Bonjour ! Je reviens très vite vers vous avec un nouveau chapitre, avec deux évènements hauts en couleurs. J'espère qu'il vous plaira !


LES AMIS DU FILS BENNET - CHAPITRE 7

Jane regardait sa soeur se préparer à sortir pour aller à leur rendez-vous chez les Darcy. Leur relation allait très vite changer, car elles n'allaient plus se voir autant qu'avant, lorsque Elizabeth se mariera. L'amour que Mr. Darcy lui portait était évident. Il ne manquait plus que les mots. Mr. Bingley n'avait pas été si effusif dans ses paroles, mais Elizabeth répétait que cela se voyait dans les yeux de l'homme : il aimait Jane. Si sa soeur disait vrai, alors Elizabeth et Jane ne seraient pas si loin que ça loin de l'autre : elles étaient soeurs, et Charles et Darcy font partis du même groupe d'amis.

Jane s'occupa elle même de la coiffure de sa soeur, ce qui fit sourire Elizabeth, même si elle semblait préoccupée. Tout en continuant de la coiffer, Jane posa une question qui lui trottait dans l'esprit.

« _Lizzie… Tu m'as raconté ce que Mr. Darcy t'avait dit, hier soir, mais… Que ressens-tu pour lui ? »

Elizabeth ne répondit pas automatiquement, préférant fermer les yeux. Elle ne savait pas ce qu'elle ressentait. Bien des choses, sans aucun doute. Mais elle ne savait pas mettre un mot sur ses sentiments. C'est ce qu'elle répondit à Jane.

« _Je ne sais pas Jane… soupira Elizabeth. Je ne sais pas si c'est de l'amour ou de l'amitié. Je ne sais pas ce qu'il pense de moi, à quel point… Et je n'ai pas envie d'avoir de faux espoirs.

_Nous verrons bien, laissons le temps faire les choses, conclut Jane en ajoutant une touche finale à la coiffure de sa soeur. »

Regardant la lampe, Jane jugea qu'il était temps de rejoindre leur frère pour aller chez les Darcy. Une fois dans la voiture, Henry les regarda, bien embêté, sa main sur le pommeau de sa canne, avant de regarder ce qui se passait au dehors.

« _Jane, Charles a été invité par Darcy, annonça Henry. Ça aurait pu être une très bonne nouvelle, mais Caroline a imposé sa présence.

_Ça reste une bonne nouvelle, renchérit Elizabeth.

_Oui, mais ça n'est plus une TRÈS bonne nouvelle, rit Henry, en regardant ses soeurs qui se moquait de lui. Je vous vois, les filles. Je sais ce que vous pensez, mais je crois que j'ai ma petite revanche. Miss Bingley ne sait pas que vous êtes ici, son frère ne lui a rien dit. Laissez la vous prendre de haut jusqu'à ce que vous sortiez dans le monde. Ou alors, laissez la vous prendre de haute jusqu'à ce que son frère ou Darcy s'énerve

_Pourquoi s'énerveraient-ils ? Demanda Jane.

_Ils me semblent qu'ils ont de bonnes raisons, non ? Plaisanta Henry, un sourire aux lèvres. »

Jane observa Elizabeth qui venait de détourner le regard, tout en frottant le dos de sa main : l'endroit précis où Darcy avait posé ses lèvres le soir précédent. Quand ils arrivèrent devant Darcy House, Henry offrit un regard compatissant à ses deux soeurs avant de rire, avant de les aider toutes deux à sortir. Elizabeth regarda d'un coup d'oeil la demeure, avant d'entreprendre la montée des quelques marches jusqu'au perron. Ils furent accueillis dans le hall, et la femme de charge leur demandait leur noms, avant d'être interrompu par Mr. Darcy qui descendait l'escalier.

« _Pas de problème, Katy, ce sont mes invités, sourit Darcy à sa femme de charge. Je vous remercie. »

Elizabeth fut surprise de le voir parler ainsi à ses domestiques, n'ayant pas imaginé cela ainsi, beaucoup de gens de la « Haute » ne considérant même pas d'un regard qui les servait. Il salua Henry d'une accolade amicale (chose qu'il ne s'était pas permis chez sa tante ou ailleurs), salua Jane et montra très explicitement sa préférence envers Elizabeth en la saluant puis en lui proposant son bras, un sourire aux lèvres. Cette dernière rougit mais ne pipa mot, encore moins quand Jane lui jeta un regard d'encouragement et que son frère laissait échapper un petit rire. Avant d'entrer dans le salon, Darcy s'arrêta.

« _ Miss Elizabeth, je suis désolé de vous l'annoncer, mais Miss Bingley sera de notre compagnie ce matin Je ne pourrais donc pas converser librement avec vous durant notre promenade. Je n'ai pas envie que les foudres de Miss Bingley s'abattent sur vous.

_Ça n'est pas un soucis, Mr. Darcy, sourit Elizabeth en s'empêchant de rire.

_Mais ça l'est pour moi, dit-il en souriant. »

Elizabeth rougit alors et Henry dut s'éclaircir la gorge pour ne pas qu'ils oublient qu'ils sont présents. Se fut alors au tour de Darcy de rougir, et il fit entrer ses invités dans le salon, où Georgiana attendait. Elle salua chaleureusement ses nouvelles amies et les invita à s'asseoir, les hommes prenant également un siège. Henry et Darcy parlèrent affaire, Henry demandant des conseils à son ami sur la gestion de sa propriété, alors que Jane et Elizabeth parlaient de livre avec Georgiana, pendant qu'une domestique apportait le thé. Les deux propriétaires des lieux la remercièrent chaleureusement, alors qu'elle s'en allait de la salle où ils se trouvaient. Voyant la surprise des deux jeunes femmes, Georgiana expliqua.

« _Mon frère considère que si on ne traite pas bien les personnes qui nous servent et nous accompagnent dans la vie de tout les jours, on est alors bien moins servi.

_Nous ne pouvons qu'approuver, sourit Jane.

_Serait-ce une des faces cachées de votre frère, Miss Darcy ? Demanda poliment Elizabeth, un sourire au coin des lèvres.

_Oh, il ne le cache pas, c'est seulement qu'il ne peut le montrer que chez nous, expliqua Georgiana. Et puis, il est bien plus à l'aise chez lui. Ici, personne ne juge par les actions, si elles sont aimables. Si les actions sont vilaines, alors on peut juger.

_C'est un fonctionnement que j'apprécierais dans ma propre maison, déclara Elizabeth.

_Je suis ravie que cela vous plaise, Miss Elizabeth, sourit Georgiana. Après tout, vous n'aurez sans doute pas besoin de l'installer car cela est déjà en place ici.

_Miss Darcy, vous… bégaya Elizabeth en rougissant violemment. Vous vous fourvoyez totalement, il n'y a rien entre votre frère et moi.

_Il n'y a rien d'officiel, mais cela ne saurait tarder ? Répliqua Georgiana. Excusez moi de cette intrusion dans votre vie privée.

_Ce n'est rien, la rassura Jane. Elizabeth peut-être aussi timide que vous sur certains sujets. Votre frère en fait maintenant partie.

_Jane ! S'écria Elizabeth. »

Jane se mit alors à rire, et Elizabeth s'efforça de changer de sujet, jusqu'à ce que les Bingley furent annoncés. Elizabeth croisa le regard de Darcy qui l'observait, un sourire passant très vite sur ses lèvres en faisant apparaître une fossette. Elle détourna le regard en souriant à elle même, et se leva lorsque les Bingley arrivèrent. Très vite, le regard triomphant de Caroline bingley à l'idée d'être invitée chez les Darcy à boire le thé se transforma en stupéfaction lorsqu'elle vit les Bennet.

« _Bonjour, Miss Darcy, Darcy, Henry, Miss Elizabeth et… Miss Bennet, conclut Charles en s'avançant vers elles pour les saluer, avant de saluer plus personnellement le reste de la compagnie. »

Sa soeur fit la même chose dans l'autre sens, et allait dire quelque-chose à Mr. Darcy, mais ce dernier s'éloigna pour servir le thé aux deux arrivants. Désappointée, elle se dirigea donc vers Georgiana Darcy qu'elle salua comme si c'était une amie de toujours. Puis, triomphalement, elle salua les demoiselles Bennet, en les regardant de haut en bas, avant de s'asseoir.

« _ Mr. Darcy vous fait un honneur en vous invitant à prendre le thé, déclara Miss Bingley. J'espère que vous vous en rendez compte.

_En fait, c'est Miss Darcy qui nous a invitées à prendre le thé, expliqua Jane en souriant. Nous étions à manger chez le comte et la comtesse de Matlock, qui sont son oncle et sa tante.

_Eh bien, c'est également une grande oeuvre de charité que le comte et la comtesse de Matlock on souhaité prodiguer, s'écria Caroline, mortifiée. Vous devez sans doute loger chez votre oncle et votre tante à Cheapside. Étaient-ils invités hier ?

_Oui, bien sûr, car ils étaient avec nous au théâtre il y a de cela trois jours, expliqua Elizabeth. La comtesse les a donc également invités. C'est une dame très charmante, le courant est tout de suite passé.

_Mais Miss Elizabeth, vous n'habitez pas à Cheapside, interrompit Georgiana. Vous habitez à…

_Je crains que vos invités sont bien moins riches qu'ils ne le laissent penser, déclara Caroline d'un air hautain.

_Non, je ne loge pas à Cheapside, Miss Darcy, répondit Jane. Mais vous savez, des gens au bon revenu peuvent habiter à Cheapside, Miss Bingley, c'est la maison qui compte, et non pas l'endroit.

_C'est ridicule enfin ! S'écria Caroline, ce qui fit se retourner les trois hommes présents dans la pièce, qui écoutaient avec attention. Vous devez bien loger quelque-part, et votre oncle et votre tante habitent à Gracechurch Street. Arrêtez de vous faire passer pour ce que vous n'êtes pas.

_Miss Bingley, je ne vous permet de parler ainsi dans ma maison, dit froidement Georgiana, avant de regarder son frère, qui la regardait avec fierté.

_Comment pouvez vous défendre ces deux filles de la campagne, qui vivent dans la boue, et logent en ce moment même à…

_Mayfair, dans leur propre demeure, termina Darcy en se levant. Et toutes les personnes venant de la campagne vous remercient, Miss Bingley. Georgiana et moi venons de là bas et sommes très fiers de vivre dans la boue. »

Charles se leva alors, demandant à sa soeur de le suivre dans la bibliothèque. Mr. Darcy les y emmena, alors que Georgiana et Henry prirent les mains de Jane et Elizabeth pour les réconforter. Georgiana s'excusa un bon nombre de fois du caractère de Miss Bingley, et Henry ne dit rien, comprenant que ses soeurs n'étaient en rien touchées par l'orgueil dont avait fait preuve Caroline Bingley. Après avoir insisté pour que chacune s'appellent par leur prénom, et non plus par leur nom de famille, les trois nouvelles amies attendirent patiemment le retour de Darcy et des Bingley.

Darcy emmenait une Caroline Bingley mortifiée et un Charles Bingley honteux s'expliquer dans la bibliothèque. Alors qu'il leur tenait la porte pour qu'ils entrent, Caroline prit le bras de Darcy.

« _Mr. Darcy, je vous pris de m'excuser, je ne…commença Caroline.

_Miss Bingley, premièrement, ce n'est pas à moi que vous devez des excuses, mais à Miss Bennet et sa soeur, et deuxièmement, votre frère aimerait vous parler. »

Au final, Charles mit sa soeur dans une voiture pour qu'elle retourne seule jusque leur maison à Grosvenor Square, alors que tout le monde se préparait à partir pour Hyde Park en voiture. Une fois là bas, Henry prit Elizabeth à son bras car Charles avait déjà entreprit de proposer son bras à Jane, Georgiana allant avec son frère. Avant qu'ils ne commencent à marcher, Elizabeth et Jane remercièrent Darcy pour son intervention auprès de Miss Bingley.

«_ Je n'ai fait que mon devoir, mesdemoiselles, sourit Darcy en les regardant chaleureusement. Mais marchons, voulez vous ? »

Après quelques-temps, les trois demoiselles se retrouvèrent ensemble à marcher, alors que les trois messieurs les suivaient, chacun ayant son propre sujet de conversation : les jeunes femmes parlaient de l'évènement de ce matin puis des tenues des dames qu'elles croisaient, alors que les hommes avaient une discussion très animée sur leurs souvenirs de Cambridge. Cependant, vint un moment où les jeunes femmes ne regardèrent pas où elles marchaient et Elizabeth percuta un homme, qui lui attrapa le bras avec force, alors que Georgiana et Jane accouraient vers Darcy, Henry et Charles pour les prévenir.

« _Tiens donc, une bien jolie demoiselle que nous avons là, murmura l'homme dont Elizabeth n'osait pas regarder le visage. Ne serait-ce pas une des mystérieuses beautés qui fait jaser depuis quelques jours ? Quel est votre nom, mademoiselle ?

_Je ne m'abaisserais pas à répondre, monsieur, répondit froidement Elizabeth. Veuillez me lâcher je vous prie.

_Vous lâcher ? Mais je ne vous lâcherais que si vous me dites votre nom, mademoiselle, répliqua-t-il avec une voix rauque. Sinon vous aurez des ennuis… Aaaaaah ! »

Elizabeth venait de lui donner un coup de genoux dans l'entrejambe, ce qui la libéra, mais elle fut trop tétanisée pour bouger alors que l'homme levait sa grande main pour la frapper. Elle ferma les yeux pour se préparer à la douleur mais ne sentit rien venir. Le coeur battant, elle ouvrit les paupières et vit le dos de Darcy très proche d'elle. Ce dernier s'était interposé et avait paré le coup, ne souhaitant pas que quelqu'un fasse du mal à Elizabeth

« _Je pense qu'il est temps pour toi de rentrer chez toi, Peake, grogna Darcy. Ta femme doit se poser des questions concernant ton absence et il semblerait que tu ne sois pas rentré cette nuit. Tu as encore trop bu. Et ne t'avises plus à faire du mal à cette jeune demoiselle. »

L'homme en face de lui se renfrogna, et leva le col de son manteau pour partir en courant, alors que Darcy se retournait vers Elizabeth, en frottant son bras, qui avait servit à parer le coup. Son regard rempli d'inquiétude se posa dans celui d'Elizabeth, qui ne savait que dire et qui était encore tétanisée, la respiration courte.

« _Allez-vous bien Miss Elizabeth ? Demanda-t'il en posant ses mains sur les épaules de la demoiselle. Souhaitez vous rentrer ? Respirez, calmement…

_Je pense qu'il faut mieux qu'elle se repose, Darce, répondit Henry, puis plus bas : et enlève tes mains des épaules de ma soeur. »

Rougissant, Mr. Darcy s'écarta et se frotta l'arrière de la tête, avant de laisser Georgiana et Jane soutenir Elizabeth jusque la voiture des Bennet. Darcy suivit tête bêche, ne sachant où se mettre et Bingley et Henry fermèrent la marche. Peake, un homme de la haute bourgeoisie, était connu dans Londres pour être un peu violent lorsqu'il forçait un peu trop sur l'alcool, et Elizabeth venait d'être la dernière de ses victimes. Une fois qu'ils furent rentrés à Bennet House, en quatrième vitesse, Elizabeth couru jusque sa chambre et s'affala dans le lit en pleurant : Mr. Darcy ne voudrait plus jamais d'elle après ce qu'il venait de se se passer. Et elle venait tout juste de ce rendre compte de ce qu'elle ressentait : elle l'aimait.