Ah, un petit mot de l'auteure. Je ne crois pas que quelqu'un se donnera la peine de le lire, ou bien vous le lirez tous après avoir lu mon chapitre (ben, c'est ce que je fais, moi. Ouh, je suis une lectrice rebelle mouhahaha). Si vous ne le lisez pas, tant pis pour vous, je l'écris pareil. Je voudrais vous dire un ÉNORME MERCI (pour la cause, je l'ai réellement grossi) pour tous vos commentaires. Sérieux, ça me touche vraiment. J'adore les lire. Fin du mot de l'auteure, j'espère que vous allez apprécier le chapitre et pour ceux qui n'ont pas lu mon mot, je vous tire la langue. J'ai écris un mot très touchant (ou pas…). Mais je vous aime quand même, petits coquins (je voulais juste placer le mot « coquin » dans mon texte pour mon plaisir personnel). Assez de blabla, voilà le chapitre. Tadam.
Aujourd'hui, ma mère me força à retourner à l'école. J'avais encore un peu mal, mais elle refusait que je reste au lit comme une diva (ce sont ses mots). Alors, j'avalai deux antidouleurs, pris les clés de ma Coccinelle et mon courage pour sortir de ma chambre. Entre deux bouchées de mon petit-déjeuner, je demandai à mon grand-père si Cocci (car c'était le petit nom de ma voiture, gracieuseté de mon grand-père) était fonctionnelle, puisque j'aurai besoin de ma voiture pour me rendre à l'école. C'était comme si j'avais déclaré la troisième guerre mondiale. Grand-père se contenta de marmonner que Cocci marchait parfaitement bien, mais sa tendre épouse ouvrit la bouche pour commenter sauf que je fus plus rapide qu'elle :
-Non, ce n'est pas Seth qui m'amène à l'école et je ne veux pas en parler. Aucune question.
Ma grand-mère referma la bouche, même si je vis un gros point d'interrogation dans ses yeux, ainsi que dans ceux de ma mère. Je pouvais presque voir les questions défilées dans leur esprit. Je finis de manger, pris mon sac à bandoulière et sortis après leur avoir dit au revoir. Je rentrai dans ma voiture et essayai de démarrer. Malheureusement, Cocci refusa ma demande. Après trois tentatives, une prière et quelques jurons, elle démarra capricieusement. Pendant la route, je fus agréablement surprise de constater que, malgré un long moment sans conduire, ma conduite était pareille. C'est-à-dire, irréprochable selon mon grand-père (qui m'avait appris à conduire), correct selon moi, mauvaise selon les autres automobilistes et catastrophique selon Seth. Seth. Penser à lui faisait mal. Comme si on m'avait mitraillé le cœur. Je savais que j'avais fais ce qu'il fallait, mais ça ne faisait pas moins mal. J'étais dans une montagne russe émotionnelle, partagée entre la colère et la tristesse. J'étais furieuse contre moi d'avoir fais ce stupide ultimatum, contre Seth qui m'avait, malgré lui, poussé à le faire et contre son foutu secret qui était venu se mettre entre nous. J'étais triste qu'on en soit arrivés là, que, maintenant, voir Seth me faisait plus de mal que de bien. Pas que je n'étais pas bien avec Seth, mais c'était toujours tendu, avec des silences de malaise et des questions sans réponse. Jusqu'au jeu. La preuve qu'on était devenu pathétique. Pendant toute ma vie, il n'y avait que trois choses dont j'étais persuadée et que j'étais certaine de ne jamais en douter : 1) Que je chantais assez bien 2) Que mon oncle était la personne la plus cool au monde et 3) Que j'aimais Seth et que Seth m'aimait, qu'on était ami pour toujours et que rien ne pourrais nous séparer. Malheureusement, il semblerait que j'avais tort. Ce que je savais, par contre, c'était que le secret de Seth devait être vraiment très important pour qu'il risque de mettre notre amitié en péril afin de le préservé.
Je me stationnai sur le parking du lycée et sortie de ma voiture. Les LMN étaient au même endroit que d'habitude : devant l'entrée du secrétariat, ce qui avait pour conséquences de bloquer le passage aux autres élèves qui les bousculait sans ménagement. Melany leur criait des insultes, Nadine leur envoyait Le-regard-qui-tue et Liz soupira dramatiquement et répétant « franchement » de sa petite voix. C'était bon de savoir qu'il y avait de choses qui ne changeaient jamais. Je les rejoignis en trottinant.
-Salut Tabitha, ça va?
-Ouais.
Pas du tout, mais Liz n'était pas obligée de le savoir. Je ne devais pas être très convaincante, parce que Nadine leva un sourcil, septique et que Liz me dévisagea comme si j'avais un troisième œil. Par contre, Melany, elle, ne me laissa pas tranquille dans mon mensonge.
-Seth est-il malade?
J'haussai les épaules, craignant que ma voix ne tremble si je me mets à parler. Melany continua :
-Il ne t'a pas reconduit à l'école, non? Vous vous êtes disputez?
Je me retiens de lui crier que ce n'est pas de ses affaires, mais pour la raison susmentionnée, je me contentai de la penser. Les LMN semblèrent prendre mon silence pour une affirmation ou une émotion trop forte et se mirent en mode réconfort. Liz me prit dans ses bras et chuchotant des paroles gentilles (le problème, c'est qu'elle était plus petite que moi, alors elle se contenta d'encercler mes épaules), Nadine me fit un regard réconfortant en marmonnant que les garçons étaient débiles et Melany me tapota le bras en me disant que ça va passer. Même si je ne voulais pas de leur pitié, ça me fit du bien. Je les soupçonnais de toujours croire que j'étais amoureuse de Seth et donc que j'avais le cœur brisé. Même si c'était assez proche de la vérité, je ne comptais pas confirmer leur hypothèse. J'avais ma fierté. Tout de même. La cloche sonna et je me dégageai de l'étreinte de Liz pour aller en cours. Je croisai la petite bande de Seth et remarquai que mon ami (ou ex-ami, je ne sais pas trop) n'était pas parmi eux. Je ne pourrai même pas admirer son magnifique visage de loin. J'espère juste qu'il ne s'est pas (encore) attiré d'ennuies…
Seth
Je n'en pouvais plus. Je rends les armes. C'était fini. Ça faisait vingt-quatre que je n'avais pas de nouvelle de Tabie. D'habitude, lorsque je ne la voyais pas, je lui passais au moins un coup de fil, pour m'assurer que tout va bien ou tout simplement entendre sa voix. Je n'avais jamais passé plus d'une journée sans la voir ou l'entendre. Ça me tuait. Et c'était de ma faute en plus. J'aurais dû lui dire lorsqu'elle me l'avait demandé. J'aurais dû lui dire dès que j'ai sus qu'elle était mon imprégnée. Mais j'ai totalement flippé. Savoir que je m'étais imprégné de ma meilleure amie m'a déboussolé. C'était une drôle de coïncidence, mais, d'un autre côté, je ne voyais pas comment ça aurait pus être autrement. Je connaissais Tabie depuis la nuit des temps et j'avais toujours eu un petit faible pour elle. Rien à voir avec maintenant, mais ça comptais tout de même. J'avais peur de sa réaction lorsqu'elle l'apprendrait. Parce qu'elle va l'apprendre, c'est certain. Je vais lui dire. Dès que je vais en avoir le courage. J'avais séché le lycée. Ça ne me tentait pas de la voir en sachant qu'elle m'en voulait. En sachant que je ne pouvais pas lui parler. Je faisais les cents pas chez moi, incapable de rester en place. Leah avait essayé de me distraire, mais elle a bien vu que c'était inutile.
J'étais encore en train de me morfondre, lorsque j'entendis cogner à la porte. Leah me cria d'y aller, mais je ne bougeai pas. Pas envie de voir du monde. Finalement, après qu'on ait failli défoncer la porte sous les coups, Leah alla ouvrir en soupirant bruyamment. J'entendis Jacob demander si j'étais là. Il parla un peu avec ma sœur et je ne croyais pas être parano en pensant qu'il parlait de moi. Une minute plus tard, Jacob rentrait dans ma chambre et je devenais qu'il n'était pas content. Je soutiens son regard jusqu'à ce qu'il parle.
-Qu'est ce que tu fiches ici?
J'haussai les épaules. C'était trop long a expliqué. Heureusement, Jacob n'attendait pas une réponse.
-Tu ne devrais pas être là. Tu devrais être en train de chercher le meilleur moyen de dire la vérité à Tabie.
Je tiquai. Pas parce qu'il avait tort. Je savais qu'il avait raison sur toute la ligne. C'était stupide, mais ça me faisait toujours bizarre d'entendre quelqu'un d'autre que moi appeler Tabie par son surnom. C'était moi qui l'avais appelé comme ça en premier. J'aurai voulu être le seul à l'appeler Tabie. Il va falloir que je lui trouve un autre surnom. Au moins les clones LMN l'appelaient par son nom complet. Sinon, je leur aurais arraché la tête. Jacob a dû comprendre que je n'étais plus totalement avec lui parce qu'il soupira, comme Leah et me prit par l'épaule pour me faire sortir de force.
-Viens avec moi. Je vais voir Nessie.
-Merci de me rappeler que, toi, tu as une imprégnation qui n'est pas furieuse contre toi.
-Arrêtes de te plaindre et suis-moi. Ça va te changer les idées.
Il me traîna presque jusqu'à la villa des Cullen. Ça devait être la première fois que je n'avais pas envie d'être là. Que je n'avais envie de voir personne. Je ne pensais qu'à Tabie et le moment où elle m'a envoyé balader. Elle n'avait même pas l'air triste. Je savais qu'elle était douée pour cacher ses émotions, alors elle était peut-être un petit peu triste. Alors que Jacob se ruait sur Nessie, moi, je me contentai de rester dans mon coin et bouder. Je vis que les autres étaient surpris, car habituellement j'étais toujours de bonne humeur, il fallait le dire. Je me demandais si elle pensait à moi présentement, si je lui manquais, si elle regrettait autant que moi ce qui c'était passé.
-Alors, Seth…
Je n'avais pas remarqué que Edward c'était assis à côté de moi. Trop de choses occupaient mon esprit et la plupart d'entre elles concernaient Tabie. Je déconnectais avec le monde qui m'entourait.
-Je crois que tu aurais dû lui dire.
Inutile de lui demander comment il était au courant. La scène jouait en boucle dans mon esprit. Je n'étais pas capable de l'oublier.
-Je sais.
Car oui, j'aurais dû lui dire. Edward avait raison.
-Elle va bien réagir.
-Tu ne l'as connais pas. Elle peut être imprévisible.
Même moi, qui la connaissais plus qu'elle se connaissait elle-même, ne savait pas quelle serait sa réaction.
-C'est vrai. Mais si les autres ont été capables tu le seras aussi.
-Mouais. Je ne sais pas trop comment m'y prendre pour amortir le choc.
Quoique, connaissant Tabie, elle doit déjà s'imaginer un million de scénarios possible. Du genre, j'ai tué quelqu'un ou quelque chose comme ça.
-Au début, quand j'ai rencontré, je ne voulais pas qu'elle sache ce que j'étais. Finalement, ce n'était pas une si mauvaise chose.
Peut-être…
-Que se passera-t-il si elle ne veut plus jamais me voir après ça?
C'était ma pire crainte. Ce qui me retenait de tout lui dévoilé. Jacob devait écouter notre conversation, car ce fut lui qui répondit.
-Ben, ce n'est pas déjà le cas? Au point où t'en est, ça ne peut que s'améliorer.
Vu comme ça…
-Vas-y, va la voir.
On ne me le demande pas deux fois. Je courus presque jusqu'au lycée. Les cours finissaient dans quelques minutes et j'essayais de trouver la meilleure manière de lui annoncé. Je faillis faire demi-tour, mais je savais que Jacob et le reste de la meute risquait de me casser les oreilles avec ça si je ne le faisais pas maintenant. La cloche sonna et je la vis sortir de l'école, entourée de ses idiotes d'amies qui pépiaient. Elle se sépara d'elles pour aller vers sa voiture (elle fonctionnait? Impressionnant). C'était le moment. Je m'approchai d'elle et lui toucha l'épaule. Elle se retourna d'un bond en criant. Quelques élèves se tournèrent vers nous.
-Tu m'as fais peur.
-Je vois ça. Désolé.
-Pff, tu n'es pas désolé du tout. Tu ris de moi présentement.
-Pas du tout, suis-je en train de rire?
-Non, mais dans ta tête, oui.
Normalement, elle aurait raison. Mais présentement, j'étais beaucoup trop stressé pour rire. Elle se retourna pour déverrouiller la portière de sa voiture, mais lorsqu'elle vit la Coccinelle, elle se retourna vers moi.
-Je peux savoir pourquoi tu viens me voir?
-D'après toi?
-J'en sais rien, c'est pourquoi je te le demande. Je t'en pris Seth, si ce n'est pas important, laisses-moi tranquille, c'est déjà assez difficile comme ça.
Pendant un instant, je fus tenter de repartir comme le trouillard que je suis, mais je me remémorai à quel point j'étais lamentable sans elle et restai planté là. Elle me regarda, haussant les sourcils en constatant que je ne partais pas.
-Ok, dis ce que tu as à me dire.
Je trépignai de nervosité, on était encore sur le parking et quelques élèves s'attardaient. Je me passai anxieusement la main dans les cheveux et lui pris les coudes.
-Pas ici, suis-moi.
Elle n'hésita pas une seconde avant de me suivre. Ça m'étonnait toujours de voir à quel point elle me faisait confiance malgré tout ce que je lui cachais. Je l'entraînai vers la forêt à côté de l'école. Forêt est un grand mot, puisque ce n'est qu'un boisé, mais ça serait suffisant. Un plan commençait à ce formé dans ma tête. Je m'arrêtai lorsque je jugeai que nous étions assez éloignés. Je me tournai vers elle. Tabie me regardais, les bras croisés, mais ses yeux débordait de douceur et d'encouragements. Je ne savais toujours pas ce que j'allais dire exactement, mais improvisai.
-As-tu déjà entendu parler des légendes de la réserve?
Question superflue, je savais déjà que son grand-père les lui racontait lorsqu'elle faisait des crises d'insomnies. Ça l'aidait.
-Oui, évidemment.
Elle savait que je savais qu'elle savait.
-Te souviens-tu de celle qui disait qu'on descendait des loups?
Une autre question inutile : Tabie avait une excellente mémoire pour ce genre de détail.
-Ouais. Et alors?
C'était le moment. Je pouvais encore me rétracter. Tabie serait agacée si je décidais de ne rien dire finalement, mais c'était peut-être mieux que la réaction qu'elle allait avoir. Ma meilleure amie, ma complice depuis toujours, celle avec qui j'ai passé toute ma vie, cette fille merveilleuse me regardait, me laissant le temps de lui révéler ce que je lui cachais. Je l'observai attentivement. Elle avait lissé ses cheveux bruns habituellement bouclés, son vernis à ongle bleu était écaillé et elle portait un jean moulant, mais jamais vulgaire comme toujours. Ses lèvres naturellement rouges esquissaient une moue impatiente, ses boucles d'oreilles, de gros anneaux argentés que je lui avais offert pour son anniversaire et qu'elle portait toujours depuis, s'agitaient au vent et ses yeux noisettes, ni grands ni petits me fixaient et m'encourageaient à continuer. C'était la même Tabie. Pendant tout ce temps, je la voyais changée, différente, comme si ce n'était plus la même personne avec qui j'avais partagé tant de chose, mais en fait, c'est moi qui la voyais différemment. À travers les yeux de l'imprégnation, je la trouvais parfaite. Mais parfaite ou non, elle était Tabie, avec ses belles qualités et ses petits défauts qui faisait d'elle la personne que j'aimais. Je n'avais pas choisi de m'imprégner d'elle, mais j'avais choisi d'être son ami. Je sus que je ne voulais pas me rétracter. Je pris une grande inspiration et me força à la regarder dans les yeux.
-Ce n'est pas que des légendes, je suis un loup-garou.
