Merci encore pour toutes vos reviews! Vous êtes adorables! Un grand merci aussi aux lecteurs qui suivent la fic, et qui ne laissent pas de commentaire
j'espère que ce chapitre ne vous ennuira pas, je pense qu'il ne s'y passe peut-être pas grand chose, mais c'est une mise en place nécessaire. Bientôt la fête!
A bientôt!
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Chapitre 4 partie 1 : Party time!
Hier après-midi, à peine rentrée, j'ai appelé Jacob. Pour l'adolescente trop sérieuse que je suis souvent, avoir Jacob pour confident est une bonne dose d'insouciance et de désinvolture en intra-veineuse, c'est un vrai bol d'air pur. Je lui ai dit que j'étais privée de sortie, que le monde était injuste envers moi, que je ne comprenais pas pourquoi les adultes s'obstinaient ainsi à se montrer si différents de nous, si obtus, si illogiques et lâches. Etait-ce si difficile ou si risqué d'écouter pour tenter de faire la part des choses ?
Je ne comprends pas. A part si c'est pour éviter de regarder en face leurs échecs et leurs propres fautes de jeunesse. C'est si facile d'être dans l'extrême. Je ne te fais jamais confiance, ou je te fais aveuglément confiance. Ne jamais analyser les situations, ne jamais écouter, ne jamais réfléchir. Pourtant, c'est ça la vie.
Bref, Jake a vu que le moral n'était pas au top, il a ronchonné avec moi, j'ai ri avec lui, et quand je lui ai dit qu'Alice venait le lendemain, il m'a proposé de venir aussi. Finalement, ça va finir par être sympa d'être cloîtrée ! Je viens juste de terminer mon devoir de maths. Même en littéraire, ils nous font encore un peu bosser les sciences. Pourtant je suis persuadée que d'ici dix ans j'aurai tout oublié ! Alice arrive dans une heure et Jake nous rejoindra après son entraînement de basket. Ca me laisse juste assez de temps de leur préparer des cookies au chocolat et aux noisettes, Jacob les adore.
Alice arrive, un énorme sourire aux lèvres.
- Salut la fée, qu'est-ce que tu mijotes ? ce sourire est suspect !
- Mais nooooon ! Je suis juste hyper contente de te voir. Regarde ce que j'ai amené ! Et elle sort de son sac le DVD de... Dirty Dancing.
Un vrai film à regarder entre copines !! On va passer un super après-midi tu verras, en plus ça fait une éternité que je ne l'ai pas regardé !
- Moi aussi ! je l'ai vu au moins vingt fois tu sais, mais je ne m'en lasse jamais ! Une piqûre de rappel ne fera pas de mal.
- Comme ça on ne risquera pas d'oublier les répliques ! Non mais t'imagine le drame !
Si j'avais eu une sœur, j'aurais voulu que ce soit Alice.
- J'imagine oui ! allez viens t'asseoir dans le salon. Nous sommes seules pour le moment, mon père est à la pêche, mais Jacob va venir tout à l'heure. Je fais du thé, installes-toi.
- Jake vient, trop super ! on va peut-être enchaîner sur Star Wars alors ?
Alice se racle la gorge puis se met à contempler les murs, le plafond, le tableau au-dessus de la télé.
- Tu voudrais me dire quelque chose, Alice ?
- Je ne sais pas si je devrais...
- Encore tes histoires de réincarnation, hein? tu veux bien m'en dire plus? Elle hésite. Réfléchit intensément.
Attends tu me fais peur là, c'est quoi cette association d'idées avec Star Wars ? Tu ne vas quand même pas me sortir « Bella... je suis ton père » ?
Alice éclate de rire. - Mais non, imbécile ! ça n'a rien à voir avec la réincarnation. Par contre, je crois que je n'aurais pas dû t'en parler, ce n'est pas très malin de ma part. On ferait mieux d'oublier, ok ?
- Ah non ! je veux savoir.
- Evidemment, ça j'aurais du m'en douter. Vraiment, c'est mieux pour toi de ne pas savoir. Juste pour préciser, je n'ai pas du tout d'idée définie sur les liens qui ont pu exister entre nous, éventuellement, dans une autre vie. C'est juste que je s..., je pense, que les âmes peuvent persister en dehors de l'enveloppe charnelle, et je ne trouverai pas ça saugrenu qu'elles puissent réintégrer un nouveau corps.
Et, hum. Ce que je voulais te dire l'autre fois, c'est que parfois en effet j'ai l'impression de reconnaître des gens que je ne connais pas, un peu comme de les retrouver après une longue absence, comme tu l'as dit. Et, hum, je n'en sais rien, mais je me dis pourquoi pas, peut-être que des âmes très liées, ou encore plus des âmes sœurs, quand elles se croisent, s'en rendent compte, se reconnaissent et s'attirent, pour se retrouver. La théorie du coup de foudre, tu vois...
- Tu crois que j'ai 'reconnu' Edward ?
Ne parle pas de ça à Edward ! il est incompréhensible en ce moment. Il est trop lourd.
- Je lui fais peur. Elle hausse les épaules en roulant les yeux au plafond.
- En tout cas, ce que je voulais te dire au départ, avant que tu ne dévies la conversation, c'est que ça l'énerve que je te parle. Il dit que tu réagis trop bizarrement avec lui. Qu'il ne comprend pas pourquoi j'essaie d'être ton amie, que tu es sûrement un peu folle. Je dois être livide.
Mais en fait je sais qu'il est jaloux que j'en sache plus sur toi que lui. Il était trop agacé que je vienne chez toi aujourd'hui ! Il fait l'indifférent, mais il ne l'est pas.
- Ah... il commence vraiment à m'enrager celui-là. Il croit que je suis folle, mais c'est lui le grand malade. Plus lunatique, tu meurs. Il faut que j'arrête de penser à lui comme le mec le plus incroyablement beau et sexy de l'univers, c'est juste le plus... bizarre ! J'ai pas besoin de ça.
Bon allez, on le regarde ce film, au moins ce bon vieux Johnny ne nous décevra jamais !
Nous sommes encore en train de chanter « Time of my life » quand Jacob et Quill arrivent. Plus on est de fous, plus on rit ! et puis je vais pouvoir négocier sa fonction de DJ pour la fête.
- Ooooooh pitié non, pas encore cette chose ! s'écrit Jake en attrapant la boîte du DVD sur la table basse. Toi aussi tu es atteinte, Alice ?
- On ne laisse pas Bébé dans un coin, dit-elle, fière comme un coq. C'est une confirmation. Elle aussi est atteinte.
Jake passe son bras autour de ses épaules : « L'homme est un loup pour l'homme... et surtout pour la femme » ! dit-il en appuyant son index sur le nez d'Alice. La seule réplique potable, à mon avis ! Bon, les nanas, heureusement qu'on arrive alors ! J'ai amené ma Wii, ça va relever le niveau ! prêtes à mordre la poussière ?
Deux heures et quelques tournois de bowling plus tard, Charlie rentre et s'étonne du spectacle qui s'offre à lui.
- T'es pas censée être punie, Bella ? il ronchonne dans sa barbe. Vraiment pas doué... sais pas y faire... jamais vue aussi radieuse...
- Salut oncle Charlie ! Punition injuste, on était obligé d'agir... Qu'est-ce qu'on s'est amusés ! Tiens, il reste un cookie. Trop bons. Tu sais Charlie, t'es trop dur avec ma couz, elle tombe sur un psychopathe et toi tu l'achèves ! Charlie lui lance un regard noir, qui n'a pas l'air de perturber Jake, puis regarde le reste de l'assemblée.
- Papa, je te présente Alice, elle vient de s'installer en ville. C'est la fille d'Esmé et Carlisle Cullen, le nouveau chirurgien.
- Aaaaaaaaah la copine de Jacob, c'est ça ? demande-t-il avec un sourire entendu.
- Hé Charlie, Alice est ma copine. Pas ma petite copine. Eh ouais qu'est-ce que tu veux ? Elle a craqué sur un lutteur, je ne fais pas le poids, il me taillerait en pièces...
En rien de temps, Alice et Jacob réussissent à convaincre Charlie de me laisser passer le prochain week-end et fêter mon anniversaire chez les Cullen. Ils doivent avoir des pouvoirs spéciaux, c'est pas possible autrement.
La semaine passe rapidement, Alice nous amène chaque jour des échantillons d'invitation, qu'elle fait elle-même, ainsi que des croquis montrant des dispositions différentes du grand salon des Cullen. Elle est plus qu'enthousiaste. Angela, quant à elle, est sur un nuage. La sortie à Port Angeles s'est très bien passée. Ben lui a proposé de monter avec lui en voiture ; ils ont beaucoup parlé et elle s'attend à ce qu'il lui propose un premier rendez-vous très bientôt ; peut-être ce week-end ?
De mon côté, le moral est au plus bas, malgré toute cette effervescence : Edward est invisible. Chaque jour, j'espère le voir mais Alice me prévient toujours d'un regard qu'il n'est toujours pas revenu. Le mercredi après-midi, ma léthargie me permet de subir facilement ma colle. Les remarques acerbes de Hunt me passent bien au-dessus de la tête. C'est idiot, je connais à peine ce garçon, mais son absence me pèse. Nous ne sommes rien l'un pour l'autre, pourtant mon cœur s'atrophie douloureusement loin de lui. Je n'ai qu'un seul espoir : le voir ce week-end, quand je serai chez lui.
Jeudi matin, Angela nous annonce que Ben l'a invitée au resto, comme elle s'y attendait. Voilà une nouvelle géniale! Son souci c'est qu'il ne peut que samedi soir, et elle était censée passer le week-end avec nous. Après une délibération d'au moins... deux secondes, nous acceptons de l'autoriser à nous abandonner samedi après-midi. Elle est radieuse ! Ils formeront un beau couple, Ben est l'un des plus gentils garçons que j'aie rencontré. Ce bonheur par procuration recharge un peu mes batteries.
Je finis totalement de les recharger quelques heures plus tard, tandis que je prépare mes affaires pour le week-end. Je prends mon jean préféré, avec un corsage bleu dont la couleur fait ressortir mes yeux, mon short beige avec le t-shirt fuschia que j'aime tant, des fois qu'on sorte quelque part samedi soir, peut-être avec Edward, un survet au cas où nous irions courir en forêt comme l'a suggéré Alice, et ma nouvelle jupe en jean avec une blouse en mousseline colorée. Me voilà bien équipée ! le seul problème c'est qu'il me faut encore mes tennis et mes bottes, mon pyjama et ma trousse de toilette. Il va me falloir une valise ! c'est Alice qui va bien rire, mais elle me comprendra j'en suis sûre...
Le docteur Cullen nous attend dans sa superbe Mercedes noire à la sortie des cours, vendredi après-midi. Cet homme semble très calme, la sagesse incarnée, et je comprends d'où Edward tient son insolente beauté. Il n'a pas oublié non plus d'être espiègle.
- Bon, les filles, j'imagine que vous allez passer une partie du week-end à élaborer des stratagèmes perverses pour conquérir des cœurs. Tout ceci ressemble trop à une expédition de guerre ! vous ne craquez pas sur le même au moins !
- Ooooooooooooh non ! nous écrions-nous en cœur.
- Ne vous arrachez pas les cheveux d'accord ! Conclue-t-il en souriant, tandis qu'il démarre la voiture.
- Alice, tu ne m'as pas dit pour Edward ? je craque, il faut que je sache.
Son père me jette un coup d'œil surpris, Alice rougit, puis répond :
- Eh bien, en fait il a décidé de rester chez Emmet et Rose pour le week-end.
- Qui ? demande Angela, plus rapide que moi, ce qui m'arrange, ne souhaitant pas dévoiler davantage mon intérêt pour Edward.
- Mon fils aîné, Emmet, et sa femme Rosalie. Ils sont à la fac à Seattle tous les deux.
Tu sembles connaître Edward, Bella, vous êtes dans la même classe ?
- Non, on se connaît seulement de vue, monsieur. Oui, j'ai intérêt à surveiller mes propos...
- Appelez-moi donc Carlisle, les filles.
Et dire que depuis une semaine je suis obnubilée par l'idée de passer le week-end en sa compagnie, chez lui. On nous aurait présenté l'un à l'autre, on aurait pu parler. Au moins, il m'aurait vue dans mon état normal, ou presque. Je tenais une chance de ne plus l'effrayer. Et elle s'est envolée... c'est injuste ! et je soupçonne que ce soit fait exprès en plus !
- Je suis désolée Bella, me dit Alice. Est-ce que ça change trop tes plans, tu veux rentrer chez toi ?
Je suis surprise qu'elle soit à ce point consciente de ma fascination pour son frère.
- Non, Alice, je suis ravie d'être là. Avec les meilleures amies dont on puisse rêver.
- Mais pas le plus beau et mystérieux garçon dont on puisse rêver, murmure-t-elle dans mon oreille avec un petit rire.
Alors que nous nous garons, je réalise que je ne me suis plus sentie aussi insouciante depuis des années. La somptueuse maison est nichée au milieu des bois, c'est charmant. La maman d'Alice nous accueille. Ils se sont bien trouvés avec Carlisle. Cette femme a énormément de classe. Elle semble si douce et bienveillante, l'image même de la maternité. Mon cœur se serre, j'aimerais tant pouvoir retrouver ce regard dans les yeux de Renée...
- Carlisle, merci d'avoir amené les filles, mon chéri. Je suis Esmé, bienvenue chez nous les enfants. Je suis bien contente que vos parents vous aient confié à nous, c'est la première fois qu'Alice se fait de vraies amies.
- Eh bien en fait, mon père est le shérif alors il vous prévient que si jamais je devais disparaître ce week-end, vous auriez le FBI à vos trousses dès lundi matin.
Esmé rit ; Et que nous prépare ta maman ?
- Elle n'est plus de ce monde depuis quelques années. Ma gorge se noue. Un accident de voiture.
- Je vois. Nos hôtes échangent des regards anxieux, ils doivent craindre de m'avoir bouleversée. Je suis vraiment navrée Bella, pardonne ma maladresse.
Et tu es Angela, la fille du pasteur, n'est-ce pas ?
- Tout à fait, Esmé. Merci de nous accueillir ce week-end, et pour la fête ! Si vous avez besoin d'aide...
- Ne vous inquiétez pas. J'ai préparé la chambre d'Emmet pour Angela, et celle d'Edward pour Bella. Tu les leur montreras, Alice ?
Je n'en reviens pas. La curiosité se dispute à l'impression de bafouer son intimité. Je vais pouvoir découvrir sa chambre, sans lui. Dormir dans son lit, sans lui. Me saouler de son odeur, loin de lui. Et surtout, sans son autorisation. J'en ai envie, terriblement. Mais pas comme ça. Je voudrais que ce soit lui qui me donne accès à sa chambre. J'hésite... et laisse mon sac devant sa porte.
Nous passons une excellente soirée, à établir la playlist pour la soirée et à fabriquer les invitations. Alice a des tonnes de papiers et de matériel de scrapbooking. On a finalement prévu d'en faire cinquante, ce qui me semble très optimiste.... Une fois que nous en avons terminé, nous traînons encore un peu dans la chambre d'Alice, à parler garçons... Je suis la moins à l'aise bien sûr. D'abord parce qu'Alice est la demi-sœur de l'objet de mes rêves mais surtout parce qu'elles semblent toutes deux en bien meilleure position que moi pour arriver à leurs fins. A vrai dire, je préfère encore convoiter Edward sans espoir qu'il puisse s'intéresser à moi en retour, plutôt que de n'avoir jamais croisé sa route.
Puis Alice nous conduit à nos chambres. Nous souhaitons d'abord bonne nuit à Angela, qui dort au premier étage, ensuite Alice m'emmène au second. Je lui demande de rester un peu avec moi, le temps que je découvre sa chambre.
- Excuse moi Alice. Je réagis très étrangement par rapport à ton frère, je ne sais même pas pourquoi. Il me fascine, je l'avoue, mais tu l'as déjà compris. J'ai l'impression de l'avoir attendu toute ma vie.... Je ne peux pas vraiment rester là sans lui, j'ai l'impression d'être un voyeur, de le trahir. Je n'ai pas le droit de m'imposer dans sa vie comme ça...
- Allons Bella. Ne t'inquiètes pas ! Profites-en pour le découvrir un peu, tu sauras de quels livres ou musiciens lui parler ! Au pire rejoins moi. Elle me serre dans ses bras et rajoute : je suis sûre que vous serez de vrais piliers l'un pour l'autre. Ce sera difficile au début, mais ça ira. Ça s'arrangera, ne t'en fais pas.
Je ressens une tonne de choses merveilleuses et douloureuses à être là, regardant ses livres, ses CD, et surtout ses photos : Edward jouant sur un piano à queue, Edward riant dans la forêt avec un jeune homme que je suppose être Emmet, Edward conduisant une voiture sport. J'ai envie de pleurer. C'est complètement stupide. Ca y est, je pleure à chaudes larmes, car sans doute n'y ajoutera-t-il jamais de photo de nous ensemble, enlacés et souriants. Je me jette sur son lit pour y pleurer tout mon saoul, et je serre contre moi son oreiller, gorgé de son odeur.
Je suis dans son lit, je m'endors, seule.
