes, j'appuyai sur l'accélérateur à son maximum, sinuant et zigzagant sur les routes semi-boueuses.
OoOoOoOoOoO
Je me garai et sortis presque en courant pour au final retrouver une Alice comme jamais je ne l'avais vue : allongée en position fœtale, en pleurs.
Je m'accroupis directement près d'elle et la pris dans mes bras. Je me mis à la bercer et sans même le vouloir, car j'étais ici pour l'aider et non pas pour me morfondre sur le départ de Bella, je me joignis à ses sanglots et me perdis dans mes propres pensées.
Je ne savais désormais plus où j'étais, ni avec qui.
J'étais dans ma clairière, notre clairière avec Bella, pour revivre notre première fois. La scène se répétait encore et encore, nos premiers contacts intimes que je ne pouvais et ne voulais pas oublier.
OoOoOoOoO
(Quinze jours après le départ de Jasper et celui de Bella)
- Alice, il faut que tu chasses ! Allez, on y va rapidement et on revient ici, dis-je doucement.
- Non, je veux l'attendre ici ! Edward tu ne comprends pas, s'étrangla-t-elle en disant la fin de sa phrase.
- Si, crois-moi, je comprends. Mais il faut chasser, j'ai déjà vécu ça Alice si tu te souviens bien et …
- NON, TU N'AS PAS VECU CA ! TOI TU L'AVAIS CHOISI EDWARD, MOI JE N'AI PAS CHOISI QU'IL PARTE SANS MOI ! Cria-t-elle en me coupant la parole.
- Désolé, tu as raison mais il faut chasser, c'est plus prudent. Imagine si quelqu'un s'égare et vient sonner à notre porte pour de l'aide. Si nous ne chassons pas, je ne garantis pas la vie très longtemps à cette personne. Tu veux vraiment risquer la vie des humains ? Demandai-je en tentant le tout pour le tout car cela faisait quinze jours que nous n'avions pas bougé et nous devions aller chasser, par sécurité.
- J'm'en fous Edward, il n'y a que Jasper qui compte ! Il m'a quittée justement parce que ces humains sont une tentation pour lui. Je devrais peut-être faire comme lui, boire du sang humain…
- Il a donc cédé ? Demandai-je ne voulant pas connaître la réponse en un sens.
Je me sentais quand même responsable de sa fuite. Et maintenant que j'y pensais, je n'avais pas réussi à réfléchir à tout ce qui était extérieur à mon chagrin.
Mais le fait d'avoir vécu cette situation auparavant m'avait appris à sortir de mon état pathétique pour me nourrir.
- Oui, je l'ai vu… et il en tue pas mal. Et je ne te dis même pas comment... Ohhhhhh… Edward. Il viole, tue, broie ses victimes comme si ces dernières n'étaient pas humaines, sanglota-t-elle.
Quoi ?
Avais-je bien entendu ?
Pas Jasper, pas à ce point !
Je n'en revenais pas. Il avait laissé le monstre qui se cachait au fond de lui ressurgir encore plus monstrueux. Il fallait vraiment le stopper !
- Où est-il Alice. Dis-moi ! La pressai-je.
- Non, si je te le dis, tu vas le retrouver… mais pas me le ramener ! En fait Edward, si je te le dis, tu ne reverras plus jamais Bella.
- Pourquoi, il va lui faire du mal ? Demandai-je vivement.
Je ne voulais pas qu'il arrive quoi que ce soit à ma Bella, ma tendre Bella. Elle avait déjà été en danger pas mal de fois par ma faute, je ne le supporterais pas une fois de plus.
Et puis, le manque de réponse de ma sœur fit monter une colère sourde.
Je me levai soudain, d'un seul coup, et frappai dans le mur qui se fendit sous ma force.
- Non, il te tuera sans scrupule, me dit ma sœur me sortant de mon état. Il n'est plus le même. Mais je sais qu'il stoppera tout ça un jour. Je le vois heureux, dans le futur, mais ça reste flou.
Elle fit une pause et reprit :
- Je suis là moi aussi mais, encore une fois, c'est flou. Je dois sûrement juste attendre et vivre tous ses meurtres par mes visions. Je reste tellement liée à lui que je ne peux m'empêcher de lire son avenir pour trouver une rencontre future entre nous… Je veux le retrouver Ed', je veux retrouver l'homme que j'aime, finit-elle suppliante et pleine d'espoir.
Je ne savais pas quoi dire, ni quoi répondre.
Jazz me tuerait, impossible !
J'étais son frère quand même. Mais je savais aussi que le sang humain pouvait tout faire basculer. Je le savais par expérience malheureusement, et cette vie je l'avais vécue pendant une décennie.
J'avais torturé et même transformé le corps humain en un jeu de démolition pour certaines de mes victimes. Mais c'était des monstres comme moi. Ils tuaient, violaient et parfois torturaient femmes, enfants et même des hommes.
Mais Jasper, lui, ne pouvait pas lire les pensées de ses victimes, par conséquent cela ne pouvait dire qu'une chose : il était devenu ce que j'avais détruit pendant 10 ans, un monstre.
Malgré tout, il était mon frère et je lui pardonnerais, car moi j'étais parti du foyer par rébellion et lui, j'en étais sûr, était parti parce qu'il souffrait de ce manque, le manque de sang qu'il avait connu pendant plus de 100 ans.
- Alice, si tu ne me suis pas, je te force à me suivre. Viens chasser s'il te plait, dis-je en revenant au présent.
Avait-elle essayé de me faire oublier mon but premier en me racontant tout ça ?
Elle hocha de la tête après quelques secondes de réflexion et je la pris dans mes bras. Je courus vers la forêt et dès que j'eus repéré une proie, je déposai Alice par terre et fus ravi de voir que ses instincts de prédateur reprirent le dessus afin de se nourrir.
Je ne pensais pas avoir la force de lui amener une proie afin de la nourrir moi-même.
Charlie Pov (Quinze jours après le départ de Jasper et celui de Bella -même moment que le dernier Pov)
Cela ne ressemblait pas à ma fille.
Non.
Je tendis le bras et sonnai chez les Cullen. Après un court instant, la porte s'ouvrit sur la femme du Docteur Cullen. Si je me souvenais bien, elle s'appelait Esmée.
- Bonjour, je suis désolé de vous déranger, mais je m'inquiète. Bella est partie depuis quinze jours maintenant et je n'arrive pas à la joindre. Cela ne me réconforte pas, expliquai-je de plus en plus inquiet.
- Oh… bonjour shérif Swan ! Mais ne restez pas à la porte, entrez. Vous voulez quelque chose à boire ? Demanda-t-elle en marchant.
Je la suivis jusque dans une immense cuisine. Elle me pointa du doigt un tabouret que je pris comme siège.
- C'est Monsieur Swan aujourd'hui, je ne suis pas en service.
J'essayais tant bien que mal de me mettre à l'aise. Je ne l'avais quasi jamais rencontrée. J'aurais préféré tomber sur le Docteur Cullen.
- Pour ce qui est de Bella, elle s'est fait voler son sac avec toutes ses affaires. Mais je peux contacter mon fils pour avoir son numéro de téléphone. Là, pour l'instant, c'est impossible de le joindre car ils sont dans l'avion pour un petit séjour à Hawaï avant la rentrée scolaire. C'est une surprise de Carlisle et moi. Je suis désolée Charlie, nous avons sûrement oublié de vous prévenir.
Je me sentis encore plus mal, je n'avais pas les moyens d'offrir à ma fille des études dignes de ce nom, mais eux arrivaient à leur payer une escapade à Hawaï.
Je devais garder mes idées noires pour plus tard.
- Ce n'est pas grave, murmurai-je.
Elle me tendit une tasse de café que je pris et bus le plus rapidement possible. Je ne parlais plus, tout comme elle.
J'aimais le silence.
Je pris congé rapidement et rentrai chez moi. Ma fille me manquait plus que de raison, mais je n'arrivais pas à lui dire ce que je ressentais pour elle.
Ses petits plats me manquaient aussi, même la visite de son cher et tendre me manquait.
Mais ce soir, je devais aller voir un match chez Billy et ensuite je mangerais chez Sue, elle m'avait invité comme elle le faisait deux à trois fois par semaine et tant mieux.
Esmée Pov (Même période - avec petit retour en arrière)
Quinze jours sans nouvelles de mon mari, d'Edward, d'Alice et Jasper. Sans compter le silence radio de Bella.
Pourquoi est-elle partie ?
En plus la maison était complètement vide, car Rosalie et Emmett avaient décidé de retourner en Afrique.
J'étais dans mon bureau, perdue dans mes pensées, quand j'entendis la sonnette.
OoOoOoOoOoO
Charlie venait de partir et je ne savais pas quoi faire, j'avais cru bon d'inventer cette histoire de vol ainsi que du voyage à Hawaï. Mais maintenant je ne savais plus quoi faire, je devais vite appeler mon fils pour savoir comment réagir si Charlie revenait me voir.
Edward Pov (Même période)
Je laissai Alice à sa chasse et partis de mon côté. Je ne pris aucun plaisir à chasser, mais je devais me nourrir car elle reviendrait.
Je m'éloignai d'Alice pour ne pas empiéter sur son territoire. Après une distance raisonnable, je me stoppai et fermai les yeux afin de repérer une proie. J'entendis des bruits de feuillage vers l'ouest.
Je fonçai alors comme un boulet de canon, sautant littéralement à la gorge de l'animal pour aspirer son sang après une course rapide. Le flot de ce nectar chaud apaisa la brûlure dans ma gorge et je l'en remerciai.
Je léchai ensuite mes lèvres et courus après le deuxième cerf qui avait pris la fuite. J'allais lui sauter dessus sauf que mon portable sonna et je commençais à en avoir marre d'être dérangé en pleine chasse ou en pleine réflexion. Ce qui voulait dire constamment.
Je laissai sonner deux fois mais décidai de prendre l'appel car c'était peut-être des nouvelles de ma Bella.
- Allo, dis-je sans avoir regardé qui m'appelait.
- Edward c'est Esmée. J'ai un gros souci avec Charlie.
- Qu'y a-t-il maman, il est souffrant ? Demandai-je inquiet pour le père de Bella.
- Non, en fait quand Bella est partie, elle n'a certainement pas pensé à son père et il s'inquiète. Il n'arrive pas à la joindre tout comme nous, m'expliqua-t-elle.
Merde.
Si moi je n'arrivais pas à la joindre, Charlie non plus.
En même temps, si Charlie partait à sa recherche, elle reviendrait plus rapidement à moi. Que devais-je faire ?
Lui dire qu'elle m'avait quitté et qu'elle était je ne savais où, ou imiter sa voix et lui dire que tout allait bien ?
- Edward, tu es toujours là mon chéri ?
- Euh… oui. Écoute, je vais partir en ville acheter un nouveau portable avec un numéro que je t'enverrai. Non oublie, dis-je aussitôt me disant que cette idée était idiote.
Il devait se douter que Bella était avec moi.
- Tu as ses coordonnées pour que je puisse l'appeler ? Demandai-je.
- Edward, Bella est avec toi ?
- Non, mais je vais prendre sa voix, je l'ai tellement entendue que je saurais l'imiter sans problème. On devra faire avec ça pour l'instant. Si Bella n'a rien dit à Charlie, c'est qu'elle veut qu'il l'ignore. Je me dois de l'aider, débitai-je heureux de pouvoir aider ma Bella.
- Très bien, je dois avouer que ce n'est pas une si mauvaise idée. Si seulement Carlisle était là, il saurait quoi faire, dit-elle fataliste.
Eh oui, si seulement Carlisle était là, Bella serait là aussi…
- Envoie-moi ses coordonnées par sms. Je vais te laisser maman, je suis en pleine chasse, m'excusai-je en sachant qu'elle me comprendrait.
- Je ne les ai pas Edward, je dois lui donner moi-même celles de Bella. J'irai lui apporter ton numéro demain au poste de police. Bisou à Alice et Jasper. Et à toi aussi, ajouta-t-elle.
- Ouais, bisou aussi maman.
Je raccrochai et repris là où je m'étais arrêté.
Alice Pov
Je venais de laisser Edward, j'avais senti une proie et j'avais bien trop soif pour ne rien faire.
Je laissai mes sens me guider à travers la forêt et atterris dans une crique où deux cerfs buvaient tranquillement. Ils ne m'avaient même pas entendue, mais ils sentirent ma présence. Je me ruai sur le plus imposant et le renversai, puis plantai mes canines dans sa chair. Le sang chaud me soulagea immédiatement.
« Jasper dans un aéroport tuant un agent de sécurité. »
Mon pauvre amour, j'aimerais tant être à tes côtés pour t'aider, te caresser, t'embrasser, pensai-je.
Stop Alice, reprends-toi et chasse l'autre cerf, me morigénai-je mentalement.
Je me redressai alors et pris en chasse l'autre cerf qui ne serait plus vivant dans trois secondes… un, deux, trois.
Je sentis les derniers spasmes de cette pauvre bête qui avait peut-être une femme et des enfants.
Je ne pouvais m'empêcher de m'éloigner de cette carcasse et m'assis, genoux ramenés contre ma poitrine et pensai à Jasper.
Devais-je rentrer à Forks ou rester ici ?
De simples questions auxquelles je ne savais pas répondre.
Je n'en pouvais plus de voir ses meurtres, je n'en pouvais plus de le voir si triste, je ne supportais plus d'être loin de lui.
- Alice ?
Je redressai la tête et vis Edward à quelques mètres de moi, le regard dans le vide, tout comme moi, je supposais.
- Il faut que tu te relèves Alice, je sais que c'est dur mais …
Il ne finit pas sa phrase et vint s'assoir près de moi, passa son bras par dessus mes épaules et me rapprocha de son torse où je me blottis.
- Il va revenir Alice, il va revenir…
Je me répétai ses mots en boucle dans la tête. Mais je n'y croyais pas, je ne voyais toujours rien dans mon avenir.
Je me sentis quitter le sol tout à coup et me laissai porter par mon frère.
Il me ramenait à la maison, où j'attendrais Jasper toute mon éternité s'il le fallait.
**Quinze jours plus tard** (Donc, un mois après le départ de Bella et Jasper)
J'étais dans un lit et je sentais une présence à mes côtés. Je devais être encore dans mes souvenirs pour ne pas avoir senti qu'il m'avait déplacé une fois de plus.
- Oui, mais ce n'est pas grave Alice, j'en avais juste marre du salon alors je nous ai montés dans la chambre. Dans un lit, je me sens plus proche d'elle. Tu me pardonnes ? Demanda mon frère d'une petite voix en ayant certainement entendu mes pensées.
- T'inquiète, je m'en fous Edward, il n'est pas là de toute manière alors…
A peine ma phrase terminée, je fondis en sanglots et mon frère me prit directement dans ses bras. Il me plaça au-dessus de lui et nicha ma tête dans son cou, tout en me berçant et répétant qu'il reviendrait.
Il était gentil mais même s'il le répétait aux moins mille fois par jour, Jasper n'était toujours pas revenu.
Je redressai la tête et quand je regardai devant moi, je vis Jasper, les yeux rouges qui me fixaient avec son air torturé que j'aimais tant.
Alors, sans réfléchir, je fondis sur sa bouche. Je le sentis me repousser mais j'appliquai toutes mes forces à ouvrir la sienne afin d'y passer la langue. Il essaya encore de me repousser et cela m'enragea.
Pourquoi faisait-il ça ?
Je pouvais toujours voir ses yeux cramoisis me fixer avec un regard inconnu. Je lui déchirai ses vêtements, mais il ne se laissa pas faire non plus.
Je le plaquai alors contre le mur, quand il réussit à sortir de mes griffes, où il tomba littéralement à la renverse. Je lui enlevai donc son jean bestialement, j'avais besoin de Jasper en moi, tout de suite !
J'avais besoin qu'il me montre qu'il m'aimait. Il se débattit encore et je fus littéralement envoyée à l'autre bout de la chambre en moins de deux secondes, mais cela ne me freina pas. Je refondis sur lui, qui avait un air interrogatif, et je déchirai mes vêtements. D'un habile mouvement, je m'empalai sur lui. Je bougeai des hanches en lui maintenant les bras de chaque côté de son corps. Il cria mon prénom et cela me donna envie d'accélérer la cadence. Je sentis qu'il voulait m'échapper, mais je lui dis :
- Tu ne partiras plus Jazz, tu m'entends…
Je lui dis la deuxième partie en le regardant dans les yeux, si différents en cet instant, du cramoisi ils étaient passés à l'or.
Je secouai la tête en fermant les yeux, et continuai de me déhancher sauvagement sur ma moitié.
Je jouis, mais lui non et cela me frustra.
Moi, je faisais toujours tout pour l'accompagner… Je sentis soudain une brûlure sur mon bras, et je vis que Jasper avait osé me mordre et par dessus tout me marquer ainsi pour l'éternité.
Edward Pov
Je n'avais plus le choix.
Elle semblait jouir… Mon Dieu…
Je la mordis au bras, le seul membre assez près de ma bouche, car elle avait décuplé ses forces.
En sentant qu'elle était mordue, je sentis la pression sur mes poignets diminuer et profitai de cette chance pour l'envoyer valdinguer à l'autre bout de la pièce, une seconde fois. Je me redressai et fonçai sur elle.
Mes cuisses de chaque côté de ses hanches, je plaçai mes mains sur son cou et commençai à l'étrangler avec une haine sans pareil.
Elle venait de me prendre ma vertu, la seule chose qu'il me restait de bien pour ma Bella.
Tout ce que j'avais réussi à garder durant un siècle. Et maintenant, je savais que c'était pour Bella que je l'avais fait.
PAS POUR ALICE !
J'allais la tuer, la détruire.
J'augmentai ma prise et elle gémit de douleur.
- Jasper…
- EDWARD, E-D-W-A-R-D ! Criai-je à bout.
Bon sang, elle continuait à croire que j'étais Jasper.
Le couperet tomba à cet instant.
Elle m'avait pris pour Jasper. Mais elle m'avait… Je ne voulais même pas y repenser…
Un grognement de haine sortit de ma bouche inconsciemment.
- Edward ?
Alice Pov
Mais non, c'était Jasper…
D'ailleurs, il avait un regard de haine et il m'étranglait.
Et il me disait qu'il était Edward… que se passait-il ?
Je fermai les yeux, pour éviter ce regard qui me détruisait de l'intérieur, Jazz ne pouvait pas me haïr, je ne lui avais rien fait, rien dit, rien reproché.
J'entrouvris un œil quand je sentis sa prise diminuer… d'ailleurs pourquoi m'étrangler, je n'avais pas besoin d'air, me rendis-je compte.
Puis ce fut le choc.
Ce n'était pas Jasper sur moi mais mon frère, Edward…
Mon Dieu… qu'avait-il fait à Jasper ?
Après quelques secondes, je suivis du regard les bras de mon frère et me rendis compte que c'était lui qui m'étranglait.
Je recroisai alors son regard et j'y vis de la haine, de la colère. Je n'avais quand même pas fait ce que je pensais avoir fait ? Me demandai-je avec peur.
Edward Pov
Je ne voulais pas tuer ma sœur, alors je desserrai ma prise, légèrement. Elle entrouvrit un œil et croisa mon regard.
Ensuite, elle se rendit compte que mes bras l'étranglaient toujours. Je pus voir dans son regard une immense interrogation.
Prenait-elle enfin conscience que c'était moi, que c'était moi qu'elle avait attaqué et agressé sexuellement parlant ?
Quand je recroisai son regard et décidai de lire en elle pour savoir, car je ne voulais pas la lâcher si elle croyait toujours que j'étais Jasper, elle pouvait m'agresser à nouveau.
Une fois dans ses pensées, je pus lire :
« Je n'ai quand même pas fait ce que je pense avoir fait »
Je la lâchai et en moins de deux secondes, j'étais dans la salle de bains, appuyé contre la porte. Je me laissai tomber à terre en repensant à ce que je venais de vivre.
Je ne voulais pas, je ne voulais toujours pas…
Mais je m'en voulais, car mon sexe était encore en érection face à son agression et cela me mettait en colère.
En colère, car moi je n'étais pas comme ça, mais mon corps lui…
Je me mis à pleurer de haine, de colère contre elle, contre moi, contre cette putain d'érection qui ne descendait pas…
- Edward, Edward, je… je…
- DEGAGE ALICE, DEGAGE ! Tonnai-je.
Je l'entendis très nettement s'installer contre la porte. Je tapai ma tête dessus et lui dis :
- Va-t-en Alice, sinon je ne suis pas sûr que je ne vais pas te tuer. Tu te rends compte de ce que tu viens de me faire ? TE RENDS-TU COMPTE !? Hurlai-je.
- Oui, murmura-t-elle.
Et je pus entendre ses sanglots.
Je ne voulais pas les entendre, c'était elle qui m'avait fait ça, elle qui me l'avait pris.
« J'étais puceau, putain de bordel de merde » hurlai-je pour moi-même.
Je me redressai et ouvris la porte en deux secondes, Alice en tomba à la renverse et je la redressai puis lui envoyai une droite magistrale en plein visage.
Je la haïssais, elle n'était plus ma sœur, plus rien !
Je la balançai ensuite et elle traversa littéralement le mur tellement j'y avais mis toute ma force. J'ouvris la penderie et enfilai un jeans ainsi qu'une chemise que je ne pris pas la peine de boutonner. Le tout ne me pris que quatre secondes.
Je me ruai ensuite de nouveau sur elle et lui assénai un coup de pied dans l'estomac. Elle ne ressentait pas de douleur comme les humains, mais je savais qu'elle la sentait et qu'elle avait mal.
Je l'empoignai après ça par le poignet et approchai mon visage à deux centimètres du sien puis lui dis, lui vrillant un regard plein de haine, toute ma haine, dans ses yeux :
- Tu n'es plus ma sœur !
Je la relâchai et marchai à allure humaine tout en fermant les boutons de ma chemise. Je pris mes clés dans le plat près de la porte et atteignis la voiture quand :
- Je m'excuse Edward, ne pars pas, pardonne-moi, je t'en supplie, ne fais pas comme lui… pitié… je n'étais pas moi-même…
- Il n'y a plus rien à dire Alice, plus de retour en arrière possible. Tu ne pourras jamais me rendre ce que tu m'as pris. Adieu ! Dis-je sans état d'âme.
Je montai dans la voiture et appuyai sur le champignon. Je devais retrouver Bella, coûte que coûte. Je devais lui dire, lui dire…
Quoi ? Que je m'étais fait…violer.
Est-ce que le mot était correct ?
Je croyais bien.
Je me sentais sale, impur, je ne me sentais plus digne de ma Bella.
Qu'avais-je encore à lui offrir d'humain chez moi ? Rien !
Je n'étais plus qu'un monstre, un homme qui n'avait pas eu assez de force pour garder la seule chose à lui offrir. La seule chose que je voulais offrir à ma Bella, ma femme ou future femme.
Je roulai jusqu'à la mer et là je descendis de voiture et courus vers l'eau. Je plongeai littéralement habillé et arrivé à une vingtaine de kilomètres du large, je me frottai énergétiquement, enlevant ce sentiment de crasse qui me recouvrait.
Si j'avais été humain, j'aurais vomi toutes mes tripes mais j'étais un vampire qui ne pouvait rien faire de plus que de se laver de cette… de ce sentiment de saleté qui me couvrait de la tête aux pieds.
Je ne m'étais jamais senti si sale, même couvert de sang, de boue.
Mais là, cette sensation était incommensurable et impossible à enlever, malgré les frictions énergiques que j'avais envers mon corps.
Alice Pov
Qu'avais-je fait ?
C'était un vrai cauchemar, je n'avais pas fait ça, mon frère allait revenir. Il allait me prendre dans ses bras et me répéter que Jazz reviendrait.
Oui, voilà !
Mais non, il était parti et j'étais là, nue, affalée sur les débris du mur que j'avais traversé et je n'arrivais pas à comprendre.
Comment avais-je pu lui faire ça ? À lui, à Jasper et à moi.
Je me sentis sale tout à coup. Je n'avais fait ça qu'avec Jasper de toute ma vie et je devais le faire toute l'éternité avec lui et personne d'autre, mais non, je venais de…
Je ne voulais même pas le penser.
Et Edward ?
Il était vierge de toute expérience sexuelle, c'était sa fierté. Le fait qu'il soit vierge de toute femme, pour l'unique femme qu'il aimait. Mais je venais de tout gâcher. J'avais même gâché en un sens la vie de Bella.
Qu'allait-elle penser de moi ?
Elle était partie et en revenant, elle allait apprendre qu'Edward n'était plus… puceau.
Mon Dieu, elle risquait de le quitter pour de bon.
Je venais de gâcher leur destinée.
Elle était là, la raison de cette vision d'elle avec un enfant, elle le quittant.
À cause de moi, mon frère allait mourir.
Et je ne pouvais rien y changer, rien.
Je me relevai et attrapai la première chose qui me passait sous la main dans la garde-robe d'Edward. J'enfilai une de ses chemises et m'assis sur le lit pour réfléchir.
J'avais perdu Jasper, il m'avait quittée. Edward venait de me quitter aussi, Bella allait le quitter par ma faute, il allait retourner voir les Volturi.
Je gâchais aussi l'existence des autres Cullen par mes visions et mon énergie. Combien de fois ne m'avaient-ils pas demandé d'être moins gaie, moins énergique ?
Même mes visions gâchaient leur non-vie. Plus d'effet de surprise au sein du clan.
Sans oublier que j'étais une garce, une pute, une briseuse de ménage. Le mien et celui de mon frère, qui ne voulait plus l'être. Il venait d'être gâché par ma faute.
Je ne méritais plus d'être sur cette terre.
Je me redressai et fonçai en bas avant de changer d'avis, car ce que je m'apprêtais à faire était la meilleure chose pour tout le monde.
Je pris une feuille sur le bureau qui était destiné à Carlisle quand il venait ici. Un membre de ma famille la verrait certainement et me comprendrait.
Je m'installai sur la chaise et pris le stylo dans le tiroir puis écrivis :
« Cher Jasper, je suis désolée pour tout, mais je viens de faire une chose qui ne peut être effacée, je ne te mérite plus. Je t'aime, pardonne-moi.
Edward, Bella, je ne peux me repentir pour ce que j'ai fait, mais je ne peux vivre avec ce poids sur moi. Pardonnez-moi.
Chère famille, depuis soixante ans, je vous gâche le quotidien et cela doit cesser, prenez soin de mon mari. Je vous aime tous.
Alice »
Je relus et posai ensuite la lettre en évidence sur le bureau.
Je partis ensuite en cuisine et pris les six chaises en bois de la salle à manger. Je pris la direction du jardin et les cassai chacune à leur tour. Je rassemblai après cela les bouts de bois en un tas assez large et repartis en cuisine.
Quand j'y fus, je remarquai que la cuisinière était électrique, alors je fonçai près de la cheminée et vis une boite d'énormes allumettes. Je repris donc le chemin du jardin.
Une fois devant le tas de bois, j'ouvris la boîte, grattai l'allumette et la jetai sur les chaises détruites. Je soufflai ensuite pour attiser le feu. Après un long moment, les flammes furent assez hautes.
- Pardonnez-moi, murmurai-je.
Je me plaçai ensuite au milieu du feu et fermai les yeux. Je ressentis une immense brûlure et fus obligée de serrer les poings pour me forcer à y rester.
Je tombai même à genoux et plaçai mes poings devant le visage.
Je revis celui de Jasper le jour où il était rentré dans ce café…
Edward Pov
Je nageais, mais l'effet n'était pas le même que quand je courais. Je n'arrivais pas à me libérer l'esprit et je repensais encore et encore à ce qui était arrivé plus tôt.
J'aurais dû tenter autre chose, la tuer même. Je m'en foutais, mais empêcher ça d'arriver.
Je plongeai sous l'eau et laissai cette dernière m'englober totalement. La faune s'écarta à mon approche.
Leur instinct leur disait que j'étais dangereux.
Pourquoi m'avait-elle fait ça ?
J'avais hurlé, je m'étais débattu de toutes mes forces, je l'avais mordue, je m'étais échappé de ses griffes, mais rien à faire. Elle avait réussi à prendre de moi la seule chose que je ne voulais pas qu'elle prenne.
Elle n'était plus rien à mes yeux, elle n'était plus ma sœur et j'espérais que Jasper ne reviendrait jamais.
Ou si ! Qu'il revienne et qu'il ne lui pardonne pas cet acte ignoble.
OoOoOoOoO
Même totalement dans l'eau, j'avais toujours cette sensation d'être sale, d'être une merde qui n'avait pas su se défendre.
Je devais la retrouver pour alléger cette culpabilité qui me submergeait de plus en plus. Une haine montait peu à peu en moi aussi et je voulais qu'elle disparaisse.
Je voulais lui dire à Bella, lui dire avant qu'il ne soit trop tard.
Trop tard de quoi ?
Je ne savais pas, mais je sentais au fond de moi que je devais être honnête envers la femme de ma vie. Elle devait entendre le fait que j'avais échoué à préserver la seule chose que je m'étais refusé de lui donner.
Mais quel con ! Mais quel con j'avais été !
J'aimerais tant revenir en arrière, lui offrir cette chose. Elle ne serait peut-être pas partie et je ne serais pas venu rejoindre cette… cette…
Bref, je ne serais pas là, sous l'eau avec cette pression qui recouvrait tout mon corps.
Je devais faire le tour de toutes les connaissances de mon père pour le retrouver et retrouver ainsi Bella par la même occasion. Je ne serais heureux et comblé que dans les bras de la femme que j'aimais.
Et si elle ne voulait plus de moi, si elle ne me pardonnait pas de ne pas avoir eu la force de défendre ma vertu, si elle me quittait définitivement, alors, j'irais chez les Volturi…
Même si ma famille allait être triste de ma mort.
Car même si Alice n'était plus ma sœur, j'avais encore une mère, une autre sœur et deux frères. Et ces derniers seraient abattus par ma disparition. Quoique je commençais aussi à haïr Jazz. S'il n'avait pas été lâche envers son problème, il ne serait pas parti et Alice n'aurait pas eu besoin de moi.
Je fus soudain las de mes réflexions et stoppai tout mouvement.
Étais-je encore digne de ma Bella ?
Non. J'étais un monstre sans rien d'humain à part mon amour qui la salirait elle aussi.
Je me laissai alors couler, et ne désirais rien d'autre que le calme que m'offriraient les profondeurs. Je ne voulais plus rien entendre…
Le noir, qui ne l'était à mes yeux, m'engouffra dans un silence de plomb.
Je fermai les yeux et vis Bella, celle qui était l'objet de mon amour éternel.
Que faire ?
Je n'en savais rien et tant que je ne serais pas décidé, je resterai ici.
Bella Pov (Un mois et quelques jours après son départ de Forks)
J'ouvris les yeux et immédiatement je sentis une super odeur de bacon, de myrtille et de… viande.
Ok.
Je me levai rapidement et marchai d'un pas décidé vers la cuisine. Cela faisait un mois que j'étais ici et Carlisle s'était très nettement amélioré niveau préparation de repas.
Je pénétrai dans la cuisine et demandai :
- Bonjour cuistot, c'est pour moi tout ça ?
- Non, c'est pour vous, rectifia-t-il en montrant mon ventre. Comment allez-vous ?
- Je vais bien… et pour le reste je ne peux rien vous dire.
- Mon Dieu Bella, t'es-tu regardée ? Enfin je veux dire…
- Quoi ? Demandai-je en regardant mon corps.
Mais, c'était quoi ce bordel !
C'était à moi ces seins immenses ?
Ce n'était pas possible. Je levai la main et touchai.
Mais si, c'était mes seins, et je dirais qu'ils avaient triplé de volume pendant la nuit.
- Carlisle, ce n'est pas possible, si ? Demandai-je interloquée.
- Eh bien, vu que tu évolues par phases très aléatoires, je dirais que tu viens de prendre une poitrine de femme enceinte quasi à terme en une nuit… Félicitation future maman, s'exclama-t-il avec une voix rassurante.
Il m'envoya aussi un sourire et il retourna à ses fourneaux.
Il était vrai que depuis mes premiers examens gynécologiques, j'allais de surprise en surprise.
- Demande-lui, c'est à elle qu'il faut faire la demande, dit soudain Carlisle.
- Quoi, ils veulent quoi ? Lui demandai-je.
- A ton avis ? Après le petit-déjeuner, j'irai à terre le temps que tu... enfin… qu'ils aient ce qu'ils souhaitent, termina-t-il légèrement gêné.
- Ah… je vois. Je devrais y être habituée depuis un mois, pourtant je n'y arrive pas. Mais je ferai tout pour eux, dis-je en ressentant une vague d'amour pour eux.
- Merci !
Je plaçai la main sur mon immense ventre et donnai une légère pression :
- Je ferai tout pour vous mes chéris, leur murmurai-je.
- Voilà Bella, régale-toi, entendis-je dire Carlisle. Enfin, régalez-vous. Je vais aller te chercher du sang, je reviens le plus vite possible, continua-t-il en enlevant son tablier.
- Merci Carlisle. Que ferais-je sans vous ? Demandai-je en regardant avec appétit mon assiette.
Et voilà ! Le septième chapitre est republié. Il fait 25 pages et 7.538 mots.
J'espère qu'il vous a plu. ^^
A très bientôt, dans un mois pour être précise,
(^-^)
Jes Cullen-Malfoy
Chapitre 7 publié le 10 août 2012
