Chapitre 7

A l'hôpital

- Bonjour, je viens voir Hermione Granger.

La réceptionniste lui lança un regard torve avant d'ouvrir son fichier et de chercher le nom demandé. Alors qu'elle avait posé le doigt dessus, elle releva la tête et demanda à Ron s'il était de la famille.

- Bien sûr, vous pensez vraiment que je m'inquièterais autant si c'était pas le cas ?

- Chambre 704, deuxième étage, répondit-elle.

- Merci.

Alors qu'il prenait l'ascenseur, il expliqua à Julius la situation.

- Beaucoup malade ?

- C'est pas très grave, mais elle est beaucoup malade, oui. Allez viens.

Il l'entraîna dans les couloirs blanc à la recherche du numéro 704. au moment où il posa la main sur la poignée, un guérisseur l'arrêta.

- Vous ne pouvez pas entrer ici, Monsieur.

- Mais c'est mon amie qui s'y trouve.

- Peut-être mais elle a la scrofulite et donc elle est contagieuse.

- Je suis vacciné, figurez-vous.

- Je parlais pour lui, dit-elle en désignant Julius. Il est trop jeune pour avoir été vacciné mais il peut l'attraper et ce sera encore plus grave, vous savez.

- Mais je ne peux pas le laisser là et il faut que je vois Hermione.

- Nous avons une garderie au dernier étage.

Ron hésita un instant mais finit par s'y rendre, ne voulant pas prendre le risque d'exposer Julius au microbe. Cela lui prit du temps d'expliquer à Julius que finalement, il ne pouvait pas voir Mione car elle était très malade.

- Mais toi tu peux, bouda-t-il.

- Je suis grand.

- Moi aussi !

- Non, tu es tout petit. Tu restes là sagement et je reviens vite, d'accord ?

- Non, veux pas. Je veux voir Mione.

- Tu ne peux pas la voir, expliqua patiemment Ron. Elle est malade. Je lui ferais un bisou pour toi, si tu veux.

- Non, elle est méssante.

Pour Julius qui ne comprenait pas ce que c'était qu'être malade, c'était dur. Ron devina qu'il croyait qu'Hermione ne voulait pas le voir. A le voir ainsi, Ron eut un pincement, il avait l'air vraiment triste.

- Ecoute, elle t'aime beaucoup, c'est juste qu'aujourd'hui, elle a mal ici, continua Ron en pointant du doigt le ventre de Julius.

- Elle a mangé du chocolat ?

- Je ne sais pas, mais elle veut pas que toi aussi, tu attrapes mal au ventre alors tu dois rester là.

De toute façon, il n'avait pas trop le choix. Avec quelques autres tentatives d'explications vaines, Ron confia le petit garçon à un guérisseuse et repartit en vitesse voir Hermione. quand il entra dans la chambre, un Médicomage était déjà présent et vérifiait sa fiche médicale.

- Bonjour.

- Bonjour. Elle va un peu mieux, la fièvre est tombée, indiqua le Médicomage. Nous avons eu deux autres cas récemment, ça doit peut-être provenir de la nourriture. Je vais aller demander plus de renseignements.

- Peut-être.

Ron jugea le Médicomage qui rassemblait quelques feuilles avant de sortir, d'apparence rien ne clochait mais il semblait, néanmoins, bizarre quand il parlait, comme s'il était un peu ailleurs.

- J'ai eu peur !

- Bonjour à toi aussi.

- Tu te rends compte de la peur que j'ai eu ? Tu ne répondais pas à la cheminée, j'ai frappé et sonné à ta porte, je ne sais combien de temps avant que ta voisine sorte et me dise, toute guillerette, que tu es à l'hôpital.

- Ce n'était rien, ça va déjà mieux, sourit Hermione, amusée par l'attitude de son ami. Julius n'a pas pu entré avec toi, n'est-ce pas ?

- Non, tu es contagieuse et il est trop jeune pour être vacciné. D'ailleurs, pourquoi toi, tu ne l'es pas ?

- Je suis pas née sorcière, dit-elle pour se justifier, et j'ai jamais pensé aux petits vaccins.

- Tu es bête. Tu en as pour combien de temps ?

- Ils veulent me garder une semaine, s'alarma-t-elle soudain, comme si elle avait oublié. Une semaine, tu sais ce que ça représente ? Tu dois leur dire que je vais mieux, que je suis résistante et que s'ils veulent vraiment, je resterais chez moi pour travailler. Mais une semaine ici, ça va pas dans leur tête, ils veulent m'achever !

Ron ne put s'empêcher de rire de la mine déconfite de la jeune femme. Elle paniquait à l'idée de pouvoir se reposer pendant quelques jours alors qu'il tuerait pour ça.

- Prendre du repos, Hermione. Tu vas en profiter pour te reposer et comprendre les vertus de ce mot : re-pos.

Hermione croisa les bras sous sa poitrine, mécontente. Une femme replète entra en tirant un plateau-repas et Hermione implora silencieusement Ron.

- S'il te plait, s'il te plait, murmura-t-elle pour qu'il parle à la guérisseuse.

- Gardez-la bien, Madame. Et qu'elle se repose surtout.

- Bien Monsieur, sourit la guérisseuse.

- Je dois aller récupérer Julius, je passerais te revoir les prochains jours.

- Tu l'embrasses de ma part.

- Oui, et tiens, je dois te faire un bisous de la sienne. Repose-toi bien, dit-il en se penchant pour lui planter un baiser sur le front.

Elle maugréa histoire de et il sortit en même temps que la guérisseuse qui lui avait apporté son repas. Merlin qu'elle allait trouver le temps long.

OoO

Les jours suivants, Ron avait finalement revu Mary, la jeune femme du parc. Il avait emmené Julius dans l'espoir de la revoir et l'avait invité à prendre une glace avec les enfants. Ce n'était pas vraiment dans ses habitudes d'offrir une glace à une jolie femme mais c'est tout ce dont il pouvait dans ce parc.

Ron s'entendait bien avec elle, certainement dû au fait qu'il n'avait pas à cacher Julius. Ils avaient longuement parlé et il avait appris qu'elle était veuve. Elle s'était mariée très jeune et la guerre avait emporté son mari, la laissant veuve avec un enfant. Elle essayait depuis peu de refaire sa vie et de laisser le passé derrière. Ron lui avait aussi révélé que Julius était, en réalité, le fils de son frère aîné, mais qu'il en était maintenant le tuteur légal depuis la mort de ses parents. Elle l'avait compris et complimenté car élever un enfant si jeune n'était pas de tout repos. Il s'était sentit flatté.

Le seul problème était Julius. Le petit garçon n'aimait pas Mary et le faisait bien sentir à Ron. Il refusait de jouer avec son fils, John, et n'en faisait qu'à sa tête quand il voyait la jeune femme.

- Sois gentil, Julius, ou je vais devoir me fâcher.

Le petit garçon refusait une fois de plus sortir de sa chambre.

- Je veux pas le parc.

- Pourquoi ? Tu aimes bien y aller d'habitude.

- Je veux Mione.

Ron poussa complètement la porte de la chambre du petit et le trouva assis sur son lit, dos à lui et la tête rentrée dans les épaules.

- Ça va pas ? Demanda-t-il en s'approchant et en prenant place à ses côtés.

Ron passa une main sous son menton pour lui relever le visage et constata avec effarement que ses joues étaient mouillées.

- Bah alors bonhomme. Dis-moi ce qui se passe ? Dit-il en le prenant sur ses genoux.

- Je veux maman.

Ron ferma les yeux tout en serrant un peu plus le petit contre lui. Il savait bien que ça arriverait à un moment. De toutes façons, il ne voulait pas que Julius oublie ses parents, c'est la raison pour laquelle une photo de Bill et Fleur était posée sur sa table de chevet.

- Elle me manque, renifla-t-il. Et papa.

- A moi aussi, ils me manquent. Je sais que c'est dur. On ira les voir avec Mamie et Papy, si tu veux. On leur offrira de belles fleurs.

- Accord.

- Allez, sèches tes larmes. On va aller au parc.

- Non.

Ron soupira. Finalement, il ne le fera pas changer d'avis.

- Très bien. On va rester ici alors.

OoO

- Bonjour.

- Ginny ! Entres. Tu vas bien ?

- Je te retournes la question, sourit la jeune femme.

- J'ai connu mieux. Ils ne veulent rien entendre. Je n'ai même pas le droit de quitter mon lit.

- Ils savent mieux que toi ce dont tu as besoin.

Hermione soupira et croisa les bras sous sa poitrine, montrant ainsi son agacement.

- Tu me connais, Ginny. Tu sais à quel point, je peux être désagréable quand je veux, alors je te promets que plus jamais cet hôpital ne voudra de moi à la fin de mon séjour.

Ginny rigola de bon cœur. Elle connaissait le caractère de son amie et ne doutait pas une seconde qu'elle mettrait ses paroles à exécution.

- Mais sinon, t'es-tu réconciliée avec ton frère ? Demanda Hermione.

- Non.

- Ginny…

- Je vais pas aller le voir et lui que je m'excuse !

- Pourquoi pas ? Tu sais très bien que Julius est très heureux avec Ron. Ils ont besoin l'un de l'autre. Ça lui fait du bien à Ron.

- Justement. Julius n'est pas un objet.

- Mais il ne l'utilise pas comme tel, Ginny ! Mais enfin… Je dis ça dans le sens, où il est devenu adulte. Il ne manipule pas Julius, ni rien.

- En tout cas, c'est un bon moyen de drague, lança Ginny dans le seul but de voir la réaction de son amie.

Celle-ci réagit au quart de tour avec un pardon sonore et des grands yeux.

- Julius a parlé d'une certaine maman qu'il a rencontré au parc. Apparemment, le petit ne l'apprécie pas beaucoup. Hermione, je sais que… mais enfin, je pense vraiment qu'entre mon frère et toi, il pourrait peut-être y avoir moyen.

- Non.

- Tu n'en sais rien.

- Si, justement. On se disputait sans cesse à Poudlard et même maintenant, ça n'a pas tellement changé. Et tu sais très bien, qu'ils nous aient déjà arrivé de passer une nuit ensemble.

- Même récemment, depuis qu'il a Julius ? demanda malicieusement Ginny.

- Non, pas depuis longtemps et c'est très bien ainsi. Et puis, qu'est-ce qui te prend, je croyais que « mon frère est un abruti fini » était encore en plein dans l'actualité.

- Mouai. Ma mère persiste à penser que tu es ce qu'il y a de mieux pour son fils. Et apparemment, Julius t'apprécie énormément.

- Ginny ne joue les apprenties entremetteuses, s'il te plait. On va se noyer avec de l'eau de rose, si tu continues.

Ginny allait poursuivre mais l'arrivée d'Harry l'en empêcha et soulagea Hermione qui ne se sentait pas la tête à débattre sur un sujet aussi houleux que Ron Weasley. Hermione détourna les yeux en voyant le couple s'embrasser comme s'ils ne s'étaient pas vu depuis des mois.

- Tu te sens mieux, Hermione ? Lui demanda Harry.

- Assurément mais ces médicomages ne me croient pas.

Harry sourit, reconnaissant lui aussi le caractère de sa meilleure amie. Elle lui demanda ensuite, s'il allait bien, lui aussi. Le travail d'Aurors était moins dur qu'en temps de guerre, mais ce n'était pas non plus les vacances tous les jours. Apparemment, ils auraient retrouvé la trace de Nott. Il y avait eu plusieurs pistes qui n'ont mené nulle part pour l'instant, mais certaines n'ayant pas encore été explorées, ils cherchaient encore.

Quand Ginny et Harry la quittèrent, Hermione ressassa ses pensées noires. A part, l'épisode, où elle avait vu Ron prendre un verre avec une jeune inconnue, il ne semblait plus draguer autant. De moins, elle le pensait bel et bien célibataire. Le voir avec Julius, passer du temps avec eux deux avaient réveillé en elle des sentiments dont elle avait espéré être débarrassée. Ron était exaspérant, chiant, grognon, mais il avait en lui quelque chose qui l'avait toujours attiré. De plus, il n'était plus cette adolescent horripilant qui l'avait agacé pendant toute sa scolarité, il était une jeune homme fort agréable à regarder et maintenant, il avait la preuve qu'elle était bien une fille.

Elle tenta de se convaincre que c'était mieux ainsi. Au moins, cette jeune femme savait-elle s'y faire avec les enfants. Hermione se promit que lorsqu'elle sortirait de l'hôpital, elle reprendrait une vie normale, n'incluant ni Ron, ni Julius. C'était trop pesant pour elle, sinon.


A suivre...

Je sens que certaines ont encore des envies de meurtre à mon égard. Désolée mais c'est la dure loi de la fanfic, l'auteur est maître de son texte :)

Merci à toutes celles qui m'ont laissé une review et encore désolée du retard pour cette fic, je fais de mon mieux. Pas le temps de lister les revieweurs mais j'ai répondu à tout le monde et c'est le principal.

Bisous

Twinzie