Note: Voici le chapitre 8 de CrossRoad. Je m'excuse pour le temps que ça m'aura pris. Il faut que vous sachiez que ce chapitre a été tapé sur une application équivalent à Word se trouvant sur mon téléphone portable (un blackberry: non mais attendez, chuis suicidaire mais pas à ce point là xD). Bref, après test je pense que toute mise en forme (gras, italique, etc) comme toute correction orthographique m'est proscuite même sous le site. Je m'en excuse d'avance et comprenez s'il vous plait que je fais de mon mieux. Voici donc le chapitre 8 dans sa version "première". Des que je récupère mon ordi j'arrangerais les dégats.
De plus, je tiens à remercier tout ceux qui ont ajouté cette histoire dans leur favori ou qui suivent son déroulement. Merci beaucoup pour les dernières reviews qui ont été un véritable réconfort durant ces quatre derniers mois "presque" sans internet. Là aussi, dès que je récupère mon ordi je vous répondrais sans plus attendre!
Et maintenant, place au chapitre 8!
_8_
" Le Book "
Ichigo ferma les yeux de toute ses forces, pensant qu'ainsi il mettrait fin à ce long et pénible cauchemar. Mais il dut bien se rendre compte que tout était bien réel et que l'angoisse qui le tenaillait n'était pas le simple fruit de son imagination. Et malgré l'inquiétude qui s'était emparé de lui, c'est à peine s'il avait fait le moindre effort pour tenter de comprendre ce qui avait bien pu arriver à son oncle. Obéissant à Kyoraku qui leur avait demandé de rentrer à la maison avant lui, il était monté dans la berline du brun, Grimmjow au volant et n'avait plus rien dit depuis. Muré dans son silence depuis leur départ de chez son oncle, Ichigo avait observé d'un regard vide la pluie s'abattre sur la ville, le ciel quand à lui inondé de nuages sombres et menaçants, à l'image de son cœur. De longues minutes passèrent jusqu'à ce qu'ils arrivent à destination, Grimmjow engageant la voiture dans l'allée jusqu'aux portes du garage jouxtant la propriété.
C'est d'un air absent qu'Ichigo descendit de la voiture pour se diriger vers l'entrée, mais une poigne ferme autour de son poignet l'en dissuada et il se retourna lentement vers Grimmjow qui le regardait au travers du fin brouillard que formait la pluie. Les battements de son cœur s'emballèrent légèrement à ce contact et il posa ses yeux sur lui.
- Qu'est-ce que tu me veux? Finit-il par demander d'une voix éteinte et fatiguée.
- J'peux savoir ce que tu comptes faire? Lâcha simplement le bleuté.
Ichigo le regarda quelques instants surpris et interloqué, avant de répondre.
- Je suis fatigué et j'ai simplement envie de me coucher, pas de me prendre la tête avec toi...
Au fond de lui, le rouquin ne put s'empêcher d'éprouver du remord face à ces derniers mots et il se mordit l'intérieur de la bouche. Grimmjow ne lui avait rien fait qu'il avait déjà l'impression de lui jeter la première pierre. Mais son désarroi allait tellement croissant qu'il avait l'impression que ce sentiment allait finir par le noyer. Il avait peur, il se sentait perdu. Il resta silencieux quelques instants, prisonnier d'une légère torpeur dont il ne sortit qu'au contact des gouttes de pluie sur son visage, se mêlant à ce qu'il devinait être ses larmes. Quand il se décida à relever la tête, il prit pleinement conscience du fait que Grimmjow était toujours debout devant lui et devant la tristesse et la mélancolie de son regard il ne put que renvoyer un regard en tout point semblable, comprenant après coup qu'il ne s'agissait en réalité que du sien.
Pris d'une soudaine impulsion, il voulut prendre la parole, lui dire quelque chose. N'importe quoi pour combler le silence oppressant qui les séparait. Il tenta de lui parler, ouvrant la bouche plusieurs fois sans qu'aucun son ne veuille franchir le seuil de ses lèvres.
Ichigo se dit alors qu'il n'avait en réalité peut-être rien à lui dire ou peut-être tout simplement plus rien à dire. Pour une fois que le bleuté le regardait sans moquerie apparente...
Néanmoins, c'est en regardant une nouvelle fois Grimmjow qu'il comprit que le silence déjà présent suffisait à lui seul, à retranscrire ses émotions. Ce qu'il ressentait. Tout comme ce dont il avait besoin.
Autrement que dans ses rêves, il put sentir pour la toute première fois l'étreinte réconfortante des bras de Grimmjow autour de lui.
OOOoooOOO
Ichigo cligna des yeux, la lumière du jour filtrant au travers des shojis de sa chambre. Les yeux gonflés par la fatigue et les larmes, il dut se protéger de la lumière, un bras devant son visage et mit plusieurs minutes pour se réveiller complètement. Il roula sur le dos et resta quelques minutes allongé avant de pousser un soupir.
Il finit par se lever et c'est la démarche titubante qu'il se dirigea jusqu'à la salle de bain la plus proche et entreprit de se laver le visage avant d'aller jusqu'à la cuisine d'un pas un peu plus certain. A peine fut-il entré dans la cuisine que les yeux bleus si profond de Grimmjow se posèrent sur lui et les évènements de la veille au soir lui revinrent instantanément en mémoire, amenant une légère rougeur sur ses joues. Sans se démonter et allant même jusqu'à lui adresser ce sourire goguenard dont lui seul semblait avoir le secret, le bleuté le regarda quelques secondes à peine avant de détourner les yeux et de reporter son attention sur l'écran de télévision qui trônait non loin de la table. Ichigo cligna des yeux, se demandant si ce qui c'était passé hier était bel et bien arrivé mais une partie de lui-même se disait aussi qu'il valait mieux oublier et "tourner la page". L'attitude supérieur qu'il reconnut aussitôt chez Grimmjow le conforta dans cette idée.
Pourtant ce dernier avait peut-être mauvais caractère, mais Ichigo se consola intérieurement en se disant que ce n'était peut-être qu'une façade et sans vraiment comprendre pourquoi, il éprouva un certain soulagement à cette idée. Il se figea malgré lui à cette pensée et observa Grimmjow à la dérobée. Pourquoi éprouvait-il donc le besoin de justifier chacun des comportements du bleuté à son encontre? Ce n'est pas comme s'il cherchait à se rapprocher de lui n'est-ce pas? Étrangement, il eut du mal à réfuter sa propre hypothèse et cela ne fit qu'accentuer son trouble.
Il avait maintenant l'impression de retourner en arrière et éprouva une certaine colère au fait de se poser toujours des questions dont il peinait à trouver les réponses. Il avait beau avoir une intelligence supérieur à la moyenne, à quoi pouvait bien lui servir toutes cette connaissance acquise s'il n'arrivait même pas à venir à bout de ces interrogations? Prenant une grande inspiration, il se décida à agir comme il l'avait toujours fait jusqu'à maintenant. Il enfouit cette partie qui ne cessait de s'interroger au plus profond de lui-même et afficha, à l'image de Grimmjow, ce masque d'impassibilité et de froideur qui le caractérisait habituellement.
Tout à cette image qu'il se forgeait, il ne remarqua pas tout de suite que Grimmjow venait de déposer quelque chose sur la table. Quant il s'en rendit compte, il cligna des yeux une fois avant de s'approcher et de se rendre compte qu'il s'agissait d'un téléphone portable. Son portable.
- Comment est-ce que...
- Shinji est passé tout à l'heure et il a dit qu'c'est la seule chose qu'il a jugé utile de t'rapporter. Enfin j'ai pas tous compris.
Ichigo n'insista pas, voyant que le bleuté ne pourrait pas lui en dire plus et c'est avec une certaine émotion qu'il récupéra l'appareil, heureux à l'idée de savoir qu'il pourrait reprendre contact avec ses amis et leur donner enfin de ses nouvelles. Il le serra très fort dans la paume de sa main. En espérant qu'il lui restait du crédit, il avait déjà en tête la première personne à laquelle il voulait parler en tout premier lieu. Quand il composa le numéro, il ne fut qu'à moitié étonné de la personne qu'il eut au bout du fil.
OOOoooOOO
Kyoraku raccrocha après avoir rassuré Ichigo quand à comment allait son oncle. Il avait réussi avec brio à ne rien laisser transparaître de sa contrariété et avait demandé au rouquin de passer directement à l'agence ou Shinji l'attendrait pour son "premier boulot". La légère appréhension qu'il avait réussi à percevoir dans la voix de l'adolescent avait ramené un sourire sur ses lèvres et il lui avait assuré que c'était un travail qu'il effectuerait à la perfection. Du moins en partie seulement. Il se cacha bien de lui réveler cette dernière partie.
- Je peux savoir ce que tu fais avec mon portable? Lança une voix sèche derrière lui.
Kyoraku se retourna et vit qu'Ukitake le regardait sur le pas de l'entrée.
- Tu ne répondais pas et comme je me suis dit que c'était important...
- Et qui c'était?
- Ton adorable neveu.
L'argenté s'avança vers lui et le brun déposa le portable dans la main tendu avec un soupir. Si Ukitake était de mauvaise humeur, lui à côté avait l'air d'un véritable enfant de chœur. Malgré cela, il avait besoin de savoir mais Ukitake semblait obstiné à ne pas lui fournir de réponse claire et cela l'irritait quelque peu.
- Tu sais que si tu n'y vas pas ils vont devoir le relâché? Lâcha t-il soudain alors qu'Ukitake lui tournait le dos ostensiblement comme pour empêcher toute discussion.
Le tremblement qui secoua ce dernier ne lui échappa guère et il retint un sifflement.
- Pourquoi ne veut-tu pas y aller? Après tout, ce n'est pas comme si tu allais devoir subir une confrontation directe. Tu dois simplement dire à Starck ce qui s'est vraiment passé hier soir!
- Vraiment passé? Répéta Ukitake d'une voix incrédule. Je t'ai pourtant déjà dit ce qui s'est passé, qu'est-ce que tu veux que je dise de plus? Je ne vais pas inventer les faits quand même!
- Et tu penses que je vais bêtement sourire et dire, c'est okay? Je te connais assez pour savoir que tu ne me dis pas tout Juushiro. Qu'est-ce que tu caches et que tu ne veux absolument pas me dire?
Ukitake resta figé de stupeur alors que dans ses prunelles semblaient briller l'éclat d'une colère sourde.
- Je ne te caches rien bon sang! S'écria soudain Ukitake. Il n'a rien fait de répréhensible, j'ai simplement été surpris et choqué de le voir après tout ce temps! Qu'est-ce que tu croyais hein? Tant d'années ont passé et je n'ai pourtant rien oublié de ce qui c'est passé, ni de ce qu'il m'a fait subir!
Devant l'expression déchiré d'Ukitake à l'évocation de ses souvenirs qu'il aurait lui même préféré oublier plus que toute autre chose, Shunsui comprit qu'il avait été beaucoup trop loin en mettant en doute la parole de l'homme qu'il aimait. La culpabilité s'empara rapidement de lui et chose rare, il baissa les yeux comme un enfant qui venait d'être pris en faute.
- Je suis désolé, je ne voulais pas...
Au son de sa voix troublé, l'argenté sembla se rendre compte de la portée de mots qu'il venait de prononcer et malgré son mal de tête naissant, réussit à esquisser un sourire sincère. Il s'approcha du brun et posa une main qu'il souhaitait rassurante sur sa joue.
- Comprends-moi, je ne veux pas avoir à me souvenir davantage de ces instants, c'est tout. A... Aizen n'a rien fait de mal, j'ai agis par peur au souvenir de ce qui s'était passé mais c'est fini maintenant. Je ne pense pas qu'il recommencera. Je préfère nettement me préoccuper de choses plus importantes. Le passé est le passé. C'est à moi de vivre avec et je ne veux pas avoir à vivre éternellement dans la peur. C'est pourquoi je n'irais pas.
Après un long silence pendant lequel Kyoraku avait sondé les yeux d'Ukitake, il finit par pousser un soupir en preuve de capitulation ce qui amena un sourire sincère et désolé sur le visage de ce dernier qui accentua la pression de sa main sur sa joue.
- Tu me comprends n'est-ce pas?
Le brun eut une expression étrange sur le visage avant d'esquisser un léger sourire et de caresser du pouce les joues d'Ukitake.
- C'est parce que je te comprends que j'avais le sentiment que tu prendrais cette décision. La vérité c'est que je voulais simplement satisfaire mon égoïsme. Je crois... que j'avais besoin d'être rassuré mais je me rends compte à quel point c'était puérile. Tu agis de manière plus responsable que moi.
Ukitake laissa échapper un rire léger avant d'enfermer le brun dans l'étreinte de ses bras frêles.
- J'appellerais Starck pour m'excuser et lui dire qu'il est inutile de le retenir plus longtemps. Et il faut que je téléphone à l'avocat de mon frère pour une prise de rendez- vous. J'espère que ça ne posera pas trop de problème à Ichigo, s'il faut que je signe des papiers ou...
- Ne t'en fais pas pour ça. Shinji patientera le temps que tu deviennes le tuteur légal d'Ichigo.
- Et lui comment va t-il? Hier il...
- Au téléphone il semblait plutôt normal. Pourtant hier il m'a semblé choqué alors peut-être que...
- Que quoi? L'interrogea Ukitake d'un ton suspicieux.
- Rien. Rien ne t'en fais pas. Aujourd'hui on lui à programmer sa première séance photo.
- Aussi rapidement?
- C'est pour son book. Sans ça il ne pourra pas décrocher de contrat. Bref, quand on en aura terminé je l'amènerais ici. Ça te va?
- Okay. J'espère que tout se passera bien.
- Ne t'en fais pas pour ça, après tout c'est mon rôle en tant que manageur que de veiller sur lui.
OOOoooOOO
Malgré l'inquiétude qui l'avait de nouveau saisi concernant Ukitake, Ichigo avait décidé de faire confiance au jugement du brun et était partit avec Grimmjow à l'agence. Aucun des deux n'éprouva le besoin de s'adresser à l'autre et chacun s'en porta très bien. Même si le rouquin sentit comme une boule dans son estomac durant tout le trajet, ayant le presque sentiment que le bleuté n'y était pas étranger. Il secoua la tête pour chasser cette idée et suivit son homologue vers l'accueil ou se trouvait Lisa, la secrétaire personnelle de Shinji, en pleine discussion au téléphone. Elle leva les yeux au son du carillon qui suivit l'ouverture des portes automatiques et esquissa un sourire tout en s'approchant deux, mettant fin par la même occasion à la discussion.
- Vous voilà! Grimmjow, Shinji veut te voir dans son bureau afin de discuter de ton prochain contrat et toi Ichigo, suis-moi! Nous avons du pain sur la planche te concernant.
- Très bien, lâcha Ichigo légèrement surpris avant de suivre la jeune femme aux tresses.
Tout en la suivant, il jeta rapidement un regard vers Grimmjow qui s'engageait déjà dans l'ascenseur, les mains dans les poches.
- Est-ce que Grimmjow a beaucoup de, euh... contrats?
- Grimmjow est un top-modèle. La crème de la crème en quelque sorte et en tant que tel, avoir beaucoup de contrats c'est être énormément sollicité et c'est le cas de Grimmjow. Son prochain contrat si tu veux savoir l'amènera jusqu'à Milan ou il posera pour un défilé de Georgio Armani.
Ichigo fronça les sourcils. Il ne s'était peut-être jamais intéressé au monde de la monde jusqu'à maintenant mais le nom du célèbre styliste et couturier ne lui était pas inconnu. Il était sincèrement impressionné. Mais après tout, Grimmjow faisait apparemment parti de CrossRoad depuis un bon moment déjà. Lui-même en tant que simple débutant, n'aurait certainement pas cet honneur avant un bon moment.
Devant lui, Lisa se demandait si elle avait dit quelque de déplacé en voyant la mine légèrement renfrogné du garçon. Elle avait bien vu que les rapports entre Grimmjow et lui étaient en quelque sorte tendus mais elle ne pensait pas qu'ils se détestaient autant qu'ils semblaient vouloir le laisser paraître. Et puis il était de notoriété publique que Grimmjow avait mauvais caractère et que cela lui avait causé bien des soucis lors de ses nombreuses missions. Mais elle savait aussi que le bleuté ne détestait ni était vraiment détesté par ses collègues. Sa mauvaise langue et son comportement désagréable n'aidait simplement pas à l'apprécier à sa juste valeur.
Elle conduisit finalement Ichigo jusqu'à un immense atelier ou une dizaine de personne s'affairait à tout mettre en place. Celui qui semblait être à la tête du groupe s'avança avec 4 autres personnes, un grand sourire sur les lèvres. Sans cérémonie, il tendit une main qu'Ichigo serra dans la sienne en lui rendant son sourire.
- Vous devez être notre nouveau mannequin n'est-ce pas? Kurosaki Ichigo il me semble, n'est-ce pas?
- C'est ça...
- Je suis Claude, Claude tout court et je serais le photographe chargé de mettre votre book en place!
- Mon book? Interrogea Ichigo, perdu.
- Oui, votre book! Ah, je parie qu'on ne vous as encore rien dit à ce sujet n'est-ce pas? Alors laissez-moi vous expliquez rapidement. Un book est en quelque sorte la carte d'identité du mannequin qui le présente. Un book contient des photos du mannequin pris sous toutes les coutures et qui mettent en valeur à la fois votre charisme et votre naturel. C'est sur la base de ces photos que vos "futurs clients" décident ou non de faire appel à vous selon ce qu'ils recherchent et pour quel travail.
- Je pense avoir compris l'ensemble, lâcha Ichigo avec un petit sourire, encore surpris de la vitesse à laquelle le photographe s'était adressé à lui.
- Si vous avez d'autres questions, nous aurons l'occasion d'y répondre un peu plus tard si vous le voulez bien. Pour l'heure laissez-moi vous présenter mes deux assistants, Lilin et Nova.
Les deux assistants le saluèrent avec un sourire et il le leur rendit. Si le photographe avait tout d'un look de dandy avec ces petites lunettes circulaires, son chapeau haut de forme et son costume sans parler de sa couleur de cheveux aussi différente que le jour et la nuit, Lilin était petite, blonde avec d'immenses yeux bleus où perçait une pointe de malice. Ses vêtements roses agrémentés de fourrure lui donnait l'allure d'une petite princesse. À côté d'eux, Nova semblait plutôt timide et dissimulait son visage dans l'ombre de sa capuche. Ses cheveux d'un rouge plutôt agressif semblait pourtant doux au toucher.
- Ensuite, voici Yumichika Asegawa, notre maquilleur et coiffeur et à côté de lui, Ishida Uryu, notre styliste. Ces deux là vont se charger de vous refaire une beauté.
- Ravi de vous connaître enfin Kurosaki-kun, minauda le dénommé Yumichika tout en caressant les étranges plumes accrochées à son sourcil droit.
- Moi de même!
- Je pense qu'on ne devrait pas perdre de temps et commencer tout de suite, lâcha soudain le dénommé Uryu en s'approchant de lui, un mètre en main.
- Vous avez raison, approuva Claude d'une voix enthousiaste tout en tapant des mains. Finissons de tout mettre en place, Lilin, Nova!
- Oui chef!
- Yumichika-kun, Ishida-kun, je vous laisse notre jeune ami ici présent. Prenez en grand soin.
- Il sera méconnaissable, affirma le premier alors que le second entrainait le rouquin dans une petite loge.
Une fois installé et enveloppé d'un léger drap qui ne laissait plus dépasser que sa tête, Ichigo commença à ressentir les premiers signes de nervosité. Yumichika sembla le remarquer alors qu'il lui faisait pencher la tête en arrière dans un lavabo et lui demandait si justement, il se sentait bel et bien nerveux. Ichigo se sentit bête en ne pouvant lui répondre que par un sourire crispé qui sembla amuser le coiffeur.
- Il n'y a pas de raison d'être nerveux Kurosaki-kun, vous verrez tout se passera bien. Je vais vous faire un massage du cuir chevelu vous m'en direz des nouvelles!
Quelques secondes plus tard, une odeur de lavande et de lilas embaumait la pièce et Ichigo sentit ses muscles crispés se détendre par eux-mêmes alors que les longs doigts fin de Yumichika se promenaient sur son crane pour répandre le shampoing. Quelques minutes plus tard, il lui appliquait après-shampoing et autres soins divers tout en le complimentant sur la beauté de ses cheveux.
- L'un de vos parents est étranger?
- Non, mon père et ma mère sont japonais, mais ma mère avait les cheveux d'un châtain très clair.
- Avait?
- Elle est morte.
Les yeux en direction du plafond du fait de sa position, il sentit malgré tout les yeux de Yumichika et Ishida se posaient sur lui.
- O... Oh, je suis désolé.
- Il n'y a aucun mal. Elle est morte quand je devais avoir 6 ans et je n'ai que de bons souvenirs d'elle. Alors c'est vrai que ça a été très dur au début mais ça c'est arrangé avec le temps.
- Le soutien de votre famille a du jouer énormément.
Ichigo fronça les sourcils imperceptiblement avant d'esquisser un sourire amer.
- La famille... On peut dire les choses ainsi oui.
Sentant que l'ambiance commençait à être salement plombé par sa faute, Yumichika décida de ne pas se formaliser sur ce qui venait d'être dit et après lui avoir essoré les cheveux, le guida vers une autre chaise qui se trouvait face à un grand et large miroir. Le rouquin se crispa en voyant Yumichika brandir un peigne et un ciseau d'un air conquérant.
- Ne vous en faîtes pas Kurosaki-kun, vous vous sentirez tellement confiant entre mes mains expertes que vous en redemanderez une fois que nous en auront terminé.
- Si cela arrivait je crois qu'à la fin je n'aurais plus rien sur la tête non?
- Haha, c'est vrai! Allez, au travail! Détendez-vous, ça ne vas pas durer longtemps.
Ichigo acquiesça et inspira longuement avant que le peigne ne vienne glisser dans ses mèches mouillées et que les premiers coups de ciseaux ne résonne dans la pièce.
Puis quand Yumichika donna le dernier coup de sèche-cheveux et qu'il remodela l'ensemble du bout des doigts, il parut enfin satisfait du résultat. Il donna un signe de tête encourageant à Ichigo qui se décida à confronter son reflet et fut à la fois étonné et impressionné du résultat.
Il caressa d'une main distraite l'effet en bataille que donnait ses cheveux sur sa tête avant de perdre du volume et de se terminer en mèches effilés jusqu'au bas de sa nuque. Ses cheveux avaient-ils toujours été aussi long? À force de les discipliner avec du gel, c'est vrai qu'il n'avait jamais fait attention à comment il pouvait être au naturel. Il avait presque le sentiment d'être quelqu'un d'autre.
- C'est... C'est... Magnifique. Vous avez un coup de ciseaux merveilleux Yumichika-san.
- Ce compliment me va droit au cœur Kurosaki-kun.
Yumichika s'amusa encore un peu de l'ébahissement du garçon avant de s'occuper de son maquillage et le complimenta cette fois sur sa très belle peau, douce et légèrement halé.
Puis ce fut au tour d'Ishida qui s'impatientait et qui se montra de bien meilleur humeur quand il put prendre les mensurations d'Ichigo avant de disparaître dans des rayons surchargés de vêtements, saisissant des jeans, des pantalons de soie, des chemises, des pulls, des tee-shirts et tout autant d'accessoires et de paires de chaussures. Et Ichigo comprit que quelque chose de plus difficile encore l'attendait, derrière ses portes.
OOOoooOOO
- On se retrouve demain pour les photos en extérieur! Annonça finalement Claude en quittant l'objectif des yeux.
Des soupirs de satisfactions s'élevèrent de concert et tous s'activèrent rapidement à ranger l'ensemble du matériel alors que Claude s'approchait d'Ichigo. Lui seul ne partageait pas la joie de tous et son visage arborait une expression tourmenté.
- Il y a un problème Kurosaki-kun? S'enquit-il alors d'une voix douce.
- C'est plutôt à moi de vous poser cette question...finit par lâcher le rouquin d'une voix où perçait un certain agacement. Ne me demandez pas comment, mais croyez-moi j'arrive facilement à reconnaître une personne quand elle n'est pas satisfaite de quelque chose. Et le problème, il est là parce que je sais que vous n'êtes pas satisfait.
Claude haussa à peine un sourcil en réponse et pendant l'espace de quelques secondes, il afficha une mine désolé.
- Je pense qu'il est inutile de vous cacher la vérité et autant être honnête avec vous...
Ichigo sentit son cœur se serrer et il grimaça.
- Votre travail était loin d'être décevant vous pouvez me croire. C'était bien... Mais c'était loin d'être parfait. Aujourd'hui était votre première fois, vous n'avez encore acquis aucune technique et cela n'a pas joué en votre faveur ce qui est tout à fait normal chez un débutant. J'ai aussi appris par Shunsui que vous sortiez d'une situation plutôt délicate. En tout cas, je ne vous cherche pas d'excuses, je vous conseille simplement de faire attention à bien faire abstraction de toute situation qui pourrait gêner le bon déroulement d'une séance. Un mannequin se doit d'être disponible, autant physiquement que mentalement.
Ichigo tiqua et se rembrunit, blessé par ces derniers mots. Claude avait pourtant bel et bien raison.
- Je...
- Je ne cherche pas non plus à vous blâmer, loin de moi cette idée Kurosaki-kun. Vous êtes très photogénique en plus d'un physique à tomber, rajouta t-il avec un sourire. Il est même certain que la célébrité ne vous sera pas inconnu. Mais pour l'instant je pense qu'au fond de vous, vous n'avez pas encore saisi et accepté l'ampleur de ce qui vous arrive ni même ce que cela implique, autant pour vous que pour ceux avec lesquels vous travailler. Et c'est ce qui vous empêche d'avoir les expressions justes.
- Je suis désolé...
C'est tout ce qu'Ichigo trouvait à lui répondre. Le reste semblait coincé dans sa gorge surtout devant l'air encore plus désolé que lui renvoyait le photographe.
- Il n'a aucune raison pour vous d'être désolé Kurosaki-kun. Je pense que dans votre situation, il était peut-être trop précipité de notre part d'avoir programmé cette séance aujourd'hui. Je vais demander à Shinji de reporter la préparation de votre book à une date ultérieure, jusqu'à ce que vous vous sentiez prêt. D'accord?
- Très bien...
- Shunsui vous attend à l'entrée de l'atelier. Vous pouvez garder les vêtements que vous portez, cadeau de la maison!
Ichigo hocha la tête avec un sourire absent avant de se reculer afin de saluer l'ensemble des personnes présentes.
- Merci à tous pour vos efforts!
Chacun lui adressa un sourire, un mot d'encouragement, un signe de la main. Quand il referma la porte derrière lui, il aperçut Kyoraku dans le couloir qui semblait l'attendre. Toujours affublé de son air débonnaire, il posa une main sur le crane d'Ichigo et lui ébouriffa les cheveux.
- Je ne te demanderais pas comment ça c'est passé puisqu'il me suffit de voir ta tête.
- Je suis si facilement déchiffrable?
- Non, en fait j'ai assisté à la séance du début jusqu'à la fin.
- Il vous as dit ce qu'il en pensait?
- Il m'en a touché deux mots. Et pour tout te dire je m'y attendais en quelque sorte. Mais ne t'en fais pas, j'ai déja la solution qui te permettra de remédier à ce problème.
Ichigo lui lança sans le vouloir un regard découragé. Il avait toujours réussi dans tout ce qu'il entreprenait. L'échec lui laissait un goût assez amère. Pour la deuxième fois, il n'avait pas su réagir. Il n'avait rien trouvé à redire aux dires de Claude. Il se sentait affligé plus que de raison.
- Et je peux savoir ce que vous me réservez exactement? Demanda t-il d'une voix éteinte.
Kyoraku qui n'avait rien perdu de la tourmente d'Ichigo, lui asséna une grande claque dans le dos avec un sourire.
- Tu le sauras très bientôt! Nous commençons dès demain alors assure toi de me chasser cette mine soucieuse de ton visage, elle ne te sied pas au teint.
Ichigo ne put s'empêcher de rougir légèrement avant de franchir l'entrée de l'agence, précédant les pas du brun jusqu'à la voiture sur le parking, quand des éclats de voix leur parvinrent et ils levèrent la tête.
Le rouquin sursauta avant de reconnaître Grimmjow en compagnie d'un homme qu'il ne connaissait pas. Un homme, dont la carnation de peau semblait pareille à de la craie. Quelques secondes après, ce dernier plaquait ses lèvres sur celle du bleuté avec une certaine férocité et malgré la colère qu'Ichigo avait cru déceler dans sa voix, Grimmjow sembla répondre à son baiser. Il en éprouva un pincement au cœur. Choqué aussi par ce qui se déroulait sous ses yeux - non pas par le fait qu'il venait de voir deux hommes s'embrassaient mais plutôt par le fait que le geste ne l'avait pas perturbé de par sa nature - il ne réagit que très tardivement au raclement de gorge de Kyoraku qui fit se séparer les deux individus. Ichigo croisa alors les yeux de l'inconnu, d'un vert émeraude et profond. Grimmjow jura entre ses dents en les apercevant tout les deux et poussa l'inconnu en direction de la sortie.
- Et maintenant dégage! Lâcha t-il sans plus de cérémonie.
- Je te rappellerais...
- On verra bien si je te foutrais un vent. Maintenant dégage! T'as rien à faire ici!
L'inconnu aux yeux verts sembla vouloir dire quelque chose mais il se ravisa au dernier moment et se détourna finalement non sans avoir jeté un dernier regard, froid et haineux à Ichigo qui le laissa perplexe.
- Je peux savoir ce qu'il fait ici? Lui demanda Kyoraku en fronçant des sourcils.
- Chais pas.
Grimmjow semblait ne pas vouloir donner de réponse clair au brun alors qu'il se dirigeait vers la voiture, brisant le contact visuel avec Ichigo. C'était quoi ce regard qu'il lui lançait? Et cette étrange sensation, comme s'il avait été pris en flagrant délit? Il balaya d'une main la soudaine contrariété qui c'était emparé de lui et se tourna vers Kyoraku qui ne l'avait toujours pas quitté des yeux tout en comblant la distance qui les séparait.
- Ce n'est pas toi qui l'as fait entré j'espère? Tu sais qu'en temps normal, il n'a rien à faire ici.
- J't'ai dit que j'en savais rien, il était déjà là quand j'suis arrivé. Maintenant si t'en as fini avec ton interrogatoire, j'aimerais bien qu'on s'en aille.
- Hmm, j'espère sincèrement pour toi que tu ne me racontes pas d'histoire Grimmjow autrement tu sais ce qui t'attend au tournant.
Un grommellement agacé lui fut donné en réponse.
- Allons-y maintenant. Ichigo?
Kyoraku se retourna et s'aperçut que le rouquin n'avait toujours pas bougé de l'endroit ou il était.
- Ichigo est-ce que tout va bien?
Devant le regard à la fois interrogateur et inquisiteur du brun, Ichigo acquiesça rapidement et évita le regard de Grimmjow de nouveau posé sur lui.
- Oui oui, tout va bien désolé. Je... pensais à quelque chose.
Kyoraku n'insista pas mais n'en dit pas plus sur ce qu'il pensait réellement de sa réaction. Il avait tout son temps pour interroger le rouquin à ce sujet.
... à suivre
(Personnellement je ne suis pas du tout satisfaite de ce chapitre. J'espère que le prochain vous plaira un peu plus.)
