Bonjour bonjour ! J'espère que vous allez bien et que vous êtes fraîches (s'il y a un homme dans l'assemblée, qu'il se manifeste) et disposes pour lire ce chapitre. Il est long lui aussi ! Bon, il se passe un peu moins de choses que dans le précédent, mais il se trouve que la fiction sera plus longue que je le pensais... Et puis j'essaie de rester cohérente, alors tout ne peut pas s'enchaîner trop vite ^^ Et pour info...

PRESQUE 5 000 MOTS (4,937 en fait)

Ana : Hello ! Pour Watari... OMFG quelle horreur ! :O Pour moi c'est un peu le gentil papy gâteau de l'histoire, et là je me suis détruit mon trip toute seule ! Et pour Matsuda... Je voulais créer cette réaction, tu es la parfaite lectrice ;) Je ne pourrais pas lui faire ça, je l'aime trop (bon, pas autant que L, mais...). Pas encore de rating M pour le moment (même moi je ne sais pas quand il arrivera... C'est tellement imprévisible ce genre de choses :P) et pas de soucis je préviendrai ! Pour le bac... J'espère que tes encouragements m'on porté chance :3 Merci beaucoup pour ton soutient, et VIVE TOI ! (imagine une foule en délire -non en fait imagine une fille toute seule qui hurle devant son ordinateur). 3 keur.

GekkoNoUta : Salut à toi et bienvenue sur ma fiction ! Si ça te plaît, je suis contente, si Ellen te plaît aussi, je suis encore plus contente, et pour L... *.* bref, pas besoin de trop m'étendre à ce sujet, je crois que ma fic est un aveu de mon addiction à ce personnage (j'ai même pleuré quand il mort, c'est pour dire !). Et oui, vivement le M ! Moi aussi je l'attends avec impatience, mais il faut qu'il soit parfait. Encore un peu de patience, ça ne devrait pas trop tarder... ;D Merci, et bisous de la part de L.


Light se réveilla rapidement ce matin là. La veille, il avait rendu visite à Misa en prenant soin de n'être pas suivi, dans un petit parc qu'il connaissait. Il lui avait reproché d'avoir donné le Death Note devant les caméras de L, et elle s'excusa longuement. « Je ne pensais pas que tu souffrirais autant en le touchant, ni que cela alarmerait L ! J'ai voulu faire comme si ce n'était qu'un simple carnet en le montrant... »

Il lui avait fait comprendre qu'à cause d'elle, ils étaient redevenus les premiers suspects de l'affaire Kira. Mais il lui avait aussi fait entrevoir son plan.

Sarah.

Cette idiote allait être plus difficile que prévu à avoir, mais cela pimentait un peu le jeu. Puisqu'il ne pouvait pas s'occuper de L pour l'instant, autant trouver des activités constructives. Comme faire accuser quelqu'un d'autre à sa place et jouer avec les nerfs du meilleur détective au monde. Il se prit de nouveau à rêvasser : peut-être serait-elle cette faille qu'il avait tant cherché.


Une respiration sifflante empêchait le silence d'être. Il faisait déjà jour dans la chambre mais son occupante dormait à poings fermés.

Son rêve jusqu'ici paisible se mua en cauchemar. Une alarme hurla tandis que le sol s'effritait sous ses pieds. Elle tomba longuement, sa chute lui semblait sans fin.

Ellen ouvrit brusquement les paupières et jeta sa main du côté de son réveil. Ses doigts se cognèrent au rebord de la table de chevet.

-Mais merde ! S'exclama l'élégante jeune fille dans sa langue natale.

Elle atteignit après quelques difficultés l'objet bruyant et passa en position verticale. Les yeux mi-clos, elle essayait tant bien que mal de s'accoutumer à la lumière du jour.

Sa bouche était désagréablement sèche, et elle retint une exclamation en voyant sa belle robe verte gisant au sol.

Bordel de merde.

La soirée de la veille lui revint en mémoire d'un seul coup. Elle se laissa retomber sur son lit en se frottant les yeux. La honte lui brûlait les joues. Une farandole de questions se pressait dans son crâne, et des images floues s'accompagnaient de vagues souvenirs.

Ellen coupa court à ses réflexions. Des lendemains de soirée désagréables, elle en avait vu d'autres.

Elle s'habilla dans son lit en se retenant de faire un doigt d'honneur au plafond; impossible de voir ces fichues caméras. Après de longues minutes de contorsions ridicules sous ses draps, Ellen bondit hors du lit en voyant qu'elle était presque en retard pour ses trois heures de cours de la matinée. Elle fourra dans son sac tout ce qui traînait sur le bureau et se dépêcha de rejoindre le garage où Watari l'attendait habituellement.

Personne. Mais elle n'avait pas le temps de l'attendre, et n'en avait pas l'envie non plus. Elle sortit de l'immeuble et courut à l'université, déjà haletante.


En se levant Light avait pressenti qu'il passerait une excellente journée. Mais cela dépassait toutes ses espérances.

En prenant place dans l'amphithéâtre, il remarqua l'absence de Sarah. Pourtant il était sûr qu'ils avaient un cours en commun aujourd'hui.

-Light-kun.

L'étudiant se retourna, sachant trop bien à qui appartenait cette voix. Que faisait L ici ?

-Hideki... dit-il en souriant comme s'il s'y attendait.

Le détective s'assit auprès de lui, les jambes repliées contre son torse. Il fixait le mur opposé. Après un long moment, il finit par dire, sur le ton du constat :

-Nous sommes à égalité.

Light Yagami retint un rire. Plus de conditionnels, plus d'hypothèses. Kira et L se faisaient face, et c'était à celui qui serait le plus inventif pour coincer l'autre. À égalité, vraiment ?

Pour le moment.

Il lutta contre le rictus qui commençait à poindre sur son visage. Garda son air impassible.

L ne pouvait rien contre lui, et pourtant il savait. Il avait besoin de preuves et ne pouvait rien faire d'autre que brandir un extrait vidéo de Light avec un carnet noir, carnet d'ailleurs introuvable malgré la fouille complète de sa maison.

Évidemment, puisqu'il repose bien gentiment dans un parc.

Light avait tout de suite remarqué qu'on était entré dans sa chambre, et Ryûk lui confirma ceci après avoir été corrompu au moyen de trois pommes. Le jeune homme se félicita d'avoir gardé un peu du cahier de la mort dans son porte-feuilles.

Le cours commença et aucun des deux ne prononça un mot de plus. Le brouhaha se calma progressivement pour finalement disparaître et faire place à un silence quasi-religieux.

Light était occupé à jouer l'élève consciencieux en notant chaque mot prononcé par le professeur, tandis que L avait toujours le regard rivé au mur.

Quelques personnes arrivèrent en retard et prirent place discrètement.

Un demi-heure se passa ainsi, l'atmosphère restait tendue entre les deux jeunes hommes malgré leur apparente décontraction.

L'orateur s'interrompit brièvement, les sourcils froncés. Il enchaîna sur la phrase suivante.

La porte principale s'était ouverte sur Sarah, faisant se retourner la majorité des étudiants. Elle s'appuyait sur le mur, incapable de répondre à une fille qui lui demandait si tout allait bien. Sa respiration était bruyante, elle était en sueur. Elle cherchait une place du regard alors que le cours avait repris sans plus de cérémonie. Son visage changea de couleur quand elle vit que Light lui faisait signe de venir. Elle s'assit à côté de lui en tentant de reprendre sa respiration malgré une quinte de toux qui coupa le professeur. Il lui lança un regard lourd de reproches avant de continuer. Elle avala rapidement un comprimé qu'elle venait de sortir de sa poche.

Light fixait Sarah avec un petit sourire.

-Quoi ? Grinça-t-elle à mi-voix.

L'étudiant prit son menton entre ses doigts mais elle s'écarta de lui comme s'il avait la peste.

-Me touche pas.

Elle montra les dents, prête à mordre. Il rit silencieusement.

-Qu'est-ce qu'il y a de si drôle, putain ? Elle marqua une pause, et s'étonna : Ryûzaki ?

Elle avait fini par le voir, et ce dernier la salua d'un signe de tête. Light avait remarqué le regard insistant du détective et nota ce détail mentalement. Il vit aussi le malaise de Sarah, qu'elle dissimulait piètrement.

-Tu n'as pas croisé de glace depuis combien de temps ? répondit Yagami, moqueur malgré son sourire qu'il voulait compréhensif.

-J'ai toujours eu une sale gueule, c'est pas le moment d'en rajouter.

Il sourit de plus belle. Elle ouvrit son sac à dos et en sortit un chargeur, sa trousse, des feuilles déchirées qui devaient être ses cours, des barrettes, un bracelet, un foulard, et une foule d'autres objets qui semblaient avoir été jetés là-dedans de façon totalement aléatoire. Elle finit par mettre la main sur un miroir de poche et se regarda. Avec horreur elle découvrit que son maquillage de la veille avait joyeusement migré vers ses joues, que ses cheveux encadraient son visage à la manière d'une crinière de lion défoncé à l'ecstasy et enfin qu'elle avait des cernes pouvant concurrencer ceux de L.

-Sérieusement... souffla la française, d'un air dépité.

Elle frotta son visage pour faire partir le mascara et aventura ses doigts dans quelques mèches trop emmêlées.

-Attend, il t'en reste là, chuchota Light en effleurant la peau de la jeune fille de son index.

Elle frémit et lui tapa la main pour qu'il la retire. Après avoir vérifié son apparence une nouvelle fois dans le petit miroir et soupiré, elle prit un stylo pour commencer à écrire.

Light fit de même, prenant en note le cours, mais il s'aperçut assez rapidement que Sarah n'en comprenait pas un traître mot et qu'elle griffonnait quelque chose en français.

Elle dessina ensuite des bonhommes bâton, fit des dialogues. Son crayon errait au dessus de sa feuille, un peu au hasard. Elle s'endormait.

Pourquoi s'efforçait-t-elle de venir à la fac si cela s'avérait strictement inutile ? Il se pencha vers elle pour lui proposer à voix basse :

-Tu veux que je te donne mes cours tout à l'heure ?

Elle tressaillit légèrement et tourna la tête vers lui. Il sourit avec gentillesse et désigna ses feuilles de la pointe de son crayon.

-Mmmmm... Oui, ce serait cool.

Il hocha la tête et se remit à écrire.

Pauvre imbécile.


Ellen avait suffisamment de sujets de préoccupation pour ne pas s'ennuyer. Qu'est-ce que L faisait ici ? Elle avait été décontenancée quand elle avait croisé son regard et eut du mal à tenir sa résolution : faire comme si de rien n'était. Et cet emmerdeur de Yagami la gavait profondément avec ses techniques d'approche. Pour qui la prenait-il ?

Les trois heures furent interminables et finirent de déprimer la jeune fille. Ce jour rentrait facilement dans le top cinq des pires lendemains de soirée qu'elle ait connus. Quand la fin du cours sonna, elle ramassa ses affaires distraitement, faisant tomber la moitié de sa trousse par terre. En se baissant pour retrouver ses crayons sa tête heurta le genou de L qui venait de se lever pour sortir.

-Désolée ! S'exclama Ellen, confuse.

Il ne répondit pas et l'aida à retrouver le contenu de sa trousse éparpillé au sol. Ensuite il lui rendit ses affaires et lui tendit la main pour l'aider à se relever.

-Merci.

-Sarah-chan devrait faire plus attention, lui répondit-il sans la quitter des yeux.

Message reçu.

Elle était sûre qu'il ne parlait pas de sa trousse. Ellen lui sourit en rangeant ses crayons et se dirigea vers Light qui l'attendait depuis cinq bonnes minutes près de la sortie. Mais à peine avait-elle fait un pas qu'elle s'immobilisa. Elle prit son courage à deux mains et se retourna vers le détective.

-Ryûzaki... Excuse-moi pour hier soir.

Elle rencontra son regard et ne put le soutenir. Elle repartit vers la porte soulagée mais rouge.

-Tout va bien, Sarah-san ? S'enquit Light avec une hypocrisie proche du cynisme.

Elle hocha la tête et lui adressa son sourire le plus mielleux.

-Parfaitement ! C'est super sympa de ta part de me prêter tes cours...

-Non, c'est normal. Tu dois être un peu perdue ici, insinua-t-il.

Ellen haussa les épaules.

-Pas vraiment.

Son portable sonna et elle décrocha lentement, ne voulant pas avouer qu'elle était soulagée d'avoir une excuse pour échapper à Light Yagami.

-Oui ?

-Ellen ! Tu m'as presque raccroché au nez hier soir, qu'est-ce qu'il y a ?

Elle sourit en entendant la voix d'Emmanuelle.

-Attend deux secondes, répondit-elle en français.

Light n'avait pas bougé.

-Pour les cours, commença Ellen, mais elle fut interrompue par le jeune homme.

-On se voit en fin d'après-midi ? Je ne peux pas te les donner tout de suite.

-Euh... Demain plutôt.

Elle n'avait pas exactement envie de le voir en dehors de l'université.

-On a nos partiels dans moins d'une semaine, lui rappela-t-il.

Elle accepta, de mauvaise grâce.

-D'accord pour cet aprem. Vers 16:00 ?

-Oui. Dans le café au coin de la rue.

Elle grimaça.

-Quoi ?

-Juste un instant. Ce n'est pas un rendez-vous, l'informa-t-il de son air faussement poli.

-Ouais.

Elle lui fit un signe de la main et partit à pied vers l'immeuble de L.

-Désolée, Manue. Un mec atrocement lourd...

-Oui, tu vas me coûter cher en factures téléphoniques ! Les appels à l'étranger c'est pas donné.

-Pardon pardon pardon pardon pardon...

-Alors ? la coupa-t-elle. Je veux savoir ce qui ne va pas chez toi !

L'expatriée marqua une pause. Ouvrit la bouche, la referma aussitôt après. Elle aperçut la limousine de Watari et accéléra le pas. L venait de sortir.

-Un peu trop de trucs pour que je t'explique en détail. J'ai fait une connerie hier soir.

-Évidemment.

-Je suis sérieuse ! S'indigna Ellen.

-Oui je m'en doute. Tu es sortie ? Demanda avec un soupir d'anticipation son interlocutrice.

-Malheureusement oui. Et pourtant je sais que je fais n'importe quoi quand je suis en colère...

-Et donc ? C'était quoi cette fois-ci ? Tu as participé à une orgie dans une maison de retraite ? Mangé un furet empaillé ? Vendu tes reins à un trafiquant d'organes ?

Ellen ne put retenir un rire nerveux.

Si seulement.

-J'ai embrassé un mec.

Un gloussement se fit entendre dans le téléphone.

-Et ? Tu me déçois là, je pensais que t'avais au moins couché avec un clodo...

-T'es ignoble, Manue. Mais c'est juste que j'ai embrassé... Albert. Appelons-le Albert, et...

-T'as de mauvais goûts.

-Je sais. Bref, j'ai embrassé Albert mais ce cher Albert est un handicapé social, lâcha Ellen malgré elle.

-Attend. T'as embrassé un mec chelou et il te harcèle maintenant ?

-Non ! Il est pas si bizarre que ça... Enfin si, mais lui c'est pas grave. Ce qui me gène c'est...

Emmanuelle l'interrompit aussitôt :

-Tu viens sérieusement de dire que c'était pas grave ? Albert est aussi étrange que toi en fait ?

-NON !

-Grillée.

-Mais non, ça ne me gène pas parce qu'il n'est pas si étrange que ça et que...

Elle s'arrêta brusquement dans sa phrase.

Les mouchards.

Toute sa conversation avait été enregistrée, et L allait l'entendre si ce n'était pas déjà fait.

-Je vais rater mon bus ! Bisous Emmanuelle, je t'aime fort !

-Hé, me jette pas comme ça ! El ?!

Ellen raccrocha en se mordant l'intérieur de la joue. Comme si la situation n'était pas assez délicate comme ça, il fallait qu'elle en rajoute une couche. Elle hésitait presque à revenir à l'immeuble et voulait s'enterrer six pieds sous terre, afin d'être sûre de ne jamais revoir L. La fatigue lui jouait des tours, elle devait être à bout pour commettre ce genre d'erreur.

Le chemin du retour fut beaucoup trop rapide à son goût et elle rongeait ses ongles nerveusement. Elle rentra et prit l'ascenseur le plus discrètement possible pour se terrer dans sa chambre. La conversation qu'elle venait d'avoir avec son amie lui revenait sans cesse à l'esprit, et elle tentait d'imaginer la réaction du détective. Elle se rappela aussitôt qu'il resterait stoïque. Elle ne savait pas comment prendre ce néant émotionnel et aimait se persuader qu'il n'était qu'apparent.

Elle se prépara un repas et le mangea distraitement puis joua un petit moment sur sa Playstation 2. Vers quinze heure elle se rendit compte qu'elle s'ennuyait. En prenant son sac à main elle se dit que peut-être L n'était pas si indifférent. Elle se traita plusieurs fois de niaise pour avoir espéré ça et décida exceptionnellement de boycotter l'ascenseur. Un peu d'exercice physique l'aiderait à clarifier ses idées bordéliques.

Tu n'as aucune chance.

Ressassant toujours ses sujets d'inquiétude habituels, elle descendit jusqu'à l'atelier par mégarde.

-Sarah-san !

-Ah, Matsuda. Je me suis trompée d'étage apparemment...

-Je suis sincèrement désolé pour hier soir ! Dit-il rapidement, gêné.

Ellen leva les yeux au ciel.

-C'est bon.

Il s'alarma en entendant le ton froid et distant de la française.

-Je suis crevée, crut-elle bon d'ajouter en voyant Matsuda paniquer.

-Mademoiselle Sarah ! J'allais vous chercher, dit posément une voix qui s'avéra être celle de Watari.

Elle blêmit et sa colère contre L se raviva.

-Pourquoi ? Demanda la jeune fille en fixant ses chaussures.

-Ryûzaki aimerait vous voir. Il est dans l'atelier, l'informa le vieil homme en lissant sa moustache.

Elle releva les yeux et déglutit.

-Aaah... Euh, d'accord. Pas de soucis ! Feignit-elle avec un raclement de gorge.

Elle se traîna jusqu'au bout du couloir. Ouvrir la porte lui parut être une véritable épreuve. Elle appuya sur la poignée en choisissant une expression détendue et sereine. Son souffle resta dans sa poitrine quand elle le vit, debout face à elle.

-Watari m'a dit que tu voulais me voir.

Elle avait tenté d'avoir l'air naturelle. Sa voix s'était égarée dans sa gorge, ridiculement faible. Les yeux noirs de L pesaient sur Ellen comme une chape de plomb. Elle ancra son regard sur les ordinateurs.

-Nous avons une réunion dans moins de dix minutes. J'aimerais que tu sois présente.

Elle acquiesça après avoir vérifié l'heure. 15:03. Avec un peu de chance, elle ne serait pas en retard pour voir Light.

Le ton de L était resté impersonnel au possible. Jamais elle n'avait été aussi contrariée par son attitude bien trop neutre. Ce qu'il s'était passé hier n'avait pas l'air de l'importer plus que l'assiette de gâteaux dans les mains de Watari. Ellen tira une chaise et se laissa tomber dessus. Évidemment. Elle avait pourtant prié pour que L oublie qu'elle l'avait embrassé la veille et maintenant qu'il se comportait comme si de rien n'était elle n'avait qu'une envie : le gifler.
Il l'observa longuement.

-Sarah-chan n'a pas l'air d'avoir passé une bonne journée, affirma à mi-voix le détective en s'asseyant sur un siège proche d'elle.

Il replia ses jambes et appuya sa tête sur ses genoux, regardant Ellen s'emparer du plat de biscuits que Watari avait finit par poser sur un bureau. Elle en entama un et finit par répliquer :

-Je ne vois pas exactement comment je pourrais passer une bonne journée en sachant que partout où je vais je suis écoutée, regardée... En bref, surveillée.

Les grandes mains de L entourèrent ses genoux. Ellen releva les yeux, son biscuit à moitié mangé au bord des lèvres. Leurs regards se croisèrent finalement.

-Tu connais les enjeux de l'affaire Kira et tu sais aussi bien que moi que tu ne peux pas encore être libérée. Ce n'est pas ça le vrai problème.

Le calme du détective acheva de l'énerver, elle posa brusquement l'assiette sur le bureau.

-Tu as l'air bien renseigné, alors c'est quoi le "vrai" problème ? S'emporta la jeune fille en plantant son regard incendiaire dans les yeux de Ryûzaki.

Pour la première fois depuis qu'elle l'avait rencontré, un sourire naquit sur le visage morne du jeune homme. Cela prit Ellen au dépourvu. Il avait l'air beaucoup plus jeune et surtout plus humain à présent. Elle ouvrit la bouche inconsciemment.

Il prit deux gâteaux et en avala un. Il tenait le second entre son pouce et son index. Un détail frappa Ellen : il se servait très peu de ses mains en général, et s'il devait le faire il prenait les objets de cette façon particulière.
Elle se rappela l'après-midi dans la bibliothèque, quand il l'avait retenue de tomber et la veille quand il l'avait aidée à marcher. Il ne l'avait pas saisie entre deux doigts.

Cool, je suis plus qu'un objet, ironisa la jeune fille pour elle-même.

Ryûzaki l'interrompit dans ses pensées en lui proposant le biscuit qu'il n'avait pas mangé.

-Tant de générosité... Tu m'épates, Ryûzaki, serina-t-elle en soupirant.

Il ignora la pique et constata :

-Tu n'as pas faim.

Ellen était sur le point de répliquer qu'elle pouvait très bien se nourrir seule et qu'elle n'était pas un animal de compagnie, mais on frappa à la porte déjà ouverte. M. Yagami fit son apparition, suivi de Mogi et Matsuda.

-Il est 15:45, la réunion aurait dû commencer depuis longtemps, déclara Sôichiro Yagami, légèrement agacé.

L hocha la tête.

-Il faut que j'y aille, annonça Ellen avec un sourire d'excuse. Tu pourra tout m'expliquer Matsuda ?

-Oui ! Je peux même prendre des notes si tu veux Sarah-san ! s'empressa d'accepter l'ancien policier.

-Ce serait super ! Je dois aller récupérer des cours, j'ai bientôt des partiels et...

L la coupa en commençant la réunion. En japonais.

Elle se sentait un peu exclue mais elle ne s'en formalisa pas et quitta la pièce. Elle prit son temps pour aller jusqu'au café où elle devait retrouver Light. Malgré cela elle était arrivée avant lui. Elle n'avait pas l'habitude d'être à l'heure, et encore moins d'être en avance. En s'asseyant contre le mur qui ceinturait l'université, sa tête se posa contre le béton. Les paupières closes, elle voulait simplement se reposer. Le sommeil ne fut pas long à venir.


Lorsque Light arriva sur le lieu de rendez-vous il vit Sarah, endormie assise sur le trottoir. Cette fille n'avait donc aucune dignité ? Il s'agenouilla et posa une main sur son épaule.

-Sarah-san ?

Elle sursauta et se mit debout précipitamment.

-Je n'aurais pas dû réviser autant hier soir.

On y croit.

-Excuse-moi pour le retard.

En allumant son portable elle vit qu'il était effectivement 16:30.

-C'est pas grave, je n'ai pas vu le temps passer, lui assura-t-elle avec une pointe d'ironie.

Ils entrèrent dans le petit café et commandèrent. Elle un chocolat viennois et lui un expresso. Quelques minutes passèrent sans qu'aucun des deux ne fasse un effort pour amorcer la conversation. Le serveur arriva pour leur servir leur boisson et fut presque intimidé par le silence pesant qui les entourait. Sarah porta le chocolat à sa bouche, souffla, but, souffla encore.

-Tu es au Japon depuis longtemps ? questionna poliment Light.

Elle prit une gorgée, posa la tasse et leva les yeux vers lui.

-Mmm.

Il ne se laissa pas intimider par la mauvaise volonté évidente de l'étudiante. Il posa un paquet de feuilles sur la table.

-Voilà... J'ai traduit en anglais, mais tu passera tes partiels en japonais ?

Elle fixait les cours, étonnée.

-Non, je me suis arrangée avec l'université pour les passer en anglais. Ça a du te prendre du temps pour tout traduire...

Elle prit les papiers et commença à feuilleter. Tout était classé et numéroté.

A ce moment là, une serveuse passait derrière elle et le plateau qu'elle tenait tangua, en déséquilibre. Sarah laissa s'échapper une exclamation de surprise quand elle sentit un liquide froid l'éclabousser. Sa mâchoire se décrocha lorsqu'elle vit ses cours ravagés par du Coca-Cola et du Sprite mélangés.

-Putain, jura-t-elle en français.

Elle tenait toujours les feuilles, penaude. La serveuse se répandait en excuses et leur dit qu'ils pouvaient partir sans payer l'addition, mais cela ne consola pas Sarah. Light remarqua que son haut blanc était devenu transparent.

-Tu devrais aller te changer.

-Les cours... articula Sarah.

Elle les épongeait avec les serviettes que lui proposait la serveuse et fit de même avec sa blouse qui lui collait à la peau. En parfait gentleman Light lui proposa sa veste pour qu'elle puisse sortir du café dans une tenue décente.

-Merci, lui dit la jeune fille avec sincérité.

-De rien. Tu veux que je réimprime ça ? J'ai gardé la traduction sur mon ordinateur, l'informa le jeune homme d'un air compréhensif.

-Oui, s'il te plait ! s'empressa d'accepter Sarah.

Ils sortirent dans la rue et il lui proposa de venir chez lui pour qu'il s'en occupe aussitôt. Ainsi elle pourrait réviser dès ce soir. Elle hésita et regarda les feuilles à présent illisibles. L'encre s'était étalée et le papier se déchirait sous ses doigts. Elle donna son accord du bout des lèvres.

Parfait.

Ils marchaient dans une ruelle sombre et il la prévint qu'ils étaient presque arrivés. Light eut un rictus en repensant à cette serveuse qui avait été si facile à soudoyer. Un peu d'argent et les mouchards de L -il y en avait forcément sur Sarah- n'étaient plus en état de fonctionner. Maintenant personne ne volerait au secours de cette gourde.


Ellen surveillait Light du coin de l'œil. Ils étaient maintenant face à un entrepôt désert, et elle devait admettre que le tournant que prenait la situation l'inquiétait un peu. Dans son esprit, le mot "Kira" clignotait en rouge à la manière de l'enseigne d'un motel glauque, et elle avait du mal à ordonner ses pensées. Serrant déjà les poings, elle était prête à se défendre.

-Si tu cries je te tue, lui annonça froidement Light en enserrant sa nuque de sa main droite.

Elle se mâchonnait la joue jusqu'au sang. Le contact de sa peau la mettait mal à l'aise.

-Tu es Kira.

Light ricana tandis que ses doigts resserraient leur prise. Ellen se figea. Ses yeux écarquillés s'étaient posés sur une créature étrange. La respiration de la jeune fille s'accéléra à la vue de la chose cauchemardesque qui s'approchait d'eux. Elle essaya de faire un pas en arrière mais se retrouva coincée contre Light, bien plus grand et fort qu'elle. Il la tenait toujours malgré sa lutte acharnée. Le menton d'Ellen tremblait et elle avait envie de procéder à l'ablation de ses glandes lacrymales au cutter en sentant son visage se mouiller.

La créature la fixait de ses yeux globuleux et jaunâtres. Sa bouche hérissée de crocs pointus se fendit plus encore. La situation avait l'air de l'amuser : son sourire hideux s'incurvait jusqu'à ses oreilles. Sa peau était aussi flasque et blanche que celle d'un noyé.

-Voici Ryûk, dieu de la mort. Ellen, ne sois pas impolie... Présente-toi, susurra Light en l'approchant du monstre.

Son cerveau s'arrêta subitement de traiter toute information. Elle se colla un peu plus au jeune homme pour échapper au Shinigami, et elle entendit ce dernier rire. D'abord doucement puis, le volume sonore allant crescendo, à gorge déployée. Cela lui fit mal de l'admettre, mais ce son acheva de la terroriser. C'était un rire malsain, un rire de fou.

Comment connaissait-il son vrai prénom ? Elle poussa Light et s'écarta de Ryûk. Sa tête lui brûlait et pourtant elle tremblait de froid.

-Je déteste les conventions sociales, répliqua Ellen.

En regardant Ryûk elle utilisa tout ce qui lui restait d'audace, déclarant sur le ton du constat :

-La mort est laide.

Son champ de vision était parsemé de tâches. C'était officiellement son pire lendemain de soirée, loin devant les quatre autres inclus dans le top cinq.

Elle s'évanouit.


Alors alors alors alors ? Une idée pour tirer Ellen de cette situation délicate ? Non ? Bon, j'écris son nom dans le Death Note... *mode barge activé*

J'ai relu que deux fois ce chapitre pour cause : flemme (vous pouvez me huer) alors peut-être y a-t-il des vilaines fautes qui jouent à cache-cache ! Si c'est le cas, faîtes moi coucou en cliquant sur review ! Sinon... Si je vous avoue que j'ai adoré mettre en place le plan de Light, je passe pour une sadique ? Pas beaucoup de L x Ellen à ce chapitre, mais on profite mieux de ce qui sait se faire attendre, vous ne trouvez pas ?

C'est presque la fin du bac (et oui, tout le monde n'a pas terminé) ! Hold on pour ceux qui le passent encore, vous avez tout mon respect ^^

Une dernière chose : n'oubliez pas le petit commentaire qui fait toute la différence, parce que ça me motive vraiment pour écrire des chapitres longs et intéressants ! Je pense à vous quand je planche sur mes chapitres ;)

Bisous à vous et portez-vous bien !