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Coucou tout le monde...*s'essuie le front, essoufflée*
Enfin, j'arrive à poster le chapitre 8 ! Avec un peu en retard mais voyez ça comme mon cadeau spécial avant Noël pour vous ^^
Un grand merci à Joeymalia42 pour la correction superrapide ! Tu t'es surpassée ma chérie ;) Merci merci merci !
Je ne vous retiens pas plus longtemps ! Vous trouverez tout au long du chapitre les soundtracks pour se mettre dans l'ambiance ! Rendez-vous en bas!
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Réponses aux Reviews Anonymes:
Beled : Merci ^^ La suite, c'est par ici ! Bonne lecture! kissss
Chat-de-nuit : Merci pour la super review ! J'ai adoré, vraiment :D Le chapitre 8 est enfin là ^^ Evite juste de te faire interner...sinon t'auras pas la suite :p Gros bisous
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Disclaimer : Les personnages appartiennent à Stephenie Meyer.
\(^o^)/ Bonne Lecture ! \(^o^)/
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« Après des semaines à nous snober, l'enfant chéri de UCLA reprendrait-il du service ?
Les Girls, une source vient de m'apporter le scoop de la semaine, et c'est une news qui en excitera plus d'une !
A la demande spéciale de Sa Majesté Cullen, une énorme soirée serait en préparation à la résidence des Kappa Omega Psi
Oui ! Oui ! Vous avez bien lu mes chéris ! Une K.O.P Party! Ce soir !
Sortez les tongs et les bikinis parce que le thème de la soirée c'est FULL MOON PARTY !
Pas besoin de vous dire que je ne manquerais ça pour rien au monde.
Rendez-vous demain pour un résumé en règle des moments croustillants :
Qui s'est fait jeter, qui s'est fait sauter et qui a fini totalement déchiré !
XoXo
Lady Gossip
Ah oui ! Heu…Les petits boudins, pitié, épargnez nous ce soir et restez chez vous ok ! »
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POV EDWARD
(Soundtrack: Move like Jagger, Maroon 5)
Devant ma résidence, je déchargeai l'un des énormes fûts de bière qui remplissaient le pick-up d'Emmett. Il en fourra d'ailleurs deux dans les bras de nouvelles recrues qui trainaient là. Je les regardai avancer jusqu'à la maison, vacillant sous le poids de leur chargement…Em' avait quitté la confrérie depuis des années mais il adorait martyriser les Rushies…et apparemment, j'étais aussi au menu du jour !
- J'arrive pas à le croire, bordel ! Mon petit Eddychou est accro à une nana…
- Mais qu'est-ce que tu racontes encore ?
-…habituellement c'est le contraire, continuait-il, pensif, sans tenir compte de mon intervention, tu dois presque les repousser à coup de pied !
- Emmett, dis-je d'une voix agacée alors que nous rentrions dans la maison. Baisse d'un ton, tu veux.
- Et puis, tu nous as fait quoi là Eddy ? reprit-il en m'offrant une version très personnelle du chuchotement. T'étais à mi chemin entre le gros macho et l'homme de cro-magnon !
Merde. Il avait raison. La consternation me saisit quand je pensais qu'avec n'importe quelle autre fille, j'aurais laissé couler. En général, les filles avec qui je sortais menaient leur vie de leur côté, je m'en fichais. Mais avec cette chipie de Bella, c'était impossible…. Surtout lorsqu'elle s'amusait à me défier, comme à peu près chaque fois qu'on se voyait ! A partir de là, j'avais arrêté d'analyser mes réactions quand j'étais avec elle.
- Tu voulais peut-être que je la laisse mettre les pieds à la Push ?
Black…pensais-je avec irritation. Des coups de fils, des embrassades et je ne veux vraiment pas savoir quoi d'autre ! Je ne voulais pas qu'elle aille dans son repère et je ne voulais pas que Black lui tourne autour. Point. Mais vu l'obstination de la demoiselle, j'avais dû prendre des mesures radicales. J'y avais peut-être été un peu fort mais la fin justifiait les moyens non ? Ce n'était pas les moyens qui me manquaient ici alors autant en profiter.
- Jaloux ? demanda mon frère même si ça sonnait plus comme une constatation.
- Quoi ? m'offusquais-je.
Il ne manquerait plus de ça, tiens ! Je n'étais pas jaloux de Black, voilà au moins une chose dont j'étais certain. La jalousie impliquait un attachement affectif – compliqué voire dangereux niveau implication émotionnelle – mais Dieu merci, ma relation avec Isabella était basée sur tout autre chose. La confiance, le respect et l'assurance d'un plaisir mutuel sans toutes les conneries sentimentales qui l'accompagnent. Je me souciais seulement de sa sécurité.
- Je ne…ce n'est pas comme ça entre B…elle et moi, me repris-je en avisant toutes les oreilles à portée de voix.
Ce qui me fit penser…
- Au fait, Lady Gossip, ça donne quoi ?
- Que dalle, marmonna Emmett, pendant qu'on se débarrassait des boissons.
Il me fit face d'un air soucieux que je lui avais rarement vu.
- Mozzie trace les signaux depuis des jours. D'après ce que j'ai pu traduire de son charabia informatique, son adresse IP transite par trente-six pays.
- Et avec son portable ?
- Même impasse. Apparemment, tous les textos enflammés que tu reçois sont envoyés depuis le net.
Je réprimai un juron.
- Dès que vous avez quelque chose, le moindre indice, prévenez-moi ok. Cette Lady Gossip…
-…est absolument géniale, compléta joyeusement une voix derrière moi.
Emmett leva les yeux au ciel et tourna les talons. Je soupirai en détachant les deux mains qui s'étaient glissés autour de ma taille.
- Elle est déjà au courant et vient de nous faire une super pub, se réjouissait Lauren. Je comprends pourquoi Julian m'a appelé, hystérique, pour l'aider. D'après lui, tu t'es décidé au dernier moment...
Elle attendait visiblement que je m'explique. Ce que je n'avais pas l'intention de faire. Elle tapota mon torse, pensivement, du bout des doigts.
-…je me demande bien pourquoi…
- Laury, je suis débordé, comme tu le vois, lui dis-je en retenant ses doigts et en montrant le monde qui circulait autour de nous.
Elle me scrutât, ses yeux, d'une étonnante couleur lavande, rivés sur moi.
- Si tu allais martyriser mes cuisiniers comme tu adores le faire, proposais-je, en soupirant.
- Est-ce ma faute si ce ne sont que des incompétents ! se défendit-elle sincèrement, inconsciente de son attitude despotique.
Lauren et moi dirigions les deux maisons principales du campus donc nous organisions souvent des évènements, des soirées ou des réunions. Et même si elle était la personne la plus efficace que je connaisse, son sale caractère faisait froid dans le dos. C'est donc lâchement que je l'abandonnai au beau milieu du hall, prétextant une affaire importante à régler près de la piscine. Je l'entendis fulminer puis interpeler vivement les trois étudiantes qui eurent le malheur de passer à sa portée. Une fois à l'extérieur, je découvris ce qui était supposé être l'élite des Kappa Omega, vautrée sur des chaises longues, bière à la main.
- Et moi qui croyais qu'on avait une soirée à organiser ici, lançais-je d'une voix ironique en rejoignant le groupe.
- Ééééh on devrait plutôt t'arracher la tête mon pote ! se plaignit Liam en pointant sa bouteille vers moi.
- Julian a lâché la harpie sur nous, articula Peter, les yeux écarquillés en une mimique faussement apeurée.
- Donc on a choisi de se mettre à l'abri ! conclut Garrett en s'installant plus confortablement dans son transat.
De nature peu loquace, Vladimir se contenta de grommeler dans sa barbe. Je m'assis et contemplai les quatre hommes en secouant la tête.
- Très courageux les gars, vraiment. Arrêtez de faire la gueule. Vous m'avez harcelé pendant des semaines pour organiser une soirée ici.
- Ouais, une KOP Party à organiser en 4h ! Génial !
- C'est vrai que je ne vous avais jamais vu si débordés ! Répondis-je du sarcasme plein la voix.
- Et comment ! Comme tu vois, là, on gère les travaux extérieurs, on doit s'occuper du service piscine, surveiller la température de l'eau et de la bière. Je dois t'avouer que ce n'est pas de tout repos ! fanfaronna Garrett, tout sourire, en faisant un geste vague vers le jardin.
- Je vous propose encore mieux ! Si vous leviez vos culs de là et alliez leur donner un coup de main, dis-je en indiquant les recrues qui creusaient – creusaient ! – dans ma pelouse. Mais qu'est-ce qu'ils foutent ?
- Des palmiers mon frère, Lauren les a fait venir directement de Santa Monica ! Annonça la voix de Julian derrière moi. C'est un « élément essentiel pour une Full Moon Party réussie» et elle a décidé d'en planter dans le jardin.
Il se laissa tomber sur le transat à côté de moi. Le pauvre paraissait à bout et je m'en voulus pendant quelques secondes des les emmerder avec ça. Mais juste quelques secondes hein, parce qu'une fois que la fête battrait son plein, ils seraient les premiers à descendre les tonneaux d'alcool et à organiser des orgies dans le jacuzzi.
- Cette fille n'a aucune limite, répliqua Liam, suivi par plusieurs grognements d'approbation.
- Peut-être mais Lauren et les autres Mu Zeta nous ont toujours aidé et c'est grâce à elles que nos soirées sont devenues légendaires, argumenta Julian
Je ne pouvais qu'être d'accord avec ça. Lauren m'avait déjà sortie de galères incroyables, nous sauvant in extremis du fiasco total. En ça, je lui suis redevable mille fois.
- Alors on fête quoi ce soir ?
Préparé à la question, je répondis avec un flegme imparable:
- Considérez ça comme la soirée de début d'année des Kappa. Une bonne façon de commencer les cours.
- Totalement déchiré ?
- Uniquement dans ton cas, Liam. Les Alpha Delta Phi ont déjà fait la leur alors j'ai décidé de rattraper notre retard.
Personne ne douta de ma réponse, au contraire. Connaissant la rivalité entre nos deux fraternités, c'était on ne peut plus logique.
- Bon, on fait le récap et je monte.
C'était une routine que nous effectuions pour toutes nos soirées. Une sorte de check-list afin de s'assurer que nous n'oubliions rien.
- Les boissons ?
- On a contacté le fournisseur habituel, on devrait être livré bientôt.
- Ok et Em' a tapé dans les réserves du Sin's pour la Corona. Il ferme ce soir alors on récupère aussi ses barmen, les informais-je. La bouffe ?
- Le chef est au boulot depuis cet après midi, assura Peter, et je peux vous dire que ça déchire.
- Toi là ! Je te rappelle que tu es banni des cuisines ! La Musique ?
- Je nous ai dégoté un petit Dj Français. Davis ou David quelque chose. Il ne joue pas trop mal et commence à avoir un certain succès par ici.
- Sérieusement ? Un français ? relevais-je, dubitatif.
- Fais moi un peu confiance Edward, se récria Julian, tu me remercieras ce soir, tu verras.
- Mouais. La sécurité a été contactée ?
- Oui chef. Deux à l'entrée, un au bar et trois postés à l'extérieur comme d'habitude. Pour la déco…
Julian se lança alors dans un récit de tout ce qu'ils avaient pu dénicher, Lauren et lui. J'entendis parler de choses plus délirantes les unes que les autres et décidai que je ne voulais pas entendre la suite du programme.
Je pris le grand escalier jusqu'au deuxième étage où se trouvait ma chambre. Mon ancienne chambre plutôt, vu que je ne l'utilisais plus – ou alors rarement comme aujourd'hui. Je déverrouillai la porte et pénétrai à l'intérieur. Rien ici n'avait bougé depuis que j'avais déménagé, quatre mois plus tôt. J'adorai les enfoirés avec lesquels je vivais mais, à l'époque, j'avais eu l'impression d'étouffer dans cette maison. Toute mon existence tournait autour du campus, de la confrérie, des étudiants à gérer, des fêtes...Plus la pression montait, plus les moyens de la faire baisser devenaient extrêmes. De l'alcool en quantité industrielle, des filles chaudes et consentantes, et du sexe, facile mais loin d'être satisfaisant. En tout cas, ce n'était pas aussi incroyable qu'avec Bella…
J'avais encore assez de conscience pour mener une vie normale le jour mais la nuit, la même spirale infernale recommençait. Un matin, ne sachant pas où, quand et encore moins avec qui j'étais, j'avais décidé de reprendre ma vie en main. Jouer avec le feu pouvait être excitant mais se révélait plus dangereux qu'il n'y paraissait. Il fallait impérativement que je prenne du recul sur ma vie ici et le départ de mes parents était tombé à pique. Je soupçonnais d'ailleurs ma mère d'avoir deviné le problème. Du jour au lendemain, elle avait décrété vouloir s'installer près de la mer et mon père avait dis « Amen », comme à tout ce qu'elle disait.
Ce n'est qu'en sentant l'eau brûlante sur mes épaules que je me rendis compte d'être déjà sous la douche. Mon corps – ou mon subconscient, je n'en savais rien – s'était mis sur pilote automatique, laissant mes pensées s'évader. Dix minutes plus tard, je sortis de la cabine, pris une serviette et en entourai ma taille. Je me saisis d'une deuxième et m'en frictionnai les cheveux avant de sortir de la salle de bain. J'ouvris mon placard et piochai au hasard un Diesel et un t-shirt Armani noir. En refermant le battant, j'aperçus mon reflet dans le miroir. Un rictus déformait ma bouche. A la seule pensée de la comédie que je devrais jouer ce soir, je frémissais d'avance...
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(Soundtrack: Little Bad Girl, David Guetta)
- Je l'ai trouvé, Mr Cullen. Elle est sur la piste de danse.
- Merci, répondis-je simplement avant de raccrocher et de glisser mon téléphone dans la poche de mon jean.
Les gars, Emmett et Jazz, m'avaient rejoint sous le kiosque extérieur. Le seul endroit qui n'avait pas encore été pris d'assaut par la bande d'étudiants surexcités. Nous étions affalés sur les coussins du large divan qui faisait le tour de la balustrade. Au milieu, une petit table basse était jonchée de bouteilles de Corona, Grey Goose et autres Lagavulin, preuve que la fête battait son plein depuis quelques heures déjà. Du groupe, je faisais office d'intrus, refusant d'enfiler la tenue règlementaire de la soirée, à savoir, short de bain, chemise hawaïenne et tongs !
- Qui c'était ? demanda Liam en me soufflant la fumée de son tabac turc au visage.
- Occupe-toi de tes affaires et vire ta clope de ma figure.
- Arrête de faire le malin, tu vois bien qu'il est à cran, intervint Jazz
- Allez les gars, ne faites pas comme si vous ne vouliez pas savoir ce qu'il nous cache.
-…
Personne ne l'encouragea dans son délire, ce dont je leur étais reconnaissant. Plus la soirée avançais, plus j'étais à prendre avec des pincettes.
- J'espère qu'elle est bonne au moins !
- La ferme, Liam, répondirent-ils tous en chœur quand raflant une Corona au passage, je descendis du kiosque.
Je pris au moins dix minutes pour fendre la foule et parvenir jusqu'à l'entrée du grand jardin. Bella était ici, quelque part. Je passai derrière le bar qui dominait la piste et la cherchai du regard avec une nonchalance feinte. Je mis un certain temps à la repérer au milieu des corps qui se pressaient les uns contre les autres. Je reconnus d'abord son profil délicat, ses lèvres pleines semblaient pincées, son petit nez, retroussé en une expression que je ne pouvais déchiffrer d'ici. Ses lourdes boucles brunes tressautaient à chacun de ses mouvements, vision qui me renvoya à la nuit dernière, lorsque, emportée par le plaisir, elle me chevauchait avec application, un sourire mutin sur les lèvres. Je m'accrochai à ma bouteille de bière pour m'empêcher d'avancer. J'entrevis furtivement ses longues jambes, laissées nues par un short blanc qui, j'en suis certain, causerait ma perte avant la fin de la soirée. Le haut de son corps était couvert par une espèce de truc doré à trous, transparent qui dévoilait plus qu'il ne cachait le morceau de tissu en dessous. Même de mon poste d'observation, je pouvais voir sa peau diaphane au travers.
- Put…
- T'as dis un truc, boss ?
Je regardai le barman, sans le voir.
- T'occupe !
Je bus le reste de ma Corona d'une traite avant de river une nouvelle fois mes yeux sur elle, remerciant silencieusement Lauren pour le thème de la soirée. Je me faisais l'effet d'un maniaque sexuel épiant sa prochaine proie. Mais elle était trop…sexy et…désirable pour son propre bien. Evidemment, Bella ne dansait pas toute seule. Comment avais-je pu ne pas voir le blaireau qui se dandinait dans son dos, se frottant contre elle au passage. Je réprimais un sourire en observant le malheureux, tenter d'attirer son attention et ne récoltant au passage qu'un froncement de sourcil. Finalement, cette histoire d'exclusivité n'était pas une mauvaise chose. Je n'aurais pas à me demander si elle finirait la soirée dans le lit d'un de ces mecs ou pas.
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POV BELLA
- Sainte Vierge Mère, Dieu du Ciel, Bella ! Entendis-je Alice crier par-dessus le bruit de la musique.
Lorsqu'elle en appelait aux Saints du Paradis, c'était que la situation devenait critique. Cela équivalait à …une bordée « Putain de Merde » bien sentie ! Je ne répondis même pas, étant moi-même sous le choc. Nous avions contourné l'énorme résidence des Kappa pour atterrir directement dans une autre dimension. J'avais l'impression de me retrouver à des milliers de kilomètres de Los Angeles, sur une des plages sauvages de Thaïlande – où se déroulaient habituellement les Full Moon les plus exceptionnelles. Celle-ci n'avait rien à leur envier.
Plantées au milieu du passage, nous nous faisions bousculer par les fêtards qui continuaient d'affluer. Mes yeux devaient être aussi écarquillés que ceux d'Alice. La moitié du jardin avait été recouvert de sable, donnant à la grande piscine des allures de mini lac dans lequel chahutaient des étudiants plus ou moins éméchés. De magnifiques palmiers étaient disséminés un peu partout renforçant l'impression de paysage exotique. De hautes torches où dansaient des flammes rougeoyantes donnaient à l'ensemble une allure d'île déserte mystérieuse. Comment est-ce qu'Edward avait pu monter un truc pareil en si peu de temps ?
- C'est totalement démentiel, Bee ! J'ai jamais vu ça de ma vie. Ce mec est un génie, s'extasia Ali en m'entrainant vers un des espaces détente qui était aménagé aux abords de la piste.
J'étais réellement admirative…mais c'était hors de question de le montrer.
- Ce n'est qu'un peu de sable et deux bouts de bois enflammés…, répondis-je avec une totale mauvaise foi, en m'installant sur une banquette de plage.
Parmi la foule je reconnus quelques visages familiers. Certains étaient des amis d'Alice, ou des ennemis jurés comme Alec et sa clique. D'autres partageaient mes cours ou étaient les recrues des Mu Zeta Sigma comme nous. Pour le reste, c'était principalement des habitués du Sin's Grill que je connaissais de vue, sans les côtoyer.
- Arrête de bouder parce qu'il t'a battu à ton propre jeu.
- Il ne m'a pas…battu ! Et d'ailleurs, ce n'était pas un jeu.
- Tu parles ! Je te connais Bella. C'est moi qui te supplie de sortir, alors cette soit disant envie d'aller à la Push, c'était…
- Alice, je n'ai pas envie de parler d'Edward ce soir. Amuse-toi ! Je suis sûre que tu pourras trouver un petit californien sexy pour se dandiner en rythme avec toi sur le dancefloor
… ou sur le dancesable, au choix !
- Je n'ai pas besoin….Jasper serait présent ce soir et je…Bella ! N'essaie pas de changer de sujet !
- Ecoute, c'est ma Full Moon Party, j'ai décidé d'en profiter un minimum ! Tu devrais en faire autant… Tu veux un truc à boire ? enchainai-je vivement. Je suis sûre qu'ils font de super cocktails. Je vais nous en chercher un au bar !
- C'est ça, l'entendis-je s'exclamer quand je partis en direction du petit abri en paille, défile toi !
Je nous commandai deux Black Out » sans chercher à savoir ce qui se cachait derrière un tel nom. Verres en main, je repartis vers nos sièges. C'était sans compter sur la grande blonde – à l'air passablement furax – qui se matérialisa devant moi, me coupant le passage. Lauren me contemplait de haut, le regard plus mauvais que jamais. Pendant dix bonnes minutes, je me fis engueuler dans les règles. La raison ? Elle avait cherché à nous joindre Alice et moi toute l'après-midi.
Non mais elle est sérieuse là ?
On n'avait pas quitté la chambre d'Alice de toute l'après-midi. Si elle nous avait appelées, on l'aurait entendue. Ali et moi avions passé des heures dans sa salle de bain…alors que nos téléphones étaient avec nous ou plutôt…au fond de nos sacs…qu'on s'était empressée de balancer dans un coin en arrivant…. Merde.
- Je veux pouvoir te joindre à n'importe quel moment du jour ou de la nuit, Isabella. Tu as voulu intégrer les Mu, malgré mon désaccord, maintenant tu assumes. Sinon, je vous dégage toutes les deux.
- Laisse Alice en dehors de ça, Lauren, elle n'y est pour rien m'emportais-je avant de me rendre compte que défier une Lauren déjà à cran n'était pas l'idée du siècle.
- Mais pour qui tu te prends ? Tu n'as pas d'ordre à me donner ! Tu n'es rien ici et je peux rendre ton existence infernale alors ne me cherche pas.
Tu ne nous fais pas peur, espèce de harpie !
Mais je ne lui répondis pas ça bien sûr.
- D'accord, repris-je à l'attention de Lauren, je reconnais mes torts et je promets d'être plus dévouée au Mu Zeta Sigma, lâchai-je d'une traite en essayant d'être la plus convaincante possible.
Elle parut un instant désarçonnée par mon changement de ton mais à mon grand désarroi, se reprit bien vite.
- Très bien, voyons voir….La prochaine soirée d'Halloween est pour bientôt et tu seras de corvée de déco. Réunion demain après midi, à la résidence.
- Qu…? M'étranglais-je
Nooon ! Pitié seigneur, ais-je été aussi mauvaise pour mériter ça ? Premièrement, j'avais des papiers à rédiger pour les cours de la semaine et deuxièmement, j'étais une véritable quiche en décoration, et plus encore lorsqu'il s'agissait d'Halloween. Elle arquait un sourcil de défi en une mimique qui me rappela Edward. D'ailleurs, où est-ce qu'il se cachait donc…
FOCUUUUS BELLA !
- Très bien !
- Bien !
- Parfait !
Dans un élan de révolte, j'attrapai un danseur qui passait par là et l'entrainai sur la piste.
- Isabella !
Voir Lauren fulminer m'apporta un peu de réconfort…un peu…jusqu'à ce que je jette un œil sur mon cavalier de fortune.
Impulsive et irréfléchie…du grand Bella Swan !
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(Soundtrack: Hey baby, Pitbull feat T-Pain)
Depuis près de cinq minutes, je tentai de ne pas totalement me ridiculiser sur la piste. Minutes au bout desquelles Lauren avait finalement abandonné la partie, renonçant à me suivre dans la marée de corps en mouvement. Si j'avais eu moi-même un minimum de bon sens, j'aurais évité de m'y aventurer. Il y avait à peine assez de place pour respirer alors pour ce qui était de bouger… Pour la dixième fois au moins je repoussai d'une main ferme celui qui avait pris mon « invitation » pour une marque d'intérêt pour sa personne et qui essayait par tous les moyens de coller sa figure à la mienne. Agacée, je finis par lui tourner le dos, l'ignorant autant que possible. La voie était désormais libre, je pouvais me tirer de là.
Il y eut un vide derrière moi, comme si l'autre gros lourd avait compris le message. Au moment où je me décidai à aller rejoindre Alice, des mains se posèrent sans cérémonie sur mes hanches.
Non mais je vous jure !
Ce n'est que lorsque son corps se pressa contre le mien que je renonçais à la baffe monumentale qui se préparait. Je tournai la tête et enfouis mon nez dans son torse. Toute la contrariété que j'avais pu ressentir quant à son comportement s'évapora… Son odeur emplit mes narines, mes poumons et me monta à la tête avec le même effet que d'habitude. Sauf que d'habitude, il n'y avait pas tout un campus réuni autour de nous.
- Qu'est-ce que tu fais ? m'exclamai-je à voix basse en rouvrant brusquement les yeux.
- Ca ne se voit pas !
- Mais n'importe qui peut nous voir. Où est passé le « secrète » dans « relation secrète » ? demandai-je dans un chuchotis paniqué.
- Tu vois une relation quelque part toi ? Moi, je ne vois que deux personnes sur une piste de danse.
Pour prouver ses dires, Edward effleura mes bras avant de saisir mes mains et de les porter à son cou. Son corps se mit à bouger au rythme de la musique et, mains posées sur mes hanches, il intima au mien le même mouvement lent et sensuel.
- Tu es sûr que…
- Bella, il n'y a aucun mal à ce que je danse avec une étudiante de première année, naïve, impressionnable et influençable, que je mettrais dans mon lit à la fin de la soirée. Personne ne se doutera de rien, je te le promets.
Seigneur…Parfois je me demandais où s'arrêtait la blague et où commençait la vérité ! Tant pis pour le reste, je l'avais pour moi alors autant laissé couler. Après toute une journée passée à faire semblant, ça me faisait du bien de me retrouver à nouveau dans ses bras. Même si j'aurais préféré une autre situation…Edward en profita pour m'en apprendre un peu plus sur la faune qui peuplait ce campus. Qui étaient les bonnes personnes à fréquenter, celles qui faisaient la loi et surtout celles avec qui on ne devait surtout pas être vu. J'aperçus aussi Jasper et Emmett en compagnie d'autres garçons, les autres « frères » d'Edward, ses camarades de fraternité. Il me promit de me parler de sa frat' parce que ces mecs valaient le détour. C'était une des rares occasions où on pouvait rigoler et discuter comme deux personnes normales, sans se hurler dessus ou sans s'arracher nos fringues.
- Désolée. Je ne suis pas très…enfin, la danse et moi…tu vois…, marmonnai-je lorsque je trébuchai maladroitement.
- Tu n'aimes pas ça ? Pourtant tu bouges très bien…aussi bien à la verticale qu'à l'horizontale.
Certaine que mes joues viraient à l'écarlate, j'éclatai de rire. Dieu merci, la musique assourdissante couvrait nos paroles.
- Je n'arrive pas à croire que ce genre de trucs sortent de ta bouche, me moquai-je en levant les yeux au ciel.
- Quoi ? Je ne fais qu'énoncer un fait.
- Toi aussi, tu te débrouilles plutôt pas mal, le taquinai-je en me frottant plus fort contre la soudaine bosse qui déformait son jean.
Dans un grognement, il me retourna dans ses bras et je me retrouvai plaquée contre son corps. Je m'accrochai à son cou pour ne pas tomber et il en profita pour glisser une de ses longues jambes musclées entre les miennes. Sentir le tissu rêche de son jean contre mes jambes nues m'électrisa.
- Avoue que tu adores me torturer Bella.
Prendre le risque de flirter comme ça, aux vues de tous, avait quelque chose de grisant et de très excitant. Et sa façon de chuchoter mon nom au creux de mon oreille…je me mordis la lèvre pour ne pas gémir.
- Je plaide coupable, répondis-je sur le même ton en faisant glisser mes doigts dans ses mèches soyeuses.
- Oh non ! N'essaie même pas ma belle ! protesta Edward en rigolant.
- Tu es sérieux ?
Il était plus que sérieux parce qu'il venait d'ôter sans pitié mes mains de ses cheveux.
- Personne n'a le droit de toucher « The Hair » Bella. Cette tignasse est sacrée et si je te laisse la tripoter dans tout les sens comme tu adores le faire, là ce sera suspect.
- Mais je l'ai déjà fait, je veux dire, je le fais tout le temps !
- En général lorsqu'on est seuls… et en particulier lorsque tu es sur le point de jouir et que tu dois t'accrocher à quelque chose. Là, tu les arraches littéralement de mon crâne, finit-il avec une fausse grimace de douleur.
Enfin, j'espérai qu'elle était fausse. Une fois encore, je devais être rouge de honte mais je pouvais au moins cacher mon visage dans sa poitrine. Ainsi que le sourire qui étirait mes lèvres lorsque je repensais à toutes ces fois où, au sommet du plaisir, j'avais emmêlé mes doigts dans ses cheveux. J'étais la seule à pouvoir le faire….
Ok Bella, tu deviens ridicule là !
Je l'enlaçai un peu plus – en prenant soin d'éviter « The Hair ». Mes seins pressés contre son torse, ses hanches collées aux miennes, nous bougions au rythme hypnotique des basses. C'était notre première danse et je constatai avec émerveillement que nos corps s'accordaient parfaitement – pas que j'en doutais hein… – mais bouger avec lui semblait naturel, évident, comme si nous avions déjà dansé des centaines de fois auparavant. Quand le rythme changea, Edward s'écarta de moi et glissa une main dans mes cheveux, me faisant frissonner au passage. Il tira doucement ma tête en arrière pour que ses yeux plongent dans les miens.
- Bella, je vais devoir…
- Je sais…
Je soupirai. Je ne voulais pas que ce moment se termine, j'étais tellement bien là…Mais je me doutais que Sa Majesté Cullen ne passerait pas toute la soirée avec moi !
- Il faut que je trouve une autre…
- Proie ? Victime ? Fille facile à séduire ?
- C'est à peu près ça, rigola-t-il en me faisant pivoter une nouvelle fois.
Comme pour le retenir, mes mains agrippèrent les siennes, réunies sur mon ventre.
- Je te laisse partir mais à une condition.
- Laquelle ?
Son ton était méfiant voir suspicieux. J'aurais pu me vexer là ! Mais j'en tirai plutôt un plaisir sadique.
- Laisse-moi choisir la fille.
- C'est ça ta condition ? demanda Edward d'un air dubitatif.
- Tout à fait !
J'étais déjà en train de repérer dans la foule la candidate idéale.
Jackpot !
- Edward, mon cœur, commençai-je d'une voix taquine, tu vois cette petite rousse là…
- Hum…une rousse, il parait qu'elles sont super chaudes.
Je lui donnais un coup de coude dans le ventre…mais me heurtai douloureusement contre ses abdos ! Grrrr…
- Là-bas, debout toute seule au bord de la piste. On dirait qu'elle n'attend que toi !
- Où ? Je ne vois pas…Bella non ! Non, non, non, non !
- On se défile Cullen ?
Je l'entendis presque déglutir.
- C'est hors de question, tu as vu cette fille. Elle a la panoplie complète !
Et c'était exactement pour ça que je l'avais choisie. Maigrichonne, peau boutonneuse, coupe de cheveux improbable, un style à revoir de A à Z. Et venant de moi, ce n'était pas peu dire.
- Bella, si on me voit avec elle, ça va en mettre un sacré coup à ma réputation.
Par-dessus mon épaule, je lui lançai un regard incrédule.
- J'y crois pas ! En fait, tu es aussi superficiel que les autres !
Il ne dit rien pendant quelques instants. Peut-être qu'il l'avait mal pris.
- Ok ! Ok ! Je vais le faire ! Tu es contente ? Reprit-il d'une voix lugubre.
- Hé, elle n'est pas si mal !
En fait si, mais le pauvre n'avait pas besoin d'entendre ça !
- Vous ne perdez rien pour attendre mademoiselle Swan…
Je lui plaquai un bisou sur la joue avant qu'il ne me relâche. Il parut surpris de mon geste mais me rendit mon sourire. Je l'observai se diriger vers la petite chanceuse avec l'air d'un condamné. Je laissai échapper un éclat de rire et je vis ses larges épaules se raidir.
Allez Edward, un peu de courage !
.:.
(Soundtrack: Don't wanna go home, Jason Derulo)
Je serais bien restée apprécier la scène – Edward esquivant les mains fureteuses de la rouquine ! Hilarant ! – mais Alice devait se demander où j'étais passé, et si je ne m'étais pas fait droguer et violer entre deux palmiers. Je contournai la piscine jusqu'au bar pour récupérer une autre tournée de Black Out, histoire de lui faire oublier ma longue absence. J'esquivai tant bien que mal les danseurs tout en essayant de ne pas trébucher dans le sable. Etre perchée sur des sandales à talon me faisait certes des jambes d'enfer – dixit Alice – mais j'avais aussi quatre-vingt-dix pourcent de chance de me casser le cou si je ne faisais pas attention. J'avais les yeux rivés sur le sol quand je fus accostée par Jessica.
- Quelle chance tu as Bella !
- Bonsoir Jessica, je vais bien merci et toi ? Lançai-je avec un entrain feint.
- Excuse-moi de mon impolitesse. Ca va comme tu veux ce soir ? reprit-elle en se glissant dans son rôle de vice-présidente des Mu Zeta Sigma.
Cela ne dura que le temps que je lui réponde, ses petits gloussements reprenant le dessus malgré elle.
- Est-ce qu'au moins tu sais avec qui tu étais en train de danser ?
- Qui ? Le mec aux cheveux blonds et les piercings partout ?
- Noooon ! Tu le fais exprès ! L'autre…Edward Cullen, le dieu qui vient de te faire grâce de sa présence !
- Oooh…,– merde ! –…Lui !
- Ne fais pas comme si tu n'avais pas remarquer à quel point il est sexy. Et en plus, ca avait l'air plutôt chaud entre vous.
- J'avoue qu'il n'est pas mal…, avançais-je prudemment.
Elle me regarda comme si j'étais folle.
Il faudra vraiment que je parle à Edward de sa tendance à éblouir les filles.
Son regard passa de sceptique à légèrement hautain.
- De toute façon, ce n'est pas un mec pour toi. D'ailleurs, tu n'avais pas quelqu'un en vue, tu sais, ce garçon dont tu me parlais l'autre soir…comment il s'appelait déjà….
Oooh non, non, non ! Ne surtout pas s'engager sur cette voie.
- C'est de l'histoire ancienne, éludais-je dans un geste vague. Tu sais comment c'est, les hommes, ça va, ça vient…
Très convaincante Bella ! Vraiment !
Bon, il était temps que je fausse compagnie à Jessica avant qu'elle ne se rende compte que deux plus deux était effectivement égale à quatre. Je cherchais des yeux Edward, Alice,...quelqu'un qui puisse voler à mon secours. A ce moment, mon regard croisa celui de la seule personne que je ne m'attendais pas à trouver ici.
Jacob !
J'avais très bien remarqué l'animosité qui existait entre lui et Edward, ou du moins, celle qui habitait ce dernier. Et mon instinct me disait que c'était réciproque. Alors qu'est-ce qu'il fichait ici ? Je lui lançai un regard interrogateur auquel il répondit par un grand sourire – cela semblait être sa réponse en toute situation. Etait-il venu me chercher ? Angela avait sûrement dû le mettre au courant…ou il l'avait appris par cette Gossip. En tout cas, il était bel et bien là, dans le repaire de l'ennemi.
Je quittai Jess et m'avançai vers le mètre quatre-vingt-dix de muscles dorés qui était posté près de l'entrée. Du coin de l'œil, j'aperçus un mouvement rapide sur la piste de danse….Edward. Je ralentis pour observer la scène. Apparemment, ses amis venaient de le prévenir de la présence de Jake. Il s'était vivement retourné vers lui et le contemplait froidement, les poings serrées. Après un rapide échange, il les arrêta et partit, seul, à la rencontre de l'intrus. Dans un coin de ma tête, une alarme s'alluma. Rien de bon ne sortirait de cette rencontre.
Impact dans…3…2…1…
Les deux hommes se firent face et entamèrent un échange plutôt animé. De mon point d'observation, seul leurs postures rigides, bras croisés, épaules raides trahissaient la tension qui les habitait. Jacob fit mine de s'avancer mais se heurta au refus implacable d'Edward. Bon, ça allait dégénérer d'une minute à l'autre, je le sentais. Je ne réfléchis pas – pour changer – et poursuivis ma progression à travers les danseurs, jouant des coudes pour parvenir jusqu'à eux. Je les suivis discrètement lorsqu'ils s'écartèrent de la foule. La musique assourdissante n'était plus qu'un bruit de fond même si mes oreilles bourdonnaient encore. Les nouveaux fêtards arrivaient toujours par petits groupes et ne manquaient pas de dévisager les deux hommes qui se défiaient du regard.
- …je ne vois vraiment pas le problème. Je suis venu faire la fête comme tout le monde, disait Jake, avec insolence.
Il prenait plaisir à provoquer Edward…. D'après ce que je savais de Jacob, ça n'aurait pas dû m'étonner. Une partie de moi, celle que je ne voulais pas entendre, me disait que je faisais exactement la même chose. Un point commun avec Jake dont je me serais bien passé.
- Tu veux me faire croire que tu as vu de la lumière et que tu es entré. Ecoute Jacob, soit tu me dis ce que tu veux, soit tu dégages d'ici.
Aucun d'eux n'avait remarqué ma présence. J'allais intervenir quand les paroles de Jacob m'arrêtèrent.
- Vous, les petits bourges gâtés pourris, vous vous croyez tout permis…
- Je n'ai vraiment pas envie d'entendre tes conneries, coupa Edward en esquissant un geste pour partir
- Vous vous foutez pas mal des autres. Et toi, Edward, plus que les autres en quittant l'équipe du jour au lendemain.
- Je ne savais pas qu'il vous fallait une baby-sitter pour vous tenir la main sur le terrain !
Quoi ? Quelle équipe ? Quel terrain ?
Nooon ! Edward avait fait partie des Werewolves ?
- Tu n'es qu'un lâche Cullen, mieux, un lâcheur et c'est pour ça…
- Tu crois vraiment que c'est le bon endroit pour ça, siffla Edward, même si ses traits figés ne laissaient rien paraitre de sa colère.
Lorsque je m'approchai, ils se tournèrent vers moi d'un même mouvement. Je me sentis mal à l'aise sous leur regard – réjoui pour Jake, contrarié pour Edward. Me voila bien ! Evidemment qu'il était contrarié. Il ne voulait sûrement pas que j'assiste à ça et que, par la même occasion, je découvre son petit secret.
Ma trajectoire initiale me menait naturellement vers lui mais, je ne pouvais pas…je ne pouvais pas aller vers Edward, lui demander ce qu'il se passait, ni effacer le pli qui barrait son front. Non seulement il ne l'accepterait pas mais plus important encore, nous avions un public.
- Bella ! Salut ma beauté…, s'exclama Jake, comme pour confirmer ma pensée.
Alors à regret, évitant ses prunelles émeraude incandescentes, je rejoignis Jacob qui me prit dans ses bras.
Il faudra vraiment lui faire perdre cette mauvaise habitude !
- Je ne savais pas que tu devais venir…tout va bien ? demandai-je en risquant un coup d'œil vers celui qui quelques minutes plus tôt me serrait étroitement contre lui.
Son expression était toujours aussi froide et renfrognée. Et me voir dans l'étreinte de Jake ne devait pas améliorer son humeur.
- Bien sûr que ça va ! N'est-ce pas Edward?
Ce dernier ne répondit pas, se contentant de m'adresser un regard ironique quand je tentais de m'éloigner des bras musclés qui m'enserraient. Les retardataires continuaient d'arriver et la dernière chose que je voulais, c'était qu'on me prête une relation avec Jacob Black.
- Pas la peine de lorgner sur elle, Cullen. Bella est trop bien pour toi. Elle n'est pas comme toutes les pétasses que tu t'envoies chaque soir.
- S'il te plait, Jacob, ne…
- Non Bella, ne te fie pas à …
- Merci de t'intéresser à ma vie sexuelle, ça me touche beaucoup, lâcha Edward en portant une main à son cœur. Tu m'excuseras si je ne te retourne pas le compliment. Je n'ai aucune idée de ce que tu fous avec ta bite et pour tout t'avouer, j'en ai strictement rien à faire.
Comme pour répondre à cette remarque, Jacob baissa les yeux sur moi. Je sentis mes poils se hérisser. Comment osait-il ?
- Tu viens Bella, je t'emmène ailleurs, loin de tous ces fils à papa bourrés de fric.
Je n'eus pas besoin de regarder Edward pour savoir ce qu'il se passait dans sa tête à ce moment. On s'était bien mis d'accord pour ne pas afficher notre relation, mais Jake ne m'emmènerait nulle part ce soir, quitte à ce qu'Edward lui casse les deux jambes.
- Non Jake, je suis ici avec Alice, je ne peux pas la laisser,...heu…une prochaine fois…peut-être…
- Tu es sûre ? Elle peut venir avec nous. Tu n'es pas obligée de rester ici, dit-il, un regard dédaigneux rivé à Edward. Ils ne sont pas comme nous Bella, tu n'as rien à faire avec eux.
J'essayais de me dégager mais son étreinte se resserra encore.
- « Comme nous » ? Qu'est-ce que ça veut di…
- Laisse-moi te donner un bon conseil, Black, intervint Edward, laisse cette fille tranquille et tire-toi vite d'ici.
Il s'était rapproché et ne se tenait plus qu'à quelques centimètres de nous. Contrairement à celle, ouvertement hostile de Jake, l'expression d'Edward restait fermée. Mais ses yeux…ses prunelles – qu'il prenait soin de ne pas poser sur moi – auraient pu le trucider sur le champ.
- Sinon… ?
Le grondement sourd de Jake m'alarma. Je parvins à m'extraire de ses bras et me postai entre les deux hommes.
- Ok, on se calme. Pas la peine d'en venir aux mains les gars.
Je cherchai un des amis d'Edward en renfort mais comme par hasard, l'allée sombre semblait à présent déserte. Tous deux m'ignorèrent superbement. Je me tournai finalement vers Jacob.
- Ecoute Jake, il y a mes amis là-dedans, des personnes « comme moi », que je côtoie tous les jours alors j'y resterais tant que je m'y sentirais bien ! Il a raison, tu ferais mieux de t'en aller. On se verra une autre fois. Ok ?...Ok ?
J'attendis qu'il recule, en vain. Un coup d'œil vers Edward m'appris que lui non plus n'avait pas l'intention de battre en retraite. Je ne sais pas qui de lui ou de Jake était le plus désespérant.
- Très bien ! M'écrai-je. Vous voulez jouer aux idiots ? Parfait ! Mais ce sera sans moi, conclus-je aussi bien à l'adresse d'Edward que de Jacob.
Sur ces bonnes paroles, je les laissai seuls et repartis vers le jardin – en croisant les doigts pour que mon plan fonctionne.
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(Soundtrack: Good Feeling, Flo Rida )
J'entendis Jacob crier mon prénom mais ne me retournai pas. Quelques secondes plus tard, un rugissement de moto déchira l'air. J'avais un peu de remords quant à ma façon de l'expédier – je comprenais parfaitement ce qu'il avait voulu dire – mais hé, je venais de sauver ses jambes là !
- Bella…, murmura Edward à un souffle de moi.
Je sursautai. Sans que je ne m'y attende, il prit mes lèvres en un baiser aussi intense que rapide, avant de me relâcher.
- Mais t'es pas bien, Edward, chuchotai-je scandalisée mais toujours aussi réceptive. Si quelqu'un nous avais vu !
Malgré moi, je scrutai les alentours, guettant quelqu'un qui se cacherait derrière un palmier pour nous espionner. Et pourquoi pas Lady Gossip !
- Chuuut, m'intima-t-il en m'entrainant un peu plus à l'abri des regards, là...c'est mieux ?
- Oui mais…je fus interrompue par un autre de ses baisers brûlants. Qu'est-ce qui te prends, lui demandai-je lorsqu'il me laissa respirer à nouveau.
- Quoi ? Je ne peux pas t'embrasser maintenant ? C'est toi qui m'a allumé sur la piste, en voici les conséquences mademoiselle Swan.
A contre cœur, je m'arrachai de sa bouche délicieuse.
- Ne crois pas que tu vas détourner mon attention comme ça. Qu'est-ce qui vient de se passer ? C'est quoi cet étalage de testostérone avec Jacob ? Et cette histoire d'équipe ? Tu jouais au….
- Isabella !
Je lui retournai un regard impatient.
- Il n'y a rien à dire, c'est de l'histoire ancienne. Je n'ai pas spécialement envie de revenir là-dessus.
- Mais toi et Jake étiez à deux doigts de vous …
- Laisse cet abruti là où il est. Il ne mérite sûrement pas la salive qu'on gaspille pour lui.
- Mais…
- Non Bella. Si je voulais qu'on me cuisine, j'aurais eu une copine attitrée pour ça !
Sous entendu, « tu n'es pas ma petite amie alors arrête de me faire chier »…
Il avait raison bien sûr, pensais-je mortifiée. C'était le principe même de notre relation. Ce constat eut l'avantage de me calmer sur le champ. Mais quelle idiote j'étais ! Si je continuais comme ça, il y avait peu de chance qu'on soit encore ensemble à Halloween ! D'un autre côté, c'était plus fort que moi, je voulais en apprendre plus sur lui. C'était le It Boy de UCLA, tout le monde semblait à ses pieds alors mon intérêt était justifié…non ?
- Tu as raison, ce ne sont pas mes affaires. On laisse Jacob de coté.
- Vraiment ? murmura-t-il, la tête enfouie dans mon cou.
…pour ce soir ! Parce que oui, j'apprendrais la vérité ! Plus tard…
- Oui…
Pour l'instant, une autre envie pris le dessus. Edward savait parfaitement comment détourner mon attention – à ma plus grande honte. Je ne sais pas combien de temps nous restâmes à nous embrasser et nous caresser mais quand je finis par m'écarter, nous étions à bout de souffle, complètement échevelés et passablement frustrés.
- Tu restes ce soir ?
Quand ses dents mordillaient mon cou comme ça…
- …Bella ?
- Quoi ?...soufflais-je doucement.
- Est-ce que tu passes la nuit avec moi, ici, ce soir ?
Son ton était patient, comme s'il parlait à une attardée…ou comme s'il m'avait déjà posé la question trois fois.
- Tout ce que tu voudras…mais ne t'arrêtes pas…
- Je saurais m'en souvenir, crois moi, s'amusa-t-il alors que la douceur de sa langue apaisait ma peau meurtrie.
Et soudain je pensai à Alice.
Tu es morte Bella !
Je me rejetai en arrière.
- Bella ? Qu'est-ce qui se passe ?
- Alice ! Alice ! Je dois la retrouver ! Elle doit me chercher partout !
Je remis mes vêtements en ordre et me recoiffai rapidement.
- Ok calme toi, tu n'as qu'à aller la retrouver et lui expliquer ce qu'il s'est passé, me résonna Edward en m'immobilisant, ses mains sur mes hanches.
- Avec Jacob ?
- Oui, raconte-lui la vérité. Elle te pardonnera à coup sûr. Evite juste de me mentionner.
Mon regard se fit suspicieux.
- Tu sais qu'elle ne l'aime pas, pas vrai ?
- Et tu n'auras aucun mal à faire dévier la conversation.
Il la connaissait un peu trop bien à mon goût.
- Ok, je suppose que ça ira comme explication. Bon, comment je suis ? lui demandai-je en espérant être présentable.
- Honnêtement ? On dirait que tu viens de t'envoyer en l'air et que tu as adoré ça.
- Mer…mince ! Arrête de sourire comme ça, y'a pas de quoi être fier ! le réprimandai-je sans grande conviction. Où est la salle de bain ?
- Il y en a une au premier étage, première à droite. Pour info, ma chambre est au deuxième, au fond du couloir, lança Edward avec un sourire en coin.
Après un clin d'œil amusé, il traversa l'allée et retourna à la fête. De mon côté, je longeai la grande bâtisse et me glissai à l'intérieur discrètement. Contrairement à ce que j'avais pensé, l'intérieur était occupé, sauf que l'ambiance était tout autre. Moins survoltée et les participants plus… classes, à défaut d'un autre terme. Sans doute ceux qui n'étaient pas « comme nous », d'après Jacob. Personne ne me dévisagea, ni même ne sembla remarquer ma présence, tout à leur conversation distinguée. Je n'arrivais pas à imaginer Edward parmi ces snobinards…ni parmi les difractés de l'extérieur. Il était unique en son genre et c'est ce qui me plaisait chez lui.
Juste après son petit cul d'enfer !
Trouver la salle de bain me prit au moins dix minutes. Pas que je me perdis en chemin, mais je dus m'arrêter toutes les deux minutes pour admirer les splendeurs dont la maison était décorée. Plus tard, si je le pouvais, je m'attarderais davantage. Mais pour le moment, ma mission était de retrouver Alice. Je pénétrai dans la pièce, qui était en fait des toilettes pour femmes comme celle qu'on retrouverait dans n'importe quel endroit publique. Trois box faisaient face à trois lavabos et autant de miroirs les surplombant. L'un des box était occupé et je me dépêchai de reprendre forme humaine avant que la demoiselle n'en sorte – pour peu que je tombe encore sur Lauren.
J'étais à nouveau présentable lorsque la porte s'ouvrit dans mon dos. Une petite blonde en sortie – il y avait une quantité industrielle de blonde sur ce campus ! Elle avait une allure très élégante et je l'imaginai tout de suite avec les « intérieurs ». Je la voyais mal se déhancher sur la piste ou entonner des « éh glou ! éh glou ! éh glou !» autour d'un fût de bière. Une robe de cocktail noire toute simple enserrait son corps menu. Ses cheveux étaient relevés en un chignon serré dont aucune mèche ne dépassait. Je détournai vivement les yeux lorsque je rencontrais ses pupilles sombres. Plus sombres que les miennes et qui semblaient manger son visage, lui donnant un air de poupée de porcelaine.
Je passai mes mains sous l'eau et me concentrai sur leur nettoyage. Il me fallait une tâche à accomplir sinon je me remettrais à la dévisager. Son visage en cœur avait quelque chose de captivant, d'hypnotisant et de légèrement flippant. Quand j'eus terminé, je m'appliquai à retoucher mon maquillage mais sans mon sac, ce n'était pas gagné. Ma compagne de lavabo faisait de même de son côté, avec des gestes précis et rapide. Je m'apprêtai à sortir quand sa voix, haut perchée voire enfantine, résonna dans la pièce.
- Attends, tu auras besoin de ça.
- Pardon ?
Je me retournai la regardai pendant qu'elle piochait dans sa pochette.
- Tiens, dit-elle avec une politesse froide en me tendant un tube de gloss d'une grande marque de cosmétique.
- Je…heu…merci, c'est…gentil de ta part. J'ai oublié mon sac et…merci, je me tus, avant de dire une bêtise.
Je me saisis du brillant à lèvre et m'en appliqua une couche.
- Garde le, dit elle quand je voulus le lui remettre.
- Non, je ne…
- J'insiste.
Son ton ne poussait pas à la contradiction et quelque chose dans son sourire me dérangea. Je regardai le tube dans ma main avec hésitation. Il devait valoir une petite fortune mais après tout c'était son problème. Si ça se trouve, le réutiliser après moi la dégoutait…
Mais on ne lui avait rien demandé !
-Merci… Heum, je m'appelle Bella… Swan, enchantée de te connaitre….
Un peu de socialisation ne me fera pas de mal. Elle avisa ma main tendue un instant, avant de la serrer en retour.
- Jane Volturi, ravie de te rencontrer.
Sans rien ajouter d'autre, elle me contourna et sortis de la pièce.
- Volturi…
.:.
Alors ? Cette Full Moon ? Vous vous êtes bien amusez ! lol Perso, j'ai faillis me faire griller par une torche en feu ^^
Edward...Jacob...dans la même team ! Mais que s'est-il passé ? lol
Et enfin Jane ! J'attends vos suggestions (c'est toujours très amusant de voir qui est dans le vrai ^^..et totalement à côté !)
Le prochain chapitre devrait être celui d'Hallowen ! (Retard de planning ? Qui ? Moi ? Lool)
Gros bisou mes petits lecteurs (-trices) chéri(e)s et à très vite.
On n'oublie pas la review :P
Khassidy
