POV Joe White

Je détestais ce moment. Même si ça faisait des années que je le subissais, à chaque fois, c'était une véritable torture. Le moment où l'avion se posait. Ce fut le cœur serré que je vis l'appareil atterrir. Je savais que Steve était à l'intérieur. Ce que je ne savais pas en revanche, c'était dans quel état. Le 5-0 n'était pas sur les lieux. L'équipe avait eu une enquête sur les bras et même si elle mourrait d'envie de m'accompagner, elle était contrainte d'obéir au Gouverneur. Danny m'avait demandé de l'appeler pour l'informer au sujet de Steve. Ce dernier n'allait à présent pas tarder à être évacué. Je sentis mes mains trembler et un frisson me parcourut la nuque. Enfin, la porte de l'avion s'ouvrit et un brancard apparut. Des hommes se précipitèrent pour aider mais moi, je ne bougeai pas. J'étais trop absorbé par ce que je voyais. Steve était inconscient. Il était branché de partout, entre le drain thoracique, le masque à oxygène pour l'aider à respirer et les électrodes qui contrôlaient son rythme cardiaque. Mais tout ça ne suffisait pas à cacher les terribles cicatrices et contusions qui étaient ancrées dans la peau de mon fiston. Le brancard arriva à ma hauteur et je me penchai sur le blessé. Wade me jeta un regard qui en disait long.

- Steve, tu m'entends ? Fis-je en essayant de garder une voix normale.

Je le vis tourner la tête légèrement vers moi. Je mis une main paternelle sur son front et lui soufflai à l'oreille des paroles apaisantes.

- Tout va bien Steve, tu es à la maison.

Le fils de John ouvrit alors les yeux. Une larme perla aux coins de ses yeux et vint s'étaler sur ses joues meurtries. Je les essuyai et tentai de lui lancer un sourire rassurant. Mon cœur se serra lorsque Steve leva une main fragile vers moi. Je la pris délicatement, comme s'il s'agissait d'un poupon et lui caressai les doigts avec tendresse.

- Je ne te lâche pas Steve, je reste avec toi.

À ces mots, il se détendit et referma les yeux. Seulement, je sentais bien qu'il continuait de s'accrocher fortement à ma main pour s'assurer que je ne partirais pas.

J'étais dans le couloir, à l'hôpital de Tripler. Je venais d'avoir Danny au téléphone. Je lui avais dit que Steve était hospitalisé mais que ses jours n'étaient pas comptés. Je savais que le détective était terriblement inquiet et qu'il voulait à tout prix me rejoindre, ça faisait six mois qu'il pensait son partenaire mort. Malheureusement, le Gouverneur restait impitoyable sur le sujet. Il était toujours furax à propos de la petite excursion non-officielle de Steve en Corée du Nord. Mes pensées furent interrompues par la venue du médecin.

- Alors Dr Lockhart, tout va bien ?

La jeune femme grimaça et secoua la tête négativement.

- Il est fort, Commandant White, mais je demande s'il le sera assez dans les prochains jours.

- Qu'est-ce que ça veut dire ?

- L'état du Commandant McGarrett est très grave, je ne vais pas vous le cacher. Le médecin qui s'est occupé de lui à l'étranger a fait du très bon boulot mais j'ai bien peur que ça ne soit pas suffisant.

- Il…Il va s'en sortir ?

Je me rendis compte que je bafouillais pour la première fois de ma vie.

- À ce stade, je ne peux pas me prononcer.

Je hochai la tête, comprenant. Elle s'écarta et me laissa entrer dans la chambre de Steve. Celui-ci était d'une pâleur affreuse. Il avait toute la poitrine recouverte par des bandages et une attelle en métal maintenait sa hanche disloquée. Le masque à oxygène avait laissé place à une trachéo. Le tube provenait directement du trou fait dans sa trachée pour y faire entrer l'air. La machine respiratoire faisait un bruit que je ne supportais pas, le bruit d'une vie qui ne tenait qu'à un fil. Ses poignets avaient été enveloppés de bandages bien serrés mais on pouvait toujours voir les fortes contusions faites par les chaînes. Ses épaules étaient dans le même état pour les mêmes raisons. J'avais encore du mal à me faire à cette image.

Je m'approchai du lit et m'assis à son chevet. Je posai ma main sur la sienne, lui indiquant que j'étais prêt de lui et que je ne le laisserai pas tomber. À mon contact, il ouvrit les yeux. Il ne pouvait pas parler à cause de la trachéo mais son regard me suffisait. Il serra ses doigts frêles autour des miens.

-Danny, Chin et Kono viendront te voir en fin de journée. Tu leur as manqué. Dis-je avec un mince sourire.

Steve ouvrit la bouche et ses lèvres formèrent les mots suivants : « Ils m'ont manqués aussi ».